Billet du 14 mai 2021 : « Se caresser et manger sur les terrances »

Au moment où j’écris ces lignes, le Kraken de Seattle, nouvelle formation de la Ligue nationale de hockey qui entamera ses activités l’automne prochain, n’aligne qu’un seul joueur. Il s’agit de Luke Henman, le capitaine de l’Armada de Blainville-Boisbriand, dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Bien sûr, l’équipe se garnira au cours des prochains mois. On construira autour de Henman. Comme quoi il y a du talent dans la LHJMQ.

Le Canadien de Montréal l’a aussi reconnu, cette semaine, quand il a fait signer un contrat d’entrée à Rafaël Harvey-Pinard. Ironie du sort, cette signature est survenue quelques heures seulement après que le CH ait été pointé du doigt pour n’avoir disposé d’aucun joueur Québécois en uniforme lors d’un match, cette semaine, une première en 112 ans d’histoire. Il faut cependant préciser que si aucun joueur de sa formation n’était né au Québec, trois d’entre eux, Jake Allen, Paul Byron et Michael Frolik, sont des produits de la LHJMQ.

Faut-il s’en insurger ? Peut-être pas, il n’y a après tout rien d’étonnant dans cette situation et on s’y habitue rapidement, malheureusement. Pensez à la fois où on a fait grand éclat de l’absence totale de mots en français, même dans ses salutations, dans le premier discours de Saku Koivu à titre de capitaine de l’équipe. Inacceptable, c’était. Non seulement Koivu a-t-il poursuivi dans la même veine durant son long règne de capitaine du Tricolore, mais la plupart de ceux qui lui ont succédé ont suivi la tendance. Alors sans nécessairement s’en insurger, il faut constater que des correctifs peuvent être apportés et que la situation peut être facilement améliorée.

Quelqu’un me faisait remarquer qu’il n’y avait peut-être pas de joueurs québécois chez le Canadien, mais qu’il n’y avait pas plus de joueurs albertains chez les Oilers d’Edmonton, son adversaire, ce soir-là. Peut-être. Mais le Canadien de Montréal se doit de puiser dans son fief pour construire ses alignements. Cette obligation, il la doit à son histoire, la plus grandiose et la plus prestigieuse de toutes les équipes sportives d’Amérique du Nord, avec celle des Yankees de New York. Ses équipes victorieuses de 24 Coupes Stanley, la Sainte-Flanelle les a bâties avec des joueurs d’ici et des joueurs qui ont été développés par l’organisation. Actuellement, les proportions sont faibles dans les deux catégories. Il suffit de lire les premières pages du livre Georges Vézina : L’habitant silencieux, de Mikaël Lalancette, pour comprendre que le Canadien de Montréal était l’équipe des francophones, des Canadiens français, dès le début de son histoire. Quand on parle de Tradition avec un grand T, chez le Canadien, ce n’est pas seulement celle des bras meurtris qui tendent le flambeau, c’est celle des Georges Vézina, des Maurice Richard, des Jean Béliveau, des Guy Lafleur, des Patrick Roy, des Stéphane Richer et des nombreux autres joueurs d’ici qui ont vu leur nom être gravé sur la Coupe.

J’ai couvert les activités de l’Armada de Blainville-Boisbriand durant ses six premières saisons. La loge des dépisteurs des équipes de la LNH n’est pas très loin de la galerie de presse, au Centre d’excellence sports Rousseau. Je peux affirmer y avoir vu des représentants de plusieurs équipes beaucoup plus souvent que ceux du Canadien.

Bien sûr, le nombre de joueurs de la LHJMQ ayant gradué dans la LNH a considérablement chuté, au cours des dernières décennies. On parle d’une cinquantaine, actuellement, soit une moyenne d’un peu plus d’un joueur par équipe. Mais il se trouve quand même des Penguins de Pittsburgh ou un Lightning de Tampa Bay qui ont su donner leur chance à plusieurs jeunes joueurs issus du Québec et qui en comptent en ce moment plus que le Canadien. Les Penguins ont même procédé, à Pittsburgh, à une soirée entièrement francophone, il y a deux ou trois ans.

Chaque année, au repêchage amateur, le talent se situe dans les deux premières rondes. Au-delà de la deuxième ronde, le repêchage devient pratiquement un coup de dés. Marc Bergevin et Trevor Timmins devraient comprendre qu’ils ont tout intérêt à ne pas laisser les autres équipes venir leur damer le pion dans leur propre cour. Après tout, quand on regarde le peu de joueurs repêchés par le Canadien qui ont joué 100 matchs et plus dans la LNH au cours des 15 dernières années, on se dit qu’il n’y a pas grand chose à perdre à tenter sa chance avec les talents locaux.


Dans le cours de français

Je le mentionne chaque année à mes élèves, le Nouveau-Brunswick est la seule province officiellement bilingue au Canada. Les neuf autres provinces n’ont qu’une seule langue officielle, le français pour le Québec, l’anglais pour les autres.

La ville ontarienne d’Ottawa possède cependant le statut de ville bilingue, en tant que capitale du Canada qui, lui, est un pays fondé à partir de deux langues officielles. Ceci en théorie, bien sûr, parce qu’en pratique, l’une des deux langues peut se retrouver avec quelques imperfections.

C’est ainsi que jeudi après-midi, Santé publique Ottawa a diffusé un message dans un français plutôt approximatif sur Twitter. En voici un extrait :

Difficile de ne pas avoir certaines images dans sa tête…

#LeProfCorrige

Je n’aurai pas à mettre de trop grands efforts pour corriger, Santé publique Ottawa ayant fait amende honorable moins d’une heure plus tard. L’organisme a d’abord présenté ses excuses, avant de publier des phrases revues et corrigées.

On remarque que ces phrases ne sont toujours pas très bien construites, mais elles se tiennent beaucoup mieux.


Dans le cours de mathématiques

Cette semaine, je me suis replongé dans mes souvenirs du début de mon secondaire, alors que je devais enseigner à mes élèves l’ensemble des entiers naturels et l’ensemble des entiers relatifs. Bien entendu, en 6e année du primaire, on ne parle que des nombres entiers, sans préciser s’ils sont naturels ou relatifs.

Comme il m’arrive souvent de le faire, j’ai toutefois procédé à une incursion dans la matière du secondaire, histoire de montrer aux élèves les fameuses lettres à pattes supplémentaires que j’aimais beaucoup dessiner. Ainsi, les nombres entiers naturels étaient représentés par un , alors les entiers relatifs s’affichaient avec un .

Les nombres entiers naturels sont les nombres entiers de 0 jusqu’à l’infini.

ℕ = {0, 1, 2, 3, 4, …}

Il y avait aussi le fameux ℕ *, qu’on appelait N étoilé, qui comprenait la même séquence, à l’exception du 0.

ℕ * = {1, 2, 3, 4, …}

Quant à l’ensemble des entiers relatifs, il comprend tous les entiers négatifs et tous les entiers positifs.

= {…, −3, −2, −1, 0, 1, 2, 3, …}

Évidemment, on pousse plus loin au secondaire, avec les nombres rationnels et les nombres réels. Mais là-dessus, je me garde une réserve devant mes jeunes élèves. Chaque chose en son temps !


Dans le cours de musique

Depuis les dernières années, la tendance est aux « covers », ces reprises musicales de chansons ou de pièces instrumentales plus ou moins anciennes. Plusieurs artistes de tous azimuts s’y sont ainsi adonnés. Parmi les derniers en lice, Tire le coyote et Jeannot Bournival, qui ont lancé la semaine dernière un court recueil de reprises acoustiques de six chansons québécoises, ayant pour titre Le temps des autres. Dans le lot, mon coup de coeur va à Boom boom, ce merveilleux poème musical de Richard Desjardins.

C’est cependant La vie d’factrie, de Clémence Desrochers, que je vous propose aujourd’hui. Si cette chanson vieille de près de 60 ans a connu quelques reprises à travers les années, je pense entre autres à celles de Renée Claude et de Marie Michèle Desrosiers, c’est à ma connaissance la première fois qu’elle est interprétée par un homme, alors que Tire le coyote lui prête sa voix.

Tire le coyote et Jeannot Bournival – La vie d’factrie – Le temps des autres – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Cette nouvelle, j’ai bien failli ne pas l’inclure dans cette rubrique, pour une question environnementale. Les arrangements convenus entre les diverses parties impliquées me permettent toutefois d’en faire mention ici.

C’est à Beauharnois, en Montérégie, que Google implantera son premier centre de données au Canada. L’investissement de l’entreprise s’élèvera à 735 millions $ et créera une trentaine d’emplois permanents, après que la construction ait nécessité l’embauche de plusieurs centaines de travailleurs d’ici. Des zones infonuagiques sont exploitées à Montréal et à Toronto depuis les deux dernières années.

Le centre sera érigé sur un terrain appartenant actuellement à Hydro-Québec, et de cela auraient pu découler quelques conséquences politiques, en lien avec la question environnementale. C’est que le terrain en question est situé en zone agricole et que malgré l’interdiction de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) d’y construire le bâtiment, le gouvernement du Québec a décrété une mesure d’exception et outrepassé la décision de la CPTAQ en autorisant la construction en zone verte.

Hydro-Québec a ainsi imposé son terrain, malgré l’offre de la ville voisine de Salaberry-de-Valleyfield d’offrir un terrain similaire en zone dédiée aux télécommunications. La société d’état compensera en offrant d’autres terres pour au moins l’équivalent des pertes de territoires agricoles, alors que le gouvernement du Québec investira plus de 6 millions $ dans des organismes et projets voués à l’agriculture. Au final, il semble que tout le monde soit heureux.


Billet du 7 mai 2021 : Quand un message passe mal

Comme plusieurs, j’ai écouté l’entrevue donnée par Maripier Morin à l’émission Tout le monde en parle, dimanche dernier. Elle s’y est présentée pour commenter un reportage publié la veille dans La Presse, dans lequel il est avancé que ce qui peut lui être reproché va bien au-delà de l’agression physique, du harcèlement sexuel et des propos racistes qu’elle aurait dirigés à l’endroit de la chanteuse Safia Nolin. La Presse élabore sur d’autres gestes posés par Madame Morin, d’autres victimes.

Sur le plateau de Tout le monde en parle, Maripier Morin n’a pas nié, mais n’a pas confirmé non plus. Elle s’est excusée auprès de celles et ceux qui auraient pu être offensés par ses paroles et ses gestes. Elle aspire à reprendre toutes ses activités, autant qu’elle espère tourner la page après avoir vécu son purgatoire et sa cure fermée.

Je n’ai pas l’intention d’utiliser ce billet hebdomadaire pour pardonner ou condamner Maripier Morin. Ni pour statuer si elle a droit à une autre chance ou non. Ce que je ressens le besoin d’écrire, cependant, c’est qu’il faut toujours garder en tête la considération des victimes dans cette histoire, comme dans toutes les histoires similaires, d’ailleurs.

Maripier Morin elle-même affirmait avoir cette considération pour les victimes d’Éric Salvail, lors d’une visite précédente à l’émission, en 2017, en souhaitant que les mesures prises pour condamner les gestes à caractère sexuel soient appliquées et suivies à long terme.

Dimanche soir dernier, j’aurais aimé entendre Guy A. Lepage lui poser une ou deux questions sur ses propos de 2017.

Écoutez un extrait de l’entrevue accordée par Maripier Morin, dans la foulée de l’affaire Salvail – Radio-Canada – Novembre 2017


Dans le cours de français

L’étude des compléments m’a toujours fasciné. Je reviendrai ultérieurement sur les compléments de phrases, pour m’attarder aujourd’hui sur le complément du verbe et l’attribut du sujet.

Lorsque j’ai fait mes études primaires et secondaires, on trouvait trois sortes de compléments du verbe : le complément d’objet direct (qui répondait aux questions qui? ou quoi?), le complément d’objet indirect (qui répondait aux questions à qui?, à quoi?, de qui?, de quoi?, avec qui?, avec quoi?, … qui?, … quoi?, etc.) et le complément circonstanciel (qui répondait à où?, pourquoi?, quand? ou comment?).

Le temps que je devienne enseignant, on avait fait disparaître les compléments circonstanciels, ainsi que le mot « objet ». Depuis, quand un complément du verbe peut être remplacé par quelqu’un ou quelque chose, il s’agit d’un complément direct. Et tous les compléments des verbes d’action qui ne sont pas directs sont automatiquement des compléments indirects. Dans les deux cas, on parle de compléments du verbe, car ils précisent ou complètent le verbe.

Lorsque le verbe est un verbe attributif (qu’on appelait autrefois verbe d’état), comme être, paraître, sembler, ressembler, devenir, demeurer, rester, avoir l’air, le complément qui suit est appelé attribut du sujet, car c’est ce dernier, et non le verbe, qu’il précise.

Ainsi, dans les exemples suivants :

Rita mange une tomate, les mots soulignés forment un complément direct, car ils peuvent être remplacés par quelque chose (Rita mange quelque chose).

Rita mange avec Marcel ou Rita mange dans la cuisine, les mots soulignés sont des compléments indirects du verbe, car ils ne peuvent pas être remplacés par quelqu’un ou quelque chose.

Rita semble heureuse, le mot souligné est un attribut du sujet car il suit un verbe attributif.

Ceci constitue la façon de faire au Québec. Qu’en est-il de la France ? Eh bien on y compose encore avec les compléments d’objet direct, les compléments d’objet indirect, les compléments d’objet second, les compléments circonstanciels, les compléments d’agent et les attributs ! J’aimerais bien tous les enseigner. Mais à bien y penser, peut-être ailleurs qu’au primaire !


Dans le cours de mathématiques

L’analyste politique Philippe J. Fournier y est allé d’une publication lourde de sens sur Twitter, lundi. La maison de sondages Angus Reid a sondé 2 008 répondants entre les 20 et 25 avril 2021. Après s’être enquis du choix de vote lors des élections fédérales de 2019, le sondeur a posé une seule question : « Croyez-vous que les changements climatiques soient réels et qu’ils soient en grande partie causés par l’activité humaine ? ».

Chez les partisans du Bloc québécois, du Parti libéral du Canada, du NPD et du Parti vert, les réponses affirmatives tournent toutes autour des 90%, variant de 89% à 92%. Elles se situent toutes dans la même marge d’erreur de 3%.

Du côté des sympathisants du Parti conservateur du Canada, on a répondu oui à… 34%.

Le clivage est évident.


Dans le cours de science et technologie

Avec la maladresse commise par le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI), cette semaine, il a beaucoup été question du vaccin à ARN messager. La thérapie génique basée sur l’ARN messager a été avancée par Katalin Karikó, dont j’ai fait mention dans la rubrique La bonne nouvelle de cette semaine de mon billet du 15 janvier dernier. On parle trop peu de Madame Karikó, qui est directement à l’origine des vaccins Pfizer-BioNTech et Moderna, contre le virus de la COVID-19.

Mardi, une autre femme que j’admire, la Docteure Sonia Lupien, a pris une douzaine de minute pour expliquer à l’émission de Pénélope McQuade, qui était Katalin Karikó et lui rendre l’hommage qu’elle mérite.

Écoutez la capsule de Sonia Lupien – Radio-Canada – 4 mai 2021


Dans le cours de musique

Aujourd’hui, 7 mai 2021, sort le premier album d’Étienne Dufresne. Autodidacte, il a par lui-même appris la guitare et la composition musicale par ordinateur, tout en effectuant quelques boulots dans des domaines connexes au monde du spectacle. Ce premier album a pour titre Excalibur.

Il est difficile d’associer Étienne Dufresne à un style musical. La pièce que je vous propose aujourd’hui, Jolicoeur, est constituée d’un amalgame de rock progressif, de blues et de pop. Mais surtout, les paroles sont belles, alors que le vidéoclip, conçu par l’auteur-compositeur-interprète, est des plus intéressants.

Étienne Dufresne – Jolicoeur – Excalibur – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Il faut une première pierre pour établir une fondation. Une ferme laitière beauceronne renaît de ses cendres, littéralement, autour de la seule vache ayant survécu au violent incendie l’ayant détruite, il y a deux ans. Tout le reste du bétail, 184 bêtes au total, a péri dans le sinistre.

La vache miraculée, qui n’a même pas été blessée ou incommodée, a été confiée à une ferme voisine, où elle a donné naissance à deux veaux. De retour dans le giron familial, entièrement reconstruit, elle en attend un autre qui recevra le nom de… Phénix !

Lisez Une vie de travail part en fumée pour un producteur laitier beauceron – Radio-Canada – 23 mars 2019

Lisez Une vache miraculée – La Presse – 2 mai 2021


Bonne Fête des mères

En cette fin de semaine de la Fête des mères, j’aimerais souhaiter un magnifique dimanche à toutes celles qui jouent ce magnifique rôle. J’ai une pensée spéciale pour la mienne, qui comme les autres, vivra une deuxième Fête des mères consécutive isolée des siens. Nous nous verrons quand même quelque part à l’extérieur, masqués et à deux mètres de distance.

J’ai aussi une pensée particulière pour mon amie et ex-collègue Johanne Valade, que j’ai sacrée partisane numéro un de mon blogue, récemment. Sa mère s’est éteinte subitement et paisiblement, cette semaine. Le poète et écrivain suisse Jean-Antoine Petit-Senn a écrit un jour « La mort d’une mère est le premier chagrin qu’on pleure sans elle ». À mon amie et lectrice assidue je souhaite bon courage.


Image en titre du billet : Shutterstock


Billet du 30 avril 2021 : Âme et conscience

L’âme du Canadien de Montréal, c’est Brendan Gallagher, qui se trouve à l’infirmerie depuis près d’un mois, et pour deux ou trois autres semaines. Sans Gallagher, le Canadien perd, comme en témoigne sa fiche de quatre victoires et neuf revers, depuis sa blessure. C’était la même chose en 2016-2017 et en 2019-2020, deux saisons durant lesquelles Gallagher avait également dû s’absenter à long terme.

Le talent et la profondeur sont là, chez le Canadien. Ce qu’on n’y trouve pas, c’est le coeur et le sentiment d’appartenance. Difficile de se sentir membre à part entière d’une organisation quand on a grandi ailleurs. Parce qu’à part Gallagher, dans l’édition actuelle de l’équipe, seuls Carey Price, Artturi Lehkonen, Jake Evans et Jesperi Kotkaniemi ont été repêchés et développés par l’organisation. Il y a bien Cole Caufield et Alexander Romanov qui ont aussi été repêchés par le Canadien, mais ce dernier n’a pas eu grand chose à voir dans leur développement.

La plupart des grandes équipes regorgent de joueurs ayant évolué dans toutes les structures de l’organisation, avant d’atteindre le plus haut niveau. Je pense surtout au Lightning de Tampa Bay, dernière formation à avoir remporté la Coupe Stanley. Mais je pense aussi aux Penguins de Pittsburgh et aux éditions des saisons 1985-1986 et 1992-1993 du Canadien de Montréal, celles qui ont remporté les deux dernières Coupes Stanley du club montréalais.

Faire partie de l’organisation depuis le repêchage, c’est entrer dans une vaste famille et y grandir. L’appartenance est indéniable et on donne tout ce qu’on a dans le coeur pour porter cette famille vers les plus hauts sommets. C’est ce qui manque cruellement à la troupe de Marc Bergevin.


Et je cite :

« Avant le début des Oscars, je veux souligner ce qui est vraiment et incontestablement le film le plus important de l’année. Il n’a duré que 8 minutes et 46 secondes. Il a été filmé par une jeune femme de 17 ans, dans des circonstances atroces. Merci Darnella Frazier. »

Michael Moore, cinéaste et auteur, le 25 avril 2021.

Dans le cours de mathématiques

Chaque année, avec mes élèves, j’aborde d’une façon qui m’amuse beaucoup la notion de priorité des opérations. J’inscris d’abord une chaîne d’opérations au tableau. Cette semaine, j’y suis allé avec celle-ci :

12 + 6 ÷ 3 – 4 x 2 =

Je demande ensuite aux élèves de sortir leur calculatrice et de résoudre. C’est là que, chaque fois, un large sourire m’envahit automatiquement quand je vois les visages surpris et perplexes des élèves qui découvrent que la réponse finale varie selon la calculatrice utilisée. Dans le cas qui nous préoccupe, la plupart affichaient 4 en guise de réponse, quelques-unes affichaient 6, alors que deux suggéraient des réponses différentes, sans doute dues à des erreurs dans les entrées.

La bonne réponse est 6.

Les calculatrices scientifiques, possédées par une minorité d’élèves en 6e année du primaire, tiendront compte de la priorité des opérations et effectueront les divisions et multiplications avant les additions et soustractions. La chaîne devient donc 12 + (6 ÷ 3) – (4 x 2), soit 12 + 2 – 8 = 6.

La calculette, possédée par la plupart des élèves, répond très bien aux besoins en 6e année, mais ne tient pas compte de la priorité des opérations. Elle résoudra donc l’opération de gauche à droite, dans l’ordre, soit 12 + 6 (= 18) ÷ 3 (= 6) – 4 (= 2) x 2 = 4, cette réponse étant fausse.

Aux parents de mes élèves, si votre enfant est rentré à la maison en prétendant avoir besoin d’une nouvelle calculatrice, je plaide coupable ! Mais il n’est nullement nécessaire d’effectuer ce changement avant la fin de son 3e secondaire.


Dans le cours de mathématiques, deuxième période

Vendredi dernier, le Financial Times publiait un graphique intéressant sur le taux de mortalité liée à la COVID-19 dans trois pays ayant vacciné rapidement leur population. Les trois courbes indiquent clairement à quel point la vaccination a cassé la troisième vague, le nombre de décès étant maintenant à peu près nul en Israël et en Grande-Bretagne, et très peu significatif aux États-Unis.

Il faut continuer de lutter, mais la suite s’annonce encourageante.

Source

Dans le cours de musique

Auteur-compositeur-interprète et acteur, le rappeur d’origine algonquine Samian dévoile sa foi et sa spiritualité dans la pièce Lettre à Dieu, que je vous offre cette semaine en #musiquebleue. L’album Enfant de la Terre, sur lequel apparaît la chanson, est sorti en 2015. Comme dans toute son oeuvre, Samian y promeut sa culture algonquine, parfois dans cette langue, généralement en français, à l’occasion en anglais.

Samian – Lettre à Dieu – Enfant de la Terre – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Les produits OLA Bamboo sont très présents chez moi. OLA Bamboo est une entreprise québécoise qui offre des produits écologiques, fabriqués à partir du bambou. Entre autres choses, nous utilisons les brosses à dents entièrement compostables de cette entreprise. Considérant que près de 5 milliards de brosses à dents sont jetées annuellement sur la planète, ceci permet de réduire la pollution par le plastique.

Dans ce qu’elle a qualifié de plus grande annonce de son histoire, cette semaine, OLA Bamboo a révélé que ses brosses à dents biodégradables seraient désormais fabriquées au Québec, dans une usine de Drummondville. Cet investissement de 500 000 $ créera des emplois et contribuera de manière plus prononcée à l’effort environnemental, le transport s’en trouvant considérablement réduit.


Billet du 23 avril 2021 : La détermination de Loïc

Exemple de courage et de détermination, Loïc Bydal, 17 ans, deviendra dans quelques semaines le premier élève à obtenir un diplôme d’études secondaires, avec un parcours scolaire entièrement réalisé à partir de sa chambre d’hôpital. Atteint d’une maladie dégénérative rare, l’Hôpital de Montréal pour enfants est devenu le lieu permanent de résidence pour Loïc, quand il n’avait que 8 ans.

Appuyé par tous les membres de sa famille, notamment par son père enseignant, et mû par une immense soif d’apprendre, Loïc relèvera un nouveau défi en septembre, alors qu’il entamera des études collégiales en informatique.

Pionniers dans l’enseignement à distance, avant même la pandémie, lui et ses enseignants méritent toute notre admiration. Un immense bravo à eux.

Lire la note du CSSDM.


Dans le cours de français

Cette semaine, j’enseignais l’impératif présent à mes élèves. Les règles de base sont simples :

  1. Il n’y a que trois personnes, soit la 2e du singulier, la 1re du pluriel et la 2e du pluriel;
  2. Tous les verbes conjugués à la 1re ou à la 2e personne du pluriel se terminent respectivement par _ons et _ez;
  3. À la 2e personne du singulier, les verbes en _er se terminent par _e, les autres se terminent par _s 1;
  4. Il n’y a pas de pronom sujet.

Ainsi, à l’impératif présent, on écrit profite, profitons, profitez, comme on écrit finis, finissons, finissez. Toutefois, qu’arrive-t-il quand un verbe conjugué à l’impératif est suivi d’un pronom comme en ou y ? La question ne se pose pas avec finir : on ajoute un trait d’union et on écrit finis-en.

Mais que fait-on avec profite ? Si on applique la même règle, on devrait écrire profite-en, comme plusieurs font, malheureusement. C’est à proscrire ! Dans un cas comme celui-ci, afin de favoriser la prononciation, il faut ajouter un s à la fin du verbe et le faire suivre de -en. On écrira donc profites-en.

Ce sont ses difficultés qui rendent la langue française si belle !

1 Il y a quelques exceptions. Ainsi, le verbe aller se termine par _a (va), alors que les verbes cueilliraccueillirrecueillirsouffrirtressaillirrecouvrircouvrirdécouvrirouvrirentrouvrirassaillir et offrir se terminent par _e.


Dans le cours d’univers social

Il existe un certain nombre de règles fondamentales en journalisme. Parmi elles, la vérification des faits et l’objectivité. Dans le premier cas, on a l’habitude de ne rien avancer tant qu’une nouvelle n’a pas été confirmée par deux sources. Quant à l’objectivité, il demeure possible de la contourner à travers les pages éditoriales, mais jamais dans la nouvelle.

Cette semaine, le Journal de Montréal et le Journal de Québec, deux des trois quotidiens du groupe Québecor, ont fait fi de ces deux règles essentielles en information.

En premier lieu, dans sa chronique de samedi dernier, Denise Bombardier affirmait que la Mairie de Montréal refusait de nommer une allée piétonnière du nom de l’ex-ministre Camille Laurin, sous prétexte qu’il était un homme blanc. L’histoire a été reprise par Richard Martineau, Normand Lester et Benoit Dutrizac, tous chez Québecor, soulevant l’indignation dans la population et l’ire des élus du Parti québécois, que le Docteur Laurin représentait. Or, les faits sont tout autre. Le comité de toponymie a effectivement refusé de donner le nom Camille-Laurin à cette artère, avant de se raviser, mais c’était pour éviter la confusion avec une rue qui porte déjà ce nom, dans la quartier Pointe-aux-Trembles. Je mentionne que le père de la Loi 101 a également donné son nom à une école et un édifice, toujours à Montréal. Jamais n’a-t-il été question du genre ou de la couleur de peau de l’ex-ministre. La mairesse Valérie Plante a eu beau l’affirmer publiquement, il a fallu le travail professionnel de la chroniqueuse Isabelle Hachey, à La Presse, pour rétablir les faits et dissiper les doutes. Madame Hachey s’est d’ailleurs entretenue avec Denise Bombardier, avant de publier son long texte.

Ensuite, dans son édition d’hier, le 22 avril, le Journal de Montréal affichait en UNE une photo du premier ministre Justin Trudeau vêtu de l’accoutrement particulier qu’il portait lors d’un voyage en Inde, il y a quelques années. S’adressant à lui en l’appelant par son prénom, le Journal établit un lien entre cette photo et l’origine du plus récent variant de la COVID-19.

Bonjour l’objectivité. Une publication similaire via une caricature, à l’intérieur du quotidien, aurait pu être drôle, mais une telle page frontispice est tout sauf professionnelle. Je précise ici que les journalistes ne sont aucunement responsables de ce manquement. Le contenu de la UNE appartient à la direction du journal.

Cette direction qui, en fin de journée, a publié une mise au point à l’intérieur de laquelle elle prétexte laconiquement avoir dû composer avec « un choix limité de mots et de photos » et exprime des regrets si certaines personnes ont été heurtées.

Personnellement, s’il s’agissait de mon entreprise, j’aurais été fortement ébranlé par le tollé soulevé et son expression sur les réseaux sociaux. Il faut croire que la suffisance est plus présente chez certains que chez d’autres.


Dans le cours de mathématiques

Inutile, le couvre-feu au Québec ? Pas si on en croit les résultats de deux études menées d’une part par des chercheurs de l’Université de Toronto et la Direction de la santé publique de l’Ontario, et d’autre part par le Canadian Medical Association Journal. Ainsi, des données fournies par les compagnies de téléphonie mobile stipulent que le couvre-feu québécois aurait eu pour effet de réduire de plus de 30% les déplacements en soirée. Selon une des études, une hausse de 10% des déplacements serait associée à une hausse de 25% des infections hebdomadaires.

Les chercheurs avancent donc que c’est l’instauration du couvre-feu, lors de la deuxième vague de la COVID-19, qui aurait permis au Québec d’afficher de meilleurs résultats que les autres provinces canadiennes.

Lire un reportage publié dans Le Devoir.


Dans le cours de musique

Lancé il y a trois ans, l’album M. Chandler est issu de la rencontre de plusieurs artistes québécois, dont Ian Kelly et Rick Haworth. Sa musique propose un son indie rock, teinté de puissantes notes de blues. En #musiquebleue, voici la pièce Vieillir à mort.

M. Chandler – Vieillir à mort – M. Chandler – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Ceux qui me connaissent le savent, je suis un inconditionnel de Yannick Nézet-Séguin. Aujourd’hui âgé de 46 ans, il n’en comptait que 25 lorsqu’il est devenu directeur de l’Orchestre Métropolitain de Montréal. Il a également été appelé à diriger, comme chef invité ou comme chef principal, de nombreux autres orchestres symphoniques à travers le monde, dont le prestigieux Metropolitan Opera de New York.

Samedi dernier, Yannick Nézet-Séguin annonçait sur sa page Facebook l’accomplissement d’un autre rêve, celui d’effectuer ses débuts comme pianiste solo. Et c’est la prestigieuse étiquette Deutsche Grammophon qui publiera les enregistrements. Il s’agit d’un privilège tant pour l’un que pour l’autre.

L’album s’intitule Introspection : Solo Piano Sessions et compte 21 pièces, notamment de Brahms, Debussy, Rachmaninoff, Schubert, Bach, Shostakovich et Haydn. La variété des styles est au rendez-vous. Pour le moment, il est possible de télécharger l’Opus 16 numéro 3 en si mineur de Rachmaninoff sur les principales plateformes. Les 20 autres oeuvres seront disponibles pour le téléchargement dès le 4 juin.


Billet du 16 avril 2021 : « Je vais vous parl__ » (Complétez le mot !)

J’aborderai pour une rare fois la question syndicale dans mon billet de ce matin. Parce que si beaucoup de gens ont pu prendre connaissance de certains messages, à travers les différents médias, concernant les renouvellements de conventions collectives dans le milieu de l’enseignement, trop peu savent de quoi il en découle, précisément. Comme j’ai l’intention de demeurer bref, je n’aborderai ici que les principaux points.

D’abord, au cours de mes 25 années d’enseignement, rarement ai-je été témoin d’une négociation de convention collective basée principalement sur une question salariale, malgré le fait que nos salaires se classent parmi les plus bas au Canada. Cette fois, c’est le cas. Personnellement, ma première paie nette de janvier 2021 était plus basse que celle de janvier 2020 qui, elle, était plus basse que celle de janvier 2019. Pourtant, mon salaire brut a augmenté. C’est que notre hausse salariale est inférieure à celle de l’indice des prix à la consommation. Elle ne compense donc pas les hausses de nos déductions à la source et contribue à diminuer notre pouvoir d’achat. Ce que nous offrait le gouvernement, au cours de la présente négociation, prolongeait cette mauvaise situation pour au moins les cinq prochaines années.

Ensuite, nous entrons dans le cercle vicieux de la main-d’oeuvre. La tâche d’enseignement augmente chaque année, en bonne partie en raison du manque de ressources professionnelles. À bout de souffle, plusieurs quittent la profession et sont remplacés au mieux par des enseignantes ou enseignants à statut précaire, au pire, et de plus en plus souvent, par des personnes non légalement qualifiées, ce qui augmente encore la tâche de celles et ceux qui restent.

Chaque année, les écoles doivent se pencher sur leurs besoins en personnel non enseignant, comme les psychologues, psychoéducateurs, techniciens en éducation spécialisée, orthophonistes ou orthopédagogues, pour l’année suivante. Avant même de composer avec la disponibilité de la main-d’oeuvre, problématique annuelle, nous devons faire avec un budget qui ne permet de répondre que partiellement aux besoins réels. Par exemple, une école peut avoir à décider entre l’embauche d’un psychologue ou d’un psychoéducateur à temps partiel, alors qu’elle aurait besoin de ces deux ressources à temps plein. Si une poignée de parents sont en mesure d’offrir à leur enfant en difficulté un service professionnel externe, ce sont les enseignantes et les enseignants qui doivent pallier au manque de services pour les autres élèves dans la même situation.

Voilà donc ce qui achoppe surtout dans les actuelles négociations entre les syndicats et le gouvernement du Québec. Jeudi matin, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), le syndicat qui perçoit mes cotisations, a conclu une entente avec la partie patronale. Toutefois, l’autre syndicat d’enseignants, la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), n’est pas prêt à entériner cette entente. Les exécutifs des deux syndicats disposent d’un mandat de grève générale illimitée à partir du 31 mai, si aucune entente n’est ratifiée d’ici là. Souhaitons que les progrès des dernières heures aboutissent rapidement à un dénouement positif.


Dans le cours de français

Il ne se passe pas un mois sans qu’un élève ne m’écrive « J’aimerais vous parlez de… ». Je lui explique alors, souvent pour la énième fois, la règle de grammaire. Le gros problème, par contre, c’est qu’il ne se passe pas un mois sans qu’un adulte ne m’écrive également la même chose, avec la même faute.

Le mauvais réflexe est d’écrire parlez avec ez en terminaison car il suit le pronom vous, qui est à la 2e personne du pluriel. Le vous n’est cependant pas le sujet ici, mais le complément indirect. On n’a donc pas à conjuguer avec lui.

Alors doit-on employer le participe passé parlé ou l’infinitif parler ?

Pour savoir, rien de tel que le bon vieux truc du mordre (infinitif) ou mordu (qui rime avec accent aigu et qui appelle le participe passé). Comme on peut écrire « Je vais vous mordre », il faut y aller avec parler à l’infinitif et écrire « Je vais vous parler de… ».


Dans le cours de musique

Il faut reconnaître la grandeur de l’artiste qu’était Michel Louvain, décédé mercredi soir. Les nombreux hommages qui jaillissent de partout ne manquent pas de souligner sa générosité et sa gentillesse. Cette générosité l’a poussé à prêter ses talents pour différentes causes. Parmi elles, celle de la santé mentale.

Il y a quelques années, Monsieur Louvain avait offert sa collaboration à l’organisme Les Impatients, qui offre des ateliers d’expression artistique aux gens éprouvant des problèmes de santé mentale. C’est lors d’une levée de fonds pour Les Impatients qu’a germé l’idée de l’album Les duos improbables, réunissant, le temps d’une chanson, deux artistes aux styles et aux horizons différents. Les duos improbables et Les duos improbables 2 ont été lancés respectivement en 2012 et en 2014. Encore aujourd’hui, les profits des ventes sont remis à l’organisme.

Je possède personnellement les deux albums depuis la sortie du second. En hommage à Michel Louvain, je vous propose en #musiquebleue sa prestation pour ce projet, en duo avec Ariane Moffatt. Ensemble, ils ont repris J’ai ta main, de Charles Trenet.

Michel Louvain et Ariane Moffatt – J’ai ta main – Les duos improbables – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

La bulle technologique montréalaise est reconnue mondialement. Elle s’est de nouveau illustrée la semaine dernière, aux Prix du jeu canadien, en remportant le premier prix dans 11 des 23 catégories. À lui seul, le jeu Assassin’s Creed Valhalla, conçu par Ubisoft, a remporté cinq prix, dont le jeu de l’année. Trois autres prix, dont celui du meilleur jeu indépendant, ont été remis au jeu Spiritfarer, du studio Thunder Lotus.


Billet du 9 avril 2021 : Les écoles sont ouvertes

À partir de maintenant, je change de vocabulaire. Je cesse de dire qu’une classe ou qu’une école ferme en raison de la COVID. Je dirai désormais qu’elle bascule en enseignement à distance. C’est beaucoup plus fidèle à la réalité et ça évite des interprétations. Et quelques justifications.

Si j’ai vécu l’enseignement à distance de mars à juin 2020, ainsi que durant quatre jours en décembre dernier, j’ai eu l’occasion d’expérimenter l’enseignement hybride, cette semaine, avec 21 de mes 24 élèves en classe et trois qui ont suivi mes cours en direct de la maison, en visioconférence, avec les mêmes documents, fournis via une plateforme numérique.

Aurai-je à revivre une telle situation au cours des prochains mois, des prochaines années ? Probablement. Et l’expérience de cette semaine s’étant avérée concluante, je suis prêt.


Dans le cours de français

Lorsque j’ai démarré #LeProfCorrige, en août 2018, c’était pour dénoncer celles et ceux qui aspiraient à nous diriger, mais qui publiaient sans prendre le temps de se relire, laissant passer des fautes de français souvent grossières. J’ai cependant toujours reconnu le droit à l’erreur et je me suis abstenu de reprendre les gens qui prenaient la peine de souligner leurs propres erreurs et de s’autocorriger.

Loin d’être parfait, j’ai moi-même commis mes bourdes grammaticales. J’ai toujours vu à les effacer ou à les corriger, dès que j’en prenais connaissance. Comme quoi personne n’est à l’abri, c’est aussi arrivé au grand Bernard Pivot, cette semaine.

D’abord, doit-on écrire Paul et Marie se sont regardé dans les yeux, ou Paul et Marie se sont regardés dans les yeux ?

Ensuite, doit-on écrire Paul et Marie se sont succédé à la présidence de cet organisme, ou Paul et Marie se sont succédés à la présidence de cet organisme ?

Pas évident, non ? Mais attendez de lire la suite…

Dans le premier cas, on doit choisir le pluriel et écrire Paul et Marie se sont regardés dans les yeux.

Dans le second cas, il faut y aller avec le singulier et écrire Paul et Marie se sont succédé à la présidence de cet organisme.

L’explication est la suivante :

Dans Paul et Marie se sont regardés dans les yeux, le participe passé regardés s’accorde avec le complément direct se, pronom remplaçant Paul et Marie. Il doit donc être masculin pluriel. Si on avait eu Mélanie et Marie, on aurait écrit Mélanie et Marie se sont regardées dans les yeux.

Dans l’autre phrase, Paul et Marie se sont succédé à la présidence de cet organisme, l’un a succédé à l’autre, faisant du pronom se un complément indirect, plutôt qu’un complément direct (… a succédé à qui ? À se, mis pour Marie, ou l’inverse, se désignant Paul). Le participe passé demeure donc invariable.

Et je cite :

« Dans Les enfants de la télé, mon compliment sur Trapenard est entaché d’une faute « parmi tous les journalistes littéraires qui se sont succédés … ». Pas de s à succédé ! »

Bernard Pivot, ex-animateur d’Apostrophes et de Bouillon de culture, le 4 avril 2021.

Dans le cours d’univers social

Le sigle des Ligues majeures de baseball est MLB. Celui du mouvement Black Lives Matter est BLM.

Le match des étoiles 2021 du baseball majeur devait avoir lieu à Atlanta, en Géorgie. Dans la foulée de la loi adoptée par cet état américain le mois dernier, loi qui aura pour effet de limiter le droit de vote des minorités, la MLB a décidé de relocaliser son match des étoiles. On ne sait pas encore où il se déroulera, mais l’hommage à Hank Aaron, qui a évolué à Atlanta et qui est décédé plus tôt cette année, aura lieu ailleurs.

C’est dommage pour les partisans de baseball à Atlanta, mais devant la grossièreté des mesures adoptées par le gouverneur républicain de la Géorgie, en réplique au vote majoritairement démocrate des électeurs de cet état lors des élections présidentielles de l’automne dernier, le commissaire du baseball majeur a répondu par un électrochoc que l’autre n’a jamais vu venir. Ceci constitue tout un appui aux athlètes noirs du baseball, héritiers de Jackie Robinson, dont Hank Aaron faisait partie.

La Guerre de Sécession a pris fin il y a 156 ans jour pour jour, en ce 9 avril. Après tout ce temps, est-il normal de voir encore autant de ségrégation dans les actions et les décisions américaines ? Poser la question, c’est y répondre.


Dans le cours de français, deuxième période

– Comment écrit-on Outaouais ?

– Comme ça se prononce.

– Et comment prononce-t-on Outaoauis ?


Dans le cours d’éthique et culture religieuse

D’un côté, une dame dans la soixantaine se fait rouer de coups, sous les yeux d’un gardien de sécurité même pas foutu d’appeler de l’aide, encore moins d’intervenir.

D’un autre côté, l’égo d’un chat en prend pour son rhume, après que deux poules se soient entraidées(1) pour se défendre d’une attaque du même type.

J’admire les poules.

(1) Participe passé s’accordant avec le complément direct se, mis pour poules, féminin pluriel.


Dans le cours de musique

Belle surprise des Cowboys fringants, il y a trois semaines, alors qu’ils ont lancé un nouvel album, moins de 18 mois après Les antipodes, l’album qui nous avait offert L’Amérique pleure. Le groupe récidive cette fois avec Les nuits de Repentigny, qui rassemble 23 chansons originales relatant ses débuts. Le son, les mélodies, les paroles, rien n’a été réinventé ici, on reconnaît Les Cowboys fringants dès les premières notes de n’importe laquelle des pièces. Ce qui est intéressant, toutefois, c’est de constater que les membres du quatuor ont lâché leur fou à travers plusieurs d’entre elles, y injectant une bonne dose de souvenirs.

Avec l’embarras du choix, mon aiguille s’est arrêtée sur Fin d’hiver, une chanson de circonstance. La voici en #musiquebleue.

Les Cowboys fringants – Fin d’hiver – Les nuits de Repentigny – #musiquebleue

Et je cite :

« Matière à réflexion: Du temps des jukebox, vous vous souvenez de combien on était prêt à payer pour écouter UNE toune, UNE fois ? »

Stéphane Venne, auteur-compositeur et conseiller en communications, le 31 mars 2021.

La bonne nouvelle de cette semaine

C’est le genre de nouvelle qui fait du bien. Samedi, un garçon de trois ans a été retrouvé sain et sauf dans une forêt au nord de Kingston, en Ontario, après s’y être perdu durant trois jours. L’enfant aurait échappé durant moins d’une minute à la vigilance de son grand-père, avec qui il construisait une balançoire. La suite immédiate constitue le cauchemar de tout parent : région sauvage, froid, pluie, noirceur. Ce sont finalement des policiers qui l’ont trouvé, en bonne santé, après 72 heures de recherches.

Comme quoi il faut toujours garder espoir.

Lisez le compte rendu de Radio-Canada.


Billet du 2 avril 2021 : Pause chocolatée

Ce billet se voudra le plus court jamais publié sur cette page. Je profite du long congé pascal pour prendre une pause. Une pause pour mes yeux, qui ont passé plus de temps devant un écran d’ordinateur que fermés, au cours des dernières semaines. Une pause pour mon cerveau, qui a composé, ravalé, remâché et reconstruit un nombre étonnant de phrases, après en avoir lu cent fois plus. Une pause pour mon corps, qui s’est ankylosé dans une chaise de bureau aussitôt qu’il n’était pas debout à l’avant de ma classe.

Je vous offre l’essentiel, la #musiquebleue et la bonne nouvelle. Elles s’ajoutent aux délices chocolatés que je m’offrirai dans deux jours !

Bon long congé et à vendredi prochain.


Dans le cours de musique

C’est la première occasion pour moi de présenter un extrait du dernier Ariane Moffatt, Incarnat, sorti vendredi dernier. Je saute donc sur cette occasion ! La chanson s’intitule Beauté et met l’accent sur la voix et le piano de l’artiste, complétés de quelques sons acoustiques et électroniques.

Ariane Moffatt – Beauté – Incarnat – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Google voit vert…

Le géant américain a annoncé cette semaine que son application Google Maps offrira automatiquement à ses utilisateurs le trajet le moins émetteur de dioxyde de carbone (CO2) à chaque demande, à moins que ce trajet ne diffère de façon importante du trajet le plus court. Cette modification aura pour effet de diminuer considérablement l’empreinte de carbone des adeptes de cette application, chaque petit pas étant multiplié par un nombre considérable d’utilisateurs. Aider la planète, un petit geste à la fois.


Image en titre du billet : Shutterstock

Billet du 26 mars 2021 : Au jeu !

Quelle belle expression ! Surtout quand elle exprime la traduction du célèbre Playball !, qui marque le début d’un match de baseball. C’est jeudi prochain, le 1er avril, que le baseball majeur entreprendra sa saison régulière. COVID oblige, les Blue Jays de Toronto joueront leurs joutes locales à Buffalo, afin d’éviter les passages aux douanes. Pour le reste, un certain nombre de spectateurs étant admis dans quelques stades, la prochaine saison de baseball franchira un pas de plus vers la normalité, comparativement à la dernière.

L’amateur de baseball en moi est fébrile. Si vous l’êtes moins, dites-vous que baseball est synonyme d’été. De belles journées arrivent !


Dans le cours de français

C’est le genre de mauvaise surprise qui survient souvent à un bien mauvais moment. Mercredi matin, je suis sorti de chez moi et j’ai rapidement remarqué que ma voiture avait un pneu à plat. Quelqu’un à qui j’ai parlé de ma mésaventure, plus tard en journée, évoquait mon pneu « dessoufflé ».

Un pneu peut-il être dessoufflé ? Eh bien non. Le verbe dessouffler n’est accepté que dans quelques ouvrages de références, mais aucun des plus consultés. Le mot ne se trouve ni dans le Robert, ni dans le Larousse. Il apparaît toutefois dans le Littré.

Même pris à l’inverse de souffler, qui lui existe bel et bien partout, dessouffler un pneu ne constituerait pas une expression correcte. Souffler signifie pousser de l’air par la bouche ou à l’aide d’un souffleur. Quand il s’agit de pousser de l’air dans un objet souple afin d’en augmenter le volume, on parle plutôt de gonfler. Ainsi, un pneu se gonfle et se dégonfle.

Mon pneu était donc dégonflé.


Dans le cours d’éducation physique

L’officiel Tim Peel n’arbitrera plus jamais un match dans la Ligue nationale de hockey. Après 23 ans, l’arbitre a commis une bourde qui lui a valu un congédiement du circuit Bettman. Lors du match de mardi soir entre les Red Wings de Detroit et les Predators de Nashville, un joueur des Red Wings s’est collé sur un joueur des Predators, Viktor Arvidsson, avant de se jeter sur la glace et de balancer son bâton dans les jambes d’un autre joueur des Predators. Sur la séquence, c’est pourtant Arvidsson qui a reçu une pénalité pour avoir fait trébucher. Jusqu’ici, rien de trop particulier. On peut prétendre que l’arbitre en a manqué une, mais l’erreur est humaine.

Le hic, c’est que Peel, qui a décerné la pénalité, semble avoir oublié qu’il portait un micro sur lui et il a prononcé la simple phrase qui lui a valu son renvoi : « Ce n’était pas grand chose, mais je voulais donner une foutue pénalité aux Predators tôt en période ». Bonjour la préméditation. Et au diable l’intégrité de la ligue.

(Voir la séquence et entendre les paroles de Tim Peel)

Je me suis pris à imaginer les mêmes paroles dans la bouche d’une personne en situation d’autorité, dans un autre contexte. Un enseignant dans une classe, par exemple : « L’élève n’a pas fait grand chose, mais depuis le début de la journée, je voulais lui donner une conséquence ».

La LNH a devancé de quelques mois la retraite de Tim Peel, qui était prévue à la fin de la présente saison. C’est une sage décision.


Dans le cours de musique

Comment qualifier les chansons de Charlotte Brousseau ? Sa page Bandcamp évoque le folk-rock. Personnellement, j’y décèle des notes de jazz que j’aime beaucoup. Mais surtout, les paroles de ses chansons méritent d’être écoutées attentivement. C’est en octobre qu’elle lançait son premier mini-album, Boucles. En #musiquebleue, c’est l’extrait Je cours encore vous attendre (ê-haouc) que je propose aujourd’hui. Je vous souhaite une belle découverte.

Charlotte Brousseau – Je cours encore vous attendre (ê-haouc) – Boucles – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Il fait beau et la température est agréable. C’est une période de l’année où beaucoup y trouvent leur compte. Le vélo est commencé, même si la saison de ski se poursuit encore quelques semaines. On ouvre les fenêtres, on entend les oiseaux. Peut-être est-il encore trop tôt pour manger dehors, mais on peut facilement s’y installer pour boire un verre.

La nature s’éveille. Un espoir renaît.


Billet du 19 mars 2021 : Les couleurs du temps

Dure semaine pour l’acceptation et la tolérance. Il me semble que c’est à tous les jours que les médias ont fait état d’un événement à connotation raciste au Québec ou envers des Québécois. J’en ai retenu quatre, que je commenterai brièvement ici.

Jocelyne Ottawa

D’abord, le cas de Jocelyne Ottawa, cette membre de la communauté atikamekw humiliée par deux infirmières au CLSC de Joliette, six mois après que Joyce Echaquan, une autre membre de cette communauté, soit décédée dans un établissement de santé situé à quelques pas de là, sous les injures et les insultes d’une infirmière et d’une préposée aux bénéficiaires. Le cas de Joyce Echaquan avait coûté leur emploi à quatre employés du CISSS Lanaudière, dont son directeur général. On attribue à Confucius une citation très pertinente : « L’homme sage apprend de ses erreurs; l’homme plus sage apprend des erreurs des autres ». Quels sont les antonymes de sage ? Mon site favori des synonymes et antonymes en a répertorié 39. Parmi ces antonymes, notons crétin, hurluberlu, idiot et imbécile. Après les 5e et 6e congédiements en six mois au CISSS Lanaudière, j’ose croire que celles et ceux qui restent ont maintenant acquis une grande sagesse.

Amir Attaran

L’histoire de Jocelyne Ottawa n’a pas manqué d’alimenter les propos belliqueux du professeur Amir Attaran, un Californien d’origine ayant immigré au Canada afin d’enseigner à l’Université d’Ottawa. Au cours de la semaine, il s’en est pris sur Twitter à François Legault, au Parti québécois, aux politiques québécoises et, moins directement, à toute la société québécoise. Décidément, après l’histoire de Verushka Lieutenant-Duval, l’automne dernier, l’Université d’Ottawa attire encore des projecteurs dont elle se serait bien passé. Doit-elle congédier Amir Attaran pour autant ? La réponse est non. Si je tenais des propos similaires aux siens dans ma classe, mon employeur m’indiquerait sans doute la porte, avec raison. Mais si je les tenais dans mes billets hebdomadaires ou sur mes comptes Twitter, Facebook ou Instagram, il ne pourrait rien faire, à moins de démontrer hors de tout doute que je l’ai fait sur mon temps de travail. En passant, un coup d’oeil sur le compte Twitter d’Amir Attaran permet de constater qu’il ne s’en prend pas qu’au Québec. Il insulte tous ceux qui ne pensent pas comme lui, peu importe leur origine. Il y a fort à parier qu’il ira un jour trop loin et qu’on signalera ses publications. Si Twitter a suspendu indéfiniment le compte d’un président américain, un professeur d’université pourrait sans doute subir le même sort.

L’Hôpital de Saint-Eustache

Il est inconcevable d’imaginer qu’un employeur puisse tenter de recruter une femme à la peau blanche pour combler un poste normalement ouvert aux gens de tous les genres et de toutes les origines ethniques. C’est pourtant ce qu’a fait l’Hôpital de Saint-Eustache, dix fois plutôt qu’une. On prétend qu’un « patient difficile » exige un profil précis de préposée aux bénéficiaires pour recevoir ses soins. Il est vrai que dans certains cas, notamment pour des raisons religieuses, on accepte des accommodements raisonnables. De choisir parmi le personnel en poste qui s’occupera de tel patient peut constituer un accommodement raisonnable, avec ses bénéfices tant pour le patient que pour les employés. De prévoir un échange de bons procédés avec une entité voisine peut demeurer dans les limites de l’acceptable. Mais de partir en recrutement avec des exigences spécifiques quant au genre et à la couleur de peau dépasse tous les cadres légaux du Québec et du Canada. Le CISSS Laurentides ne pouvait pas l’ignorer.

MDC Canada

MDC Canada est une entreprise privée oeuvrant dans le domaine de l’immigration, c’est-à-dire qu’elle offre ses services de consultation pour faciliter les démarches de toute personne étrangère désirant immigrer au Canada. Hier matin, voici la publicité qu’elle diffusait sur sa page Facebook :

Donc, selon MDC Canada, ce sont là les principaux bienfaits et inconvénients de vivre au Canada. Alors qu’on fait l’éloge d’une société multiculturelle dans la colonne des bons côtés, on déplore le grand nombre de francophones dans la colonne de droite. La lettre d’excuses du président fondateur de l’entreprise, qui prétend être lui-même un francophone originaire de Montréal, explique que le mandat de publicité avait été confié à un tiers et que le rédacteur en chef n’avait pas pu l’approuver avant la diffusion, en raison de problèmes de santé. Bon. Si cette histoire est inventée, nous faisons face à un mépris hors de l’ordinaire non seulement envers les Québécoises et les Québécois, mais envers tous les francophones du Canada. Si elle est vraie, elle démontre une carence organisationnelle évidente dans l’entreprise et il serait légitime de douter de sa crédibilité. Il demeure quand même plaisant de constater que MDC considère la poutine comme faisant partie des bons côtés du Canada. Reste à voir comment elle présentera les francophones, à partir de maintenant. Comme disait Confucius, « L’homme sage apprend de ses erreurs ».


Dans le cours de français

La direction de Twitter a fait subir un sociomuselage à Donald Trump. Le mot sociomuselage est maintenant accepté par l’Office québécois de la langue française. Il signifie Action concertée visant à empêcher l’expression d’idées jugées contraires à la morale.

Ce que je trouve formidable, c’est que ce mot a été suggéré par des élèves de l’École internationale de Montréal, dans le cadre du concours de créativité lexicale. Outre sociomuselage, les mots clicophobie et montage postfestif font également leur entrée dans Le grand dictionnaire terminologique.

Clicophobie, proposé par les élèves de la Polyvalente Armand-Corbeil, à Terrebonne, désigne la crainte de cliquer sur un hyperlien. Montage postfestif, suggéré par les élèves du Collège Sainte-Anne, à Lachine, définit une Vidéo promotionnelle constituée de séquences filmées lors d’une manifestation commerciale, culturelle ou sportive.


Dans le cours de musique

Le sacre d’Eli Rose comme révélation de l’année au dernier Gala de l’ADISQ était un peu passé inaperçu en raison de la pandémie, même si Alexandra Stréliski, Elisapie et elle avaient été les trois seules femmes à recevoir un Félix, ce soir-là. Si elle ne revendique qu’un seul album solo, un éponyme sorti en 2019 et sur lequel on retrouvait son grand succès Carrousel, Eli Rose a tout de même lancé quelques simples, depuis. Alors que je me proposais de vous faire entendre Alibi, une chanson sortie en décembre en deux versions, française et anglaise, j’ai eu la surprise de voir apparaître, hier, une collaboration entre elle et le rappeur français Kemmler, intitulée Loin de toi. Le résultat est intéressant. Le voici en #musiquebleue.

Loin de toi – Eli Rose et Kemmler – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Une entreprise québécoise, Lion Électrique, basée à Saint-Jérôme, s’est vue octroyer un prêt totalisant 100 millions $ par les gouvernements fédéral et provincial, pour la construction d’une usine d’assemblage de batteries. Lion Électrique, spécialisée dans la construction d’autobus scolaires et de camions lourds électriques, produira ainsi elle-même les blocs d’énergie nécessaires au fonctionnement de ses véhicules, alors qu’elle doit actuellement les importer de l’étranger. La mise en marche de cette usine créera 150 emplois à court terme, alors qu’autant seront créés à plus long terme, quand l’usine de batteries commencera à alimenter directement celle d’autobus et de camions.

Les bonne nouvelles s’empilent pour la compagnie québécoise, elle qui, en janvier, inscrivait dans son carnet une commande de 2 500 camions électriques pour le géant américain Amazon. Elle devrait prochainement effectuer son entrée en bourse.


Image en titre du billet : Shutterstock

Billet du 12 mars 2021 : Aux actes manqués

Source : Benneton

Il y a 28 ans, cette image sur une publicité de Benneton avait suscité la colère au Royaume-Uni, au point de causer des actes de vandalisme et autres représailles envers la compagnie. Où en est la société britannique à ce sujet, en 2021 ? Cette semaine, elle marchait sur des oeufs.

Dans le cours d’univers social

Certains éléments de l’histoire de la royauté britannique m’intéressent. Au-delà de ces quelques centres d’intérêt, disons qu’elle me laisse froid. Les mariages d’Henri VIII ont été à l’origine de la mort tragique, voire criminelle, de deux de ses épouses, en plus d’avoir directement mené au schisme anglican. Ce sont là des événements historiques qui se veulent pour moi captivants. Il en est tout autrement des mariages princiers des dernières décennies.

Pourtant, sans écouter l’entrevue donnée par le Prince Harry et Meghan Markle à Oprah Winfrey, j’en ai suivi les résumés dans les médias. Les allégations de racisme visant au moins un membre de l’entourage de la famille royale britannique pourraient changer le cours de l’histoire. Rappelons que ces allégations, qui concernaient la couleur de peau de l’enfant à naître de l’ex-couple princier, n’ont pas été admises par Buckingham Palace, mais n’ont pas été niées non plus. Seul le Prince William, frère de Harry, a jugé bon d’affirmer que la famille royale n’était pas raciste.

Quoi qu’il en soit, il semble que ceci ait pesé lourd dans la décision du couple de quitter l’entourage royal pour joindre la société civile. Devant le désarroi de son épouse, Harry a même avancé un parallèle avec sa mère, la Princesse Diana, malheureuse et décédée prématurément.

Les réactions suite à l’entrevue ont été nombreuses et allaient dans tous les sens. Personnellement, je n’ai pu m’empêcher de penser au film Arthur, avec Dudley Moore et Liza Minnelli. Ayant renoncé à la très imposante fortune familiale pour ne pas perdre celle qu’il aimait, Arthur, qui n’avait jamais connu autre chose que l’opulence, devait envisager une vie plus sobre et la transition se voulait maladroite et difficile. C’est vers ce genre de situation que se dirige Harry, lui qui doit se trouver maintenant un nom de famille. Son fils Archie, premier de la lignée à qui on a refusé le titre de prince, porte le nom de Mountbatten-Windsor, soit celui du Prince Phillip et celui de la famille de la Reine Elisabeth II.

La misère des riches ? J’adhère à autre chose qu’à cette théorie. On peut être riche et malheureux. Harry et Meghan cherchent à s’affranchir pour être heureux.


Dans le cours de mathématiques

Veuillez noter que j’ai rédigé ce bloc avant le match opposant le Canadien aux Flames de Calgary, hier soir.

J’ai jeté un coup d’oeil pour la première fois au classement de la Ligue nationale de hockey, cette semaine. Dans la division Nord, qui regroupe les sept équipes canadiennes, une colonne m’a sauté aux yeux : le Canadien de Montréal est l’équipe qui a subi le moins de défaites en temps réglementaire, avec six. Normalement, lorsque après 25 matchs on subit si peu de revers en temps régulier, on trône au sommet du classement. Ce qui est loin d’être le cas du Tricolore.

C’est que l’équipe a encaissé sept autres défaites en prolongation, ce qui ne leur laisse que 12 victoires cette saison, jusqu’à présent. Dans tous les sports, les équipes dominantes savent remporter les matchs serrés, ce qui de toute évidence n’est pas le cas de la formation montréalaise, qui cette saison présente une fiche de 2-1-7 lors des matchs dont les résultats se sont soldés par la marge d’un seul point.

C’est connu, lors des séries éliminatoires de la LNH, la première équipe qui parvient à remporter 16 victoires obtient le privilège de parader avec la Coupe Stanley. En 1993, année de la dernière Coupe remportée par le Canadien, l’équipe avait remporté 10 des 16 victoires en prolongation. En ce qui concerne les six autres victoires, deux avaient été remportées par la marge d’un point. Ce qui signifie que 12 des 16 victoires du CH, lors des séries de 1993, avaient été obtenues par la différence d’un seul but.

La situation de cette année est à l’opposé de ce qu’elle était en 1993. La bonne nouvelle, c’est qu’il reste encore du temps avant le début des séries éliminatoires et qu’il demeure possible de renverser la vapeur. Il suffit de peu.


Dans le cours d’éducation physique

Wilfried Nancy s’est incrusté dans les structures de l’Impact et du CF Montréal il y a plus de dix ans. Il y a travaillé honnêtement et loyalement, souhaitant obtenir un jour le poste d’entraîneur-chef avec le grand club. À travers les années, il en a vu quatre autres lui damer le pion et a toujours attendu patiemment son tour. On s’est finalement tourné vers lui.

Je lui souhaite de réussir avec brio. Pour moi, c’est l’histoire de Felipe Alou qui se répète. Le gars croupissait dans les filiales des Expos, attendant sa chance, alors que l’équipe semblait chercher toutes les raisons pour ne pas le nommer. Quand personne d’autre n’était disponible, on a enfin nommé Alou par intérim et cet intérim a duré dix ans. Et Felipe Alou revendique aujourd’hui la meilleure fiche de tous les gérants de l’histoire des Expos.

Wilfried Nancy et Dominique Ducharme, je souhaite longue vie à vos intérims respectifs, avec le CF Montréal et le Canadien de Montréal.


Et je cite :

« Merci à toutes les personnes oeuvrant en milieu scolaire: elles doivent être fières d’avoir réussi, au Québec, à maintenir nos écoles ouvertes. »

Égide Royer, psychologue et professeur à l’Université Laval, le 9 mars 2021.

Dans le cours de musique

Je renonce à comprendre les paroles des chansons de Barrdo ! On assemble quelques bouts de phrases pigées un peu partout, on s’assure de quelques rimes et, surtout, on accompagne le tout d’une mélodie accrocheuse qu’on branche sur un courant progressif rappelant celui des années 1970. Ce mélange hétéroclite constitue la recette de l’album [les] méandres de la soif, sorti en août dernier. L’écoute des dix pièces qui le composent nous ramène parfois aux sonorités de l’album Jaune, de Jean-Pierre Ferland. La chanson que j’ai choisie en #musiquebleue, aussi incohérente que les autres, est 4900$. Voici donc Barrdo.

Barrdo – 4900$ – [les] méandres de la soif – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Pour une seconde fois en cinq semaines, la bonne nouvelle de mon billet hebdomadaire concerne Mikaël Kingsbury. En février, le skieur remportait une première épreuve lors de son retour à la compétition, après que des fractures à deux vertèbres l’eurent immobilisé durant quelques mois. Cette semaine, Kingsbury était sacré champion du monde, deux fois plutôt qu’une, lors des Championnats du monde de ski acrobatique tenus au Kazakhstan. Après un premier triomphe en simple, lundi, l’athlète de Deux-Montagnes a remis ça le lendemain, atteignant de nouveau la plus haute marche du podium, cette fois lors de l’épreuve des bosses en parallèle.

Ces deux victoires constituent d’excellentes nouvelles pour Mikaël Kingsbury, tant pour son palmarès que pour sa santé. Et la fierté qui l’habite rejaillit sur la population québécoise.