Billet du 19 mars 2021 : Les couleurs du temps

Dure semaine pour l’acceptation et la tolérance. Il me semble que c’est à tous les jours que les médias ont fait état d’un événement à connotation raciste au Québec ou envers des Québécois. J’en ai retenu quatre, que je commenterai brièvement ici.

Jocelyne Ottawa

D’abord, le cas de Jocelyne Ottawa, cette membre de la communauté atikamekw humiliée par deux infirmières au CLSC de Joliette, six mois après que Joyce Echaquan, une autre membre de cette communauté, soit décédée dans un établissement de santé situé à quelques pas de là, sous les injures et les insultes d’une infirmière et d’une préposée aux bénéficiaires. Le cas de Joyce Echaquan avait coûté leur emploi à quatre employés du CISSS Lanaudière, dont son directeur général. On attribue à Confucius une citation très pertinente : « L’homme sage apprend de ses erreurs; l’homme plus sage apprend des erreurs des autres ». Quels sont les antonymes de sage ? Mon site favori des synonymes et antonymes en a répertorié 39. Parmi ces antonymes, notons crétin, hurluberlu, idiot et imbécile. Après les 5e et 6e congédiements en six mois au CISSS Lanaudière, j’ose croire que celles et ceux qui restent ont maintenant acquis une grande sagesse.

Amir Attaran

L’histoire de Jocelyne Ottawa n’a pas manqué d’alimenter les propos belliqueux du professeur Amir Attaran, un Californien d’origine ayant immigré au Canada afin d’enseigner à l’Université d’Ottawa. Au cours de la semaine, il s’en est pris sur Twitter à François Legault, au Parti québécois, aux politiques québécoises et, moins directement, à toute la société québécoise. Décidément, après l’histoire de Verushka Lieutenant-Duval, l’automne dernier, l’Université d’Ottawa attire encore des projecteurs dont elle se serait bien passé. Doit-elle congédier Amir Attaran pour autant ? La réponse est non. Si je tenais des propos similaires aux siens dans ma classe, mon employeur m’indiquerait sans doute la porte, avec raison. Mais si je les tenais dans mes billets hebdomadaires ou sur mes comptes Twitter, Facebook ou Instagram, il ne pourrait rien faire, à moins de démontrer hors de tout doute que je l’ai fait sur mon temps de travail. En passant, un coup d’oeil sur le compte Twitter d’Amir Attaran permet de constater qu’il ne s’en prend pas qu’au Québec. Il insulte tous ceux qui ne pensent pas comme lui, peu importe leur origine. Il y a fort à parier qu’il ira un jour trop loin et qu’on signalera ses publications. Si Twitter a suspendu indéfiniment le compte d’un président américain, un professeur d’université pourrait sans doute subir le même sort.

L’Hôpital de Saint-Eustache

Il est inconcevable d’imaginer qu’un employeur puisse tenter de recruter une femme à la peau blanche pour combler un poste normalement ouvert aux gens de tous les genres et de toutes les origines ethniques. C’est pourtant ce qu’a fait l’Hôpital de Saint-Eustache, dix fois plutôt qu’une. On prétend qu’un « patient difficile » exige un profil précis de préposée aux bénéficiaires pour recevoir ses soins. Il est vrai que dans certains cas, notamment pour des raisons religieuses, on accepte des accommodements raisonnables. De choisir parmi le personnel en poste qui s’occupera de tel patient peut constituer un accommodement raisonnable, avec ses bénéfices tant pour le patient que pour les employés. De prévoir un échange de bons procédés avec une entité voisine peut demeurer dans les limites de l’acceptable. Mais de partir en recrutement avec des exigences spécifiques quant au genre et à la couleur de peau dépasse tous les cadres légaux du Québec et du Canada. Le CISSS Laurentides ne pouvait pas l’ignorer.

MDC Canada

MDC Canada est une entreprise privée oeuvrant dans le domaine de l’immigration, c’est-à-dire qu’elle offre ses services de consultation pour faciliter les démarches de toute personne étrangère désirant immigrer au Canada. Hier matin, voici la publicité qu’elle diffusait sur sa page Facebook :

Donc, selon MDC Canada, ce sont là les principaux bienfaits et inconvénients de vivre au Canada. Alors qu’on fait l’éloge d’une société multiculturelle dans la colonne des bons côtés, on déplore le grand nombre de francophones dans la colonne de droite. La lettre d’excuses du président fondateur de l’entreprise, qui prétend être lui-même un francophone originaire de Montréal, explique que le mandat de publicité avait été confié à un tiers et que le rédacteur en chef n’avait pas pu l’approuver avant la diffusion, en raison de problèmes de santé. Bon. Si cette histoire est inventée, nous faisons face à un mépris hors de l’ordinaire non seulement envers les Québécoises et les Québécois, mais envers tous les francophones du Canada. Si elle est vraie, elle démontre une carence organisationnelle évidente dans l’entreprise et il serait légitime de douter de sa crédibilité. Il demeure quand même plaisant de constater que MDC considère la poutine comme faisant partie des bons côtés du Canada. Reste à voir comment elle présentera les francophones, à partir de maintenant. Comme disait Confucius, « L’homme sage apprend de ses erreurs ».


Dans le cours de français

La direction de Twitter a fait subir un sociomuselage à Donald Trump. Le mot sociomuselage est maintenant accepté par l’Office québécois de la langue française. Il signifie Action concertée visant à empêcher l’expression d’idées jugées contraires à la morale.

Ce que je trouve formidable, c’est que ce mot a été suggéré par des élèves de l’École internationale de Montréal, dans le cadre du concours de créativité lexicale. Outre sociomuselage, les mots clicophobie et montage postfestif font également leur entrée dans Le grand dictionnaire terminologique.

Clicophobie, proposé par les élèves de la Polyvalente Armand-Corbeil, à Terrebonne, désigne la crainte de cliquer sur un hyperlien. Montage postfestif, suggéré par les élèves du Collège Sainte-Anne, à Lachine, définit une Vidéo promotionnelle constituée de séquences filmées lors d’une manifestation commerciale, culturelle ou sportive.


Dans le cours de musique

Le sacre d’Eli Rose comme révélation de l’année au dernier Gala de l’ADISQ était un peu passé inaperçu en raison de la pandémie, même si Alexandra Stréliski, Elisapie et elle avaient été les trois seules femmes à recevoir un Félix, ce soir-là. Si elle ne revendique qu’un seul album solo, un éponyme sorti en 2019 et sur lequel on retrouvait son grand succès Carrousel, Eli Rose a tout de même lancé quelques simples, depuis. Alors que je me proposais de vous faire entendre Alibi, une chanson sortie en décembre en deux versions, française et anglaise, j’ai eu la surprise de voir apparaître, hier, une collaboration entre elle et le rappeur français Kemmler, intitulée Loin de toi. Le résultat est intéressant. Le voici en #musiquebleue.

Loin de toi – Eli Rose et Kemmler – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Une entreprise québécoise, Lion Électrique, basée à Saint-Jérôme, s’est vue octroyer un prêt totalisant 100 millions $ par les gouvernements fédéral et provincial, pour la construction d’une usine d’assemblage de batteries. Lion Électrique, spécialisée dans la construction d’autobus scolaires et de camions lourds électriques, produira ainsi elle-même les blocs d’énergie nécessaires au fonctionnement de ses véhicules, alors qu’elle doit actuellement les importer de l’étranger. La mise en marche de cette usine créera 150 emplois à court terme, alors qu’autant seront créés à plus long terme, quand l’usine de batteries commencera à alimenter directement celle d’autobus et de camions.

Les bonne nouvelles s’empilent pour la compagnie québécoise, elle qui, en janvier, inscrivait dans son carnet une commande de 2 500 camions électriques pour le géant américain Amazon. Elle devrait prochainement effectuer son entrée en bourse.


Image en titre du billet : Shutterstock

Billet du 12 février 2021 : Éviter de copier-coller la relâche de l’an dernier

D’abord, qui a sursauté en voyant un temps de lecture de 12 minutes, sous le titre de ce billet ? Vous pouvez respirer et diviser au moins par deux le temps qu’il vous faudra pour vous rendre jusqu’au point final ! C’est que vous constaterez qu’une longue section pourra être défilée rapidement. Vous verrez un peu plus loin.

Une autre chose qui risque d’arriver rapidement, c’est l’annonce du resserrement des mesures sanitaire en vue de la relâche scolaire, début mars. En général, lorsque François Legault lance un objet de réflexion en point de presse, il ne met que quelques jours à le transformer en annonce officielle. Et si on se fie à ses propos de mercredi, sa réflexion semble très avancée.

Qui peut blâmer le premier ministre de vouloir restreindre les déplacements des Québécoises et des Québécois durant cette semaine de vacances ? Il est clair que le mauvais souvenir de l’an dernier demeure frais dans sa mémoire. Le premier cas de Covid-19 au Québec a été officialisé le 28 février 2020, soit le dernier jour d’école avant la relâche. À partir de la fin de cette relâche, une semaine plus tard, les cas se sont multipliés et on connaît la suite.

Depuis quelques semaines, plusieurs craignent ou prédisent une troisième vague en mars, en raison des variants britannique et sud-africain du virus. Alors que nous ne sommes pas encore à la mi-février, deux cas du variant sud-africain ont été confirmés en Abitibi et on pense avoir décelé un foyer d’une quarantaine de cas du variant britannique dans la région montréalaise. Et comme les variants semblent se propager plus rapidement que le virus initial, il faut prendre les bonnes décisions maintenant pour éviter de revivre une situation similaire à celle de l’an dernier.

Le loup se trouve déjà dans la bergerie. L’isoler dans un coin devient notre meilleure chance.


Dans le cours de mathématiques

Combien de fois a-t-on entendu qu’on pouvait faire dire ce qu’on voulait à des chiffres ? Qu’on soit d’accord ou non avec cette affirmation, Le Devoir et le Journal de Québec ont abordé la même nouvelle de façon presque contradictoire, cette semaine. Alors que le premier faisait état de la hausse marquée du taux d’échec chez les élèves du secondaire en cette année scolaire, le second mentionnait plutôt que les résultats demeuraient « moins alarmants que prévu ». Les deux reflètent pourtant bien la réalité.

En mathématiques, le taux d’échec est de 25,6 %, alors qu’il se situe entre 17 % (secondaire 4) et 20 % (secondaires 1 et 2) en français. Ces chiffres sont en hausse par rapport à l’an dernier, mais demeurent en-deçà des 30 % attendus par les experts, d’où le titre du Journal de Québec.

Dans les écoles primaires, les taux de réussite et d’échec sont les mêmes qu’avant la pandémie. Si on combine le primaire et le secondaire et qu’on considère toutes les matières, le taux de réussite est de 90 %, soit le même que l’an dernier. On remarque donc que la situation est loin d’être catastrophique. Pour le moment, du moins.

Parce que le nombre d’élèves et d’étudiants qui prétendent avoir une santé mentale précaire a bondi de 11 % à 30 % depuis un an. La hausse est également très prononcée en ce qui concerne le taux d’anxiété et rien ne permet de croire que cette tendance s’inversera à court terme. Les chiffres le démontrent et je le constate sur le terrain.

Devant cet état de fait, il faut relâcher la pression. Une des façons de faire, tout en rattrapant le retard dû à la pandémie, est de diminuer les évaluations et de réinvestir le temps ainsi gagné dans les apprentissages. Les évaluations sont une importante source de stress et d’anxiété pour qui les subit. En diminuer le nombre et la fréquence ne peut qu’être bénéfique, dans le contexte actuel.


Et je cite :

« Et si, au milieu d’une pandémie, on ralentissait le gavage d’informations, de tests et d’attentes afin de permettre aux enfants de respirer, d’explorer et de rêver, et ainsi d’y faire face, même encore mieux ? »

Donald Clark, professeur, conférencier et auteur, le 6 février 2021.

Dans le cours de français

Dans mon billet de vendredi dernier, je mentionnais qu’une collègue et moi avions lancé un défi à nos groupes d’élèves respectifs, soit celui de former le plus de mots possible à partir des lettres du mot romantique. J’ignorais que ce défi susciterait un tel engouement ! Non seulement les élèves ont-ils pris l’exercice très au sérieux, mais des lecteurs se sont également lancés dans l’aventure, m’écrivant pour me demander si des noms propres ou des verbes conjugués pouvaient être considérés.

En comptabilisant toutes ces possibilités, c’est beaucoup plus que les 71 mots supposés qu’on pouvait former. Mes élèves en ont trouvé 73, alors que ceux de ma collègue ont remporté le défi avec 92. Une lectrice m’a suggéré d’entrer les lettres du mot sur le site langue-au-chat.fr, ce que j’ai fait. Il en est sorti 891 mots !

Les voici :

ROQUAIENT – NUMEROTAI – MOURAIENT – MOQUERAIT – MOQUAIENT – MAROTIQUE – MAROQUINE – MAQUERONT – TRONQUAI – TOURAINE – TOQUERAI – TAQUINER – ROUMAINE – ROUAIENT – ROQUETIN – ROMANITE – ROMAIQUE – RETOQUAI – RENOUAIT – RENAQUIT – REMONTAI – RAMEQUIN – OUATINER – NUMEROTA – NOUERAIT – NOMARQUE – MUTINERA – MURAIENT – MOURANTE – MOQUERAI – MONTERAI – MONITEUR – MONARQUE – MINUTERA – MARQUENT – MAROQUIN – MARONITE – MANTIQUE – MANOQUER – INQUARTO – EQUATION – ENTOURAI – ENROUAIT – AUMONIER – ATONIQUE – ATOMIQUE – AORTIQUE – ANOMIQUE – AMUIRONT – AMUIRENT – AIMERONT – URANITE – UNIRAME – TUNERAI – TROQUAI – TRONQUE – TRONQUA – TRINQUE – TRINQUA – TRINOME – TOURNAI – TOUERAI – TORIQUE – TOQUERA – TONIQUE – TOMERAI – TIQUERA – TINAMOU – TERMINA – TAURINE – TAQUOIR – TAQUINE – TANIQUE – TAMOURE – RUMINAT – RUAIENT – ROUTINE – ROUMAIN – ROQUENT – ROQUANT – ROQUAIT – ROMAINE – RETOQUA – RENOUAT – RENOUAI – RENOTAI – REMUANT – REMUAIT – REMONTA – RAQUENT – OUIRENT – OUATINE – OUARINE – ORIENTA – ONTIQUE – OMIRENT – NUERAIT – NOUERAI – NOTERAI – NOTARIE – NOTAIRE – NORMAIT – NIQUERA – NIAQUER – NATRIUM – MUTINER – MUTERAI – MURIATE – MURETIN – MUERONT – MUERAIT – MUAIENT – MOUTIER – MOURANT – MOURAIT – MORTEAU – MORAINE – MOQUERA – MOQUENT – MOQUANT – MOQUAIT – MONTURE – MONTRAI – MONTEUR – MONTERA – MOITEUR – MOIRENT – MOIRANT – MOINEAU – MINUTER – MINORAT – MINARET – MERANTI – MENTIRA – MATRONE – MATINER – MARTIEN – MAROUTE – MARIENT – MAQUENT – MANQUER – MANOQUE – MANITOU – MANIQUE – MANIEUR – MAINOTE – INQUART – ETRIQUA – ENTOURA – ENROUAT – ENROUAI – ENOUAIT – AUTOMNE – ARTIMON – ARQUENT – AOUTIEN – ANTIQUE – AMURENT – AMORTIE – AMNIOTE – UTERIN – URINAT – URANIE – UNIATE – UNAIRE – TURION – TUNERA – TUERAI – TROUAI – TROQUE – TROQUA – TRONAI – TRIQUE – TRIQUA – TRAQUE – TRAINE – TOURNE – TOURNA – TOURIN – TOURIE – TOURAI – TOUERA – TORQUE – TOREAI – TOQUER – TOQUAI – TOMIEN – TOMERA – TIQUER – TIMORE – TEMOIN – TAURIN – TARINE – TAQUIN – TAQUER – TAMIER – RUTINE – RUMINE – RUMINA – RUINAT – ROUTAI – ROUMIE – ROUENT – ROUANT – ROUAIT – ROQUET – ROQUAT – ROQUAI – ROMANI – ROMANE – ROMAIN – RIMENT – RIMANT – RIANTE – REUNIT – REQUIT – REQUIN – RENTAI – RENOUA – RENOTA – RENIAT – RENAIT – REMUAT – REMUAI – RATION – RATINE – RANIME – RAMONE – RAMENT – RAIENT – QUIRAT – QUINTO – QUINTE – QUINOA – QUETAI – QUATRE – QUATER – QUARTO – QUARTE – OUTRAI – OUATER – OTIQUE – OTERAI – OTARIE – ORNAIT – ORMEAU – ORMAIE – ORIENT – ORANTE – OMERTA – NUMERO – NUERAI – NOUERA – NOUAIT – NOTERA – NORMAT – NORMAI – NOIERA – NIQUER – NIQUAT – NIAQUE – NATURE – NATRUM – NAQUIT – NAITRE – MUTINE – MUTINA – MUTERA – MURINE – MURENT – MURANT – MURAIT – MURAIE – MUNIRA – MUERAI – MOTEUR – MOREAU – MOQUER – MOQUAT – MOQUAI – MONTRE – MONTRA – MONTER – MONTAI – MOIRAT – MOIERA – MOIENT – MITRON – MITERA – MIRENT – MIRANT – MINUTE – MINUTA – MINQUE – MINOTE – MINORE – MINORA – MINEUR – MINERA – MEURON – METRAI – MERITA – MERINA – MENTOR – MENTIR – MENORA – MENAIT – MATURE – MATOIR – MATINE – MATEUR – MARTIN – MARQUE – MARINE – MAQUER – MAORIE – MANQUE – MANOIR – MANIER – MAITRE – MAINTE – MAIEUR – IOURTE – INERTA – ENTRAI – ENTOUR – ENTOIR – ENROUA – ENQUIT – ENOUAT – ENOUAI – EMIRAT – EMIANT – AURONT – AUMONE – ATRIUM – ATONIE – ARMENT – ARETIN – AOUTER – ANURIE – ANOURE – ANOMIE – ANIMER – AMORTI – AIRENT – AINOUE – AIMENT – AERIUM – URINE – URINA – URATE – URANE – UNITE – UNIRA – TURNE – TUNER – TUNAI – TUERA – TRUIE – TROUE – TROUA – TRONE – TRONA – TRINE – TRIME – TRIMA – TREMA – TRAME – TRAIN – TRAIE – TOURE – TOURA – TOUER – TOUAI – TOREA – TOQUE – TOQUA – TONIE – TONER – TOMER – TOMAN – TOMAI – TIQUE – TIQUA – TIMON – TIARE – TERNI – TENOR – TENIR – TENIA – TAURE – TAUON – TARIN – TARIE – TAQUE – TAIRE – TAINO – RUMEN – RUINE – RUINA – RUENT – RUANT – RUAIT – ROUTE – ROUTA – ROUMI – ROUIT – ROUIE – ROUET – ROUAT – ROUAN – ROUAI – ROTIN – ROTIE – ROTAI – ROQUE – ROQUA – ROMAN – RIOTE – RIOTA – RIMAT – RIENT – RIANT – REUNI – RENTA – RENOM – RENIA 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– INEAT – ETRON – ETIRA – ETAIN – EQUIN – ENTRA – ENTAI – ENOUA – EMIAT – AUTRE – AUNER – ATOUR – ATONE – ATOME – ATEMI – ARQUE – AROME – ARMON – ARMET – ARIEN – AOUTE – AORTE – ANTRE – ANITE – ANIME – ANIER – AMURE – AMUIT – AMUIR – AMUIE – AMOUR – AMONT – AMINE – AINOU – AIMER – AIENT – URNE – UNIT – UNIR – UNIE – TUNE – TUNA – TUER – TUAI – TROU – TRIO – TRIN – TRIE – TRIA – TRAM – TOUR – TOUE – TOUA – TORE – TOME – TOMA – TIRE – TIRA – TINE – TIEN – TIAN – TENU – TEAM – TARO – TARI – TARE – TAON – TAIN – TAIE – RUNE – RUAT – RUAI – ROUI – ROUE – ROUA – ROTI – ROTE – ROTA – RITE – RIME – RIMA – RIEN – REIN – REAT – REAI – RATE – RANI – RAMI – RAME – RAIT – RAIE – QUOI – QUIA – QUAI – OUIT – OUIR – OUIN – OUIE – OTER – OTAI – ORNE – ORNA – ORME – ORIN – OMRA – OMIT – OMET – OINT – NUIT – NUER – NUAT – NUAI – NOUE – NOUA – NOTE – NOTA – NORI – NOME – NOMA – NOIR – NOIE – NIET – NIER – NIAT – NEMI – NAIT – MUTE – MUTA – MURI – MURE – MURA – MUON – MUNI – MUET – MUER – MUAT – MUAI – MOUT – MOUE – MORT – MORE – MONT – MOIE – MOAI – MITE – MITA – MIRO – MIRE – MIRA – MINE – MINA – MIEN – MEUT – META – MENU – MENT – MENA – MEAT – MATU – MATI – MATE – MARI – MARE – MAIN – MAIE – ITOU – ITEM – IOTA – IMAN – EURO – ETUI – ETAU – ETAI – ENTA – EMUT – EMOU – EMOI – EMIT – EMIR – EMIA – AUTO – AUNE – ATRE – ARUM – ARME – AREU – AOUT – ANTE – AMUI – AMIE – AMER – AMEN – AIRE – AINE – AIME – UTE – URE – UNI – UNE – TUE – TUA – TRI – TON – TOM – TOI – TIR – TIN – TER – TAU – TAR – TAO – TAN – RUT – RUE – RUA – ROT – ROM – ROI – RIT – RIO – RIE – RIA – REM – REA – RAT – RAM – RAI – QUI – QUE – QIN – QAT – OUT – OUI – OTE – OTA – ORE – ONT – OIT – OIE – NUI – NUE – NUA – NOM – NIT – NIM – NIE – NIA – NET – NEO – NEM – MUT – MUR – MUE – MUA – MOU – MOT – MOR – MON – MOI – MOA – MIT – MIR – MIN – MIE – MET – MER – MEO – MAT – MAO – MAN – MAI – IRE – IRA – ION – EUT – ETA – EON – EMU – EAU – ART – ARE – ANI – ANE – AMI – AME – AIT – AIR – AIE – UT – UN – TU – TO – TE – TA – RU – RI – RE – RA – QI – OU – OR – ON – OM – NU – NO – NI – NE – NA – MU – MI – ME – MA – IN – EU – ET – EN – AU – AN – AI.

Vous devinerez que j’ai utilisé ici le bon vieux « copier-coller ». Et si vous avez défilé tous les mots sans les lire, vous venez de vous éviter six minutes de lecture !


Dans le cours de français, deuxième période

Est-ce que le verbe copier-coller fera un jour son entrée dans le Bescherelle ?

Je copie-colle, tu copies-colles, il copie-colle, …


Dans le cours de musique

Jesuslesfilles est un groupe qui a vu le jour dans le quartier Hochelaga, à Montréal, en 2008. Bien que leur album Tête de mort ait été lancé en 2020, c’est un extrait de leur album précédent, Daniel, que je vous propose cette semaine. Que raconte la pièce Hôpital ? Je n’en ai aucune idée, les paroles étant difficiles à percevoir à travers les notes des instruments dont le volume dépasse largement celui du chant. Ce qui a retenu mon attention, c’est le rythme et le son qui rappellent ceux de Billy Idol dans ses belles années. Et un vidéoclip des plus intéressants.

#musiquebleue

À l’impératif :

Copie-colle, copions-collons, copiez-collez.


La bonne nouvelle de cette semaine

Le sport professionnel ouvre de plus en plus ses portes à la présence féminine, dans les ligues masculines. Au baseball majeur, les Giants de San Francisco ont nommé une femme dans leur personnel d’instructeurs, alors que les Marlins de Miami sont devenus la première formation à embaucher une directrice générale.

Arbitre dans la NFL, au football américain, depuis la saison 2015, Madame Sarah Thomas est devenue dimanche la première femme à officier dans un match du Super Bowl. C’est une première digne de mention.

Photo : nfl.com

Au subjonctif imparfait :

Que je copiasse-collasse, que tu copiasses-collasses, qu’elle copiât-collât, …


Billet du 22 janvier 2021 : Une pause attendue

Hier, le premier ministre François Legault s’est quelque peu avancé sur sa position quant à l’annulation ou non de la semaine de relâche scolaire. Il a mentionné vouloir respecter la convention collective, ce qui laisse prévoir qu’il optera pour le maintien du congé printanier. C’est la bonne décision à prendre.

L’annulation est surtout promue par des animateurs d’une station radiophonique montréalaise, qui mentionnent y voir une occasion d’ainsi restreindre considérablement les voyages à l’étranger et de compenser partiellement, pour les élèves, les apprentissages ralentis par les confinements. J’admets que si je ne connaissais pas si bien la réalité du milieu de l’éducation, ces arguments m’apparaîtraient intéressants. Mais la réalité, pour plusieurs raisons, suggère autre chose.

D’abord, il faut vivre la situation dans les écoles pour réaliser à quel point tant les élèves que le personnel sont à bout de souffle. On prétend que tout ce beau monde s’est reposé de mars à septembre, rien n’est plus faux. Déjà, au début du premier confinement, plusieurs enseignants, j’en suis, ont entrepris des contacts académiques à distance avec leurs élèves. Deux semaines plus tard, et jusqu’à la fin du mois de juin, une forte majorité d’enseignants ont emboîté le pas, malgré le manque de ressources matérielles. À travers tout cela, les élèves apprenaient une nouvelle façon d’apprendre.

Depuis septembre, le travail s’accomplit presque normalement, malgré des mesures sanitaires qui bousculent nos horaires et augmentent considérablement la tâche de tout le personnel. Et sincèrement, dans un milieu où les échanges verbaux sont omniprésents et essentiels, le port du couvre-visage par tous rend l’exercice épuisant. La pause sera donc bienvenue tant pour les élèves que pour le personnel, avant d’entreprendre les treize ou quatorze dernières semaines de l’année scolaire.

Ensuite, a-t-on pensé aux stations de ski ? Déjà privées d’une part importante de leur clientèle, la perte de leur semaine la plus lucrative de la saison risque de causer un tort irréparable à plusieurs d’entre elles et à un secteur de l’économie québécoise.

La plupart des gens l’ignorent, mais la semaine de relâche n’est pas rémunérée pour les enseignants. Bien sûr, l’étalement de notre salaire sur 26 périodes de paie nous assure un revenu régulier, mais je me demande quel argument, en période de négociation de convention collective de surcroît, serait assez solide pour nous convaincre d’aller enseigner bénévolement durant la première semaine de mars.

Ajoutez à cela la pénurie d’enseignants. Il y a une dizaine d’années, près du quart (24%) des nouveaux enseignants quittaient la profession après cinq années ou moins. J’ignore les statistiques plus récentes à ce niveau, mais ce que je sais, c’est que les arrêts de travail pour maladie sont plus nombreux et se comptent maintenant en mois et en années avant le retour au travail, lorsque retour il y a. Je constate également l’importante baisse d’inscriptions dans les facultés d’éducation des universités québécoises. La relève n’est pas au rendez-vous. Chaque décision allant à l’encontre des bonnes conditions de travail revêt donc une grande importance, qui s’avère néfaste pour le recrutement.

La transformation de la première semaine de mars en jours d’école aurait-elle un impact positif sur les apprentissages des élèves ? Dans ce contexte, je doute qu’il soit important, s’il s’avère. Mon expérience me dicte également que le taux d’absentéisme risque d’être élevé. Quant à l’autre argument, celui de restreindre les voyages à l’étranger, plusieurs autres outils s’offrent à nos deux gouvernements. Le Nouveau-Brunswick n’a pas eu besoin du fédéral pour fermer ses frontières. Imposer une quarantaine dans un endroit défini et surveillé, aux frais du voyageur, est aussi une solution envisageable et qui se voit ailleurs.

Parce qu’entre vous et moi, si l’annulation de la semaine de relâche scolaire permettait effectivement de restreindre la quantité de voyages familiaux pour des gens de la classe moyenne, aurait-elle le même impact chez d’autres, comme certains élus avides de soleil et de plages, par exemple ? Je serais curieux d’entendre la réponse d’un des animateurs de la station de radio montréalaise qui a lancé cette suggestion.


Dans le cours d’éducation physique

L’apprentissage de la vie en société trouve une grande place à travers les cours d’éducation physique, à l’école. Très jeune, on y apprend le partage de l’équipement, l’entraide, le jeu de groupe. On y apprend à bien gagner, en respectant l’adversaire et en saluant sa performance. De la même manière, on y apprend aussi qu’être bon perdant, ce n’est pas d’aimer perdre, mais de reconnaître que l’autre a livré une joute légitime qui l’a conduit vers une victoire méritée.

Mercredi, la journaliste Weijia Jiang, correspondante à la Maison-Blanche pour CBS News, a relayé sur son compte Twitter le texte du discours d’adieu de Donald Trump, tel que remis à la presse américaine. Selon ce texte, le président défait devait pour la première fois nommer le président élu Joe Biden et sa vice-présidente Kamala Harris, leur souhaitant bon succès dans leur travail pour garder le pays fort, prospère et libre. De toute évidence, Trump a sauté cette ligne dans son discours.

Je me demande quels étaient les résultats du petit Donald dans ses cours d’éducation physique, à l’école élémentaire.


Et je cite :

« En rejoignant l’Accord de Paris sur le climat, le président Biden confirme qu’il est plus préoccupé par les intérêts des citoyens de Paris que par les emplois des citoyens de Pittsburgh. »

Ted Cruz, sénateur du Texas, le 20 janvier 2021

Si vous pensez que ces propos du sénateur Cruz auraient peut-être été mal rapportés ou mal traduits, je vous invite à en consulter la source.


Dans le cours de musique… et de français

Voici une #musiquebleue toute particulière, cette semaine. Une #musiquebleue où la musique est accessoire, où les paroles se dressent à l’avant-scène. David Goudreault est travailleur social, écrivain et poète. Il y a dix ans, il est devenu le premier Québécois à remporter la Coupe du monde de poésie, à Paris. Deux autres allaient suivre, en 2013 et 2016. Donnant dans le slam, David Goudreault revendique quatre albums. Son dernier, Le nouveau matériel, a vu le jour en décembre. Pour la pièce Mémoires, extraite de cet album, l’artiste s’est adjoint la belle et puissante voix de Luce Dufault, ainsi que le talent de la comédienne Francine Ruel pour incarner le personnage central d’un vidéoclip des plus touchants.

Mémoires, de David Goudreault, tiré de l’album Le nouveau matériel.

La bonne nouvelle de cette semaine

Il y a plusieurs façons de répandre le bien autour de soi. Un dénommé Donald Hargray a su le faire avec brio. Après l’importante accumulation de neige de samedi dernier, l’homme de 65 ans s’est rendu dans le stationnement de l’Hôpital régional de Saint-Jérôme pour déneiger les automobiles du personnel de l’endroit. Au total, ce sont plus de 180 travailleuses et travailleurs de la santé qui ont pu quitter leur lieu de travail sans avoir à se préoccuper de cette tâche, Monsieur Hargray étant passé le faire à la fin de deux quarts de travail.

Au total, il en aura coûté quelques heures de travail et aucune implication pécuniaire. Mais surtout, le temps investi a rapporté joie et soulagement à plusieurs dizaines de personnes.


Billet du 4 décembre 2020 : Une semaine toute littéraire

Il faut souvent peu de choses pour semer le bonheur. Il y a quelques semaines, la directrice de l’école où j’enseigne, lors d’une rencontre avec mes élèves, leur suggérait d’écrire une lettre à leurs grands-parents et de la leur poster. Les communications ayant beaucoup évolué, le courrier personnel est pratiquement disparu de la réalité moderne. D’ailleurs, aucun de mes élèves, âgés de 11 et 12 ans, ne savait comment poster une lettre. Afin de favoriser les suites à sa suggestion, ma patronne m’a offert une roulette de timbres, dans les jours qui ont suivi.

J’ai donc saisi l’occasion pour démarrer ce projet d’écriture dans ma classe. Hier, nous avons marché jusqu’à une boîte postale située à proximité de l’école et chacun de mes 24 élèves a posté sa lettre. Au cours des prochains jours, autant de grands-parents ou de couples de grands-parents, isolés par les mesures sanitaires, recevront ces mots d’amour. Certains voleront jusqu’en France, au Brésil, au Maroc et en Haïti.

La magie de Noël demeure bien présente.


Dans le cours de français

Plusieurs événements liés à la littérature se sont déroulés, au cours des derniers jours. Outre le Salon du livre de Montréal, qui y est allé cette année d’une édition entièrement virtuelle, les prestigieux prix Goncourt et Renaudot ont été décernés cette semaine. Une première, le Renaudot 2020 de l’essai a été attribué à une Québécoise, Dominique Fortier, pour sa biographie de la poétesse Emily Dickinson. Le livre est intitulé Les villes de papier.


Dans le cours de français, deuxième période

Une association de libraires demande à des personnalités de diffuser une liste de suggestions de livres pour le congé des Fêtes. Parmi elles, le premier ministre du Québec, qui se plie volontiers à l’exercice. Ses suggestions de livres sont diffusées, au même titre que celles des autres personnalités impliquées. Mais comme l’actuel premier ministre n’a toujours pas reconnu que du racisme systémique était vécu au Québec, et aussi parce que parmi ses suggestions se trouve celle d’un auteur qui ne fait pas l’unanimité, l’association de libraires reçoit une série de menaces et d’invectives. Au point où elle décide de retirer les choix du premier ministre de sa liste de diffusion. Ce qui crée le tollé inverse. Les libraires reviennent donc sur leur décision, 24 heures plus tard, et diffusent de nouveau les choix du premier ministre.

C’est bien cela ?

Ah bon.


En tant que lecteur, je remercie François Legault pour sa liste littéraire, que je trouve fort intéressante. Oui, Mathieu Bock-Côté en fait partie. Et en effet, je suis plus souvent qu’autrement en désaccord avec ses positions que je trouve rétrogrades, exclusives et d’un nationalisme se rapprochant de celui des Le Pen. Mais je lis quand même Mathieu Bock-Côté ! Parce que, justement, je veux connaître et comprendre les arguments de celles et ceux dont les opinions diffèrent des miennes.

Quant à la position du premier ministre sur le racisme systémique, je propose d’en débattre sur une autre tribune que celle offerte par les libraires. Il me semble que ce serait plus pertinent.


Dans le cours de musique

Je fais une exception, cette semaine. Comme à l’habitude, j’irai de la présentation d’une musique toute québécoise. Cependant, plutôt que d’y aller avec une émergence artistique, je profiterai de l’espace que je m’offre chaque semaine pour rendre hommage au grand André Gagnon, décédé hier. Peu de gens le savent, mais André Gagnon est à l’origine de la musique de la plupart des chansons de La souris verte, une émission qui a bercé mon enfance. Il a passé sa carrière à composer des oeuvres originales ou à adapter celles d’autres compositeurs, comme Claude Léveillé, dans tous les styles. Son grand succès de l’album Neiges, Wow, s’inscrit dans la plus pure mouvance disco du milieu des années 1970. C’est toutefois un autre succès, tiré de l’album Le Saint-Laurent, que je vous propose en #musiquebleue. En hommage à un pianiste québécois de renommée mondiale, voici Un piano au soleil.


La bonne nouvelle de cette semaine

En septembre dernier, le chroniqueur Patrick Lagacé publiait un billet dans lequel il était question de deux frères jumeaux de 17 ans, originaires du Congo, qui pour suivre leurs cours à distance s’installaient aux abords d’une bibliothèque montréalaise, au froid, car c’était pour eux la seule manière de pouvoir bénéficier d’un réseau sans fil efficace. La chronique avait suscité une immense vague de réactions, de laquelle une campagne de sociofinancement a été mise sur pied afin de soutenir financièrement ces jeunes immigrants et leur mère.

La semaine dernière, Lagacé récidivait en publiant cette fois un reportage sur la mère des deux garçons. Plusieurs fois par an, notamment dans le cadre de cours d’univers social, je répète à mes élèves, exemples à l’appui, à quel point nous sommes chanceux de vivre ici, au Québec, au Canada. Non seulement le contenu de ce texte s’ajoutera-t-il à ma liste d’exemples, mais le courage et la volonté de cette mère d’offrir un bel avenir à ses fils est digne de mention dans ma rubrique de bonne nouvelle hebdomadaire.

Victime de violences au Congo, cette mère a profité d’une tournée au Canada de la troupe de danse dont elle faisait partie pour demander son statut de réfugiée. Les garçons, demeurés au Congo, étaient alors âgés de trois ans. Ils en avaient neuf lorsqu’après maintes démarches, leur mère les a revus, ici, à Montréal. Elle s’est rapidement adaptée à la vie québécoise en suivant, peu de temps après son arrivée, un cours pour devenir préposée aux bénéficiaire, métier qu’elle pratique depuis, toujours dans le même CHSLD. En ne maintenant qu’un lien téléphonique avec eux, elle s’est privée de la majeure partie de l’enfance de ses fils. Malgré cela, et malgré la rigueur de nos hivers, elle répond un franc « Jamais ! » à son interlocuteur, lorsqu’il lui demande si elle éprouve le moindre regret de se trouver maintenant ici.

De toute évidence, la force et la persévérance des fils sont tout droit héritées de leur mère.


Billet du 13 novembre 2020 : Peser les maux

Une personne de mon entourage répète régulièrement qu’il n’y a rien de plus stable que le changement. Encore hier, les événements lui ont donné raison. Alors qu’il y a quelques jours à peine le premier ministre du Québec martelait pour une ixième fois qu’il n’était pas question de fermer les écoles en raison de la deuxième vague de Covid-19, François Legault ouvrait la porte à cette possibilité, il y a moins de 24 heures. Et si je me fie à ses autres décisions prises depuis le début de la pandémie, ce genre de déclaration annonce généralement un passage aux actes à court terme.

Dans le cours de mathématiques

D’abord, l’Europe est très durement touchée par cette deuxième vague, depuis plusieurs semaines. Aux États-Unis, les nouveaux cas quotidiens sont à 76 000 et pourraient atteindre les 300 000 avant la fin du mois. Le Québec commence à présenter des chiffres alarmants, mais contrairement à ce qui fut le cas lors de la première vague, les autres provinces sont aussi heurtées fortement. L’Alberta et le Manitoba ont maintenant dépassé la moyenne canadienne, une première, alors que l’Ontario s’en rapproche dangereusement.

Source : Radio-Canada.ca

Dans les écoles québécoises, il y a actuellement 1214 classes fermées en raison du coronavirus, dont 324 depuis les 48 dernières heures. C’est ce qui a fait dire au premier ministre que le congé des Fêtes pourrait être prolongé, une solution qu’il avait balayée du revers de la main pas plus tard que la semaine dernière. Selon ce qu’il a mentionné, les journées perdues devraient être reprises, en tout ou en partie, avant de clore l’année scolaire.

Mais quand ? Prolonger l’année jusqu’en juillet inclusivement serait hasardeux avec un personnel scolaire déjà à bout de souffle en novembre. Et si je me fie au taux élevé d’absentéisme des élèves qu’on constate annuellement en juin, j’ose à peine imaginer ce qu’il en serait en juillet.

Rayer des journées pédagogiques du calendrier ? Ce serait plutôt incongru, quelques jours à peine après en avoir ajouté trois. Éliminer la semaine de relâche ? C’est le tourisme québécois qui en souffrirait, particulièrement les stations de glisse qui ont besoin de cette clientèle.

La solution est pourtant simple. Le gouvernement nous a demandé de nous préparer à basculer en enseignement à distance à n’importe quel moment. Nous l’avons fait, nous sommes prêts. Ce n’est pas l’idéal, j’en conviens, mais la transmission des contenus des programmes continuerait de s’effectuer et pour quelques semaines, aucun n’aurait un retard important à rattraper. Le professionnalisme du personnel scolaire n’est plus à démontrer. Les élèves font preuve d’une résilience incomparable. Que le gouvernement nous fasse confiance et chacun continuera d’avancer.

On pèse ses mots pour épargner les sensibilités. Il est temps de peser les maux et d’y aller avec le moindre.


Dans le cours d’univers social

Lorsque j’ai publié mon billet de vendredi dernier, le dépouillement des votes de l’élection américaine se poursuivait pour une troisième journée. Ce n’est que le lendemain, samedi, que Joe Biden a été proclamé président élu et que Donald Trump s’est replié dans le déni, vociférant quotidiennement sur Twitter qu’il était gagnant, que les Démocrates lui avaient volé l’élection et qu’il allait le prouver devant la Cour suprême des États-Unis.

Dès lors, on s’est mis à interpréter tous ses faits et gestes, autant que son mutisme hors Twitter. Le renvoi de son secrétaire à la Défense, en début de semaine, est même perçu par certains comme les premiers pas d’un coup d’état. Dans d’autres cercles, on murmure que le prochain président, au nom de la paix sociale, pourrait gracier Trump, avec ou sans conditions. Est-ce que Joe Biden le ferait ? Très possiblement. Mais le geste pourrait aussi venir de Mike Pence.

En 1974, Gerald Ford, successeur de Richard Nixon après sa démission, avait accordé le pardon présidentiel à ce dernier, afin de lui éviter toute poursuite fédérale. Une hypothèse avance donc que Trump pourrait quitter ses fonctions avant le 20 janvier. Mike Pence deviendrait alors automatiquement président et pourrait gracier le magnat de l’immobilier de toute accusation fédérale potentielle. Ceci ne l’immuniserait cependant pas contre des poursuites intentées par des états ou des intérêts privés.

En ce qui me concerne, je penche plutôt vers quelque chose de plus simple. Trump a définitivement mal digéré sa défaite. Ses publications virulentes sur Twitter et les traits tirés qu’il présentait lors des cérémonies de la Journée des anciens combattants, sa seule sortie publique en dix jours, le démontrent. Je suis d’avis qu’il est probablement déjà en train de préparer l’élection de 2024, où il tentera de nouveau de représenter les Républicains. Deux questions importantes demeurent : L’establishment républicain voudra-t-il encore de lui ? De quelle manière continuera-t-il d’entretenir sa base, soit les 72 millions d’électeurs qui l’ont appuyé ? Les réponses à ces questions causeront à tout le moins quelques remous, au pire, un raz-de-marée.


Et je cite :

« Arrêter Trump n’est qu’une solution à court terme. La solution à long terme, et ce sera plus difficile, consiste à réparer le système d’éducation qui a créé tant de gens suffisamment ignorants pour voter pour Trump. »

Andy Borowitz, auteur et comédien, le 4 novembre… 2016

Dans le cours d’anglais

Aujourd’hui, nous allons traduire une phrase d’un communiqué de l’ambassade des États-Unis à Abidjan, en Côte d’Ivoire, diffusé sur Twitter le 4 novembre dernier. Voici le communiqué :

Source : Twitter

La première phrase du deuxième paragraphe, « The United States calls on Côte d’Ivoire’s leaders to show commitment to the democratic process and the rule of law. », devrait se traduire comme suit : « Les États-Unis appellent les dirigeants de la Côte d’Ivoire à démontrer leur engagement envers le processus démocratique et l’état de droit. »

Le 4 novembre 2020, c’était au lendemain de quoi, déjà ?


Dans le cours d’anglais, deuxième période

Des organismes de plusieurs pays avaient pris l’habitude, à la fin d’une année, de se prononcer sur le mot de l’année, désignant ainsi un mot qui avait vu son utilisation augmenter considérablement au cours des mois précédents. Si la tradition s’est peu à peu perdue (la France, entre autres, y a mis fin après 2017), le dictionnaire britannique Collins poursuit l’exercice et a dévoilé son mot de l’année 2020, cette semaine. Quel est-il ?

Je vous le donne en mille. Il s’agit de lockdown. En français, on dit confinement.


Jouons avec les mots

Des mots qui possèdent la même orthographe mais qui ont des classes ou des sens différents sont appelés des homographes. Par exemple, le nom son et le déterminant possessif son sont des homographes. Ceux-ci donnent parfois lieu à quelques difficultés. Par exemple, avec la phrase J’aime cet instrument, mais son son est trop fort, il faut user d’adresse pour en expliquer l’analyse à un groupe d’élèves.

Donc, si je pars de la phrase Nous cuisinions et ensachions quelques repas, puis nous portions nos portions jusque dans le congélateur, les mots portions appartiennent à des classes très différentes. Dans le premier cas, il s’agit du verbe porter, conjugué à la première personne du pluriel de l’imparfait, alors que le second est un nom commun accordé au pluriel.


Dans le cours de musique

Cette semaine, je vous présente Myëlle, une auteure-compositrice-interprète de 37 ans. Connue dans l’industrie depuis plus d’une dizaine d’années, elle a lancé un premier court album en 2014, avant d’enchaîner en février dernier avec la chanson Arizona. C’est toutefois la chanson Les miroirs, sortie la semaine dernière, que je vous présente en #musiquebleue. Les deux dernières pièces figureront sur un album qui nous arrivera en 2021.


La bonne nouvelle de cette semaine

À certains égards, le confinement du printemps dernier a offert quelques bénéfices à plusieurs personnes. Parmi elles, Flavie Légaré, une jeune Montréalaise âgée de 11 ans, de même qu’Hubert Jasmin, 8 ans, jeune résident de Longueuil. De lecteurs discrets, ils sont passés à la postérité.

C’est que J. K. Rowling, l’auteure des sept tomes de la populaire série Harry Potter, a lancé sur Internet un roman inédit, longtemps inachevé, qu’elle a complété au fur et à mesure qu’elle en diffusait le contenu. Histoire d’intéresser davantage son vert lectorat, la maison d’édition Gallimard Jeunesse a lancé un concours d’illustration afin d’agrémenter les pages de ce qui allait devenir la version imprimée du roman L’Ickabog, qui paraîtra début décembre. Les dessins de Flavie et d’Hubert ont ainsi été sélectionnés. Flavie a dessiné un pied de bois au crayon feutre, qu’elle mentionne avoir réalisé en 5 minutes seulement, alors qu’Hubert a utilisé les crayons de bois et le fusain pour donner un corps au capitaine Blatt, un personnage de l’histoire.

Les deux enfants ont reçu une édition de luxe du roman, dédicacée par l’auteure, ainsi qu’un lot de livres Gallimard Jeunesse qui seront remis à la bibliothèque des écoles qu’ils fréquentent.


Image en titre du billet : Shutterstock


Billet du 15 mai 2020 : Haut les masques !

Après l’école

La journée est terminée. Les travaux aussi. Je peux enfin prendre du temps pour moi. Je suis seul chez moi. Je mets de la musique et je danse. Jusqu’ici, ça va ? Je continue.

En ce temps de confinement, un ami m’appelle en vidéoconférence. Il voit que je danse. Nous décidons de nous amuser et de monter une chorégraphie à distance. Ça va toujours ?

Une fois la chorégraphie complétée, nous nous installons chacun devant l’écran de notre tablette électronique, nous exécutons la chorégraphie chacun de notre côté et nous rions beaucoup. À distance. Un problème ?

Mon ami propose de refaire la danse, de l’enregistrer et de la déposer sur sa chaîne YouTube. D’accord, là, peut-être que ça en chatouillera certains. Parce que sur mon lieu de travail, je dois maintenir une certaine prestance. Mais je décide d’y aller quand même ! Je suis chez moi, après le travail, et je ne fais qu’une vidéo de danse, après tout.

Tout ce qu’il y a de plus légal, honnête, drôle et sain. Oui, sain. Parce qu’enfin, j’ai l’occasion de me détendre.

Ceci est une histoire vécue. Pas par moi, mais par quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui a été blessé parce qu’on lui a reproché de se laisser aller publiquement, alors qu’il avait encore beaucoup de travail à faire. Pourtant, sa journée de travail était terminée. Cette même personne a été meurtrie. Meurtrie d’avoir été pointée du doigt parce qu’elle s’amusait, alors que des gens mouraient. Pourtant, quiconque s’amuse ou se détend le fait pendant que d’autres gens meurent. Peu importe le moment ou le lieu. Ainsi va la vie.

Et à celles et ceux qui seraient tentés de condamner cette personne parce qu’elle s’exhibe en dansant ou en remerciant un entrepreneur qui lui a fait parvenir six cannettes de bière, dites-vous que ceci est bien peu de choses, en cette ère de vedettariat instantané et de télé-réalité.

La question qu’il faut se poser est la suivante : Avons-nous confiance en cette personne quand elle est au travail ?

En ce qui me concerne, c’est clair. Le docteur Arruda a toute ma confiance. Ce qu’il fait chez lui, à l’extérieur de ses heures de travail, ne regarde que lui.


Dans le cours d’univers social

Dans mon billet de la semaine dernière, je faisais état du grand succès de la Corée du Sud à gérer la crise de la COVID-19. Sans statuer sur ce que constitue une bonne ou une mauvaise décision pour ce faire, ce n’est pas mon rôle et je n’en ai pas les compétences, j’avais tout de même dressé une liste des actions prises par cet état oriental. En tête de liste, un dépistage massif et le port généralisé du couvre-visage.

Depuis la semaine dernière, deux éléments en lien avec le contenu de mon billet sont venus ponctuer l’actualité. D’abord, le pays a procédé à la fermeture de tous ses bars et restaurants, après qu’un client eut infecté à lui seul une soixantaine de personnes en se rendant dans certains de ces établissements. Ensuite, le Québec a orienté deux de ses stratégies de la semaine vers… une hausse des tests de dépistage et une forte incitation au port du couvre-visage.


Dans le cours de mathématiques

Le directeur national de la santé publique du Québec, le docteur Horacio Arruda, martèle depuis deux semaines qu’il veut voir passer le nombre quotidien de tests de dépistage de 6 000 à 13 000. Mercredi de cette semaine, on n’y était toujours pas parvenu, ce qui a soulevé l’ire du premier ministre, lors du point de presse du jour. François Legault a cependant tenu à relativiser la situation, en lançant quelques chiffres sur la performance du Québec au niveau du dépistage, si on la compare aux autres provinces canadiennes.

Là-dessus, il a raison, comme le démontre le tableau suivant :

Toutefois, tant qu’à se comparer, aussi bien le faire avec les meilleurs. Une recherche en ligne permet de trouver facilement les pays offrant le meilleur taux de dépistage de la COVID-19 parmi ses citoyens. Sur le graphique, en plus du Québec et du Canada, j’ai ajouté, toujours pour fins de comparaison, les États-Unis, la France et la Corée du Sud. En disposant les données dans ce tableau, voici ce que ça donne :

Source : Our World in Data. Selon l’endroit, les données sont celles du 11, 12 ou 13 mai 2020.

Les pays dont nous entendons beaucoup parler se trouvent loin derrière l’Islande, le Bahreïn et le Luxembourg quant au nombre de personnes testées par bloc de 100 000 habitants.

À mon tour, je relativiserai deux éléments. Le premier est que je suis conscient que le nombre d’habitants au kilomètre carré diffère grandement d’un endroit à l’autre. Malgré les chiffres associés au dépistage, ceci peut avoir une incidence importante sur le taux de transmission du virus.

Le deuxième élément, c’est que le taux de dépistage ne peut expliquer à lui seul les succès ou insuccès d’un état au niveau de sa lutte à la COVID-19. À preuve, la Belgique et le Portugal ont beaucoup testé et présentent malgré tout un bilan peu reluisant. À l’inverse, la Corée du Sud, qui présente un des meilleurs bilans dans le monde, a beaucoup moins dépisté per capita, bien qu’en nombres absolus la quantité de personnes testées soit quotidiennement jusqu’à dix fois supérieure à celle du Québec.

C’est là que le masque entre en ligne de compte.

Dans le cours d’éthique et culture religieuse

C’est d’éthique dont il sera surtout question. De transparence, en particulier. Rappelez-vous au début de la crise, les autorités québécoises, tout comme celles de la France, répétaient à qui mieux mieux que le masque ne servait pas à grand chose. Aujourd’hui, on le « recommande fortement » et on jongle avec l’idée de l’imposer. À mots à peine couverts, on a laissé entendre qu’on avait craint la pénurie, en début de crise, et qu’on avait alors opté la stratégie de l’inutilité.

La transparence de François Legault, si appréciée en mars et en avril, commence à s’embuer un peu. Et si je maintiens que ses actions et ses décisions demeurent dignes de confiance, une partie de la population québécoise commence à penser autrement, si on en croit le dernier sondage hebdomadaire de la firme Léger. Avec un pourcentage de satisfaction qui frôlait la perfection à 95% le 13 avril dernier, le premier ministre a vu ce pourcentage s’effriter à 92% le 20 avril, 91% le 27 avril, 88% le 4 mai et 77% le 11 mai. Notez que cette dernière marque ferait quand même l’envie d’un bon nombre de chefs d’états, mais la chute de 18 points en l’espace de quelques semaines a tout de même fait glisser François Legault du premier au quatrième rang des premiers ministres canadiens, derrière John Horgan, Scott Moe et Doug Ford.

Néanmoins, je ne peux aucunement blâmer le duo Arruda-Legault d’avoir agi de cette façon au sujet des masques. Si de simples rumeurs ont réussi à créer des pénuries de papier hygiénique, de farine et de sachets de levure partout au Québec, en mars et en avril, imaginez ce qu’une réelle préoccupation sur l’utilisation des masques aurait pu causer comme tort au domaine médical et à la suite des choses. De deux maux, il faut choisir le moindre et assumer les conséquences du choix.


Dans le cours de sciences et technologie

En quoi le couvre-visage est-il utile ? Des images ont circulé sur Internet, au cours des dernières semaines. J’en publierai une ici, après une mise en garde, cependant. Si l’utilité des masques est convenablement présentée dans cette succession de pictogrammes, les pourcentages qui les accompagnent ne sont pas scientifiquement démontrés. Plusieurs sources ont pris la peine de le mentionner.

Alors tenez compte de ce qui suit, mais ne vous accrochez pas trop sur les chiffres. Et surtout, par respect pour les autres, prenez l’habitude de porter un couvre-visage quand vous sortez.


Dans le cours de sciences et technologie, 2e période

Cette semaine, un ami a publié quelque chose d’intéressant sur ses réseaux sociaux. Il a en fait exprimé une crainte tout à fait légitime. Le site du gouvernement du Canada se veut cependant rassurant.

Mon ami revenait sur le fait que le coronavirus pouvait se transmettre d’humain à animal. Il s’inquiétait ainsi de la possibilité de voir le virus s’attaquer aux fermes d’élevage. Il imaginait déjà la catastrophe, étant donné la difficulté, voire l’impossibilité de maintenir un troupeau de bêtes à distance de deux mètres dans un enclos.

Le site canadien de la santé publique minimise les risques, du moins pour le moment. S’il est vrai que quelques cas de transmission de la COVID-19 d’un humain à un animal ont jusqu’à présent été recensés, rien ne permet d’affirmer que l’inverse est possible. Ainsi, malgré ce qu’on a pu lire ou entendre au sujet des chauves-souris et des pangolins, rien ne prouve pour l’instant qu’un animal pourrait transmettre la maladie à un humain. On continue d’étudier la question. Également, quelques études auraient avancé que les porcs, les canards et les poulets ne seraient pas sensibles au virus.

Plusieurs études demeurent à l’état embryonnaire et des conclusions devraient être publiées au cours des prochains mois.


Dans le cours de musique

Mon premier contact avec Catherine Major remonte à une douzaine d’années. Elle assurait alors la première partie d’un spectacle de Michel Fugain, auquel je m’étais rendu assister. Tout m’a séduit chez elle. Sa musique, les paroles de ses chansons et, surtout, sa façon de les interpréter, avec une passion peu commune. J’ai eu le privilège de la revoir en spectacle et chaque fois, elle a su m’éblouir par sa générosité.

Aujourd’hui, 15 mai 2020, Catherine Major lance son 5e album, intitulé Carte mère. Grâce aux privilèges qu’offrent l’achat en ligne, il se trouve déjà dans mes listes de lecture ! En #MusiqueBleue cette semaine, c’est une chanson extraite de cet album que je vous propose. Elle a pour titre Moi non plus.

La bonne nouvelle de cette semaine

Elle sera brève. Mais si je me fie à ce que j’ai lu sur les réseaux sociaux depuis mercredi, elle fait de nombreux heureux. Ainsi, plusieurs sports, dont le tennis et le golf, pourront recommencer à être pratiqués dès la semaine prochaine, partout au Québec, incluant Montréal. Avec l’été qui approche, ceci constitue un baume sur les blessures des confinés, ainsi qu’un espoir de jours meilleurs pour tous.

Billet du 1er mai 2020 : Faire partie de la solution

Dans le cours d’éthique et culture religieuse

Je me suis toujours méfié des gens négatifs. Ils trouvent des problèmes à chaque solution.

Discuter d’un problème peut devenir très constructif si on considère cette action comme amorce ou préalable à une recherche de solutions. On démontre de l’intelligence quand on trouve une solution valable. On fait preuve de cohérence quand on l’applique soi-même. On devient un leader si on convainc une majorité d’y adhérer.

Il existe cependant des situations où le choix ne se présente pas et où l’adhésion devient une obligation. Tout se joue alors dans l’attitude. Il y a celles et ceux qui réagissent négativement et qui déterrent les anicroches à la même vitesse qu’un virus se multiplie. Puis, il y a les gens qui bondissent positivement, se retroussent les manches et voient comme un privilège cette opportunité de faire partie de la solution.

Je serai dans ma classe lundi matin, pour la première fois en près de deux mois, et c’est avec enthousiasme que je me préparerai à accueillir une partie de mes élèves, deux semaines plus tard. Une multitude d’interrogations subsistent, plusieurs inquiétudes aussi. Voire même des craintes, dans certains cas. Mais ne serait-ce que par respect et solidarité envers les travailleurs de la santé et de l’alimentation, entre autres, qui n’ont pas obtenu de repos depuis longtemps, je choisis d’avancer vers l’étape suivante.

Appelez cela de la docilité si vous voulez.

Photo offerte gracieusement par Karel Laflamme.
Photo gracieusement offerte par Karel Laflamme, enseignante.

Dans le cours d’univers social

Si vous voyez dans mes propos du bloc précédent une critique à l’endroit de plusieurs collègues du milieu de l’enseignement qui se sont exprimés cette semaine, détrompez-vous. Comme je l’ai mentionné, plusieurs interrogations, inquiétudes et craintes subsistent. Il est sain et humain de les exprimer. Je l’ai fait également.

Je comprends aussi très bien les leaders syndicaux de s’être insurgés contre le fait que plusieurs de leurs membres soient renvoyés sur leurs lieux de travail, dans le contexte actuel, sans protection physique. D’ailleurs, l’incohérence est ici évidente. Si les travailleuses et travailleurs des autres domaines se voient fournir divers équipements, il est normal et juste que les personnes oeuvrant en éducation réclament ce qu’il faut pour se protéger, dans un milieu rempli d’enfants qu’il sera très difficile de maintenir à deux mètres de distance.

Et j’éprouve aussi une déception personnelle sur un point. Dans mon billet de la semaine dernière, j’avais formulé le souhait que François Legault fasse preuve de la même franchise envers les enseignants qu’envers les médecins spécialistes, quand il les avait invités à se rendre faire du travail d’infirmière en CHSLD. Publiquement, il avait mentionné aux médecins qu’il les savait surqualifiés pour la fonction demandée, mais que les besoins se situaient à ce niveau.

De la même façon, je suis d’avis que la réouverture des écoles aurait été mieux reçue par le personnel des écoles primaires si le premier ministre avait demandé aux enseignantes et aux enseignants d’effectuer un travail d’éducatrice en milieu de garde, comme ce sera le cas pour les dernières semaines de la présente année scolaire. C’est là que sont les réels besoins, tous les intervenants sur le terrain le savent, et la contribution à la lutte contre la COVID-19 aurait été beaucoup mieux acceptée si elle avait été présentée comme tel.

Rappelons que seul le niveau primaire sera rouvert, que la présence à l’école sera facultative pour les élèves, qu’un maximum de 15 élèves par classe sera admis, qu’aucune forme d’examen ou d’évaluation ne pourra être donnée et qu’aucune nouvelle notion ne pourra être enseignée. Ajoutez à cela qu’on fait disparaître les cours d’éducation physique et les périodes de bibliothèque, ainsi que tous les travaux d’équipe, à moins de pouvoir les réaliser à plus de deux mètres de distance. Et que rien n’assure que les élèves qui se présenteront à l’école seront ceux qui requièrent le plus grand soutien académique ou personnel.

Tenant compte de tout cela, plusieurs enseignants pourront prétendre, à juste titre, avoir plus et mieux enseigné durant le confinement, alors qu’ils le faisaient à distance, que lors du retour sur leur lieu de travail pour les dernières semaines de l’année scolaire. Leurs élèves auront peut-être également mieux appris.


Dans le cours de français

Je joins ma voix à celle de plusieurs autres personnes qui, sur les réseaux sociaux, depuis quelques semaines déjà, s’adressant au premier ministre François Legault, au docteur Horacio Arruda, ainsi qu’à plusieurs journalistes de la radio et de la télévision, leur reprochent une erreur récurrente. On peut parler de réouverture des écoles ou de réouverture des commerces, mais…

#LeProfCorrige

On rouvre les écoles et les commerces, on ne les « réouvre » pas ! On rouvre, verbe rouvrir, indicatif présent, 3e personne du singulier.


Dans le cours d’univers social, deuxième période

Le chroniqueur Michel C. Auger a publié un point de vue très intéressant, cette semaine, sur ici.radio-canada.ca. Il y mentionne que le Québec ainsi que les états américains du Wyoming et du Montana constituent les trois seuls endroits en Amérique du Nord à avoir annoncé la réouverture de leurs écoles, au cours des prochaines semaines. Il précise de plus que les deux états américains sont ruraux et faiblement peuplés, et que le premier des deux ne rouvre ses écoles que pour une clientèle particulière d’élèves seulement.

Ceci rend passionnant le pari du gouvernement du Québec. Si cette sortie de confinement plus rapide donne de bons résultats, l’équipe québécoise de gestion de crise, François Legault en tête, récoltera les dividendes populaires en plus d’acquérir une renommée à grande échelle. Si, au contraire, cette décision prend des allures de cafouillage et précipite une deuxième vague de la maladie, les retombées risquent de s’avérer coûteuses à tous les niveaux.

J’aimerais d’avance pouvoir lire les historiens du prochain siècle !


Dans le cours de musique

Peut-on imaginer une recette musicale à base d’électro et de folklore québécois ? C’est l’idée géniale qu’ont eue Mélisande Gélinas-Fauteux et Alexandre de Grosbois-Garand, un couple originaire de la Montérégie, lorsqu’ils ont fondé le duo Mélisande [électrotrad]. Depuis décembre 2018, la musique de Mélisande [électrotrad] est venue s’ajouter à mes listes de lecture, notamment celle du temps des Fêtes, pimentant la succession de succès populaires, de rigodons et de cantiques. Il fait tout aussi bon les écouter sur la route, peu importe le moment de l’année.

Je vous propose la pièce Sur la ritintin. Bonne écoute ! #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Le confinement donne souvent lieu à de très beaux moments. Évoluant jusqu’à l’automne dernier avec les Carabins de l’Université de Montréal, Marc-Antoine Dequoy a signé cette semaine un contrat avec les Packers de Greenbay, dans la NFL. Dans la séquence qui suit, il annonce la nouvelle, à distance, à toute sa famille. Touchant !

L’heure de la collation

Je fais une exception aujourd’hui et je réserve un espace de mon billet pour encourager une entreprise québécoise. Il est toujours pratique de conserver quelques barres nutritives à la maison. Chez nous, nous avions notre marque favorite, fabriquée ailleurs, que nous achetions dans un entrepôt à grande surface, également fondé ailleurs.

Je me suis récemment mis à la recherche de barres nutritives conçues au Québec et j’ai trouvé la marque Bon vivant. Elles sont offertes en trois saveurs délicieuses et sont particulièrement nutritives.

Je me permets d’en faire mention, non seulement parce qu’il s’agit d’un produit d’ici, mais aussi parce que pour chaque boîte vendue, la compagnie offre gracieusement une autre boîte aux employés du domaine de la santé, en ce temps de crise de la COVID-19 que nous traversons.

Pour ces raisons, j’ai passé une commande, que j’ai reçue rapidement. Je vous confirme que ce n’était qu’une première. Nous venons d’adopter les barres Bon vivant.

Billet du 24 avril 2020 : Éloignement physique, qu’en pensez-vous ?

Dans le cours de français

Quand on parle de COVID-19, quel genre doit-on employer ?

Dans les médias francophones canadiens, on utilise le féminin. Les médias français, de leur côté, utilisent les deux genres, mais penchent plutôt vers le masculin. Alors, doit-on parler du COVID-19 ou de la COVID-19 ?

L’Office québécois de la langue française constitue le seul organisme linguistique à avoir statué sur la question, et il a opté pour le féminin. Ses raison sont clairement expliquées et je les résume ici. D’abord, COVID-19 est la contraction de Coronavirus Disease 2019, que l’on traduit par maladie à coronavirus 2019. Déjà, maladie étant un nom féminin, on dit naturellement la maladie à coronavirus. D’où la COVID-19.

En France, aucun organisme ne s’est officiellement prononcé. Toutefois, coronavirus étant un nom masculin, l’usage outre-mer a étendu son genre à la contraction COVID-19. C’est pourquoi les Français ont d’abord adopté massivement le masculin, avant que quelques scientifiques, ainsi que le site Éduscol, ne commencent à utiliser le féminin.

Qu’est-ce qui a donc pu les inciter à modifier le genre ? C’est simplement que l’Organisation mondiale de la Santé, dans sa littérature rédigée en français, a officiellement adopté le féminin, évoquant les mêmes arguments que l’Office québécois de la langue française.

#LeProfCorrige

Ici, bien qu’aucune position officielle n’ait été adoptée par les autorités linguistiques de France, on aurait dû lire « les quelque 500 morts quotidiens de la COVID-19 », plutôt que « les quelque 500 morts quotidiens du covid ». Aussi, le sigle n’ayant pas encore été lexicalisé, les majuscules s’imposent (Source).

Viens-je vraiment de reprendre Bernard Pivot sur une question de grammaire ? J’ai chaud, tout à coup. J’ai très chaud !

Dans le cours d’univers social

De toute évidence, plusieurs enseignantes et enseignants du Québec seront appelés à reprendre du service sur leur lieu de travail, d’ici la mi-mai. L’annonce officielle devrait en être faite la semaine prochaine. Le premier ministre s’est cependant avancé en mentionnant que d’ici l’été, l’école serait optionnelle pour les élèves.

J’ai hâte de voir le plan dans son ensemble. Actuellement, je maintiens des contacts quotidiens avec mes élèves, à partir d’activités que je leur fais parvenir et pour lesquelles je leur donne une rétroaction. Et je garde un contact hebdomadaire avec la classe, via une vidéoconférence à laquelle nous participons à chaque début de semaine. Me sera-t-il possible de maintenir ces liens et activités en me présentant en classe avec une partie de mon groupe seulement ?

Égide Royer, une des plus grandes sommités québécoises en matière d’éducation et d’enseignement, insiste pour qu’un éventuel retour à l’école avant septembre ne s’effectue qu’en suivant un motif pédagogique. Il laisse entendre que ce ne serait toutefois pas le cas, se basant sur les informations que François Legault a laissé filtrer, et que les écoles seraient transformées en garderies, le temps de quelques semaines. Il recommande plutôt que le gouvernement du Québec utilise le reste du printemps et l’été pour s’assurer que le corps enseignant dispose de compétences suffisantes pour la formation à distance. Parallèlement, il recommande qu’on s’assure que chaque élève reçoive un outil technologique adéquat pour suivre ses cours à partir de la maison.

Tout porte à croire qu’en effet, les enseignantes et les enseignants seront appelés à jouer un rôle qui s’apparentera plus à celui des éducatrices et éducateurs en milieu de garde qu’au leur. Si ce scénario se confirme, je demande seulement au premier ministre la même franchise envers nous qu’envers les médecins spécialistes, la semaine dernière, lorsqu’il leur a expressément demandé d’effectuer un travail d’infirmière ou de préposé aux bénéficiaires, dans les CHSLD. Cette franchise me donnerait l’impression de contribuer au plan de reprise de façon utile. Et nous serions plusieurs à le prendre positivement, j’en suis convaincu.

Dans le cours de français, deuxième période

Suite à mon billet de la semaine dernière, une amie me demandait mon avis sur l’expression distanciation sociale. Elle mentionnait ne l’avoir jamais entendue avant l’actuelle crise. Je ne crois pas l’avoir lue ou entendue auparavant non plus.

Je me souviens cependant qu’au début du confinement, un intervenant à la télévision indiquait qu’il fallait plutôt parler de distanciation physique, car les interactions sociales demeuraient possibles, notamment grâce aux moyens électroniques.

Alors d’où partons-nous ?

Il faut d’abord savoir que le mot distanciation implique un recul ou un repli de soi face à quelque chose d’abstrait, comme un événement. C’est comme la distinction nécessaire entre les verbes distancer et distancier. Distancer ou se distancer sous-tend l’augmentation d’un écart physique entre des personnes, des objets ou les deux. Alors que distancier, plus souvent qu’autrement employé à sa forme pronominale se distancier, signifie prendre ses distances devant quelque chose qui n’est pas physique, comme les paroles de quelqu’un, par exemple.

Selon l’Office québécois de la langue française, le nom distanciation est directement relié au verbe (se) distancier.

En toute logique, ceci vient donc invalider l’expression distanciation physique, étant donné qu’il est impossible à une distanciation d’être physique.

Peut-elle être sociale, maintenant ? Comme l’adjectif social est lié au nom société, il faut se demander jusqu’à quel point ce nom est concret ou abstrait. Dans le cas qui nous occupe, c’est plutôt concret. La logique voudrait donc, encore une fois, que l’expression distanciation sociale soit incorrecte.

Par quoi pourrait-on la remplacer ? Je ne suis pas linguiste, mais j’opterais pour éloignement physique.

Dans le cours de musique

J’ai aimé la voix et le style de Beyries dès ma première écoute d’une de ses interprétations. Son histoire n’est pas banale. Malgré le fait qu’elle ait, depuis son plus jeune âge, composé des chansons, elle les conservait pour elle, sans jamais les enregistrer. Elle destinait sa carrière à un autre domaine lorsqu’elle fut frappée, dans la vingtaine, par un cancer du sein. Durant ses traitements, elle a exprimé ses émotions à travers notes et poésie, produisant ainsi son premier album, Landing, sorti en 2017. S’ensuivit un excellent album éponyme, en français, en 2018. Ce que je vous propose aujourd’hui, c’est une chanson tirée d’un monoplage lancé le 7 avril dernier, Out of Touch.

Beyries est originaire de Montréal. #musiquebleue (Source)

La bonne nouvelle de cette semaine

Cette semaine, j’ai moins envie de vous transmettre une bonne nouvelle que de souligner trois beaux gestes. Trois personnes qui ont trouvé le moyen de se rendre utiles durant ce temps de pandémie. Trois personnes qui font la différence pour des gens âgés, pour des jeunes, pour des travailleuses et des travailleurs de la santé.

D’abord, Saïd Akjour. Il est un survivant de l’attentat à la grande mosquée de Québec. Atteint d’une balle tirée par l’auteur de la fusillade, le 29 janvier 2017, il a pu reprendre une vie presque normale, malgré une vive douleur chronique qui continue de l’accabler. Cet ex-enseignant est très occupé, par les temps qui courent. En effet, il agit comme préposé aux bénéficiaires dans un CHSLD de la Vieille Capitale. Son histoire a été relatée sur lapresse.ca, plus tôt cette semaine. Son dévouement est remarquable.

Ensuite, Marie-Ève Lévesque. Enseignante dévouée, elle a pris le taureau par les cornes dès le début de la période de confinement et a créé La classe en ligne, un lieu où elle donne quotidiennement des capsules pédagogiques pour tous les élèves du primaires. Avant la mise en circulation des trousses hebdomadaires du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, bien avant la réquisition des ondes de Télé-Québec, Marie-Ève Lévesque offrait un service similaire pour tous les élèves québécois âgés entre six et douze ans. Voilà une action proactive qui mérite d’être soulignée.

Finalement, une autre action proactive à souligner est celle du député et ex-hockeyeur professionnel Enrico Ciccone. Dès les premiers appels à la mobilisation, non seulement s’est-il porté volontaire pour aider en CHSLD, mais il a également encouragé et obtenu des membres de son personnel de circonscription qu’ils fassent de même. Avant sa première affectation, Enrico Ciccone avait déclaré publiquement qu’il était prêt à exécuter des tâches ménagères si c’était ce qu’on demandait de lui. Il a finalement fait plus. Beaucoup plus. Il en est resté marqué et c’est avec beaucoup d’émotion qu’il a raconté cette première expérience, sur les ondes de RDI.

Je le mentionnais il y a quelques semaines, la situation actuelle fait souvent ressortir le meilleur de l’être humain. La solidarité s’exprime, comme les constats d’iniquités. La prise de conscience est réelle et plusieurs, comme Madame Lévesque, comme Messieurs Akjour et Ciccone, comme plusieurs autres, n’attendent pas qu’on leur donne la formation de pompier pour sauter sur les lances et arroser l’incendie. Chapeau à vous tous.

Billet du 17 avril 2020 : Il ne faut jamais prioriser un déconfinement

Dans le cours de français

Que priorisera le gouvernement du Québec, lorsqu’il commandera le début du déconfinement ?

Priorisera. Du verbe prioriser. Croyez-le ou non, après toutes ces années d’enseignement et de journalisme, c’est la première fois que j’emploie ce verbe dans une de mes phrases. C’est que malgré son emploi fréquent dans tous les médias, ainsi que dans plusieurs ouvrages littéraires, ce n’est qu’en 2014 qu’il a fait son entrée dans le Robert et dans le Larousse. L’Office québécois de la langue française accepte maintenant son utilisation, sans toutefois la recommander. L’Académie française, de son côté, continue de proscrire le verbe prioriser.

Jusqu’en 2014, le Multidictionnaire de la langue française, un ouvrage de référence québécois, était le seul dictionnaire spécialisé dans la langue de Molière à permettre son utilisation, soulignant cependant son impropriété.

Alors, que priorisera le gouvernement du Québec, lorsqu’il commandera le début du déconfinement ?

Déconfinement ? Vraiment ? Sachez que le verbe déconfiner n’est présent que dans le dictionnaire de l’encyclopédie Universalis. Le nom déconfinement est absent de tous les ouvrages et aucun organisme voué au bon emploi de la langue française ne fait mention de son existence. Il faudra donc attendre avant de pouvoir l’utiliser correctement, n’en déplaise aux scribes québécois.

#LeProfCorrige

Je reprends encore ma question :

À quels secteurs d’activité le gouvernement du Québec donnera-t-il priorité, lorsqu’il commandera la fin graduelle du confinement ?

Je l’ignore autant que vous !


Dans le cours d’éthique et culture religieuse

S’il est une leçon que la tragédie du Walmart de Sherbrooke nous permet de tirer, c’est qu’il faut s’abstenir de juger et de tirer des conclusions quand on n’a pas tous les éléments en main. Celui que la société avait déjà condamné, lui accolant une multitude de qualificatifs haineux, verra possiblement toutes les accusations déposées contre lui être levées, pour cause de légitime défense.

C’est la raison pour laquelle je m’abstiendrai de mentionner quoi que ce soit sur les propriétaires et administrateurs du CHSLD Herron. Je laisserai plutôt les trois enquêtes suivre leur cours et attendrai leurs conclusions.

Mais les faits demeurent : il y a plus d’une trentaine de résidents de cet établissement qui, en l’espace de quelques jours, sont décédés de la COVID-19. Et cette nouvelle s’est avérée le point de départ d’une série d’histoires d’horreur en CHSLD, dont l’actualité a été ponctuée tout au long de la semaine.

Le mahatma Gandhi a déclaré un jour qu’on reconnaît le degré de civilisation d’un peuple à la manière dont il traite ses animaux. Je m’inscris en faux contre cette affirmation de ce personnage pourtant admirable. Selon moi, le degré de civilisation d’un peuple se mesure à la manière dont il traite ses enfants et ses aînés.

Sauf quelques rares exceptions, les Québécois traitent bien leurs animaux. Et j’aurai certainement l’occasion de revenir, au gré de l’actualité des prochains mois, sur notre façon de traiter nos enfants. Sur la manière de traiter nos aînés, le chat commence à sortir du sac et les premiers constats ne sont guère reluisants. Comme si, durant plusieurs années, nous avions fermé individuellement les yeux sur des situations gênantes qui, une ou deux générations plus tard, éclatent au grand jour et nous plongent collectivement dans la honte.

Mais je vous rappelle que je ne dispose présentement pas de tous les éléments et que, par conséquent, il m’est difficile d’exprimer ici une position juste et crédible. Je laisserai donc parler quelques chiffres.


Dans le cours de mathématiques

Nous nous attarderons aux statistiques. Ensuite, nous verrons s’il y a lieu d’établir une corrélation avec l’opinion de certains experts.

Hier midi, j’ai lancé une recherche visant à comparer les fameuses courbes dont il est abondamment question, depuis le début de la crise. Un élément a d’abord retenu mon attention. Il se trouve sur le graphique suivant, qui illustre le nombre de personnes atteintes du coronavirus, par bloc de 100 000 habitants.

Je suis demeuré étonné de constater à quel point la courbe du Québec se confond avec celle des États-Unis. Je rappelle que depuis le début, on entend dire que la situation est sous contrôle au Québec, alors que celle de nos voisins du Sud semble beaucoup plus chaotique, selon différents bulletins de nouvelles. Les deux courbes sont même supérieures à celles de la France et de l’Italie, dont les réalités nous ont effrayés quelques semaines avant l’éclosion chez nous.

La courbe du Canada, malgré qu’elle inclue celle du Québec, s’approche de celles des états les moins touchés dans la catégorie.

Voyons maintenant les courbes illustrant le nombre de décès par 100 000 habitants. (Source : radio-canada.ca)

Ici, deux réalités. D’abord, si on se fie au premier tableau, il est évident que toutes proportions gardées, on meurt moins au Québec qu’en Espagne, en Italie, en France et aux États-Unis, ce dernier pays nous ayant récemment distancés à ce chapitre.

Le deuxième tableau, celui des mortalités canadiennes, nous montre une courbe québécoise beaucoup plus élevée et moins linéaire que la moyenne du pays. Notons que seulement quatre provinces apparaissent sur ce diagramme, les six autres et les trois territoires ne présentant pas la combinaison minimale de 1000 cas et 10 décès pour en faire partie. Leurs statistiques sont cependant incluses dans la courbe du Canada.

Il y a lieu de s’interroger sur la part importante de cas et de décès au Québec, comparé au reste du Canada. Dans les deux cas, en date d’hier, on parle de 53% du total canadien. François Legault a fourni un premier argument plausible lorsqu’il a mentionné que notre semaine de relâche était arrivée à un bien mauvais moment. Et il est vrai que les quatre premiers décès, survenus dans une résidence pour retraités de Lanoraie, sont directement reliés à une seule personne infectée lors d’un voyage, durant la relâche scolaire.

Une autre statistique, dévoilée au Téléjournal de Radio-Canada d’hier soir, ajoute une explication importante. Au Québec, 70% des décès liés à la COVID-19 concernent des gens vivant dans des résidences pour aînés, qui incluent les CHSLD. Et retenez bien ce qui suit : au Canada, 6% des aînés vivent dans de telles résidences. Au Québec, cette proportion grimpe à 20%.


Dans le cours d’éthique et culture religieuse, deuxième période

Ici, on parle de choix de société. Un aîné sur cinq est parqué dans une résidence, alors que le reste du Canada favorise, et de loin, les soins gériatriques à domicile. Il est maintenant clair que ceci pèse lourd dans les statistiques québécoises. A-t-on négligé les CHSLD dans les budgets du ministère de la Santé et des Services sociaux ? Chose certaine, ils ont réussi à garder la tête hors de l’eau, jusqu’à la présente crise. Mais maintenant, comme je mentionnais plus haut, la gêne individuelle fait place à la honte collective.

Cette semaine, Yves Boisvert a publié un excellent texte sur les dérapages du système et sa sortie de piste en ce temps de crise. Dans sa chronique, il cite deux médecins qui n’évoquent rien de moins qu’un génocide gériatrique au Québec.

Je refuse de croire que nous en sommes là. Mais il faut agir. Et vite.


Dans le cours de mathématiques, deuxième période

Chaque année, lorsque j’enseigne les diagrammes à mes élèves, mon préféré demeure le diagramme en arbre. C’est à partir de tels diagrammes qu’on bâtit les algorithmes des programmes informatiques, incluant les jeux vidéos, ainsi que les romans dont vous êtes le héros. Ils sont aussi très utiles pour le calcul des probabilités.

Et ils constituent également le modèle de base de tout organigramme. À ce sujet, je vous invite à jeter un œil sur l’organigramme du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. Quand ce sera fait, vous comprendrez sans doute la lourdeur du système, pourquoi n’importe quelle décision risque de se perdre dans les méandres de ces nombreux paliers. Et je devine que c’est souvent ce qui arrive.

Pour paraphraser la devise d’une défunte institution québécoise, c’est pas parce qu’on rit que c’est drôle.


Dans le cours de musique

Cette semaine, je vous suggère une pièce du violoniste Alexandre Da Costa, tirée de son album Stradivarius BaROCK. Alexandre Da Costa est un virtuose montréalais de 41 ans, qui cumule déjà plus de 30 années de récitals et d’études musicales. Dans cet album, paru l’automne dernier, il mêle allègrement le rythme au classique, appuyé par quelques belles voix locales, dont La Bronze et Bruno Pelletier.

Dans l’extrait que je vous propose, le titre parle de lui-même : Toccate & Boogie. À quoi ressemblerait l’une des œuvres les plus connues de Bach si on lui accolait un rythme de piano afro-américain du siècle dernier ? Je vous laisse le découvrir ! En ce qui me concerne, le résultat est très intéressant.

#musiquebleue


La bonne nouvelle de cette semaine

Moins de 24 heures après le cri du cœur du premier ministre François Legault, ce sont plus de 2000 médecins spécialistes qui ont répondu à son appel et qui se présenteront dans les CHSLD pour combler les besoins en main-d’œuvre. Ils acceptent ainsi d’effectuer des tâches pour lesquelles ils se savent surqualifiés. C’est tout à leur honneur.

Mesdames, messieurs, bravo et merci.

Billet du 3 avril 2020 : Quand la pédagogie n’est qu’un prétexte

Dans le cours de français

C’est de littérature dont il sera question, dans ce bloc. Parce que le contenu des prochaines lignes est directement relié à une leçon que la vie s’est chargée de me rappeler, au cours de la dernière semaine.

Le livre Comme un roman, de Daniel Pennac (éditions Gallimard, 1992), que j’ai lu pour la première fois il y a plus de 25 ans, est le seul ouvrage dont je peux réciter par cœur un chapitre complet. Le chapitre 5 va comme suit :

Quels pédagogues nous étions, quand nous n’avions pas le souci de la pédagogie!

Fin du chapitre.

Cette citation de Pennac est tout ce qu’il y a de plus véridique. Le problème, c’est qu’il se trouve toujours un intervenant du milieu qui apparaît pour nous demander une reddition de comptes, histoire de s’assurer que tout ce que nous transmettons est en lien avec les programmes. Si bien que malgré tous nos principes et notre bonne volonté, on développe généralement le réflexe inverse en se souciant davantage de la pédagogie.

C’est ainsi que dès le début du confinement, et avant la mise en ligne du site L’école ouverte, je me suis mis à envoyer de courts exercices quotidiens à mes élèves, histoire de nous permettre, à tous, de garder le nez dans la matière. Malgré le fait que ces activités se voulaient facultatives, les deux tiers des élèves de ma classe y participaient sur une base régulière.

Le changement de schème est survenu lundi dernier. Trois jours auparavant, j’avais envoyé un courriel aux élèves, ainsi qu’à leurs parents, histoire d’obtenir les autorisations d’usage afin de suggérer une rencontre par vidéoconférence. Cette fois, j’ai obtenu la participation de 24 de mes 25 élèves. Aucune pédagogie en apparence, que de la discussion, des questions et des réponses. Et beaucoup de plaisir durant plus d’une heure. Le besoin était là, celui de retrouver une situation le plus près possible de la normale, avec les amis et l’enseignant réunis en un seul lieu, virtuel, en même temps.

Des apprentissages, il y en a eu de part et d’autre. Pour eux comme pour moi. La matière n’est qu’un prétexte. C’est de garder le lien qui importe. Plus que jamais, Pennac a raison.

***

Dans le cours d’univers social

Dans mon billet de vendredi dernier, je faisais allusion à quelques éléments beaux et positifs dont la crise du coronavirus nous permettait d’être les acteurs ou les témoins. On m’en a fait remarquer quelques autres, au cours des derniers jours, notamment les défilés de véhicules d’urgence en appui au personnel de la santé et la courtoisie grandissante des automobilistes.

L’actualité d’hier nous présente cependant un côté moins reluisant de l’être humain, alors que les États-Unis se seraient appropriés des masques N95 destinés à la France, après que la France ait elle-même pris possession de masques en transit vers l’Espagne et l’Italie. Des masques médicaux similaires, commandés en Chine et arrivés au Québec, ont aussi mystérieusement été redirigés vers les États-Unis. Dans son point de presse quotidien, le premier ministre François Legault a admis que les règles du jeu étaient dures et que le Québec donnerait du coude autant que les autres pour voir à combler ses besoins en équipements médicaux.

Tout ceci m’a rappelé une citation de Nelson Mandela :

Dans la vie, je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends.

Justement. Les actions posées dans les derniers jours nous en apprennent beaucoup sur certains de nos alliés. Alors pour éviter des frictions, pourquoi ne pas produire une partie du matériel nous-mêmes ? Il semble qu’au moins deux entreprises, une à Nicolet et une à Longueuil, seraient disposées à mettre leurs équipements à contribution pour produire du matériel médical, notamment des masques N95.

Tout le monde y gagnerait.

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Le confinement nous permet aussi de discuter plus longuement avec parents et amis. Par téléphone ou via un autre moyen de communication, évidemment. Une collègue avec qui je discutais m’affirmait bien profiter de la pause qui lui était accordée par les événements. Dans la même veine, elle disait souhaiter un retour à la fermeture des commerces le dimanche.

Coïncidence, le gouvernement annonçait cette semaine que pour la durée du mois d’avril, tous les commerces autres que les dépanneurs, les stations-service et les restaurants fermeraient leurs portes les dimanches. Une situation que le Québec n’avait pas vécue depuis 28 ans.

Jusqu’en 1992, c’était principalement pour des motifs religieux que les employés de la grande majorité des commerces bénéficiaient de l’assurance d’une journée de congé les fins de semaines, à l’instar de ceux des autres entreprises et des employés de l’État. On convient que la réalité n’est plus la même.

C’est pour accorder une journée de repos à celles et ceux qui exercent un travail en alimentation et en pharmacie que le gouvernement a décrété cette mesure. Pourrait-elle se prolonger au-delà d’avril ou même de la crise ? Je pense que la question donnerait lieu à un intéressant débat de société, si elle était posée par quelqu’un d’autre que moi.

Les jeunes travailleurs d’aujourd’hui, qui constituent la majeure partie des employés des commerces au détail, recherchent surtout une qualité de vie. Ceci contraste avec ceux d’il y a 30 ans, qui vouaient une plus grande importance aux revenus. Avec pour résultat qu’une rareté de la main-d’œuvre incite déjà plusieurs commerçants à réduire leurs heures d’ouverture. Uniformiser cette réduction pour tous les commerces en décrétant une journée de fermeture hebdomadaire permettrait-il vraiment de rencontrer un objectif de repos ou d’activités familiales, potentiellement souhaité par une majorité ?

En ce moment, cette question est à mille lieues de constituer une priorité. Mais ne serait-ce que pour trouver une solution à la pénurie de main-d’œuvre, elle méritera avant longtemps qu’on s’arrête pour y réfléchir.

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La bonne nouvelle de cette semaine

Avec l’actuelle situation mondiale, plusieurs bonnes nouvelles passent malheureusement sous le radar. Cette semaine, deux entreprises québécoises ont remporté des honneurs lors d’un prestigieux concours. En effet, le San Francisco World Spirit Competition a octroyé des prix à deux produits de la maison Duvernois, établie à Montréal. Ainsi, les étiquettes Pur Vodka et Pur Vodka Série Autographe édition Château Frontenac ont toutes deux remporté une médaille d’or.

Le même concours a également sacré le gin Norkōtié, produit à Baie-Comeau par la distillerie Vent du Nord, d’une double médaille d’or.

Ces honneurs rejaillissent évidemment sur toute l’industrie québécoise. Rappelons aussi que dès l’éclosion des premiers cas de la COVID-19 au Québec, l’entreprise de Nicolas Duvernois a utilisé ses installations pour créer et distribuer le désinfectant à mains Pur Vodka.