Billet du 28 août 2020 : Avant que la bulle n’éclate

C’est aujourd’hui que je reprends mes billets réguliers, après avoir publié mon journal de vacances durant huit semaines. Un coup d’oeil sur mes derniers écrits de juin m’indique qu’il était alors question du mouvement Black Lives Matter, suite à la bavure policière ayant mené à la mort de George Floyd, des calendriers des sports professionnels qui étaient interrompus en raison de la Covid-19, ainsi que des manifestations des citoyens opposés au port du couvre-visage.

Deux mois plus tard, il est question du mouvement Black Lives Matter, suite à la bavure policière durant laquelle Jacob Blake a reçu sept balles dans le dos, des calendriers des sports professionnels partiellement interrompus en raison de l’affaire Jacob Blake, ainsi que des manifestations des citoyens opposés au port du couvre-visage.

Plus ça change…


Et je cite :

À entendre certains manifestants de la marche contre le masque à l’école qui crient que ce sera tellement impossible à gérer, je me dis qu’une chance que ces personnes n’ont pas eu à gérer le retour d’Apollo 13. « Failure is the only option » qu’ils auraient dit…

Jonathan Trudeau, analyste politique, le 23 août 2020.

Ce retour aux chroniques régulières coïncide avec la nouvelle rentrée scolaire. Mes collègues et moi étions heureux de retrouver des élèves physiquement présents dans nos classes. Les nouvelles mesures sanitaires ont-elles été difficiles à gérer, lors de la première journée ? Pas du tout !

Les élèves savent à quel moment il faut porter le masque, et ils le font très bien. Il en est de même pour le lavage des mains. Le respect des « bulles » ? Rien à signaler. Si la première journée de retour en classe est garante des mois à venir, nos écolières et écoliers se seront admirablement bien adaptés au nouveau contexte.

Je tiens aussi à souligner l’excellent travail des directions d’écoles, qui doivent également s’adapter rapidement. Dans le cas de celle avec qui je travaille, par exemple, elle s’est montrée proactive dans l’achat des nouveaux équipements et a dû se taper un casse-tête incroyable pour bâtir un horaire où chaque élève de l’école peut bénéficier de deux récréations quotidiennes, tout en s’assurant qu’il y ait toujours moins de 250 élèves sur la cour et que ceux-ci soient supervisés par un nombre suffisant d’adultes. Pour donner une idée de l’ampleur de cette dernière tâche, ce sont près de 600 élèves qui sont inscrits à l’école où j’enseigne.

Et comme ce fut le cas au printemps dernier, les instructions gouvernementales tendent à laisser croire qu’elles risquent d’évoluer rapidement. Entendre une chose et son contraire à l’intérieur d’une période de 48 heures n’est pas encore une habitude, mais on commence à s’éloigner de l’exception.


Dans le cours d’éducation physique

Un tollé citoyen s’est fait entendre, hier, quand le ministre Jean-François Roberge a confirmé que les fameuses « bulles » devaient être respectées même dans les établissements offrant du sport-études. C’est donc dire que les élèves qui y sont inscrits pourront pratiquer leur sport à l’école uniquement avec les élèves de leur classe. Ce qui est impensable, pour des raisons d’organisation.

Le ministre a-t-il raison ou tort d’imposer la ligne dure, je l’ignore. L’incohérence semble évidente quand on pense que ces mêmes élèves iront pratiquer leur sport avec d’autres dès que la journée de classe sera terminée, mais j’ose croire que le principe des bulles a été mûrement réfléchi par des personnes compétentes avant d’être adopté.

Je parierais toutefois une bouteille de gel hydroalcoolique que le ministre changera d’idée avant longtemps. Et le milieu s’adaptera rapidement ! Encore.


Dans le cours de français

#LeProfCorrige

Radio-Canada est à l’honneur dans cette rubrique, cette semaine. D’abord, avec une faute inacceptable dans la bande défilant au bas de l’écran, sur les ondes de RDI. Ensuite, avec une rare erreur commise par son animateur André Robitaille, sur Twitter.

À RDI :

Ici, on aurait dû lire un régime devenu « désuet », et non un régime devenue « désuet ». Le participe passé devenu doit s’accorder avec régime, qui est masculin singulier.

Sur Twitter :

Ici, on aurait dû lire Ne jamais sous-estimer, et non Ne jamais sous-estimé. C’est le verbe à l’infinitif qui s’applique ici, pas le participe passé. Le bon vieux truc du mordre (_er) ou mordu (_e accent aigu) aurait été utile. On pourrait ajouter qu’il aurait fallu un accent aigu sur le E de Église, ainsi qu’un S majuscule à Sud, ce mot constituant dans la phrase un nom de lieu.

Mais je demeure convaincu qu’André est allé trop vite et ne s’est pas relu avant de publier. Le vilain.


Jouons avec les mots

La semaine dernière, je vous demandais ce qu’avaient de particulier les mots amour, délice et orgue. La réponse : ce sont des noms masculins lorsqu’ils sont employés au singulier, mais qui prennent le genre féminin lorsqu’on les utilise au pluriel.

Cette semaine, je vous demande la particularité du mot ressasser. Je ne fais ici aucune référence à sa classe, sa définition ou sa sémantique. Cherchez plutôt une figure de style.

Réponse la semaine prochaine.


Dans le cours de musique

J’y vais de nouveau dans le rock québécois cette semaine, avec le groupe montréalais Corridor. Tirée de l’album Junior, la pièce Grand cheval a donné lieu à un magnifique vidéoclip conçu et animé par l’artiste albertain Chad VanGaalen. C’est ce que je vous propose en #musiquebleue.


La bonne nouvelle de cette semaine

J’avais à peu près l’âge de mes élèves, soit autour de 11 ans, lorsque j’ai pour la première fois entendu parler de la poliomyélite. J’étais à l’école et nous venions de lire un texte extrait d’un roman jeunesse dans lequel un personnage avait été frappé par ce virus. Nous étions quelque part entre le milieu et la fin des années 1970 et cette histoire est toujours demeurée imprégnée dans ma mémoire.

La polio a officiellement été déclarée éradiquée sur le continent africain, cette semaine, par l’Organisation mondiale de la Santé. Disparue de l’Occident depuis longtemps, la polio continuait ses ravage en Afrique, notamment au Nigéria, ainsi que dans quelques pays du Moyen-Orient, où on y recense encore quelques cas annuels.

En sol africain, aucun nouveau cas ne s’est déclaré au cours des quatre dernières années, ce qui a permis à l’OMS d’y prononcer l’éradication de la maladie.

Billet du 21 août 2020 : Journal de vacances (8 de 8)

En fin de vacances

La journée d’hier était la dernière de mes vacances d’été 2020 ! Je retourne aujourd’hui préparer ma classe pour accueillir mes élèves dès jeudi de la semaine prochaine. La dernière fois où j’ai eu une classe complète, physiquement, devant moi, c’était le 12 mars dernier. J’ai hâte de reprendre un enseignement qui se rapproche de la réalité qu’on connaît.

La vie reprend lentement son cours et c’est tant mieux.


Avant les cours d’univers social et de français

Les classes ne commenceront que la semaine prochaine. Toutefois, j’aimerais ici revoir la définition du mot dictature.

Dictature :

« Régime politique qui se caractérise par une forme de pouvoir arbitraire, autoritaire, entièrement soumis à la volonté de celui ou de ceux qui gouvernent. Les tribunaux, le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif sont alors directement liés aux décisions du dictateur. On n’y trouve aucun contrepoids: absence d’une presse libre, absence de partis d’opposition et absence de groupes de pression indépendants dans la société civile. »

Source : Perspective Monde, Faculté des lettres et sciences humaines, Université de Sherbrooke.

Samedi dernier, le polémiste Alexis Cossette-Trudel a qualifié le gouvernement québécois de dictature et de tyrannie. Je lui offre de venir dans ma classe suivre les cours d’univers social du programme de 6e année. En même temps que mes élèves, il pourra y apprendre que nous vivons dans un système qui figure parmi les plus démocratiques de la planète.

Dans une dictature, jamais il n’aurait pu être candidat aux dernières élections. En fait, il n’y aurait pas eu d’élections. Jamais il n’aurait pu critiquer publiquement le gouvernement comme il l’a fait, jamais les médias n’auraient pu diffuser ses propos et, surtout, jamais il n’aurait pu s’opposer en toute liberté aux mesures gouvernementales.

Je demeure persuadé que les Chinois, les Nord-Coréens, les Russes, les Birmans et à peu près tous les Africains apprécieraient beaucoup notre « dictature » québécoise. Je lui suggère aussi de se renseigner sur l’indice de démocratie, tel que défini par The Economist Group.

En passant, le professeur de philosophie Xavier Camus en a effectué des recherches exhaustives sur le groupe de Monsieur Cossette et les personnes qui le composent. Il en a publié les résultats mardi de cette semaine. Vous pouvez en prendre connaissance ici.


Jouons avec les mots

Avec la rentrée scolaire qui s’effectuera dans moins d’une semaine, je vous suggère un petit jeu. Dans mes prochains billets, je vous soumettrai une question, une petite colle sur les beautés de la langue française. La réponse sera donnée dans mon billet de la semaine suivante.

Pour cette première, j’y vais avec une question qui nécessitera peut-être moins de recherches que celles qui suivront : Qu’ont de particulier les mots amour, délice et orgue ?

Réponse la semaine prochaine.


Lecture de vacances

J’achète plusieurs livres chaque année. Du nombre, la majeure partie est constituée de livres québécois. Chaque 12 août, malgré ce que j’ai pu acheter plus tôt dans l’année, je me procure un livre québécois supplémentaire. Parce que le 12 août est la journée du livre québécois et parce que je veux participer à la hausse des statistiques de vente lors de cette journée. L’industrie en a bien besoin.

Mon choix de cette année s’est arrêté sur une biographie. L’auteur Luc Lépine, à travers son ouvrage Léo Major, un héros résilient, raconte la vie et l’exploit d’un héros dont on commence à peine à faire la connaissance, 12 ans après sa mort, 75 ans après son plus grand accomplissement.

Léo Major, soldat canadien, s’est distingué en libérant à lui seul la ville de Zwolle, en Hollande, de l’occupation allemande, en 1945. Il s’est plus tard distingué de nouveau lors de la Guerre de Corée, ce qui lui a valu de recevoir pour la seconde fois la Distinguished Conduct Medal. Seulement quatre soldats dans le monde, dont Léo Major, peuvent revendiquer avoir reçu cette médaille lors de deux conflits différents.

Léo Major, un héros résilient
Luc Lépine, Éditions Hurtubise, 2019, 204 pages.


Pensée de la semaine

Lu sur la page Facebook de TVQC, la semaine dernière :

– Livre (25$) : « Ça parle de quoi ? »
– Pichet de bière (25$) : « J’vais t’en prendre un autre ! »

– Épicerie (100$) : « Ç’a pu de bon sens »
– Resto (100$) : « Je m’attendais à pire »

– Abonnement au gym (500$) : « J’ai pas d’argent pour ça »
– Tatouage (500$) : « Le tatoueur me fait un prix ! »

– Formation (1500$) : « Je suis pas millionnaire ! »
– Voyage dans le Sud (1500$) : « On part quand ? »

– 30 minutes de lecture : « J’ai beaucoup trop de choses à faire »
– 30 minutes sur Instagram : « Le temps passe tellement vite ! »

– 60 minutes de sport : « J’ai pas eu le temps »
– 60 minutes de Netflix : « Encore un épisode »

Comme quoi tout est question de perspective et de priorités.


Dans mes écouteurs

J’ai toujours aimé le rock québécois. Je ne connaissais pas vraiment Massicotte quand il a lancé son album Comment ça file à Valleyfile, l’hiver dernier. En fait, c’est hier que j’ai écouté plusieurs de ses pièces, alors qu’il mettait en ligne le vidéoclip de la chanson J’t’aime pour vrai, extraite de cet album. C’est ce que je vous propose cette semaine, en #musiquebleue. Les nostalgiques du Muppet Show constateront que ce vidéoclip est des plus intéressants à visionner.

massicottemusique.com


La bonne nouvelle de cette semaine

Je me souviens, alors que j’étais en début de carrière, avoir suggéré que des messages plus environnementaux soient diffusés dans les cahiers et manuels scolaires. Je me disais qu’une phrase comme Maxime dépose un papier dans le bac aurait un impact sur les jeunes élèves, tout en demeurant aussi efficace pour l’apprentissage de la lecture que Ursule joue avec un ballon. Eh bien voilà que suite à un projet parrainé par l’ONU, dont l’événement majeur s’est tenu en pleine pandémie au printemps dernier, onze entreprises créatrices de jeux en ligne et sur téléphone mobile ont convenu d’intégrer des éléments éducatifs en matière de développement durable dans plusieurs de leurs jeux.

Parmi elles, notons Rovio, dont le Angry Birds 2 fera la promotion du reboisement, ainsi que Microsoft.

Les thèmes seront variés, les façons de les présenter également. Mais surtout, les messages rejoindront 250 millions d’adeptes de tous âges de ces différents jeux. L’initiative mérite d’être saluée.


Billet du 14 août 2020 : Journal de vacances (7 de 8)

Des vacances chez nous

L’année 2020 et ses particularités nous permettent, et je vois cela d’un oeil très favorable, de découvrir notre propre pays. Je ne suis personnellement pas sorti du Québec cet été, mais je me suis rendu dans la région de Charlevoix, où je n’avais pas mis les pieds depuis plus de 30 ans. Est-il besoin de préciser qu’avec ses collines surplombant le Fleuve, cet endroit renferme les plus beaux paysages québécois.

Une fin de vacances dans la ville de Québec m’a cependant ramené sur terre, en ce sens où la rue Saint-Jean était bondée de gens un samedi soir. La distanciation recommandée était impossible dans ce lieu historique.

Qu’à cela ne tienne, nous avons passé notre journée du lendemain sur la spacieuse Île d’Orléans, où nous avons pu découvrir un de ses secrets les mieux gardés, la Seigneurie de l’Île et ses majestueux jardins. La beauté de l’endroit est à couper le souffle.


Et je cite :

Je partais en vacances au Québec avant que ça soit cool.

Léa Stréliski, écrivaine et humoriste, le 8 août 2020.

En attendant la rentrée scolaire

Le ministre Jean-François Roberge était attendu de pied ferme, lundi dernier, lorsqu’il a annoncé quelques ajustements à son plan pour la rentrée scolaire. Bien que certains aient continué de dénoncer quelques mesures plus troubles, le plan dans son ensemble semble satisfaire les parents et la population en général.

Ce que moi j’apprécie particulièrement, c’est le possible confinement à la pièce en cas d’éclosion dans un milieu. Ainsi, le ministre, de concert avec la santé publique, s’octroie la possibilité de fermer des classes ou des écoles touchées par la maladie à coronavirus, plutôt que de le faire de façon large.

Dans un reportage publié mardi sur son site internet, Radio-Canada a illustré un comparatif des mesures prises par les différentes provinces et territoires canadiens, en prévision de la rentrée scolaire. Le tableau démontre hors de tout doute que le Québec joue de prudence, si on compare ses mesures à celles du reste du pays.

Source : Radio-Canada

À la radio

En entrevue sur les ondes du 98,5, samedi dernier, le scripteur et ex-RBO André Ducharme expliquait que son fils et son petit-fils vivent à Hong Kong, où sévit déjà la 3e vague de la Covid-19.


Dans mes écouteurs cette semaine

J’ai l’habitude d’y aller de nouveautés ou de parutions récentes lorsque j’aborde la #Musiquebleue dans mes billets hebdomadaires. Ce sera différent cette semaine. En cette fin de vacances scolaires, au milieu d’une année qui n’a rien d’ordinaire, j’ai décidé d’y aller avec une pièce qui s’adresse surtout à des enfants.

Il y a plus de 10 ans, sur son album Face à la musique, le rappeur Samian a revisité Tshinanu, le succès trentenaire du duo Kashtin. C’est la chanson que je vous propose aujourd’hui.

En passant, pour celles et ceux qui n’auraient toujours pas vu le film Hochelaga, terre des âmes du réalisateur François Girard, mettant justement en vedette Samian dans le rôle d’un universitaire, je vous le recommande fortement.


La bonne nouvelle de cette semaine

Difficile de trouver du positif dans l’explosion qui a détruit une grande partie de la ville de Beyrouth, il y a une dizaine de jours. Près de 200 morts, autant de disparus et des milliers de blessés, au milieu d’une négligence aux allures criminelles qui a déjà eu pour conséquence la démission du gouvernement libanais.

Pourtant, une entreprise humaine a su apporter un rayon de soleil à des dizaines de personnes éprouvées. L’organisme Animals Lebanon a ainsi entrepris de réunir les animaux et leurs maîtres séparés par la tragédie. Un immense travail de recherche a résulté en plusieurs retrouvailles, offrant un important réconfort tant aux humains qu’aux animaux.

De nombreuses images de ces retrouvailles sont diffusées sur le compte Instagram d’Animals Lebanon.

Billet du 7 août 2020 : Journal de vacances (6 de 8)

En attendant la rentrée

La pression commence à se faire sérieusement sentir sur le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. À la mi-juin, il annonçait ce qu’allait être la prochaine rentrée scolaire au Québec. En résumé, des classes avec le même nombre d’élèves qu’en temps normal, aucun ne sera contraint de porter le couvre-visage, les élèves du secondaire comme ceux du primaire devront demeurer dans le même local de classe, ils devront être assis en îlots (ou en « bulles ») de six élèves et demeurer toute l’année (ou jusqu’à nouvel ordre) avec ces autres élèves, mais ils devront s’en éloigner lorsqu’ils se trouvent dans l’autobus scolaire.

Dans ce scénario, voyez-vous quelques incongruités par rapport à ce qui est exigé du reste de la population ? Moi aussi.

À quelques jours de la rentrée du personnel et à quelques semaines de celle des élèves, divers intervenants du milieu ont demandé des précisions. Le ministre s’est engagé, mercredi, à en apporter en début de semaine prochaine. D’ici là, il rencontrera les représentants des parents et du personnel scolaire, après avoir déjà rencontré ceux des directions de centres de services (anciennement les commissions scolaires) et des directions d’école.

Ces rencontres du ministre, autant celles qui ont déjà eu lieu que celles à venir, se déroulent en visioconférence. Est-ce qu’une partie de l’enseignement se déroulera aussi de cette façon ? Je parierais là-dessus, même si c’est le contraire qui a été avancé jusqu’à maintenant.


Sur mes écrans

J’ai regardé quelques minutes du premier match Canadiens-Penguins. J’ai suivi le reste des activités de la LNH via les médias et les réseaux sociaux. J’éprouve beaucoup de difficultés à regarder du hockey quand il y a du baseball au même moment. Et quand ces joutes de hockey ont lieu au mois d’août, il y a une question de crédibilité que j’assimile mal.

En revanche, je regarde chaque jour de deux à quatre matchs des ligues majeures de baseball. Je me suis même surpris à visionner cette semaine un vieux match Cubs-Expos de 1992, celui du dernier match de Gary Carter à Montréal, avant sa retraite. J’ai un côté Elvis Gratton que je ne peux nier !


Le dilemme de la semaine

Au moment où j’écris ces lignes, le Canadien de Montréal mène 2-1 la série 3 de 5 face aux Penguins de Pittsburgh. Si la troupe de Claude Julien élimine les Penguins, elle perd toutes ses chances de pouvoir repêcher Alexis Lafrenière, lors du repêchage amateur, parce qu’il est déjà convenu que le premier choix appartiendra à une des huit équipes éliminées dans cette ronde préliminaire.

Alors, les séries ou Lafrenière ? Une ronde de plus ou conserver ses chances de repêcher un joueur de concession ?


Et je cite :

« Si les Canadiens gagnent la coupe Stanley, je fais la première de Tout le monde en parle tout nu ! »

Dany Turcotte, humoriste et coanimateur de l’émission, le 5 août 2020.

Dans mes écouteurs, cette semaine

J’ai pour la première fois entendu le nom de Sébastien Lacombe lors de la sortie de l’album Salut Joe !, en 2006, alors que plusieurs artistes québécois, dont lui, s’étaient regroupés pour rendre hommage à l’oeuvre de Joe Dassin. Lacombe, l’année précédente, venait de sortir son premier album, intitulé Comme au cinéma. Il en a depuis lancé deux autres et en publiera un quatrième en septembre, un premier en anglais. Sébastien Lacombe possède cette particularité d’écrire et de composer des chansons qui deviennent pour moi de véritables vers d’oreille. Il me suffit d’entendre Mr. Taximan, D’où je viens ou encore Trop de soucis pour que la mélodie accrocheuse et les paroles intelligentes me tournent en tête pour le reste de la journée. En #musiquebleue, je vous propose aujourd’hui un extrait de l’album Fly, à paraître en septembre, une pièce qui a pour titre Gold In Your Soul.

Le bloc positif de la semaine

J’ai l’habitude de terminer mes billets hebdomadaires avec une nouvelle positive. Pour être franc, il était beaucoup plus facile l’hiver dernier de trouver du matériel pour cette section. Depuis les dernières semaines, les médias semblent malheureusement être tombés dans la même morosité qu’une grande partie de la population. Cette semaine, cependant, le sujet m’est apparu facilement et tout s’est emboîté comme les pièces d’un casse-tête.

J’ai eu la douleur de perdre un ami d’enfance, la semaine dernière. Très actif malgré une maladie dégénérative qui l’a dépossédé de l’usage de presque tout son corps, il y a près de 20 ans, c’est d’un bête accident qu’il a rendu l’âme. Dans un hommage que je lui ai rendu, j’ai pris soin de mentionner que personne autant que lui ne m’avait appris à aimer la vie. Pour ceux qui l’ont connu, son legs est magistral.

Des souvenirs avec Martin, j’en ai depuis l’âge de huit ans. Mes plus précieux et mémorables datent toutefois d’une dizaine d’années plus tard, alors que lui et moi faisions partie d’un groupe qui a effectué le Tour du Mont-Blanc. Le succès de l’été à l’époque, à la radio française, était Marcia Baïla, des Rita Mitsouko.

En cherchant un contenu pour ma rubrique de cette semaine, je suis tombé sur un article du magazine POSITIVR, publié mercredi et qui, 35 ans plus tard, explique l’histoire de la chanson Marcia Baïla. En résumé, il s’agit d’un hommage rendu à la danseuse d’origine argentine Marcia Moretto, décédée d’un cancer à l’âge de 36 ans. La joie de vivre de la défunte, qui a collaboré avec le duo, y est évoquée dans un amalgame de musique festive et de paroles élogieuses. Deux générations plus tard, la pièce musicale tourne encore et le souvenir de Marcia perdure.

Marcia et Martin, deux personnes à la joie de vivre indéfectible, malgré la maladie. Une recherche dont le résultat me ramène 35 ans en arrière, en musique et en souvenirs avec cet ami récemment décédé, et en trame de fond cet amour de la vie. Difficile de faire abstraction quand l’évidence est aussi prononcée.

L’année en cours apporte son lot de difficultés à tout le monde, mais elle comporte aussi des éléments positifs pour quiconque prend le temps de s’arrêter afin de les découvrir. C’est l’occasion qui nous est offerte. Martin, lui, prisonnier de son corps depuis le début du millénaire, avait compris depuis longtemps que l’adversité cache une multitude de trésors.