Billet du 27 août 2021 : Bouse de bœuf

Vous avez bien lu. C’est de ça qu’il sera question, dans mon billet de ce matin. Remarquez, ce n’est pas tout à fait comme ça que Paul St-Pierre Plamondon a orthographié l’expression, mais il y référait assurément. Ni précisément de cette façon qu’Alain Dubuc a qualifié ce dans quoi le Québec allait se retrouver s’il n’investissait pas davantage dans les soins pour les personnes âgées. Mais une grande partie de la population canadienne en est sortie et cela suffit à en faire ma bonne nouvelle hebdomadaire.

Est-ce que la rentrée scolaire nous y replongera en faisant augmenter le nombre de cas d’infections à la COVID-19 ? Nous le saurons bientôt. En attendant, cette rentrée s’effectue sous une chaleur torride et insupportable. 

J’arrête ici mon élaboration du sujet, avant de me couvrir de ridicule comme l’avait fait Guy Fournier lors d’une entrevue à CHOQ-FM, il y a plusieurs années. Désolé pour ce fil conducteur bâti en introduction, mais je vous promets que le reste est pertinent !

Dans le cours de français

Les publications de cette semaine m’ont fourni de la matière à travailler avec mes élèves, lors de cours de français. J’en retiens deux pour les besoins de mon billet d’aujourd’hui, soit une faute d’accord et une autre de vocabulaire.

D’abord, dans La Presse. Un article publié lundi présentait une faute d’accord qui n’est toujours pas corrigée, au moment où je diffuse ce billet. Voici une capture de l’extrait contenant l’erreur :

#LeProfCorrige

Ici, le participe passé employé avec l’auxiliaire être doit s’accorder avec le sujet, feu, qui est masculin singulier. On aurait donc dû lire «… lorsque le feu en direction opposée est devenu jaune.», sans le e à «devenue».


Ensuite, lors d’une intervention sur Twitter, jeudi, le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon y est allé comme suit :

#LeProfCorrige

Pourquoi le «boulechite» ? Ici, il aurait été approprié d’employer un mot comme foutaise, par exemple, qui aurait eu la même signification et qui est bien contenu dans la langue française. J’aurais trouvé préférable, dans ce contexte, que PSPP écrive le terme dans son orthographe originale anglaise, bullshit, et le place entre guillemets. 

À titre de chef d’un parti qui se présente depuis toujours comme le seul défenseur fiable de la langue française, il est passé loin de la bonne démonstration.


Dans le cours de mathématiques

Article à la fois troublant et intéressant également publié dans La Presse, cette semaine. Je vais le résumer en lançant quelques chiffres.

Les personnes âgées de 65 ans et plus représentent actuellement 20 % de la population québécoise. Dans 10 ans, cette proportion aura dépassé les 25 %.

Au Québec, 9,4 % des aînés vivent en logement collectif, comparativement à 6,8 % dans le reste du Canada.

Par tranche de 1000 Québécoises et Québécois de 65 ans et plus, 114 avaient recours aux soins à domicile en 2019-2020, alors qu’ils étaient 155 onze ans plus tôt.

Alain Dubuc, à titre de membre de l’Institut du Québec (IDQ), sonne l’alarme : les gouvernements investissent trop peu dans les soins à domicile pour les aînés, malgré l’imposant budget qui leur est destiné annuellement. Si le Québec ne donne pas un sérieux coup de barre à ce chapitre, il risque fort d’en souffrir économiquement à partir de la prochaine décennie.


Dans le cours de musique

Vendredi dernier, mon épouse et moi soulignions nos 27 ans de mariage. Le même jour, la chanteuse montréalaise Martha Wainwright lançait son sixième album, Love Will Be Reborn. Je vous propose cette semaine la pièce Hole In My Heart, qui en est tiré.

Martha Wainwright – Hole In My Heart – Love Will Be Reborn – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Qui paie ses dettes s’enrichit, dit l’adage. Il semble que les ménages canadiens l’aient compris. Une étude de Statistique Canada, dont les résultats ont été publiés cette semaine, indique qu’une large partie de la population aurait profité du confinement et des autres restrictions imposées par la COVID-19 pour injecter des liquidités sur des prêts non hypothécaires. Ainsi, cette dette globale a chuté de 20,6 milliards $ durant la première année de la pandémie. Plus de 80 % de cette diminution se situe au niveau des cartes de crédit.

C’était la première fois depuis le milieu des années 1990 que la dette globale non hypothécaire des Canadiennes et des Canadiens subissait une diminution, elle qui avait connu une croissance régulière et importante annuellement, depuis.

C’est bien de constater que des nouvelles économiques liées à la pandémie peuvent être bonnes.

Lire le communiqué de presse


Journal de vacances du 20 août 2021

J’étire la sauce. En fait, mes vacances scolaires se sont terminées hier. Aujourd’hui, c’est le retour à l’école pour quatre journées pédagogiques, avant la rentrée des élèves, jeudi prochain.

Pour la première fois de ma carrière, la fébrilité habituelle fait place à l’appréhension. Bien sûr, je suis prêt à enseigner, à planifier, à corriger. J’ai aussi hâte de rencontrer mes élèves. Mais malgré les huit dernières semaines de congé, j’ai le sentiment que le corps n’a pas suffisamment récupéré. En ce sens, je me considère tout de même privilégié de pouvoir bénéficier de si longues vacances.

Vivement la fin de la pandémie et des mesures sanitaires.


Souvenirs de vacances

Un des bons côtés de la pandémie, toutefois, c’est qu’elle nous oblige à prendre nos vacances chez nous. Non seulement cela nous permet-il de découvrir de merveilleux endroits à proximité, tout en nous instruisant sur différents aspects de notre histoire, mais c’est notre économie qui en bénéficie.

C’est ainsi que la semaine dernière, et pour un deuxième été consécutif, j’ai pu me dépayser à quelques heures de route de chez moi, au Québec. 

Le soleil brille, l’eau est bleue et l’herbe est verte. Et c’est chez nous.


Lecture de vacances

J’aurai lu quatre bouquins, durant mes vacances d’été. Le plus récent s’intitule Il y a 25 ans, le Déluge, du journaliste Mikaël Lalancette. Tour de force s’il en est un, il s’agit du deuxième livre de cet auteur, publié cette année. 

Vingt-cinq ans après les inondations qui avaient suivi trois jours de pluies diluviennes, au Saguenay, Mikaël Lalancette, lui-même sinistré, anime à travers ses pages les acteurs et les témoins bien réels de cette tragédie. Chaque chapitre est dédié à des victimes, directes ou collatérales. Si plusieurs ont survécu, ce sont surtout les personnes qui ont perdu la vie qui nous sont présentées, orientant ainsi la lecture vers un devoir de mémoire.

Le livre se veut captivant, comme peut l’être un roman.

Lalancette, Mikaël. (2021). Il y a 25 ans, le Déluge. Les éditions de l’Homme. Montréal. 264 pages.

Dans mes écouteurs

Elle possède une très belle voix, qu’elle exploite dans les chansons qu’elle écrit et compose. Elle s’appelle Claudelle et a lancé l’album Les dahlias ne meurent pas, en mars dernier. Les textes dégagent une poésie agréable, qui s’agence très bien avec le style pop-folk, un brin jazzy, de la musique. La pièce Pourtant, extraite de cet album, est celle que je vous présente en #musiquebleue. 

Claudelle – Pourtant – Les Dahlias ne meurent pas – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Voici une histoire comme je les aime. D’abord, trois frères, dans la vingtaine, agriculteurs et entrepreneurs. Producteurs de fraises, ils avaient déjà développé des partenariats avec les grandes chaînes québécoises de supermarchés. Il leur en manquait une importante, Costco, dont les standards d’emballage et de vente en gros favorisaient uniquement les fermes américaines.

Voyant le projet comme un défi, Olivier, Jonathan et Jérémie Pitre, soutenus par leur père Michel, ont inventé une machine leur permettant de cueillir les fraises plus rapidement, et ainsi fournir les entrepôts québécois de la bannière américaine. Les trois jeunes frères ont réussi là où de puissantes associations avaient échoué, depuis une quinzaine d’années.

L’avenir de leur entreprise s’annonce prometteur.

Lire le reportage de La Presse+.


Journal de vacances du 6 août 2021

Il m’est arrivé à quelques reprises d’être en beau fusil à l’endroit du Comité international olympique (CIO). En 1995, entre autres, quand une histoire de pots-de-vin lui avait fait octroyer les Jeux d’hiver de 2002 à Salt Lake City, sans trop de considérations pour les trois autres villes concurrentes. Cet événement m’avait alors démontré qu’il pouvait y avoir de la corruption partout. Vraiment partout.

Le CIO a cependant pris une décision qui m’a fait plaisir, cette semaine, faisant passer la santé des athlètes au-dessus de tout le reste.

Ce billet est publié alors que le match de finale pour la médaille d’or en soccer féminin, aux Jeux olympiques de Tokyo, n’est toujours pas commencé. Les Canadiennes et les Suédoises auraient dû s’affronter hier soir, heure du Québec, mais le feront plutôt ce matin, dès 8 heures. D’abord, lorsqu’il fait nuit ici, il fait jour à Tokyo et vice-versa. Les deux équipes ont demandé un report de la finale en soirée, heure de Tokyo, en raison de la chaleur accablante. La requête nécessitait également un changement de site, à une heure de route de celui initialement prévu.

Malgré la réticence de certains réseaux de télévision, le CIO a consenti au changement. Cette fois, c’est la logique, et non l’argent, qui s’est retrouvée sur la plus haute marche du podium.


Déformation professionnelle

Après RDS et TVA Sports, la semaine dernière, c’est maintenant au tour de La Presse de laisser passer une faute d’orthographe. Dans un entrefilet publié mercredi soir, on pouvait lire ceci :

Ici, le verbe venir aurait dû être conjugué à la troisième personne du pluriel, son sujet étant pompiers. On aurait donc dû lire «(…) qui venaient de repêcher le corps (…)». L’erreur se trouve toujours en ligne, en ce vendredi matin.

#LeProfCorrige (même en vacances)


Dans mes écouteurs

Qu’ont en commun Jim Corcoran et Paul Cargnello ? Les deux sont anglophones, mais c’est en composant et en chantant en français qu’ils ont connu leurs plus grands succès musicaux. Cargnello donne cependant dans un style rock, teinté de blues, fort différent de la pop-folk de Corcoran, mais que j’affectionne particulièrement. En #musiquebleue, cette semaine, je vous propose donc L’Amour est pour les courageux, tiré de l’album Peut-être, de Paul Cargnello, lancé à la mi-juillet.

Paul Cargnello – L’amour est pour les courageux – Peut-être – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Cette bonne nouvelle ne l’est pas pour tout le monde, j’en conviens. J’imagine que le puissant lobby des producteurs de pesticides est loin de se réjouir de la décision d’Ottawa, cette semaine, de ne pas aller de l’avant avec sa demande de hausse de la limite permise de poison à parasites dans les aliments.

Lire l’article de Thomas Gerbet, sur radio-canada.ca

S’il est vrai qu’aucune étude ne démontre, actuellement, que la hausse demandée aurait un impact négatif sur la santé des consommateurs, il faut préciser que plusieurs devoirs en ce sens restent à faire. Et il est déjà acquis que les personnes qui, au travail, se trouvent directement en contact avec les pesticides sont plus susceptibles de développer certaines formes de cancer

Ce que le gouvernement fédéral a annoncé, mercredi, c’est que la norme en vigueur demeurerait tant et aussi longtemps que des études sérieuses et complètes ne viendraient pas donner raison à l’un ou l’autre des groupes de pression.

C’est la logique même.