Billet du 17 septembre 2021 : Quand Jean-François se heurte à Peter

Selon le principe de Peter, établi dans un ouvrage publié en 1970 par Laurence J. Peter et Raymond Hull, toute personne avançant constamment dans sa carrière finit par atteindre son niveau d’incompétence.

Hier, dans un point de presse d’abord, puis dans un long fil publié sur son compte Twitter, la critique de Québec solidaire en matière d’éducation, Christine Labrie, a publiquement déclaré ce qu’on chuchote dans le milieu : le ministre Jean-François Roberge doit être démis de ses fonctions, s’il refuse de les quitter lui-même.

Son échec est manifeste. Son incompétence, tout aussi évidente, malheureusement. Comme Madame Labrie, je m’attendais à beaucoup mieux de la part d’un des nôtres. Ce fut d’ailleurs ma réaction lorsque j’ai appris sa nomination au conseil des ministres, en 2018. Enfin, un enseignant comme ministre de l’Éducation. Pour la première fois, un des nôtres. Trois ans plus tard, la déception est grande.

La députée de Sherbrooke évoquait la dégradation de tout le système d’éducation. Quand on le voit de l’intérieur, on constate la situation présente et on réalise clairement ce qui attend la société dans un futur plus ou moins rapproché. Comme pour l’environnement, on approche du point de non-retour pour toute une génération. Le laisser-aller est imputable aux gouvernements qui se sont succédé au cours des trois dernières décennies, mais le coup de barre promis par l’actuel premier ministre et son ministre de l’Éducation ne s’est traduit que par un ajustement de nos salaires, alors que les investissements essentiels dans les ressources humaines et matérielles se font toujours attendre.

Je demeure persuadé que Jean-François Roberge est un excellent enseignant. Suite à la lecture de ses livres, j’affirme qu’il est aussi un bon auteur. À titre de député, on me dit qu’il est très près de ses commettants et apprécié de ceux-ci. Comme ministre, il a failli à sa tâche. Il s’est heurté au principe de Peter.

Lire et entendre la déclaration de Christine Labrie, députée de Sherbrooke.


Dans le cours de français

Un fixeur est un chauffeur, un interprète, un guide et, très souvent, un garde du corps pour des journalistes étrangers effectuant des reportages en terrain hostile. Le terme est couramment employé dans le monde des médias. L’Office québécois de la langue française (OQLF) en proscrit toutefois l’utilisation, lui préférant des appellations comme guide-accompagnateur, par exemple. Les principaux intéressés continuent cependant de l’employer, d’autant qu’il est accepté dans de nombreux ouvrages de référence, tels le Larousse et le Robert. 

Lire une rubrique de La Presse sur le mot fixeur.

C’est un exemple qui s’ajoute aux nombreux mots et expressions qui, poussés par l’usage populaire, sont entrés par la grande porte dans nos dictionnaires. Récemment, le chroniqueur Patrick Lagacé prédisait que l’expression bon matin finirait également par s’y imposer. C’est une opinion que je partage et dont j’ai déjà fait état dans mes billets.

Lire la chronique de Patrick Lagacé.

Lire mon billet du 17 juillet 2020.

Un autre exemple est le verbe prioriser. On l’utilise de façon tellement courante et depuis si longtemps, qu’à peu près personne ne soupçonne qu’il est accepté depuis moins d’une décennie. Et encore, plusieurs continuent de le rejeter. 

Lire mon billet du 17 avril 2020.

Comme la nouvelle orthographe, souvent critiquée, l’ajout de ces mots et expressions témoigne de l’évolution du français, ce qui est une excellente nouvelle. Une langue qui cesse d’évoluer est une langue morte.


Dans le cours d’éducation physique

Mon téléphone cellulaire et ma montre intelligente comptent les pas que j’effectue quotidiennement. Chaque jour, comme plusieurs, je peine à atteindre les 10 000 pas recommandés pour le maintien d’une bonne santé physique. En fait, je n’y parviens que lorsque je planifie deux heures à mon horaire pour une marche de quelques kilomètres, après ma journée de travail. Même en enseignant debout, je n’atteins généralement que 5 000 ou 6 000 pas.

Je me réjouis toutefois des résultats d’une nouvelle étude, qui indique que 7 000 pas quotidiens seraient suffisants pour garder la forme. De plus, la cadence et l’intensité n’auraient aucune incidence dans les statistiques.

Lire l’article dans The Conversation.

La vie a beau être une course, les enjambées qu’elle nous demande semblent insuffisantes. Aussi incroyable que cela puisse paraître.


Dans le cours de français, deuxième période

La populaire station de radio 91.9 Sports a diffusé ceci sur son compte Twitter, mercredi :

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire «… que plusieurs ignorent» et non «… dont plusieurs ignorent». Le pronom relatif dont signifie de qui, de quoi ou duquel. Le remplacer par une de ces expressions dans la citation d’Anthony Marcotte n’a aucun sens.

Je tiens toutefois à me porter à la défense d’Anthony, avec qui j’ai eu l’occasion de travailler durant quelques années. Je certifie que son français est excellent. Si ces mots reflètent exactement ce qu’il a dit en ondes, il s’agit d’une erreur dont (de laquelle !) il est sans doute conscient. Même devant une citation, la personne responsable des réseaux sociaux à la station aurait dû voir à corriger avant de publier.


Dans le cours de musique

Miles Barnes est le nom d’artiste d’Émile Barnes, un rappeur montréalais. J’ai récemment entendu sa chanson Paire de nike, extraite de son album YFW, lancé il y a un an et demi. Au-delà des paroles amusantes, j’ai été séduit par cet étonnant mélange de rap et de jazz, sur fond de flamenco. Entrain et sourires assurés, à l’écoute du titre !

Miles Barnes – Paire de nike – YFW – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

La nouvelle n’est pas tout à fait bonne, mais l’histoire se termine bien et, surtout, soulage deux parents inquiets. Lors de l’attaque de l’aéroport de Kaboul, il y a trois semaines, une dame voulant quitter l’Afghanistan avec ses quatre enfants les a perdus dans la foule, lors des bombardements. Elle les croyait morts, lorsque trois d’entre eux ont fini par la rejoindre dans sa cachette, quelques jours plus tard. Mais personne ne savait ce qu’il était advenu du plus jeune, âgé de trois ans.

Dans la cohue, un adolescent de 17 ans l’avait agrippé à l’aéroport et emmené avec lui jusqu’au Qatar, où il a été placé en orphelinat. En effectuant des recherches afin de retrouver des membres de sa famille, des représentants des Nations Unies ont découvert que son père avait émigré au Canada, il y a deux ans. Déjà au courant de la survie de sa conjointe et de ses trois autres enfants, celui-ci était on ne peut plus heureux de constater que toute sa famille avait survécu à l’attaque. L’enfant a été placé dans un avion à destination de Toronto, où il a été réuni à son papa, cette semaine.

Lire la nouvelle dans The Globe and Mail.


Photo en couverture : Linda Boyer

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