Billet du 8 janvier 2021 : Un départ sur les chapeaux de roues

L’année 2021 n’est vieille que d’une semaine que, déjà, elle nous étourdit. À la blague, Simon-Olivier Fecteau écrivait sur Twitter, mercredi, qu’après six jours en 2021, il disposait de suffisamment de matériel pour écrire le prochain Bye bye. À elle seule, cette journée de mercredi a marqué l’actualité pour longtemps. Le couvre-feu imposé par le gouvernement du Québec et l’invasion du Capitole à Washington ont monopolisé presque l’intégralité des bulletins de nouvelles et des fils d’information. Ceci est sans compter l’appel téléphonique particulier du président américain au secrétaire d’État de la Géorgie.

Que retiendrons-nous de tout cela l’an prochain, à pareille date ?


Dans le cours d’univers social

Pour la première fois de son histoire, le Québec se voit imposer un couvre-feu. Ainsi, dès demain, et au moins jusqu’au 9 février, toute personne trouvée hors de chez elle entre 20:00 et 5:00 le lendemain devra se justifier et risquera une amende variant entre 1 000 $ et 6 000 $ en cas de justification insuffisante. Si cette mesure soulève des interrogations chez plusieurs, j’admets n’être aucunement étonné. Selon un sondage Léger, près d’un Canadien sur deux (48%) a rendu visite à des membres de sa famille vivant dans une autre bulle, durant le dernier temps des Fêtes.

L’étude ne mentionne pas les chiffres pour le Québec uniquement, mais on peut supposer, à la lumière des statistiques canadiennes, que les règles y ont également été transgressées au-delà du raisonnable. À partir de là, il devenait plus facile de les faire appliquer avec une mesure comme un couvre-feu qu’en demandant aux forces de l’ordre de frapper aux portes pour trouver les rassemblements illégaux. Ainsi, une personne devra se justifier non pas si elle se trouve ailleurs, mais dès qu’elle n’est pas chez elle, même sur la voie publique. Et les dernières statistiques québécoises montrent que si les aînés sont encore les plus durement touchés par le virus, celui-ci atteint les plus jeunes dans une beaucoup plus grande proportion qu’il ne le faisait lors de la première vague.

Ces plus jeunes sont possiblement plus enclins à se trouver à l’extérieur en soirée et ainsi hausser les risques de propagation.

Maintenant, il s’agit là d’une interprétation de ma part. Comme l’a mentionné le Docteur Arruda, aucune donnée scientifique ne vient pour le moment confirmer l’efficacité d’un couvre-feu. Je suis toutefois porté à faire confiance aux gens qui ont avancé cette solution. En autant qu’ils sachent reculer advenant l’absence de résultats tangibles.


Dans le cours d’univers social, deuxième période

L’autre nouvelle me laisse sans mots. Presque tout a été dit sur l’insurrection de mercredi, à Washington.

Où se situent les États-Unis dans la liste des plus grandes puissances économiques, militaires et nucléaires au monde ? En tête ou tout près. Cette grande puissance a maintenant acquis le statut de risée mondiale. Après avoir incité ses ouailles à commettre ce saccage et cet affront à la démocratie, par pur narcissisme, Donald Trump a maintenant officiellement du sang sur les mains. Au moment où j’écris ces lignes, cinq personnes ont trouvé la mort dans ce soulèvement.

Au-delà des tractations pour le destituer et le priver de ses derniers jours de mandat présidentiel, une question se pose : qu’allons-nous retenir de ces événements ? Le despotisme du 45e président ou la date du 6 janvier 2021 ? Le fait de tout lier à l’individu fermera le chapitre dès qu’il aura quitté ses fonctions. Par contre, si ses disciples poursuivent la « mission », le 6 janvier 2021 risque de passer à l’histoire comme d’autres dates célèbres qui ont secoué le monde.

Sur la photo de gauche, des manifestants pro-Trump qui ont facilement pu pénétrer dans l’enceinte du Capitole, mercredi. Sur la photo de droite, l’escalier à l’extérieur de ce même Capitole, en juin dernier, lors de la manifestation Black Lives Matter. Le traitement est nettement différent, selon les groupes impliqués, la garde nationale ayant été appelée d’avance en juin et beaucoup trop tard cette semaine.


Et je cite :

« C’est lui qui a causé la double défaite républicaine en Georgie, mais il se fout de la Georgie, il se fout du pays, il s’occupe de Donald J. Trump. »

Michael Ian Krauss, professeur de droit à l’Université George Mason, à propos de Donald Trump, le 6 janvier 2021

Dans le cours de français

Je l’ai mentionné plusieurs fois et je le répète, la plupart des fautes d’orthographe ou de grammaire que je dénonce et que je corrige dans les pages de mon blogue sont dues à un laxisme dans la révision de la publication. Quand il s’agit d’un grand média, c’est d’autant plus déplorable. Vendredi dernier, j’ai lu cet article sur lapresse.ca. Le dernier paragraphe en contient une belle, qui n’est toujours pas corrigée, une semaine plus tard.

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire «…les tribunaux ont systématiquement rejeté les recours…», et non «…les tribunaux ont systématiquement rejetés les recours…». Le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir s’accorde avec le complément direct seulement si celui-ci est placé avant le verbe. Dans ce cas-ci, le complément direct (les recours du président) est placé après le verbe. Le participe passé rejeté demeure donc invariable.

En voulez-vous une autre ? Celle-ci vient du compte Twitter du sondeur Jean-Marc Léger.

#LeProfCorrige, encore

Ici, les verbes infecter et tuer n’ont aucune raison d’être conjugués au pluriel. Ils s’accordent avec pandémie, qui est au singulier. On aurait donc dû lire « Pendant que la pandémie infecte plus de 200 000 personnes par jour et en tue 3 000, …», sans les virgules dans les nombres. Les virgules dans les nombres entiers, c’est la façon anglaise de les écrire.


Dans le cours de musique

Un peu de musique baroque pour commencer l’année ? Le trio montréalais Les Barocudas a lancé en octobre l’album La Peste, regroupant neuf extraits d’oeuvres de compositeurs moins connus que les Bach, Vivaldi ou Albinoni. L’album est disponible sur toutes les plateformes, ainsi que chez les disquaires, mais on peut l’écouter en entier sur la chaîne YouTube de la violoniste du groupe.

Avec Marie Nadeau-Tremblay au violon, Nathan Mondry au clavecin et Ryan Gallagher à la viole de gambe, voici en #musiquebleue Sonatae unarum fidium seu (Excerpts) : No. 3, du compositeur autrichien Johann Heinrich Schmelzer.


La bonne nouvelle de cette semaine

On reste dans la musique classique. La nouvelle est tombée hier, Rafael Payare, 40 ans, succédera à Kent Nagano à titre de directeur musical de l’Orchestre symphonique de Montréal. Depuis l’annonce du départ du maestro Nagano, je souhaitais l’arrivée d’un successeur qui poursuivrait son travail de démocratisation de l’OSM. Son style un peu excentrique n’est pas sans rappeler celui de Yannick Nézet-Séguin à ses débuts avec l’Orchestre métropolitain.

Rafael Payare a déjà dirigé l’OSM à quelques reprises, à titre de chef invité. Il le fera une fois de plus dimanche après-midi, lors d’un concert gratuit sur Facebook Live, alors qu’il dirigera la 1re Symphonie de Brahms.


Billet du 1er janvier 2021 : Journal de vacances des Fêtes (2 de 2)

Au revoir 2020. Très sincèrement, je te remercie pour ce que tu as su nous apporter. Malgré tout ce que l’on dit sur toi, nous nous souviendrons toujours de toi. Comme on se souvient de 1929, de 1945, de 1968, de 1970 ou de 2001. Des années marquantes, où tout le monde a dû sortir de sa zone de confort, mais où tout le monde a appris à se serrer les coudes, voire à s’entraider. Même si tu entends qu’on voudrait t’oublier, rassure-toi : dans 20 ans, dans 50 ans, dans 100 ans, les cours d’histoire transmettront toujours les leçons que tu nous as inculquées.

Ma gratitude serait peut-être différente si je n’avais pas retenu la morale de cette magnifique histoire, lue il y a 25 ans, celle de L’Alchimiste, écrite par Paulo Coelho. La quête de la beauté et du bonheur peut nous mener loin et remplir notre bagage d’une multitude de richesses quelconques, mais qui n’ont rien à voir avec l’objet de notre quête. Ce qui fait qu’on en revient souvent bredouille. Pourtant, la beauté et le bonheur se trouvent souvent enfouis quelque part autour de nous, sous notre nez. C’est cette recherche à proximité que tu nous as donné l’occasion de faire, 2020. Et dans mon cas, plusieurs belles découvertes liées à ma quête sont venues avec.

Tu as aussi rétabli un certain équilibre entre les classes sociales. Quand on est confiné chez soi, certains bien nantis deviennent démunis, et vice-versa. Tu t’es amusée avec la puissance, la faisant changer de voie et la faisant changer de voix. Aurais-je pu penser, il y a un an à peine, qu’on aurait porté aux nues les préposés aux bénéficiaires et les infirmières encore plus que les médecins ? Au point où ces derniers se feraient carrément demander par les autorités gouvernementales de faire le travail des deux autres ? Que des policiers se retrouveraient en prison pour des gestes graves à connotation raciste ? Qu’un élu serait exclu du caucus de son parti pour avoir pris un verre avec des amis ? Qu’un tribunal populaire puisse te faire perdre ta liberté même si un tribunal judiciaire t’a épargné la prison ? Que des personnalités politiques devraient s’excuser, ou à tout le moins se justifier, d’avoir voyagé vers le Sud ?

Bien sûr, tu nous as physiquement isolés. Mais le grand Yvon Deschamps n’a-t-il pas déjà démontré que C’est tout seul qu’on est l’plus nombreux ? Jamais si peu de gens n’ont franchi la porte de ma demeure que durant ton règne, 2020. Mais grâce à Zoom, Teams et Google Meet, jamais autant de monde n’y est également entré. En 25 ans dans l’enseignement, jamais un de mes élèves n’avait vu les murs de ma maison. Cette année, tous mes élèves les ont vus. À distance, j’ai pu voir, parler et trinquer avec des amis et des collègues. J’ai même assisté à un mariage et à la noce qui s’en est suivi, à partir de ma salle à manger. Sans compter que mes enfants, qui se confinaient eux-mêmes depuis des lustres, ont voulu cesser de le faire à partir du moment où ils y ont été contraints. À défaut de pouvoir sortir dans les lieux publics, ils ont redécouvert les pièces communes de la maison, au plus grand bonheur de leur mère et du mien.

Je n’ai jamais été heureux ou triste de voir partir une année. Tu ne fais pas exception, chère 2020. Ton mandat de 366 jours s’est terminé il y a quelques heures, je te salue et j’accueille avec joie ta successeure, comme je t’avais accueillie il y a un an, comme je l’avais fait aussi pour toutes tes prédécesseures. Comme certains entraîneurs sportifs, tu as souvent été dure, mais tu as su faire ressortir le meilleur de tes joueurs. Encore une fois, au revoir et merci.


La bonne orthographe

Doit-on écrire jour de l’an avec des majuscules ? Si oui, où doit-on les mettre ? À jour ? À an ? Aux deux ?

D’abord, la règle générale précise qu’on doit mettre une lettre majuscule au début du nom spécifique. Jour et an sont tous les deux des noms. Lequel est plus spécifique que l’autre ? Il faut y aller avec an, qui précise ce qu’on célèbre. On devrait donc écrire jour de l’An, et c’est l’orthographe que j’emploie personnellement.

Toutefois, la langue française accepte également les combinaisons Jour de l’an, Jour de l’An et même jour de l’an, avec des minuscules partout.

Qu’en est-il alors de NOUVEL AN et de PREMIER DE L’AN ? Dans le premier cas, il faut écrire Nouvel An, avec des majuscules aux deux mots, car an est le nom spécifique et nouvel est un adjectif qui le précède. On écrit donc le Nouvel An, mais on écrirait l’An nouveau. Quant au second cas, il faut écrire Premier de l’an, étant donné que premier est le nom spécifique et que de l’an lui sert de complément.

Compliquée, cette règle ? Un peu, mais on finit par bien la retenir !


Droit dans les yeux

Le décès de Derek Aucoin, annoncé dimanche dernier, m’a beaucoup attristé. Il a été pour moi ce genre de personne que la vie met sur notre chemin à différentes époques. Il est entré à l’âge de 12 ans au Collège Saint-Sacrement, où j’étudiais depuis quelques années. Le Collège offrait un camp d’automne, qu’on appelait les classes rouges, à ses élèves de première et de cinquième secondaires. J’ai fait partie de l’équipe de moniteurs qui animaient les classes rouges de la cohorte de Derek, à son entrée en secondaire 1.

Deux choses m’avaient frappé chez lui. D’abord, son extrême gentillesse. En deux cohortes d’animation, il est le seul élève à être venu me remercier à la fin du camp. C’est là un trait de caractère qu’il a conservé tout au long de sa vie. On n’a d’ailleurs pas manqué de souligner cette gratitude qui le caractérisait, au cours des dernières années. Ensuite, il se distinguait déjà physiquement des autres par sa grande taille. À 12 ans, il faisait 1,78 m, ce qui m’a permis de garder la tête bien droite pour le regarder dans les yeux lorsqu’il est venu me serrer la main.

Impliqué également dans le baseball, comme joueur et comme officiel, je l’ai revu sur un terrain quelques années plus tard. Il était le lanceur partant de l’équipe midget de Boisbriand, lors d’un match durant lequel j’officiais derrière le marbre. Il m’a fallu des années avant de revoir une balle rapide avec autant de vélocité dans le baseball amateur.

Je fais partie des chanceux qui ont pu le voir dans l’uniforme des Expos, en mai 1996, lors d’un match contre les Dodgers de Los Angeles, au Stade Olympique de Montréal. Son séjour dans le baseball majeur a duré moins d’une semaine. Je l’ai finalement croisé à plusieurs occasions au cours des 15 dernières années, comme journaliste et comme père d’un jeune joueur de baseball, alors qu’il redonnait aux plus jeunes ce que la vie lui avait donné.

Il a d’ailleurs su marquer mon fils qui, à l’âge de 9 ans, avait participé à son camp de baseball. Le géant de plus de 2 m lui avait tendu la main et mon fils, plutôt intimidé, avait présenté la sienne d’une manière assez fuyante. Derek avait insisté pour une reprise en lui disant : « Tu dois donner une poignée de main franche, en serrant juste assez et en me regardant dans les yeux ». Paroles qu’il lui avait rappelées à la fin du camp, en l’appelant par son prénom.

Derek Aucoin enseignant aux jeunes, en juillet 2012, là où tout a commencé pour lui, au parc qui porte son nom, à Boisbriand.

Franchise, dévouement et gratitude. C’est ce que je retiendrai toujours de Derek Aucoin.


Lecture de vacances

Ce n’est pas un livre que je suggère, cette semaine, mais une entrevue réalisée avec l’anthropologue Serge Bouchard, diffusée sur radio-canada.ca. Monsieur Bouchard apporte un éclairage nouveau ou une prise de vue sous un autre angle à plusieurs dossiers d’actualité. Pour lui, la pandémie actuelle est une façon pour la nature de reprendre ses droits. Sans la nommer, il en fait une analogie avec la théorie de la sélection naturelle, de Darwin. Il nage aussi à contre-courant en affirmant qu’on vit du racisme au Québec, mais aucun racisme systémique.

Qu’on soit d’accord ou non, ses arguments portent à réflexion. Personnellement, ce texte m’est demeuré en tête durant de longues heures, après sa lecture. Il s’intitule La pandémie, une remarquable leçon d’humilité, il est rendu par Danielle Beaudoin, et il peut être consulté en suivant ce lien.


Dans mes écouteurs

En ce jour du Premier de l’an 2020, je vous propose la pièce Entrez dans la danse, de Raffy.

Raffy est à la fois le nom du groupe qui nous a donné cette pièce et le pseudonyme de sa leader, Carolyne Leblanc. Le groupe a animé nombre de belles soirées au 2 Pierrots du Vieux-Montréal, au cours des dernières années. La chanson se trouve sur l’album Joyeux Noël et Bonne Année, qui regroupe des reprises et des compositions originales de Raffy, mais aussi des prestations de Sébastien Gravel et de Denis Miron, deux complices du groupe.

Entrez dans la danse est une chanson sortie il y a un an, qui mélange à la fois le rock et le bon vieux set carré des veillées du jour de l’An.

#musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Comme j’expliquais plus haut, la pandémie nous a offert de belles opportunités. Un article publié dimanche dernier dans le quotidien La Presse nous en relatait une très intéressante. Un biologiste de l’Estrie, qui étudie la truffe depuis de nombreuses années, s’est lancé dans sa culture. Quatre truffières ont vu le jour au Québec, en 2020, et au moins cinq autres arriveront en 2021. Trois variétés ont jusqu’à maintenant été plantées.

Le but est de permettre au terroir québécois de produire ses propres champignons pour la cuisine et d’en diminuer l’importation. La passion de Jérôme Quirion, 36 ans, n’a d’égale que sa détermination. Il a de plus choisi un excellent moment pour saisir l’occasion, les changements climatiques causant une diminution des conditions favorables à la culture de la truffe, en Europe, alors que le Québec possède une terre et un climat qui y sont très propices.


À vous qui chaque semaine ou occasionnellement lisez mes billets, je souhaite une excellente année 2021.

Soyons toujours reconnaissants…

Reconnaissants pour ce que nous possédons. Il s’agit de précieux cadeaux de la vie.

Reconnaissants aussi pour ce que nous devons laisser aller et pour tout ce temps où nous en avons bénéficié.

Reconnaissants, j’insiste là-dessus, pour toutes les épreuves que nous devons surmonter. Elles nous apportent force, sagesse et expérience.

Finalement, je nous souhaite, à vous, à moi, à celles et ceux qui nous entourent, la santé physique et mentale qui nous permettra de traverser la nouvelle année ensemble et de toujours bien exprimer cette reconnaissance.

MERCI ! SANTÉ !


Image en titre du billet : Shutterstock


Billet du 6 novembre 2020 : Amère America

Au moment où j’écris ces lignes, la course à la présidence des États-Unis demeure ouverte, même si plusieurs choses se précisent. Mais les paroles de Luc De Larochellière prennent une toute autre importance, 30 ans plus tard. L’Amérique est amère.


Dans le cours d’univers social

Le cours d’univers social regroupe trois matières scolaires : la géographie, l’histoire et l’éducation à la citoyenneté. C’est sous ces trois angles que j’aborderai ici l’élection à la présidence américaine.

Dans le cours de géographie

Qui a dit, suite aux dernières élections québécoises, que Montréal était isolé du reste de la province ? Et c’est vrai, Montréal est rouge, alors que l’ailleurs québécois est couvert d’une nappe bleu pâle, tachetée de quelques marques bleu foncé ou orangées.

La carte américaine établit clairement une lutte de classes sociales. Presque toutes les grandes villes, notamment les villes universitaires, ont voté pour Joe Biden, alors que les municipalités rurales et les banlieues plus éloignées ont majoritairement opté pour Donald Trump.

Dans le cours d’histoire

J’enseigne en 6e année du primaire. Mardi matin, j’ai mentionné à mes élèves que peu importe le résultat de l’élection, nous étions en train de vivre un moment historique. Je maintiens cette affirmation.

Quelques heures plus tard, Trump exigeait l’arrêt du dépouillement des votes, tout en incitant ses partisans à le manifester. Il mandatait ses avocats pour intenter des procédures judiciaires dans au moins quatre états, avançant sa théorie des votes illégaux et des votes légaux. Perturber un processus démocratique de cette façon est digne des grands dictateurs.

Hier soir, il en a ajouté une couche en point de presse. Après une journée où Twitter a brouillé une grande partie de ses publications en les qualifiant de fausses, ce sont les réseaux NBC, CBS, ABC et MSNBC qui ont arrêté la diffusion du point de presse avant la fin, pour les mêmes raisons. Quelques heures auparavant, son fils Donald Jr y allait d’une sortie en règle sur Twitter, accusant tous les Républicains, sauf deux qu’il a nommés dans des messages subséquents, de laisser tomber son père.

Depuis hier, Trump est officiellement censuré par les médias et semble isolé par son parti. Il ne faut toutefois pas négliger l’importante base militante dont il dispose et qui est sans doute prête à donner suite à ce qu’il commandera.

Dans le cours d’éducation à la citoyenneté

Plusieurs choses vécues cette semaine me laissent perplexe. Joe Biden est un Démocrate plutôt à droite. S’il était un homme politique canadien, il serait un Conservateur et pas nécessairement le plus modéré. Il est aux Démocrates ce que Mitt Romney est aux Républicains : les deux ont de bons amis dans l’autre clan. Le pari des Démocrates d’y aller avec lui comme candidat à la présidence s’est avéré payant, nombre de Républicains, dont Romney, préférant voter pour l’adversaire plutôt que pour Trump. Malgré ses positions plus à droite, Biden a été qualifié de socialiste par Trump tout au long de la campagne.

Maintenant, en date d’hier soir, le sénat était divisé 48-48, alors que la Chambre des représentants, toujours à majorité démocrate, a vu augmenter son nombre de représentants républicains. Biden est en voie d’obtenir le pourcentage d’appuis que les sondages lui attribuaient, soit un peu plus de 50 %. Le hic, c’est que la performance de Trump se situe juste sous la barre des 50 %, autour de 48 %, ce qui donne à penser que tous les indécis se sont rangés de son côté.

Il est acquis que Donald Trump est un mythomane, menteur compulsif, dont les commentaires misogynes, racistes et méprisants étaient légion au cours des dernières années. Malgré cela, près d’un Américain sur deux a préféré l’appuyer plutôt que de se tourner vers un candidat qu’on a faussement dépeint comme un socialiste. C’est déjà inquiétant.

Si on ajoute l’appel à l’arrêt du décompte lancé par le président, ainsi que le discrédit qu’il a jeté jeudi soir sur le processus électoral, on a tout lieu de craindre qu’une réélection de Donald Trump pourrait mener à un climat tendu, dans un contexte où il en serait à un deuxième et dernier mandat, durant lequel il aurait les coudées franches n’ayant pas à se préoccuper de la campagne électorale suivante.


Et je cite :

« Les Blancs qui scandent «arrêtez de compter» profitent de leur privilège. Si les Noirs et les gens d’autres origines essayaient de renverser notre démocratie de la sorte, ils seraient qualifiés de terroristes et de hooligans. Le fait que les votes soient comptés n’est pas scandaleux, c’est un droit. »

Assal Rad, chercheure au Conseil national irano-américain, le 4 novembre 2020

Dans le cours d’univers social, deuxième période

L’avocat personnel de Trump, Rudolph Giuliani, dans sa sortie publique de mercredi, a accusé les Démocrates de malhonnêteté, mentionnant au passage qu’ils faisaient voter des morts. Je ne sais pas si les Démocrates font voter des morts, mais les Républicains en font élire.

David Andahl, candidat à la Chambre des représentants du Dakota du Nord, est décédé de la Covid-19 le 5 octobre dernier. Son nom est demeuré sur les bulletins de vote et il a été élu ! C’était la seconde fois en deux ans que cela se produisait chez les Républicains. Lors des élections de mi-mandat, en 2018, un certain Dennis Hof avait été élu à la Chambre des représentants du Nevada, même s’il avait rendu l’âme quelques semaines auparavant.


Dans le cours de français

Dans la course à savoir qui sera le premier à publier la nouvelle, les médias sont tellement pressés de publier qu’ils en oublient souvent la qualité de la langue.

LaPresse.ca, le 31 octobre 2020

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire « …le premier acteur à incarner James Bond… », et non « …le premier acteur a incarné James Bond… ».


Dans le cours d’éthique et culture religieuse

Une déclaration de Justin Trudeau a créé une polémique, cette semaine. Il a déclaré que « [la] liberté d’expression n'[était] pas sans limites ». À tort ou à raison, plusieurs lui ont ainsi reproché de laisser entendre que l’enseignant Samuel Paty n’aurait peut-être pas dû montrer des caricatures de Mahomet à ses élèves.

Sur le fond, quand on sort la phrase de son contexte, Trudeau a raison : la liberté d’expression n’est pas sans limites. Les propos diffamatoires ou ceux qui incitent à la haine n’ont pas leur place dans une société civilisée.

Maintenant, est-ce correct d’afficher ou de diffuser des caricatures de Mahomet ? Personnellement, je ne le ferais pas. Le fait de savoir que cela heurte certaines personnes est déjà un sérieux incitatif à m’abstenir. Expliquer, dans le cadre d’un cours, que ces caricatures ont déjà causé plusieurs conflits meurtriers est suffisant pour faire comprendre la situation, sans avoir besoin de montrer les dessins en appui.

Toutefois, si une collègue ou un collègue était d’un autre avis et choisissait de le faire, la pleine liberté devrait lui revenir. Nous vivons dans une société laïque et les Samuel Paty de ce monde n’ont pas à subir les conséquences d’un geste qui, jusqu’à preuve du contraire, respecte les normes sociales.


Jouons avec les mots

Le calembour de la semaine : « Les moulins, c’était mieux à vent ? »

La semaine dernière, je vous demandais quel était le mot le plus court contenant toutes les voyelles de la langue française, à l’exception du y. Ce mot est oiseau.


Dans le cours de musique

On interroge souvent les réseaux sociaux pour connaître l’avis des internautes à savoir quelle chanson québécoise serait la plus belle de tous les temps. À travers les Quand les hommes vivront d’amour et Ordinaire, mon choix personnel s’arrête sur Les étoiles filantes, des Cowboys Fringants. Les paroles, la mélodie, les orchestrations, je trouve que cette chanson frôle la perfection.

Moins entraînante mais plus engagée, leur chanson L’Amérique pleure, de leur dernier album intitulé Les Antipodes, est fondue dans le même moule. C’est elle qui a remporté le Félix de la chanson de l’année, dimanche dernier, au Gala de l’ADISQ. C’est aussi celle que je vous présente cette semaine, en #musiquebleue.


La bonne nouvelle de cette semaine

L’amateur de café que je suis a été heureux de lire cette semaine que la compagnie Nespresso poursuivait son chemin vers l’écoresponsabilité. Entreprise carboneutre depuis plus de trois ans, Nespresso prévoit planter des arbres autour de ses plantations de café, au Costa Rica et en Indonésie, étendant ainsi son modèle à l’ensemble de sa chaîne d’approvisionnement.

Rappelons que Nespresso a également innové en matière de récupération de capsules de café, en vertu d’ententes avec plusieurs municipalités et centres de tri. Elle fabrique et vend aussi des cafetières faites d’aluminium entièrement recyclé.


Billet du 16 octobre 2020

Dans le cours de mathématiques

J’ignore comment s’avérera la deuxième vague de Covid-19 comparativement à la première, mais le Québec demeure, et de loin, l’endroit le plus touché au Canada en termes de nouveaux cas quotidiens et de décès. En ce qui concerne le nombre de décès dus à la Covid par 100 000 habitants, les statistiques démontrent que nous avons dépassé les États-Unis et rejoint le Brésil.

Le quotidien Le Devoir y allait d’une autre statistique, hier, indiquant que plus de 17 000 travailleuses et travailleurs du domaine de la santé avaient contracté le coronavirus depuis le début de la pandémie. De ce nombre, 13 en sont décédés et plus de 400 ont dû être hospitalisés. Et une a reçu un deuxième diagnostic.

Si la lutte à la Covid constitue une guerre, ces gens représentent les soldats qui nous défendent. Leur incapacité, même temporaire, à le faire nous place dans une situation précaire. Je leur lève mon chapeau et leur présente mes plus profonds respects.


Et je cite :

« L’insistance délibérée de nombreux partisans du CH à signer Taylor Hall même si l’équipe n’a pas l’espace salarial nécessaire : un éclairage inédit sur l’endettement des ménages québécois. »

Simon-Olivier Lorange, journaliste à La Presse, le 11 octobre 2020

Dans le cours d’éducation physique

J’ai toujours aimé voir des élèves du primaire former les équipes pour un jeu sur la cour ou au gymnase. On a beau s’attendre à les voir choisir pour gagner, étant donné qu’ils se plaignent régulièrement du manque d’équilibre des équipes, ils en viennent toujours à se regrouper prioritairement entre amis.

J’aime de moins en moins la façon dont le Canadien de Montréal repêche ses joueurs. Comprenez bien, je salue les dernières acquisitions et renouvellements de Marc Bergevin. Le directeur général vient d’améliorer grandement son équipe. Mais lui et Trevor Timmins, son adjoint et directeur du recrutement, sont de nouveau passés à côté de très bons joueurs québécois lors du repêchage de la semaine dernière, n’en sélectionnant aucun. Et pour ajouter à la situation, ils ont échangé un de leurs choix aux Blackhawks de Chicago qui, eux, l’ont utilisé pour repêcher un défenseur des Saguenéens de Chicoutimi.

Stéphane Leroux, journaliste affecté depuis des lustres à la couverture de la LHJMQ, a publié un billet sur la situation. Ce billet rejoint précisément ma pensée. Il mentionne qu’au cours des sept derniers repêchages, le Canadien n’a choisi aucun joueur québécois lors des quatre premières rondes, soit en 29 sélections. Il a ainsi levé le nez sur quelques joueurs d’impact, dont Anthony Beauvillier. Pour avoir moi-même couvert les activités de l’Armada de Blainville-Boisbriand lors de ses six premières saisons dans la LHJMQ, et m’être régulièrement informé sur les recruteurs présents lors des matchs locaux, je confirme que plusieurs équipes de la LNH y ont envoyé des représentants beaucoup plus assidûment que le Canadien.

Comme Leroux, je suis d’avis que le Tricolore ne doit pas coûte que coûte repêcher des joueurs francophones au détriment du talent et des autres critères de qualité. Toutefois, la situation commence à devenir gênante quand on constate l’intérêt plus grand des autres formations pour nos joueurs de la LHJMQ. Seuls quatre anciens joueurs du circuit Courteau (Paul Byron, Phillip Danault, Jonathan Drouin et Jake Allen) s’alignent actuellement avec le Canadien, et ils ont tous été obtenus via le marché des transactions. Le rendement très mitigé de Trevor Timmins dans ses repêchages, tel que je le démontrais dans mon billet du 6 mars dernier, devrait selon moi inciter Bergevin à faire fi à l’occasion des recommandations de son recruteur en chef, et à tenter plus souvent sa chance avec des joueurs ayant poussé dans son jardin. Le bouquet ne pourrait que le faire mieux paraître.


Dans le cours d’univers social

Au cours de la dernière semaine, Paul St-Pierre-Plamondon est devenu le 10e chef de l’histoire du Parti québécois, le 9e successeur de René Lévesque. Beaucoup de travail attend celui qui est perçu comme un identitaire. Il récupère un parti qui forme la troisième opposition à l’Assemblée nationale, avec neuf députés, et devra diriger ses troupes vers un meilleur résultat d’ici deux ans. Il devra aussi composer avec le fait qu’historiquement, le PQ s’est montré plutôt impitoyable envers ses chefs, et que cette course à la chefferie n’a pas soulevé beaucoup d’intérêt dans la population.

Je me suis posé une question quand j’ai entendu que Monsieur St-Pierre-Plamondon devenait le 10e chef de l’histoire de cette formation. Combien de chefs, depuis le départ de René Lévesque, ont mené ce parti à une victoire lors d’une élection ? Si vous avez répondu trois, vous frappez dans le mille. Et encore, Jacques Parizeau demeure le seul à pouvoir revendiquer une victoire sans équivoque. Les troupes péquistes de Lucien Bouchard avaient fait élire le plus grand nombre de députés en 1998, mais avaient perdu le vote populaire, alors que celles de Pauline Marois, en 2012, ont formé un gouvernement minoritaire qui s’est effacé après seulement 18 mois au pouvoir.

Quant à Bernard Landry, il a occupé le poste de premier ministre désigné durant 25 mois, succédant à Lucien Bouchard. Sa seule campagne électorale à titre de chef du PQ s’est soldée par une défaite, en 2003.

En 1985, Pierre Marc Johnson a fait élire 23 députés, soit 57 de moins qu’à l’élection précédente. En 2007, André Boisclair en a fait élire 36, alors qu’en 2018, Jean-François Lisée a mené ses troupes à leur pire résultat en 45 ans, avec 10 députés. Reste Pierre Karl Péladeau qui, élu chef en 2015, quittera la fonction un an plus tard, évoquant des motifs familiaux. Jusqu’à la fin de semaine dernière, il demeurait le seul chef de la formation à ne pas l’avoir dirigée au cours d’une campagne électorale.

Paul St-Pierre-Plamondon hérite d’un parti qui fait actuellement 17% dans les sondages, à mi-chemin entre Québec Solidaire (12%) et le Parti libéral du Québec (22%), face à une Coalition Avenir Québec qui trône toujours à 48%. (Source) Par où commencera-t-il la reconstruction ? La réponse à cette question sera déterminante pour l’avenir de sa formation.


Jouons avec les mots

En réponse à la question de la semaine dernière, croyez-le ou non, le mot s’avère être le seul de la langue française à contenir un u accent grave. La plupart des claviers offrent-ils donc une touche ù pour un seul mot ? Pas si on considère que cette lettre trouve également son utilité dans des mots d’origines bretonne et italienne.

La question de cette semaine, maintenant : Pouvez-vous nommer une dizaine de mots de la langue française qui ne riment avec aucun autre ? Du moins, qui ne riment avec aucun nom commun. Un indice : deux sont des nombres consécutifs.

Réponse dans mon billet du 23 octobre.


Dans le cours de musique

Nominée deux fois au Prix de la chanson de la SOCAN, en 2016 et en 2017, l’auteure-compositrice-interprète granbyenne Rosie Valland donne dans la pop, avec un son qui rappelle les succès français des années 1990. Je l’ai personnellement remarquée avec sa reprise très bien rendue de Désenchantée, de Mylène Farmer.

En #musiquebleue, je vous présente cette semaine la pièce Chaos, tirée de l’album Blue, lancé cette année, cinq ans après la parution de son premier album. À noter que le mois prochain, l’artiste fera paraître un autre album, Bleu, qui reprendra à la voix et au piano six titres de l’album Blue.


La bonne nouvelle de cette semaine

Je l’ai souvent mentionné, je ressens toujours une fierté quand je constate que des gens d’ici s’illustrent à l’étranger. Que ce soit à travers une oeuvre, une entreprise, une prestation sportive ou artistique, le talent québécois reconnu internationalement mérite d’être souligné. C’est donc pour moi une excellente nouvelle d’apprendre que la série Claire et les vieux, du réalisateur Charles Grenier, a remporté le prix de la meilleure série courte lors de la troisième édition du festival CANNESERIES, tenu cette semaine à Cannes. Ce festival honore les séries du monde entier, un peu à la manière de son pendant cinématographique, tenu au même endroit.

Diffusée en six épisodes sur TV5 au cours de l’été, la série Claire et les vieux sera reprise par Tou.tv, cet hiver. Elle raconte l’histoire de Claire (Irlande Côté), une jeune fille de 9 ans qui se voit contrainte d’aller vivre chez sa grand-mère (Muriel Dutil) dans une résidence pour aînés.


Image en titre du billet : Shutterstock


Billet du 10 juillet 2020 : Journal de vacances (2 de 8)

Devant mon écran

Un de mes plaisirs de vacances est d’écouter en rafale les épisodes d’une série télévisée. Cette semaine, j’ai savouré l’excellent C’est comme ça que je t’aime, de François Létourneau et Jean-François Rivard, sur ICI Tou.tv Extra. Cette série est en nomination pour 15 prix Gémeaux, en vue du gala du 20 septembre, et je suis loin d’en être étonné. C’est une des très bonnes séries produites au Québec.

L’histoire se déroule dans le Sainte-Foy du milieu des années 1970. Deux couples âgés fin trentaine, début quarantaine, repliés dans une routine banlieusarde, en viennent à créer en trois semaines la plus grande organisation criminelle de l’histoire de la région, suite à une cascade de quiproquos.

Parmi ses nominations aux Gémeaux, C’est comme ça que je t’aime est en lice pour la meilleure série dramatique. Les épisodes regorgent toutefois de plusieurs séquences donnant dans la comédie, où l’absurde est savamment dosé. Le tandem Létouneau-Rivard, à ce niveau, nous montre qu’il n’a rien perdu de sa touche depuis Série noire, sa tragi-comédie précédente.

Le jeu des actrices et des acteurs est impressionnant, notamment du côté des rôles féminins. Marilyn Castonguay, Sophie Desmarais et Karine Gonthier-Hyndman offrent d’excellentes performances. Notons également celle de René-Richard Cyr en chef criminel malhabile.

C’est comme ça que je t’aime
ICI Tou.tv Extra, 2020, série en 10 épisodes.


Déformation professionnelle

Après La Presse, la semaine dernière, c’était au tour de TVA Nouvelles de s’exprimer dans un mauvais français, puis de se corriger par la suite. Tout s’est passé dans le titre. Il a été revu et corrigé sur la page de la nouvelle, mais est demeuré tel quel sur Twitter.

Voici donc la première version :

Et la version modifiée :

Rien à ajouter !


Et je cite :

Je pense que le président Trump a mis le doigt sur quelque chose d’intéressant lorsqu’il a suggéré de limiter le nombre d’infections à la Covid en effectuant moins de tests de dépistage. Qui aurait pensé que le secret de la jeunesse éternelle était aussi simple que de ne pas célébrer son anniversaire ?

Dan Rather, journaliste et présentateur américain, le 5 juillet 2020

Fêtes estivales

La Montérégie et les Laurentides sont aux prises avec une recrudescence de cas de COVID-19, alors que les statistiques sont nettement à la baisse ailleurs au Québec et au Canada. Dans le premier cas, on parle de jeunes qui se sont promenés d’une fête à l’autre, après que le coronavirus se soit invité à la première. Des familles, des amis et des collègues ont ensuite été contaminés, des commerces ont dû fermer.

Après la publication de quelques articles sur le sujet dans différents médias, des commentaires émis sur les réseaux sociaux blâmaient sévèrement les parents des adolescentes et adolescents concernés. Celles et ceux qui en appelaient à l’autorité ferme étaient si nombreux qu’on peut supposer que plusieurs d’entre eux n’ont à ce jour pas été parents d’un adolescent.

Bien entendu, le parent a un rôle à jouer dans la situation actuelle. Dans certains cas, peut-être faut-il un poing sur la table, comme certains le réclament. Mais dans la plupart des cas, il faut surtout de la subtilité et de l’ouverture. Et malgré cela, c’est comme pour le couvre-visage : efficace lorsque bien porté, mais pas sûr à 100%. Les parents ne doivent pas être tenus pour principaux responsables de cette éclosion.


Mes sports d’été

Mercredi de cette semaine marquait le 67e anniversaire d’un record qui n’a jamais été égalé dans le baseball professionnel. Il s’agit du plus long coup de circuit jamais frappé lors d’un match. Ce qu’il y a de particulier avec ce record, c’est qu’il n’a même pas été établi dans le baseball majeur.

Neill Sheridan n’a joué que deux matchs dans les ligues majeures de baseball. C’était en 1948 avec les Red Sox de Boston. Il avait été utilisé comme coureur suppléant dans le premier, comme frappeur suppléant dans le second, dans ce qui fut sa seule apparition au bâton dans le baseball majeur. Il avait été retiré sur trois prises.

Mais le 8 juillet 1953, alors qu’il s’alignait avec le Solon de Sacramento dans les ligues mineures, Sheridan a propulsé la balle dans le stationnement du Edmonds Field, à plus de 620 pieds (189 mètres) du marbre. Il surpassait ainsi le circuit de 600 pieds frappé par Babe Ruth, en avril 1919, lors du camp d’entraînement de ces mêmes Red Sox.


Et je cite :

Porter des prothèses, c’est chaud, inconfortable et ça ne respire aucunement, je les porte pareil. Porter un masque, c’est chaud, inconfortable, mais ça respire amplement. Malgré tous les inconvénients, si tout le monde le porte en public, ça repoussera notre ennemi invisible.

Marie-Sol St-Onge, artiste peintre amputée des deux bras et des deux jambes, le 9 juillet 2020.

Cocktails d’été

Je me suis improvisé barman, vendredi dernier, alors que nous étions chez des amis. Nous étions trois couples, toujours sur la cour, toujours à au moins deux mètres de distance, à savourer une magnifique journée ensoleillée au bord de la piscine.

J’ai préparé deux cocktails à base d’Amermelade, un apéritif produit au Québec et vendu en SAQ.

Le premier, un spritz, était constitué de 30 ml d’Amermelade, 30 ml et club soda et 60 ml de vin mousseux, le tout frappé sur glace.

L’autre, plus simple, était fait de 45 ml d’Amermelade sur glace, allongée d’une pleine bouteille de bière blanche.

Le cocktail était des plus rafraîchissants. Et délicieux, surtout !


Dans mes écouteurs

En musique bleue cette semaine, une histoire un peu particulière. Vendredi dernier, l’humoriste Julien Corriveau lançait un album de musique instrumentale. L’écoute des premières notes m’a immédiatement transporté dans les westerns de Sergio Leone, où la trame musicale du grand Ennio Morricone occupait une place au moins aussi importante que celle des acteurs. Coïncidence, Ennio Morricone est décédé lundi à l’âge de 91 ans. L’album s’intitule The Final Score et sa première pièce a pour titre Nous partirons cette nuit. Je vous la propose.


La bonne nouvelle de cette semaine

Dorénavant, les parents légaux d’un enfant né ailleurs pourront lui transmettre automatiquement leur citoyenneté canadienne. Cette nouvelle mesure a été rendue publique jeudi. Jusqu’à présent, ce privilège n’était accordé que si l’enfant avait un lien biologique avec son parent canadien. En modifiant les définitions de père et de mère, le gouvernement du Canada simplifie la tâche de plusieurs parents qui n’auront plus maintenant à passer par le processus de demande de citoyenneté.

Billet du 3 juillet 2020 : Journal de vacances (1 de 8)

Pour les prochaines semaines, je vous offrirai une version allégée de mes billets hebdomadaires. Le pédagogue et le consultant étant officiellement en vacances, le rédacteur assurera la garde jusqu’à la rentrée scolaire. Les sujets se voudront plus légers, le traitement également. Ma profession me permet une longue pause estivale que j’utilise pour ralentir et me ressourcer, jamais pour m’arrêter. L’actualité, elle, roule constamment. C’est une vérité à plusieurs niveaux, notamment dans le monde de l’éducation, en ce temps de pandémie et de changements sociaux.


Déformation professionnelle

Je sursaute chaque fois qu’un média ou une personnalité publique diffuse une information contenant des fautes de français. Je comprends que l’orthographe et la grammaire puissent constituer une difficulté chez plusieurs. Je comprends aussi que cette difficulté ne doit empêcher personne de s’exprimer librement. Toutefois, quand la faute résulte d’une révision déficiente, de l’auteur ou d’une personne chargée de la correction, il s’agit pour moi d’une situation inacceptable.

Samedi dernier, sous la plume du journaliste Vincent Larouche, La Presse a publié un article contenant ce genre d’erreur, qui aurait dû être évitée. Je félicite néanmoins le média du boulevard Saint-Laurent d’avoir pris soin de corriger la faute, dans les heures ou les jours qui ont suivi sa diffusion.

Je vous propose un petit jeu d’été. J’affiche ci-dessous une capture d’écran du paragraphe contenant la faute de français et vous tentez de la trouver. À la fin du présent billet, vous aurez le même paragraphe, cette fois corrigé, avec l’explication grammaticale. On joue ? Alors voici :

Source : lapresse.ca

Devant mon écran

Mercredi soir, j’ai raté la majeure partie du spectacle de la Fête du Canada, mais j’ai pu voir les dernières 35 ou 40 minutes. De ce que j’ai pu constater, l’unifolié semblait aussi absent autour de la scène que le fleurdelisé ne l’était lors du spectacle de la Saint-Jean, une semaine plus tôt. L’absence de cette semaine s’est faite beaucoup plus discrète, sur les réseaux sociaux et dans les médias.

L’historien Jean-François Nadeau a cité le regretté Pierre Bourgault, il y a deux jours :

Je rêve que le Québec, libre enfin, devienne le premier pays du monde à n’avoir ni drapeau, ni hymne national. Je rêve de voir notre seule liberté nous servir d’étendard et notre seule fraternité nous servir d’identification pour le genre humain.

Pierre Bourgault

À travers la lecture de la seconde phrase de cette citation, je reconnais les propos d’une génération, celle des jeunes adultes, celle de mes enfants.


Devant mon écran (suite)

J’ai hésité avant de visionner la série Jeffrey Epstein : pouvoir, argent et perversion, sur Netflix. J’ai finalement choisi de le faire. Ce reportage en quatre épisodes tient lieu de procès pour celui qui a réussi à l’éviter en se donnant la mort dans sa cellule de prison. Epstein lui-même donne sa version des faits, ou plutôt évoque les 5e et 6e amendements pour ne pas avoir à le faire, à travers des extraits des différents interrogatoires auxquels il a dû se prêter.

Malgré les témoignages bouleversants des victimes et de quelques témoins, la série jette un éclairage sur une histoire de trafic humain gardée secrète durant plusieurs années. Selon ce qui y est dévoilé, des gens très puissants auraient été impliqués directement ou indirectement dans le stratagème.

Y aura-t-il une deuxième saison ? Avec l’arrestation de Ghislaine Maxwell, principale complice d’Epstein, hier matin, il y a tout lieu de penser que la chronique n’est pas épuisée et que beaucoup de choses restent à découvrir.

Jeffrey Epstein : pouvoir, argent et perversion
Netflix, 2020, série en quatre épisodes.


Mes lectures d’été

J’en ai entrepris une première, à la fin de la semaine dernière. Il s’agit du dernier roman de Dany Laferrière, L’exil vaut le voyage, apparu le 16 juin dernier sur les rayons des librairies québécoises. À travers cet ouvrage, Laferrière a réécrit de nombreuses notes prises au cours des années qui ont suivi son arrivée au Québec, en 1976. Lorsque je mentionne qu’il a réécrit, il a vraiment réécrit. À la main. Et dessiné ses propres illustrations.

Il faut d’abord s’habituer à la structure de la page. Une fois que c’est fait, la lecture peut suivre son cours et on reconnaît aisément le style de l’auteur. Mais une autre difficulté se présente, du moins, en ce qui me concerne. Depuis plus de dix ans, j’utilise une liseuse. Je peux ainsi acheter ou emprunter mes livres à distance, peu importe le moment, et traîner une bibliothèque complète avec moi. L’écriture manuscrite de ce livre n’est pas assimilée par ma vieille Sony Reader et les 400 pages du livre y apparaissent complètement vides. Pour en effectuer la lecture, je dois donc me rabattre sur ma tablette ou sur mon ordinateur, les deux avec rétroéclairage, ce qui a pour effet de fatiguer les yeux beaucoup plus vite.

Qu’à cela ne tienne, l’histoire, autobiographique, vaut la peine d’être lue. Ne serait-ce que pour connaître les dessous de son arrivée au Québec, sa vue caraibéenne de Montréal, la genèse de son entrée dans la vie littéraire.

L’exil vaut le voyage
Dany Laferrière, Boréal, Montréal, 2020, 410 pages


Mes sports d’été

Ceux qui me connaissent savent à quel point je suis un grand amateur de baseball. Chaque été, je me rends voir plusieurs matchs, tant du baseball professionnel que du baseball amateur, sans compter tout ce que je peux regarder à la télévision.

Les différentes ligues ayant suspendu leurs activités en raison de la Covid-19, je prends mon mal en patience en me tournant vers les nouvelles, les anecdotes ou les reprises. Parmi ce que j’ai vu passer cette semaine, il y avait cette publication des Blue Jays de Toronto pour souligner la Fête du Canada. On y voit et entend quelques joueurs peinant à prononcer quelques mots en français, pendant que le Montréalais d’origine Vladimir Guerrero Jr tente tant bien que mal d’en donner la signification.

Cette publication m’a beaucoup amusé. Je la partage ici :


Le monde change à la sortie de la pandémie. Après les manifestations anti-racistes monstres à travers le monde, voici la montée des Verts aux premières élections municipales françaises. L’égalité sociale et l’environnement sont deux enjeux amplifiés par l’activiste post-pandémie.

Jean-Marc Léger, sondeur, le 2 juillet 2020

Fêtes estivales

« Méchants partys », pourrais-je ajouter, après avoir pris connaissance de ce reportage sur le site de CNN. Des jeunes de l’état de l’Alabama, aux États-Unis, ont lancé une tendance qui, ma foi, peut s’apparenter au jeu de la roulette russe. On organise des fêtes ou des rassemblements, avec droits d’entrée, tout en invitant quelques personnes infectées par la Covid-19. Après l’événement, la première personne participante qui reçoit un diagnostic officiel de Covid-19 remporte les profits de la soirée.

Bien sûr, les risques de décès pour ces jeunes fêtards sont moindres qu’à la roulette russe. Mais en se basant sur les statistiques, les menaces de contracter le virus sont largement supérieures. Et de là, les probabilités d’infecter un membre plus vulnérable de l’entourage sont bien réelles.

Pourquoi ce défi ? Le mal est de toute évidence plus profond que la simple insouciance. Ce peuple souffre, les événements des derniers mois le démontrent clairement. Priver la population américaine de ses libertés, c’est la priver de l’air qu’elle respire. Et c’est ce que la pandémie mondiale est en train de faire. Avec 50 000 à 60 000 nouveaux cas et 600 à 700 nouveaux décès quotidiennement, la partie est loin d’être gagnée chez nos voisins du Sud.

Pour l’Alabama, voici les statistiques, en date du 2 juillet 2020 :

Source : Wikipédia

On y reviendra dans deux semaines. En souhaitant que ces rassemblements n’aient résulté en aucune conséquence fâcheuse.


Dans mes écouteurs

En #musiquebleue cette semaine, Fanny Bloom et son monoplage Cinéma.


La bonne nouvelle de cette semaine

C’est difficile de considérer une arrestation et une mise en accusation comme étant une bonne nouvelle. Mais pour les nombreuses victimes de Jeffrey Epstein, ainsi que pour celles et ceux qui réclament justice dans ce dossier, le fait que Ghislaine Maxwell se retrouve derrière les barreaux constitue certes une grande bouffée d’air frais.


Déformation professionnelle (suite)

Voici la solution :

Avez-vous trouvé ? En effet, le mot bail au pluriel s’écrit baux et non bails.

La plupart des noms se terminant par _ail forment leur pluriel en _ails. Par exemple, chandail fera chandails. Mais une dizaine de mots en _ail écriront plutôt leur pluriel avec _aux en terminaison, et bail est du nombre. Les autres sont corail, émail, fermail, gemmail, soupirail, travail, vantailventail et vitrail.