Chaque printemps, le Québec se raconte au rythme de ses rivières. Cette année n’y fait pas exception : les images d’eau qui déborde, les routes coupées, les sacs de sable empilés à la hâte. Les reportages se succèdent, notamment à TVA et à Radio-Canada, jusque sur les ondes d’ICI Première. Or, au fil de ces interventions, un détail linguistique s’invite discrètement dans le paysage sonore : « in-nondations ». Comme si le mot commençait par deux « n », comme si la langue, elle aussi, débordait légèrement de son lit.
Il suffit pourtant de revenir à la structure du mot pour retrouver son cours naturel. « Inondation » ne se découpe pas en in-nondation, mais bien en i-no-n-da-tion. Le « i » initial, bref et clair, ouvre le mot sans redoublement consonantique. On dira donc [i.nɔ̃.da.sjɔ̃], et non [in.nɔ̃.da.sjɔ̃]. La nuance peut sembler mince à l’oreille, mais elle participe de cette précision qui fait la netteté de la langue. À l’heure où l’eau envahit certains territoires, garder le contrôle sur les mots qui la décrivent devient, en quelque sorte, une autre manière de tenir la ligne.
Dans mes écouteurs
« Faut que j’oublie mon next », ou mon ex ?
Le nouvel album de Laurence Nerbonne joue avec les mots et les nuances.
La bonne nouvelle de cette semaine
Il y a, parfois, des victoires qui ne se mesurent ni au pointage ni au classement. Celle de Luc Collin en est une. Cet homme de 66 ans, en situation d’itinérance depuis des années et gravement malade, nourrissait un rêve simple : voir jouer ses idoles du Canadien « en vrai ». Grâce à la détermination bienveillante de deux femmes, la Dre Marie-Hélène Marchand et Laurence de Villers, ce rêve a pris forme le temps d’une soirée au Centre Bell, dans ces sièges qu’il n’aurait jamais imaginé occuper. Pour lui qui suivait les matchs à la radio ou debout à l’entrée d’un restaurant, ce moment a eu la densité d’une vie entière : une immersion, une reconnaissance, une place parmi les autres.
Ce qui touche, au-delà de l’histoire, c’est le geste. Aller vers quelqu’un là où il est, reconnaître son humanité jusque dans ses passions les plus simples, et créer un espace où la dignité reprend toute sa place. Le projet Maison Mobile, qui accompagne des personnes en fin de vie dans la rue, incarne cette manière d’habiter le soin : proche, attentif, profondément humain. Ce soir-là, peu importe le résultat du match, Luc Collin est reparti avec quelque chose de plus grand : le sentiment d’avoir pleinement vécu un instant qui comptait. Et parfois, c’est exactement là que se joue l’essentiel.
Société de soins palliatifs à domicile du Grand Montréal. (s. d.). Maison Mobile. https://www.societedesoinspalliatifs.com/project/maison-mobile/
Touzin, C. (2026, 15 avril). Voir Caufield (de près) avant de mourir. La Presse. https://www.lapresse.ca/actualites/2026-04-15/voir-caufield-de-pres-avant-de-mourir.php
