Billet du 25 septembre 2020 : Ces titres qui disent tout… ou rien

Dans le cours de français

Le roi est mort, vive le roi !

Après avoir utilisé ce mot dans de nombreux questionnaires à travers les années, tant auprès de mes amis que de mes élèves, anticonstitutionnellement vient d’être détrôné comme plus long mot du dictionnaire de la langue française. Désormais, il faudra concéder ce titre à son nouveau tenant, intergouvernementalisations.

Intergouvernementalisations, 27 lettres, bat ainsi son prédécesseur par deux lettres. Je n’ai toutefois pas encore compté la différence de points au Scrabble.


Dans le cours de sciences

On attendait la deuxième vague de Covid-19 quelque part en automne, au Canada. C’est finalement la veille de l’équinoxe, soit le 21 septembre, que le Docteur Horacio Arruda confirmait l’arrivée de cette deuxième vague au Québec.

Le même jour, l’université McGill publiait les résultats d’une recherche sur l’origine des premières souches, en sol québécois. Selon le document, c’est le retour de vacances de 247 personnes autour de la semaine de relâche, en mars dernier, qui serait responsable de l’entrée du virus au Québec. Six mois plus tard, 69 670 Québécoises et Québécois ont été infectés.

Si 247 personnes sont ainsi responsables de la transmission rapide du coronavirus à près de 70 000 concitoyens, les résultats de cette recherche constituent un excellent plaidoyer pour le respect des règles sanitaires. Ce virus se propage de toute évidence à une vitesse fulgurante. Pour chaque Erin O’Toole ou Yves-François Blanchet qui ne semble pas trop affecté par la maladie, se trouve un Pierre Bernardin qui l’a subie beaucoup plus durement ou un Don Béni Kabangu Nsapu qui, malgré sa jeunesse, n’y a pas survécu.

Porter le couvre-visage, se laver souvent les mains et restreindre au maximum ses sorties est un bien petit prix à payer si on veut éviter un autre confinement.


Et je cite :

« Je ne sais pas si le gouvernement sait que tout le monde ne réagit pas de la même façon à la couleur orange. La moitié des gens vont freiner par prudence. L’autre moitié va accélérer pour en profiter avant que ça passe au rouge ! »

Louis T., humoriste, le 22 septembre 2020

Dans le cours d’éducation physique

Mon passé de journaliste m’a appelé à couvrir les activités de l’Armada de Blainville-Boisbriand lors de ses six premières saisons dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). Durant ces années, j’ai eu à me rendre à quelques occasions à l’aréna Robert-Guertin, à Gatineau, lorsque l’équipe y affrontait les Olympiques. Le «Vieux Bob», comme on l’appelle familièrement, conserve de précieux moments historiques sous son toit et entre ses murs. Un tournoi de la Coupe Memorial s’y est tenu en 1997, tournoi d’ailleurs remporté par les Olympiques. Des joueurs qui ont connu une brillante carrière dans la LNH y ont évolué. Parmi eux, notons Luc Robitaille, José Théodore et Claude Giroux. De grands entraîneurs comme Pat Burns, Alain Vigneault et Claude Julien y ont fait leurs premières armes.

Ayant atteint sa fin de vie utile, l’aréna sera bientôt démoli et ses locataires seront relocalisés dans un nouvel amphithéâtre. Le nom du nouveau domicile des Olympiques de Gatineau a été dévoilé cette semaine. Ce sera le Centre Slush Puppie.

Ai-je besoin de préciser que ce nom est loin de faire l’unanimité. Des amateurs de l’endroit s’imaginent déjà les adversaires se payer leur tête. D’autres critiquent le choix d’un nom anglophone. Certains, cependant, trouvent normal qu’un commanditaire affiche son nom. Là-dessus, moi aussi. Un journaliste s’est avancé en prétendant que Centre Slush Puppie, ce n’est pas différent de Colisée Desjardins, Centre Air Creebec ou Aréna Iamgold, noms d’autres résidences d’équipes de la LHJMQ. Là, je décroche.

Que le nom soit anglophone m’importe peu, si le commanditaire détient son siège social au Québec ou dans l’Est du Canada. Slush Puppie est une entreprise purement américaine, bien qu’elle possède une installation en Outaouais. Le nom de l’amphithéâtre d’une équipe de la LHJMQ constitue une importante vitrine pour son commanditaire. Je suis d’avis qu’une compagnie d’ici aurait dû bénéficier de cette visibilité.


Dans le cours de français, deuxième période

Dans un texte littéraire, au Canada, peut-on décrire une scène d’inceste ou de viol d’un enfant sans enfreindre le code criminel ? Oui, selon le juge Marc-André Blanchard, au grand soulagement de l’auteur Yvan Godbout et de l’éditeur AdA. J’admets ne pas avoir lu le roman en question, une version d’épouvante d’Hansel et Gretel destinée aux adultes. Je n’ai pas envie de le faire non plus. Toutefois, je partage l’avis de celles et ceux qui trouvaient exagérées les accusations de production et de distribution de pornographie juvénile contre l’auteur et un dirigeant de la maison d’édition. Dans une décision rendue hier, le juge Blanchard abondait dans le même sens.

C’est suite à une plainte d’une enseignante qu’Yvan Godbout a été arrêté et accusé, il y a 18 mois. L’extrait litigieux tient en un paragraphe sur 240 pages de texte et, de l’avis de plusieurs, constitue davantage une dénonciation qu’une ode, malgré un libellé très explicite. J’ai d’ailleurs été étonné que l’affaire se rende jusqu’au procès.

Les deux accusés risquaient jusqu’à 14 ans de prison.


Dans le cours de français, troisième période

Plus jeune, j’ai lu plusieurs romans d’Agatha Christie. Cette semaine, c’est un peu par hasard que je suis tombé là-dessus :

Le changement de titre est récent, soit un mois, selon ce que j’ai pu découvrir. À l’intérieur, le mot nègre, qui apparaissait 74 fois, a été remplacé par soldat.

C’est particulier de voir un grand classique de la littérature être rebaptisé et retouché. Mais dans le contexte actuel, notamment avec le mouvement Black Lives Matter, c’était inévitable. Et souhaitable.

Je suis allé faire une recherche pour en connaître un peu plus sur les origines du mot nègre qui, à ce qu’on m’avait déjà dit, n’aurait pas toujours présenté la connotation péjorative et raciste qu’on lui connaît depuis longtemps. C’est Wikipédia qui a selon moi le mieux résumé l’historique. En créole haïtien, le mot neg signifie simplement homme. L’influence de la langue anglaise est à l’origine de la connotation d’aujourd’hui. Certaines expressions, comme la couleur tête de nègre, travailler comme un nègre ou l’art nègre seraient semble-t-il des expressions toujours considérées comme étant correctes, bien qu’il existe des équivalences plus appropriées qu’il est convenu d’utiliser.

Comment aurait réagi Madame Christie si elle avait appris cet important changement à l’une de ses oeuvres les plus connues ? Je l’ignore, mais c’est tout de même un de ses descendants qui en a fait l’annonce. Il faut saluer cette ouverture.


Jouons avec les mots

Qui a trouvé l’anagramme de soigneur ? La réponse est guérison.

Pour le défi de cette semaine, je vous reviens avec une autre anagramme, toujours en lien avec la santé. Alors, quelle est l’anagramme de endolori ? Je vous rappelle que la réponse doit contenir les mêmes lettres.


Dans le cours de musique

Il y a longtemps que je me la promettais, celle-là. L’album Enfin septembre, de la pianiste Lucie Cauchon, tourne régulièrement chez moi. Longtemps associée au Cirque Éloize ainsi qu’à de grandes productions musicales, dont Mary Poppins, Lucie Cauchon a collaboré avec de nombreux artistes québécois, avant de lancer son propre album, en septembre 2014. La musique d’Enfin septembre m’accompagne tant pour un souper du samedi soir que lors des corrections des travaux de mes élèves. Ses notes se sont aussi fréquemment fait entendre dans mon automobile.

Je me paie ce plaisir en vous présentant non pas un extrait, comme c’est mon habitude, mais l’album au complet, à partir de la page Bandcamp de l’artiste.

#Musiquebleue


La bonne nouvelle de cette semaine

Source de l’image : Andrew Beattie, Facebook

Un Américain de l’Ohio, inquiet de voir les célébrations de l’Halloween être remises en question cette année en raison de la pandémie de Covid-19, y est allé d’une invention particulière afin de permettre aux enfants de se présenter chez lui pour la traditionnelle cueillette de bonbons, tout en respectant les règles de distanciation. En modifiant sa rampe d’escalier pour y inclure un tube sur toute sa longueur, Andrew Beattie peut ainsi acheminer des friandises dans les sacs de ses jeunes visiteurs sans que ces derniers n’aient à s’approcher de sa porte d’entrée.

Bien sûr, les autorités se pencheront tout de même sur la question de l’annulation de la fête pour cette année. Mais ce qui m’interpelle dans cette nouvelle, c’est de constater qu’en ces temps plus difficiles, des gens prennent le temps de chercher des solutions pour illuminer la vie des autres, notamment celle des enfants.


Billet du 18 septembre 2020 : Quand septembre revient

Gestion de classe

Je complète aujourd’hui la troisième semaine d’école de la présente année scolaire. Je ne vous apprends rien en affirmant ici que ce début d’année sort de l’ordinaire. Je l’ai mentionné sur cette page il y a trois semaines et je le réitère aujourd’hui, les championnes et les champions de l’adaptation à la situation Covid sont les élèves.

Du côté enseignant, l’adaptation s’effectue également à bon rythme. Si l’assimilation des nouvelles règles s’accomplit bien, leur intégration à notre quotidien suscite toutefois un nombre important de situations pour lesquelles une bonne gestion du stress s’avère nécessaire. Et je ne fais ici aucune allusion à la crainte de voir éclore des cas de coronavirus dans notre milieu. La tension vient plutôt du fait que nous devons parler beaucoup plus fort et répéter constamment chaque fois que nous nous adressons au groupe à travers un masque de procédure, au fait que les récréations décalées augmentent à la fois le bruit dans les classes et le nombre de surveillances sur la cour des enseignants, au fait aussi qu’il faille constamment innover afin d’aider les élèves en difficulté, étant donné que nous ne pouvons pratiquement plus les approcher. Et puis il y a cette course incessante pour combler le temps perdu par l’application des mesures d’hygiène, autant que par la diminution de notre temps de travail personnel.

La fatigue est bien présente chez le personnel enseignant, particulièrement à la fin d’une semaine. En ce qui me concerne, ma forme physique de septembre ressemble cette année à celle que je ressens généralement en décembre, à l’approche du congé des Fêtes. Toutefois, la profession demeure aussi belle et gratifiante. C’est un énorme baume à la situation actuelle et un merveilleux tonique pour la poursuite de notre travail.


Il me faut aussi mentionner la grande résilience des parents des élèves. Mes collègues et moi avons tenu, mercredi soir, notre rencontre annuelle de parents pour la présentation de notre programme de l’année scolaire. Distanciation oblige, nous avons dû réunir nos parents selon deux plages horaires différentes, dans le gymnase de l’école. C’est plus d’une centaine de parents de nos élèves qui se sont présentés et qui ont brillé tant par leur ponctualité que par la qualité de leurs interventions. Et tous, sans exception, portaient un couvre-visage bien ajusté.


À l’infirmerie

J’enseigne dans une école primaire de près de 600 élèves. En date d’aujourd’hui, aucun cas de Covid-19 n’y a été enregistré. Le taux d’absentéisme est cependant plus élevé qu’à l’habitude, pour ce temps de l’année, les symptômes du rhume retenant des élèves à la maison, le temps de recevoir le résultat du test de dépistage.

À ce sujet, Radio-Canada a diffusé un reportage intéressant, mercredi. Une mère de neuf enfants demande que le protocole soit assoupli et que les enfants affligés d’un simple rhume puissent demeurer à l’école. Je comprends que la situation puisse être difficile pour les parents de ces enfants, notamment s’il est compliqué pour eux de s’absenter du travail. Mais à la lumière de ce que j’entends dans mon milieu, le consensus parental semble au contraire pencher pour la prudence et la limitation de tout danger d’éclosion. L’augmentation quotidienne du nombre de cas fait craindre la deuxième vague et le spectre de nouvelles mesures de masse appelle à une forte considération des recommandations de la santé publique.


Dans le cours d’univers social

Mon billet de la semaine dernière a été publié le 11 septembre, jour de la commémoration des attentats perpétrés 19 ans plus tôt. À ce jour, les attaques du 11 septembre 2001 demeurent l’un des sujets les plus difficiles qu’il m’ait été donné d’aborder avec mes élèves.

La technologie de l’époque ne nous permettait pas de suivre l’événement en direct aussi simplement qu’elle nous le permettrait aujourd’hui. Le concierge de l’école où je travaillais alors nous transmettait discrètement les informations à partir des corridors, afin de ne pas alarmer les enfants. Je savais que les questions des élèves surviendraient au plus tard en après-midi, quand celles et ceux qui dînaient à la maison allaient revenir en classe. Je me souviens qu’il m’avait fallu rétablir plusieurs faits, l’imagination des enfants de cet âge partant dans tous les sens.

Ils étaient inquiets et avaient besoin de parler. C’est ce que nous avions fait tout l’après-midi.


Et je cite :

« Comment une nation peut-elle être si efficace pour se préoccuper d’environ 3 000 vies qui se sont terminées il y a 19 ans et trop incompétente pour s’inquiéter des 200 000 vies qui se sont brusquement arrêtées cette année ? Le premier cas a été causé par l’attaque d’un ennemi qui a juré de nous tuer; l’autre cas a été causé par le mensonge d’un dirigeant qui a juré qu’il nous protégerait. »

Walter Shaub, ex-directeur du Bureau américain de l’éthique gouvernementale.

Jouons avec les mots

D’abord, la réponse à la question de la semaine dernière. La particularité du mot institutionnalisation est qu’il s’agit du plus long lipogramme en e parmi les mots de la langue française. Un lipogramme est un mot ou un texte d’où une lettre est complètement absente.

Pour une deuxième semaine consécutive, je vous parlerai de l’oeuvre de Georges Perec. Parce qu’en plus du long palindrome dont il était question dans mon dernier billet, Perec a également écrit La disparition, un roman policier de 312 pages dans lequel on ne retrouve la lettre e que dans les prénom et nom de l’auteur, sur la jaquette du livre. Il s’agit donc du plus long texte lipogramme en e jamais rédigé. A-t-on ici besoin de préciser que la deuxième voyelle de notre alphabet est également la lettre la plus utilisée dans la langue française.

Pour la question de cette semaine, j’irai avec quelque chose de moins profond. Je vous demande simplement de trouver une anagramme au mot soigneur. Une anagramme est un mot constitué des mêmes lettres qu’un autre mot. Un indice : l’anagramme de soigneur a également un lien avec la santé. Réponse dans mon billet de vendredi prochain.


Dans le cours de musique

« Moins savoir, mais mieux comprendre, pour moins vivre à contresens »

J’ai toujours savouré les textes d’Alexandre Poulin. Dans sa chanson La mauvaise éducation, parue il y a une dizaine de mois sur l’album Nature humaine, il y déclame sa vision de l’école actuelle, mais surtout celle d’une école moins récente qui a laissé des cicatrices sur plusieurs coeurs et dans quelques coins de la société. L’enseignant en moi y retrouve plusieurs de ses constats.

Je vous la propose en #musiquebleue.


La bonne nouvelle de cette semaine

J’avais envie d’y aller avec quelque chose de léger, cette semaine. Le directeur général du Canadien de Montréal, Marc Bergevin, a réussi un bon coup en acquérant le défenseur Joel Edmundson, pour un choix de 5e ronde, et en lui faisant immédiatement parapher une entente de quatre saisons. Fort d’un gabarit imposant, Edmundson vient combler un vide important et cimenter une brigade défensive qui en impressionnera plusieurs.

En 71 matchs, la saison dernière, le Canadien a affiché un différentiel de buts marqués/buts alloués de -9. La seule acquisition de ce défenseur pourrait suffire à inverser la tendance, au bas mot. En ajoutant un élément de profondeur à l’attaque, le Tricolore améliorerait considérablement sa statistique et pourrait s’imposer au classement dès la saison prochaine.

Au surplus, Joel Edmundson est capable de balbutier quelques phrases en français. La bonne nouvelle est complète !


Billet du 11 septembre 2020

Dans le cours de français

Le 11 août dernier, l’Office québécois de la langue française publiait, de concert avec l’Institut de la statistique du Québec, un rapport intitulé Enquête sur les exigences linguistiques auprès des entreprises, des municipalités et des arrondissements de Montréal. On y trouve plusieurs constats sur la langue parlée au travail, mais une statistique est venue confirmer une situation que je dénonce depuis plus de 25 ans. Selon ce rapport, 41% des entreprises et 20% des municipalités et arrondissements situés sur l’île de Montréal exigeraient une connaissance de l’anglais pour les communications à l’interne. Ceci contraste avec la moyenne québécoise où les proportions sont respectivement de 21% et 7,5%.

J’accepte facilement le fait qu’on veuille embaucher du personnel bilingue pour répondre dans les deux langues officielles à des clients ou à des fournisseurs. Il s’agit alors de communications externes et cela se justifie très bien.

Alors que le débat sur la langue d’affichage faisait rage au Québec, dans les années 1990, je savais que de grandes entreprises d’ici, ayant pourtant obtenu leur certificat de francisation, n’utilisaient que la langue de Shakespeare pour leurs communications internes, tant verbales qu’écrites. Les médias et la société en général n’en avaient que pour l’affichage, alors qu’un problème selon moi plus important leur passait sous le nez.

Force est d’admettre que cette situation a persisté et a évolué dans le mauvais sens. La bonne nouvelle, c’est qu’un organisme y a enfin prêté attention. Le même organisme qui octroie les certificats de francisation, d’ailleurs. Reste à savoir si des actions seront posées pour y remédier.


Dans le cours d’éducation physique

Je suis un grand partisan de baseball depuis plus de 40 ans. J’ai reçu la piqûre un samedi après-midi d’avril, en 1977, alors que mon grand-père et mon père nous avaient emmenés au Stade Olympique, mon frère et moi, pour notre premier match des Expos. Je m’en souviens très bien, les locaux avaient vaincu les Phillies de Philadelphie.

Ma passion ne s’est ensuite jamais démentie. J’ai joué, j’ai entraîné, j’ai passé nombre d’étés sur les terrains de baseball, pour moi et pour mon fils. Je suis un amateur de baseball beaucoup plus que je n’étais un partisan des Expos. Depuis plusieurs années, je suis abonné à MLB.tv et en saison, mon téléviseur est branché quotidiennement sur 2, 3 ou 4 matchs.

Depuis l’an dernier, je trouve les joutes ennuyantes. Pour être franc, je trouve qu’elles ressemblent au concours de coups de circuit qui précède le match des étoiles, chaque année. Plus grand chose ne se passe sur les buts, les défensives sont de plus en plus erratiques et les frappeurs ne savent plus contrer les défensives spéciales que l’adversaire déploie constamment contre eux. La longue balle est devenue la norme et n’impressionne plus.

Pour assister à du baseball pur et stratégique, il faut se tourner vers les calibres inférieurs, comme la Ligue Frontier, où évoluent les Capitales de Québec et les Aigles de Trois-Rivières, ou encore la Ligue de baseball junior élite du Québec. La première a suspendu ses activités pour l’année en cours, en raison de la pandémie.

Il faut surtout continuer d’enseigner aux jeunes que le baseball est un sport magnifique, où l’on gagne avec des coups sûrs, de la vitesse sur les buts, des lanceurs possédant un bon répertoire de lancers et une défensive qui sait réaliser tous les jeux. Un sport, comme toute chose, peut et doit évoluer. Mais il fait fausse route quand il en perd ses repères.


Et je cite :

« J’ai rêvé que Lucie Laurier était première ministre du Québec, que Maxime Bernier était premier ministre du Canada et que Jeff Fillion était en dépression parce qu’il n’avait plus rien contre quoi s’opposer. »

Daniel Thibault, auteur, le 8 septembre 2020.

Jouons avec les mots

La dernière fois, je vous demandais quelle était la particularité du mot ressasser. Au-delà du fait qu’il s’agisse d’un verbe évoquant un retour ou une répétition à l’intérieur de soi, ressasser est aussi le plus long palindrome de la langue française, c’est-à-dire le mot le plus long pouvant se lire aussi bien à l’envers qu’à l’endroit.

Il faut toutefois noter qu’un palindrome peut aussi se trouver dans une phrase ou même dans un texte. La phrase Élu par cette crapule est un palindrome connu. Mais la palme du plus long palindrome textuel revient au génie de Georges Perec, acrobate de la langue française, qui a su pondre un texte de 1247 mots, rien de moins, pouvant se lire également à rebours.

Dans la même veine, je vous demande cette semaine de vous pencher sur le mot institutionnalisation. Selon vous, qu’est-ce que ce mot possède de particulier ?

Réponse dans mon billet de la semaine prochaine.


Dans le cours de musique

Virage aussi intéressant qu’inusité pour Dylan Phillips, le batteur du groupe rock montréalais Half Moon Run. Il n’est pas rare de voir un membre d’un groupe entreprendre une carrière solo en parallèle, mais passer de la batterie au piano, passer du rock au néo-classique, ça sort de l’ordinaire. Phillips a lancé Undercurrents, un court album de cinq pièces, le 21 août dernier. En voici la pièce titre.

#musiquebleue


La bonne nouvelle de cette semaine

Acquisition de taille pour la recherche montréalaise sur l’intelligence artificielle, avec l’arrivée d’Irina Rish à la direction d’une chaire affiliée à l’Université de Montréal. Cette sommité internationale a ainsi quitté les bureaux newyorkais d’IBM, où elle travaillait depuis 20 ans, afin de poursuivre au Québec ses travaux visant à développer des relations entre l’intelligence artificielle et le cerveau humain. Ceci confirme la place enviable de la métropole québécoise sur l’échiquier international en matière d’IA. Madame Rish disposera d’un budget de 34 millions $.