Billet du 29 mai 2020 : Rien n’est jamais acquis à l’homme. Ou à l’humanité.

Dans le cours de français

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a pris un peu tout le monde par surprise, vendredi de la semaine dernière, en annonçant que la Ville allait mettre un frein à la prédominance du masculin sur le féminin dans ses communications écrites. Pour ce faire, elle investira dans une formation à la communication épicène pour les élus et plusieurs employés.

Selon Larousse, épicène est un adjectif désignant un nom « qui a la même forme aux deux genres, correspondant aux deux sexes (par exemple un élève/une élève, un enfant/une enfant) ». Il peut aussi qualifier un nom genré, mais qui désigne à la fois le masculin et le féminin. Ainsi, girafe est un nom féminin signifiant autant le mâle que la femelle dans l’espèce. Même chose pour le nom sentinelle, qui sera toujours employé au féminin, peu importe si le poste est occupé par un homme ou par une femme.

Les critiques n’ont pas tardé à fuser de toute part, suggérant que madame Plante, en ce temps de COVID-19, devrait investir ailleurs le temps et l’argent des Montréalaises et Montréalais. Au-delà du moment plus ou moins mal choisi, je trouve la gymnastique linguistique intéressante.

Admettons-le, on est loin des acrobaties stylistiques de Georges Perec, écrivain français décédé en 1982, qui s’imposait des contraintes complètement folles ou géniales, c’est selon, avant de prendre la plume. Entre autres oeuvres, il a publié La disparition, un roman policier de plus de 300 pages à l’intérieur duquel la lettre « e » est totalement absente. Il est aussi l’auteur du grand palindrome, un texte de 1 247 mots se lisant aussi bien (ou aussi difficilement) à l’envers qu’à l’endroit.

L’exercice proposé par la Ville de Montréal permettra des rédactions plus recherchées, particulièrement au niveau du vocabulaire. Dans un document de 71 pages, publié en 2018, l’Office québécois de la langue française (OQLF) suggère quelques exemples de formulations neutres. Ainsi, on mentionnera le personnel d’une entreprise, plutôt que ses employées et employés. Selon l’OQLF, la formulation neutre doit être favorisée. En cas d’impossibilité, il faut opter pour les deux genres, même si cela alourdit le texte.

En terminant, si je m’adresse à Valérie Plante, dois-je l’appeler madame la mairesse, madame la maire ou madame le maire ? Partout dans la francophonie, incluant le Québec, les trois appellations sont admises, mais l’OQLF suggère madame la mairesse. La forme épicène est cependant madame la maire.


Dans le cours d’univers social

J’ai l’habitude de faire preuve de prudence avec les comparaisons. Chaque individu, chaque situation est unique. Et si des événements se répètent, les contextes les entourant peuvent en modifier les finalités, en tout ou en partie.

La Seconde Guerre mondiale fait partie du programme d’univers social de 6e année du primaire. J’ai donc passé la majeure partie de ma carrière à l’enseigner. Chaque année, mes élèves sont touchés par l’Holocauste et toute la ségrégation de l’Allemagne nazie envers les Juifs. Chaque année, ces élèves me demandent comment une population entière a pu laisser une telle horreur se produire. Chaque année, depuis longtemps, je leur réponds en présentant un ex-leader charismatique, qui a su gagner la confiance de son peuple et, à grands coups de désinformation, lui faire renoncer à certains de ses droits démocratiques.

D’autres dirigeants ont ensuite joué la carte de la désinformation et ainsi manipulé leurs populations. L’ex-URSS, notamment au temps de la guerre froide, en est un exemple. Plusieurs de ces empires ont fini par s’effondrer, de manière plus ou moins dramatique.

En regardant l’actualité des derniers jours, je constate que dans un des plus grands pays de la planète, trois actes racistes dirigés vers des gens appartenant au même groupe social ont eu des conséquences suffisamment importantes pour faire les bulletins de nouvelles tout autour du globe. Deux hommes y ont laissé leur vie. Ce pays est dirigé par un leader charismatique aux yeux de certains, narcissique pour d’autres, qui utilise la désinformation pour en arriver à ses fins. Quand le réseau Twitter a simplement demandé à ses membres de s’assurer de l’exactitude des faits présentés par deux des publications du leader en question, ce dernier a mis moins de 24 heures pour signer un décret rendant tous les réseaux sociaux en partie responsables de ce qui y est diffusé par leurs membres, ce qui les expose à une multitude de poursuites judiciaires. Ultimement, certains de ces réseaux pourraient devoir fermer et ainsi priver des centaines de milliers de personnes d’un droit de s’exprimer démocratiquement.

Malgré les nombreuses similitudes, il faut rester prudent avec les comparaisons. Le peuple américain, contrairement au peuple allemand de 1933 à 1945, possède toujours le droit de choisir démocratiquement son leader. Ce choix s’exprimera d’ailleurs dans quelques mois.


Dans le cours d’univers social, deuxième période

J’ai vu passer toutes sortes de commentaires sur les réseaux sociaux, cette semaine, concernant l’aide que le gouvernement du Québec apportera à un groupe dirigé par Guy Laliberté pour rapatrier les intérêts du Cirque du Soleil dans la Belle Province. Il a été question de dons, d’aide à des milliardaires, de copinage entre puissants alors que les moins bien nantis rongent leur frein, de liens avec la situation dans les CHSLD, le tout accompagné de qualificatifs comme scandaleux, inacceptable ou dégueulasse.

Personnellement, je vois la situation d’un autre oeil. Bien que la somme de 275 millions $ soit imposante, il s’agit d’un prêt, avec intérêts, et non d’un don. Ensuite, le fait de ramener l’entreprise dans le giron québécois, avec tout ce que cela comportera en retombées économiques, ressemble plus à un investissement intelligent qu’à une dilapidation de fonds publics. Finalement, on parle ici de la sauvegarde de plus de 1 300 emplois seulement au siège social de Montréal, sans compter les emplois indirects.

En ce temps de pandémie, au cours duquel le taux de chômage est passé de 2% à 17% en deux mois et où plusieurs commerces et industries sont menacés, une participation publique à ce projet n’était peut-être pas essentielle, mais j’ai bon espoir qu’elle finisse par s’avérer très avantageuse.


Dans le cours d’éthique et culture religieuse

Certains endroits dans le monde ont rivalisé d’ingéniosité pour faire respecter la distance de deux mètres entre chaque individu. C’est une question de respect envers soi et envers les autres. Le port du couvre-visage en est un autre exemple.

Alors que les pays de l’hémisphère Sud sont à leur tour frappés par le coronavirus, d’autres endroits où la vie commençait à reprendre son cours normal doivent maintenant reculer et revenir à une forme de confinement. Après le Japon, il y a déjà plusieurs semaines, voilà que la Corée du Sud doit resserrer ses règles après l’éclosion de nouveaux foyers de contagion. Plus près de nous, la province du Nouveau-Brunswick, qui ne répertoriait plus aucun cas de COVID-19, doit maintenant repousser son échéancier de retour à la normale, après qu’un médecin infecté au Québec ait omis de se placer en quarantaine à son retour à Campbellton. Au moins 150 personnes se sont trouvées en contact avec ce médecin, depuis.

Dans la région du Grand Montréal, l’assouplissement des règles de confinement a eu pour effet de créer un sentiment de liberté dont plusieurs ont abusé, si on se fie aux images diffusées dans les différents médias. « Rien n’est jamais acquis à l’homme », chantait Brassens. Les situations en Corée du Sud et dans la ville de Campbellton le démontrent bien. Respecter les règles, c’est contribuer à un retour à la normale dans de meilleurs délais.


Dans le cours de musique

Du soleil, cette semaine, dans le cadre de ma suggestion #musiquebleue. La pièce s’intitule Sunshine et elle est tirée de l’album SOMMM, sorti en avril. Cet album est le fruit du travail d’Arianne Moffatt et Étienne Dupuis-Cloutier, entourés d’une pléiade d’invités. Parions que, comme moi, vous vous laisserez surprendre par Sunshine et que l’album au complet traversera vos hauts-parleurs ou vos écouteurs.


La bonne nouvelle de cette semaine

Deux amis, Ève Duhamel et Julien Vallée, oeuvrant dans le domaine du multimédia, ont fondé l’entreprise Vallée Duhamel en 2013. Ayant surtout réalisé des publicités, l’entreprise a également été appelée à collaborer sur des vidéoclips québécois, notamment avec Coeur de pirate et Ariane Moffatt.

La semaine dernière, la chanteuse américaine Katy Perry a lancé son vidéoclip Daisies, réalisé par Vallée Duhamel. Les deux créateurs ont dû revoir tout le projet afin de le livrer à temps, en raison du confinement provoqué par la pandémie de COVID-19. Ils ont opté pour une animation 2D, pour laquelle ils ont travaillé à distance avec plusieurs collaborateurs.

Il semble que leur talent leur ait ouvert la porte à des associations avec d’autres artistes internationaux. L’histoire est à suivre !

Billet du 22 mai 2020 : Dollarama ou Walmart ? Et La Baie, dans tout ça ?

Dans le cours de français, première période

Depuis que la pandémie a franchi nos frontières, on entend parler de la fameuse courbe qu’il faut aplatir. Aplatir ou aplanir, comme le mentionnent certains intervenants ?

Aplatir, presque toujours employé au sens propre, signifie rendre quelque chose plus plat, ou carrément plat. Alors qu’aplanir peut s’employer tant au sens figuré qu’au sens propre. Dans ce dernier sens, on parle de rendre une surface plane, comme la glace d’une patinoire, par exemple. Une courbe graphique s’apparentant plus à une ligne qu’à une surface, aplatir s’avère plus approprié.


Dans le cours d’univers social, première période

Univers social est une expression générale pour désigner géographie, histoire et éducation à la citoyenneté, qui constituent une seule et même matière à l’école primaire. C’est d’éducation à la citoyenneté dont il sera question dans ce bloc.

Il y aura bientôt 9 ans que j’ai ouvert mon compte Twitter. Actuellement, je suis plus de 1 000 autres comptes. Il y a ceux avec qui je suis régulièrement d’accord, ceux avec qui je suis régulièrement en désaccord et il y a Guy A. Lepage. J’aime le suivre car nos positions peuvent se situer très près ou très éloignées l’une de l’autre, dans un large spectre. Souvent il m’incite à faire dans la nuance. En voici un exemple.

Cossette est une agence de publicité qui a été fondée au Québec et qui a appartenu à des intérêts québécois durant plus de 50 ans, avant d’être achetée par une firme chinoise qui l’a ensuite vendue, cinq ans plus tard, à un groupe américain. Dans son domaine, elle est l’une des plus importantes compagnies au Canada.

Sur le fond, je suis d’accord avec le fait qu’une entreprise entièrement locale aurait dû être favorisée, si elle était en mesure d’offrir les mêmes services à des conditions comparables. Mais ceci m’amène sur un autre terrain. Si j’ai besoin de produits nettoyants, de produits d’épicerie, de papeterie et de quincaillerie et que je dispose de trop peu de temps pour me rendre dans plusieurs commerces, est-il préférable que je me rende chez Dollarama ou chez Walmart ? La première est une entreprise québécoise qui vend des produits presque exclusivement venus d’ailleurs, alors que la seconde est une bannière américaine qui s’approvisionne beaucoup plus chez les producteurs et manufacturiers locaux.

En ce qui me concerne, j’ai tendance à favoriser les produits fabriqués dans des entreprises qui créent de l’emploi au Québec ou ailleurs au Canada. Les Travailleurs unis de l’alimentation ont établi une liste de produits alimentaires fabriqués par leurs membres. Ceci constitue une bonne base. Pour le reste, j’effectue mes recherches. Tant mieux si je peux trouver ces produits dans des commerces appartenant à des intérêts d’ici.

Maintenant, combien de personnes sont employées par l’agence Cossette ? On établit le nombre à 450, dans six bureaux canadiens, dont deux au Québec. C’est plus que ses concurrentes.


Dans… une classe vide

La nouvelle est tombée jeudi de la semaine dernière. Voici comment Guy A. Lepage l’a commentée, sur Twitter.

J’aurais pu moi-même la commenter dans mon billet de vendredi dernier. J’ai préféré prendre du recul avant de le faire. Me voici donc cette semaine.

Cette fermeture des écoles du Grand Montréal jusqu’à la prochaine rentrée scolaire était la bonne décision à prendre, mais contrairement à l’animateur de Tout le monde en parle, je suis incapable de la voir comme une bonne nouvelle. C’était la bonne décision à prendre parce que la région du Grand Montréal est de loin la région la plus affectée au Canada. Et aussi parce que malgré l’aplatissement de la courbe, les hôpitaux de la région demeurent surchargés. Une augmentation soudaine des cas pourrait causer de graves problèmes au réseau de la santé.

Malgré cela, c’est surtout un sentiment de tristesse qui m’habitait, suite à cette annonce. Tristesse de réaliser qu’en dépit des contacts à distance avec mes élèves qui se poursuivront au cours des prochaines semaines, la classe demeurera vide. Déception aussi pour mes élèves de 6e année, qui ne pourront souligner dignement la fin de leur primaire et le passage au secondaire. Inquiétudes pour les élèves en difficulté, qui n’obtiendront pas le soutien personnalisé et étroit que leur situation requiert.

Soulagé en tant que citoyen, affecté en tant qu’enseignant. Ce sentiment mitigé est agaçant.


Dans le cours d’univers social, deuxième période

Chaque année, j’explique à mes élèves que le premier commerce fondé en Amérique du Nord l’a été en territoire québécois, en 1670. Je les surprends toujours en ajoutant que ce commerce existe encore aujourd’hui, ce qui l’établit dans la liste des plus anciens au monde.

La Compagnie de la Baie d’Hudson a franchi le cap des 350 ans d’existence le 2 mai dernier, dans l’indifférence générale, malheureusement. Initialement un poste de traite de fourrures, créé par les explorateurs Radisson et des Groseillers, la compagnie a diversifié ses activités jusqu’à devenir les magasins La Baie, figure emblématique de notre paysage commercial.


Dans le cours de français, deuxième période

Vu sur Facebook, cette semaine :

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire nous a quittés, plutôt que nous a quitté. Un participe passé employé avec l’auxiliaire avoir doit s’accorder avec le complément direct, si ce complément direct le précède. Comme c’est le cas ici, le participe passé s’accorde avec nous et doit par conséquent prendre la marque du pluriel.


Vu à la porte d’un commerce, cette semaine :

#LeProfCorrige

Ici, il aurait fallu écrire Nous ne faisons pas, plutôt que Nous ne fesons pas. Le verbe faire, à la première personne du pluriel du présent de l’indicatif, se conjugue nous faisons. Aussi, il aurait fallu un point après collaboration, plutôt qu’une virgule. La direction étant une signature, elle aurait dû se trouver isolée en bas de page, et non en fin de phrase.


Dans le cours de musique

Il s’est écoulé sept longues années durant lesquelles Jimmy Hunt n’a produit aucun nouveau matériel. La semaine dernière, il a lancé son troisième album solo, Le silence. Je vous en propose un extrait aujourd’hui. Il s’intitule Les gens qui m’aiment. #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Ce qui suit dit tout.

Laurent Duvernay-Tardif possède un coeur gros comme l’univers. Il a eu l’occasion, cette semaine, d’expliquer son rôle et ses fonctions à un journaliste de la chaîne américaine ESPN. Bravo et merci !

Billet du 15 mai 2020 : Haut les masques !

Après l’école

La journée est terminée. Les travaux aussi. Je peux enfin prendre du temps pour moi. Je suis seul chez moi. Je mets de la musique et je danse. Jusqu’ici, ça va ? Je continue.

En ce temps de confinement, un ami m’appelle en vidéoconférence. Il voit que je danse. Nous décidons de nous amuser et de monter une chorégraphie à distance. Ça va toujours ?

Une fois la chorégraphie complétée, nous nous installons chacun devant l’écran de notre tablette électronique, nous exécutons la chorégraphie chacun de notre côté et nous rions beaucoup. À distance. Un problème ?

Mon ami propose de refaire la danse, de l’enregistrer et de la déposer sur sa chaîne YouTube. D’accord, là, peut-être que ça en chatouillera certains. Parce que sur mon lieu de travail, je dois maintenir une certaine prestance. Mais je décide d’y aller quand même ! Je suis chez moi, après le travail, et je ne fais qu’une vidéo de danse, après tout.

Tout ce qu’il y a de plus légal, honnête, drôle et sain. Oui, sain. Parce qu’enfin, j’ai l’occasion de me détendre.

Ceci est une histoire vécue. Pas par moi, mais par quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui a été blessé parce qu’on lui a reproché de se laisser aller publiquement, alors qu’il avait encore beaucoup de travail à faire. Pourtant, sa journée de travail était terminée. Cette même personne a été meurtrie. Meurtrie d’avoir été pointée du doigt parce qu’elle s’amusait, alors que des gens mouraient. Pourtant, quiconque s’amuse ou se détend le fait pendant que d’autres gens meurent. Peu importe le moment ou le lieu. Ainsi va la vie.

Et à celles et ceux qui seraient tentés de condamner cette personne parce qu’elle s’exhibe en dansant ou en remerciant un entrepreneur qui lui a fait parvenir six cannettes de bière, dites-vous que ceci est bien peu de choses, en cette ère de vedettariat instantané et de télé-réalité.

La question qu’il faut se poser est la suivante : Avons-nous confiance en cette personne quand elle est au travail ?

En ce qui me concerne, c’est clair. Le docteur Arruda a toute ma confiance. Ce qu’il fait chez lui, à l’extérieur de ses heures de travail, ne regarde que lui.


Dans le cours d’univers social

Dans mon billet de la semaine dernière, je faisais état du grand succès de la Corée du Sud à gérer la crise de la COVID-19. Sans statuer sur ce que constitue une bonne ou une mauvaise décision pour ce faire, ce n’est pas mon rôle et je n’en ai pas les compétences, j’avais tout de même dressé une liste des actions prises par cet état oriental. En tête de liste, un dépistage massif et le port généralisé du couvre-visage.

Depuis la semaine dernière, deux éléments en lien avec le contenu de mon billet sont venus ponctuer l’actualité. D’abord, le pays a procédé à la fermeture de tous ses bars et restaurants, après qu’un client eut infecté à lui seul une soixantaine de personnes en se rendant dans certains de ces établissements. Ensuite, le Québec a orienté deux de ses stratégies de la semaine vers… une hausse des tests de dépistage et une forte incitation au port du couvre-visage.


Dans le cours de mathématiques

Le directeur national de la santé publique du Québec, le docteur Horacio Arruda, martèle depuis deux semaines qu’il veut voir passer le nombre quotidien de tests de dépistage de 6 000 à 13 000. Mercredi de cette semaine, on n’y était toujours pas parvenu, ce qui a soulevé l’ire du premier ministre, lors du point de presse du jour. François Legault a cependant tenu à relativiser la situation, en lançant quelques chiffres sur la performance du Québec au niveau du dépistage, si on la compare aux autres provinces canadiennes.

Là-dessus, il a raison, comme le démontre le tableau suivant :

Toutefois, tant qu’à se comparer, aussi bien le faire avec les meilleurs. Une recherche en ligne permet de trouver facilement les pays offrant le meilleur taux de dépistage de la COVID-19 parmi ses citoyens. Sur le graphique, en plus du Québec et du Canada, j’ai ajouté, toujours pour fins de comparaison, les États-Unis, la France et la Corée du Sud. En disposant les données dans ce tableau, voici ce que ça donne :

Source : Our World in Data. Selon l’endroit, les données sont celles du 11, 12 ou 13 mai 2020.

Les pays dont nous entendons beaucoup parler se trouvent loin derrière l’Islande, le Bahreïn et le Luxembourg quant au nombre de personnes testées par bloc de 100 000 habitants.

À mon tour, je relativiserai deux éléments. Le premier est que je suis conscient que le nombre d’habitants au kilomètre carré diffère grandement d’un endroit à l’autre. Malgré les chiffres associés au dépistage, ceci peut avoir une incidence importante sur le taux de transmission du virus.

Le deuxième élément, c’est que le taux de dépistage ne peut expliquer à lui seul les succès ou insuccès d’un état au niveau de sa lutte à la COVID-19. À preuve, la Belgique et le Portugal ont beaucoup testé et présentent malgré tout un bilan peu reluisant. À l’inverse, la Corée du Sud, qui présente un des meilleurs bilans dans le monde, a beaucoup moins dépisté per capita, bien qu’en nombres absolus la quantité de personnes testées soit quotidiennement jusqu’à dix fois supérieure à celle du Québec.

C’est là que le masque entre en ligne de compte.

Dans le cours d’éthique et culture religieuse

C’est d’éthique dont il sera surtout question. De transparence, en particulier. Rappelez-vous au début de la crise, les autorités québécoises, tout comme celles de la France, répétaient à qui mieux mieux que le masque ne servait pas à grand chose. Aujourd’hui, on le « recommande fortement » et on jongle avec l’idée de l’imposer. À mots à peine couverts, on a laissé entendre qu’on avait craint la pénurie, en début de crise, et qu’on avait alors opté la stratégie de l’inutilité.

La transparence de François Legault, si appréciée en mars et en avril, commence à s’embuer un peu. Et si je maintiens que ses actions et ses décisions demeurent dignes de confiance, une partie de la population québécoise commence à penser autrement, si on en croit le dernier sondage hebdomadaire de la firme Léger. Avec un pourcentage de satisfaction qui frôlait la perfection à 95% le 13 avril dernier, le premier ministre a vu ce pourcentage s’effriter à 92% le 20 avril, 91% le 27 avril, 88% le 4 mai et 77% le 11 mai. Notez que cette dernière marque ferait quand même l’envie d’un bon nombre de chefs d’états, mais la chute de 18 points en l’espace de quelques semaines a tout de même fait glisser François Legault du premier au quatrième rang des premiers ministres canadiens, derrière John Horgan, Scott Moe et Doug Ford.

Néanmoins, je ne peux aucunement blâmer le duo Arruda-Legault d’avoir agi de cette façon au sujet des masques. Si de simples rumeurs ont réussi à créer des pénuries de papier hygiénique, de farine et de sachets de levure partout au Québec, en mars et en avril, imaginez ce qu’une réelle préoccupation sur l’utilisation des masques aurait pu causer comme tort au domaine médical et à la suite des choses. De deux maux, il faut choisir le moindre et assumer les conséquences du choix.


Dans le cours de sciences et technologie

En quoi le couvre-visage est-il utile ? Des images ont circulé sur Internet, au cours des dernières semaines. J’en publierai une ici, après une mise en garde, cependant. Si l’utilité des masques est convenablement présentée dans cette succession de pictogrammes, les pourcentages qui les accompagnent ne sont pas scientifiquement démontrés. Plusieurs sources ont pris la peine de le mentionner.

Alors tenez compte de ce qui suit, mais ne vous accrochez pas trop sur les chiffres. Et surtout, par respect pour les autres, prenez l’habitude de porter un couvre-visage quand vous sortez.


Dans le cours de sciences et technologie, 2e période

Cette semaine, un ami a publié quelque chose d’intéressant sur ses réseaux sociaux. Il a en fait exprimé une crainte tout à fait légitime. Le site du gouvernement du Canada se veut cependant rassurant.

Mon ami revenait sur le fait que le coronavirus pouvait se transmettre d’humain à animal. Il s’inquiétait ainsi de la possibilité de voir le virus s’attaquer aux fermes d’élevage. Il imaginait déjà la catastrophe, étant donné la difficulté, voire l’impossibilité de maintenir un troupeau de bêtes à distance de deux mètres dans un enclos.

Le site canadien de la santé publique minimise les risques, du moins pour le moment. S’il est vrai que quelques cas de transmission de la COVID-19 d’un humain à un animal ont jusqu’à présent été recensés, rien ne permet d’affirmer que l’inverse est possible. Ainsi, malgré ce qu’on a pu lire ou entendre au sujet des chauves-souris et des pangolins, rien ne prouve pour l’instant qu’un animal pourrait transmettre la maladie à un humain. On continue d’étudier la question. Également, quelques études auraient avancé que les porcs, les canards et les poulets ne seraient pas sensibles au virus.

Plusieurs études demeurent à l’état embryonnaire et des conclusions devraient être publiées au cours des prochains mois.


Dans le cours de musique

Mon premier contact avec Catherine Major remonte à une douzaine d’années. Elle assurait alors la première partie d’un spectacle de Michel Fugain, auquel je m’étais rendu assister. Tout m’a séduit chez elle. Sa musique, les paroles de ses chansons et, surtout, sa façon de les interpréter, avec une passion peu commune. J’ai eu le privilège de la revoir en spectacle et chaque fois, elle a su m’éblouir par sa générosité.

Aujourd’hui, 15 mai 2020, Catherine Major lance son 5e album, intitulé Carte mère. Grâce aux privilèges qu’offrent l’achat en ligne, il se trouve déjà dans mes listes de lecture ! En #MusiqueBleue cette semaine, c’est une chanson extraite de cet album que je vous propose. Elle a pour titre Moi non plus.

La bonne nouvelle de cette semaine

Elle sera brève. Mais si je me fie à ce que j’ai lu sur les réseaux sociaux depuis mercredi, elle fait de nombreux heureux. Ainsi, plusieurs sports, dont le tennis et le golf, pourront recommencer à être pratiqués dès la semaine prochaine, partout au Québec, incluant Montréal. Avec l’été qui approche, ceci constitue un baume sur les blessures des confinés, ainsi qu’un espoir de jours meilleurs pour tous.

Billet du 8 mai 2020 : Et ça continue en Corée encore

C’est que le début d’accord, d’accord.

Qu’est-ce qui continue ? Qu’est-ce qui n’est qu’au début ?

Dans le cours de mathématiques

En guise de préambule, j’ai envie de vous replonger dans quelques statistiques, ce matin. Je vous présente deux des mêmes tableaux que je vous avais présentés dans mon billet du 17 avril dernier, mais ils seront épurés de quelques données et, bien entendu, mis à jour.

Voici d’abord le tableau représentant le nombre de personnes atteintes de la COVID-19, pour chaque tranche de 100 000 habitants. Je n’ai retenu que quatre endroits, soit le Québec, le Canada (incluant le Québec), les États-Unis et la Corée du Sud.

Tableau 1 (Source : radio-canada.ca)

Pour les quatre mêmes endroits, voyez maintenant dans le tableau 2 le nombre de décès par tranche de 100 000 habitants.

Tableau 2 (Source : radio-canada.ca)

Qu’est-ce qui continue en Corée encore ? La ligne. Elle est tout ce qu’il y a de plus continue. Depuis le début de la pandémie, on est loin de la courbe, en Corée du Sud. Par 100 000 habitants, peu de cas, très peu de décès. Tout est linéaire, bien droit.

En fait, la Corée du Sud constitue probablement l’endroit dans le monde qui résiste le mieux à la propagation du coronavirus. Elle avait aussi particulièrement bien résisté à la crise du SRAS, en 2003. Quant au Québec, les tableaux nous indiquent que toute proportion gardée, les statistiques sont maintenant pires que celles des États-Unis, en plus de nuire considérablement au bilan canadien.

Loin de moi l’idée de poser un regard critique sur les décisions du gouvernement du Québec. Je laisse ce soin aux gens qui possèdent les compétences pour le faire. Ce qu’il m’est possible d’avancer, par contre, ce sont toutes les actions prises par les autorités des deux endroits et qui, de toute évidence, ont donné de meilleurs résultats en Corée du Sud. À la fin de mon billet, vous trouverez les références vers tous les articles que j’ai consultés pour rédiger cette section.

Corée du SudQuébec
Population (2019)51,7 millions d’habitants8,5 millions d’habitants
Nombre de cas confirmés (6 mai 2020)10 80035 238
Nombre de décès (6 mai 2020)2552 631
Tableau 3 : Résumé de la situation.

Quelques jours après la confirmation des premiers cas, le Québec a fermé ses écoles, ses commerces, ses entreprises et a décrété un confinement total. De son côté, la Corée du Sud a fermé ses écoles et quelques endroits à risque, comme les centres d’entraînement et les édifices religieux. Les deux endroits ont aussi suspendu les joutes de toutes les ligues sportives. Tout le reste est demeuré ouvert en Corée du Sud, et aucun confinement strict n’y a été décrété.

Pour la suite, la Corée du Sud s’est lancée dans une vaste opération de dépistage. Durant toute la durée de la crise, plus de 60 000 tests ont été réalisés quotidiennement. Au Québec, c’est précisément dix fois moins. Plus tôt cette semaine, le docteur Arruda a indiqué vouloir faire passer le nombre de tests quotidiens de 6 000 à 14 000.

Dès qu’un cas positif est déclaré en Corée du Sud, le malade doit s’isoler et télécharger une application sur son téléphone cellulaire. Cette application permettra en tout temps de géolocaliser ses déplacements et de le contacter pour effectuer un suivi sur son état de santé. La nouvelle loi, votée pour l’occasion, permet également aux autorités de consulter ses relevés de cartes bancaires afin de connaître les commerces qu’il a visités et les terminaux qu’il a pu toucher. Quiconque arrive en Corée du Sud, en provenance d’un autre endroit, est soumis aux mêmes règles, en plus d’être isolé durant 14 jours, que son test soit positif ou non.

Concernant le port du masque et de l’équipement de protection, rappelez-vous comment on a tergiversé au Québec. Au début, on disait que le masque n’était utile qu’au personnel médical. Nous avons eu pénurie. Ensuite, on a convenu que le masque était important pour éviter la propagation du virus. Toutefois, lorsqu’est venu le moment de rouvrir les écoles, on a jugé inutile d’en fournir aux enseignants. On s’est ravisé par la suite.

En Corée du Sud, on recommande à tout le monde d’en porter un. Le gouvernement a vu à les rationner au début de la crise, de manière à s’assurer que tous en possèdent une quantité minimale. On s’est ensuite mis à en produire et à en vendre, tout en s’assurant que les prix demeurent raisonnables et accessibles.

Toujours en Corée du Sud, on procède à des désinfections régulières des lieux privés et publics. Bien qu’on n’ait pas ordonné la fermeture des commerces, il arrive qu’on les ferme une journée afin de pouvoir désinfecter l’endroit.

Aujourd’hui, le Québec est sur le point de procéder à la réouverture de ses commerces et entreprises, de même que des écoles, dès la semaine prochaine pour toutes les régions, sauf celle du Grand Montréal. La Corée du Sud rouvrira également ses écoles la semaine prochaine, bien qu’elle ait vécu la pandémie avec un mois d’avance sur nous.

Selon plusieurs des sources que j’ai consultées, et qui, je le rappelle, seront indiquées à la fin de ce billet, le nombre de tests quotidiens de dépistage constitue un élément important du contrôle de la situation de crise. Sur ce point, le Québec est loin derrière plusieurs autres endroits dans le monde.

Quant à l’utilité du masque, il est de plus en plus établi que son efficacité est presque totale si tout le monde le porte. Une seule couche de tissus retiendrait la plupart des particules, mais deux les empêcheraient carrément de se propager.

Ne me reste qu’à revenir aux questions de départ.

Qu’est-ce qui continue en Corée encore ? J’y ai déjà répondu, c’est la ligne continue des tableaux 1 et 2 qui lui tient lieu de courbe.

Et qu’est-ce qui n’est qu’au début d’accord, d’accord ? Rien, finalement. Je voulais seulement faire un clin d’oeil à Francis Cabrel ! 😉


En journée pédagogique

C’est un retour graduel à la réalité qui s’est amorcé pour les membres du personnel scolaire québécois, cette semaine. Le mot graduel est ici très important. Parce que s’il est acquis que les écoles de la majorité des régions rouvriront leurs portes ce lundi, celles de la grande région de Montréal n’accueilleront pas leurs élèves avant le 25 mai, au mieux.

La réalité sera aussi très différente. D’abord, seuls les services de garde et les écoles primaires rouvriront. Physiquement, du moins. Les écoles secondaires, les cégeps et les universités se tourneront plutôt vers la formation à distance pour compléter la présente année scolaire. Ensuite, plusieurs parents préféreront garder leurs enfants à la maison, pour éviter de les placer dans un milieu où il y a des risques de contagion. En ce qui me concerne, la plupart des parents de mes 25 élèves ont déjà pris une décision finale quant à la présence ou non de leur enfant à l’école, jusqu’au 19 juin. D’autres, je peux les comprendre, hésitent encore.

À l’école où j’enseigne, les effets personnels des élèves qui ne reviendront pas compléter l’année scolaire ont été placés dans des sacs par leurs enseignants. Les sacs des classes situées à l’étage ont été transportés jusqu’au gymnase, afin de faciliter leur récupération par les parents.

De l’horaire habituel, ne demeureront que l’heure d’entrée et l’heure de sortie. On oublie les périodes d’éducation physique, de musique et d’art dramatique. Pour l’anglais, on verra. Il y aura trois courtes récréations, une pour chaque tiers des élèves. Et tous demeureront dans les classes durant les 80 minutes du dîner, peu importe la température et le temps à l’extérieur.

Et surtout, il faut garder tout ce beau monde à deux mètres de distance. C’est la raison pour laquelle mes collègues et moi avons dû réaménager nos locaux en conséquence. Malgré les savants calculs et la maximisation des espaces, nous ne pourrons accueillir que 10 à 12 élèves dans nos classes. Dans mon cas, c’est 11.

« Follow the yellow brick road », dit une réplique célèbre d’un chef-d’oeuvre cinématographique. Avec les nouvelles règles de santé publique, si une file d’attente se dessine quand des parents viendront conduire ou chercher leurs enfants à l’école, chacun devra se placer sur une ligne jaune afin de respecter la distance de deux mètres.

Dans le cours de français

C’est le genre de publicité, remplie d’erreurs de français, qu’on aurait dû corriger avant publication. Celle-ci a été diffusée sur Facebook.

Attention : Ceci n'est pas une commandite de cette page. #LeProfCorrige

#LeProfCorrige

Ici, trois fautes dans une phrase de 21 mots.

Premièrement, on aurait dû voir une virgule après simples, plutôt qu’un point-virgule. Le point-virgule s’utilise pour séparer des propositions qui n’ont qu’un petit lien entre elles, pour mettre en parallèle deux propositions indépendantes ou pour séparer deux propositions lorsque la seconde commence par un adverbe. On ne trouve aucune de ces trois conditions ici.

Ensuite, on aurait dû lire tels, plutôt que tel. Ce mot étant un adjectif, il doit s’accorder avec le nom moments, qui est masculin pluriel.

Finalement, il aurait fallu écrire acquis, plutôt que acquit. Ainsi doit s’écrire le participe passé du verbe acquérir, qui ici s’accorde avec bikini, masculin singulier.


Dans le cours de musique

Un peu de hip-hop, aujourd’hui ? Benny Adam est un Québécois d’adoption. Originaire du Maroc, sa famille s’est établie à Montréal alors qu’il était adolescent. D’abord producteur, ce n’est que l’an dernier qu’il s’est lancé dans l’interprétation. Je vous propose la pièce On m’a dit, extraite du maxi La Barquetterie SS2, lancé il y a moins d’une semaine. #musiquebleue


La bonne nouvelle de cette semaine

L’histoire de Réal Migneault a choqué, puis ému tout le Québec. D’abord appelé au chevet de sa mère mourante, dans un CHSLD, Monsieur Migneault l’a vue prendre du mieux, à mesure qu’il brisait sa solitude de près de deux mois, soit depuis le début du confinement. Âgée de 82 ans et atteinte de la COVID-19, Thérèse Marineau s’était ensuite vue être de nouveau privée de la présence de son fils, les visites n’étant permises que pour les résidents en fin de vie, ce qui n’était plus son cas.

Réal Migneault s’est battu pour recouvrer son droit de voir sa mère, alléguant que sa seule présence lui avait permis de reprendre vie. Quelques jours après avoir obtenu gain de cause, il a reçu la nouvelle tant espérée, Thérèse Marineau, sa mère, est guérie.

Une équipe de la télévision a pu croquer la scène quand Monsieur Migneault a reçu l’appel du médecin de sa mère.

Peut-on souhaiter plus beau dénouement, à quelques jours de la fête des Mères ?

Bonne fête des Mères à toutes celles qui portent ce noble titre.


Références consultées pour la section Dans le cours de mathématiques :

Pandémie de Covid-19 en Corée du Sud, Wikipédia

Covid-19 : Séoul, l’élève modèle dans la lutte contre le coronavirus ?, Sciences et avenir, 11 mars 2020

COVID-19 : dépister massivement, la recette gagnante de la Corée du Sud, radio-canada.ca, 18 mars 2020

Contenir le coronavirus sans confinement, la Corée du Sud l’a fait, Huffpost France, 19 mars 2020

Corée du Sud. pas de confinement mais un dépistage systématique pour endiguer la contamination, L’Humanité, 22 mars 2020

Pandémie de Covid-19 au Québec, Wikipédia

Données COVID-19 au Québec, Institut national de santé publique

Québec, Wikipédia

Corée du Sud, Wikipédia

Billet du 1er mai 2020 : Faire partie de la solution

Dans le cours d’éthique et culture religieuse

Je me suis toujours méfié des gens négatifs. Ils trouvent des problèmes à chaque solution.

Discuter d’un problème peut devenir très constructif si on considère cette action comme amorce ou préalable à une recherche de solutions. On démontre de l’intelligence quand on trouve une solution valable. On fait preuve de cohérence quand on l’applique soi-même. On devient un leader si on convainc une majorité d’y adhérer.

Il existe cependant des situations où le choix ne se présente pas et où l’adhésion devient une obligation. Tout se joue alors dans l’attitude. Il y a celles et ceux qui réagissent négativement et qui déterrent les anicroches à la même vitesse qu’un virus se multiplie. Puis, il y a les gens qui bondissent positivement, se retroussent les manches et voient comme un privilège cette opportunité de faire partie de la solution.

Je serai dans ma classe lundi matin, pour la première fois en près de deux mois, et c’est avec enthousiasme que je me préparerai à accueillir une partie de mes élèves, deux semaines plus tard. Une multitude d’interrogations subsistent, plusieurs inquiétudes aussi. Voire même des craintes, dans certains cas. Mais ne serait-ce que par respect et solidarité envers les travailleurs de la santé et de l’alimentation, entre autres, qui n’ont pas obtenu de repos depuis longtemps, je choisis d’avancer vers l’étape suivante.

Appelez cela de la docilité si vous voulez.

Photo offerte gracieusement par Karel Laflamme.
Photo gracieusement offerte par Karel Laflamme, enseignante.

Dans le cours d’univers social

Si vous voyez dans mes propos du bloc précédent une critique à l’endroit de plusieurs collègues du milieu de l’enseignement qui se sont exprimés cette semaine, détrompez-vous. Comme je l’ai mentionné, plusieurs interrogations, inquiétudes et craintes subsistent. Il est sain et humain de les exprimer. Je l’ai fait également.

Je comprends aussi très bien les leaders syndicaux de s’être insurgés contre le fait que plusieurs de leurs membres soient renvoyés sur leurs lieux de travail, dans le contexte actuel, sans protection physique. D’ailleurs, l’incohérence est ici évidente. Si les travailleuses et travailleurs des autres domaines se voient fournir divers équipements, il est normal et juste que les personnes oeuvrant en éducation réclament ce qu’il faut pour se protéger, dans un milieu rempli d’enfants qu’il sera très difficile de maintenir à deux mètres de distance.

Et j’éprouve aussi une déception personnelle sur un point. Dans mon billet de la semaine dernière, j’avais formulé le souhait que François Legault fasse preuve de la même franchise envers les enseignants qu’envers les médecins spécialistes, quand il les avait invités à se rendre faire du travail d’infirmière en CHSLD. Publiquement, il avait mentionné aux médecins qu’il les savait surqualifiés pour la fonction demandée, mais que les besoins se situaient à ce niveau.

De la même façon, je suis d’avis que la réouverture des écoles aurait été mieux reçue par le personnel des écoles primaires si le premier ministre avait demandé aux enseignantes et aux enseignants d’effectuer un travail d’éducatrice en milieu de garde, comme ce sera le cas pour les dernières semaines de la présente année scolaire. C’est là que sont les réels besoins, tous les intervenants sur le terrain le savent, et la contribution à la lutte contre la COVID-19 aurait été beaucoup mieux acceptée si elle avait été présentée comme tel.

Rappelons que seul le niveau primaire sera rouvert, que la présence à l’école sera facultative pour les élèves, qu’un maximum de 15 élèves par classe sera admis, qu’aucune forme d’examen ou d’évaluation ne pourra être donnée et qu’aucune nouvelle notion ne pourra être enseignée. Ajoutez à cela qu’on fait disparaître les cours d’éducation physique et les périodes de bibliothèque, ainsi que tous les travaux d’équipe, à moins de pouvoir les réaliser à plus de deux mètres de distance. Et que rien n’assure que les élèves qui se présenteront à l’école seront ceux qui requièrent le plus grand soutien académique ou personnel.

Tenant compte de tout cela, plusieurs enseignants pourront prétendre, à juste titre, avoir plus et mieux enseigné durant le confinement, alors qu’ils le faisaient à distance, que lors du retour sur leur lieu de travail pour les dernières semaines de l’année scolaire. Leurs élèves auront peut-être également mieux appris.


Dans le cours de français

Je joins ma voix à celle de plusieurs autres personnes qui, sur les réseaux sociaux, depuis quelques semaines déjà, s’adressant au premier ministre François Legault, au docteur Horacio Arruda, ainsi qu’à plusieurs journalistes de la radio et de la télévision, leur reprochent une erreur récurrente. On peut parler de réouverture des écoles ou de réouverture des commerces, mais…

#LeProfCorrige

On rouvre les écoles et les commerces, on ne les « réouvre » pas ! On rouvre, verbe rouvrir, indicatif présent, 3e personne du singulier.


Dans le cours d’univers social, deuxième période

Le chroniqueur Michel C. Auger a publié un point de vue très intéressant, cette semaine, sur ici.radio-canada.ca. Il y mentionne que le Québec ainsi que les états américains du Wyoming et du Montana constituent les trois seuls endroits en Amérique du Nord à avoir annoncé la réouverture de leurs écoles, au cours des prochaines semaines. Il précise de plus que les deux états américains sont ruraux et faiblement peuplés, et que le premier des deux ne rouvre ses écoles que pour une clientèle particulière d’élèves seulement.

Ceci rend passionnant le pari du gouvernement du Québec. Si cette sortie de confinement plus rapide donne de bons résultats, l’équipe québécoise de gestion de crise, François Legault en tête, récoltera les dividendes populaires en plus d’acquérir une renommée à grande échelle. Si, au contraire, cette décision prend des allures de cafouillage et précipite une deuxième vague de la maladie, les retombées risquent de s’avérer coûteuses à tous les niveaux.

J’aimerais d’avance pouvoir lire les historiens du prochain siècle !


Dans le cours de musique

Peut-on imaginer une recette musicale à base d’électro et de folklore québécois ? C’est l’idée géniale qu’ont eue Mélisande Gélinas-Fauteux et Alexandre de Grosbois-Garand, un couple originaire de la Montérégie, lorsqu’ils ont fondé le duo Mélisande [électrotrad]. Depuis décembre 2018, la musique de Mélisande [électrotrad] est venue s’ajouter à mes listes de lecture, notamment celle du temps des Fêtes, pimentant la succession de succès populaires, de rigodons et de cantiques. Il fait tout aussi bon les écouter sur la route, peu importe le moment de l’année.

Je vous propose la pièce Sur la ritintin. Bonne écoute ! #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Le confinement donne souvent lieu à de très beaux moments. Évoluant jusqu’à l’automne dernier avec les Carabins de l’Université de Montréal, Marc-Antoine Dequoy a signé cette semaine un contrat avec les Packers de Greenbay, dans la NFL. Dans la séquence qui suit, il annonce la nouvelle, à distance, à toute sa famille. Touchant !

L’heure de la collation

Je fais une exception aujourd’hui et je réserve un espace de mon billet pour encourager une entreprise québécoise. Il est toujours pratique de conserver quelques barres nutritives à la maison. Chez nous, nous avions notre marque favorite, fabriquée ailleurs, que nous achetions dans un entrepôt à grande surface, également fondé ailleurs.

Je me suis récemment mis à la recherche de barres nutritives conçues au Québec et j’ai trouvé la marque Bon vivant. Elles sont offertes en trois saveurs délicieuses et sont particulièrement nutritives.

Je me permets d’en faire mention, non seulement parce qu’il s’agit d’un produit d’ici, mais aussi parce que pour chaque boîte vendue, la compagnie offre gracieusement une autre boîte aux employés du domaine de la santé, en ce temps de crise de la COVID-19 que nous traversons.

Pour ces raisons, j’ai passé une commande, que j’ai reçue rapidement. Je vous confirme que ce n’était qu’une première. Nous venons d’adopter les barres Bon vivant.

Billet du 24 avril 2020 : Éloignement physique, qu’en pensez-vous ?

Dans le cours de français

Quand on parle de COVID-19, quel genre doit-on employer ?

Dans les médias francophones canadiens, on utilise le féminin. Les médias français, de leur côté, utilisent les deux genres, mais penchent plutôt vers le masculin. Alors, doit-on parler du COVID-19 ou de la COVID-19 ?

L’Office québécois de la langue française constitue le seul organisme linguistique à avoir statué sur la question, et il a opté pour le féminin. Ses raison sont clairement expliquées et je les résume ici. D’abord, COVID-19 est la contraction de Coronavirus Disease 2019, que l’on traduit par maladie à coronavirus 2019. Déjà, maladie étant un nom féminin, on dit naturellement la maladie à coronavirus. D’où la COVID-19.

En France, aucun organisme ne s’est officiellement prononcé. Toutefois, coronavirus étant un nom masculin, l’usage outre-mer a étendu son genre à la contraction COVID-19. C’est pourquoi les Français ont d’abord adopté massivement le masculin, avant que quelques scientifiques, ainsi que le site Éduscol, ne commencent à utiliser le féminin.

Qu’est-ce qui a donc pu les inciter à modifier le genre ? C’est simplement que l’Organisation mondiale de la Santé, dans sa littérature rédigée en français, a officiellement adopté le féminin, évoquant les mêmes arguments que l’Office québécois de la langue française.

#LeProfCorrige

Ici, bien qu’aucune position officielle n’ait été adoptée par les autorités linguistiques de France, on aurait dû lire « les quelque 500 morts quotidiens de la COVID-19 », plutôt que « les quelque 500 morts quotidiens du covid ». Aussi, le sigle n’ayant pas encore été lexicalisé, les majuscules s’imposent (Source).

Viens-je vraiment de reprendre Bernard Pivot sur une question de grammaire ? J’ai chaud, tout à coup. J’ai très chaud !

Dans le cours d’univers social

De toute évidence, plusieurs enseignantes et enseignants du Québec seront appelés à reprendre du service sur leur lieu de travail, d’ici la mi-mai. L’annonce officielle devrait en être faite la semaine prochaine. Le premier ministre s’est cependant avancé en mentionnant que d’ici l’été, l’école serait optionnelle pour les élèves.

J’ai hâte de voir le plan dans son ensemble. Actuellement, je maintiens des contacts quotidiens avec mes élèves, à partir d’activités que je leur fais parvenir et pour lesquelles je leur donne une rétroaction. Et je garde un contact hebdomadaire avec la classe, via une vidéoconférence à laquelle nous participons à chaque début de semaine. Me sera-t-il possible de maintenir ces liens et activités en me présentant en classe avec une partie de mon groupe seulement ?

Égide Royer, une des plus grandes sommités québécoises en matière d’éducation et d’enseignement, insiste pour qu’un éventuel retour à l’école avant septembre ne s’effectue qu’en suivant un motif pédagogique. Il laisse entendre que ce ne serait toutefois pas le cas, se basant sur les informations que François Legault a laissé filtrer, et que les écoles seraient transformées en garderies, le temps de quelques semaines. Il recommande plutôt que le gouvernement du Québec utilise le reste du printemps et l’été pour s’assurer que le corps enseignant dispose de compétences suffisantes pour la formation à distance. Parallèlement, il recommande qu’on s’assure que chaque élève reçoive un outil technologique adéquat pour suivre ses cours à partir de la maison.

Tout porte à croire qu’en effet, les enseignantes et les enseignants seront appelés à jouer un rôle qui s’apparentera plus à celui des éducatrices et éducateurs en milieu de garde qu’au leur. Si ce scénario se confirme, je demande seulement au premier ministre la même franchise envers nous qu’envers les médecins spécialistes, la semaine dernière, lorsqu’il leur a expressément demandé d’effectuer un travail d’infirmière ou de préposé aux bénéficiaires, dans les CHSLD. Cette franchise me donnerait l’impression de contribuer au plan de reprise de façon utile. Et nous serions plusieurs à le prendre positivement, j’en suis convaincu.

Dans le cours de français, deuxième période

Suite à mon billet de la semaine dernière, une amie me demandait mon avis sur l’expression distanciation sociale. Elle mentionnait ne l’avoir jamais entendue avant l’actuelle crise. Je ne crois pas l’avoir lue ou entendue auparavant non plus.

Je me souviens cependant qu’au début du confinement, un intervenant à la télévision indiquait qu’il fallait plutôt parler de distanciation physique, car les interactions sociales demeuraient possibles, notamment grâce aux moyens électroniques.

Alors d’où partons-nous ?

Il faut d’abord savoir que le mot distanciation implique un recul ou un repli de soi face à quelque chose d’abstrait, comme un événement. C’est comme la distinction nécessaire entre les verbes distancer et distancier. Distancer ou se distancer sous-tend l’augmentation d’un écart physique entre des personnes, des objets ou les deux. Alors que distancier, plus souvent qu’autrement employé à sa forme pronominale se distancier, signifie prendre ses distances devant quelque chose qui n’est pas physique, comme les paroles de quelqu’un, par exemple.

Selon l’Office québécois de la langue française, le nom distanciation est directement relié au verbe (se) distancier.

En toute logique, ceci vient donc invalider l’expression distanciation physique, étant donné qu’il est impossible à une distanciation d’être physique.

Peut-elle être sociale, maintenant ? Comme l’adjectif social est lié au nom société, il faut se demander jusqu’à quel point ce nom est concret ou abstrait. Dans le cas qui nous occupe, c’est plutôt concret. La logique voudrait donc, encore une fois, que l’expression distanciation sociale soit incorrecte.

Par quoi pourrait-on la remplacer ? Je ne suis pas linguiste, mais j’opterais pour éloignement physique.

Dans le cours de musique

J’ai aimé la voix et le style de Beyries dès ma première écoute d’une de ses interprétations. Son histoire n’est pas banale. Malgré le fait qu’elle ait, depuis son plus jeune âge, composé des chansons, elle les conservait pour elle, sans jamais les enregistrer. Elle destinait sa carrière à un autre domaine lorsqu’elle fut frappée, dans la vingtaine, par un cancer du sein. Durant ses traitements, elle a exprimé ses émotions à travers notes et poésie, produisant ainsi son premier album, Landing, sorti en 2017. S’ensuivit un excellent album éponyme, en français, en 2018. Ce que je vous propose aujourd’hui, c’est une chanson tirée d’un monoplage lancé le 7 avril dernier, Out of Touch.

Beyries est originaire de Montréal. #musiquebleue (Source)

La bonne nouvelle de cette semaine

Cette semaine, j’ai moins envie de vous transmettre une bonne nouvelle que de souligner trois beaux gestes. Trois personnes qui ont trouvé le moyen de se rendre utiles durant ce temps de pandémie. Trois personnes qui font la différence pour des gens âgés, pour des jeunes, pour des travailleuses et des travailleurs de la santé.

D’abord, Saïd Akjour. Il est un survivant de l’attentat à la grande mosquée de Québec. Atteint d’une balle tirée par l’auteur de la fusillade, le 29 janvier 2017, il a pu reprendre une vie presque normale, malgré une vive douleur chronique qui continue de l’accabler. Cet ex-enseignant est très occupé, par les temps qui courent. En effet, il agit comme préposé aux bénéficiaires dans un CHSLD de la Vieille Capitale. Son histoire a été relatée sur lapresse.ca, plus tôt cette semaine. Son dévouement est remarquable.

Ensuite, Marie-Ève Lévesque. Enseignante dévouée, elle a pris le taureau par les cornes dès le début de la période de confinement et a créé La classe en ligne, un lieu où elle donne quotidiennement des capsules pédagogiques pour tous les élèves du primaires. Avant la mise en circulation des trousses hebdomadaires du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, bien avant la réquisition des ondes de Télé-Québec, Marie-Ève Lévesque offrait un service similaire pour tous les élèves québécois âgés entre six et douze ans. Voilà une action proactive qui mérite d’être soulignée.

Finalement, une autre action proactive à souligner est celle du député et ex-hockeyeur professionnel Enrico Ciccone. Dès les premiers appels à la mobilisation, non seulement s’est-il porté volontaire pour aider en CHSLD, mais il a également encouragé et obtenu des membres de son personnel de circonscription qu’ils fassent de même. Avant sa première affectation, Enrico Ciccone avait déclaré publiquement qu’il était prêt à exécuter des tâches ménagères si c’était ce qu’on demandait de lui. Il a finalement fait plus. Beaucoup plus. Il en est resté marqué et c’est avec beaucoup d’émotion qu’il a raconté cette première expérience, sur les ondes de RDI.

Je le mentionnais il y a quelques semaines, la situation actuelle fait souvent ressortir le meilleur de l’être humain. La solidarité s’exprime, comme les constats d’iniquités. La prise de conscience est réelle et plusieurs, comme Madame Lévesque, comme Messieurs Akjour et Ciccone, comme plusieurs autres, n’attendent pas qu’on leur donne la formation de pompier pour sauter sur les lances et arroser l’incendie. Chapeau à vous tous.

Billet du 17 avril 2020 : Il ne faut jamais prioriser un déconfinement

Dans le cours de français

Que priorisera le gouvernement du Québec, lorsqu’il commandera le début du déconfinement ?

Priorisera. Du verbe prioriser. Croyez-le ou non, après toutes ces années d’enseignement et de journalisme, c’est la première fois que j’emploie ce verbe dans une de mes phrases. C’est que malgré son emploi fréquent dans tous les médias, ainsi que dans plusieurs ouvrages littéraires, ce n’est qu’en 2014 qu’il a fait son entrée dans le Robert et dans le Larousse. L’Office québécois de la langue française accepte maintenant son utilisation, sans toutefois la recommander. L’Académie française, de son côté, continue de proscrire le verbe prioriser.

Jusqu’en 2014, le Multidictionnaire de la langue française, un ouvrage de référence québécois, était le seul dictionnaire spécialisé dans la langue de Molière à permettre son utilisation, soulignant cependant son impropriété.

Alors, que priorisera le gouvernement du Québec, lorsqu’il commandera le début du déconfinement ?

Déconfinement ? Vraiment ? Sachez que le verbe déconfiner n’est présent que dans le dictionnaire de l’encyclopédie Universalis. Le nom déconfinement est absent de tous les ouvrages et aucun organisme voué au bon emploi de la langue française ne fait mention de son existence. Il faudra donc attendre avant de pouvoir l’utiliser correctement, n’en déplaise aux scribes québécois.

#LeProfCorrige

Je reprends encore ma question :

À quels secteurs d’activité le gouvernement du Québec donnera-t-il priorité, lorsqu’il commandera la fin graduelle du confinement ?

Je l’ignore autant que vous !


Dans le cours d’éthique et culture religieuse

S’il est une leçon que la tragédie du Walmart de Sherbrooke nous permet de tirer, c’est qu’il faut s’abstenir de juger et de tirer des conclusions quand on n’a pas tous les éléments en main. Celui que la société avait déjà condamné, lui accolant une multitude de qualificatifs haineux, verra possiblement toutes les accusations déposées contre lui être levées, pour cause de légitime défense.

C’est la raison pour laquelle je m’abstiendrai de mentionner quoi que ce soit sur les propriétaires et administrateurs du CHSLD Herron. Je laisserai plutôt les trois enquêtes suivre leur cours et attendrai leurs conclusions.

Mais les faits demeurent : il y a plus d’une trentaine de résidents de cet établissement qui, en l’espace de quelques jours, sont décédés de la COVID-19. Et cette nouvelle s’est avérée le point de départ d’une série d’histoires d’horreur en CHSLD, dont l’actualité a été ponctuée tout au long de la semaine.

Le mahatma Gandhi a déclaré un jour qu’on reconnaît le degré de civilisation d’un peuple à la manière dont il traite ses animaux. Je m’inscris en faux contre cette affirmation de ce personnage pourtant admirable. Selon moi, le degré de civilisation d’un peuple se mesure à la manière dont il traite ses enfants et ses aînés.

Sauf quelques rares exceptions, les Québécois traitent bien leurs animaux. Et j’aurai certainement l’occasion de revenir, au gré de l’actualité des prochains mois, sur notre façon de traiter nos enfants. Sur la manière de traiter nos aînés, le chat commence à sortir du sac et les premiers constats ne sont guère reluisants. Comme si, durant plusieurs années, nous avions fermé individuellement les yeux sur des situations gênantes qui, une ou deux générations plus tard, éclatent au grand jour et nous plongent collectivement dans la honte.

Mais je vous rappelle que je ne dispose présentement pas de tous les éléments et que, par conséquent, il m’est difficile d’exprimer ici une position juste et crédible. Je laisserai donc parler quelques chiffres.


Dans le cours de mathématiques

Nous nous attarderons aux statistiques. Ensuite, nous verrons s’il y a lieu d’établir une corrélation avec l’opinion de certains experts.

Hier midi, j’ai lancé une recherche visant à comparer les fameuses courbes dont il est abondamment question, depuis le début de la crise. Un élément a d’abord retenu mon attention. Il se trouve sur le graphique suivant, qui illustre le nombre de personnes atteintes du coronavirus, par bloc de 100 000 habitants.

Je suis demeuré étonné de constater à quel point la courbe du Québec se confond avec celle des États-Unis. Je rappelle que depuis le début, on entend dire que la situation est sous contrôle au Québec, alors que celle de nos voisins du Sud semble beaucoup plus chaotique, selon différents bulletins de nouvelles. Les deux courbes sont même supérieures à celles de la France et de l’Italie, dont les réalités nous ont effrayés quelques semaines avant l’éclosion chez nous.

La courbe du Canada, malgré qu’elle inclue celle du Québec, s’approche de celles des états les moins touchés dans la catégorie.

Voyons maintenant les courbes illustrant le nombre de décès par 100 000 habitants. (Source : radio-canada.ca)

Ici, deux réalités. D’abord, si on se fie au premier tableau, il est évident que toutes proportions gardées, on meurt moins au Québec qu’en Espagne, en Italie, en France et aux États-Unis, ce dernier pays nous ayant récemment distancés à ce chapitre.

Le deuxième tableau, celui des mortalités canadiennes, nous montre une courbe québécoise beaucoup plus élevée et moins linéaire que la moyenne du pays. Notons que seulement quatre provinces apparaissent sur ce diagramme, les six autres et les trois territoires ne présentant pas la combinaison minimale de 1000 cas et 10 décès pour en faire partie. Leurs statistiques sont cependant incluses dans la courbe du Canada.

Il y a lieu de s’interroger sur la part importante de cas et de décès au Québec, comparé au reste du Canada. Dans les deux cas, en date d’hier, on parle de 53% du total canadien. François Legault a fourni un premier argument plausible lorsqu’il a mentionné que notre semaine de relâche était arrivée à un bien mauvais moment. Et il est vrai que les quatre premiers décès, survenus dans une résidence pour retraités de Lanoraie, sont directement reliés à une seule personne infectée lors d’un voyage, durant la relâche scolaire.

Une autre statistique, dévoilée au Téléjournal de Radio-Canada d’hier soir, ajoute une explication importante. Au Québec, 70% des décès liés à la COVID-19 concernent des gens vivant dans des résidences pour aînés, qui incluent les CHSLD. Et retenez bien ce qui suit : au Canada, 6% des aînés vivent dans de telles résidences. Au Québec, cette proportion grimpe à 20%.


Dans le cours d’éthique et culture religieuse, deuxième période

Ici, on parle de choix de société. Un aîné sur cinq est parqué dans une résidence, alors que le reste du Canada favorise, et de loin, les soins gériatriques à domicile. Il est maintenant clair que ceci pèse lourd dans les statistiques québécoises. A-t-on négligé les CHSLD dans les budgets du ministère de la Santé et des Services sociaux ? Chose certaine, ils ont réussi à garder la tête hors de l’eau, jusqu’à la présente crise. Mais maintenant, comme je mentionnais plus haut, la gêne individuelle fait place à la honte collective.

Cette semaine, Yves Boisvert a publié un excellent texte sur les dérapages du système et sa sortie de piste en ce temps de crise. Dans sa chronique, il cite deux médecins qui n’évoquent rien de moins qu’un génocide gériatrique au Québec.

Je refuse de croire que nous en sommes là. Mais il faut agir. Et vite.


Dans le cours de mathématiques, deuxième période

Chaque année, lorsque j’enseigne les diagrammes à mes élèves, mon préféré demeure le diagramme en arbre. C’est à partir de tels diagrammes qu’on bâtit les algorithmes des programmes informatiques, incluant les jeux vidéos, ainsi que les romans dont vous êtes le héros. Ils sont aussi très utiles pour le calcul des probabilités.

Et ils constituent également le modèle de base de tout organigramme. À ce sujet, je vous invite à jeter un œil sur l’organigramme du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. Quand ce sera fait, vous comprendrez sans doute la lourdeur du système, pourquoi n’importe quelle décision risque de se perdre dans les méandres de ces nombreux paliers. Et je devine que c’est souvent ce qui arrive.

Pour paraphraser la devise d’une défunte institution québécoise, c’est pas parce qu’on rit que c’est drôle.


Dans le cours de musique

Cette semaine, je vous suggère une pièce du violoniste Alexandre Da Costa, tirée de son album Stradivarius BaROCK. Alexandre Da Costa est un virtuose montréalais de 41 ans, qui cumule déjà plus de 30 années de récitals et d’études musicales. Dans cet album, paru l’automne dernier, il mêle allègrement le rythme au classique, appuyé par quelques belles voix locales, dont La Bronze et Bruno Pelletier.

Dans l’extrait que je vous propose, le titre parle de lui-même : Toccate & Boogie. À quoi ressemblerait l’une des œuvres les plus connues de Bach si on lui accolait un rythme de piano afro-américain du siècle dernier ? Je vous laisse le découvrir ! En ce qui me concerne, le résultat est très intéressant.

#musiquebleue


La bonne nouvelle de cette semaine

Moins de 24 heures après le cri du cœur du premier ministre François Legault, ce sont plus de 2000 médecins spécialistes qui ont répondu à son appel et qui se présenteront dans les CHSLD pour combler les besoins en main-d’œuvre. Ils acceptent ainsi d’effectuer des tâches pour lesquelles ils se savent surqualifiés. C’est tout à leur honneur.

Mesdames, messieurs, bravo et merci.

Billet du 10 avril 2020 : Fantaisie bleue

C’est bien le titre d’une chanson de Michel Fugain qui a inspiré celui de mon billet de ce matin. Parce que pour plusieurs raisons, et de plusieurs manières, la dernière semaine nous a fait voir la vie en bleu.

***

Dans le cours d’univers social

En fait, si j’étais enseignant au secondaire, j’aurais sous-titré Dans le cours d’économie. Au primaire, j’imagine qu’on inclurait ce qui suit dans les périodes d’univers social.

À l’intérieur de mon billet de la semaine dernière, je suggérais que le Québec produise ses propres masques N95, à défaut de pouvoir compter sur des livraisons fiables de ses partenaires. J’étais loin de me douter que c’était un projet d’autosuffisance de beaucoup plus grande envergure qui se trouvait sur la planche à dessin.

L’idée de créer le Panier Bleu allait de soi, particulièrement dans le contexte pandémique actuel. Je m’étonne cependant qu’elle surgisse aussi tard qu’en 2020, alors que le Québec a quand même vu défiler plusieurs dirigeants politiques autonomistes, au cours des 50 dernières années.

Quoi qu’il en soit, le mérite est grand et il revient au gouvernement actuel, qui a su plancher très rapidement sur le sujet et lancer le projet à l’intérieur de délais très courts. L’engouement des Québécois ne se dément pas, chacun manifestant sa volonté de suivre le guide. Les problèmes avec les serveurs hébergeant le site, dans les heures qui ont suivi l’annonce, en constituent un exemple. L’emballement sur les réseaux sociaux en illustre un autre. Moins d’une semaine après son lancement, la page Facebook Le Panier Bleu compte plus de 11 000 membres. Quant à la page J’achète Québécois, lancée par Humania Marketing, c’est près de 116 000 adeptes qu’elle regroupe, en date d’aujourd’hui.

Acheter des produits fabriqués ici, dans des commerces d’ici, c’est bien sûr encourager les travailleurs d’ici et conserver les capitaux ici. Mais c’est aussi limiter les importations, avec tout ce que cette réduction du transport de marchandises peut avoir de bénéfique pour l’environnement.

Acheter bleu contribue donc à nous rendre plus verts !

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Dans le cours de français

Le confinement semble être en train d’avoir raison d’une des plus terribles fautes de français que le Québec subit, particulièrement depuis l’émergence des réseaux sociaux. Avec l’apparition du mouvement Ça va bien aller et des nombreux arcs-en-ciel arborant ce thème, avez-vous remarqué à quel point les « Sa va… » sont pratiquement devenus inexistants dans les publications populaires ?

C’est à souligner. Ou à surligner en bleu.

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Dans le cours d’univers social, deuxième période

J’ai passé une grande partie de la semaine à me promener autour du monde. Virtuellement, bien sûr. Avec le téléviseur de mon bureau qui, depuis trois semaines, diffusait RDI presque sans arrêt, j’ai ressenti le besoin de prendre une pause. Donc, entre le Horacio Show de 13:00 et l’entrevue quotidienne avec le Docteur Weiss, à 17:30, j’ai syntonisé EarthTV.com. C’est une chaîne YouTube qui alterne aux 12 secondes les images en direct de webcaméras situées dans plusieurs grandes villes de la planète.

Deux éléments ont particulièrement retenu mon attention. Le premier, ce sont les rues, les boulevards et les plages déserts partout, vraiment partout. Il y a quelque chose de rassurant dans ce constat, en ce sens où des règles d’isolement sont observées par toutes les nations touchées par la COVID-19. Mais il y a aussi cette image un brin apocalyptique, digne d’un film de science-fiction, qui donne un peu froid dans le dos.

Le second élément qui a retenu mon attention, c’est que le ciel est toujours bleu quelque part. Et de ce côté, tout est rassurant.

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Dans le cours d’univers social, troisième période

Suite à une discussion que j’ai suivie sur Twitter, dimanche soir, j’ai installé l’application Flightradar24 sur mon téléphone cellulaire. Toute la semaine, à plusieurs moments de la journée, je me suis rendu vérifier le trafic aérien sur la planète. En ce temps de confinement mondial, je pensais sincèrement que les avions, mis à part le cargo, étaient cloués au sol.

Cette capture d’écran a été prise le jeudi 9 avril, vers midi. Elle reflète bien ce que j’ai pu constater toute la semaine. Le résultat donne presque une peur bleue.

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Dans le cours de musique

Suivant le même principe que le Panier bleu, l’auteur-compositeur-interprète Philémon Cimon a proposé, cette semaine, le mot-clic #musiquebleue. Il veut de cette façon sensibiliser la population à la réalité vécue par les artistes, durant la pandémie de la COVID-19. Rappelons ici que les annonces d’annulations de spectacles, printaniers d’abord, estivaux ensuite, se sont succédées au cours des derniers jours.

Ainsi, il suggère entre autres solutions que les stations de radio de la province revoient leur programmation, de manière à augmenter considérablement la diffusion de musique québécoise. Peu importe la langue dans laquelle la chanson est écrite et chantée, en autant qu’elle le soit par une artiste ou un artiste d’ici. Déjà, plusieurs stations ont répondu favorablement à cette initiative. De diffuser sa musique contribue grandement à faire connaître un artisan, ce qui a d’ordinaire un effet important sur la hausse des ventes de son matériel.

De mon côté, j’utiliserai mon billet hebdomadaire, sur cette plateforme, pour présenter bien humblement une oeuvre d’un artiste d’ici.

Je commence cette semaine avec Maude Audet et sa chanson Demande-moi. J’ai découvert cette artiste très récemment. De ses chansons, je retiens des textes poétiques et un son qui évoque plusieurs chansons de Gainsbourg, servies à la sauce d’aujourd’hui. Dans ses arrangements musicaux, elle ose la harpe et la flûte traversière qui, mêlées à d’autres instruments et sa voix empreinte de naïveté, donnent un résultat qui joue en boucle dans mes écouteurs, ce qui est plutôt rare pour l’amant de variété que je suis.

Je le précise, je paie pour la musique que j’écoute.

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La bonne nouvelle de cette semaine

Les nouvelles des derniers jours ont démontré à quel point il fallait prendre soin de nos aînés. Je salue ici l’initiative de gens de Charlesbourg, en banlieue de Québec, qui ont vu à organiser un bingo pour les résidents d’une maison pour personnes âgées de l’endroit. L’activité respectait toutes les règles édictées par le gouvernement du Québec et la direction nationale de la Santé publique. Et surtout, elle a soigné les bleus à l’âme de tous ces confinés.

Le court reportage qu’en a fait Radio-Canada vaut la peine d’être visionné.

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Bon week-end de Pâques à vous ! Les rencontres se voudront différentes, cette année, mais il existe plusieurs façons de les rendre agréables et mémorables. En cuisinant le repas en famille, par exemple. Chacune et chacun pourra ainsi mettre à profit ses talents de… cordon bleu !

Billet du 3 avril 2020 : Quand la pédagogie n’est qu’un prétexte

Dans le cours de français

C’est de littérature dont il sera question, dans ce bloc. Parce que le contenu des prochaines lignes est directement relié à une leçon que la vie s’est chargée de me rappeler, au cours de la dernière semaine.

Le livre Comme un roman, de Daniel Pennac (éditions Gallimard, 1992), que j’ai lu pour la première fois il y a plus de 25 ans, est le seul ouvrage dont je peux réciter par cœur un chapitre complet. Le chapitre 5 va comme suit :

Quels pédagogues nous étions, quand nous n’avions pas le souci de la pédagogie!

Fin du chapitre.

Cette citation de Pennac est tout ce qu’il y a de plus véridique. Le problème, c’est qu’il se trouve toujours un intervenant du milieu qui apparaît pour nous demander une reddition de comptes, histoire de s’assurer que tout ce que nous transmettons est en lien avec les programmes. Si bien que malgré tous nos principes et notre bonne volonté, on développe généralement le réflexe inverse en se souciant davantage de la pédagogie.

C’est ainsi que dès le début du confinement, et avant la mise en ligne du site L’école ouverte, je me suis mis à envoyer de courts exercices quotidiens à mes élèves, histoire de nous permettre, à tous, de garder le nez dans la matière. Malgré le fait que ces activités se voulaient facultatives, les deux tiers des élèves de ma classe y participaient sur une base régulière.

Le changement de schème est survenu lundi dernier. Trois jours auparavant, j’avais envoyé un courriel aux élèves, ainsi qu’à leurs parents, histoire d’obtenir les autorisations d’usage afin de suggérer une rencontre par vidéoconférence. Cette fois, j’ai obtenu la participation de 24 de mes 25 élèves. Aucune pédagogie en apparence, que de la discussion, des questions et des réponses. Et beaucoup de plaisir durant plus d’une heure. Le besoin était là, celui de retrouver une situation le plus près possible de la normale, avec les amis et l’enseignant réunis en un seul lieu, virtuel, en même temps.

Des apprentissages, il y en a eu de part et d’autre. Pour eux comme pour moi. La matière n’est qu’un prétexte. C’est de garder le lien qui importe. Plus que jamais, Pennac a raison.

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Dans le cours d’univers social

Dans mon billet de vendredi dernier, je faisais allusion à quelques éléments beaux et positifs dont la crise du coronavirus nous permettait d’être les acteurs ou les témoins. On m’en a fait remarquer quelques autres, au cours des derniers jours, notamment les défilés de véhicules d’urgence en appui au personnel de la santé et la courtoisie grandissante des automobilistes.

L’actualité d’hier nous présente cependant un côté moins reluisant de l’être humain, alors que les États-Unis se seraient appropriés des masques N95 destinés à la France, après que la France ait elle-même pris possession de masques en transit vers l’Espagne et l’Italie. Des masques médicaux similaires, commandés en Chine et arrivés au Québec, ont aussi mystérieusement été redirigés vers les États-Unis. Dans son point de presse quotidien, le premier ministre François Legault a admis que les règles du jeu étaient dures et que le Québec donnerait du coude autant que les autres pour voir à combler ses besoins en équipements médicaux.

Tout ceci m’a rappelé une citation de Nelson Mandela :

Dans la vie, je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends.

Justement. Les actions posées dans les derniers jours nous en apprennent beaucoup sur certains de nos alliés. Alors pour éviter des frictions, pourquoi ne pas produire une partie du matériel nous-mêmes ? Il semble qu’au moins deux entreprises, une à Nicolet et une à Longueuil, seraient disposées à mettre leurs équipements à contribution pour produire du matériel médical, notamment des masques N95.

Tout le monde y gagnerait.

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Le confinement nous permet aussi de discuter plus longuement avec parents et amis. Par téléphone ou via un autre moyen de communication, évidemment. Une collègue avec qui je discutais m’affirmait bien profiter de la pause qui lui était accordée par les événements. Dans la même veine, elle disait souhaiter un retour à la fermeture des commerces le dimanche.

Coïncidence, le gouvernement annonçait cette semaine que pour la durée du mois d’avril, tous les commerces autres que les dépanneurs, les stations-service et les restaurants fermeraient leurs portes les dimanches. Une situation que le Québec n’avait pas vécue depuis 28 ans.

Jusqu’en 1992, c’était principalement pour des motifs religieux que les employés de la grande majorité des commerces bénéficiaient de l’assurance d’une journée de congé les fins de semaines, à l’instar de ceux des autres entreprises et des employés de l’État. On convient que la réalité n’est plus la même.

C’est pour accorder une journée de repos à celles et ceux qui exercent un travail en alimentation et en pharmacie que le gouvernement a décrété cette mesure. Pourrait-elle se prolonger au-delà d’avril ou même de la crise ? Je pense que la question donnerait lieu à un intéressant débat de société, si elle était posée par quelqu’un d’autre que moi.

Les jeunes travailleurs d’aujourd’hui, qui constituent la majeure partie des employés des commerces au détail, recherchent surtout une qualité de vie. Ceci contraste avec ceux d’il y a 30 ans, qui vouaient une plus grande importance aux revenus. Avec pour résultat qu’une rareté de la main-d’œuvre incite déjà plusieurs commerçants à réduire leurs heures d’ouverture. Uniformiser cette réduction pour tous les commerces en décrétant une journée de fermeture hebdomadaire permettrait-il vraiment de rencontrer un objectif de repos ou d’activités familiales, potentiellement souhaité par une majorité ?

En ce moment, cette question est à mille lieues de constituer une priorité. Mais ne serait-ce que pour trouver une solution à la pénurie de main-d’œuvre, elle méritera avant longtemps qu’on s’arrête pour y réfléchir.

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La bonne nouvelle de cette semaine

Avec l’actuelle situation mondiale, plusieurs bonnes nouvelles passent malheureusement sous le radar. Cette semaine, deux entreprises québécoises ont remporté des honneurs lors d’un prestigieux concours. En effet, le San Francisco World Spirit Competition a octroyé des prix à deux produits de la maison Duvernois, établie à Montréal. Ainsi, les étiquettes Pur Vodka et Pur Vodka Série Autographe édition Château Frontenac ont toutes deux remporté une médaille d’or.

Le même concours a également sacré le gin Norkōtié, produit à Baie-Comeau par la distillerie Vent du Nord, d’une double médaille d’or.

Ces honneurs rejaillissent évidemment sur toute l’industrie québécoise. Rappelons aussi que dès l’éclosion des premiers cas de la COVID-19 au Québec, l’entreprise de Nicolas Duvernois a utilisé ses installations pour créer et distribuer le désinfectant à mains Pur Vodka.

Billet du 27 mars 2020 : Ce virus qui nous ouvre les yeux

Dans le cours de français

Nous baignons dans les paradoxes, depuis les derniers jours. La situation vécue mondialement nous plonge dans un univers surréel devant lequel nous assimilons ce qui nous arrive en même temps que nous réfléchissons aux tenants et aboutissants de l’avant et de l’après coronavirus. Cette condition, c’est dans un état de confinement que nous la vivons.

C’est ce qui amène le premier paradoxe.

Le mot confinement, vu comme un presque isolement, vient du latin confinium, qui signifie voisinage. Présentement, notre vie est tout, sauf voisinage. Se reclure est le mot d’ordre, pester contre les désobéissants fait partie de notre quotidien, nous qui revendiquons d’ordinaire le statut de rebelles. Autre paradoxe.

Dans la même famille que confinement et confiner, on note aussi le nom masculin pluriel confins. Se rendre aux confins d’un endroit, d’un territoire, c’est atteindre ses limites. C’est se rendre loin. Alors que demeurer confiné chez soi, c’est rester où on est. Encore un paradoxe.

Et pour reprendre les mots d’Alain Rey, les confins de la langue française, c’est le monde. C’est vaste !

Dans le cours d’éthique et culture religieuse

La COVID-19 bouleverse l’humanité, je ne vous l’apprends pas. La peur envahit une majorité, mais les craintes se répandent partout. Alors que l’humain est programmé pour se montrer réfractaire aux changements, voilà qu’à peu près tout a basculé en l’espace de quelques semaines. Avant la relâche scolaire, le Canada présentait des statistiques de plein emploi. Au cours des dix derniers jours, on y a vu apparaître plus d’un million de nouveaux chômeurs.

Pourtant, paradoxe, la morosité demeure bien enfouie et ce sont des sourires que l’on constate sur la plupart des visages. Bien sûr, les ruées dans les épiceries et magasins à grande surface ont donné lieu à quelques engueulades et scènes disgracieuses, mais de façon générale, la résilience accomplit très bien son oeuvre.

Je constate personnellement deux chambardements majeurs. Le premier, c’est qu’une égalité sociale vient de s’établir. Peu importe son statut, tout le monde vit cette situation de la même façon. La chanteuse Madonna l’explique plutôt bien dans cette vidéo, diffusée dimanche dernier. Et la réaction négative de certains puissants de ce monde, dont au moins un a ouvertement réclamé des sacrifices humains pour épargner l’économie de son pays, confirme cet état de fait. Leur peur est palpable.

Le second élément que je constate, c’est que la pause imposée par les différents gouvernements s’applique au sens large. D’abord, beaucoup prennent le temps de marcher, de passer du temps en famille, de lire, de ressortir les jeux de société, de réapprendre à cuisiner, bref, de vivre.

Mais au-delà de ce que chacun vit personnellement, on peut aussi constater des changements sociaux qui étaient impensables, il y a quelques jours à peine. Par exemple, plusieurs états en conflit observent actuellement une trêve, gouvernements et oppositions travaillent main dans la main, les faits divers ont pratiquement disparu des bulletins de nouvelles, le prix de l’essence a chuté de manière radicale et la pollution a diminué considérablement. Moins d’automobiles, presque plus d’avions dans le ciel, les usines fermées, tout ceci fait en sorte que l’air est soudainement devenu plus pur et qu’on entend très bien les chants des oiseaux, en ce début de printemps.

Et les nombreux arcs-en-ciel, dessinés par les enfants et leurs parents avant d’être affichés dans les fenêtres des maisons, n’est qu’un exemple parmi d’autres de la grande démonstration de solidarité dont nous sommes témoins. La collaboration des institutions financières, des gouvernements et des administrations municipales, pour alléger le fardeau financier des affligés, en est un autre.

Bien sûr, l’humanité viendra à bout de ce virus et la vie finira par reprendre son cours. Mais il aura certainement réussi à marquer l’histoire. Et ce ralentissement de rythme, cette liberté que nous goûtons en ce moment, malgré les craintes et incertitudes, aurons-nous envie d’en conserver un morceau lorsque la machine se remettra à fonctionner à plein régime ? Je le souhaite.

Il n’en tient qu’à nous d’exprimer haut et fort ce que nous voulons et ce que nous ne voulons plus. Si la force et le courage manquaient aux représentants de ma génération pour pouvoir le faire, je suis d’avis que les générations qui nous suivent, celle de mes enfants et celle de mes élèves, sauront nous rappeler à l’ordre. Parce qu’ils découvrent maintenant les beautés que nos ascendants et nous n’avons pas su entretenir et conserver, pour mieux les leur léguer.

La bonne nouvelle de cette semaine

Tous ces concerts gratuits, qui nous sont offerts par différents artistes, pour égayer nos journées de confinement. Chris de Burgh nous en présente un quotidien sur sa page Facebook, mais plusieurs autres, dont Francis Cabrel, Coldplay, Matthieu Chédid, Fred Pellerin, Neil Diamond, Alfa Rococo et Yannick Nézet-Séguin, pour ne nommer que ceux-là, ont gracieusement offert leurs prestations.

Bravo et merci.