Billet du 16 avril 2021 : « Je vais vous parl__ » (Complétez le mot !)

J’aborderai pour une rare fois la question syndicale dans mon billet de ce matin. Parce que si beaucoup de gens ont pu prendre connaissance de certains messages, à travers les différents médias, concernant les renouvellements de conventions collectives dans le milieu de l’enseignement, trop peu savent de quoi il en découle, précisément. Comme j’ai l’intention de demeurer bref, je n’aborderai ici que les principaux points.

D’abord, au cours de mes 25 années d’enseignement, rarement ai-je été témoin d’une négociation de convention collective basée principalement sur une question salariale, malgré le fait que nos salaires se classent parmi les plus bas au Canada. Cette fois, c’est le cas. Personnellement, ma première paie nette de janvier 2021 était plus basse que celle de janvier 2020 qui, elle, était plus basse que celle de janvier 2019. Pourtant, mon salaire brut a augmenté. C’est que notre hausse salariale est inférieure à celle de l’indice des prix à la consommation. Elle ne compense donc pas les hausses de nos déductions à la source et contribue à diminuer notre pouvoir d’achat. Ce que nous offrait le gouvernement, au cours de la présente négociation, prolongeait cette mauvaise situation pour au moins les cinq prochaines années.

Ensuite, nous entrons dans le cercle vicieux de la main-d’oeuvre. La tâche d’enseignement augmente chaque année, en bonne partie en raison du manque de ressources professionnelles. À bout de souffle, plusieurs quittent la profession et sont remplacés au mieux par des enseignantes ou enseignants à statut précaire, au pire, et de plus en plus souvent, par des personnes non légalement qualifiées, ce qui augmente encore la tâche de celles et ceux qui restent.

Chaque année, les écoles doivent se pencher sur leurs besoins en personnel non enseignant, comme les psychologues, psychoéducateurs, techniciens en éducation spécialisée, orthophonistes ou orthopédagogues, pour l’année suivante. Avant même de composer avec la disponibilité de la main-d’oeuvre, problématique annuelle, nous devons faire avec un budget qui ne permet de répondre que partiellement aux besoins réels. Par exemple, une école peut avoir à décider entre l’embauche d’un psychologue ou d’un psychoéducateur à temps partiel, alors qu’elle aurait besoin de ces deux ressources à temps plein. Si une poignée de parents sont en mesure d’offrir à leur enfant en difficulté un service professionnel externe, ce sont les enseignantes et les enseignants qui doivent pallier au manque de services pour les autres élèves dans la même situation.

Voilà donc ce qui achoppe surtout dans les actuelles négociations entre les syndicats et le gouvernement du Québec. Jeudi matin, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), le syndicat qui perçoit mes cotisations, a conclu une entente avec la partie patronale. Toutefois, l’autre syndicat d’enseignants, la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), n’est pas prêt à entériner cette entente. Les exécutifs des deux syndicats disposent d’un mandat de grève générale illimitée à partir du 31 mai, si aucune entente n’est ratifiée d’ici là. Souhaitons que les progrès des dernières heures aboutissent rapidement à un dénouement positif.


Dans le cours de français

Il ne se passe pas un mois sans qu’un élève ne m’écrive « J’aimerais vous parlez de… ». Je lui explique alors, souvent pour la énième fois, la règle de grammaire. Le gros problème, par contre, c’est qu’il ne se passe pas un mois sans qu’un adulte ne m’écrive également la même chose, avec la même faute.

Le mauvais réflexe est d’écrire parlez avec ez en terminaison car il suit le pronom vous, qui est à la 2e personne du pluriel. Le vous n’est cependant pas le sujet ici, mais le complément indirect. On n’a donc pas à conjuguer avec lui.

Alors doit-on employer le participe passé parlé ou l’infinitif parler ?

Pour savoir, rien de tel que le bon vieux truc du mordre (infinitif) ou mordu (qui rime avec accent aigu et qui appelle le participe passé). Comme on peut écrire « Je vais vous mordre », il faut y aller avec parler à l’infinitif et écrire « Je vais vous parler de… ».


Dans le cours de musique

Il faut reconnaître la grandeur de l’artiste qu’était Michel Louvain, décédé mercredi soir. Les nombreux hommages qui jaillissent de partout ne manquent pas de souligner sa générosité et sa gentillesse. Cette générosité l’a poussé à prêter ses talents pour différentes causes. Parmi elles, celle de la santé mentale.

Il y a quelques années, Monsieur Louvain avait offert sa collaboration à l’organisme Les Impatients, qui offre des ateliers d’expression artistique aux gens éprouvant des problèmes de santé mentale. C’est lors d’une levée de fonds pour Les Impatients qu’a germé l’idée de l’album Les duos improbables, réunissant, le temps d’une chanson, deux artistes aux styles et aux horizons différents. Les duos improbables et Les duos improbables 2 ont été lancés respectivement en 2012 et en 2014. Encore aujourd’hui, les profits des ventes sont remis à l’organisme.

Je possède personnellement les deux albums depuis la sortie du second. En hommage à Michel Louvain, je vous propose en #musiquebleue sa prestation pour ce projet, en duo avec Ariane Moffatt. Ensemble, ils ont repris J’ai ta main, de Charles Trenet.

Michel Louvain et Ariane Moffatt – J’ai ta main – Les duos improbables – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

La bulle technologique montréalaise est reconnue mondialement. Elle s’est de nouveau illustrée la semaine dernière, aux Prix du jeu canadien, en remportant le premier prix dans 11 des 23 catégories. À lui seul, le jeu Assassin’s Creed Valhalla, conçu par Ubisoft, a remporté cinq prix, dont le jeu de l’année. Trois autres prix, dont celui du meilleur jeu indépendant, ont été remis au jeu Spiritfarer, du studio Thunder Lotus.


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