Billet du 18 juin 2021 : Sous le thème de l’élimination

Le mot élimination peut prendre différents sens. Il nous a remplis de joie, cette semaine, quand Félix Auger-Aliassime a éliminé Roger Federer au tournoi de Halle, en Allemagne. On en redemande après que le Canadien de Montréal ait éliminé deux adversaires et poursuive sa route vers la Coupe Stanley. Il y a des guerres, des conflits, de la violence et des famines qu’on voudrait bien pouvoir éliminer.

Puis, il y a l’élimination des personnes. On entre alors dans le crime.


Dans le cours de français

La racine d’un mot est composée d’un groupe de lettres qu’on retrouve chez ses mots dérivés. Ami est ainsi la racine du nom amitié ou de l’adjectif amical. À ces mots, on peut ajouter un préfixe, qui précède la racine, ou un suffixe, qui suit la racine et termine le mot.

Le suffixe -cide désigne quelque chose qui tue ce que la racine du mot indique. Par exemple, un insecticide tue les insectes. Un homicide est un meurtre. Une guerre fratricide est une guerre meurtrière entre frères, dont le sens est généralement pris au figuré.

Aujourd’hui, vendredi, à 12 h 30, aura lieu à Trois-Rivières une manifestation organisée par la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie (TCMFM), afin de sensibiliser la population au fléau des féminicides touchant le Québec. Ce sont 13 femmes qui, depuis le début de 2021, ont été assassinées par des hommes.

La marche prendra forme sous le thème À l’heure actuelle, la 14e est encore en vie. Agissons. Phrase choc, s’il en est une.


Dans le cours d’éthique et culture religieuse

Un autre mot avec le suffixe -cide est génocide. Il désigne l’extermination d’un groupe de personnes ayant les mêmes origines ethniques ou religieuses.

Cette semaine, monseigneur Christian Lépine, archevêque de Montréal, a présenté ses excuses aux communautés autochtones canadiennes suite à la découverte des restes de 215 enfants autochtones dans un charnier de Kamloops, en Colombie-Britannique. Monseigneur Lépine n’a cependant pas été suivi par les autres membres de l’Église catholique, responsable du pensionnat dont il est question. L’application du terme génocide envers les peuples autochtones du Canada ne fait plus aucun doute. Le rapport de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées apporte clairement cette conclusion.

Assisterons-nous bientôt à d’autres macabres découvertes similaires ? Une chose est certaine, des recherches seront effectuées dans les autres pensionnats autochtones, où des disparitions ont été constatées, comme à Kamloops.

J’étais en début de carrière quand une élève, dans un cours de catéchèse, m’avait demandé en classe qui étaient les martyrs canadiens. Ils étaient huit, six jésuites et deux laïcs, élevés au rang de saints parce qu’ils avaient été assassinés par des peuples autochtones, il y a près de quatre siècles. J’éprouverais un certain malaise à répondre à cette question, aujourd’hui.


Dans le cours de musique

Découverte récente de ma conjointe, qui me suggère la pièce en #musiquebleue de cette semaine. L’artiste se nomme Elliot Maginot et est Montréalais d’origine. Il a d’abord diffusé ses compositions sur les réseaux sociaux, avant de passer quelques années à effectuer la tournée des bars et des petites salles de spectacles. Le 28 mai dernier, il lançait un premier album, Easy Morning, dont je vous propose la pièce-titre aujourd’hui.

Si la musique d’Elliot Maginot est classée dans le style pop indé, on y trouve également quelques notes de folk. Le son de la pièce Easy Morning n’est pas sans rappeler celui popularisé par Kate Bush, il y a quelques décennies. La voix de soprano de Maginot n’est pas étrangère à cette analogie.

Elliot Maginot – Easy Morning – Easy Morning – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Ma bonne nouvelle de cette semaine sera purement personnelle. Il reste deux journées d’enseignement à l’actuel calendrier scolaire, auxquelles s’ajoutent trois journées pédagogiques, et je pourrai enfin dire que plusieurs de mes collègues et moi aurons réussi à passer au travers cette satanée année COVID. Dans mon billet de la semaine dernière, je rendais hommage aux élèves pour les mêmes raisons. Cette semaine, c’est à tout le personnel scolaire que je lève mon chapeau.

Était-ce vraiment si difficile, se demandent encore certaines personnes ? Oui, je le confirme. En vingt-cinq ans de carrière, j’ai connu des moments émotivement très éprouvants, mais aucune année scolaire ne s’est avérée physiquement plus pénible que celle-ci. Porter le couvre-visage est une chose, mais enseigner des journées entières en parlant à travers cet objet, répéter plusieurs fois tout en haussant le volume de la voix pour espérer être mieux entendu, négocier avec les effets du confinement sur les élèves et les membres de leurs familles, tout ceci a contribué à rendre la fatigue quotidienne plus intense qu’elle ne se manifestait précédemment.

Bon nombre de collègues sont tombés ou tombées au combat, depuis septembre 2020, et bien peu ont jusqu’à présent réintégré leurs fonctions. Les cas d’épuisement professionnel sont très sévères.

Au-delà des vacances scolaires qui prendront leur envol au cours des prochains jours, il y a cette fierté d’avoir survécu à la mission, ceci mentionné en tout respect pour celles et ceux qui ont dû interrompre leur travail. Le repos sera quand même bienvenu.


Billet du 28 février 2020 : Le français d’Emmanuelle Latraverse

Dans le cours de français

Emmanuelle Latraverse, journaliste à TVA/LCN, est à mon avis une professionnelle de l’information hors pair. Elle sait analyser, apporter un éclairage nouveau, trouver et présenter la nouvelle. La seule chose que je puisse lui reprocher, c’est de ne pas se relire avant de publier. Il est donc fréquent de trouver des erreurs de français dans ses publications.

Ayant découvert ceci il y a déjà quelque temps, j’ai songé à me rendre explorer son compte Twitter, afin de trouver des phrases à faire corriger par mes élèves de 6e année, dans le cadre d’une activité en classe. La manne s’est avérée plutôt abondante. Pour la période allant du 18 au 21 février, j’ai retenu pas moins de cinq publications, que mes élèves ont analysées.

Si pour certaines d’entre elles on constate des erreurs orthographiques ou grammaticales évidentes, d’autres affichent plutôt des coquilles, qu’un langage plus populaire qualifie de fautes de frappe. Quoi qu’il en soit, une relecture avant publication aurait certainement pu permettre à Madame Latraverse d’identifier les erreurs et de les corriger. C’est là un des messages que j’ai transmis à mes élèves.

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire « des chefs héréditaires », plutôt que « de chefs héréditaires ». Mais surtout, on aurait dû lire « l’injustice subie », plutôt que « l’injustice subies ». Le participe passé s’accorde avec injustice, qui est féminin singulier et non féminin pluriel.

Pour les quatre autres, un clic sur le mot Ici vous mènera directement à la publication concernée, sur le compte Twitter d’Emmanuelle Latraverse.

Ici, on aurait dû lire « pour rencontrer les Mohawks », plutôt que « pour rencontre les Mohwks ».

Ici, on aurait dû lire « se rendra à Smithers », plutôt que « ne rendra à Smithers ».

Ici, on aurait dû lire « Il y en a qui ont une haute opinion d’eux-mêmes. », avec un trait d’union, un s à la fin d’eux-mêmes et un point final, plutôt que « Il y en a qui ont une haute opinion d’eux même ….. », avec cinq points qui ne constituent pas un signe de ponctuation.

Finalement, ici, on aurait dû lire « du climat explosif », plutôt que « d climat explosif ».

Dans le cours d’art dramatique

Comme plusieurs, je suis demeuré perplexe, cette semaine, quand j’ai appris que suite à la plainte d’un parent, une enseignante d’art dramatique d’une école de Montréal avait retiré la chanson Les 100 000 façons de tuer un homme, de Félix Leclerc, d’un projet qu’elle travaillait avec ses élèves. Sous forme de satire, le texte de cette chanson conclut que la meilleure manière de détruire un être humain est d’en faire un chômeur. C’est là, semble-t-il, que le parent en question a accroché.

Bien que j’aurais moi-même agi différemment, j’estime que l’enseignante a pris une bonne décision. Dans un contexte où on doit réagir à une plainte, particulièrement dans le milieu de l’éducation, le fait de choisir ses combats et d’éviter les vagues peut constituer une très sage décision. Mais je trouve dommage que l’on rate une si belle occasion de promouvoir un des plus grands poètes québécois.

À partir du moment où les mots conviennent, chaque phrase peut révéler un sens que même un élève d’âge primaire peut comprendre, si on prend le temps de lui expliquer ou, encore mieux, de le lui faire découvrir. Cette nouvelle m’a rappelé une histoire similaire, survenue il y a une dizaine d’années, quand un enseignant ou une enseignante avait revu les paroles de L’Hymne à l’amour, d’Édith Piaf, en y remplaçant la finale « Dieu réunit ceux qui s’aiment », afin de rendre la chanson politiquement correcte face à toutes les croyances. Ceci avait également soulevé tout un tollé dans la population.

Je me souviens que j’avais alors fait écouter la chanson à mes élèves, dans sa version originale, comme amorce d’une discussion sur la nouvelle. Bien sûr, j’en avais aussi profité pour expliquer qui était Édith Piaf.

Et si je faisais la même chose avec Les 100 000 façons de tuer un homme ?

Dans le cours d’univers social (ou quand Andrew Scheer lève son verre à la Pat’Patrouille)

Le premier ministre du Québec, François Legault, a aussi réagi à la nouvelle mentionnée plus haut. Il déplorait la décision de retirer cette chanson de Félix Leclerc. Mais une autre personnalité politique, dans un autre dossier, s’est également portée à la défense d’un élément culturel s’adressant aux enfants, cette semaine.

En effet, Andrew Scheer, chef du Parti conservateur du Canada, a sévèrement critiqué la CBC, lui reprochant d’avoir cité un professeur d’université qui s’interrogeait sur un aspect qui, selon lui, faisait l’éloge du capitalisme dans l’émission Pat’Patrouille.

Loin de moi l’idée de m’exprimer sur qui a tort et qui a raison dans ce dossier. Mais je dois admettre que j’ai souri quand j’ai vu Monsieur Scheer lever son verre à la Pat’Patrouille, à la fin de son laïus.

Lien vers la défense de la Pat’Patrouille et du capitalisme, par Andrew Scheer.

La nouvelle heureuse de cette semaine

À partir d’aujourd’hui, j’inclurai une bonne nouvelle dans mon billet hebdomadaire. La tentation était forte de revenir avec l’histoire de David Ayres, ce conducteur de surfaceuse qui a connu son heure de gloire, samedi dernier, en relevant les deux gardiens de but blessés des Hurricanes de la Caroline et en remportant le match face aux Maple Leafs, à Toronto. Mais tout a déjà été mentionné sur ce sujet.

J’aborderai plutôt une statistique intéressante qui donne un côté agréable et positif, ne serait-ce que pour l’économie, à une importante accumulation de neige. La National Ski Area Association a en effet rendu son rapport annuel, la semaine dernière. Selon ce qu’on y découvre, la saison 2018-2019 se classe au 4e rang des 40 dernières années au niveau de l’affluence dans les stations de ski, en Amérique du Nord. Pas moins de 59 343 000 skieuses et skieurs ont ainsi pu pratiquer leur sport favori, l’hiver dernier.

Et j’en suis ! Certaines stations québécoises sont d’ailleurs demeurées ouvertes jusqu’à la Fête des mères, en mai de l’an dernier. L’importante chute de ce jeudi permettra certainement à la saison actuelle de prendre une sérieuse option sur le haut de ce classement, dans le prochain rapport annuel.

Mais il y a quand même quelque chose que je trouve fantastique dans l’histoire de David Ayres. Cet homme s’est levé, samedi matin, et a vécu sa journée comme il vivait toutes les autres, sans se douter que la soirée lui réservait un événement qui ferait en sorte que toute l’Amérique du Nord allait le connaître, avantageusement, dès le lendemain !

Bonne relâche !

Être enseignant, c’est aussi parfois accompagner ses élèves à différentes sorties. Ainsi, le 13 février dernier, nous avons profité d’une magnifique journée d’hiver pour aller prendre l’air dans une station de glisse des Laurentides. Certains élèves ont déjà mentionné qu’ils allaient profiter de la semaine de relâche scolaire pour y retourner, cette fois en famille.

Allez ! C’est le temps d’une pause. À bientôt.