Billet du 23 avril 2021 : La détermination de Loïc

Exemple de courage et de détermination, Loïc Bydal, 17 ans, deviendra dans quelques semaines le premier élève à obtenir un diplôme d’études secondaires, avec un parcours scolaire entièrement réalisé à partir de sa chambre d’hôpital. Atteint d’une maladie dégénérative rare, l’Hôpital de Montréal pour enfants est devenu le lieu permanent de résidence pour Loïc, quand il n’avait que 8 ans.

Appuyé par tous les membres de sa famille, notamment par son père enseignant, et mû par une immense soif d’apprendre, Loïc relèvera un nouveau défi en septembre, alors qu’il entamera des études collégiales en informatique.

Pionniers dans l’enseignement à distance, avant même la pandémie, lui et ses enseignants méritent toute notre admiration. Un immense bravo à eux.

Lire la note du CSSDM.


Dans le cours de français

Cette semaine, j’enseignais l’impératif présent à mes élèves. Les règles de base sont simples :

  1. Il n’y a que trois personnes, soit la 2e du singulier, la 1re du pluriel et la 2e du pluriel;
  2. Tous les verbes conjugués à la 1re ou à la 2e personne du pluriel se terminent respectivement par _ons et _ez;
  3. À la 2e personne du singulier, les verbes en _er se terminent par _e, les autres se terminent par _s 1;
  4. Il n’y a pas de pronom sujet.

Ainsi, à l’impératif présent, on écrit profite, profitons, profitez, comme on écrit finis, finissons, finissez. Toutefois, qu’arrive-t-il quand un verbe conjugué à l’impératif est suivi d’un pronom comme en ou y ? La question ne se pose pas avec finir : on ajoute un trait d’union et on écrit finis-en.

Mais que fait-on avec profite ? Si on applique la même règle, on devrait écrire profite-en, comme plusieurs font, malheureusement. C’est à proscrire ! Dans un cas comme celui-ci, afin de favoriser la prononciation, il faut ajouter un s à la fin du verbe et le faire suivre de -en. On écrira donc profites-en.

Ce sont ses difficultés qui rendent la langue française si belle !

1 Il y a quelques exceptions. Ainsi, le verbe aller se termine par _a (va), alors que les verbes cueilliraccueillirrecueillirsouffrirtressaillirrecouvrircouvrirdécouvrirouvrirentrouvrirassaillir et offrir se terminent par _e.


Dans le cours d’univers social

Il existe un certain nombre de règles fondamentales en journalisme. Parmi elles, la vérification des faits et l’objectivité. Dans le premier cas, on a l’habitude de ne rien avancer tant qu’une nouvelle n’a pas été confirmée par deux sources. Quant à l’objectivité, il demeure possible de la contourner à travers les pages éditoriales, mais jamais dans la nouvelle.

Cette semaine, le Journal de Montréal et le Journal de Québec, deux des trois quotidiens du groupe Québecor, ont fait fi de ces deux règles essentielles en information.

En premier lieu, dans sa chronique de samedi dernier, Denise Bombardier affirmait que la Mairie de Montréal refusait de nommer une allée piétonnière du nom de l’ex-ministre Camille Laurin, sous prétexte qu’il était un homme blanc. L’histoire a été reprise par Richard Martineau, Normand Lester et Benoit Dutrizac, tous chez Québecor, soulevant l’indignation dans la population et l’ire des élus du Parti québécois, que le Docteur Laurin représentait. Or, les faits sont tout autre. Le comité de toponymie a effectivement refusé de donner le nom Camille-Laurin à cette artère, avant de se raviser, mais c’était pour éviter la confusion avec une rue qui porte déjà ce nom, dans la quartier Pointe-aux-Trembles. Je mentionne que le père de la Loi 101 a également donné son nom à une école et un édifice, toujours à Montréal. Jamais n’a-t-il été question du genre ou de la couleur de peau de l’ex-ministre. La mairesse Valérie Plante a eu beau l’affirmer publiquement, il a fallu le travail professionnel de la chroniqueuse Isabelle Hachey, à La Presse, pour rétablir les faits et dissiper les doutes. Madame Hachey s’est d’ailleurs entretenue avec Denise Bombardier, avant de publier son long texte.

Ensuite, dans son édition d’hier, le 22 avril, le Journal de Montréal affichait en UNE une photo du premier ministre Justin Trudeau vêtu de l’accoutrement particulier qu’il portait lors d’un voyage en Inde, il y a quelques années. S’adressant à lui en l’appelant par son prénom, le Journal établit un lien entre cette photo et l’origine du plus récent variant de la COVID-19.

Bonjour l’objectivité. Une publication similaire via une caricature, à l’intérieur du quotidien, aurait pu être drôle, mais une telle page frontispice est tout sauf professionnelle. Je précise ici que les journalistes ne sont aucunement responsables de ce manquement. Le contenu de la UNE appartient à la direction du journal.

Cette direction qui, en fin de journée, a publié une mise au point à l’intérieur de laquelle elle prétexte laconiquement avoir dû composer avec « un choix limité de mots et de photos » et exprime des regrets si certaines personnes ont été heurtées.

Personnellement, s’il s’agissait de mon entreprise, j’aurais été fortement ébranlé par le tollé soulevé et son expression sur les réseaux sociaux. Il faut croire que la suffisance est plus présente chez certains que chez d’autres.


Dans le cours de mathématiques

Inutile, le couvre-feu au Québec ? Pas si on en croit les résultats de deux études menées d’une part par des chercheurs de l’Université de Toronto et la Direction de la santé publique de l’Ontario, et d’autre part par le Canadian Medical Association Journal. Ainsi, des données fournies par les compagnies de téléphonie mobile stipulent que le couvre-feu québécois aurait eu pour effet de réduire de plus de 30% les déplacements en soirée. Selon une des études, une hausse de 10% des déplacements serait associée à une hausse de 25% des infections hebdomadaires.

Les chercheurs avancent donc que c’est l’instauration du couvre-feu, lors de la deuxième vague de la COVID-19, qui aurait permis au Québec d’afficher de meilleurs résultats que les autres provinces canadiennes.

Lire un reportage publié dans Le Devoir.


Dans le cours de musique

Lancé il y a trois ans, l’album M. Chandler est issu de la rencontre de plusieurs artistes québécois, dont Ian Kelly et Rick Haworth. Sa musique propose un son indie rock, teinté de puissantes notes de blues. En #musiquebleue, voici la pièce Vieillir à mort.

M. Chandler – Vieillir à mort – M. Chandler – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Ceux qui me connaissent le savent, je suis un inconditionnel de Yannick Nézet-Séguin. Aujourd’hui âgé de 46 ans, il n’en comptait que 25 lorsqu’il est devenu directeur de l’Orchestre Métropolitain de Montréal. Il a également été appelé à diriger, comme chef invité ou comme chef principal, de nombreux autres orchestres symphoniques à travers le monde, dont le prestigieux Metropolitan Opera de New York.

Samedi dernier, Yannick Nézet-Séguin annonçait sur sa page Facebook l’accomplissement d’un autre rêve, celui d’effectuer ses débuts comme pianiste solo. Et c’est la prestigieuse étiquette Deutsche Grammophon qui publiera les enregistrements. Il s’agit d’un privilège tant pour l’un que pour l’autre.

L’album s’intitule Introspection : Solo Piano Sessions et compte 21 pièces, notamment de Brahms, Debussy, Rachmaninoff, Schubert, Bach, Shostakovich et Haydn. La variété des styles est au rendez-vous. Pour le moment, il est possible de télécharger l’Opus 16 numéro 3 en si mineur de Rachmaninoff sur les principales plateformes. Les 20 autres oeuvres seront disponibles pour le téléchargement dès le 4 juin.


Billet du 19 février 2021 : Mille mercis !

Ce billet est le cinquante-deuxième à être publié sur ce blogue. Comme mes billets sont hebdomadaires, le calcul est simple : ce cinquante-deuxième billet marque le premier anniversaire de mes publications sur jeanfredericmartin.com ! Merci à celles et ceux qui me lisent régulièrement.

Pourquoi met-on un trait d’union à cinquante-deux ? Simplement parce que le nombre est inférieur à cent. Tous les nombres supérieurs à cent s’écrivent-ils donc sans trait d’union ? Là, la règle est moins simple. Cent trois, cinq cents et mille trois cents s’écrivent sans traits d’union, mais cent soixante-quinze mille six cent vingt-deux, par exemple, s’écrit avec cinq espaces et deux traits d’union. Comment savoir où les mettre ? Il faut regrouper les déterminants numéraux par deux. Ainsi,
cent soixante (supérieur à cent, espace);
soixante-quinze (inférieur à cent, trait-d’union);
quinze mille (supérieur à cent, espace);
mille six (supérieur à cent, espace);
six cent (supérieur à cent, espace);
cent vingt (supérieur à cent, espace);
vingt-deux (inférieur à cent, trait-d’union).

Le Conseil supérieur de la langue française de France a statué, en 1990, que pour simplifier la chose, on pouvait aussi mettre des traits d’union partout. Donc, cent-soixante-quinze-mille-six-cent-vingt-deux est maintenant accepté selon les normes françaises.

Quant à la marque du pluriel, elle s’applique pour vingt et cent lorsqu’ils sont multipliés et non suivis d’un autre déterminant numéral. Ainsi, on écrira quatre-vingts, mais quatre-vingt-trois; on écrira quatre cents, mais quatre cent trois. À noter que mille demeure invariable. On écrira trois mille, sans la marque du pluriel.


Dans le cours de français

Le quotidien Le Devoir a publié une lettre d’opinion, cette semaine, à l’intérieur de laquelle son auteur émet une position qui rejoint en tout point celle que je prêche depuis des années : au-delà de la préservation de la langue française, c’est l’amélioration de sa qualité, tant parlée qu’écrite, qu’il faut viser. Et c’est en tant que société que nous devons poser les gestes pertinents pour y parvenir. Toute loi ou règlement en ce sens sera d’une faible utilité si la prise de conscience sociale n’est pas au rendez-vous.

Ce qui m’a d’autant plus réjoui, c’est que l’auteur de cette missive est nul autre que le président et chef de la direction du Conseil du patronat du Québec, Karl Blackburn.

L’organisme, historiquement, ne nous a pas habitués à faire de la défense du français son principal cheval de bataille. Encore moins la promotion de mesures visant à accroître sa qualité. Statistiques à l’appui, notamment en ce qui concerne les taux d’analphabétisme, de décrochage scolaire et d’exigences des entreprises en matière de maîtrise de la langue, Monsieur Blackburn reflète la surprenante position de ses membres et insiste sur l’urgence d’agir, lançant au passage quelques suggestions qui alimenteront sans doute le débat.

J’ai toujours été d’avis qu’il était faux de croire qu’une législation sur l’affichage et autres mesures coercitives allaient protéger efficacement le français en Amérique du Nord. Comme n’importe quel changement à nos habitudes, c’est en travaillant à la base que la société devra et pourra se doter d’une fierté qui l’incitera non seulement à protéger sa langue, mais aussi à l’embellir et la présenter sous son meilleur jour. Heureux de constater que le CPQ l’a bien compris.


Dans le cours de mathématiques

Un premier pays s’est lancé dans un bras de fer avec les GAFAM, les géants du Web, au sujet du partage des revenus de publicité. L’Australie a ainsi légiféré afin de forcer Facebook et Google à verser des redevances aux médias de ce pays, afin de compenser l’utilisation de leurs contenus. Si Google a négocié une entente et est parvenu à un accord, Facebook a plutôt opté pour la confrontation et a bloqué les contenus des médias australiens sur sa plateforme.

Rappelons que le Canada travaille actuellement à rédiger un projet de loi similaire à celui de l’Australie. Le site de La Presse révélait hier que selon le professeur Jean-Hugues Roy, Google et Facebook auraient dû verser 280 millions $ aux entreprises d’information canadiennes, l’an dernier. L’organisme Médias d’info Canada estime quant à lui cette somme à 620 millions $, alors que Google stipule que les revenus de publicité tirés de son moteur de recherches s’élèvent à 9 millions $ annuellement. Cette lutte sera déterminante pour l’avenir de l’information sur la planète.


Dans le cours d’univers social

Une école secondaire britannique rebaptisera un de ses bâtiments portant le nom de Winston Churchill. La décision ne vient pas de la direction, ni d’un conseil d’administration. Elle vient des élèves qui ont convaincu les autorités de l’institution de procéder, avançant des propos racistes que l’ex-premier ministre aurait tenus. Je salue au passage l’implication des élèves. Qu’on soit d’accord ou non avec l’objectif de leur démarche, ils ont entretenu un fort lien d’appartenance à leur école.

Churchill était-il raciste ? Disons qu’il aurait prononcé certaines paroles qui échoueraient le test de l’acceptabilité sociale de nos jours, mais qui de toute évidence n’ont guère fait sourciller les civilisations de l’époque. Et même prises dans le contexte d’aujourd’hui, il faut à tout le moins se questionner pour déterminer si ces propos sont d’une gravité telle qu’ils doivent rayer de l’histoire le nom de celui qui a tenu tête, longtemps en solitaire, à Adolph Hitler et à l’Allemagne nazie. S’opposer à Hitler comme Churchill l’a fait, c’était en soi une forme de combat contre le racisme.


Dans le cours d’univers social, deuxième période

La pandémie de Covid-19 aura eu raison du Musée Stewart, qui vient de fermer définitivement ses portes après 66 ans. Je me souviens y avoir fait une ou deux sorties de fin d’année, avec des groupes d’élèves. Ceux-ci y découvraient concrètement une partie du programme d’histoire vu en cours d’année. Les collections seront déplacées vers un autre musée, mais je souhaite que la Ville de Montréal sache maintenir l’animation militaire à l’intérieur du fort. C’est à la fois impressionnant et instructif.


Dans le cours de musique

Je considère que la voix de Dominique Fils-Aimé figure parmi les plus belles du Québec. La finaliste de l’émission La Voix en 2015 et Révélation jazz de Radio-Canada en 2019-2020 a lancé cette semaine son quatrième album, Three Little Words. La chanson While We Wait, tirée de cet album, cultive la bonne humeur. La première partie de la pièce n’est pas sans rappeler le New Soul, de Yael Naïm, popularisé dans les publicités de la compagnie Apple, à la fin des années 2000.

En #musiquebleue, voici While We Wait.

#musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

J’hésitais entre deux, cette semaine. J’ai rapidement mis fin à la tergiversation et pris la décision de vous présenter les deux. Deux fois plus de positif dans cette section du billet hebdomadaire, pourquoi pas ?

D’abord, pour une très rare fois au cours des 80 dernières années, le nombre de fermes a augmenté au Québec, selon les chiffres de 2020. Si 1076 fermes ont cessé leurs activités au cours de la dernière année, il y en a 1163 nouvelles qui ont vu le jour, pour une augmentation nette de 87. La hausse est minime, mais elle contraste avec les baisses drastiques annuelles vécues depuis 1940. Le nombre de fermes d’élevage d’animaux poursuit cependant sa baisse, les nouvelles installations étant surtout vouées à la culture des produits végétaux, incluant l’érable. Le Québec comptait 154 669 fermes en 1941. Il en compte 27 442 aujourd’hui.

Ensuite, au cours des prochaines semaines, la Société des alcools du Québec démarrera un projet pilote de consigne de bouteilles, dans six endroits au Québec. L’objectif est de pouvoir recycler les bouteilles à grande échelle, d’ici l’an prochain. Les infrastructures automatisées devraient être installées dans des endroits extérieurs, à proximité des succursales de la SAQ. Actuellement, les bouteilles de vin et de spiritueux figurent parmi les rares à ne pas être étiquetées d’une consigne au Québec, bien qu’elles le soient ailleurs au Canada. Il s’agit d’une excellente nouvelle pour l’environnement.


Image en titre du billet : Shutterstock

Billet du 8 janvier 2021 : Un départ sur les chapeaux de roues

L’année 2021 n’est vieille que d’une semaine que, déjà, elle nous étourdit. À la blague, Simon-Olivier Fecteau écrivait sur Twitter, mercredi, qu’après six jours en 2021, il disposait de suffisamment de matériel pour écrire le prochain Bye bye. À elle seule, cette journée de mercredi a marqué l’actualité pour longtemps. Le couvre-feu imposé par le gouvernement du Québec et l’invasion du Capitole à Washington ont monopolisé presque l’intégralité des bulletins de nouvelles et des fils d’information. Ceci est sans compter l’appel téléphonique particulier du président américain au secrétaire d’État de la Géorgie.

Que retiendrons-nous de tout cela l’an prochain, à pareille date ?


Dans le cours d’univers social

Pour la première fois de son histoire, le Québec se voit imposer un couvre-feu. Ainsi, dès demain, et au moins jusqu’au 9 février, toute personne trouvée hors de chez elle entre 20:00 et 5:00 le lendemain devra se justifier et risquera une amende variant entre 1 000 $ et 6 000 $ en cas de justification insuffisante. Si cette mesure soulève des interrogations chez plusieurs, j’admets n’être aucunement étonné. Selon un sondage Léger, près d’un Canadien sur deux (48%) a rendu visite à des membres de sa famille vivant dans une autre bulle, durant le dernier temps des Fêtes.

L’étude ne mentionne pas les chiffres pour le Québec uniquement, mais on peut supposer, à la lumière des statistiques canadiennes, que les règles y ont également été transgressées au-delà du raisonnable. À partir de là, il devenait plus facile de les faire appliquer avec une mesure comme un couvre-feu qu’en demandant aux forces de l’ordre de frapper aux portes pour trouver les rassemblements illégaux. Ainsi, une personne devra se justifier non pas si elle se trouve ailleurs, mais dès qu’elle n’est pas chez elle, même sur la voie publique. Et les dernières statistiques québécoises montrent que si les aînés sont encore les plus durement touchés par le virus, celui-ci atteint les plus jeunes dans une beaucoup plus grande proportion qu’il ne le faisait lors de la première vague.

Ces plus jeunes sont possiblement plus enclins à se trouver à l’extérieur en soirée et ainsi hausser les risques de propagation.

Maintenant, il s’agit là d’une interprétation de ma part. Comme l’a mentionné le Docteur Arruda, aucune donnée scientifique ne vient pour le moment confirmer l’efficacité d’un couvre-feu. Je suis toutefois porté à faire confiance aux gens qui ont avancé cette solution. En autant qu’ils sachent reculer advenant l’absence de résultats tangibles.


Dans le cours d’univers social, deuxième période

L’autre nouvelle me laisse sans mots. Presque tout a été dit sur l’insurrection de mercredi, à Washington.

Où se situent les États-Unis dans la liste des plus grandes puissances économiques, militaires et nucléaires au monde ? En tête ou tout près. Cette grande puissance a maintenant acquis le statut de risée mondiale. Après avoir incité ses ouailles à commettre ce saccage et cet affront à la démocratie, par pur narcissisme, Donald Trump a maintenant officiellement du sang sur les mains. Au moment où j’écris ces lignes, cinq personnes ont trouvé la mort dans ce soulèvement.

Au-delà des tractations pour le destituer et le priver de ses derniers jours de mandat présidentiel, une question se pose : qu’allons-nous retenir de ces événements ? Le despotisme du 45e président ou la date du 6 janvier 2021 ? Le fait de tout lier à l’individu fermera le chapitre dès qu’il aura quitté ses fonctions. Par contre, si ses disciples poursuivent la « mission », le 6 janvier 2021 risque de passer à l’histoire comme d’autres dates célèbres qui ont secoué le monde.

Sur la photo de gauche, des manifestants pro-Trump qui ont facilement pu pénétrer dans l’enceinte du Capitole, mercredi. Sur la photo de droite, l’escalier à l’extérieur de ce même Capitole, en juin dernier, lors de la manifestation Black Lives Matter. Le traitement est nettement différent, selon les groupes impliqués, la garde nationale ayant été appelée d’avance en juin et beaucoup trop tard cette semaine.


Et je cite :

« C’est lui qui a causé la double défaite républicaine en Georgie, mais il se fout de la Georgie, il se fout du pays, il s’occupe de Donald J. Trump. »

Michael Ian Krauss, professeur de droit à l’Université George Mason, à propos de Donald Trump, le 6 janvier 2021

Dans le cours de français

Je l’ai mentionné plusieurs fois et je le répète, la plupart des fautes d’orthographe ou de grammaire que je dénonce et que je corrige dans les pages de mon blogue sont dues à un laxisme dans la révision de la publication. Quand il s’agit d’un grand média, c’est d’autant plus déplorable. Vendredi dernier, j’ai lu cet article sur lapresse.ca. Le dernier paragraphe en contient une belle, qui n’est toujours pas corrigée, une semaine plus tard.

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire «…les tribunaux ont systématiquement rejeté les recours…», et non «…les tribunaux ont systématiquement rejetés les recours…». Le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir s’accorde avec le complément direct seulement si celui-ci est placé avant le verbe. Dans ce cas-ci, le complément direct (les recours du président) est placé après le verbe. Le participe passé rejeté demeure donc invariable.

En voulez-vous une autre ? Celle-ci vient du compte Twitter du sondeur Jean-Marc Léger.

#LeProfCorrige, encore

Ici, les verbes infecter et tuer n’ont aucune raison d’être conjugués au pluriel. Ils s’accordent avec pandémie, qui est au singulier. On aurait donc dû lire « Pendant que la pandémie infecte plus de 200 000 personnes par jour et en tue 3 000, …», sans les virgules dans les nombres. Les virgules dans les nombres entiers, c’est la façon anglaise de les écrire.


Dans le cours de musique

Un peu de musique baroque pour commencer l’année ? Le trio montréalais Les Barocudas a lancé en octobre l’album La Peste, regroupant neuf extraits d’oeuvres de compositeurs moins connus que les Bach, Vivaldi ou Albinoni. L’album est disponible sur toutes les plateformes, ainsi que chez les disquaires, mais on peut l’écouter en entier sur la chaîne YouTube de la violoniste du groupe.

Avec Marie Nadeau-Tremblay au violon, Nathan Mondry au clavecin et Ryan Gallagher à la viole de gambe, voici en #musiquebleue Sonatae unarum fidium seu (Excerpts) : No. 3, du compositeur autrichien Johann Heinrich Schmelzer.


La bonne nouvelle de cette semaine

On reste dans la musique classique. La nouvelle est tombée hier, Rafael Payare, 40 ans, succédera à Kent Nagano à titre de directeur musical de l’Orchestre symphonique de Montréal. Depuis l’annonce du départ du maestro Nagano, je souhaitais l’arrivée d’un successeur qui poursuivrait son travail de démocratisation de l’OSM. Son style un peu excentrique n’est pas sans rappeler celui de Yannick Nézet-Séguin à ses débuts avec l’Orchestre métropolitain.

Rafael Payare a déjà dirigé l’OSM à quelques reprises, à titre de chef invité. Il le fera une fois de plus dimanche après-midi, lors d’un concert gratuit sur Facebook Live, alors qu’il dirigera la 1re Symphonie de Brahms.


Billet du 1er janvier 2021 : Journal de vacances des Fêtes (2 de 2)

Au revoir 2020. Très sincèrement, je te remercie pour ce que tu as su nous apporter. Malgré tout ce que l’on dit sur toi, nous nous souviendrons toujours de toi. Comme on se souvient de 1929, de 1945, de 1968, de 1970 ou de 2001. Des années marquantes, où tout le monde a dû sortir de sa zone de confort, mais où tout le monde a appris à se serrer les coudes, voire à s’entraider. Même si tu entends qu’on voudrait t’oublier, rassure-toi : dans 20 ans, dans 50 ans, dans 100 ans, les cours d’histoire transmettront toujours les leçons que tu nous as inculquées.

Ma gratitude serait peut-être différente si je n’avais pas retenu la morale de cette magnifique histoire, lue il y a 25 ans, celle de L’Alchimiste, écrite par Paulo Coelho. La quête de la beauté et du bonheur peut nous mener loin et remplir notre bagage d’une multitude de richesses quelconques, mais qui n’ont rien à voir avec l’objet de notre quête. Ce qui fait qu’on en revient souvent bredouille. Pourtant, la beauté et le bonheur se trouvent souvent enfouis quelque part autour de nous, sous notre nez. C’est cette recherche à proximité que tu nous as donné l’occasion de faire, 2020. Et dans mon cas, plusieurs belles découvertes liées à ma quête sont venues avec.

Tu as aussi rétabli un certain équilibre entre les classes sociales. Quand on est confiné chez soi, certains bien nantis deviennent démunis, et vice-versa. Tu t’es amusée avec la puissance, la faisant changer de voie et la faisant changer de voix. Aurais-je pu penser, il y a un an à peine, qu’on aurait porté aux nues les préposés aux bénéficiaires et les infirmières encore plus que les médecins ? Au point où ces derniers se feraient carrément demander par les autorités gouvernementales de faire le travail des deux autres ? Que des policiers se retrouveraient en prison pour des gestes graves à connotation raciste ? Qu’un élu serait exclu du caucus de son parti pour avoir pris un verre avec des amis ? Qu’un tribunal populaire puisse te faire perdre ta liberté même si un tribunal judiciaire t’a épargné la prison ? Que des personnalités politiques devraient s’excuser, ou à tout le moins se justifier, d’avoir voyagé vers le Sud ?

Bien sûr, tu nous as physiquement isolés. Mais le grand Yvon Deschamps n’a-t-il pas déjà démontré que C’est tout seul qu’on est l’plus nombreux ? Jamais si peu de gens n’ont franchi la porte de ma demeure que durant ton règne, 2020. Mais grâce à Zoom, Teams et Google Meet, jamais autant de monde n’y est également entré. En 25 ans dans l’enseignement, jamais un de mes élèves n’avait vu les murs de ma maison. Cette année, tous mes élèves les ont vus. À distance, j’ai pu voir, parler et trinquer avec des amis et des collègues. J’ai même assisté à un mariage et à la noce qui s’en est suivi, à partir de ma salle à manger. Sans compter que mes enfants, qui se confinaient eux-mêmes depuis des lustres, ont voulu cesser de le faire à partir du moment où ils y ont été contraints. À défaut de pouvoir sortir dans les lieux publics, ils ont redécouvert les pièces communes de la maison, au plus grand bonheur de leur mère et du mien.

Je n’ai jamais été heureux ou triste de voir partir une année. Tu ne fais pas exception, chère 2020. Ton mandat de 366 jours s’est terminé il y a quelques heures, je te salue et j’accueille avec joie ta successeure, comme je t’avais accueillie il y a un an, comme je l’avais fait aussi pour toutes tes prédécesseures. Comme certains entraîneurs sportifs, tu as souvent été dure, mais tu as su faire ressortir le meilleur de tes joueurs. Encore une fois, au revoir et merci.


La bonne orthographe

Doit-on écrire jour de l’an avec des majuscules ? Si oui, où doit-on les mettre ? À jour ? À an ? Aux deux ?

D’abord, la règle générale précise qu’on doit mettre une lettre majuscule au début du nom spécifique. Jour et an sont tous les deux des noms. Lequel est plus spécifique que l’autre ? Il faut y aller avec an, qui précise ce qu’on célèbre. On devrait donc écrire jour de l’An, et c’est l’orthographe que j’emploie personnellement.

Toutefois, la langue française accepte également les combinaisons Jour de l’an, Jour de l’An et même jour de l’an, avec des minuscules partout.

Qu’en est-il alors de NOUVEL AN et de PREMIER DE L’AN ? Dans le premier cas, il faut écrire Nouvel An, avec des majuscules aux deux mots, car an est le nom spécifique et nouvel est un adjectif qui le précède. On écrit donc le Nouvel An, mais on écrirait l’An nouveau. Quant au second cas, il faut écrire Premier de l’an, étant donné que premier est le nom spécifique et que de l’an lui sert de complément.

Compliquée, cette règle ? Un peu, mais on finit par bien la retenir !


Droit dans les yeux

Le décès de Derek Aucoin, annoncé dimanche dernier, m’a beaucoup attristé. Il a été pour moi ce genre de personne que la vie met sur notre chemin à différentes époques. Il est entré à l’âge de 12 ans au Collège Saint-Sacrement, où j’étudiais depuis quelques années. Le Collège offrait un camp d’automne, qu’on appelait les classes rouges, à ses élèves de première et de cinquième secondaires. J’ai fait partie de l’équipe de moniteurs qui animaient les classes rouges de la cohorte de Derek, à son entrée en secondaire 1.

Deux choses m’avaient frappé chez lui. D’abord, son extrême gentillesse. En deux cohortes d’animation, il est le seul élève à être venu me remercier à la fin du camp. C’est là un trait de caractère qu’il a conservé tout au long de sa vie. On n’a d’ailleurs pas manqué de souligner cette gratitude qui le caractérisait, au cours des dernières années. Ensuite, il se distinguait déjà physiquement des autres par sa grande taille. À 12 ans, il faisait 1,78 m, ce qui m’a permis de garder la tête bien droite pour le regarder dans les yeux lorsqu’il est venu me serrer la main.

Impliqué également dans le baseball, comme joueur et comme officiel, je l’ai revu sur un terrain quelques années plus tard. Il était le lanceur partant de l’équipe midget de Boisbriand, lors d’un match durant lequel j’officiais derrière le marbre. Il m’a fallu des années avant de revoir une balle rapide avec autant de vélocité dans le baseball amateur.

Je fais partie des chanceux qui ont pu le voir dans l’uniforme des Expos, en mai 1996, lors d’un match contre les Dodgers de Los Angeles, au Stade Olympique de Montréal. Son séjour dans le baseball majeur a duré moins d’une semaine. Je l’ai finalement croisé à plusieurs occasions au cours des 15 dernières années, comme journaliste et comme père d’un jeune joueur de baseball, alors qu’il redonnait aux plus jeunes ce que la vie lui avait donné.

Il a d’ailleurs su marquer mon fils qui, à l’âge de 9 ans, avait participé à son camp de baseball. Le géant de plus de 2 m lui avait tendu la main et mon fils, plutôt intimidé, avait présenté la sienne d’une manière assez fuyante. Derek avait insisté pour une reprise en lui disant : « Tu dois donner une poignée de main franche, en serrant juste assez et en me regardant dans les yeux ». Paroles qu’il lui avait rappelées à la fin du camp, en l’appelant par son prénom.

Derek Aucoin enseignant aux jeunes, en juillet 2012, là où tout a commencé pour lui, au parc qui porte son nom, à Boisbriand.

Franchise, dévouement et gratitude. C’est ce que je retiendrai toujours de Derek Aucoin.


Lecture de vacances

Ce n’est pas un livre que je suggère, cette semaine, mais une entrevue réalisée avec l’anthropologue Serge Bouchard, diffusée sur radio-canada.ca. Monsieur Bouchard apporte un éclairage nouveau ou une prise de vue sous un autre angle à plusieurs dossiers d’actualité. Pour lui, la pandémie actuelle est une façon pour la nature de reprendre ses droits. Sans la nommer, il en fait une analogie avec la théorie de la sélection naturelle, de Darwin. Il nage aussi à contre-courant en affirmant qu’on vit du racisme au Québec, mais aucun racisme systémique.

Qu’on soit d’accord ou non, ses arguments portent à réflexion. Personnellement, ce texte m’est demeuré en tête durant de longues heures, après sa lecture. Il s’intitule La pandémie, une remarquable leçon d’humilité, il est rendu par Danielle Beaudoin, et il peut être consulté en suivant ce lien.


Dans mes écouteurs

En ce jour du Premier de l’an 2020, je vous propose la pièce Entrez dans la danse, de Raffy.

Raffy est à la fois le nom du groupe qui nous a donné cette pièce et le pseudonyme de sa leader, Carolyne Leblanc. Le groupe a animé nombre de belles soirées au 2 Pierrots du Vieux-Montréal, au cours des dernières années. La chanson se trouve sur l’album Joyeux Noël et Bonne Année, qui regroupe des reprises et des compositions originales de Raffy, mais aussi des prestations de Sébastien Gravel et de Denis Miron, deux complices du groupe.

Entrez dans la danse est une chanson sortie il y a un an, qui mélange à la fois le rock et le bon vieux set carré des veillées du jour de l’An.

#musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Comme j’expliquais plus haut, la pandémie nous a offert de belles opportunités. Un article publié dimanche dernier dans le quotidien La Presse nous en relatait une très intéressante. Un biologiste de l’Estrie, qui étudie la truffe depuis de nombreuses années, s’est lancé dans sa culture. Quatre truffières ont vu le jour au Québec, en 2020, et au moins cinq autres arriveront en 2021. Trois variétés ont jusqu’à maintenant été plantées.

Le but est de permettre au terroir québécois de produire ses propres champignons pour la cuisine et d’en diminuer l’importation. La passion de Jérôme Quirion, 36 ans, n’a d’égale que sa détermination. Il a de plus choisi un excellent moment pour saisir l’occasion, les changements climatiques causant une diminution des conditions favorables à la culture de la truffe, en Europe, alors que le Québec possède une terre et un climat qui y sont très propices.


À vous qui chaque semaine ou occasionnellement lisez mes billets, je souhaite une excellente année 2021.

Soyons toujours reconnaissants…

Reconnaissants pour ce que nous possédons. Il s’agit de précieux cadeaux de la vie.

Reconnaissants aussi pour ce que nous devons laisser aller et pour tout ce temps où nous en avons bénéficié.

Reconnaissants, j’insiste là-dessus, pour toutes les épreuves que nous devons surmonter. Elles nous apportent force, sagesse et expérience.

Finalement, je nous souhaite, à vous, à moi, à celles et ceux qui nous entourent, la santé physique et mentale qui nous permettra de traverser la nouvelle année ensemble et de toujours bien exprimer cette reconnaissance.

MERCI ! SANTÉ !


Image en titre du billet : Shutterstock


Billet du 6 novembre 2020 : Amère America

Au moment où j’écris ces lignes, la course à la présidence des États-Unis demeure ouverte, même si plusieurs choses se précisent. Mais les paroles de Luc De Larochellière prennent une toute autre importance, 30 ans plus tard. L’Amérique est amère.


Dans le cours d’univers social

Le cours d’univers social regroupe trois matières scolaires : la géographie, l’histoire et l’éducation à la citoyenneté. C’est sous ces trois angles que j’aborderai ici l’élection à la présidence américaine.

Dans le cours de géographie

Qui a dit, suite aux dernières élections québécoises, que Montréal était isolé du reste de la province ? Et c’est vrai, Montréal est rouge, alors que l’ailleurs québécois est couvert d’une nappe bleu pâle, tachetée de quelques marques bleu foncé ou orangées.

La carte américaine établit clairement une lutte de classes sociales. Presque toutes les grandes villes, notamment les villes universitaires, ont voté pour Joe Biden, alors que les municipalités rurales et les banlieues plus éloignées ont majoritairement opté pour Donald Trump.

Dans le cours d’histoire

J’enseigne en 6e année du primaire. Mardi matin, j’ai mentionné à mes élèves que peu importe le résultat de l’élection, nous étions en train de vivre un moment historique. Je maintiens cette affirmation.

Quelques heures plus tard, Trump exigeait l’arrêt du dépouillement des votes, tout en incitant ses partisans à le manifester. Il mandatait ses avocats pour intenter des procédures judiciaires dans au moins quatre états, avançant sa théorie des votes illégaux et des votes légaux. Perturber un processus démocratique de cette façon est digne des grands dictateurs.

Hier soir, il en a ajouté une couche en point de presse. Après une journée où Twitter a brouillé une grande partie de ses publications en les qualifiant de fausses, ce sont les réseaux NBC, CBS, ABC et MSNBC qui ont arrêté la diffusion du point de presse avant la fin, pour les mêmes raisons. Quelques heures auparavant, son fils Donald Jr y allait d’une sortie en règle sur Twitter, accusant tous les Républicains, sauf deux qu’il a nommés dans des messages subséquents, de laisser tomber son père.

Depuis hier, Trump est officiellement censuré par les médias et semble isolé par son parti. Il ne faut toutefois pas négliger l’importante base militante dont il dispose et qui est sans doute prête à donner suite à ce qu’il commandera.

Dans le cours d’éducation à la citoyenneté

Plusieurs choses vécues cette semaine me laissent perplexe. Joe Biden est un Démocrate plutôt à droite. S’il était un homme politique canadien, il serait un Conservateur et pas nécessairement le plus modéré. Il est aux Démocrates ce que Mitt Romney est aux Républicains : les deux ont de bons amis dans l’autre clan. Le pari des Démocrates d’y aller avec lui comme candidat à la présidence s’est avéré payant, nombre de Républicains, dont Romney, préférant voter pour l’adversaire plutôt que pour Trump. Malgré ses positions plus à droite, Biden a été qualifié de socialiste par Trump tout au long de la campagne.

Maintenant, en date d’hier soir, le sénat était divisé 48-48, alors que la Chambre des représentants, toujours à majorité démocrate, a vu augmenter son nombre de représentants républicains. Biden est en voie d’obtenir le pourcentage d’appuis que les sondages lui attribuaient, soit un peu plus de 50 %. Le hic, c’est que la performance de Trump se situe juste sous la barre des 50 %, autour de 48 %, ce qui donne à penser que tous les indécis se sont rangés de son côté.

Il est acquis que Donald Trump est un mythomane, menteur compulsif, dont les commentaires misogynes, racistes et méprisants étaient légion au cours des dernières années. Malgré cela, près d’un Américain sur deux a préféré l’appuyer plutôt que de se tourner vers un candidat qu’on a faussement dépeint comme un socialiste. C’est déjà inquiétant.

Si on ajoute l’appel à l’arrêt du décompte lancé par le président, ainsi que le discrédit qu’il a jeté jeudi soir sur le processus électoral, on a tout lieu de craindre qu’une réélection de Donald Trump pourrait mener à un climat tendu, dans un contexte où il en serait à un deuxième et dernier mandat, durant lequel il aurait les coudées franches n’ayant pas à se préoccuper de la campagne électorale suivante.


Et je cite :

« Les Blancs qui scandent «arrêtez de compter» profitent de leur privilège. Si les Noirs et les gens d’autres origines essayaient de renverser notre démocratie de la sorte, ils seraient qualifiés de terroristes et de hooligans. Le fait que les votes soient comptés n’est pas scandaleux, c’est un droit. »

Assal Rad, chercheure au Conseil national irano-américain, le 4 novembre 2020

Dans le cours d’univers social, deuxième période

L’avocat personnel de Trump, Rudolph Giuliani, dans sa sortie publique de mercredi, a accusé les Démocrates de malhonnêteté, mentionnant au passage qu’ils faisaient voter des morts. Je ne sais pas si les Démocrates font voter des morts, mais les Républicains en font élire.

David Andahl, candidat à la Chambre des représentants du Dakota du Nord, est décédé de la Covid-19 le 5 octobre dernier. Son nom est demeuré sur les bulletins de vote et il a été élu ! C’était la seconde fois en deux ans que cela se produisait chez les Républicains. Lors des élections de mi-mandat, en 2018, un certain Dennis Hof avait été élu à la Chambre des représentants du Nevada, même s’il avait rendu l’âme quelques semaines auparavant.


Dans le cours de français

Dans la course à savoir qui sera le premier à publier la nouvelle, les médias sont tellement pressés de publier qu’ils en oublient souvent la qualité de la langue.

LaPresse.ca, le 31 octobre 2020

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire « …le premier acteur à incarner James Bond… », et non « …le premier acteur a incarné James Bond… ».


Dans le cours d’éthique et culture religieuse

Une déclaration de Justin Trudeau a créé une polémique, cette semaine. Il a déclaré que « [la] liberté d’expression n'[était] pas sans limites ». À tort ou à raison, plusieurs lui ont ainsi reproché de laisser entendre que l’enseignant Samuel Paty n’aurait peut-être pas dû montrer des caricatures de Mahomet à ses élèves.

Sur le fond, quand on sort la phrase de son contexte, Trudeau a raison : la liberté d’expression n’est pas sans limites. Les propos diffamatoires ou ceux qui incitent à la haine n’ont pas leur place dans une société civilisée.

Maintenant, est-ce correct d’afficher ou de diffuser des caricatures de Mahomet ? Personnellement, je ne le ferais pas. Le fait de savoir que cela heurte certaines personnes est déjà un sérieux incitatif à m’abstenir. Expliquer, dans le cadre d’un cours, que ces caricatures ont déjà causé plusieurs conflits meurtriers est suffisant pour faire comprendre la situation, sans avoir besoin de montrer les dessins en appui.

Toutefois, si une collègue ou un collègue était d’un autre avis et choisissait de le faire, la pleine liberté devrait lui revenir. Nous vivons dans une société laïque et les Samuel Paty de ce monde n’ont pas à subir les conséquences d’un geste qui, jusqu’à preuve du contraire, respecte les normes sociales.


Jouons avec les mots

Le calembour de la semaine : « Les moulins, c’était mieux à vent ? »

La semaine dernière, je vous demandais quel était le mot le plus court contenant toutes les voyelles de la langue française, à l’exception du y. Ce mot est oiseau.


Dans le cours de musique

On interroge souvent les réseaux sociaux pour connaître l’avis des internautes à savoir quelle chanson québécoise serait la plus belle de tous les temps. À travers les Quand les hommes vivront d’amour et Ordinaire, mon choix personnel s’arrête sur Les étoiles filantes, des Cowboys Fringants. Les paroles, la mélodie, les orchestrations, je trouve que cette chanson frôle la perfection.

Moins entraînante mais plus engagée, leur chanson L’Amérique pleure, de leur dernier album intitulé Les Antipodes, est fondue dans le même moule. C’est elle qui a remporté le Félix de la chanson de l’année, dimanche dernier, au Gala de l’ADISQ. C’est aussi celle que je vous présente cette semaine, en #musiquebleue.


La bonne nouvelle de cette semaine

L’amateur de café que je suis a été heureux de lire cette semaine que la compagnie Nespresso poursuivait son chemin vers l’écoresponsabilité. Entreprise carboneutre depuis plus de trois ans, Nespresso prévoit planter des arbres autour de ses plantations de café, au Costa Rica et en Indonésie, étendant ainsi son modèle à l’ensemble de sa chaîne d’approvisionnement.

Rappelons que Nespresso a également innové en matière de récupération de capsules de café, en vertu d’ententes avec plusieurs municipalités et centres de tri. Elle fabrique et vend aussi des cafetières faites d’aluminium entièrement recyclé.


Billet du 16 octobre 2020

Dans le cours de mathématiques

J’ignore comment s’avérera la deuxième vague de Covid-19 comparativement à la première, mais le Québec demeure, et de loin, l’endroit le plus touché au Canada en termes de nouveaux cas quotidiens et de décès. En ce qui concerne le nombre de décès dus à la Covid par 100 000 habitants, les statistiques démontrent que nous avons dépassé les États-Unis et rejoint le Brésil.

Le quotidien Le Devoir y allait d’une autre statistique, hier, indiquant que plus de 17 000 travailleuses et travailleurs du domaine de la santé avaient contracté le coronavirus depuis le début de la pandémie. De ce nombre, 13 en sont décédés et plus de 400 ont dû être hospitalisés. Et une a reçu un deuxième diagnostic.

Si la lutte à la Covid constitue une guerre, ces gens représentent les soldats qui nous défendent. Leur incapacité, même temporaire, à le faire nous place dans une situation précaire. Je leur lève mon chapeau et leur présente mes plus profonds respects.


Et je cite :

« L’insistance délibérée de nombreux partisans du CH à signer Taylor Hall même si l’équipe n’a pas l’espace salarial nécessaire : un éclairage inédit sur l’endettement des ménages québécois. »

Simon-Olivier Lorange, journaliste à La Presse, le 11 octobre 2020

Dans le cours d’éducation physique

J’ai toujours aimé voir des élèves du primaire former les équipes pour un jeu sur la cour ou au gymnase. On a beau s’attendre à les voir choisir pour gagner, étant donné qu’ils se plaignent régulièrement du manque d’équilibre des équipes, ils en viennent toujours à se regrouper prioritairement entre amis.

J’aime de moins en moins la façon dont le Canadien de Montréal repêche ses joueurs. Comprenez bien, je salue les dernières acquisitions et renouvellements de Marc Bergevin. Le directeur général vient d’améliorer grandement son équipe. Mais lui et Trevor Timmins, son adjoint et directeur du recrutement, sont de nouveau passés à côté de très bons joueurs québécois lors du repêchage de la semaine dernière, n’en sélectionnant aucun. Et pour ajouter à la situation, ils ont échangé un de leurs choix aux Blackhawks de Chicago qui, eux, l’ont utilisé pour repêcher un défenseur des Saguenéens de Chicoutimi.

Stéphane Leroux, journaliste affecté depuis des lustres à la couverture de la LHJMQ, a publié un billet sur la situation. Ce billet rejoint précisément ma pensée. Il mentionne qu’au cours des sept derniers repêchages, le Canadien n’a choisi aucun joueur québécois lors des quatre premières rondes, soit en 29 sélections. Il a ainsi levé le nez sur quelques joueurs d’impact, dont Anthony Beauvillier. Pour avoir moi-même couvert les activités de l’Armada de Blainville-Boisbriand lors de ses six premières saisons dans la LHJMQ, et m’être régulièrement informé sur les recruteurs présents lors des matchs locaux, je confirme que plusieurs équipes de la LNH y ont envoyé des représentants beaucoup plus assidûment que le Canadien.

Comme Leroux, je suis d’avis que le Tricolore ne doit pas coûte que coûte repêcher des joueurs francophones au détriment du talent et des autres critères de qualité. Toutefois, la situation commence à devenir gênante quand on constate l’intérêt plus grand des autres formations pour nos joueurs de la LHJMQ. Seuls quatre anciens joueurs du circuit Courteau (Paul Byron, Phillip Danault, Jonathan Drouin et Jake Allen) s’alignent actuellement avec le Canadien, et ils ont tous été obtenus via le marché des transactions. Le rendement très mitigé de Trevor Timmins dans ses repêchages, tel que je le démontrais dans mon billet du 6 mars dernier, devrait selon moi inciter Bergevin à faire fi à l’occasion des recommandations de son recruteur en chef, et à tenter plus souvent sa chance avec des joueurs ayant poussé dans son jardin. Le bouquet ne pourrait que le faire mieux paraître.


Dans le cours d’univers social

Au cours de la dernière semaine, Paul St-Pierre-Plamondon est devenu le 10e chef de l’histoire du Parti québécois, le 9e successeur de René Lévesque. Beaucoup de travail attend celui qui est perçu comme un identitaire. Il récupère un parti qui forme la troisième opposition à l’Assemblée nationale, avec neuf députés, et devra diriger ses troupes vers un meilleur résultat d’ici deux ans. Il devra aussi composer avec le fait qu’historiquement, le PQ s’est montré plutôt impitoyable envers ses chefs, et que cette course à la chefferie n’a pas soulevé beaucoup d’intérêt dans la population.

Je me suis posé une question quand j’ai entendu que Monsieur St-Pierre-Plamondon devenait le 10e chef de l’histoire de cette formation. Combien de chefs, depuis le départ de René Lévesque, ont mené ce parti à une victoire lors d’une élection ? Si vous avez répondu trois, vous frappez dans le mille. Et encore, Jacques Parizeau demeure le seul à pouvoir revendiquer une victoire sans équivoque. Les troupes péquistes de Lucien Bouchard avaient fait élire le plus grand nombre de députés en 1998, mais avaient perdu le vote populaire, alors que celles de Pauline Marois, en 2012, ont formé un gouvernement minoritaire qui s’est effacé après seulement 18 mois au pouvoir.

Quant à Bernard Landry, il a occupé le poste de premier ministre désigné durant 25 mois, succédant à Lucien Bouchard. Sa seule campagne électorale à titre de chef du PQ s’est soldée par une défaite, en 2003.

En 1985, Pierre Marc Johnson a fait élire 23 députés, soit 57 de moins qu’à l’élection précédente. En 2007, André Boisclair en a fait élire 36, alors qu’en 2018, Jean-François Lisée a mené ses troupes à leur pire résultat en 45 ans, avec 10 députés. Reste Pierre Karl Péladeau qui, élu chef en 2015, quittera la fonction un an plus tard, évoquant des motifs familiaux. Jusqu’à la fin de semaine dernière, il demeurait le seul chef de la formation à ne pas l’avoir dirigée au cours d’une campagne électorale.

Paul St-Pierre-Plamondon hérite d’un parti qui fait actuellement 17% dans les sondages, à mi-chemin entre Québec Solidaire (12%) et le Parti libéral du Québec (22%), face à une Coalition Avenir Québec qui trône toujours à 48%. (Source) Par où commencera-t-il la reconstruction ? La réponse à cette question sera déterminante pour l’avenir de sa formation.


Jouons avec les mots

En réponse à la question de la semaine dernière, croyez-le ou non, le mot s’avère être le seul de la langue française à contenir un u accent grave. La plupart des claviers offrent-ils donc une touche ù pour un seul mot ? Pas si on considère que cette lettre trouve également son utilité dans des mots d’origines bretonne et italienne.

La question de cette semaine, maintenant : Pouvez-vous nommer une dizaine de mots de la langue française qui ne riment avec aucun autre ? Du moins, qui ne riment avec aucun nom commun. Un indice : deux sont des nombres consécutifs.

Réponse dans mon billet du 23 octobre.


Dans le cours de musique

Nominée deux fois au Prix de la chanson de la SOCAN, en 2016 et en 2017, l’auteure-compositrice-interprète granbyenne Rosie Valland donne dans la pop, avec un son qui rappelle les succès français des années 1990. Je l’ai personnellement remarquée avec sa reprise très bien rendue de Désenchantée, de Mylène Farmer.

En #musiquebleue, je vous présente cette semaine la pièce Chaos, tirée de l’album Blue, lancé cette année, cinq ans après la parution de son premier album. À noter que le mois prochain, l’artiste fera paraître un autre album, Bleu, qui reprendra à la voix et au piano six titres de l’album Blue.


La bonne nouvelle de cette semaine

Je l’ai souvent mentionné, je ressens toujours une fierté quand je constate que des gens d’ici s’illustrent à l’étranger. Que ce soit à travers une oeuvre, une entreprise, une prestation sportive ou artistique, le talent québécois reconnu internationalement mérite d’être souligné. C’est donc pour moi une excellente nouvelle d’apprendre que la série Claire et les vieux, du réalisateur Charles Grenier, a remporté le prix de la meilleure série courte lors de la troisième édition du festival CANNESERIES, tenu cette semaine à Cannes. Ce festival honore les séries du monde entier, un peu à la manière de son pendant cinématographique, tenu au même endroit.

Diffusée en six épisodes sur TV5 au cours de l’été, la série Claire et les vieux sera reprise par Tou.tv, cet hiver. Elle raconte l’histoire de Claire (Irlande Côté), une jeune fille de 9 ans qui se voit contrainte d’aller vivre chez sa grand-mère (Muriel Dutil) dans une résidence pour aînés.


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Billet du 10 juillet 2020 : Journal de vacances (2 de 8)

Devant mon écran

Un de mes plaisirs de vacances est d’écouter en rafale les épisodes d’une série télévisée. Cette semaine, j’ai savouré l’excellent C’est comme ça que je t’aime, de François Létourneau et Jean-François Rivard, sur ICI Tou.tv Extra. Cette série est en nomination pour 15 prix Gémeaux, en vue du gala du 20 septembre, et je suis loin d’en être étonné. C’est une des très bonnes séries produites au Québec.

L’histoire se déroule dans le Sainte-Foy du milieu des années 1970. Deux couples âgés fin trentaine, début quarantaine, repliés dans une routine banlieusarde, en viennent à créer en trois semaines la plus grande organisation criminelle de l’histoire de la région, suite à une cascade de quiproquos.

Parmi ses nominations aux Gémeaux, C’est comme ça que je t’aime est en lice pour la meilleure série dramatique. Les épisodes regorgent toutefois de plusieurs séquences donnant dans la comédie, où l’absurde est savamment dosé. Le tandem Létouneau-Rivard, à ce niveau, nous montre qu’il n’a rien perdu de sa touche depuis Série noire, sa tragi-comédie précédente.

Le jeu des actrices et des acteurs est impressionnant, notamment du côté des rôles féminins. Marilyn Castonguay, Sophie Desmarais et Karine Gonthier-Hyndman offrent d’excellentes performances. Notons également celle de René-Richard Cyr en chef criminel malhabile.

C’est comme ça que je t’aime
ICI Tou.tv Extra, 2020, série en 10 épisodes.


Déformation professionnelle

Après La Presse, la semaine dernière, c’était au tour de TVA Nouvelles de s’exprimer dans un mauvais français, puis de se corriger par la suite. Tout s’est passé dans le titre. Il a été revu et corrigé sur la page de la nouvelle, mais est demeuré tel quel sur Twitter.

Voici donc la première version :

Et la version modifiée :

Rien à ajouter !


Et je cite :

Je pense que le président Trump a mis le doigt sur quelque chose d’intéressant lorsqu’il a suggéré de limiter le nombre d’infections à la Covid en effectuant moins de tests de dépistage. Qui aurait pensé que le secret de la jeunesse éternelle était aussi simple que de ne pas célébrer son anniversaire ?

Dan Rather, journaliste et présentateur américain, le 5 juillet 2020

Fêtes estivales

La Montérégie et les Laurentides sont aux prises avec une recrudescence de cas de COVID-19, alors que les statistiques sont nettement à la baisse ailleurs au Québec et au Canada. Dans le premier cas, on parle de jeunes qui se sont promenés d’une fête à l’autre, après que le coronavirus se soit invité à la première. Des familles, des amis et des collègues ont ensuite été contaminés, des commerces ont dû fermer.

Après la publication de quelques articles sur le sujet dans différents médias, des commentaires émis sur les réseaux sociaux blâmaient sévèrement les parents des adolescentes et adolescents concernés. Celles et ceux qui en appelaient à l’autorité ferme étaient si nombreux qu’on peut supposer que plusieurs d’entre eux n’ont à ce jour pas été parents d’un adolescent.

Bien entendu, le parent a un rôle à jouer dans la situation actuelle. Dans certains cas, peut-être faut-il un poing sur la table, comme certains le réclament. Mais dans la plupart des cas, il faut surtout de la subtilité et de l’ouverture. Et malgré cela, c’est comme pour le couvre-visage : efficace lorsque bien porté, mais pas sûr à 100%. Les parents ne doivent pas être tenus pour principaux responsables de cette éclosion.


Mes sports d’été

Mercredi de cette semaine marquait le 67e anniversaire d’un record qui n’a jamais été égalé dans le baseball professionnel. Il s’agit du plus long coup de circuit jamais frappé lors d’un match. Ce qu’il y a de particulier avec ce record, c’est qu’il n’a même pas été établi dans le baseball majeur.

Neill Sheridan n’a joué que deux matchs dans les ligues majeures de baseball. C’était en 1948 avec les Red Sox de Boston. Il avait été utilisé comme coureur suppléant dans le premier, comme frappeur suppléant dans le second, dans ce qui fut sa seule apparition au bâton dans le baseball majeur. Il avait été retiré sur trois prises.

Mais le 8 juillet 1953, alors qu’il s’alignait avec le Solon de Sacramento dans les ligues mineures, Sheridan a propulsé la balle dans le stationnement du Edmonds Field, à plus de 620 pieds (189 mètres) du marbre. Il surpassait ainsi le circuit de 600 pieds frappé par Babe Ruth, en avril 1919, lors du camp d’entraînement de ces mêmes Red Sox.


Et je cite :

Porter des prothèses, c’est chaud, inconfortable et ça ne respire aucunement, je les porte pareil. Porter un masque, c’est chaud, inconfortable, mais ça respire amplement. Malgré tous les inconvénients, si tout le monde le porte en public, ça repoussera notre ennemi invisible.

Marie-Sol St-Onge, artiste peintre amputée des deux bras et des deux jambes, le 9 juillet 2020.

Cocktails d’été

Je me suis improvisé barman, vendredi dernier, alors que nous étions chez des amis. Nous étions trois couples, toujours sur la cour, toujours à au moins deux mètres de distance, à savourer une magnifique journée ensoleillée au bord de la piscine.

J’ai préparé deux cocktails à base d’Amermelade, un apéritif produit au Québec et vendu en SAQ.

Le premier, un spritz, était constitué de 30 ml d’Amermelade, 30 ml et club soda et 60 ml de vin mousseux, le tout frappé sur glace.

L’autre, plus simple, était fait de 45 ml d’Amermelade sur glace, allongée d’une pleine bouteille de bière blanche.

Le cocktail était des plus rafraîchissants. Et délicieux, surtout !


Dans mes écouteurs

En musique bleue cette semaine, une histoire un peu particulière. Vendredi dernier, l’humoriste Julien Corriveau lançait un album de musique instrumentale. L’écoute des premières notes m’a immédiatement transporté dans les westerns de Sergio Leone, où la trame musicale du grand Ennio Morricone occupait une place au moins aussi importante que celle des acteurs. Coïncidence, Ennio Morricone est décédé lundi à l’âge de 91 ans. L’album s’intitule The Final Score et sa première pièce a pour titre Nous partirons cette nuit. Je vous la propose.


La bonne nouvelle de cette semaine

Dorénavant, les parents légaux d’un enfant né ailleurs pourront lui transmettre automatiquement leur citoyenneté canadienne. Cette nouvelle mesure a été rendue publique jeudi. Jusqu’à présent, ce privilège n’était accordé que si l’enfant avait un lien biologique avec son parent canadien. En modifiant les définitions de père et de mère, le gouvernement du Canada simplifie la tâche de plusieurs parents qui n’auront plus maintenant à passer par le processus de demande de citoyenneté.

Billet du 3 juillet 2020 : Journal de vacances (1 de 8)

Pour les prochaines semaines, je vous offrirai une version allégée de mes billets hebdomadaires. Le pédagogue et le consultant étant officiellement en vacances, le rédacteur assurera la garde jusqu’à la rentrée scolaire. Les sujets se voudront plus légers, le traitement également. Ma profession me permet une longue pause estivale que j’utilise pour ralentir et me ressourcer, jamais pour m’arrêter. L’actualité, elle, roule constamment. C’est une vérité à plusieurs niveaux, notamment dans le monde de l’éducation, en ce temps de pandémie et de changements sociaux.


Déformation professionnelle

Je sursaute chaque fois qu’un média ou une personnalité publique diffuse une information contenant des fautes de français. Je comprends que l’orthographe et la grammaire puissent constituer une difficulté chez plusieurs. Je comprends aussi que cette difficulté ne doit empêcher personne de s’exprimer librement. Toutefois, quand la faute résulte d’une révision déficiente, de l’auteur ou d’une personne chargée de la correction, il s’agit pour moi d’une situation inacceptable.

Samedi dernier, sous la plume du journaliste Vincent Larouche, La Presse a publié un article contenant ce genre d’erreur, qui aurait dû être évitée. Je félicite néanmoins le média du boulevard Saint-Laurent d’avoir pris soin de corriger la faute, dans les heures ou les jours qui ont suivi sa diffusion.

Je vous propose un petit jeu d’été. J’affiche ci-dessous une capture d’écran du paragraphe contenant la faute de français et vous tentez de la trouver. À la fin du présent billet, vous aurez le même paragraphe, cette fois corrigé, avec l’explication grammaticale. On joue ? Alors voici :

Source : lapresse.ca

Devant mon écran

Mercredi soir, j’ai raté la majeure partie du spectacle de la Fête du Canada, mais j’ai pu voir les dernières 35 ou 40 minutes. De ce que j’ai pu constater, l’unifolié semblait aussi absent autour de la scène que le fleurdelisé ne l’était lors du spectacle de la Saint-Jean, une semaine plus tôt. L’absence de cette semaine s’est faite beaucoup plus discrète, sur les réseaux sociaux et dans les médias.

L’historien Jean-François Nadeau a cité le regretté Pierre Bourgault, il y a deux jours :

Je rêve que le Québec, libre enfin, devienne le premier pays du monde à n’avoir ni drapeau, ni hymne national. Je rêve de voir notre seule liberté nous servir d’étendard et notre seule fraternité nous servir d’identification pour le genre humain.

Pierre Bourgault

À travers la lecture de la seconde phrase de cette citation, je reconnais les propos d’une génération, celle des jeunes adultes, celle de mes enfants.


Devant mon écran (suite)

J’ai hésité avant de visionner la série Jeffrey Epstein : pouvoir, argent et perversion, sur Netflix. J’ai finalement choisi de le faire. Ce reportage en quatre épisodes tient lieu de procès pour celui qui a réussi à l’éviter en se donnant la mort dans sa cellule de prison. Epstein lui-même donne sa version des faits, ou plutôt évoque les 5e et 6e amendements pour ne pas avoir à le faire, à travers des extraits des différents interrogatoires auxquels il a dû se prêter.

Malgré les témoignages bouleversants des victimes et de quelques témoins, la série jette un éclairage sur une histoire de trafic humain gardée secrète durant plusieurs années. Selon ce qui y est dévoilé, des gens très puissants auraient été impliqués directement ou indirectement dans le stratagème.

Y aura-t-il une deuxième saison ? Avec l’arrestation de Ghislaine Maxwell, principale complice d’Epstein, hier matin, il y a tout lieu de penser que la chronique n’est pas épuisée et que beaucoup de choses restent à découvrir.

Jeffrey Epstein : pouvoir, argent et perversion
Netflix, 2020, série en quatre épisodes.


Mes lectures d’été

J’en ai entrepris une première, à la fin de la semaine dernière. Il s’agit du dernier roman de Dany Laferrière, L’exil vaut le voyage, apparu le 16 juin dernier sur les rayons des librairies québécoises. À travers cet ouvrage, Laferrière a réécrit de nombreuses notes prises au cours des années qui ont suivi son arrivée au Québec, en 1976. Lorsque je mentionne qu’il a réécrit, il a vraiment réécrit. À la main. Et dessiné ses propres illustrations.

Il faut d’abord s’habituer à la structure de la page. Une fois que c’est fait, la lecture peut suivre son cours et on reconnaît aisément le style de l’auteur. Mais une autre difficulté se présente, du moins, en ce qui me concerne. Depuis plus de dix ans, j’utilise une liseuse. Je peux ainsi acheter ou emprunter mes livres à distance, peu importe le moment, et traîner une bibliothèque complète avec moi. L’écriture manuscrite de ce livre n’est pas assimilée par ma vieille Sony Reader et les 400 pages du livre y apparaissent complètement vides. Pour en effectuer la lecture, je dois donc me rabattre sur ma tablette ou sur mon ordinateur, les deux avec rétroéclairage, ce qui a pour effet de fatiguer les yeux beaucoup plus vite.

Qu’à cela ne tienne, l’histoire, autobiographique, vaut la peine d’être lue. Ne serait-ce que pour connaître les dessous de son arrivée au Québec, sa vue caraibéenne de Montréal, la genèse de son entrée dans la vie littéraire.

L’exil vaut le voyage
Dany Laferrière, Boréal, Montréal, 2020, 410 pages


Mes sports d’été

Ceux qui me connaissent savent à quel point je suis un grand amateur de baseball. Chaque été, je me rends voir plusieurs matchs, tant du baseball professionnel que du baseball amateur, sans compter tout ce que je peux regarder à la télévision.

Les différentes ligues ayant suspendu leurs activités en raison de la Covid-19, je prends mon mal en patience en me tournant vers les nouvelles, les anecdotes ou les reprises. Parmi ce que j’ai vu passer cette semaine, il y avait cette publication des Blue Jays de Toronto pour souligner la Fête du Canada. On y voit et entend quelques joueurs peinant à prononcer quelques mots en français, pendant que le Montréalais d’origine Vladimir Guerrero Jr tente tant bien que mal d’en donner la signification.

Cette publication m’a beaucoup amusé. Je la partage ici :


Le monde change à la sortie de la pandémie. Après les manifestations anti-racistes monstres à travers le monde, voici la montée des Verts aux premières élections municipales françaises. L’égalité sociale et l’environnement sont deux enjeux amplifiés par l’activiste post-pandémie.

Jean-Marc Léger, sondeur, le 2 juillet 2020

Fêtes estivales

« Méchants partys », pourrais-je ajouter, après avoir pris connaissance de ce reportage sur le site de CNN. Des jeunes de l’état de l’Alabama, aux États-Unis, ont lancé une tendance qui, ma foi, peut s’apparenter au jeu de la roulette russe. On organise des fêtes ou des rassemblements, avec droits d’entrée, tout en invitant quelques personnes infectées par la Covid-19. Après l’événement, la première personne participante qui reçoit un diagnostic officiel de Covid-19 remporte les profits de la soirée.

Bien sûr, les risques de décès pour ces jeunes fêtards sont moindres qu’à la roulette russe. Mais en se basant sur les statistiques, les menaces de contracter le virus sont largement supérieures. Et de là, les probabilités d’infecter un membre plus vulnérable de l’entourage sont bien réelles.

Pourquoi ce défi ? Le mal est de toute évidence plus profond que la simple insouciance. Ce peuple souffre, les événements des derniers mois le démontrent clairement. Priver la population américaine de ses libertés, c’est la priver de l’air qu’elle respire. Et c’est ce que la pandémie mondiale est en train de faire. Avec 50 000 à 60 000 nouveaux cas et 600 à 700 nouveaux décès quotidiennement, la partie est loin d’être gagnée chez nos voisins du Sud.

Pour l’Alabama, voici les statistiques, en date du 2 juillet 2020 :

Source : Wikipédia

On y reviendra dans deux semaines. En souhaitant que ces rassemblements n’aient résulté en aucune conséquence fâcheuse.


Dans mes écouteurs

En #musiquebleue cette semaine, Fanny Bloom et son monoplage Cinéma.


La bonne nouvelle de cette semaine

C’est difficile de considérer une arrestation et une mise en accusation comme étant une bonne nouvelle. Mais pour les nombreuses victimes de Jeffrey Epstein, ainsi que pour celles et ceux qui réclament justice dans ce dossier, le fait que Ghislaine Maxwell se retrouve derrière les barreaux constitue certes une grande bouffée d’air frais.


Déformation professionnelle (suite)

Voici la solution :

Avez-vous trouvé ? En effet, le mot bail au pluriel s’écrit baux et non bails.

La plupart des noms se terminant par _ail forment leur pluriel en _ails. Par exemple, chandail fera chandails. Mais une dizaine de mots en _ail écriront plutôt leur pluriel avec _aux en terminaison, et bail est du nombre. Les autres sont corail, émail, fermail, gemmail, soupirail, travail, vantailventail et vitrail.