Billet du 6 mars 2020 : Des partisans (ou des supporters) qui montrent des signes d’impatience

Dans le cours de français

Voici une publication de Raymond Filion, journaliste à TVA, parue sur Twitter, lundi :

#LeProfCorrige

Ici, mis à part une virgule qui aurait dû se trouver après la fermeture des guillemets, plutôt qu’avant, il n’y a pas de faute. Malheureusement, aurais-je envie d’ajouter. Parce que le mot supporters, employé ici par Monsieur Filion, est un anglicisme accepté dans la plupart des ouvrages de référence sur la langue française, même si plusieurs autres mots auraient pu être utilisés en lieu et place.

Ainsi, on aurait pu lire partisans, sympathisants, militants ou même supporteurs. Le mot supporteur, bien que calqué sur supporter, possède au moins le mérite d’avoir été francisé dans son orthographe.

Dans le cours de mathématiques

C’est de statistiques dont il sera question dans cette rubrique. Parce que plus tôt cette semaine, le directeur général du Canadien de Montréal, Marc Bergevin, a suscité des commentaires mitigés chez ses partisans en confirmant les retours de Claude Julien et de Trevor Timmins, la saison prochaine, en plus d’affirmer que Carey Price et Shea Weber étaient avec l’équipe pour y rester.

Contrairement à d’autres, je vois la chose plutôt positivement, malgré une interrogation.

Voici ce que j’en pense. D’abord, Marc Bergevin doit rester. Il s’est doté d’un plan avec un échéancier de cinq ans, et il n’en est qu’au milieu. L’organisation, Geoff Molson en tête, a approuvé ce plan. La moindre des choses serait de laisser toutes les chances à Bergevin de le mener à terme.

Ensuite, Claude Julien. On peut le critiquer, lui reprocher certaines décisions et même le trouver responsable de quelques-unes des défaites de l’équipe. La question qu’il faut se poser est la suivante : compte tenu de l’alignement dont il dispose, un autre entraîneur aurait-il fait mieux que lui ? En toute honnêteté, il faut répondre par la négative. Pas mieux de façon significative, en tout cas. Je suis donc d’avis que Julien doit demeurer en poste.

En Price et Weber, le Canadien trouve ses piliers, ses leaders, ses repères. S’il faut de jeunes guerriers dans une formation, il faut aussi une stabilité et des vétérans fiables. Bergevin doit donc trouver le moyen de les garder à Montréal, mais aussi de s’assurer de les garder heureux.

Mon interrogation, vous l’aurez deviné, concerne Trevor Timmins, le directeur du recrutement de l’équipe. Voici quelques statistiques en lien avec son travail.

Timmins a été embauché durant la saison 2002-2003. Sa première cuvée fut donc celle du repêchage de juin 2003. Depuis cette séance de repêchage, le Club de hockey Canadien et Trevor Timmins ont repêché 127 joueurs. De ce nombre, 47 ont joué au moins un match dans la LNH, pour une proportion de 37%. Un peu plus d’un joueur sur trois, c’est quand même très bien, quand on le regarde sous cet angle.

Cependant, si je ne considère que ceux qui ont joué 240 matchs et plus dans la LNH, soit l’équivalent de trois saisons ou plus, ce nombre de joueurs passe de 47 à 21.

Et c’est là que ça devient très inquiétant, parce que sur ces 21 joueurs qui ont joué 240 matchs et plus dans la LNH, 17 ont été repêchés lors des cinq premières séances de Timmins, de 2003 à 2007, alors qu’entre 2008 et 2019, soit en douze séances, sa récolte de joueurs ayant su s’implanter à long terme dans le circuit Bettman n’est que de quatre. Ce sont Brendan Gallagher, Nathan Beaulieu (maintenant avec Winnipeg), Alex Galchenyuk (maintenant avec Minnesota) et Artturi Lehkonen.

Il est pratiquement acquis que Mikhaïl Sergachev (maintenant avec Tampa Bay) et Victor Mete rejoindront ce groupe sous peu. Du reste, Ryan Poehling, Cale Fleury et Jesperi Kotkaniemi présentent d’excellentes chances d’y parvenir. Il demeure selon moi trop tôt pour évaluer les probabilités de Cayden Primeau, Jesse Ylönen, Cole Caufield et les autres joueurs réclamés lors des trois derniers repêchages.

Certains diront que c’est l’organisation du Canadien qui n’a pas su développer ses joueurs convenablement. Je n’endosse cette affirmation qu’en partie. Elle ne peut, à elle seule, expliquer d’aussi maigres statistiques.

À moins d’en refiler quelques-uns via des transactions, le Canadien disposera de 14 choix lors du prochain repêchage. C’est autant d’occasions pour Trevor Timmins de frapper un grand coup. Et surtout, d’améliorer ses statistiques.

Dans le cours de musique

Pur bonheur pour mes oreilles et pour mes yeux, dimanche dernier, alors que j’ai assisté au concert de la compositrice Alexandra Stréliski, dans le cadre de sa tournée Inscape. Déjà conquis par son immense talent, ses trois Félix remportés au dernier gala de l’ADISQ en illustrent une consécration, j’ai été séduit par sa sensibilité, son humour, ainsi que par la créativité de l’ensemble de son équipe de tournée.

Vous hésitiez à vous rendre assister à un de ses spectacles ? Offrez-vous ce plaisir, gâtez-vous. Son calendrier de tournée l’amènera dans plusieurs régions du Québec, au cours des prochains mois.

La bonne nouvelle de cette semaine

Mon choix s’arrête sur ce chauffeur d’autobus qui, spontanément, a interrompu son travail pour faire plaisir à une petite fille qui s’apprêtait à monter dans son véhicule. Alors que la fillette venait de lui indiquer que sa chanson préférée était Shake It Off, de Taylor Swift, voyez comment le conducteur a réagi :

Il en faut souvent peu pour rendre quelqu’un heureux. Cet homme l’a bien compris !

Billet du 28 février 2020 : Le français d’Emmanuelle Latraverse

Dans le cours de français

Emmanuelle Latraverse, journaliste à TVA/LCN, est à mon avis une professionnelle de l’information hors pair. Elle sait analyser, apporter un éclairage nouveau, trouver et présenter la nouvelle. La seule chose que je puisse lui reprocher, c’est de ne pas se relire avant de publier. Il est donc fréquent de trouver des erreurs de français dans ses publications.

Ayant découvert ceci il y a déjà quelque temps, j’ai songé à me rendre explorer son compte Twitter, afin de trouver des phrases à faire corriger par mes élèves de 6e année, dans le cadre d’une activité en classe. La manne s’est avérée plutôt abondante. Pour la période allant du 18 au 21 février, j’ai retenu pas moins de cinq publications, que mes élèves ont analysées.

Si pour certaines d’entre elles on constate des erreurs orthographiques ou grammaticales évidentes, d’autres affichent plutôt des coquilles, qu’un langage plus populaire qualifie de fautes de frappe. Quoi qu’il en soit, une relecture avant publication aurait certainement pu permettre à Madame Latraverse d’identifier les erreurs et de les corriger. C’est là un des messages que j’ai transmis à mes élèves.

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire « des chefs héréditaires », plutôt que « de chefs héréditaires ». Mais surtout, on aurait dû lire « l’injustice subie », plutôt que « l’injustice subies ». Le participe passé s’accorde avec injustice, qui est féminin singulier et non féminin pluriel.

Pour les quatre autres, un clic sur le mot Ici vous mènera directement à la publication concernée, sur le compte Twitter d’Emmanuelle Latraverse.

Ici, on aurait dû lire « pour rencontrer les Mohawks », plutôt que « pour rencontre les Mohwks ».

Ici, on aurait dû lire « se rendra à Smithers », plutôt que « ne rendra à Smithers ».

Ici, on aurait dû lire « Il y en a qui ont une haute opinion d’eux-mêmes. », avec un trait d’union, un s à la fin d’eux-mêmes et un point final, plutôt que « Il y en a qui ont une haute opinion d’eux même ….. », avec cinq points qui ne constituent pas un signe de ponctuation.

Finalement, ici, on aurait dû lire « du climat explosif », plutôt que « d climat explosif ».

Dans le cours d’art dramatique

Comme plusieurs, je suis demeuré perplexe, cette semaine, quand j’ai appris que suite à la plainte d’un parent, une enseignante d’art dramatique d’une école de Montréal avait retiré la chanson Les 100 000 façons de tuer un homme, de Félix Leclerc, d’un projet qu’elle travaillait avec ses élèves. Sous forme de satire, le texte de cette chanson conclut que la meilleure manière de détruire un être humain est d’en faire un chômeur. C’est là, semble-t-il, que le parent en question a accroché.

Bien que j’aurais moi-même agi différemment, j’estime que l’enseignante a pris une bonne décision. Dans un contexte où on doit réagir à une plainte, particulièrement dans le milieu de l’éducation, le fait de choisir ses combats et d’éviter les vagues peut constituer une très sage décision. Mais je trouve dommage que l’on rate une si belle occasion de promouvoir un des plus grands poètes québécois.

À partir du moment où les mots conviennent, chaque phrase peut révéler un sens que même un élève d’âge primaire peut comprendre, si on prend le temps de lui expliquer ou, encore mieux, de le lui faire découvrir. Cette nouvelle m’a rappelé une histoire similaire, survenue il y a une dizaine d’années, quand un enseignant ou une enseignante avait revu les paroles de L’Hymne à l’amour, d’Édith Piaf, en y remplaçant la finale « Dieu réunit ceux qui s’aiment », afin de rendre la chanson politiquement correcte face à toutes les croyances. Ceci avait également soulevé tout un tollé dans la population.

Je me souviens que j’avais alors fait écouter la chanson à mes élèves, dans sa version originale, comme amorce d’une discussion sur la nouvelle. Bien sûr, j’en avais aussi profité pour expliquer qui était Édith Piaf.

Et si je faisais la même chose avec Les 100 000 façons de tuer un homme ?

Dans le cours d’univers social (ou quand Andrew Scheer lève son verre à la Pat’Patrouille)

Le premier ministre du Québec, François Legault, a aussi réagi à la nouvelle mentionnée plus haut. Il déplorait la décision de retirer cette chanson de Félix Leclerc. Mais une autre personnalité politique, dans un autre dossier, s’est également portée à la défense d’un élément culturel s’adressant aux enfants, cette semaine.

En effet, Andrew Scheer, chef du Parti conservateur du Canada, a sévèrement critiqué la CBC, lui reprochant d’avoir cité un professeur d’université qui s’interrogeait sur un aspect qui, selon lui, faisait l’éloge du capitalisme dans l’émission Pat’Patrouille.

Loin de moi l’idée de m’exprimer sur qui a tort et qui a raison dans ce dossier. Mais je dois admettre que j’ai souri quand j’ai vu Monsieur Scheer lever son verre à la Pat’Patrouille, à la fin de son laïus.

Lien vers la défense de la Pat’Patrouille et du capitalisme, par Andrew Scheer.

La nouvelle heureuse de cette semaine

À partir d’aujourd’hui, j’inclurai une bonne nouvelle dans mon billet hebdomadaire. La tentation était forte de revenir avec l’histoire de David Ayres, ce conducteur de surfaceuse qui a connu son heure de gloire, samedi dernier, en relevant les deux gardiens de but blessés des Hurricanes de la Caroline et en remportant le match face aux Maple Leafs, à Toronto. Mais tout a déjà été mentionné sur ce sujet.

J’aborderai plutôt une statistique intéressante qui donne un côté agréable et positif, ne serait-ce que pour l’économie, à une importante accumulation de neige. La National Ski Area Association a en effet rendu son rapport annuel, la semaine dernière. Selon ce qu’on y découvre, la saison 2018-2019 se classe au 4e rang des 40 dernières années au niveau de l’affluence dans les stations de ski, en Amérique du Nord. Pas moins de 59 343 000 skieuses et skieurs ont ainsi pu pratiquer leur sport favori, l’hiver dernier.

Et j’en suis ! Certaines stations québécoises sont d’ailleurs demeurées ouvertes jusqu’à la Fête des mères, en mai de l’an dernier. L’importante chute de ce jeudi permettra certainement à la saison actuelle de prendre une sérieuse option sur le haut de ce classement, dans le prochain rapport annuel.

Mais il y a quand même quelque chose que je trouve fantastique dans l’histoire de David Ayres. Cet homme s’est levé, samedi matin, et a vécu sa journée comme il vivait toutes les autres, sans se douter que la soirée lui réservait un événement qui ferait en sorte que toute l’Amérique du Nord allait le connaître, avantageusement, dès le lendemain !

Bonne relâche !

Être enseignant, c’est aussi parfois accompagner ses élèves à différentes sorties. Ainsi, le 13 février dernier, nous avons profité d’une magnifique journée d’hiver pour aller prendre l’air dans une station de glisse des Laurentides. Certains élèves ont déjà mentionné qu’ils allaient profiter de la semaine de relâche scolaire pour y retourner, cette fois en famille.

Allez ! C’est le temps d’une pause. À bientôt.