Billet du 15 avril 2022 : Repos pascal

La longue fin de semaine de Pâques commence aujourd’hui. Pour les enfants, Pâques est la fête des œufs en chocolat. Pour les chrétiens, elle est celle qui célèbre la passion et la résurrection du Christ. Si on plonge dans l’histoire, on y trouve quelques autres significations.

La Pâque juive, d’abord, réfère à la sortie d’Égypte du peuple hébreu qui, guidé par Moïse, se libérait ainsi de l’esclavage. Le mot vient du grec Paskha (ou pasah, en hébreu), qui signifie passage. C’est durant ces festivités commémoratives que Jésus aurait vécu la dernière Cène, son arrestation et sa mise à mort.

Toujours dans l’Antiquité, Pâques constituait l’occasion de remercier les divinités pour les différentes renaissances apportées par l’arrivée du printemps. On leur offrait ainsi les premières moissons de la saison. La déesse Éostre est celle qui aurait laissé son nom à la fête de Pâques anglo-saxonne. D’Éostre à Easter, le dérivé est court.

À noter que dans la langue française, la Pâque juive s’écrit sans le s de la fin. Pour les significations chrétienne et païenne, Pâques prend la marque du pluriel.

Peu importe ce que vous célébrez à partir d’aujourd’hui, je vous souhaite un long week-end heureux et reposant.


Dans le cours de musique

Les sorties musicales de l’année 1969 ont plus que marqué l’industrie, elles l’ont révolutionnée. Cette année-là a vu naître, pour ne citer que quelques exemples, les albums Yellow Submarine et Abbey Road, des Beatles ; Québec Love, de Robert Charlebois ; Space Oddity, de David Bowie ; Led Zeppelin II, de Led Zeppelin ; Désormais, de Charles Aznavour ; Les Champs-Élysées, de Joe Dassin ; de même que Il était une fois dans l’Ouest, d’Ennio Morricone. On peut également ajouter le classique Je t’aime… moi non plus, de Serge Gainsbourg et Jane Birkin.

Intrigué par le « son » 1969 qui a donné tant de succès, le producteur montréalais Connor Seidel a projeté durant quelques années une compilation d’œuvres originales reprenant le style, les accords et l’innocence de l’époque. Pour ce faire, il s’est entouré d’une pléiade d’artistes d’ici, dont Ariane Moffatt, Elliot Maginot, Half Moon Run et Elisapie. L’album de 13 chansons s’intitule 1969. Tirée de cette trame, je vous propose la pièce Tu danses, condessa, de Seidel et Safia Nolin.

En passant, l’album complet vaut la peine d’être écouté.

Tu danses, condessa – 1969 Collective, Safia Nolin – 1969 – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Le quotidien La Presse rapportait jeudi que les statistiques de l’année 2020, première année de la pandémie, démontrent une baisse de 66 millions de tonnes dans les émissions de gaz à effet de serre (GES), au Canada. En pourcentage, ceci représente une diminution de 9 %.

On peut supposer que la reprise des activités économiques, qui verra renaître le transport routier et aérien, viendra annuler une partie de cette diminution. Toutefois, la baisse des émissions de GES déjà observée dans les secteurs énergétiques et pétrogaziers devrait se poursuivre de manière constante, au cours des prochaines années.


Billet du 8 avril 2022 : Bêtise humaine

Il faut se méfier des apparences, elles sont souvent trompeuses.

Je me félicite de m’être retenu de condamner les propriétaires du CHSLD Herron, dans mon billet du 17 avril 2020. Nombreux étaient celles et ceux qui les pointaient du doigt pour l’hécatombe qui a causé la mort d’une cinquantaine de leurs résidents, lors de la première vague de la COVID-19. En toute honnêteté, je me demandais comment ils pouvaient à ce point nier leur responsabilité, mais je me suis gardé de leur lancer la pierre, au moins le temps de l’enquête.

Lire mon billet du 17 avril 2020

Le chat est maintenant sorti du sac. Une équipe d’enquête de La Presse a d’abord relaté que les propriétaires de l’endroit avaient, en désespoir de cause, appelé deux fois le 811, le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal n’ayant pas répondu à leurs appels à l’aide. Vingt-quatre heures plus tard, c’était au tour de Thomas Gerbet, de Radio-Canada, d’y aller de nouvelles révélations. Le 7 avril 2020, une semaine après la mise en tutelle du CHSLD Herron par le CIUSSS de l’Ouest, une employée-cadre de ce même centre intégré de santé et services sociaux s’est présentée à Herron pour des motifs personnels et a trouvé l’endroit pratiquement désert, ainsi que des bénéficiaires très mal en point. Les tuteurs, qui se dégageaient de leurs responsabilités en accusant les propriétaires, n’avaient envoyé personne sur les lieux.

Lire le reportage de La Presse

Lire le reportage de Radio-Canada, comprenant des extraits audio du témoignage de l’employée cadre du CIUSSS

Qui, en fin de compte, doit être tenu responsable de cette situation épouvantable ? Les apparences actuelles sont définitivement différentes de celles d’il y a deux ans, mais elles peuvent demeurer trompeuses. Il faudra attendre le rapport de la coroner, lorsqu’elle aura conclu son enquête publique, pour obtenir la réponse à cette question. Chose certaine, il y en a qui doivent un peu mieux dormir, tandis que d’autres…


Dans le cours de français

Cette semaine, quelques états, dont l’Espagne et la Pologne, n’ont pas hésité à qualifier de génocide le massacre de Boutcha, en Ukraine, par l’armée russe. Dès lors, plusieurs observateurs et médias ont contesté l’utilisation du terme : s’agit-il vraiment d’un génocide ?

Pour ma part, au-delà des quelques analyses dont j’ai pu prendre connaissance, j’ai opté pour la bonne vieille définition du dictionnaire avant d’envisager une réponse à cette question. Voyons d’abord comment le Robert définit le génocide :

Génocide : (Nom masculin) Destruction méthodique d’un groupe humain.

La définition est simple et concise, alors que le mot méthodique revêt une grande importance. La destruction du groupe ukrainien sis à Boutcha s’est-elle effectuée selon la méthode russe ? Il est permis de le supposer, mais seule une étude plus approfondie nous permettrait de l’affirmer hors de tout doute.

Observons maintenant ce qu’en pense le Larousse :

Génocide : (Nom masculin) Crime contre l’humanité tendant à la destruction totale ou partielle d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux; sont qualifiés de génocide les atteintes volontaires à la vie, à l’intégrité physique ou psychique, la soumission à des conditions d’existence mettant en péril la vie du groupe, les entraves aux naissances et les transferts forcés d’enfants qui visent à un tel but.

Cette définition, plus détaillée, ne laisse planer aucun doute. En considérant les événements de Boutcha et la définition du Larousse, l’armée russe a bel et bien commis un génocide.


Dans le cours d’univers social
Section Éducation à la citoyenneté

Il existe des remarques ou des prises de position qu’à peu près n’importe quelle personne peut avancer, mais pas un premier ministre ou quelqu’un qui aspire à le devenir. Le premier exemple qui me vient en tête est Jacques Parizeau, quand le soir de la défaite référendaire, en octobre 1995, il avait affirmé que l’argent et les votes ethniques lui avaient coûté la victoire. À la décharge de Parizeau, cependant, il avait démissionné le lendemain. Cela n’excuse pas ses paroles, mais on peut y trouver une certaine justification.

Les derniers jours se sont toutefois avérés riches en bourdes du genre, chez nos leaders politiques. D’abord, j’y faisais allusion la semaine dernière, le premier ministre de l’Alberta qui publiait un mème pour se moquer des énergies renouvelables. Tout le monde comprendrait que Jason Kenney promeuve les énergies fossiles produites par sa province, mais le dénigrement, ma foi immature, de ce qui constitue assurément la puissance de l’avenir est indigne de la fonction qu’il occupe.

Vient ensuite le cas de Pierre Poilievre. Selon tous les observateurs, il possède une telle avance dans la course à la chefferie du Parti conservateur du Canada qu’il serait étonnant qu’un de ses adversaires ne parvienne même à s’en approcher. Ce qui signifie que dès l’été prochain, il deviendra probablement aspirant premier ministre du Canada. Et voilà que mercredi, il s’est mis à faire l’éloge du bitcoin comme monnaie alternative. Il s’agit ici d’un sérieux désaveu de la Banque du Canada. C’est comme si Pierre-Karl Péladeau s’était mis à vanter la qualité de Netflix ou que le Cercle des Grands entrepreneurs du Québec dissertait sur l’importance d’Amazon. De toute évidence, monsieur Poilievre a oublié un des adages les plus importants lorsqu’on dirige un état : «Pas de taxation sans représentation». Donner cours légal à une cryptomonnaie sans que des élus ou leurs représentants ne puissent participer aux décisions concernant ses orientations constitue un jeu très dangereux.

Finalement, je touche du bois, je n’ai pas encore attrapé la COVID. Il semble par contre que ses symptômes s’apparentent à un simple rhume, selon notre premier ministre. Après deux années de lutte contre ce virus, les justifications des mesures sanitaires, les argumentaires contre leurs opposants et cette volonté obstinée de maintenir en place certaines règles de l’état d’urgence, cette remarque de François Legault en a offusqué plusieurs, notamment dans le milieu de la santé.

Steve de Saint-Lin aurait pu dire la même chose et personne n’aurait sourcillé. Mais venant de celui qui a eu à imposer une série de mesures impopulaires, la pilule est plutôt difficile à avaler.


Je déteste le constater, et encore plus l’écrire, mais c’est la bêtise humaine qui a guidé mon inspiration pour les trois premiers segments de ce billet hebdomadaire. Je change de fréquence à partir de maintenant.


Dans le cours de français, deuxième période

Je suis tombé sur une publication politique qui affichait une grossière erreur de français, cette semaine. Je renoue donc avec une vieille habitude qui me manque quand même un peu !

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire «Nous avons même dû installer…», avec installer à l’infinitif, plutôt que d’en avoir employé le participe passé. La bonne vieille règle du mordre et mordu. Si on peut remplacer par mordre, comme c’est le cas ici, le mot doit se terminer en _er. Et mordu rime avec accent aigu.


Dans le cours de musique

Les gens qui me connaissent savent à quel point, depuis longtemps, je demeure un inconditionnel de Yannick Nézet-Séguin. Leader brillant, il n’était âgé que de 25 ans lorsqu’il a pris les rênes de l’Orchestre métropolitain, en 2000. Toujours en poste, il a depuis fait de même avec l’Orchestre de Philadelphie, le Metropolitan Opera, l’Orchestre philharmonique de Rotterdam et l’Orchestre de chambre d’Europe.

Le dimanche 3 avril, nommé dans trois catégories, il a remporté le Grammy pour la meilleure performance orchestrale. C’est pour l’enregistrement des 1re et 3e Symphonies de Florence Price, avec l’Orchestre de Philadelphie, qu’il a reçu cet honneur. Il a obtenu une autre nomination à titre de musicien accompagnateur, puis une autre comme chef d’orchestre du Metropolitan Opera.

Une fois de plus, il y a tout lieu de se réjouir de constater le succès québécois sur la scène culturelle internationale.


Dans le cours de musique, deuxième période

Edgar Bori est à mon avis un des meilleurs poètes québécois de notre époque. Méconnu du grand public, c’est à travers des collaborations avec d’autres artistes, tels Michel Rivard et Jean-François Groulx, qu’il a su inscrire son nom dans l’industrie. Auteur et compositeur d’une quinzaine d’albums qui lui sont propres, depuis, il a lancé son plus récent, Poésinutiles, le 22 mars dernier.

Je vous en propose un extrait, dont la pièce a pour titre Poésideveil.

Edgar Bori – Poésideveil – Poésinutiles – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Cette nouvelle est vieille de près d’un an, mais ce n’est que le week-end dernier que j’en ai pris connaissance. Un bébé phoque, né en très mauvaise condition physique le 1er avril 2021, a vu sa vie être sauvée par le personnel de l’aquarium Kaiyukan d’Osaka, au Japon. Dans cette course contre la montre, les employés lui ont appris à nager, le 26 mai suivant.

La scène donne lieu à des moments des plus touchants. Les yeux du blanchon, lorsqu’il entre dans l’eau du bassin, parlent beaucoup.


Billet du 1er avril 2022 : Quand la réalité (ou le canular) frappe

Nous sommes le 1er avril !

Selon la tradition, plusieurs blagues devraient mettre en évidence la naïveté d’un grand nombre de personnes. L’édit de Roussillon, promulgué en 1564 par le roi Charles IX, consacrait officiellement la date du 1er janvier comme le premier jour de chaque année. La confirmation chez les catholiques est venue en 1582, sous le pape Grégoire XIII, lorsqu’il a institué son calendrier grégorien.

Dans plusieurs communautés, le Premier de l’an était jusque là célébré le 1er avril. Histoire de maintenir un climat festif à cette date, la légende veut que le poisson d’avril ait été instauré pour cette raison.

Deux nouvelles, diffusées au cours des dernières heures, me laissent perplexe et me permettent de supposer qu’il s’agit de blagues pour l’occasion. D’abord, l’ex-dragon François Lambert, contrarié, qui quitte précipitamment le plateau de l’émission La semaine des 4 Julie.

Voir l’extrait.

Ensuite, la retraite annoncée, après 60 ans de loyaux services, des emblématiques oursons du beurre d’arachide Kraft.

Comment distinguer le vrai du faux ? Personnellement, je préfère laisser le temps faire son œuvre. Nous le saurons d’ici demain !


Dans le cours de français
Section Écriture

Il existe quatre types de phrases. Il y a la phrase déclarative, la phrase impérative, la phrase interrogative et la phrase exclamative.

La phrase déclarative se décline elle-même en deux catégories : il y a la phrase déclarative affirmative (exemple : Rita mange une tomate) et la phrase déclarative négative (exemple : Rita ne mange pas une tomate). Ce qui distingue les deux phrases, c’est la présence de mots de négation (exemple : ne […] pas) dans la seconde.

Une phrase négative bien écrite, et bien prononcée aussi, doit toujours contenir ces mots de négation. Regardons cette publication du Comité national des jeunes du Parti québécois :

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire «Moi, je ne veux pas la CAQ (…)», avec les mots ne et pas qui encadrent le verbe vouloir, et non «Moi je veux pas la CAQ (…)». L’omission de l’adverbe ne, tant à l’oral qu’à l’écrit, constitue une faute.


Dans le cours de français
Section Lecture

Dans mon billet du 25 mars, je rapportais que le personnage de Gaston Lagaffe était sur le point de revivre, sous la plume de l’auteur et dessinateur québécois Delaf.

Lire mon billet du 25 mars 2022.

En une seule semaine, depuis, nous avons pu assister à deux rebondissements. D’abord, Isabelle Franquin, fille et unique détentrice des ayants droit du créateur de Gaston Lagaffe, a intenté une poursuite contre les éditions Dupuis, afin de les empêcher de donner suite au projet. Elle prétend que son illustre père, André Franquin, aurait maintes fois répété ne pas vouloir que son personnage lui survive.

Ensuite, malgré la démarche de madame Franquin, l’édition du 6 avril du Journal Spirou, sorti une semaine à l’avance, publie bel et bien une première planche originale produite par Delaf. Les éditions Dupuis ont cependant précisé que les gags hebdomadaires suivants seraient suspendus au moins jusqu’au 19 mai, date où la cause sera entendue.

C’est à suivre.

Planche dessinée par Delaf et publiée en 2017, dans le cadre d’un hommage à Franquin.
Source : maville.com

Dans le cours d’univers social
Section Éducation à la citoyenneté

Le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, a repris de manière douteuse la gifle de Will Smith à Chris Rock, en publiant un mème dans lequel la réalité frappe les politiques sur les énergies renouvelables.

Bien sûr, la publication a suscité de nombreuses réactions, pour plusieurs raisons. Serge Chapleau, caricaturiste à La Presse, a quant à lui trouvé une excellente façon d’illustrer la tendance générale de ces réactions.


Dans le cours de musique

Diplômée du Conservatoire de musique de Montréal, ainsi que de la Royal Academy of Music de Londres, Lysandre Ménard, ou Lysandre tout court, vient de lancer un premier album, intitulé Sans oublier. Musicienne classique et comédienne, on a notamment pu la voir dans le film La passion d’Augustine, elle a opté pour le style pop dans la création de cet enregistrement.

L’extrait s’appelle Le paon impossible. Le voici en #musiquebleue.

Lysandre Ménard – Le paon impossible – Sans oublier – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

C’est une nouvelle qui m’a été présentée par une de mes élèves, cette semaine. En Afrique du Sud, un rhinocéros laissé pour mort après s’être fait arracher sa corne par des braconniers a pu être réintégré dans son milieu naturel, le 28 mars. Il lui aura fallu une convalescence de six années, au cours desquelles il a dû subir 30 interventions chirurgicales. Il demeurera sous surveillance dans un rayon déterminé, où deux femelles ont également été emmenées afin de favoriser son accouplement.

Lire et voir le reportage de La Presse.


Billet du 21 janvier 2022 : Nom de nom !

Parmi les candidats en lice pour le poste de directeur général du Canadien de Montréal, aucun n’obtenait ma préférence plus qu’un autre. Je considère que l’organisation est suffisamment compétente pour choisir celui ou celle (le nom de Danièle Sauvageau a été mentionné) à qui on fera confiance pour une dizaine d’années. C’est pourquoi je suis d’avis que Kent Hughes mérite qu’on lui laisse sa chance.

Ceci étant mentionné, la nature des réactions suscitées par sa nomination me déçoit énormément. J’illustre ici celles, parmi d’autres, de l’écrivain Michel Jean et de la chroniqueuse Lise Ravary :

Kent Hughes est un Québécois, né à Montréal, où il a grandi. Il y a joué son hockey mineur jusque dans les rangs Midget. Bien que sa langue première soit l’anglais, il parle couramment le français. Dois-je rappeler qu’à ce poste, avant lui, il y avait eu Bob Gainey, Irving Grundman et Sam Pollock ? Deux de ces trois ex-directeurs généraux ont permis à l’équipe de remporter des Coupes Stanley. L’autre l’a fait en tant que joueur et est Ontarien d’origine. Les trois étaient des anglophones bilingues et jamais personne ne le leur a reproché. Scotty Bowman, dont le français est la deuxième langue, est natif de Verdun. Son profil ressemble beaucoup à celui de Hughes. Il fut une époque où plusieurs auraient aimé le revoir dans l’organisation du Tricolore. Probablement que ce serait encore le cas s’il n’était pas âgé de 88 ans.

J’en déduis que le problème de Kent Hughes, aux yeux de plusieurs, est son nom. Hughes, ce n’est pas Darche ou Brière. Ni Roy. Je vous rappelle que le président d’Air Canada se nomme Rousseau, qu’il est né et a vécu la majeure partie de sa vie à Montréal, et qu’il ne parle pas un traître mot de français. Si on reste dans le domaine du hockey, Patrick Marleau, des Penguins de Pittsburgh, est un anglophone unilingue, malgré le fait que lui-même, ses deux parents (Denis et Jeanette), son frère (Richard) et sa sœur (Denise) portent tous des noms à consonance francophone. René Bourque, un ancien joueur du CH, ne parle qu’en anglais, comme Ronald Duguay, l’ex-attaquant des Rangers de New York.

Au prochain repêchage, je demeure persuadé que Hughes ne se présentera pas au microphone en mentionnant que le Canadien de Montréal est fier de «sélecter» tel joueur, contrairement à ce qu’a fait son prédécesseur francophone. Pour l’instant, je me range derrière les observateurs qui prétendent que l’équipe a fait un bon choix en le nommant. Lorsqu’il quittera ses fonctions, son bilan viendra le confirmer ou l’infirmer.


Le baseball majeur a annoncé la mort du projet de garde partagée, entre Montréal et la Floride, des Rays de Tampa Bay. Personne, à part peut-être quelqu’un qui aspirait à un emploi avec la formation, n’est plus déçu que moi de voir s’envoler le rêve d’accueillir de nouveau une équipe de la MLB à Montréal. Toutefois, sans dire qu’il fallait s’y attendre, il ne faut pas non plus s’en étonner. L’idée était peut-être trop novatrice pour ce milieu si conservateur.

Ce qui m’a étonné, en revanche, c’est la réaction du porte-parole du Groupe Baseball Montréal

Et je cite :

« On croyait tellement à ce plan, qu’on n’a pas de plan B. »

Stephen Bronfman, homme d’affaires montréalais, le 20 janvier 2022.

Si des gens d’affaires aussi aguerris n’ont pas prévu de plan B, c’est peut-être parce qu’ils ne sont pas les personnes de la situation pour mener à bien ce projet de retour. À moins qu’ils ne cachent leurs intentions et que le plan B soit une équipe à temps plein à Montréal. L’optimiste et amateur de baseball en moi a bien envie d’y croire !


Dans le cours de français

Les verbes du 1er groupe comprennent tous ceux se terminant en _er à l’infinitif, à l’exception du verbe aller. Au présent du mode impératif, on conjugue à partir du tableau des terminaisons suivant :

Source : Alloprof

Le verbe défier, qui est un verbe du 1er groupe, se conjugue défie, défions, défiez, à l’impératif. Voici ce que la compagnie de jeux Hasbro en a fait, tant sur son site Internet que sur son application mobile :

Source : Hasbro

#LeProfCorrige

Ici, en vertu de la règle expliquée plus haut, on aurait dû lire Défie la compétition!, plutôt que Défi la compétition!


Dans le cours de musique

Comme plusieurs, l’annonce du décès de Karim Ouellet, cette semaine, m’a surpris et secoué. Il y a longtemps que je songeais à en faire un sujet de ma #musiquebleue hebdomadaire, mais ses dernières sorties musicales datant de plus de cinq ans, j’attendais l’arrivée imminente d’un nouvel album. J’espère qu’un posthume nous surprendra un jour.

Je vous présente donc ma chanson favorite de son répertoire. Il s’agit de Karim et le loup, de son album Trente, sorti en octobre 2016. Ironiquement, la pièce que j’avais prévue initialement pour ce billet s’en trouve repoussée pour une troisième fois depuis le printemps dernier.

Karim Ouellet – Karim et le loup – Trente – #musiquebleue

En supplément, je vous offre le lien vers la reprise de la chanson Si fragile, de Luc De Larochellière, par Karim Ouellet. Chanson de circonstance.

Voir et entendre Si fragile, par Karim Ouellet, dans le cadre de l’émission Pop de jam.


La bonne nouvelle de cette semaine

Quelques heures avant l’annonce gouvernementale indiquant que le système hospitalier québécois s’apprêtait à « donner des soins B plutôt que A+ », le quotidien La Presse publiait un reportage présentant le projet-pilote COVID à domicile de l’Hôpital général juif de Montréal. L’institution n’offre ni plus ni moins que des soins à distance, la technologie reliant une équipe médicale complète à un patient confortablement installé dans sa résidence.

Selon le projet, de l’équipement médical est prêté au patient. Ce matériel communique en temps réel ses signes vitaux et plusieurs autres données au centre hospitalier. De là, l’équipe soignante peut elle-même ajuster les appareils ou joindre le malade, par téléphone ou par visioconférence. Un protocole de retour rapide à l’hôpital est également établi, au cas où il s’avérerait nécessaire.

Avec des résultats concluants, la mise en place permanente de ce service permettrait à l’Hôpital général juif de soigner chez eux une cinquantaine de patients atteints de la COVID, ce qui lui libérerait autant de lits et éviterait un délestage important.

Lire le reportage de La Presse


Billet du 17 décembre 2021 : Une tablée déjà plus grande

La situation a considérablement évolué en 48 heures. Mardi, si certains commençaient à évoquer un éventuel durcissement des restrictions sanitaires, bien malin qui aurait pu prédire qu’il surviendrait aussi rapidement.

En point de presse, jeudi soir, le premier ministre François Legault a confirmé que les calendriers scolaires du primaire allaient être respectés, tant pour le début des vacances des Fêtes que pour le retour en classe, en janvier. Pour moi comme pour la grande majorité de mes collègues enseignants, il s’agit d’une excellente nouvelle. Bien sûr, la lucidité opérant, nous sommes conscients que tout peut changer d’ici là. Mais espérer fait du bien.

Nous replongeons dans les restrictions alors qu’il y a quelques jours à peine, on nous faisait miroiter des rassemblements de 20 personnes pour les fêtes de Noël et du Nouvel An. Qu’à cela ne tienne, la population québécoise, de manière générale, comprend bien la situation. Elle peut décevoir, parfois décourager, mais plus nous y avançons, plus nous comprenons ce qui nous arrive et mieux nous sommes préparés pour affronter cette adversité. La semaine prochaine, nous serons une dizaine de membres de ma famille réunis autour d’une table. C’est déjà plus que l’an dernier. Et j’ose le croire, moins que l’an prochain.


Et je cite :

« Mes grands-parents ont connu la guerre 14-18, l’épidémie de 18, la crise de 29, et la guerre 39-45… Fait que notre COVID, c’est de la petite bière comparé à ça. Peut-on juste faire notre job et arrêter de nous plaindre de la perte temporaire de certains de nos privilèges ? »

André Ducharme, humoriste et animateur, le 16 décembre 2021.

Dans le cours de français

Cette semaine, j’ai eu à enseigner le prédicat à mes élèves de 6e année. Plus tôt cet automne, je leur avais appris le groupe verbal, aussi appelé le groupe du verbe. Difficile d’aborder ces deux notions, à quelques semaines d’intervalle, sans y perdre un groupe d’enfants de 11 et 12 ans.

Prenons la phrase suivante :

L’équipe de hockey joue devant des gradins vides.

Le verbe dans cette phrase est joue. Ce qui suit le verbe, devant des gradins vides, constitue le complément du verbe. Le verbe et son complément [joue devant des gradins vides] constituent le groupe verbal. Et le prédicat.

Si le groupe verbal et le prédicat sont constitués des mêmes mots, quelle est donc la différence entre les deux ? En termes simplifiés, le groupe verbal, c’est ce qu’il est, alors que le prédicat, c’est ce qu’il fait

Ce qu’il est : [verbe + complément du verbe] = groupe du verbe.
Ce qu’il fait : définit l’action posée par le sujet (ou ce qui lui est attribué) = prédicat.

Êtes-vous mêlés ? Imaginez les élèves !

Et je devrai bientôt leur expliquer la différence entre un complément du verbe et un complément de phrase.


Dans le cours de musique

Il y a une dizaine de jours, j’ai vu un reportage sur La Zarra, à la télévision de Radio-Canada. Cette artiste québécoise, née Fatima Zahra, m’était jusqu’alors inconnue, mais il semble qu’elle fasse un malheur en France. Avec son style original et sa voix puissante, elle mélange les genres et nous offre un contenu des plus intéressants. 

De son premier album, Traîtrise, voici la pièce Tu t’en iras. Il est possible que je revienne très prochainement avec une autre chanson de La Zarra !

La Zarra – Tu t’en iras – Traîtrise – #musiquebleue

Visionner le reportage de Radio-Canada sur La Zarra.


La bonne nouvelle de cette semaine

La réalité rejoint la fiction. On pourra bientôt substituer une mâchoire inférieure rongée par le cancer par un implant réalisé à l’aide d’une imprimante 3D. Autre aspect positif de l’histoire, c’est au Québec, précisément au CHU de Québec-Université Laval, que cette technologie a été développée. 

Santé Canada a autorisé la commercialisation de ces implants, en plus d’approuver l’approvisionnement de tous les hôpitaux canadiens qui en feront la demande. On prévoit également que la même technologie permettra sous peu le remplacement d’autres parties du corps humain. 

Lire la nouvelle diffusée par La Presse, le 2 décembre dernier.


Demeurons positifs !

Une septième, à leur 31e affrontement, jeudi soir !

(Merci à mon père pour le visuel)


Billet du 15 octobre 2021 : Réalité amplifiée

Plusieurs acteurs des médias québécois sont tombés dans l’hyperbole, cette semaine. En voici quelques exemples, suivis des commentaires qui me sont spontanément venus en tête, après en avoir pris connaissance.

«Un drame national» — Normand Baillargeon, évoquant la pénurie d’enseignantes et d’enseignants. Le Devoir, 9 octobre 2021.

Un drame national ? C’est un problème épouvantable, certes, dont les conséquences à long terme peuvent s’avérer très importantes si on n’y remédie pas. J’en sais quelque chose. Mais drame, pris en ce sens, est un synonyme de tragédie. Est-ce réaliste de qualifier ainsi la situation ? Même l’enseignant que je suis en doute.

«Les antivax ont gagné» — Patrick Lagacé, à propos du report d’un mois de la date butoir pour la vaccination obligatoire des employés du secteur de la santé. La Presse, 13 octobre 2021.

Les antivax n’ont pas gagné. Ils exultent, pensant sans doute avoir remporté la victoire, mais ils n’obtiennent qu’un sursis d’une trentaine de jours. La réalité rattrapera tout le monde un mois plus tard, c’est tout.

«2225 $, un loyer “abordable” à Montréal, selon Ottawa»La Presse, 12 octobre 2021.

En effet. Et 75 $, un montant réaliste pour une épicerie complète, selon un ex-premier ministre du Québec.

« L’homme de 64 millions $ » — Félix Séguin, plusieurs fois, faisant allusion à Nick Suzuki et son nouveau contrat de 8 saisons. TVA Sports, le 13 octobre 2021.

Erreur, Félix. C’est un contrat de 63 millions $. Tu t’emballes encore.


Dans le cours de français

Petit débat, dans mon entourage, autour du mot éligible, cette semaine. Est-ce un anglicisme ? N’est-ce qu’un calque de l’anglais ? Est-ce correct de l’inclure dans un vocabulaire français ?

Si vous avez répondu oui à toutes ces questions, vous avez entièrement raison.

Le mot éligible est accepté en français s’il est employé dans un contexte électoral. Ainsi, on dira d’une personne qu’elle est éligible si elle respecte toutes les conditions lui permettant de présenter sa candidature à une élection. En ce sens, éligible signifie «qui peut être élu»

Dans un autre contexte, dire de quelqu’un qu’il est éligible, plutôt qu’admissible, constitue une erreur de français. Par exemple, on est admissible, et non éligible, à une promotion. 


Question sportive de la semaine

Avant Samuel Montembeault, hier soir, qui était le dernier gardien de but québécois à avoir amorcé un match pour le Canadien de Montréal ? Réponse à la fin du billet.


Dans le cours de musique

Il y avait longtemps que je voulais faire une petite place à Mea Culpa jazz, à l’intérieur de cet humble espace hebdomadaire. Ce quatuor originaire de la Mauricie s’est surtout fait connaître grâce à des reprises de pièces connues, apprêtées à la note bleue. Spécialisé dans les événements corporatifs, c’est uniquement sur YouTube qu’on peut entendre le groupe, à moins, bien sûr, de faire appel à ses services. 

Le groupe rock français Noir Désir n’a pas survécu à l’incarcération pour meurtre de son chanteur et principal auteur-compositeur. Un de ses plus grands succès, Le vent nous portera, a cependant connu plusieurs vies, étant repris par bon nombre d’artistes. C’est cette pièce, interprétée par Mea Culpa jazz, qui prend la vedette de notre #musiquebleue, cette semaine.

Mea Culpa jazz – Le vent nous portera – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

On trouve une bibliothèque dans toutes les écoles où j’ai enseigné. Comme dans une bibliothèque municipale, un certain nombre de livres y sont élagués, annuellement. Si on parle de quelques dizaines dans le cas d’une bibliothèque scolaire, qu’en est-il pour une bibliothèque publique ?

Un reportage publié dans La Presse, mardi, nous apprend qu’à la Grande Bibliothèque de Montréal, ce sont plus de 80 000 bouquins qui sont, chaque année, retirés des étagères. Où est la bonne nouvelle, alors ? La bonne nouvelle, c’est que tous ces livres, ou presque, continuent de vivre.

Ils sont remis à des organismes sans but lucratif, qui voient à en disposer dans le cadre d’activités de financement, ou encore à des associations culturelles. C’est ainsi que les mots butinent et que la littérature se répand.


Réponse à la question de la semaine

José Théodore, en 2006, est le dernier gardien de but d’origine québécoise à avoir amorcé un match dans l’uniforme du Canadien de Montréal. Toutefois, le 2 janvier 2009, Marc Denis est venu en relève à Jaroslav Halak, en troisième période d’une rencontre disputée au New Jersey. Avant Samuel Montembeault, il était le dernier Québécois à avoir gardé la cage du Tricolore.


Billet du 8 octobre 2021 : Agencement de styles et de couleurs

Une nouvelle importante a été annoncée par le gouvernement du Québec, en début de semaine. Dans le cadre d’un projet-pilote, des ambulanciers de la Montérégie seront appelés à aller prêter main-forte au personnel médical des hôpitaux.

Lire le reportage de L’actualité

Il était temps que les paramédicaux soient mis à contribution. On néglige beaucoup trop souvent leurs compétences. Au début de ma carrière, j’ai reçu une formation sur la façon d’injecter de l’adrénaline à un élève en réaction allergique aiguë. J’avais alors été étonné d’apprendre que les enseignants étaient autorisés à administrer l’ÉpiPen, mais pas les ambulanciers. La situation a depuis été corrigée et ceux-ci peuvent enfin le faire.

Le parallèle avec la pénurie de personnel dans le système d’éducation est facile à établir. Cependant, les gens qui viennent nous aider, aussi dévoués soient-ils, sont moins familiers avec l’enseignement que les brancardiers peuvent l’être avec les enjeux de la santé. 

Est-ce que ces lacunes laisseront leurs traces sur la formation de nos élèves ? Je le crains, malheureusement.


Question de la semaine

Avec le retrait de la compétition de Carey Price pour au moins un mois, le Canadien de Montréal commencera vraisemblablement la saison avec Jake Allen et Samuel Montembeault comme gardiens de but. Les deux sont des produits de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ).

À quand remonte la dernière fois où le Tricolore a commencé une saison avec deux gardiens issus de la LHJMQ ?

Réponse à la fin du billet.


Dans le cours d’arts plastiques

Avez-vous remarqué l’image qui coiffe ce billet hebdomadaire ? C’est une œuvre réalisée par des élèves de sixième année de l’école primaire où j’enseigne. Il s’agit d’un projet de land art, sous la supervision d’une de mes collègues. J’ai tenté, sans succès, de trouver une appellation française au land art. J’ai songé à art de la terre, mais cette expression appartient déjà à une autre forme artistique.

Cela consiste à agencer toutes sortes d’objets trouvés dans la nature pour en faire une représentation artistique. À la lumière de leurs résultats, je constate que nos élèves possèdent un talent certain. Vous pourrez en juger par vous-mêmes en admirant la galerie ci-dessous.


Dans le cours d’univers social

Dans une manchette de La Presse du 28 septembre dernier :

Source : La Presse

Puis, dans une manchette du Journal de Montréal du 4 octobre :

La « commotion » a duré six heures. Imaginez une semaine !


Dans le cours de français

Avec le décès d’Andrée Boucher, plus tôt cette semaine, le Québec a perdu une excellente actrice, qui a su laisser sa marque à travers de grands feuilletons télévisés. Toutefois, l’hommage que lui a rendu l’Agence QMI, notamment sur le site de TVA Nouvelles, m’a fait saigner des yeux.

Source : TVA Nouvelles

#LeProfCorrige

Ici, à la fin de la deuxième ligne, on aurait dû voir déclenche et non d’éclanche. Pour réussir à laisser passer deux fautes dans un même mot, il faut presque faire exprès.


Dans le cours d’univers social, deuxième période

François Amalega Bitondo est cet activiste anti-mesures sanitaires qui manifeste devant les écoles pour tenter de convaincre les élèves de ne pas se faire vacciner. Lorsqu’il fait référence au port du couvre-visage, il parle d’esclavagisme et de torture. Lors de son procès, cette semaine, il a été reconnu coupable d’entrave au travail des policiers. 

Dans son jugement, le juge Randall Richmond a évoqué Henry David Thoreau, l’auteur du premier essai sur la désobéissance civile. Celui-ci luttait contre l’esclavagisme et a été emporté par la tuberculose. Le juge Richmond a déclaré : «C’est une maladie qui est pratiquement inexistante grâce à un vaccin. Je ne pense pas que Thoreau s’opposerait aux mesures sanitaires adoptées par le gouvernement pour le bien de tous».

Le message est clair.


Dans le cours de musique

C’est un pur bonheur de se laisser bercer au son de la musique acoustique du groupe montréalais The Franklin Electric. Les membres ont lancé un quatrième album, intitulé This Time I See It, en septembre. Ils entreprennent une tournée qui les mènera un peu partout au Canada, avec comme point de départ le Théâtre Lionel-Groulx, à Sainte-Thérèse, le vendredi 15 octobre. Tiré de ce dernier opus, je vous suggère, en #musiquebleue, le titre You and I.

The Franklin Electric – You and I – This Time I See It – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Avec l’automne vient la remise des différentes récompenses littéraires. Parmi les finalistes du prix Médicis, on retrouve le Québécois Kevin Lambert. Originaire du Saguenay, l’auteur, qui aura 29 ans la semaine prochaine, est en lice pour son premier roman, Tu aimeras ce que tu as tué, publié au Québec en 2017, mais seulement cette année en France. Il a depuis édité et lancé un autre récit, Querelle de Roberval, en 2018. Cette dernière œuvre avait d’abord été retenue pour la compétition du Médicis 2019, avant que le jury ne se ravise, prétextant une erreur.

Si Kevin Lambert devait remporter la prestigieuse récompense, il deviendrait le troisième lauréat québécois du Médicis, après Marie-Claire Blais, en 1966, et Dany Laferrière, en 2009. Le jury annoncera le résultat de ses délibérations le 26 octobre.


Réponse à la question de la semaine

Il faut remonter à la saison 2003-2004 pour trouver deux gardiens issus de la LHJMQ en début de campagne, avec le Canadien de Montréal. Cette année-là, José Théodore et Mathieu Garon étaient les cerbères de confiance de l’entraîneur-chef Claude Julien.


Image en titre du billet : Marie Lou Charbonneau

Billet du 17 septembre 2021 : Quand Jean-François se heurte à Peter

Selon le principe de Peter, établi dans un ouvrage publié en 1970 par Laurence J. Peter et Raymond Hull, toute personne avançant constamment dans sa carrière finit par atteindre son niveau d’incompétence.

Hier, dans un point de presse d’abord, puis dans un long fil publié sur son compte Twitter, la critique de Québec solidaire en matière d’éducation, Christine Labrie, a publiquement déclaré ce qu’on chuchote dans le milieu : le ministre Jean-François Roberge doit être démis de ses fonctions, s’il refuse de les quitter lui-même.

Son échec est manifeste. Son incompétence, tout aussi évidente, malheureusement. Comme Madame Labrie, je m’attendais à beaucoup mieux de la part d’un des nôtres. Ce fut d’ailleurs ma réaction lorsque j’ai appris sa nomination au conseil des ministres, en 2018. Enfin, un enseignant comme ministre de l’Éducation. Pour la première fois, un des nôtres. Trois ans plus tard, la déception est grande.

La députée de Sherbrooke évoquait la dégradation de tout le système d’éducation. Quand on le voit de l’intérieur, on constate la situation présente et on réalise clairement ce qui attend la société dans un futur plus ou moins rapproché. Comme pour l’environnement, on approche du point de non-retour pour toute une génération. Le laisser-aller est imputable aux gouvernements qui se sont succédé au cours des trois dernières décennies, mais le coup de barre promis par l’actuel premier ministre et son ministre de l’Éducation ne s’est traduit que par un ajustement de nos salaires, alors que les investissements essentiels dans les ressources humaines et matérielles se font toujours attendre.

Je demeure persuadé que Jean-François Roberge est un excellent enseignant. Suite à la lecture de ses livres, j’affirme qu’il est aussi un bon auteur. À titre de député, on me dit qu’il est très près de ses commettants et apprécié de ceux-ci. Comme ministre, il a failli à sa tâche. Il s’est heurté au principe de Peter.

Lire et entendre la déclaration de Christine Labrie, députée de Sherbrooke.


Dans le cours de français

Un fixeur est un chauffeur, un interprète, un guide et, très souvent, un garde du corps pour des journalistes étrangers effectuant des reportages en terrain hostile. Le terme est couramment employé dans le monde des médias. L’Office québécois de la langue française (OQLF) en proscrit toutefois l’utilisation, lui préférant des appellations comme guide-accompagnateur, par exemple. Les principaux intéressés continuent cependant de l’employer, d’autant qu’il est accepté dans de nombreux ouvrages de référence, tels le Larousse et le Robert. 

Lire une rubrique de La Presse sur le mot fixeur.

C’est un exemple qui s’ajoute aux nombreux mots et expressions qui, poussés par l’usage populaire, sont entrés par la grande porte dans nos dictionnaires. Récemment, le chroniqueur Patrick Lagacé prédisait que l’expression bon matin finirait également par s’y imposer. C’est une opinion que je partage et dont j’ai déjà fait état dans mes billets.

Lire la chronique de Patrick Lagacé.

Lire mon billet du 17 juillet 2020.

Un autre exemple est le verbe prioriser. On l’utilise de façon tellement courante et depuis si longtemps, qu’à peu près personne ne soupçonne qu’il est accepté depuis moins d’une décennie. Et encore, plusieurs continuent de le rejeter. 

Lire mon billet du 17 avril 2020.

Comme la nouvelle orthographe, souvent critiquée, l’ajout de ces mots et expressions témoigne de l’évolution du français, ce qui est une excellente nouvelle. Une langue qui cesse d’évoluer est une langue morte.


Dans le cours d’éducation physique

Mon téléphone cellulaire et ma montre intelligente comptent les pas que j’effectue quotidiennement. Chaque jour, comme plusieurs, je peine à atteindre les 10 000 pas recommandés pour le maintien d’une bonne santé physique. En fait, je n’y parviens que lorsque je planifie deux heures à mon horaire pour une marche de quelques kilomètres, après ma journée de travail. Même en enseignant debout, je n’atteins généralement que 5 000 ou 6 000 pas.

Je me réjouis toutefois des résultats d’une nouvelle étude, qui indique que 7 000 pas quotidiens seraient suffisants pour garder la forme. De plus, la cadence et l’intensité n’auraient aucune incidence dans les statistiques.

Lire l’article dans The Conversation.

La vie a beau être une course, les enjambées qu’elle nous demande semblent insuffisantes. Aussi incroyable que cela puisse paraître.


Dans le cours de français, deuxième période

La populaire station de radio 91.9 Sports a diffusé ceci sur son compte Twitter, mercredi :

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire «… que plusieurs ignorent» et non «… dont plusieurs ignorent». Le pronom relatif dont signifie de qui, de quoi ou duquel. Le remplacer par une de ces expressions dans la citation d’Anthony Marcotte n’a aucun sens.

Je tiens toutefois à me porter à la défense d’Anthony, avec qui j’ai eu l’occasion de travailler durant quelques années. Je certifie que son français est excellent. Si ces mots reflètent exactement ce qu’il a dit en ondes, il s’agit d’une erreur dont (de laquelle !) il est sans doute conscient. Même devant une citation, la personne responsable des réseaux sociaux à la station aurait dû voir à corriger avant de publier.


Dans le cours de musique

Miles Barnes est le nom d’artiste d’Émile Barnes, un rappeur montréalais. J’ai récemment entendu sa chanson Paire de nike, extraite de son album YFW, lancé il y a un an et demi. Au-delà des paroles amusantes, j’ai été séduit par cet étonnant mélange de rap et de jazz, sur fond de flamenco. Entrain et sourires assurés, à l’écoute du titre !

Miles Barnes – Paire de nike – YFW – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

La nouvelle n’est pas tout à fait bonne, mais l’histoire se termine bien et, surtout, soulage deux parents inquiets. Lors de l’attaque de l’aéroport de Kaboul, il y a trois semaines, une dame voulant quitter l’Afghanistan avec ses quatre enfants les a perdus dans la foule, lors des bombardements. Elle les croyait morts, lorsque trois d’entre eux ont fini par la rejoindre dans sa cachette, quelques jours plus tard. Mais personne ne savait ce qu’il était advenu du plus jeune, âgé de trois ans.

Dans la cohue, un adolescent de 17 ans l’avait agrippé à l’aéroport et emmené avec lui jusqu’au Qatar, où il a été placé en orphelinat. En effectuant des recherches afin de retrouver des membres de sa famille, des représentants des Nations Unies ont découvert que son père avait émigré au Canada, il y a deux ans. Déjà au courant de la survie de sa conjointe et de ses trois autres enfants, celui-ci était on ne peut plus heureux de constater que toute sa famille avait survécu à l’attaque. L’enfant a été placé dans un avion à destination de Toronto, où il a été réuni à son papa, cette semaine.

Lire la nouvelle dans The Globe and Mail.


Photo en couverture : Linda Boyer

Billet du 27 août 2021 : Bouse de bœuf

Vous avez bien lu. C’est de ça qu’il sera question, dans mon billet de ce matin. Remarquez, ce n’est pas tout à fait comme ça que Paul St-Pierre Plamondon a orthographié l’expression, mais il y référait assurément. Ni précisément de cette façon qu’Alain Dubuc a qualifié ce dans quoi le Québec allait se retrouver s’il n’investissait pas davantage dans les soins pour les personnes âgées. Mais une grande partie de la population canadienne en est sortie et cela suffit à en faire ma bonne nouvelle hebdomadaire.

Est-ce que la rentrée scolaire nous y replongera en faisant augmenter le nombre de cas d’infections à la COVID-19 ? Nous le saurons bientôt. En attendant, cette rentrée s’effectue sous une chaleur torride et insupportable. 

J’arrête ici mon élaboration du sujet, avant de me couvrir de ridicule comme l’avait fait Guy Fournier lors d’une entrevue à CHOQ-FM, il y a plusieurs années. Désolé pour ce fil conducteur bâti en introduction, mais je vous promets que le reste est pertinent !

Dans le cours de français

Les publications de cette semaine m’ont fourni de la matière à travailler avec mes élèves, lors de cours de français. J’en retiens deux pour les besoins de mon billet d’aujourd’hui, soit une faute d’accord et une autre de vocabulaire.

D’abord, dans La Presse. Un article publié lundi présentait une faute d’accord qui n’est toujours pas corrigée, au moment où je diffuse ce billet. Voici une capture de l’extrait contenant l’erreur :

#LeProfCorrige

Ici, le participe passé employé avec l’auxiliaire être doit s’accorder avec le sujet, feu, qui est masculin singulier. On aurait donc dû lire «… lorsque le feu en direction opposée est devenu jaune.», sans le e à «devenue».


Ensuite, lors d’une intervention sur Twitter, jeudi, le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon y est allé comme suit :

#LeProfCorrige

Pourquoi le «boulechite» ? Ici, il aurait été approprié d’employer un mot comme foutaise, par exemple, qui aurait eu la même signification et qui est bien contenu dans la langue française. J’aurais trouvé préférable, dans ce contexte, que PSPP écrive le terme dans son orthographe originale anglaise, bullshit, et le place entre guillemets. 

À titre de chef d’un parti qui se présente depuis toujours comme le seul défenseur fiable de la langue française, il est passé loin de la bonne démonstration.


Dans le cours de mathématiques

Article à la fois troublant et intéressant également publié dans La Presse, cette semaine. Je vais le résumer en lançant quelques chiffres.

Les personnes âgées de 65 ans et plus représentent actuellement 20 % de la population québécoise. Dans 10 ans, cette proportion aura dépassé les 25 %.

Au Québec, 9,4 % des aînés vivent en logement collectif, comparativement à 6,8 % dans le reste du Canada.

Par tranche de 1000 Québécoises et Québécois de 65 ans et plus, 114 avaient recours aux soins à domicile en 2019-2020, alors qu’ils étaient 155 onze ans plus tôt.

Alain Dubuc, à titre de membre de l’Institut du Québec (IDQ), sonne l’alarme : les gouvernements investissent trop peu dans les soins à domicile pour les aînés, malgré l’imposant budget qui leur est destiné annuellement. Si le Québec ne donne pas un sérieux coup de barre à ce chapitre, il risque fort d’en souffrir économiquement à partir de la prochaine décennie.


Dans le cours de musique

Vendredi dernier, mon épouse et moi soulignions nos 27 ans de mariage. Le même jour, la chanteuse montréalaise Martha Wainwright lançait son sixième album, Love Will Be Reborn. Je vous propose cette semaine la pièce Hole In My Heart, qui en est tiré.

Martha Wainwright – Hole In My Heart – Love Will Be Reborn – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Qui paie ses dettes s’enrichit, dit l’adage. Il semble que les ménages canadiens l’aient compris. Une étude de Statistique Canada, dont les résultats ont été publiés cette semaine, indique qu’une large partie de la population aurait profité du confinement et des autres restrictions imposées par la COVID-19 pour injecter des liquidités sur des prêts non hypothécaires. Ainsi, cette dette globale a chuté de 20,6 milliards $ durant la première année de la pandémie. Plus de 80 % de cette diminution se situe au niveau des cartes de crédit.

C’était la première fois depuis le milieu des années 1990 que la dette globale non hypothécaire des Canadiennes et des Canadiens subissait une diminution, elle qui avait connu une croissance régulière et importante annuellement, depuis.

C’est bien de constater que des nouvelles économiques liées à la pandémie peuvent être bonnes.

Lire le communiqué de presse


Journal de vacances du 6 août 2021

Il m’est arrivé à quelques reprises d’être en beau fusil à l’endroit du Comité international olympique (CIO). En 1995, entre autres, quand une histoire de pots-de-vin lui avait fait octroyer les Jeux d’hiver de 2002 à Salt Lake City, sans trop de considérations pour les trois autres villes concurrentes. Cet événement m’avait alors démontré qu’il pouvait y avoir de la corruption partout. Vraiment partout.

Le CIO a cependant pris une décision qui m’a fait plaisir, cette semaine, faisant passer la santé des athlètes au-dessus de tout le reste.

Ce billet est publié alors que le match de finale pour la médaille d’or en soccer féminin, aux Jeux olympiques de Tokyo, n’est toujours pas commencé. Les Canadiennes et les Suédoises auraient dû s’affronter hier soir, heure du Québec, mais le feront plutôt ce matin, dès 8 heures. D’abord, lorsqu’il fait nuit ici, il fait jour à Tokyo et vice-versa. Les deux équipes ont demandé un report de la finale en soirée, heure de Tokyo, en raison de la chaleur accablante. La requête nécessitait également un changement de site, à une heure de route de celui initialement prévu.

Malgré la réticence de certains réseaux de télévision, le CIO a consenti au changement. Cette fois, c’est la logique, et non l’argent, qui s’est retrouvée sur la plus haute marche du podium.


Déformation professionnelle

Après RDS et TVA Sports, la semaine dernière, c’est maintenant au tour de La Presse de laisser passer une faute d’orthographe. Dans un entrefilet publié mercredi soir, on pouvait lire ceci :

Ici, le verbe venir aurait dû être conjugué à la troisième personne du pluriel, son sujet étant pompiers. On aurait donc dû lire «(…) qui venaient de repêcher le corps (…)». L’erreur se trouve toujours en ligne, en ce vendredi matin.

#LeProfCorrige (même en vacances)


Dans mes écouteurs

Qu’ont en commun Jim Corcoran et Paul Cargnello ? Les deux sont anglophones, mais c’est en composant et en chantant en français qu’ils ont connu leurs plus grands succès musicaux. Cargnello donne cependant dans un style rock, teinté de blues, fort différent de la pop-folk de Corcoran, mais que j’affectionne particulièrement. En #musiquebleue, cette semaine, je vous propose donc L’Amour est pour les courageux, tiré de l’album Peut-être, de Paul Cargnello, lancé à la mi-juillet.

Paul Cargnello – L’amour est pour les courageux – Peut-être – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Cette bonne nouvelle ne l’est pas pour tout le monde, j’en conviens. J’imagine que le puissant lobby des producteurs de pesticides est loin de se réjouir de la décision d’Ottawa, cette semaine, de ne pas aller de l’avant avec sa demande de hausse de la limite permise de poison à parasites dans les aliments.

Lire l’article de Thomas Gerbet, sur radio-canada.ca

S’il est vrai qu’aucune étude ne démontre, actuellement, que la hausse demandée aurait un impact négatif sur la santé des consommateurs, il faut préciser que plusieurs devoirs en ce sens restent à faire. Et il est déjà acquis que les personnes qui, au travail, se trouvent directement en contact avec les pesticides sont plus susceptibles de développer certaines formes de cancer

Ce que le gouvernement fédéral a annoncé, mercredi, c’est que la norme en vigueur demeurerait tant et aussi longtemps que des études sérieuses et complètes ne viendraient pas donner raison à l’un ou l’autre des groupes de pression.

C’est la logique même.