Billet du 21 février 2020

Dans le cours d’anglais

Après plus d’une centaine de corrections de la langue française, publiées sous la rubrique #LeProfCorrige depuis 18 mois, voici que je me lance dans la correction d’une publication en anglais. Revendiquant une plus grande aisance dans l’utilisation de la langue de Molière que dans celle de Shakespeare, je renonce d’emblée à l’idée de le faire régulièrement. Mais je trouvais cette perle intéressante. Alors voici :

Ici, on aurait dû lire « Three years after you’re gone », plutôt que « 3 years after your gone »; « you’re still trying », plutôt que « you still trying »; « you were still blaming Bush », plutôt que « you where still blaming bush » et « …, you might see », plutôt que « might see ». On remarque ici plusieurs erreurs de conjugaison, ainsi que dans l’emploi des pronoms. #LeProfCorrige

Entre les blocages autochtones et le projet de loi 40

Difficile de commencer un nouveau blogue sans commenter l’actualité du moment. Pendant qu’une grande partie du Canada subit de plus en plus concrètement les conséquences de la mobilisation autochtone, c’est peut-être une autre crise, celle-là dans le domaine de l’éducation, qui menace d’éclore au Québec.

Hier matin, un ami s’interrogeait sur la pertinence de bloquer des routes, des ponts ou des chemins de fer, face à une opinion publique qui, se sentant prise en otage, se positionnera contre les revendications des manifestants. Après une courte réflexion, je lui ai répondu que les groupes autochtones, à mon avis, voyaient au-delà de l’opinion publique. Ce qu’ils visent, c’est la cause. C’est là que j’ai constaté un parallèle à établir avec une bataille qui s’amorce dans mon domaine d’expertise, soit l’éducation.

Avec le dépôt du projet de loi 40, le gouvernement du Québec promeut surtout l’abolition des commissions scolaires, position populaire s’il en est une. Le texte déposé ratisse cependant beaucoup plus large et ses différents articles mécontentent à peu près tous les acteurs du milieu. Une mobilisation importante de ce groupe s’annonce donc à son tour, à plus ou moins court terme.

Historiquement, les moyens de pression dans le monde de l’éducation se sont avérés beaucoup moins dérangeants pour la population que ce qui a pu être déployé par d’autres groupes. Pour différentes raisons, il est plutôt récent que les enseignantes et les enseignants puissent compter sur une opinion publique qui leur est favorable. Et pour leurs deux principaux syndicats, la FAE et la CSQ, l’avancement de la cause passe par un appui important de la population.

La situation a cependant beaucoup évolué depuis les dernières négociations de la convention collective, il y a cinq ans. Déjà, à l’époque, entre 20% et 25% des nouveaux enseignants quittaient la profession au cours des cinq premières années. Depuis, j’ai vu des stagiaires abandonner avant même d’avoir complété le stage, de nombreux collègues partir en congé de maladie, plus d’une fois pour certains, et d’autres devancer la retraite.

La pénurie d’enseignants est devenu un problème tellement important, que de nombreux groupes d’élèves voient défiler plusieurs enseignants différents au cours d’une seule année scolaire. Un grand nombre de ces derniers n’ont pas les qualifications requises.

Mais ce qui m’interpelle particulièrement, cette fois, c’est de constater cette différence importante : les enseignantes et les enseignants ne s’en remettent pas qu’à leurs syndicats. Élément nouveau, ils ont formé des groupes de discussion sur les réseaux sociaux. Et si je me fie à ce que j’y lis, pour plusieurs, c’est la dernière chance. À bout de souffle, le mot démission apparaît de plus en plus souvent dans leur vocabulaire.

Après la pénurie, serons-nous témoins d’un exode ? C’est à suivre.

Dans le cours de musique

Je suis de ceux qui affirment qu’un être humain peut développer une complicité très étroite avec un objet. Il est fréquent, par exemple, de voir un musicien fusionner avec son instrument ou un gardien de but parler avec ses poteaux. B.B. King et Patrick Roy sont les noms qui me viennent en tête, en écrivant ces lignes.

Ainsi, je sympathise avec la pianiste canadienne de renommée mondiale, Angela Hewitt, dont la relation avec avec son F278 Fazioli s’est abruptement terminée, fin janvier, quand des déménageurs ont échappé le piano. Modèle unique, avec ses quatre pédales, l’instrument est une perte totale.

Angela Hewitt
(Photo : Facebook)

Ce piano italien accompagnait l’artiste partout, depuis 2003, en concert comme dans les studios d’enregistrement. Il s’est produit dans plusieurs pays, sur divers continents. Très attristée, Madame Hewitt, sur sa page Facebook, a souhaité à son compagnon de longue date d’être heureux au paradis des pianos. Elle a également relayé des extraits d’enregistrements sur lesquels elle affectionne particulièrement ses qualités sonores.

Sur la cour d’école

Chaque jour, avant d’entrer en classe, mes collègues et moi prenons 15 minutes pour marcher à l’extérieur avec nos élèves. Ce moment est bénéfique pour tous, il contribue à la motivation et à la concentration.
Mercredi de la semaine dernière, la nature nous offrait ce magnifique spectacle, vers 7:45, le matin. #gratitude