Billet du 9 décembre 2022 : Constructions nouvelles en vue

J’enseigne dans un bâtiment vétuste. Ce n’est pas moi qui le prétends, mais une étude publiée dans Le Journal de Québec1, mardi. Mon école, construite en 1994, me semble pourtant bien entretenue. Toutefois, son indice de vétusté de 22 % est considéré comme mauvais. Les travaux prévus, sur un horizon de cinq ans, s’élèvent à près de 5 millions $.

J’ai sursauté lorsque j’ai pris connaissance de la cote D, accolée à mon lieu de travail. Néanmoins, quand on se compare, on se console. En parcourant la liste des 2 775 écoles répertoriées, on découvre qu’une vaste majorité d’entre elles nagent dans les mêmes eaux, oscillant entre le C et le E.

Le défi des infrastructures scolaires, que je voyais grand, s’annonce plutôt colossal pour le gouvernement du Québec. Et onéreux pour les contribuables.

1 Nos écoles québécoises en piteux état : Outil interactif pour connaître l’état de votre école. Le journal de Québec. Le 6 décembre 2022.


Dans le cours de français

Selon Le Robert, un pléonasme est un «terme ou expression qui répète ce qui vient d’être énoncé.»

Parmi les pléonasmes les plus couramment utilisés dans la langue française, on trouve une construction nouvelle, rentrer dedans, prévoir à l’avance, monter en haut, descendre en bas, pleurer des yeux, se moucher le nez, il pleut dehors, tourner en rond, avoir un bel avenir devant soi, un bref résumé, suivre derrière, un futur projet, solidaires les uns des autres, rédiger par écrit et réserver d’avance.

Le site La langue française en répertorie plus de 300. Si vous avez envie de sourire un peu, je vous invite à y jeter un coup d’œil. C’est la panacée universelle !

Liste des 300 pléonasmes les plus courants en français – La langue française.


Dans le cours de français, deuxième période

Michel Villeneuve a longtemps travaillé à la radio et à la télévision, tant à Québec qu’à Montréal. En plus d’animer plusieurs tribunes sportives, il a décrit des joutes de hockey et de baseball. Maintenant retraité, il publie ses états d’âme sur Twitter. Chacun de ses écrits me fournit presque autant d’occasions d’activer mon stylo rouge. En voici deux exemples.

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire Assemblée nationale, avec un n minuscule, plutôt que Assemblée Nationale. Le deuxième mot étant un adjectif qui qualifie le nom propre, la majuscule n’est pas requise.

Également, il aurait fallu lire tu n’es pas payé, plutôt que tu n’est pas payé. Ainsi se conjugue le verbe être à la 2e personne du singulier du présent de l’indicatif.

Et le lendemain,

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire Pourquoi veut-on, et non Pourquoi veux-t-on. Il aurait aussi fallu voir un accent grave sur le a de à tout prix. Il s’agit d’une préposition et non du verbe avoir.


Dans le cours de musique

J’ai découvert cette semaine l’ensemble Tea for 20’s, un projet musical dirigé par Lily Thibodeau, inspiré de la musique des années 1920. Au cours des derniers jours, le groupe a lancé une compilation de pièces du temps des Fêtes. En #musiquebleue, voici Dans nos vieilles maisons.

Tea for 20’s – Dans nos vieilles maisons – Reviens-moi à temps pour Noël – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Au Canada, l’athlète de l’année 2022 est la hockeyeuse Marie-Philip Poulin. Octroyé annuellement depuis 1936, le trophée Étoile du Nord, appelé Lou-Marsh jusqu’à l’an dernier, a de nombreuses fois été remis à des femmes. Plusieurs joueurs de hockey l’ont également reçu. Mais il s’agit de la première fois qu’une femme qui pratique notre sport national en est la récipiendaire. Et pourtant, ce ne sont pas les occasions qui ont manqué, quand on constate les excellentes performances de notre équipe féminine, tant lors des Championnats du monde que durant les Jeux olympiques.

Il s’agit d’un honneur pleinement mérité pour Marie-Philip Poulin qui, à 31 ans, domine la compétition depuis longtemps.

Lou Marsh est décédé en 1936, première année où le Canada a choisi d’honorer ses athlètes. Il était journaliste au Toronto Star. On lui avait alors rendu hommage en donnant son nom au nouveau prix créé. Une controverse a cependant été soulevée quand des propos racistes dans les écrits de Marsh ont récemment refait surface. C’est la raison pour laquelle le trophée a été rebaptisé.


Billet du 2 décembre 2022 : Besoin d’amour et d’éducation

Les trois députés du Parti québécois ont raison de demander l’abolition du serment à la monarchie britannique pour siéger à l’Assemblée nationale du Québec. Par contre, la meilleure façon d’y parvenir est la voie empruntée par les 122 autres élus qui, eux, ont choisi de le prêter une dernière fois, avant d’y mettre fin pour de bon avec des mesures législatives.

C’est tout ce que je mentionnerai sur le sujet.


Dans le cours de français

«Je l’haïs pas, lui (ou elle)!» peut être qualifiée d’expression québécoise typique, avec laquelle on signifie son appréciation ou son amour envers quelqu’un. Dans les mêmes eaux, on trouve «Il n’est pas mauvais, ce petit vin».

Ces deux expressions s’appellent des litotes. Le Larousse, qui dans ce cas-ci offre une explication plus complète que le Robert, définit la litote comme « une figure de rhétorique consistant à affaiblir l’expression de la pensée pour laisser entendre plus qu’on ne dit ».

L’art d’utiliser la forme négative pour exprimer quelque chose de positif.


Dans le cours d’univers social
Volet éducation à la citoyenneté

Mauvaise semaine pour la démocratie et la liberté d’expression. D’une part, la FIFA s’est rangée derrière les exigences du Qatar, pays hôte de la Coupe du monde de soccer, et a interdit aux équipes participantes de porter le brassard inclusif One Love.

D’autre part, la direction de l’Université d’Ottawa a cédé face à l’ambassadeur de Chine au Canada, qui a exigé qu’aucune caméra ne soit admise dans la salle où il prononçait une allocution devant des étudiants. C’est ainsi qu’un caméraman de Radio-Canada a été expulsé de l’endroit, après qu’on lui eut pourtant autorisé l’accès. Quel était le prétexte ? On craignait que le maintien de sa présence ne mette l’événement en péril. Rappelons que c’est la même institution universitaire qui avait imposé des sanctions arbitraires à la professeure Verushka Lieutenant-Duval pour avoir utilisé le mot commençant par n dans un contexte pédagogique.

Finalement, un rapport publié par IDEA International1 stipule que la moitié des démocraties dans le monde subissent un déclin, alors que l’autoritarisme est en hausse dans plusieurs pays. Parmi les endroits mentionnés par l’organisme, on note le Brésil et les États-Unis.

Avec des enjeux importants comme l’inflation, la guerre en Ukraine et les changements climatiques, les états auraient pourtant intérêt à s’ouvrir à tous les points de vue.

1 Communiqué de presse d’IDEA International.


Dans le cours d’anglais

L’en-tête de ce billet est constitué d’une photo que j’ai prise cette semaine, alors que je visitais l’exposition Pink Floyd — Their Mortal Remains, à Montréal. Il s’agit du premier jet des paroles de la chanson Another Brick in The Wall, écrites de la main de Roger Waters. Le We don’t need no education était à l’origine au singulier. Comme pour plusieurs autres pièces du groupe, le texte représente une satire sociale qui pourrait toujours s’avérer d’actualité, 40 ans plus tard.

En réalité, nous avons définitivement besoin de plus d’éducation.


Dans le cours de musique

Au cours de la dernière semaine, on a enfin lancé sur album la collaboration entre Les Cowboys Fringants et l’Orchestre symphonique de Montréal, enregistrée il y a quelques années. Si je considère Les étoiles filantes comme une des plus belles chansons québécoises de tous les temps, j’ai dû me rendre à l’évidence que son rendu symphonique n’atteignait pas la qualité de la version originale, malgré la préservation du solo d’accordéon. En revanche, le poème prémonitoire Plus rien trouve une niche sonore rehaussée à travers les harmonies des instruments dirigés par le chef Simon Leclerc. C’est la #musiquebleue que je propose, aujourd’hui.

Les Cowboys Fringants et l’Orchestre symphonique de Montréal (dirigé par Simon Leclerc) – Plus rien – Les Cowboys Fringants en concert avec l’Orchestre symphonique de Montréal – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Un adage prétend que la justice a le bras long. Elle a maintenant la mémoire longue. Un homme a été arrêté à Toronto, la semaine dernière, pour être accusé de deux meurtres perpétrés il y a 39 ans, soit en août et en décembre 1983. Les crimes semblaient parfaits, jusqu’à ce que les avancées technologiques d’aujourd’hui permettent de prouver ce qui, récemment encore, demeurait indémontrable.

Il y a bien trente ans que les tests d’ADN fournissent des évidences irréfutables. Ce qui est relativement nouveau, et qui a permis l’arrestation du suspect de Toronto, c’est la généalogie génétique. Dans le cas qui nous préoccupe, les enquêteurs ont pu partir d’un échantillon d’ADN qui avait été volontairement transmis au site Ancestry.ca par une personne désirant reconstituer son ascendance, et trouver des concordances avec celle découverte sur les lieux des meurtres chez un lointain cousin de cette personne.

Les morts parlent, il n’y a plus de doute.


Billet du 25 novembre 2022 : Une bonne bouffée d’air frais

Selon ce que je constate, les médias sentent le besoin de s’éloigner, au moins le temps d’une pause, des nouvelles concernant l’Ukraine et la COVID. De quoi a-t-il été question, au cours de la dernière semaine ? De la Coupe du Monde de la FIFA, de sa présence au Qatar, de l’enquête publique sur l’occupation d’Ottawa par les camionneurs, de la carrière de Jean Lapointe, de la coupe Grey, des remous créés par le lancement du livre de Pierre Gervais et d’un troupeau de vaches qui s’est enfui dans la nature, en Mauricie.

Personnellement, ça me fait du bien de lire et d’entendre autre chose. Prenons une bonne bouffée d’air frais.


Dans le cours de français

Voyez-vous la faute dans le titre de cet article publié dans La Presse, le dimanche 20 novembre ?

#LeProfCorrige

Bien sûr, il aurait fallu lire Pourquoi tous les chemins y mènent, avec le tous au pluriel. Le mot étant ici employé comme déterminant indéfini, il doit prendre le genre et le nombre du nom qu’il accompagne, c’est-à-dire chemins, qui est masculin pluriel.

Après plusieurs heures en ligne, la faute a finalement été corrigée par le quotidien.


Dans le cours de français, deuxième période

Cette faute d’accord de La Presse a cependant été supplantée par une grotesque erreur de vocabulaire publiée par Le Devoir. Voici ce que le quotidien a imprimé, le 18 novembre, dans son édition papier, tel que rapporté sur Twitter par le député Alexandre Leduc :

#LeProfCorrige

Il faut bien sûr évoquer les luttes intestines, plutôt qu’intestinales. Bien que les deux plongent les belligérants dans la saleté, un seul des deux mots est propre à l’expression.

Le Devoir n’a évidemment pas pu apporter un correctif dans son édition papier, mais l’a fait sur Internet.1


Et je cite :

« Quand tu comprends qu’il n’y a rien à attendre du monde, alors tu peux commencer à vivre une vie délicieuse. »

Olivier de Kersauson, écrivain et navigateur, le 24 novembre 2022.

Dans le cours de musique

Pour souligner les 40 ans de carrière de Jean Leloup, ICI Musique a invité plusieurs artistes d’ici à reprendre ses plus grands succès. C’est donc une de ces pièces que je propose en #musiquebleue, cette semaine. Ayant l’embarras du choix, j’ai opté pour 1990, moins pour la chanson elle-même que pour ses interprètes, Salomé Leclerc et Marie-Pierre Arthur.

Marie-Pierre Arthur et Salomé Leclerc – 1990 – ICI Musique – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

« Moi, si j’avais des enfants qui étaient obligés de quitter le pays pour être en sécurité, pour avoir un avenir, j’aimerais ça qu’une autre maman dans un autre pays prenne la relève. Moi, je suis ta maman de ce côté-ci de l’Amérique… Si tu es mal prise, tu m’appelles. Si tu as besoin de quelque chose, tu m’appelles. Je suis là comme une maman. »

Ces paroles sont celles d’une infirmière retraitée de Brossard, qui a pris sous son aile une famille mexicaine ayant demandé l’asile au Canada. J’ai toujours voué une grande admiration aux gens dotés d’une âme missionnaire. Consacrer une partie de sa vie à améliorer le sort des autres est pour moi la plus belle expression du don de soi.

Le dévouement de cette dame est relaté dans un reportage signé Rima Elkouri, publié dimanche dernier.2

S’il y a de la place pour ajouter une autre belle bouffée d’air frais dans votre journée, je vous invite à en prendre connaissance. Sa lecture ne vous demandera que deux minutes. Peut-être trois.


1 La lourde responsabilité du chef intérimaire. Le Devoir. Le 18 novembre 2022.

2 Comme une maman de secours. La Presse. Le 20 novembre 2022.


Billet du 18 novembre 2022 : La Fée des étoiles peut dormir tranquille

Encore un billet bref, en ce vendredi matin. Après les bulletins de la semaine dernière, ce sont cette fois les rencontres de parents qui amputent mon temps. Personnellement, c’est un moment de l’année que j’apprécie grandement. Rencontrer un à un les parents des élèves permet d’établir ou de consolider une collaboration très utile au mieux-être des enfants.

C’est souvent le point de départ d’une montée vers de plus grands succès pour plusieurs d’entre eux. Loin de constituer une perte de temps, les nombreuses heures ainsi investies s’avèrent chaque fois profitables.


Dans le cour de musique

Si j’étais plus sarcastique, j’en ferais ma bonne nouvelle de la semaine. Toutefois, ça n’entre pas dans mes critères de positivisme, auxquels je tiens.

Cette semaine, un tribunal américain a rejeté une requête de la chanteuse Mariah Carey, qui voulait s’octroyer les appellations exclusives Reine de Noël, Princesse Noël et RDN (lire Queen of Christmas, Princess Christmas et QOC) 1. Il faut comprendre que si la demande avait été retenue, l’artiste aurait pu poursuivre quiconque aurait utilisé une de ces expressions à son profit, peu importe le médium.

Ceci n’est pas sans rappeler les recours des Industries Lassonde, il y a quelques années, contre tout ce qui portait le nom Oasis, une de leurs marques. Parmi les nombreux intimés, on comptait les stations-service Oasis, ainsi que les savons Olivia’s Oasis, établis depuis longtemps, parfois même avant les jus de l’entreprise québécoise2.

1Lire le reportage du USA Today (en anglais).

2Lire l’article de La Presse.


Dans le cours de musique, deuxième période

Dans le même thème, Guillaume Arsenault a lancé l’album Oasis Station-Service, il y a quelques années. Du même auteur-compositeur-interprète, voici Fragments.

Guillaume Arsenault – Fragments – #musiquebleue

Billet du 11 novembre 2022 : Être sur son X

Il y a quelques semaines, j’avais dû prendre une pause COVID. Cette semaine, c’est la pause bulletins. J’aimerais bien écrire un billet hebdomadaire comme j’ai l’habitude de le faire, mais même ce temps personnel doit cette fois être consacré à mes élèves. C’est là une partie du quotidien de l’enseignant. Des regrets ? Aucun ! Je suis sur mon X, comme on dit.

La semaine prochaine, ce sera les rencontres de parents.


C’est donc Geluck qui parlera pour moi, dans ce billet. Je souscris entièrement à ses propos.


Billet du 4 novembre 2022 : La logique mathématique

Nous sommes dans la soirée du 29 septembre 2004, au Stade olympique de Montréal. Dans les gradins, le long de la ligne de démarcation du champ droit, nous sommes un groupe d’amis venus assister au dernier match des Expos dans la métropole québécoise. Parmi nous se trouve un journaliste du cahier des sports du quotidien La Presse. S’il est question de baseball dans presque toutes nos discussions, nous abordons quand même le thème de la politique québécoise, notamment parce que ses représentants des années précédentes ont choisi de se retirer du projet de construction d’un nouvel amphithéâtre, rendant ainsi imminent le départ de l’équipe. Au fil de nos paroles, le scribe nous lance qu’un de ses collègues lui a déjà affirmé qu’un reporter de la tribune parlementaire pouvait bénéficier d’une carrière complète à partir de trois sujets : le débat linguistique, le débat constitutionnel et les chicanes au Parti québécois.

Force est d’admettre, depuis les derniers jours, que le PQ ne détient plus le monopole des luttes intestines amenées dans l’arène publique. Historiquement, et son existence est vieille d’un siècle et demi, le Parti libéral du Québec a toujours pris un soin jaloux de conserver à l’interne les discussions discordantes vis-à-vis de ses chefs. Jusqu’à cette semaine.

Désolant ? Ce l’était pour le PQ, ce l’est autant pour le PLQ. Puis on réalise que ces deux formations, qui se sont partagé le pouvoir en alternance durant 48 ans, n’occupent maintenant qu’un total de 23 des 125 sièges de l’Assemblée nationale. C’est une logique mathématique : à force de diviser, les quotients s’amenuisent.


Dans le cours de français

Encore cette année, dans des publicités et autres documents plus ou moins officiels, j’ai vu passer des Joyeuse Halloween et des Joyeux Halloween. Alors, quelle est la bonne orthographe ? Comme Halloween est un nom féminin, l’adjectif qui l’accompagne prend le même genre. Il faut donc opter pour joyeuse.

Également, s’il est recommandé d’écrire Halloween avec un H majuscule, plusieurs auteurs, ne lui reconnaissant pas le statut de fête officielle, utilisent la première lettre minuscule. L’événement faisant partie des mœurs au Québec, on parlera de l’Halloween, alors qu’en France, on laissera tomber le déterminant, pour fêter Halloween.


Dans le cours de français, deuxième période

La plus haute distinction littéraire accordée par le gouvernement du Québec est le prix Athanase-David. Depuis 1968, il récompense annuellement l’ensemble de l’œuvre d’une écrivaine ou d’un écrivain.

Cette semaine, pour la première fois, ce prix a été octroyé à un auteur de romans graphiques. Michel Rabagliati, à qui l’on doit la série des Paul, en est le récipiendaire. Ceci s’ajoute aux nombreuses distinctions déjà obtenues par Rabagliati. Et au-delà de tout cela, il s’agit d’une reconnaissance sans équivoque de la bande dessinée dans l’univers littéraire. Peu importe sa forme, la lecture demeure la lecture. Cette ouverture mérite d’être soulignée.


Dans le cours de musique

J’aime quand Patrice Michaud sort du nouveau matériel. Je le considère comme l’un de nos meilleurs auteurs-compositeurs-interprètes. Ses plus récentes pièces originales remontent à 2021. Toutefois, la semaine dernière, il nous a offert un mini-album dans lequel cinq de ses chansons sont revues par d’autres artistes d’ici, en collaboration avec lui.

Le mini-album s’intitule Petit voyage organisé. Pour la #musiquebleue de cette semaine, mon choix s’est arrêté sur la pièce Je t’aime quand je mens, d’après une relecture d’Alex McMahon.

Patrice Michaud – Je t’aime quand je mens (relecture d’Alex McMahon) – Petit voyage organisé – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Jamais deux sans trois ! Après Florence et Anvers, Félix Auger-Aliassime a remporté le tournoi de Bâle, en plus de gagner son premier affrontement au Masters de Paris. À 22 ans, il occupe maintenant le huitième rang au classement de l’ATP. Un autre joueur canadien est-il déjà monté aussi haut dans ce palmarès ? En double, Daniel Nestor et Grant Connell ont jadis occupé le premier rang. En simple, le Montréalais Greg Rusedski est monté jusqu’au 4e échelon, mais c’était en 1997, soit deux ans après qu’il eut troqué l’unifolié canadien pour le Drapeau royal de l’Union britannique. Milos Raonic est actuellement le tennisman canadien ayant grimpé le plus haut chez les professionnels, franchissant la troisième position.


Billet du 28 octobre 2022 : Le maire d’Anjou en joue

Je voulais aborder le sujet lorsqu’il était chaud, il y a quelques semaines, mais j’ignorais quel angle emprunter pour mettre en évidence un élément moins observé, arriver avec un petit quelque chose qui n’avait pas encore été dit, un truc à réfléchir, quoi. Mais le maire d’Anjou, Luis Miranda, s’est tellement montré ignoble et condescendant envers un adolescent venu s’adresser à lui poliment et en suivant les règles du conseil d’arrondissement, que tout ce qui pouvait être mentionné l’a été.

C’est cette semaine que l’angle intéressant a été porté à mon attention, quand la Commission des droits de la personne a blâmé à son tour le maire Miranda, cette fois en évoquant la Convention relative aux droits de l’enfant, promulguée par l’ONU en 1989. Cette convention, nous l’enseignons à nos élèves, dans le cadre du cours d’éthique et culture religieuse. Dans le cas qui nous préoccupe, c’est l’article 12 qui attire l’attention :

« 1. Les États parties garantissent à l’enfant qui est capable de discernement le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question l’intéressant, les opinions de l’enfant étant dûment prises en considération eu égard à son âge et à son degré de maturité.
2. A cette fin, on donnera notamment à l’enfant la possibilité d’être entendu dans toute procédure judiciaire ou administrative l’intéressant, soit directement, soit par l’intermédiaire d’un représentant ou d’un organisme approprié, de façon compatible avec les règles de procédure de la législation nationale. »

En mentionnant que parce que l’adolescent était âgé de 15 ans il n’avait pas à lui parler, et en suggérant à mots à peine couverts que sa mère aurait dû mieux l’éduquer, Luis Miranda a contrevenu hors de tout doute à cet article. Le Canada a adhéré à cette convention en 1991.


Dans le cours français

J’aime faire sourciller mes élèves avec des règles un peu bizarres. À ce sujet, la conjugaison en comprend un lot assez impressionnant. Parmi elles, notons les verbes se terminant en _ier à l’infinitif. Qu’y trouve-t-on de particulier ? C’est simple, tous ces verbes, conjugués aux première et deuxième personnes du pluriel de l’imparfait, comportent un double i. Par exemple, pour les verbes crier et identifier, on inscrira nous criions et vous identifiiez.

Même situation avec les verbes congédier, envier, épier, expédier, négocier, nier, plier, prier, publier, scier, trier, etc.

D’expérience, je dirais que ça ne fait pas sourciller que les jeunes. Plusieurs adultes en restent perplexes également !


Dans le cours de musique

Buzz Cuivres est un quintette québécois donnant dans la musique classique. Le nom du groupe désigne, on le devine, leurs instruments de prédilection. Lancé le 21 octobre dernier sous étiquette Analekta, Horizons constitue son cinquième album. Entre autres titres, avec des arrangements de François Vallières, on y trouve Danse macabre, opus 40, de Camille Saint-Saëns. À quelques jours de l’Halloween, je trouvais de circonstance d’en faire notre #musiquebleue de cette semaine.

Buzz Cuivres – Danse macabre, opus 40 – Horizons – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

La semaine dernière, il était ici question de la victoire de Félix Auger-Aliassime au tournoi de Florence. À peine 48 heures après la publication de mon billet, Félix remettait ça en remportant celui d’Anvers, en Belgique, pour son troisième triomphe en 2022. À 22 ans, on le retrouve maintenant au 9e rang du classement de l’ATP.

On le surveille maintenant à Bâle, jusqu’à dimanche.


Billet du 21 octobre 2022 : Z comme velours

S’en trouve-t-il encore pour prétendre que la COVID-19 est derrière nous ? J’ai des nouvelles pour eux, je m’en remets ! Affligé de plusieurs symptômes durant une semaine, mes tests quotidiens s’avéraient tous négatifs, jusqu’au 12 octobre dernier, quand la seconde barre a fini par apparaître.

Depuis, c’est l’inverse. Après deux ou trois jours plus difficiles, la pleine forme est revenue, mais la satanée deuxième ligne continue de se pointer sur chacun de mes tests.

Comme au hockey, le manque de synchronisme étire le jeu.


Dans le cours de français

Régulièrement, j’entends des gens lier par un z le nombre cent à un nom commençant par une voyelle ou un h muet. Par exemple : «Il y avait cent z’élèves présents à cette sortie», «On a installé cent z’antennes sur cette tour» ou «L’horloger a remonté les cent z’horloges de la ville».

La liaison doit toujours s’opérer avec le t de cent.

Mais le fait d’insérer un z inopportun dans la liaison porte un nom. Ça s’appelle un velours. Ça vous en fait un de l’apprendre ? C’est plus doux pour certaines oreilles, mais ça peut en écorcher d’autres.


Dans la cour de récréation

Dans une cour de récréation, aucune forme d’intimidation n’est tolérée. On la prévient, on la gère dès qu’elle survient, on la condamne. On intervient tant auprès des victimes que de celles et ceux qui la font subir.

La situation diffère dans le monde télévisuel. Tant que l’intimidation rapporte, on la nourrit. Si elle dérange, on la dénonce. J’admets n’avoir jamais regardé une seule minute d’Occupation double. Ce concept ne m’intéresse tout simplement pas. Cependant, comme une majorité de gens, j’ai pris connaissance de l’actualité des derniers jours, où il était abondamment question de l’expulsion de trois participants.

Il m’est venu à l’idée de m’exprimer là-dessus, mais quelqu’un l’a fait mieux que je ne saurais le faire. Alors que je cherchais à demeurer diplomate, voire même à trouver un angle positif, Patrick Lagacé s’est prononcé de manière directe, reflétant une vision identique à la mienne, dans des mots limpides et sans mettre de gants blancs.

Si vous désirez connaître cette position, c’est ce lien qu’il faut suivre :
Lagacé, Patrick. Occupation hypocrite. La Presse, Montréal, 20 octobre 2022.


Dans le cours de musique

Bibi Club est le projet de deux jeunes musiciens. Ils se nomment Nicolas Basque et Adèle Trottier-Rivard. Le nom de cette dernière vous rappelle quelque chose ? Elle a pour mère Marie-Christine Trottier, musicienne et animatrice radiophonique, et pour père Michel Rivard, auteur-compositeur-interprète émérite. Flanqué de plusieurs collaborateurs, le duo a lancé un premier album, en août. La musique proposée est un rock rappelant celui de la fin des années 1960 et du début des années 1970, avec ses notes parfois psychédéliques.

Tirée de cet album, Le soleil et la mer, voici la pièce Femme-Lady.

Bibi Club – Femme-Lady – Le soleil et la mer – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

C’est presque passé inaperçu, mais dimanche dernier, Félix Auger-Aliassime a gagné le tournoi de Florence, en Italie, en défaisant l’Américain J. J. Wolf, en finale. Pour le tennisman québécois, il s’agissait d’un deuxième titre remporté, lors d’un tournoi de l’ATP.


Billet du 7 octobre 2022 : Question d’équilibre

Il se pratique toutes sortes de jeux d’équipe dans une cour de récréation. D’un naturel compétitif, les enfants cherchent à bâtir ou à intégrer le groupe qui remportera la victoire. Ceux qui continuellement se trouvent du côté perdant finissent par se lasser et aller s’amuser ailleurs. Les éternels gagnants, quant à eux, en viennent à ronger leur frein, faute d’adversaires.

Il faut généralement attendre une telle situation pour voir les plus forts accepter d’envoyer quelques joueurs de l’autre côté, question d’apporter un équilibre permettant au moins de jouer.

Il serait inusité pour François Legault d’envoyer quelques-uns de ses députés garnir les rangs de l’opposition, mais s’il se rappelle l’époque où il jouait dans les cours d’école, j’imagine que cette solution doit au moins lui trotter dans la tête.


Dans le cours de mathématiques

Comme plusieurs, je trouve inadmissible qu’un parti qui reçoit 13 % des suffrages lors d’une élection n’obtienne aucun siège à l’Assemblée nationale. Il est clair qu’il faut se pencher sur une solution. À défaut de trouver du temps de parole au Salon bleu, Éric Duhaime en dénichera sur d’autres tribunes dont le statut démocratique n’a rien d’officiel.

Il faut se rendre à l’évidence que cette fois-ci, la nouvelle répartition des sièges diffère de la volonté populaire, mise à part la majorité pour la Coalition avenir Québec (CAQ). Toutefois, aucun système électoral n’est parfait et le nôtre nous a bien servi la plupart du temps. Parmi les exceptions, notons les élections fédérales de 2019, de même que les élections québécoises de 1966 et de 1998.

Dans le premier cas, les libéraux de Justin Trudeau ont obtenu un gouvernement minoritaire, malgré le fait que les conservateurs d’Andrew Scheer aient remporté le suffrage universel.

Lors des élections provinciales de 1966, le Parti libéral du Québec et Jean Lesage ont reçu 47 % d’appuis, contre 41 % pour l’Union nationale de Daniel Johnson père. Pourtant, ces résultats ont donné 50 sièges aux libéraux et 56 aux unionistes, qui remportaient ainsi une dernière victoire électorale et mettaient fin à la Révolution tranquille.

Quant au scrutin de 1998, il a vu le Parti québécois de Lucien Bouchard remporter une confortable victoire avec 76 sièges, contre 48 pour le Parti libéral du Québec, alors dirigé par Jean Charest. Pourtant, quand on regarde le suffrage populaire, on constate un léger avantage pour les libéraux, 44 % contre 43 % pour le PQ.

La distinction qu’il faut noter avec l’élection de lundi dernier, c’est la confirmation du multipartisme. Quand la formation qui termine au 5e rang le fait en obtenant 13 % de la faveur populaire, il est permis de supposer que la tendance se poursuivra et que notre système se devra d’évoluer de manière à mieux représenter le souhait des électeurs.


Dans le cours de musique

En compagnie de quelques membres de ma famille, je devais assister au spectacle de Simon Leoza, le 21 septembre dernier. La COVID a frappé une fois de plus et l’événement a été annulé. Compositeur néoclassique montréalais, il a publié quelques simples et un album complet, ce dernier en 2021. La pièce L’archange en est tirée. La voici en #musiquebleue.

Simon Leoza – L’archange – Albatross – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Est-ce que le cours «Découverte de la langue française en Amérique du Nord» vous intéresse ? Moi, oui ! Pour s’y inscrire, il faut toutefois être admis à la prestigieuse université Harvard, dans la région de Boston.

Offert depuis septembre, ce cours relate aux étudiants américains l’histoire et l’espace occupé par la langue de Molière sur notre continent, de l’arrivée des premiers colons jusqu’à nos jours. Il y est abondamment question du Québec, mais également des Acadiens et de leur assimilation, notamment en Louisiane.

Le tout dans le but de faire connaître cette communauté à nos voisins du Sud, tout en leur faisant découvrir que notre culture ne se limite pas à la neige et au sirop d’érable. Cette initiative mérite d’être soulignée.


Billet du 30 septembre 2022 : En attendant la réponse des électeurs

L’actuelle campagne électorale québécoise, tout comme la canadienne de l’an dernier, me permet d’aborder en classe, avec mes élèves, une phase exaltante du programme d’univers social, volet éducation à la citoyenneté. Leurs questions sont intéressées et pertinentes. Leurs commentaires également.

Cette semaine, l’un d’eux m’a demandé lequel des cinq principaux partis politiques était le plus ancien. Je lui ai répondu que le Parti libéral du Québec (PLQ) existait depuis les débuts du Canada actuel, soit depuis 1867. Celui qui le suit de plus près est le Parti québécois (PQ), de 101 ans (comme la Loi 101 !) son cadet. Aujourd’hui, il faut regarder dans le rétroviseur pour constater les meilleurs moments de ces deux formations. Droit devant, leur avenir semble s’engager dans un cul-de-sac.

Lors de l’élection de 1985, quand l’Assemblée nationale ne comptait que 122 sièges, comparativement aux 125 actuels, le PLQ en avait remporté 99, contre 23 pour le PQ. Je m’étais alors dit qu’un parti qui avait goûté au pouvoir ne pouvait descendre plus bas sans risquer de disparaître. Au moment de la dissolution parlementaire, au mois d’août, les deux formations disposaient respectivement de 27 et 7 députés. Si je me fie aux dernières prédictions de Qc 125, il demeure possible que les pertes réduisent encore ces nombres de moitié.

La déroute des vieux partis se poursuivra-t-elle ? Réponse lundi soir.

Voir les plus récentes prédictions de Qc 125.


Dans le cours de français

Dans une publication sur Twitter qu’il a depuis retirée, Christian Latreille, chef d’antenne à RDI, a laissé passer quelques coquilles.

Source : Twitter (@clatreil)

#LeProfCorrige

Premièrement, il y a faute au niveau des noms de trois des cinq des partis évoqués. Ainsi, on aurait dû lire Parti libéral, Québec solidaire et Parti québécois, avec le l de libéral, le s de solidaire et le q de québécois en minuscules. Les trois mots étant des adjectifs, la lettre majuscule initiale n’est aucunement justifiée.

Quant à la Coalition avenir Québec, on devrait également éviter la majuscule à avenir, bien qu’il s’agisse d’un nom. Toutefois, la formation de François Legault emploie elle-même le grand A dans ses documents officiels.

Finalement, le mot part étant de genre féminin, monsieur Latreille aurait dû accorder l’adjectif nul et écrire nulle part, plutôt que nul part. Nulle part constitue également une locution adverbiale qui doit demeurer invariable.


Dans le cours de musique

Le groupe s’appelle Crushhh et est originaire de Montréal. En juillet dernier, il a lancé un premier album, intitulé In The Clouds. Pour les nostalgiques du disco des années 1970, le son est plus qu’intéressant. Run Away est la pièce que je suggère cette semaine.

Crushhh – Run Away – In The Clouds – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

J’évoquais plus haut la dernière élection fédérale, qui s’est déroulée l’an passé. Le ministre Dominique LeBlanc avait été réélu haut la main, bien qu’il n’ait aucunement fait campagne. Il avait cependant une excellente raison : un cancer du système immunitaire le clouait au lit dans un hôpital de Moncton. À deux doigts de la mort, c’est un don de cellules souches d’un jeune inconnu allemand qui lui a sauvé la vie.

Cette semaine, le ministre a accueilli le jeune homme, qui a profité d’une relâche universitaire pour venir au Canada.

Il y a plusieurs éléments heureux dans cette histoire. D’abord, la technologie permet maintenant le don et le transfert de cellules souches. S’il était tombé malade quelques années plus tôt, monsieur LeBlanc aurait sans doute été emporté. Ensuite, des lois allemandes et un registre international ont permis aux médecins d’ici de trouver un donneur compatible. Troisièmement, des règles assouplies autorisent aujourd’hui un donneur et son receveur à se rencontrer.

Finalement, une solide amitié est née entre deux individus, malgré les quelques milliers de kilomètres et la trentaine d’années qui les séparent.

Lire le reportage de Joël-Denis Bellavance.


Je reprends ici une caricature d’André-Philippe Côté, publiée cette semaine.

Source : André-Philippe Côté.

S’il vous plaît, votez pour qui vous voulez, mais allez voter.