Billet du 30 avril 2021 : Âme et conscience

L’âme du Canadien de Montréal, c’est Brendan Gallagher, qui se trouve à l’infirmerie depuis près d’un mois, et pour deux ou trois autres semaines. Sans Gallagher, le Canadien perd, comme en témoigne sa fiche de quatre victoires et neuf revers, depuis sa blessure. C’était la même chose en 2016-2017 et en 2019-2020, deux saisons durant lesquelles Gallagher avait également dû s’absenter à long terme.

Le talent et la profondeur sont là, chez le Canadien. Ce qu’on n’y trouve pas, c’est le coeur et le sentiment d’appartenance. Difficile de se sentir membre à part entière d’une organisation quand on a grandi ailleurs. Parce qu’à part Gallagher, dans l’édition actuelle de l’équipe, seuls Carey Price, Artturi Lehkonen, Jake Evans et Jesperi Kotkaniemi ont été repêchés et développés par l’organisation. Il y a bien Cole Caufield et Alexander Romanov qui ont aussi été repêchés par le Canadien, mais ce dernier n’a pas eu grand chose à voir dans leur développement.

La plupart des grandes équipes regorgent de joueurs ayant évolué dans toutes les structures de l’organisation, avant d’atteindre le plus haut niveau. Je pense surtout au Lightning de Tampa Bay, dernière formation à avoir remporté la Coupe Stanley. Mais je pense aussi aux Penguins de Pittsburgh et aux éditions des saisons 1985-1986 et 1992-1993 du Canadien de Montréal, celles qui ont remporté les deux dernières Coupes Stanley du club montréalais.

Faire partie de l’organisation depuis le repêchage, c’est entrer dans une vaste famille et y grandir. L’appartenance est indéniable et on donne tout ce qu’on a dans le coeur pour porter cette famille vers les plus hauts sommets. C’est ce qui manque cruellement à la troupe de Marc Bergevin.


Et je cite :

« Avant le début des Oscars, je veux souligner ce qui est vraiment et incontestablement le film le plus important de l’année. Il n’a duré que 8 minutes et 46 secondes. Il a été filmé par une jeune femme de 17 ans, dans des circonstances atroces. Merci Darnella Frazier. »

Michael Moore, cinéaste et auteur, le 25 avril 2021.

Dans le cours de mathématiques

Chaque année, avec mes élèves, j’aborde d’une façon qui m’amuse beaucoup la notion de priorité des opérations. J’inscris d’abord une chaîne d’opérations au tableau. Cette semaine, j’y suis allé avec celle-ci :

12 + 6 ÷ 3 – 4 x 2 =

Je demande ensuite aux élèves de sortir leur calculatrice et de résoudre. C’est là que, chaque fois, un large sourire m’envahit automatiquement quand je vois les visages surpris et perplexes des élèves qui découvrent que la réponse finale varie selon la calculatrice utilisée. Dans le cas qui nous préoccupe, la plupart affichaient 4 en guise de réponse, quelques-unes affichaient 6, alors que deux suggéraient des réponses différentes, sans doute dues à des erreurs dans les entrées.

La bonne réponse est 6.

Les calculatrices scientifiques, possédées par une minorité d’élèves en 6e année du primaire, tiendront compte de la priorité des opérations et effectueront les divisions et multiplications avant les additions et soustractions. La chaîne devient donc 12 + (6 ÷ 3) – (4 x 2), soit 12 + 2 – 8 = 6.

La calculette, possédée par la plupart des élèves, répond très bien aux besoins en 6e année, mais ne tient pas compte de la priorité des opérations. Elle résoudra donc l’opération de gauche à droite, dans l’ordre, soit 12 + 6 (= 18) ÷ 3 (= 6) – 4 (= 2) x 2 = 4, cette réponse étant fausse.

Aux parents de mes élèves, si votre enfant est rentré à la maison en prétendant avoir besoin d’une nouvelle calculatrice, je plaide coupable ! Mais il n’est nullement nécessaire d’effectuer ce changement avant la fin de son 3e secondaire.


Dans le cours de mathématiques, deuxième période

Vendredi dernier, le Financial Times publiait un graphique intéressant sur le taux de mortalité liée à la COVID-19 dans trois pays ayant vacciné rapidement leur population. Les trois courbes indiquent clairement à quel point la vaccination a cassé la troisième vague, le nombre de décès étant maintenant à peu près nul en Israël et en Grande-Bretagne, et très peu significatif aux États-Unis.

Il faut continuer de lutter, mais la suite s’annonce encourageante.

Source

Dans le cours de musique

Auteur-compositeur-interprète et acteur, le rappeur d’origine algonquine Samian dévoile sa foi et sa spiritualité dans la pièce Lettre à Dieu, que je vous offre cette semaine en #musiquebleue. L’album Enfant de la Terre, sur lequel apparaît la chanson, est sorti en 2015. Comme dans toute son oeuvre, Samian y promeut sa culture algonquine, parfois dans cette langue, généralement en français, à l’occasion en anglais.

Samian – Lettre à Dieu – Enfant de la Terre – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Les produits OLA Bamboo sont très présents chez moi. OLA Bamboo est une entreprise québécoise qui offre des produits écologiques, fabriqués à partir du bambou. Entre autres choses, nous utilisons les brosses à dents entièrement compostables de cette entreprise. Considérant que près de 5 milliards de brosses à dents sont jetées annuellement sur la planète, ceci permet de réduire la pollution par le plastique.

Dans ce qu’elle a qualifié de plus grande annonce de son histoire, cette semaine, OLA Bamboo a révélé que ses brosses à dents biodégradables seraient désormais fabriquées au Québec, dans une usine de Drummondville. Cet investissement de 500 000 $ créera des emplois et contribuera de manière plus prononcée à l’effort environnemental, le transport s’en trouvant considérablement réduit.


Billet du 23 avril 2021 : La détermination de Loïc

Exemple de courage et de détermination, Loïc Bydal, 17 ans, deviendra dans quelques semaines le premier élève à obtenir un diplôme d’études secondaires, avec un parcours scolaire entièrement réalisé à partir de sa chambre d’hôpital. Atteint d’une maladie dégénérative rare, l’Hôpital de Montréal pour enfants est devenu le lieu permanent de résidence pour Loïc, quand il n’avait que 8 ans.

Appuyé par tous les membres de sa famille, notamment par son père enseignant, et mû par une immense soif d’apprendre, Loïc relèvera un nouveau défi en septembre, alors qu’il entamera des études collégiales en informatique.

Pionniers dans l’enseignement à distance, avant même la pandémie, lui et ses enseignants méritent toute notre admiration. Un immense bravo à eux.

Lire la note du CSSDM.


Dans le cours de français

Cette semaine, j’enseignais l’impératif présent à mes élèves. Les règles de base sont simples :

  1. Il n’y a que trois personnes, soit la 2e du singulier, la 1re du pluriel et la 2e du pluriel;
  2. Tous les verbes conjugués à la 1re ou à la 2e personne du pluriel se terminent respectivement par _ons et _ez;
  3. À la 2e personne du singulier, les verbes en _er se terminent par _e, les autres se terminent par _s 1;
  4. Il n’y a pas de pronom sujet.

Ainsi, à l’impératif présent, on écrit profite, profitons, profitez, comme on écrit finis, finissons, finissez. Toutefois, qu’arrive-t-il quand un verbe conjugué à l’impératif est suivi d’un pronom comme en ou y ? La question ne se pose pas avec finir : on ajoute un trait d’union et on écrit finis-en.

Mais que fait-on avec profite ? Si on applique la même règle, on devrait écrire profite-en, comme plusieurs font, malheureusement. C’est à proscrire ! Dans un cas comme celui-ci, afin de favoriser la prononciation, il faut ajouter un s à la fin du verbe et le faire suivre de -en. On écrira donc profites-en.

Ce sont ses difficultés qui rendent la langue française si belle !

1 Il y a quelques exceptions. Ainsi, le verbe aller se termine par _a (va), alors que les verbes cueilliraccueillirrecueillirsouffrirtressaillirrecouvrircouvrirdécouvrirouvrirentrouvrirassaillir et offrir se terminent par _e.


Dans le cours d’univers social

Il existe un certain nombre de règles fondamentales en journalisme. Parmi elles, la vérification des faits et l’objectivité. Dans le premier cas, on a l’habitude de ne rien avancer tant qu’une nouvelle n’a pas été confirmée par deux sources. Quant à l’objectivité, il demeure possible de la contourner à travers les pages éditoriales, mais jamais dans la nouvelle.

Cette semaine, le Journal de Montréal et le Journal de Québec, deux des trois quotidiens du groupe Québecor, ont fait fi de ces deux règles essentielles en information.

En premier lieu, dans sa chronique de samedi dernier, Denise Bombardier affirmait que la Mairie de Montréal refusait de nommer une allée piétonnière du nom de l’ex-ministre Camille Laurin, sous prétexte qu’il était un homme blanc. L’histoire a été reprise par Richard Martineau, Normand Lester et Benoit Dutrizac, tous chez Québecor, soulevant l’indignation dans la population et l’ire des élus du Parti québécois, que le Docteur Laurin représentait. Or, les faits sont tout autre. Le comité de toponymie a effectivement refusé de donner le nom Camille-Laurin à cette artère, avant de se raviser, mais c’était pour éviter la confusion avec une rue qui porte déjà ce nom, dans la quartier Pointe-aux-Trembles. Je mentionne que le père de la Loi 101 a également donné son nom à une école et un édifice, toujours à Montréal. Jamais n’a-t-il été question du genre ou de la couleur de peau de l’ex-ministre. La mairesse Valérie Plante a eu beau l’affirmer publiquement, il a fallu le travail professionnel de la chroniqueuse Isabelle Hachey, à La Presse, pour rétablir les faits et dissiper les doutes. Madame Hachey s’est d’ailleurs entretenue avec Denise Bombardier, avant de publier son long texte.

Ensuite, dans son édition d’hier, le 22 avril, le Journal de Montréal affichait en UNE une photo du premier ministre Justin Trudeau vêtu de l’accoutrement particulier qu’il portait lors d’un voyage en Inde, il y a quelques années. S’adressant à lui en l’appelant par son prénom, le Journal établit un lien entre cette photo et l’origine du plus récent variant de la COVID-19.

Bonjour l’objectivité. Une publication similaire via une caricature, à l’intérieur du quotidien, aurait pu être drôle, mais une telle page frontispice est tout sauf professionnelle. Je précise ici que les journalistes ne sont aucunement responsables de ce manquement. Le contenu de la UNE appartient à la direction du journal.

Cette direction qui, en fin de journée, a publié une mise au point à l’intérieur de laquelle elle prétexte laconiquement avoir dû composer avec « un choix limité de mots et de photos » et exprime des regrets si certaines personnes ont été heurtées.

Personnellement, s’il s’agissait de mon entreprise, j’aurais été fortement ébranlé par le tollé soulevé et son expression sur les réseaux sociaux. Il faut croire que la suffisance est plus présente chez certains que chez d’autres.


Dans le cours de mathématiques

Inutile, le couvre-feu au Québec ? Pas si on en croit les résultats de deux études menées d’une part par des chercheurs de l’Université de Toronto et la Direction de la santé publique de l’Ontario, et d’autre part par le Canadian Medical Association Journal. Ainsi, des données fournies par les compagnies de téléphonie mobile stipulent que le couvre-feu québécois aurait eu pour effet de réduire de plus de 30% les déplacements en soirée. Selon une des études, une hausse de 10% des déplacements serait associée à une hausse de 25% des infections hebdomadaires.

Les chercheurs avancent donc que c’est l’instauration du couvre-feu, lors de la deuxième vague de la COVID-19, qui aurait permis au Québec d’afficher de meilleurs résultats que les autres provinces canadiennes.

Lire un reportage publié dans Le Devoir.


Dans le cours de musique

Lancé il y a trois ans, l’album M. Chandler est issu de la rencontre de plusieurs artistes québécois, dont Ian Kelly et Rick Haworth. Sa musique propose un son indie rock, teinté de puissantes notes de blues. En #musiquebleue, voici la pièce Vieillir à mort.

M. Chandler – Vieillir à mort – M. Chandler – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Ceux qui me connaissent le savent, je suis un inconditionnel de Yannick Nézet-Séguin. Aujourd’hui âgé de 46 ans, il n’en comptait que 25 lorsqu’il est devenu directeur de l’Orchestre Métropolitain de Montréal. Il a également été appelé à diriger, comme chef invité ou comme chef principal, de nombreux autres orchestres symphoniques à travers le monde, dont le prestigieux Metropolitan Opera de New York.

Samedi dernier, Yannick Nézet-Séguin annonçait sur sa page Facebook l’accomplissement d’un autre rêve, celui d’effectuer ses débuts comme pianiste solo. Et c’est la prestigieuse étiquette Deutsche Grammophon qui publiera les enregistrements. Il s’agit d’un privilège tant pour l’un que pour l’autre.

L’album s’intitule Introspection : Solo Piano Sessions et compte 21 pièces, notamment de Brahms, Debussy, Rachmaninoff, Schubert, Bach, Shostakovich et Haydn. La variété des styles est au rendez-vous. Pour le moment, il est possible de télécharger l’Opus 16 numéro 3 en si mineur de Rachmaninoff sur les principales plateformes. Les 20 autres oeuvres seront disponibles pour le téléchargement dès le 4 juin.


Billet du 16 avril 2021 : « Je vais vous parl__ » (Complétez le mot !)

J’aborderai pour une rare fois la question syndicale dans mon billet de ce matin. Parce que si beaucoup de gens ont pu prendre connaissance de certains messages, à travers les différents médias, concernant les renouvellements de conventions collectives dans le milieu de l’enseignement, trop peu savent de quoi il en découle, précisément. Comme j’ai l’intention de demeurer bref, je n’aborderai ici que les principaux points.

D’abord, au cours de mes 25 années d’enseignement, rarement ai-je été témoin d’une négociation de convention collective basée principalement sur une question salariale, malgré le fait que nos salaires se classent parmi les plus bas au Canada. Cette fois, c’est le cas. Personnellement, ma première paie nette de janvier 2021 était plus basse que celle de janvier 2020 qui, elle, était plus basse que celle de janvier 2019. Pourtant, mon salaire brut a augmenté. C’est que notre hausse salariale est inférieure à celle de l’indice des prix à la consommation. Elle ne compense donc pas les hausses de nos déductions à la source et contribue à diminuer notre pouvoir d’achat. Ce que nous offrait le gouvernement, au cours de la présente négociation, prolongeait cette mauvaise situation pour au moins les cinq prochaines années.

Ensuite, nous entrons dans le cercle vicieux de la main-d’oeuvre. La tâche d’enseignement augmente chaque année, en bonne partie en raison du manque de ressources professionnelles. À bout de souffle, plusieurs quittent la profession et sont remplacés au mieux par des enseignantes ou enseignants à statut précaire, au pire, et de plus en plus souvent, par des personnes non légalement qualifiées, ce qui augmente encore la tâche de celles et ceux qui restent.

Chaque année, les écoles doivent se pencher sur leurs besoins en personnel non enseignant, comme les psychologues, psychoéducateurs, techniciens en éducation spécialisée, orthophonistes ou orthopédagogues, pour l’année suivante. Avant même de composer avec la disponibilité de la main-d’oeuvre, problématique annuelle, nous devons faire avec un budget qui ne permet de répondre que partiellement aux besoins réels. Par exemple, une école peut avoir à décider entre l’embauche d’un psychologue ou d’un psychoéducateur à temps partiel, alors qu’elle aurait besoin de ces deux ressources à temps plein. Si une poignée de parents sont en mesure d’offrir à leur enfant en difficulté un service professionnel externe, ce sont les enseignantes et les enseignants qui doivent pallier au manque de services pour les autres élèves dans la même situation.

Voilà donc ce qui achoppe surtout dans les actuelles négociations entre les syndicats et le gouvernement du Québec. Jeudi matin, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), le syndicat qui perçoit mes cotisations, a conclu une entente avec la partie patronale. Toutefois, l’autre syndicat d’enseignants, la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), n’est pas prêt à entériner cette entente. Les exécutifs des deux syndicats disposent d’un mandat de grève générale illimitée à partir du 31 mai, si aucune entente n’est ratifiée d’ici là. Souhaitons que les progrès des dernières heures aboutissent rapidement à un dénouement positif.


Dans le cours de français

Il ne se passe pas un mois sans qu’un élève ne m’écrive « J’aimerais vous parlez de… ». Je lui explique alors, souvent pour la énième fois, la règle de grammaire. Le gros problème, par contre, c’est qu’il ne se passe pas un mois sans qu’un adulte ne m’écrive également la même chose, avec la même faute.

Le mauvais réflexe est d’écrire parlez avec ez en terminaison car il suit le pronom vous, qui est à la 2e personne du pluriel. Le vous n’est cependant pas le sujet ici, mais le complément indirect. On n’a donc pas à conjuguer avec lui.

Alors doit-on employer le participe passé parlé ou l’infinitif parler ?

Pour savoir, rien de tel que le bon vieux truc du mordre (infinitif) ou mordu (qui rime avec accent aigu et qui appelle le participe passé). Comme on peut écrire « Je vais vous mordre », il faut y aller avec parler à l’infinitif et écrire « Je vais vous parler de… ».


Dans le cours de musique

Il faut reconnaître la grandeur de l’artiste qu’était Michel Louvain, décédé mercredi soir. Les nombreux hommages qui jaillissent de partout ne manquent pas de souligner sa générosité et sa gentillesse. Cette générosité l’a poussé à prêter ses talents pour différentes causes. Parmi elles, celle de la santé mentale.

Il y a quelques années, Monsieur Louvain avait offert sa collaboration à l’organisme Les Impatients, qui offre des ateliers d’expression artistique aux gens éprouvant des problèmes de santé mentale. C’est lors d’une levée de fonds pour Les Impatients qu’a germé l’idée de l’album Les duos improbables, réunissant, le temps d’une chanson, deux artistes aux styles et aux horizons différents. Les duos improbables et Les duos improbables 2 ont été lancés respectivement en 2012 et en 2014. Encore aujourd’hui, les profits des ventes sont remis à l’organisme.

Je possède personnellement les deux albums depuis la sortie du second. En hommage à Michel Louvain, je vous propose en #musiquebleue sa prestation pour ce projet, en duo avec Ariane Moffatt. Ensemble, ils ont repris J’ai ta main, de Charles Trenet.

Michel Louvain et Ariane Moffatt – J’ai ta main – Les duos improbables – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

La bulle technologique montréalaise est reconnue mondialement. Elle s’est de nouveau illustrée la semaine dernière, aux Prix du jeu canadien, en remportant le premier prix dans 11 des 23 catégories. À lui seul, le jeu Assassin’s Creed Valhalla, conçu par Ubisoft, a remporté cinq prix, dont le jeu de l’année. Trois autres prix, dont celui du meilleur jeu indépendant, ont été remis au jeu Spiritfarer, du studio Thunder Lotus.


Billet du 9 avril 2021 : Les écoles sont ouvertes

À partir de maintenant, je change de vocabulaire. Je cesse de dire qu’une classe ou qu’une école ferme en raison de la COVID. Je dirai désormais qu’elle bascule en enseignement à distance. C’est beaucoup plus fidèle à la réalité et ça évite des interprétations. Et quelques justifications.

Si j’ai vécu l’enseignement à distance de mars à juin 2020, ainsi que durant quatre jours en décembre dernier, j’ai eu l’occasion d’expérimenter l’enseignement hybride, cette semaine, avec 21 de mes 24 élèves en classe et trois qui ont suivi mes cours en direct de la maison, en visioconférence, avec les mêmes documents, fournis via une plateforme numérique.

Aurai-je à revivre une telle situation au cours des prochains mois, des prochaines années ? Probablement. Et l’expérience de cette semaine s’étant avérée concluante, je suis prêt.


Dans le cours de français

Lorsque j’ai démarré #LeProfCorrige, en août 2018, c’était pour dénoncer celles et ceux qui aspiraient à nous diriger, mais qui publiaient sans prendre le temps de se relire, laissant passer des fautes de français souvent grossières. J’ai cependant toujours reconnu le droit à l’erreur et je me suis abstenu de reprendre les gens qui prenaient la peine de souligner leurs propres erreurs et de s’autocorriger.

Loin d’être parfait, j’ai moi-même commis mes bourdes grammaticales. J’ai toujours vu à les effacer ou à les corriger, dès que j’en prenais connaissance. Comme quoi personne n’est à l’abri, c’est aussi arrivé au grand Bernard Pivot, cette semaine.

D’abord, doit-on écrire Paul et Marie se sont regardé dans les yeux, ou Paul et Marie se sont regardés dans les yeux ?

Ensuite, doit-on écrire Paul et Marie se sont succédé à la présidence de cet organisme, ou Paul et Marie se sont succédés à la présidence de cet organisme ?

Pas évident, non ? Mais attendez de lire la suite…

Dans le premier cas, on doit choisir le pluriel et écrire Paul et Marie se sont regardés dans les yeux.

Dans le second cas, il faut y aller avec le singulier et écrire Paul et Marie se sont succédé à la présidence de cet organisme.

L’explication est la suivante :

Dans Paul et Marie se sont regardés dans les yeux, le participe passé regardés s’accorde avec le complément direct se, pronom remplaçant Paul et Marie. Il doit donc être masculin pluriel. Si on avait eu Mélanie et Marie, on aurait écrit Mélanie et Marie se sont regardées dans les yeux.

Dans l’autre phrase, Paul et Marie se sont succédé à la présidence de cet organisme, l’un a succédé à l’autre, faisant du pronom se un complément indirect, plutôt qu’un complément direct (… a succédé à qui ? À se, mis pour Marie, ou l’inverse, se désignant Paul). Le participe passé demeure donc invariable.

Et je cite :

« Dans Les enfants de la télé, mon compliment sur Trapenard est entaché d’une faute « parmi tous les journalistes littéraires qui se sont succédés … ». Pas de s à succédé ! »

Bernard Pivot, ex-animateur d’Apostrophes et de Bouillon de culture, le 4 avril 2021.

Dans le cours d’univers social

Le sigle des Ligues majeures de baseball est MLB. Celui du mouvement Black Lives Matter est BLM.

Le match des étoiles 2021 du baseball majeur devait avoir lieu à Atlanta, en Géorgie. Dans la foulée de la loi adoptée par cet état américain le mois dernier, loi qui aura pour effet de limiter le droit de vote des minorités, la MLB a décidé de relocaliser son match des étoiles. On ne sait pas encore où il se déroulera, mais l’hommage à Hank Aaron, qui a évolué à Atlanta et qui est décédé plus tôt cette année, aura lieu ailleurs.

C’est dommage pour les partisans de baseball à Atlanta, mais devant la grossièreté des mesures adoptées par le gouverneur républicain de la Géorgie, en réplique au vote majoritairement démocrate des électeurs de cet état lors des élections présidentielles de l’automne dernier, le commissaire du baseball majeur a répondu par un électrochoc que l’autre n’a jamais vu venir. Ceci constitue tout un appui aux athlètes noirs du baseball, héritiers de Jackie Robinson, dont Hank Aaron faisait partie.

La Guerre de Sécession a pris fin il y a 156 ans jour pour jour, en ce 9 avril. Après tout ce temps, est-il normal de voir encore autant de ségrégation dans les actions et les décisions américaines ? Poser la question, c’est y répondre.


Dans le cours de français, deuxième période

– Comment écrit-on Outaouais ?

– Comme ça se prononce.

– Et comment prononce-t-on Outaoauis ?


Dans le cours d’éthique et culture religieuse

D’un côté, une dame dans la soixantaine se fait rouer de coups, sous les yeux d’un gardien de sécurité même pas foutu d’appeler de l’aide, encore moins d’intervenir.

D’un autre côté, l’égo d’un chat en prend pour son rhume, après que deux poules se soient entraidées(1) pour se défendre d’une attaque du même type.

J’admire les poules.

(1) Participe passé s’accordant avec le complément direct se, mis pour poules, féminin pluriel.


Dans le cours de musique

Belle surprise des Cowboys fringants, il y a trois semaines, alors qu’ils ont lancé un nouvel album, moins de 18 mois après Les antipodes, l’album qui nous avait offert L’Amérique pleure. Le groupe récidive cette fois avec Les nuits de Repentigny, qui rassemble 23 chansons originales relatant ses débuts. Le son, les mélodies, les paroles, rien n’a été réinventé ici, on reconnaît Les Cowboys fringants dès les premières notes de n’importe laquelle des pièces. Ce qui est intéressant, toutefois, c’est de constater que les membres du quatuor ont lâché leur fou à travers plusieurs d’entre elles, y injectant une bonne dose de souvenirs.

Avec l’embarras du choix, mon aiguille s’est arrêtée sur Fin d’hiver, une chanson de circonstance. La voici en #musiquebleue.

Les Cowboys fringants – Fin d’hiver – Les nuits de Repentigny – #musiquebleue

Et je cite :

« Matière à réflexion: Du temps des jukebox, vous vous souvenez de combien on était prêt à payer pour écouter UNE toune, UNE fois ? »

Stéphane Venne, auteur-compositeur et conseiller en communications, le 31 mars 2021.

La bonne nouvelle de cette semaine

C’est le genre de nouvelle qui fait du bien. Samedi, un garçon de trois ans a été retrouvé sain et sauf dans une forêt au nord de Kingston, en Ontario, après s’y être perdu durant trois jours. L’enfant aurait échappé durant moins d’une minute à la vigilance de son grand-père, avec qui il construisait une balançoire. La suite immédiate constitue le cauchemar de tout parent : région sauvage, froid, pluie, noirceur. Ce sont finalement des policiers qui l’ont trouvé, en bonne santé, après 72 heures de recherches.

Comme quoi il faut toujours garder espoir.

Lisez le compte rendu de Radio-Canada.


Billet du 2 avril 2021 : Pause chocolatée

Ce billet se voudra le plus court jamais publié sur cette page. Je profite du long congé pascal pour prendre une pause. Une pause pour mes yeux, qui ont passé plus de temps devant un écran d’ordinateur que fermés, au cours des dernières semaines. Une pause pour mon cerveau, qui a composé, ravalé, remâché et reconstruit un nombre étonnant de phrases, après en avoir lu cent fois plus. Une pause pour mon corps, qui s’est ankylosé dans une chaise de bureau aussitôt qu’il n’était pas debout à l’avant de ma classe.

Je vous offre l’essentiel, la #musiquebleue et la bonne nouvelle. Elles s’ajoutent aux délices chocolatés que je m’offrirai dans deux jours !

Bon long congé et à vendredi prochain.


Dans le cours de musique

C’est la première occasion pour moi de présenter un extrait du dernier Ariane Moffatt, Incarnat, sorti vendredi dernier. Je saute donc sur cette occasion ! La chanson s’intitule Beauté et met l’accent sur la voix et le piano de l’artiste, complétés de quelques sons acoustiques et électroniques.

Ariane Moffatt – Beauté – Incarnat – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Google voit vert…

Le géant américain a annoncé cette semaine que son application Google Maps offrira automatiquement à ses utilisateurs le trajet le moins émetteur de dioxyde de carbone (CO2) à chaque demande, à moins que ce trajet ne diffère de façon importante du trajet le plus court. Cette modification aura pour effet de diminuer considérablement l’empreinte de carbone des adeptes de cette application, chaque petit pas étant multiplié par un nombre considérable d’utilisateurs. Aider la planète, un petit geste à la fois.


Image en titre du billet : Shutterstock