Billet du 7 octobre 2022 : Question d’équilibre

Il se pratique toutes sortes de jeux d’équipe dans une cour de récréation. D’un naturel compétitif, les enfants cherchent à bâtir ou à intégrer le groupe qui remportera la victoire. Ceux qui continuellement se trouvent du côté perdant finissent par se lasser et aller s’amuser ailleurs. Les éternels gagnants, quant à eux, en viennent à ronger leur frein, faute d’adversaires.

Il faut généralement attendre une telle situation pour voir les plus forts accepter d’envoyer quelques joueurs de l’autre côté, question d’apporter un équilibre permettant au moins de jouer.

Il serait inusité pour François Legault d’envoyer quelques-uns de ses députés garnir les rangs de l’opposition, mais s’il se rappelle l’époque où il jouait dans les cours d’école, j’imagine que cette solution doit au moins lui trotter dans la tête.


Dans le cours de mathématiques

Comme plusieurs, je trouve inadmissible qu’un parti qui reçoit 13 % des suffrages lors d’une élection n’obtienne aucun siège à l’Assemblée nationale. Il est clair qu’il faut se pencher sur une solution. À défaut de trouver du temps de parole au Salon bleu, Éric Duhaime en dénichera sur d’autres tribunes dont le statut démocratique n’a rien d’officiel.

Il faut se rendre à l’évidence que cette fois-ci, la nouvelle répartition des sièges diffère de la volonté populaire, mise à part la majorité pour la Coalition avenir Québec (CAQ). Toutefois, aucun système électoral n’est parfait et le nôtre nous a bien servi la plupart du temps. Parmi les exceptions, notons les élections fédérales de 2019, de même que les élections québécoises de 1966 et de 1998.

Dans le premier cas, les libéraux de Justin Trudeau ont obtenu un gouvernement minoritaire, malgré le fait que les conservateurs d’Andrew Scheer aient remporté le suffrage universel.

Lors des élections provinciales de 1966, le Parti libéral du Québec et Jean Lesage ont reçu 47 % d’appuis, contre 41 % pour l’Union nationale de Daniel Johnson père. Pourtant, ces résultats ont donné 50 sièges aux libéraux et 56 aux unionistes, qui remportaient ainsi une dernière victoire électorale et mettaient fin à la Révolution tranquille.

Quant au scrutin de 1998, il a vu le Parti québécois de Lucien Bouchard remporter une confortable victoire avec 76 sièges, contre 48 pour le Parti libéral du Québec, alors dirigé par Jean Charest. Pourtant, quand on regarde le suffrage populaire, on constate un léger avantage pour les libéraux, 44 % contre 43 % pour le PQ.

La distinction qu’il faut noter avec l’élection de lundi dernier, c’est la confirmation du multipartisme. Quand la formation qui termine au 5e rang le fait en obtenant 13 % de la faveur populaire, il est permis de supposer que la tendance se poursuivra et que notre système se devra d’évoluer de manière à mieux représenter le souhait des électeurs.


Dans le cours de musique

En compagnie de quelques membres de ma famille, je devais assister au spectacle de Simon Leoza, le 21 septembre dernier. La COVID a frappé une fois de plus et l’événement a été annulé. Compositeur néoclassique montréalais, il a publié quelques simples et un album complet, ce dernier en 2021. La pièce L’archange en est tirée. La voici en #musiquebleue.

Simon Leoza – L’archange – Albatross – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Est-ce que le cours «Découverte de la langue française en Amérique du Nord» vous intéresse ? Moi, oui ! Pour s’y inscrire, il faut toutefois être admis à la prestigieuse université Harvard, dans la région de Boston.

Offert depuis septembre, ce cours relate aux étudiants américains l’histoire et l’espace occupé par la langue de Molière sur notre continent, de l’arrivée des premiers colons jusqu’à nos jours. Il y est abondamment question du Québec, mais également des Acadiens et de leur assimilation, notamment en Louisiane.

Le tout dans le but de faire connaître cette communauté à nos voisins du Sud, tout en leur faisant découvrir que notre culture ne se limite pas à la neige et au sirop d’érable. Cette initiative mérite d’être soulignée.


Billet du 30 septembre 2022 : En attendant la réponse des électeurs

L’actuelle campagne électorale québécoise, tout comme la canadienne de l’an dernier, me permet d’aborder en classe, avec mes élèves, une phase exaltante du programme d’univers social, volet éducation à la citoyenneté. Leurs questions sont intéressées et pertinentes. Leurs commentaires également.

Cette semaine, l’un d’eux m’a demandé lequel des cinq principaux partis politiques était le plus ancien. Je lui ai répondu que le Parti libéral du Québec (PLQ) existait depuis les débuts du Canada actuel, soit depuis 1867. Celui qui le suit de plus près est le Parti québécois (PQ), de 101 ans (comme la Loi 101 !) son cadet. Aujourd’hui, il faut regarder dans le rétroviseur pour constater les meilleurs moments de ces deux formations. Droit devant, leur avenir semble s’engager dans un cul-de-sac.

Lors de l’élection de 1985, quand l’Assemblée nationale ne comptait que 122 sièges, comparativement aux 125 actuels, le PLQ en avait remporté 99, contre 23 pour le PQ. Je m’étais alors dit qu’un parti qui avait goûté au pouvoir ne pouvait descendre plus bas sans risquer de disparaître. Au moment de la dissolution parlementaire, au mois d’août, les deux formations disposaient respectivement de 27 et 7 députés. Si je me fie aux dernières prédictions de Qc 125, il demeure possible que les pertes réduisent encore ces nombres de moitié.

La déroute des vieux partis se poursuivra-t-elle ? Réponse lundi soir.

Voir les plus récentes prédictions de Qc 125.


Dans le cours de français

Dans une publication sur Twitter qu’il a depuis retirée, Christian Latreille, chef d’antenne à RDI, a laissé passer quelques coquilles.

Source : Twitter (@clatreil)

#LeProfCorrige

Premièrement, il y a faute au niveau des noms de trois des cinq des partis évoqués. Ainsi, on aurait dû lire Parti libéral, Québec solidaire et Parti québécois, avec le l de libéral, le s de solidaire et le q de québécois en minuscules. Les trois mots étant des adjectifs, la lettre majuscule initiale n’est aucunement justifiée.

Quant à la Coalition avenir Québec, on devrait également éviter la majuscule à avenir, bien qu’il s’agisse d’un nom. Toutefois, la formation de François Legault emploie elle-même le grand A dans ses documents officiels.

Finalement, le mot part étant de genre féminin, monsieur Latreille aurait dû accorder l’adjectif nul et écrire nulle part, plutôt que nul part. Nulle part constitue également une locution adverbiale qui doit demeurer invariable.


Dans le cours de musique

Le groupe s’appelle Crushhh et est originaire de Montréal. En juillet dernier, il a lancé un premier album, intitulé In The Clouds. Pour les nostalgiques du disco des années 1970, le son est plus qu’intéressant. Run Away est la pièce que je suggère cette semaine.

Crushhh – Run Away – In The Clouds – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

J’évoquais plus haut la dernière élection fédérale, qui s’est déroulée l’an passé. Le ministre Dominique LeBlanc avait été réélu haut la main, bien qu’il n’ait aucunement fait campagne. Il avait cependant une excellente raison : un cancer du système immunitaire le clouait au lit dans un hôpital de Moncton. À deux doigts de la mort, c’est un don de cellules souches d’un jeune inconnu allemand qui lui a sauvé la vie.

Cette semaine, le ministre a accueilli le jeune homme, qui a profité d’une relâche universitaire pour venir au Canada.

Il y a plusieurs éléments heureux dans cette histoire. D’abord, la technologie permet maintenant le don et le transfert de cellules souches. S’il était tombé malade quelques années plus tôt, monsieur LeBlanc aurait sans doute été emporté. Ensuite, des lois allemandes et un registre international ont permis aux médecins d’ici de trouver un donneur compatible. Troisièmement, des règles assouplies autorisent aujourd’hui un donneur et son receveur à se rencontrer.

Finalement, une solide amitié est née entre deux individus, malgré les quelques milliers de kilomètres et la trentaine d’années qui les séparent.

Lire le reportage de Joël-Denis Bellavance.


Je reprends ici une caricature d’André-Philippe Côté, publiée cette semaine.

Source : André-Philippe Côté.

S’il vous plaît, votez pour qui vous voulez, mais allez voter.


Billet du 23 septembre 2022 : Une priorité que je voudrais plus prioritaire

Si une chose me déçoit dans l’actuelle campagne électorale québécoise, c’est l’absence de discussions sur l’éducation. Les aspirants au poste de premier ministre insistent tous sur le fait qu’il s’agit d’une priorité, mais aucun ne le démontre.

J’ai suivi le débat de jeudi soir expressément parce qu’un segment était réservé au sujet. Là encore, la substance a passé son tour, malheureusement.

Après le témoignage d’une jeune enseignante qui songeait déjà à quitter la profession après seulement deux ans, faute de ressources dans sa classe, la question du modérateur Patrice Roy s’est avérée d’une clarté limpide : «Qu’allez-vous faire pour encourager les jeunes enseignantes et les jeunes enseignants à poursuivre?»

François Legault a mentionné que son gouvernement avait déjà fait beaucoup.

Dominique Anglade a fait bifurquer le débat vers les services de garde.

Paul St-Pierre Plamondon n’a parlé que de la place du français et a mentionné qu’il investirait pour contrer l’analphabétisme.

Gabriel Nadeau-Dubois et Éric Duhaime, à mon avis, demeurent les seuls ayant répondu directement à la question, le premier stipulant qu’un éventuel gouvernement issu de son parti couperait les vivres à l’école privée et réinvestirait les sommes dans les services à l’école publique.

Quant au second, il a expliqué que, bien que cela ne fasse pas partie du programme de sa formation politique, il envisageait d’exiger de certains fonctionnaires qu’ils aillent enseigner pour contrer la pénurie de personnel enseignant. La question de leurs compétences pour le faire n’a jamais été soulevée.

Une priorité, l’éducation ? Vraiment ?

Je suis d’un naturel optimiste, mais ces réponses me permettent difficilement d’espérer un meilleur taux de rétention des nouvelles enseignantes et des nouveaux enseignants. Les statistiques le démontrent, 25 % abandonnent la profession avant la cinquième année.

Il reste un peu plus d’une semaine à la campagne. Souhaitons qu’un des partis en profite pour relancer la question.


Pendant que le débat se déroulait, un autre événement digne de mention était télédiffusé, cette fois à TVA Sports. Il s’agissait du dernier match de baseball décrit par Jacques Doucet. Le commentateur de 82 ans a ainsi définitivement fermé son microphone.

Fervent amateur de baseball depuis mon enfance, la voix unique de monsieur Doucet m’a suivi de la fin des années 1970, à travers ma première radio transistor, jusqu’à mes applications d’aujourd’hui, en passant par les haut-parleurs de tous mes véhicules automobiles et mes téléviseurs. Il a décrit presque tous les matchs des Expos, durant leurs 34 années d’existence, mais également des affrontements des Capitales de Québec, des Blue Jays de Toronto, ainsi que bon nombre de séries d’après-saisons, toujours dans un français impeccable.

Monsieur Doucet, vous méritez de ralentir un peu et de vous consacrer entièrement aux vôtres et à votre autre passion, la pêche. Bravo et merci.


Dans le cours de français

Une publication sur Twitter de la députée et candidate péquiste Méganne Perry Mélançon a attiré mon attention, cette semaine.

Je me suis demandé s’il existait un mot en français pour désigner le mansplain. La réponse est affirmative. On en trouve même deux. Toutefois, il est hors de question pour moi de critiquer la députée pour avoir utilisé l’expression anglaise, d’autant qu’elle a pris soin de la mettre entre guillemets.

D’abord, le mansplaining est un concept apparu sur Internet en 2008. Plusieurs attribuent l’origine du mot à une écrivaine américaine, alors que d’autres la reconnaissent plutôt à une blogueuse néerlandaise. La définition est cependant la même. Elle désigne une situation où un homme explique à une femme, avec condescendance, quelque chose qu’elle connaît déjà.

Les Français traduisent l’expression par mecsplication. Au Québec, on suggère pénisplication.

Au passage, je souligne qu’on appelle mot-valise un mot composé de parties de deux ou de plusieurs mots. Un exemple contemporain est courriel, formé de courrier et électronique.


Dans le cours de mathématiques

Je me rends presque quotidiennement sur le site Qc125, qui compile les sondages et prédit les résultats électoraux pour chaque circonscription.

Voir le site Qc125.

À une dizaine de jours du vote, voici ce que le site prévoit comme nouvelle répartition des sièges, à l’Assemblée nationale :

En ce qui concerne le vote populaire, le graphique est intéressant :

Avec un mode de scrutin entièrement basé sur la proportionnelle, 

La CAQ obtiendrait de 42 à 55 sièges, plutôt que 94 ;
Québec solidaire obtiendrait de 16 à 24 sièges, plutôt que 12 ;
Le Parti conservateur du Québec obtiendrait de 15 à 23 sièges, plutôt qu’aucun ;
Le Parti libéral du Québec obtiendrait également de 15 à 23 sièges, soit sensiblement ce qui lui est prédit ;
Le Parti québécois obtiendrait de 12 à 20 sièges, plutôt que les 3 qui sont prévus.

Il en résulterait un gouvernement de coalition probablement difficile à diriger, mais plus représentatif de la réalité québécoise. Il serait peut-être temps de repenser la structure de notre démocratie.


Dans le cours de musique

Ils créent, ils reprennent, ils s’amusent. Leur musique est envoutante et transporte. C’est un quatuor qui s’appelle De Lònga. Avec leur album Codex XXI, ils ont regroupé toutes leurs créations des dernières années. La pièce qui en est tirée s’intitule Lac des esclaves.

De Lònga – Lac des esclaves – Codex XXI – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Le 10 septembre dernier, lors d’une joute de soccer de la Liga entre Barcelone et Cadix, le gardien de but de Cadix, Conan Ledesma, a été attiré par des bruits d’émoi dans la foule, derrière lui. Il a vite réalisé qu’un spectateur subissait un malaise cardiaque. En plein match, il a alors quitté sa position pour courir chercher un défibrillateur et le lancer dans les gradins. Son action a contribué à sauver la vie de l’homme.


Billet du 16 septembre 2022 : Quand la guerre n’est pas une raison pour se faire mal

La guerre entre le Canada et le Danemark a pris fin, il y a trois mois. Cette guerre a duré 49 ans. C’est sérieux.

Les deux pays revendiquaient une île rocailleuse, l’île Hans, dans l’océan Arctique. Aucun habitant sur l’endroit, seulement une grosse roche qui émerge de l’eau, au milieu des banquises.

Aucun mort non plus. À tour de rôle, les armées des deux pays reprenaient pacifiquement possession de l’écueil. Peu après que les soldats canadiens y eurent planté l’unifolié et déposé une bouteille de whisky, l’ennemi danois passait confisquer le tout, ériger son propre drapeau et laisser une bouteille de schnaps. Et le manège recommençait.

Une entente a finalement été conclue en juin dernier. Un tracé divisera la masse, 60 % du territoire revenant au royaume du Danemark et les autres 40 % au Canada.

Ça émerveillera certainement quelques-uns de mes élèves d’apprendre que notre pays possède maintenant une frontière terrestre avec celui de la Petite Sirène.


Dans le cours de mathématiques

Cette semaine, c’est #FrancisVaillesCorrige. Le chroniqueur de La Presse a frappé un grand coup en levant le voile sur une erreur de 12 milliards $ (qui est finalement montée à 16,4 milliards $) dans le cadre financier du Parti libéral du Québec (PLQ). C’est toute une gifle à la crédibilité du « parti de l’économie », la formation des Louis-Alexandre Taschereau, Jean Lesage et Robert Bourassa. Si Vailles a pu lui-même trouver la faille et se la faire confirmer par deux experts, je m’étonne que le PLQ ait laissé passer une telle bourde.

Ajoutons que dans le même article, il est également question d’anomalies, de bien moindre importance, précisons-le, dans les cadres financiers de la Coalition avenir Québec (CAQ) et du Parti québécois (PQ).

En tant qu’enseignant, je refuse toujours un devoir bâclé. En tant qu’électeur aussi.

Lire le reportage de Francis Vailles, dans La Presse.


Dans le cours d’univers social
Volet éducation à la citoyenneté

Je suis un lecteur et un auditeur assidu de Rad, le laboratoire de journalisme de Radio-Canada. Cette semaine, l’équipe a diffusé une vidéo dans laquelle elle bombarde les chefs des cinq principaux partis (Geneviève Guilbault remplaçait François Legault) de 16 questions, les mêmes pour tous, auxquelles les deux femmes et les trois hommes devaient répondre spontanément.

Il en résulte 8 minutes et 31 secondes de grand intérêt !


Dans le cours de musique

J’ai entendu le nom de Gentiane MG pour la première fois il y a quelques jours à peine. Pianiste et compositrice donnant dans le jazz, elle lancera son troisième album le 23 septembre prochain. En écoute partielle sur différentes plateformes, il aura pour titre Walls Made of Glass. La pièce Flowers Laugh Without Uttering A Sound en constituera la deuxième plage.

Gentiane MG Trio – Flowers Laugh Without Uttering A Sound – Walls Made of Glass – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Il s’appelle Yvon Chouinard et il est né à Lewiston, dans le Maine. En 1972, il a fondé Patagonia, une des plus importantes entreprises de design et de fabrication de vêtements de plein air. Précurseur dans la protection de l’environnement, il a bâti sa compagnie autour de cette valeur.

Cette semaine, à l’âge de 83 ans, monsieur Chouinard a annoncé qu’il cédait l’entièreté de Patagonia à une fiducie qui en poursuivra les activités en suivant les mêmes missions et valeurs. Du même souffle, il a confirmé que l’ensemble des profits de l’entreprise seront dorénavant versés à une association environnementale. Ceci en accord avec ses héritiers.

Un don de soi, un don pour la cause, un don au suivant.


Billet du 9 septembre 2022 : La politique s’occupera de toi

En ce début d’année scolaire, j’ai commencé à enseigner l’univers social à mes groupes de 6e année du primaire. L’univers social se divise en trois volets : la géographie, l’histoire, ainsi que l’éducation à la citoyenneté. C’est dans ce dernier volet que je compte couvrir l’actuelle campagne électorale québécoise.

Très peu de jeunes de 11 et 12 ans s’intéressent à la politique. C’est normal. Ce qui s’avère plus inquiétant, c’est que si je me fie à ce que je lis sur mes réseaux sociaux, il y a également très peu d’adultes, voire d’électeurs, qui s’intéressent à l’actuelle campagne électorale. Je m’attends à la sortie d’au moins un sondage, cette fin de semaine. Si, pour les cinq principaux partis, l’aiguille n’a pas bougé au-delà de la marge d’erreur, le désintérêt général se confirmera.

J’ai raconté l’histoire plusieurs fois, mais c’est par accident que j’ai créé #LeProfCorrige, lors de l’élection générale de 2018. Après avoir, en l’espace de 24 heures, mentionné tour à tour à Jean-François Lisée et Véronique Hivon les fautes de grammaire et d’orthographe qu’ils avaient commises dans leurs publications respectives sur Twitter, je me suis mis à en chercher dans celles de candidates et candidats des autres formations politiques, afin de ne pas me faire reprocher de ne m’attaquer qu’au Parti québécois. Il m’avait alors fallu moins d’une demi-heure pour en trouver partout, et moins d’une journée à plusieurs médias pour s’emparer de l’affaire et me propulser dans un tourbillon qui a duré 48 heures.

Le «buzz» médiatique ainsi généré m’a permis de constater que cette initiative avait créé un intérêt pour le contenant des messages de la campagne, le contenu ne soulevant aucune passion. Le taux de participation à l’élection de 2018 ne s’était d’ailleurs élevé qu’à 66,45 %, soit le deuxième plus bas en 91 ans.

Il se passe des choses importantes dans l’actuelle campagne. Des faux pas, de grands engagements, d’autres qui frappent par leur futilité. Quand un des principaux engagements de la semaine pour une formation réside dans la gratuité des permis de chasse et de pêche pour une catégorie d’âge, on passe outre de nombreux enjeux beaucoup plus considérables. Et à travers tout cela, on entend des propos indignes de gens qui aspirent à diriger ou à continuer de diriger un état.

Le manque d’intérêt des électeurs peut continuer de tirer le taux de participation vers le bas. Et c’est dans de telles circonstances que des surprises peuvent survenir. Le 8 décembre 2008, seulement 57,43 % de la population votante s’était présentée aux urnes. De minoritaire qu’il était alors, le premier ministre Jean Charest avait de cette façon remporté son pari de pouvoir « remettre les deux mains sur le volant ». C’est ce qui m’a fait dire à mes élèves, cette semaine, que si on ne s’occupe pas de la politique, la politique, elle, s’occupera de nous.


Dans le cours d’univers social, deuxième période
Volet éducation à la citoyenneté

C’est ce samedi que nous saurons officiellement qui remportera la course à la chefferie du Parti conservateur du Canada. J’ose ici une prédiction : les militants devront choisir entre Pierre Poilievre ou une chance de reprendre le pouvoir à la prochaine élection. Ils n’obtiendront pas les deux.


Dans le cours de français

Après « Renpentigny » et « René-Lévèsque », la semaine dernière, voilà que le Parti conservateur du Québec revient avec « Unagva », sur ses affiches.

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire Ungava, et non Unagva.


Dans le cours d’éthique et culture religieuse
Volet éthique

La reine Elizabeth II est décédée. Le premier ministre du Québec annonce que les drapeaux seront mis en berne, le chef péquiste s’y oppose.

Je pose une question : si le lieutenant-gouverneur du Québec décédait durant son mandat, mettrait-on les drapeaux en berne ?

Dans l’affirmative, on doit faire de même avec la personne qu’il représente. C’est la simple logique.


Dans le cours de musique

C’est la deuxième fois que je présente une pièce de Lou-Adriane Cassidy, en #musiquebleue. Elle est une artiste que j’estime beaucoup. C’est dans son premier album que je puiserai, cette fois, avec la chanson qui me l’a fait connaître, Ça va ça va.

Lou-Adriane Cassidy – Ça va ça va – C’est la fin du monde à tous les jours – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Kristof Lelièvre, un adolescent de 14 ans, subissait de graves maux de tête et des nausées. Il a fallu quelques visites à l’Hôpital de Montréal pour enfants pour que l’équipe médicale rencontrée découvre enfin la source du problème : le liquide cérébro-spinal contenu dans sa moelle épinière fuyait à plus de 15 endroits, dans son corps. L’intervention chirurgicale que nécessitait sa situation s’avérait des plus délicates. Mais le succès s’est présenté au rendez-vous et les douleurs ont complètement disparu.

Lire le reportage sur LaPresse.ca.


Billet du 8 avril 2022 : Bêtise humaine

Il faut se méfier des apparences, elles sont souvent trompeuses.

Je me félicite de m’être retenu de condamner les propriétaires du CHSLD Herron, dans mon billet du 17 avril 2020. Nombreux étaient celles et ceux qui les pointaient du doigt pour l’hécatombe qui a causé la mort d’une cinquantaine de leurs résidents, lors de la première vague de la COVID-19. En toute honnêteté, je me demandais comment ils pouvaient à ce point nier leur responsabilité, mais je me suis gardé de leur lancer la pierre, au moins le temps de l’enquête.

Lire mon billet du 17 avril 2020

Le chat est maintenant sorti du sac. Une équipe d’enquête de La Presse a d’abord relaté que les propriétaires de l’endroit avaient, en désespoir de cause, appelé deux fois le 811, le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal n’ayant pas répondu à leurs appels à l’aide. Vingt-quatre heures plus tard, c’était au tour de Thomas Gerbet, de Radio-Canada, d’y aller de nouvelles révélations. Le 7 avril 2020, une semaine après la mise en tutelle du CHSLD Herron par le CIUSSS de l’Ouest, une employée-cadre de ce même centre intégré de santé et services sociaux s’est présentée à Herron pour des motifs personnels et a trouvé l’endroit pratiquement désert, ainsi que des bénéficiaires très mal en point. Les tuteurs, qui se dégageaient de leurs responsabilités en accusant les propriétaires, n’avaient envoyé personne sur les lieux.

Lire le reportage de La Presse

Lire le reportage de Radio-Canada, comprenant des extraits audio du témoignage de l’employée cadre du CIUSSS

Qui, en fin de compte, doit être tenu responsable de cette situation épouvantable ? Les apparences actuelles sont définitivement différentes de celles d’il y a deux ans, mais elles peuvent demeurer trompeuses. Il faudra attendre le rapport de la coroner, lorsqu’elle aura conclu son enquête publique, pour obtenir la réponse à cette question. Chose certaine, il y en a qui doivent un peu mieux dormir, tandis que d’autres…


Dans le cours de français

Cette semaine, quelques états, dont l’Espagne et la Pologne, n’ont pas hésité à qualifier de génocide le massacre de Boutcha, en Ukraine, par l’armée russe. Dès lors, plusieurs observateurs et médias ont contesté l’utilisation du terme : s’agit-il vraiment d’un génocide ?

Pour ma part, au-delà des quelques analyses dont j’ai pu prendre connaissance, j’ai opté pour la bonne vieille définition du dictionnaire avant d’envisager une réponse à cette question. Voyons d’abord comment le Robert définit le génocide :

Génocide : (Nom masculin) Destruction méthodique d’un groupe humain.

La définition est simple et concise, alors que le mot méthodique revêt une grande importance. La destruction du groupe ukrainien sis à Boutcha s’est-elle effectuée selon la méthode russe ? Il est permis de le supposer, mais seule une étude plus approfondie nous permettrait de l’affirmer hors de tout doute.

Observons maintenant ce qu’en pense le Larousse :

Génocide : (Nom masculin) Crime contre l’humanité tendant à la destruction totale ou partielle d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux; sont qualifiés de génocide les atteintes volontaires à la vie, à l’intégrité physique ou psychique, la soumission à des conditions d’existence mettant en péril la vie du groupe, les entraves aux naissances et les transferts forcés d’enfants qui visent à un tel but.

Cette définition, plus détaillée, ne laisse planer aucun doute. En considérant les événements de Boutcha et la définition du Larousse, l’armée russe a bel et bien commis un génocide.


Dans le cours d’univers social
Section Éducation à la citoyenneté

Il existe des remarques ou des prises de position qu’à peu près n’importe quelle personne peut avancer, mais pas un premier ministre ou quelqu’un qui aspire à le devenir. Le premier exemple qui me vient en tête est Jacques Parizeau, quand le soir de la défaite référendaire, en octobre 1995, il avait affirmé que l’argent et les votes ethniques lui avaient coûté la victoire. À la décharge de Parizeau, cependant, il avait démissionné le lendemain. Cela n’excuse pas ses paroles, mais on peut y trouver une certaine justification.

Les derniers jours se sont toutefois avérés riches en bourdes du genre, chez nos leaders politiques. D’abord, j’y faisais allusion la semaine dernière, le premier ministre de l’Alberta qui publiait un mème pour se moquer des énergies renouvelables. Tout le monde comprendrait que Jason Kenney promeuve les énergies fossiles produites par sa province, mais le dénigrement, ma foi immature, de ce qui constitue assurément la puissance de l’avenir est indigne de la fonction qu’il occupe.

Vient ensuite le cas de Pierre Poilievre. Selon tous les observateurs, il possède une telle avance dans la course à la chefferie du Parti conservateur du Canada qu’il serait étonnant qu’un de ses adversaires ne parvienne même à s’en approcher. Ce qui signifie que dès l’été prochain, il deviendra probablement aspirant premier ministre du Canada. Et voilà que mercredi, il s’est mis à faire l’éloge du bitcoin comme monnaie alternative. Il s’agit ici d’un sérieux désaveu de la Banque du Canada. C’est comme si Pierre-Karl Péladeau s’était mis à vanter la qualité de Netflix ou que le Cercle des Grands entrepreneurs du Québec dissertait sur l’importance d’Amazon. De toute évidence, monsieur Poilievre a oublié un des adages les plus importants lorsqu’on dirige un état : «Pas de taxation sans représentation». Donner cours légal à une cryptomonnaie sans que des élus ou leurs représentants ne puissent participer aux décisions concernant ses orientations constitue un jeu très dangereux.

Finalement, je touche du bois, je n’ai pas encore attrapé la COVID. Il semble par contre que ses symptômes s’apparentent à un simple rhume, selon notre premier ministre. Après deux années de lutte contre ce virus, les justifications des mesures sanitaires, les argumentaires contre leurs opposants et cette volonté obstinée de maintenir en place certaines règles de l’état d’urgence, cette remarque de François Legault en a offusqué plusieurs, notamment dans le milieu de la santé.

Steve de Saint-Lin aurait pu dire la même chose et personne n’aurait sourcillé. Mais venant de celui qui a eu à imposer une série de mesures impopulaires, la pilule est plutôt difficile à avaler.


Je déteste le constater, et encore plus l’écrire, mais c’est la bêtise humaine qui a guidé mon inspiration pour les trois premiers segments de ce billet hebdomadaire. Je change de fréquence à partir de maintenant.


Dans le cours de français, deuxième période

Je suis tombé sur une publication politique qui affichait une grossière erreur de français, cette semaine. Je renoue donc avec une vieille habitude qui me manque quand même un peu !

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire «Nous avons même dû installer…», avec installer à l’infinitif, plutôt que d’en avoir employé le participe passé. La bonne vieille règle du mordre et mordu. Si on peut remplacer par mordre, comme c’est le cas ici, le mot doit se terminer en _er. Et mordu rime avec accent aigu.


Dans le cours de musique

Les gens qui me connaissent savent à quel point, depuis longtemps, je demeure un inconditionnel de Yannick Nézet-Séguin. Leader brillant, il n’était âgé que de 25 ans lorsqu’il a pris les rênes de l’Orchestre métropolitain, en 2000. Toujours en poste, il a depuis fait de même avec l’Orchestre de Philadelphie, le Metropolitan Opera, l’Orchestre philharmonique de Rotterdam et l’Orchestre de chambre d’Europe.

Le dimanche 3 avril, nommé dans trois catégories, il a remporté le Grammy pour la meilleure performance orchestrale. C’est pour l’enregistrement des 1re et 3e Symphonies de Florence Price, avec l’Orchestre de Philadelphie, qu’il a reçu cet honneur. Il a obtenu une autre nomination à titre de musicien accompagnateur, puis une autre comme chef d’orchestre du Metropolitan Opera.

Une fois de plus, il y a tout lieu de se réjouir de constater le succès québécois sur la scène culturelle internationale.


Dans le cours de musique, deuxième période

Edgar Bori est à mon avis un des meilleurs poètes québécois de notre époque. Méconnu du grand public, c’est à travers des collaborations avec d’autres artistes, tels Michel Rivard et Jean-François Groulx, qu’il a su inscrire son nom dans l’industrie. Auteur et compositeur d’une quinzaine d’albums qui lui sont propres, depuis, il a lancé son plus récent, Poésinutiles, le 22 mars dernier.

Je vous en propose un extrait, dont la pièce a pour titre Poésideveil.

Edgar Bori – Poésideveil – Poésinutiles – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Cette nouvelle est vieille de près d’un an, mais ce n’est que le week-end dernier que j’en ai pris connaissance. Un bébé phoque, né en très mauvaise condition physique le 1er avril 2021, a vu sa vie être sauvée par le personnel de l’aquarium Kaiyukan d’Osaka, au Japon. Dans cette course contre la montre, les employés lui ont appris à nager, le 26 mai suivant.

La scène donne lieu à des moments des plus touchants. Les yeux du blanchon, lorsqu’il entre dans l’eau du bassin, parlent beaucoup.


Billet du 14 janvier 2022 : Merci, Docteur

Voici la recette d’un bon plan de communications.

Lundi soir, les médias annoncent la démission du directeur national de la santé publique, le docteur Horacio Arruda. Vérification faite, ce dernier a écrit une lettre dans laquelle il offre au premier ministre la possibilité de le remplacer, tout en mentionnant clairement son intention de continuer de servir la population québécoise. Le premier ministre accepte la « démission ».

Mardi, le premier ministre précise que le départ d’Arruda suit une décision prise d’un commun accord. Au cours de la même rencontre de presse, François Legault annonce l’imposition d’une « contribution santé » aux non-vaccinés. La surprise est grande et le départ d’Horacio Arruda est éclipsé.

Mercredi, autre effet de surprise quand le ministre Éric Girard déclare qu’il a un rendez-vous à distance avec le commissaire de Ligue nationale de hockey, Gary Bettman, afin de parler d’un éventuel retour des Nordiques de Québec. Une nouvelle sortie de nulle part écarte encore une fois des discussions le départ d’Horacio Arruda.

Mercredi soir, alors que le monde de l’éducation commence à s’impatienter en attendant qu’on lui confirme si, oui ou non, le retour des cours dans les écoles aura bel et bien lieu le lundi 17 janvier, la nouvelle fuit dans les médias. Arruda passe de nouveau au second plan.

Jeudi, un point de presse initialement prévu à 17 heures est devancé à 15 heures. Le premier ministre confirme la réouverture des écoles, mais également la levée du couvre-feu et, autre élément surprise, l’imposition du passeport vaccinal dans la plupart des commerces à grande surface. Du coup, Docteur Horacio sombre dans l’oubli.

Et personne ne relève que son successeur, le docteur Luc Boileau, malgré ses grandes compétences, est aussi le père de Marjaurie Côté-Boileau, la directrice des communications du ministre de la Santé. On se trouve à tout le moins dans une situation d’apparence de conflit d’intérêts, à partir du moment où un débat s’ouvre sur l’indépendance du directeur national de la santé publique.

Horacio Arruda s’est attiré son lot de critiques au cours des 22 derniers mois. Admettons-le, plusieurs d’entre elles trouvaient leur justification. Cependant, nous devons dans l’ensemble lui reconnaître un bilan positif, dans une situation inconnue et difficile. Tout ceci s’ajoute à son travail lors de la tragédie de Lac-Mégantic, ainsi qu’à son expertise fournie lors des gestions des crises du SRAS, en 2003, et de la grippe H1N1, en 2009. Il s’est donné corps et âme dans ses fonctions et de sincères remerciements de tout le Québec lui reviennent de tout droit.

Pour une rare fois, on peut se désoler qu’une recette ait connu un franc succès.


Dans le cours de français

Quand on se compare, on se console.

Les mesures sanitaires imposées aux enseignants français sont à l’origine d’une grève d’une journée et d’une grogne généralisée chez mes collègues de l’Hexagone. Un directeur d’école a utilisé une expression qui a retenu mon attention, dans une déclaration qui a fait le tour de la francophonie.

Et je cite :

«Le gouvernement annonce des choses, mais on ne réfléchit pas à ce que cela signifie pour les personnels sur le terrain : c’est infernal ce qu’on nous demande et donc ça part à vau-l’eau.»

Olivier Flipo, directeur d’une école parisienne, le 13 janvier 2022.

Que signifie partir à vau-l’eau ?

Au sens propre, on va à vau-l’eau quand on suit le courant d’une rivière, dans une vallée. Au sens figuré, une situation va à vau-l’eau quand elle se dégrade, ou lorsqu’elle part à la dérive.

J’ajoute l’expression à mon lexique.


Dans le cours d’univers social

La situation mondiale jette une morosité de plus en plus prononcée sur les différentes populations. Et pour cause. Vivons-nous actuellement les pires années de l’histoire de l’humanité ? Probablement pas. En 2018, une équipe de l’Université Harvard, dirigée par l’historien et archéologue Michael McCormick, avait statué que le titre de pire année vécue sur Terre revenait à l’an 536 après Jésus-Christ. Bien sûr, cette recherche a été menée avant la pandémie de COVID-19. Mais quand on regarde la liste des événements et catastrophes qui ont marqué la planète durant plusieurs décennies à partir de 536, on constate que le coronavirus a encore beaucoup de chemin à parcourir pour créer autant de ravages.

D’abord, une grande partie de la planète s’est trouvée privée de chaleur et de lumière pendant plus de dix-huit mois, en raison d’un mystérieux brouillard de poussière qui s’est répandu et a persisté. C’est tout un chaos, dans l’humanité, qui s’en serait suivi. Il semble évident pour les historiens que c’est du résultat de plusieurs éruptions volcaniques que proviendrait la situation.

Quoi qu’il en soit, les années subséquentes ont été marquées par d’imposantes vagues de froid, des famines et, culminant le tout, la peste de Justinien, responsable de plus de 25 000 000 de morts durant deux siècles, ainsi que de la chute de quelques empires.

Quand on se compare …

Lire (en anglais) le reportage du 15 novembre 2018 du Science Magazine


Dans le cours de musique

Il s’appelle Patrick Donovan, elle se nomme Paméla Lajoie. Elle est originaire de Saint-Eustache, il a grandi à Québec. Couple sur scène comme dans la vie, ils forment le duo Kingdom Street. Leur popularité a pris un certain élan quand ils ont assuré la première partie du spectacle du rappeur Flo Rida, en juillet 2019. Leur premier album, Love à donner, regroupe douze chansons, pour la plupart bilingues. Il a été lancé en octobre dernier.

Tirée de cet album, voici la pièce Feu de paille, en #musiquebleue.

Kingdom Street – Feu de paille – Love à donner – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Un adolescent de 14 ans de Mississauga, en Ontario, a trouvé une façon utile et bienfaisante de meubler ses temps libres, durant les dernières vacances des Fêtes. Désirant participer aux efforts communautaires pour améliorer la qualité de l’air, en ces temps de COVID, Shiven Taneja s’est renseigné sur une manière peu coûteuse de construire des purificateurs d’air. Son choix s’est arrêté sur le modèle Corsi-Rosenthal.

Une fois son premier modèle assemblé, le jeune homme a offert ses services sur les réseaux sociaux, s’adressant particulièrement aux aînés et aux petites entreprises. Le prix demandé ? Un maigre montant de 150 $, soit exactement le coût des matériaux. Il offre gracieusement le temps requis pour les achats, la construction et la livraison des prototypes. Il a ainsi reçu plus d’une vingtaine de commandes.

De la graine d’ingénieur et déjà un grand philanthrope.

Voir le projet de Shiven Taneja (Vidéo en anglais)


Billet du 31 décembre 2021 : Journal de vacances des Fêtes (2 de 2)

C’est fou comme tout évolue vite avec la COVID-19 et son variant Omicron. Le temps de trois billets hebdomadaires, nous sommes passés de rassemblements familiaux plus nombreux que l’an dernier, à des regroupements du même nombre que lors de Noël 2020, à aucune réunion autre que celle de la bulle immédiate pour le jour de l’An 2021. La pression sera forte, le 31 décembre au soir, sur France Beaudoin, Jean-René Dufort et Simon-Olivier Fecteau.

Et pourtant, je maintiens que François Legault et Horacio Arruda ont pris la bonne décision. Pour l’instant, du moins. Parce que je suis également d’avis que la situation aurait probablement été différente s’il n’y avait eu que les enfants de 5 à 11 ans qui n’avaient pas été convenablement vaccinés. Après le point de presse de jeudi soir, la résignation et la résilience, malgré une exaspération évidente, faisaient large consensus sur les réseaux sociaux. Cependant, on pouvait aussi noter que la grogne face aux non-vaccinés avait grimpé de plusieurs crans.

Il existe une multitude de situations où les libertés individuelles doivent primer sur les libertés collectives. Il en est d’autres pour lesquelles c’est l’inverse. La lecture de la population se veut de plus en plus claire : c’est 10 % de son groupe qui contraint les 90 % autres à un couvre-feu et des festivités réduites à une seule bulle familiale. Il faudra y voir un jour ou l’autre. Personnellement, je ne me sentirais aucunement épié dans mes allées et venues si on réclamait mon passeport vaccinal dans tous les lieux publics où je mets les pieds.

Les études scientifiques le démontrent, une personne pleinement vaccinée présente moins de risques de contracter le virus ou de subir des symptômes sévères. Il est aussi acquis que le vecteur de contagion est moindre chez celles et ceux qui ont reçu toutes leurs doses. Il importe de garder en tête que personne n’a été vacciné inutilement.


Le jour de l’An 2022, ainsi que son réveillon, constituera une occasion supplémentaire de célébrer humblement ou sobrement l’arrivée du Nouvel An. C’est dans la simplicité qu’on trouve souvent la beauté. 

Je me permets donc de vous souhaiter une belle, bonne et heureuse année 2022. Puissiez-vous demeurer en pleine santé ou, à défaut, la recouvrer rapidement. La sérénité, je nous la souhaite à toutes et à tous. Je conclus le tout avec plusieurs moments de bonheur. Et pourquoi pas l’accomplissement de quelques rêves ? Ce sont les instants de joie et d’encouragement qui nous permettent de garder espoir. Partageons-les généreusement avec notre entourage.


Et je cite :

« Soyons clairs. Ce que nous constatons actuellement, c’est que les vaccins FONCTIONNENT ! Merci à la science. »

Dan Rather, journaliste et animateur à la retraite, le 29 décembre 2021.

Dans mes écouteurs

De toutes les chansons du jour de l’An, Martin de la chasse-galerie est ma préférée. Non seulement réfère-t-elle à un grand classique de la littérature québécoise, signé Honoré Beaugrand, mais elle est le fruit d’une collaboration d’un moment entre La Bottine souriante et Michel Rivard, deux institutions dans notre histoire musicale. Tirée de l’album La Mistrine, sorti en 1994, la voici en #musiquebleue.

La Bottine souriante – Martin de la chasse-galerie – La Mistrine – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Permettez-moi d’abord un préambule. Depuis la fin de la dernière année scolaire, tous mes élèves, en début de journée, doivent remplir un court questionnaire en ligne, à l’intérieur duquel ils me mentionnent leurs émotions du moment. Ils n’ont pas l’obligation de tout détailler, mais leurs réponses m’incitent à considérer leur humeur dans mes différentes interventions. Jusqu’à présent, cet outil m’a rendu de précieux services, me permettant d’entrer dans une relation empathique avec plusieurs, comme de désamorcer d’éventuelles situations désagréables.

Je souhaite de tout cœur le même succès à Rachel Ouellet, une employée de Postes Canada qui, depuis deux ans, travaille à mettre sur pied un projet de vigilance citoyenne, basé sur un principe similaire. En questionnant la clientèle lors de la distribution du courrier, les factrices et facteurs utiliseraient les outils électroniques de la société d’État pour colliger les réponses, lesquelles seraient automatiquement acheminées pour analyse dans un centre communautaire. Ainsi, notamment en ces temps de pandémie, différents intervenants sociaux seraient informés et appelés à agir, selon les besoins.

C’est à Rimouski, où elle travaille comme factrice depuis 18 ans, que madame Ouellet compte implanter son projet.

Lire le reportage de Radio-Canada.


Billet du 17 décembre 2021 : Une tablée déjà plus grande

La situation a considérablement évolué en 48 heures. Mardi, si certains commençaient à évoquer un éventuel durcissement des restrictions sanitaires, bien malin qui aurait pu prédire qu’il surviendrait aussi rapidement.

En point de presse, jeudi soir, le premier ministre François Legault a confirmé que les calendriers scolaires du primaire allaient être respectés, tant pour le début des vacances des Fêtes que pour le retour en classe, en janvier. Pour moi comme pour la grande majorité de mes collègues enseignants, il s’agit d’une excellente nouvelle. Bien sûr, la lucidité opérant, nous sommes conscients que tout peut changer d’ici là. Mais espérer fait du bien.

Nous replongeons dans les restrictions alors qu’il y a quelques jours à peine, on nous faisait miroiter des rassemblements de 20 personnes pour les fêtes de Noël et du Nouvel An. Qu’à cela ne tienne, la population québécoise, de manière générale, comprend bien la situation. Elle peut décevoir, parfois décourager, mais plus nous y avançons, plus nous comprenons ce qui nous arrive et mieux nous sommes préparés pour affronter cette adversité. La semaine prochaine, nous serons une dizaine de membres de ma famille réunis autour d’une table. C’est déjà plus que l’an dernier. Et j’ose le croire, moins que l’an prochain.


Et je cite :

« Mes grands-parents ont connu la guerre 14-18, l’épidémie de 18, la crise de 29, et la guerre 39-45… Fait que notre COVID, c’est de la petite bière comparé à ça. Peut-on juste faire notre job et arrêter de nous plaindre de la perte temporaire de certains de nos privilèges ? »

André Ducharme, humoriste et animateur, le 16 décembre 2021.

Dans le cours de français

Cette semaine, j’ai eu à enseigner le prédicat à mes élèves de 6e année. Plus tôt cet automne, je leur avais appris le groupe verbal, aussi appelé le groupe du verbe. Difficile d’aborder ces deux notions, à quelques semaines d’intervalle, sans y perdre un groupe d’enfants de 11 et 12 ans.

Prenons la phrase suivante :

L’équipe de hockey joue devant des gradins vides.

Le verbe dans cette phrase est joue. Ce qui suit le verbe, devant des gradins vides, constitue le complément du verbe. Le verbe et son complément [joue devant des gradins vides] constituent le groupe verbal. Et le prédicat.

Si le groupe verbal et le prédicat sont constitués des mêmes mots, quelle est donc la différence entre les deux ? En termes simplifiés, le groupe verbal, c’est ce qu’il est, alors que le prédicat, c’est ce qu’il fait

Ce qu’il est : [verbe + complément du verbe] = groupe du verbe.
Ce qu’il fait : définit l’action posée par le sujet (ou ce qui lui est attribué) = prédicat.

Êtes-vous mêlés ? Imaginez les élèves !

Et je devrai bientôt leur expliquer la différence entre un complément du verbe et un complément de phrase.


Dans le cours de musique

Il y a une dizaine de jours, j’ai vu un reportage sur La Zarra, à la télévision de Radio-Canada. Cette artiste québécoise, née Fatima Zahra, m’était jusqu’alors inconnue, mais il semble qu’elle fasse un malheur en France. Avec son style original et sa voix puissante, elle mélange les genres et nous offre un contenu des plus intéressants. 

De son premier album, Traîtrise, voici la pièce Tu t’en iras. Il est possible que je revienne très prochainement avec une autre chanson de La Zarra !

La Zarra – Tu t’en iras – Traîtrise – #musiquebleue

Visionner le reportage de Radio-Canada sur La Zarra.


La bonne nouvelle de cette semaine

La réalité rejoint la fiction. On pourra bientôt substituer une mâchoire inférieure rongée par le cancer par un implant réalisé à l’aide d’une imprimante 3D. Autre aspect positif de l’histoire, c’est au Québec, précisément au CHU de Québec-Université Laval, que cette technologie a été développée. 

Santé Canada a autorisé la commercialisation de ces implants, en plus d’approuver l’approvisionnement de tous les hôpitaux canadiens qui en feront la demande. On prévoit également que la même technologie permettra sous peu le remplacement d’autres parties du corps humain. 

Lire la nouvelle diffusée par La Presse, le 2 décembre dernier.


Demeurons positifs !

Une septième, à leur 31e affrontement, jeudi soir !

(Merci à mon père pour le visuel)


Billet du 29 octobre 2021 : Dérapages

J’ai sourcillé, cette semaine, quand j’ai entendu le premier ministre François Legault affirmer qu’il n’attendait qu’un aval de ses conseillers juridiques pour communiquer aux différents CISSS et CIUSSS les listes des médecins de famille qui ne voient pas suffisamment de patients. Même si le problème est criant, ce n’est pas le genre de gouvernance que je souhaite pour une société qui se veut libre et démocratique.

Toutefois, je déplore la réaction du président de l’Association des médecins omnipraticiens du Québec, le Docteur Louis Godin, qui a victimisé ses membres lors d’une entrevue radiophonique avec l’animateur Patrick Masbourian. Les derniers mois se sont avérés très durs pour tout le personnel de la santé, mais lorsque je pense à des groupes d’individus persécutés, ce ne sont pas exactement les médecins qui me viennent en tête. Aussi, d’entendre Louis Godin employer le mot inquisition contribue, en ce qui me concerne, à discréditer sa cause.

Écouter l’entrevue donnée par le Docteur Louis Godin à Patrick Masbourian


Dans le cours d’éthique et culture religieuse

Trop peu, trop tard, diront certains, mais c’est un véritable acte de contrition, païen plutôt que catholique, que le metteur en scène Serge Denoncourt a livré, cette semaine. Dans une missive publiée dans La Presse+, l’homme de 59 ans admet que lui-même et à peu près tout le milieu artistique québécois savaient qu’Edgar Fruitier, le Loup-Garou du Pirate Maboule, « était un prédateur sexuel ».

Lire la lettre ouverte de Serge Denoncourt

Le plus troublant, c’est que les propos de Denoncourt reflètent une réalité qui s’est étalée sur plusieurs époques, jusqu’à tout récemment, alors que les victimes de gestes de nature sexuelle étaient pointées du doigt et que leurs agresseurs étaient perçus en martyrs. Ayant lui-même subi les attouchements d’Edgar Fruitier, selon ce qu’il mentionne, l’acteur et metteur en scène démontre de l’empathie envers celui qui l’a dénoncé et fait condamner, et pourfend les défenseurs, nombreux en raison de son âge avancé, de l’agresseur.

À défaut d’avoir porté plainte de façon officielle quand il avait l’occasion de le faire, je constate cependant que le contexte de l’époque aurait pu nuire à sa carrière, la sortie de Serge Denoncourt a au moins le mérite de confirmer une situation et d’établir que l’âge, la réputation et l’orientation sexuelle n’ont pas à être pris en considération dans les cas d’abus.


Et je cite :

« Pauvre Edgar ? Pour ses fugues en sol mineur, Edgar doit faire face à la musique. »

Daniel L’Heureux, journaliste à la retraite, le 24 octobre 2021.

Dans le cours d’éthique et culture religieuse, deuxième période

Cet intertitre ne sera plus, d’ici deux ans. C’est parce que le cours d’éthique et culture religieuse (É.C.R.) laissera sa place au nouveau cours de culture et citoyenneté québécoise, tant dans le programme primaire que dans celui du secondaire. Ceci s’inscrit dans un continuum logique. Il y a une douzaine d’années, le cours d’É.C.R. avait lui-même succédé au cours d’enseignement moral et religieux, dont l’offre se déclinait en trois catégories : l’enseignement moral, l’enseignement moral et religieux catholique, de même que l’enseignement moral et religieux protestant.

Les principales religions feront toujours partie du curriculum dans le nouveau cours, mais céderont de l’espace à des sujets qui se doivent également d’être enseignés. Parmi eux, notons la citoyenneté numérique et l’éducation à la sexualité, cette dernière étant actuellement obligatoire, mais peu encadrée.

Bien que le ministre de l’Éducation ait mentionné que les différents acteurs du milieu aient été consultés dans le cadre de cette réforme, personne n’a eu vent de cette consultation. Cependant, les bribes de contenus qui ont été rendues publiques me semblent des plus pertinentes et en lien avec ce qu’une école moderne doit offrir à sa clientèle.


Dans le cours de mathématiques

La parité se rapproche de l’égalité, si elle ne l’atteint pas. Histoire d’assurer un équilibre des genres sur les conseils d’administration des sociétés d’État, le gouvernement du Québec a déposé cette semaine un projet de loi visant à s’assurer que les proportions d’hommes et de femmes y siégeant se situent toujours entre 40 % et 60 %. Par exemple, si un CA compte dix personnes, pas moins de quatre et pas plus de six devront être des femmes.

Le hic, c’est que sur les conseils d’administration d’Hydro-Québec, de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, ainsi que de Loto-Québec, la proportion de femmes dépasse actuellement les 60 %. C’est donc dire que si le libellé du projet de loi demeure tel quel, une fois adopté, des femmes devront laisser leur siège à des hommes.

Sur une patinoire, on dirait que le gouvernement a marqué dans son propre filet.


Dans le cours de musique

Cette semaine marquait le début de la Série mondiale de baseball. Il m’est très difficile de penser à ce sport sans y associer le grand Jacques Doucet qui, à 81 ans, décrit encore des matchs à la télévision. Le commentateur s’est vu offrir l’occasion d’immortaliser sa voix dans une pièce musicale, et c’est celle que je vous présente en #musiquebleue.

Membre du groupe de hip-hop Dead Obies, 20some a lancé l’enregistrement simple Home Run, au début du mois d’octobre. Avant d’écouter la pièce, je croyais qu’il avait capté la voix de Jacques Doucet à travers ses descriptions, mais je me trompais ! Les expressions de Monsieur Doucet sont originales et ont été enregistrées pour l’œuvre de l’artiste.

20some – Home Run (avec Jacques Doucet) – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Aujourd’hui, je laisse parler un gazouillis du Média Positif.

Existe-t-il des initiatives du genre, chez nous ? Je serais curieux de les connaître et heureux de les diffuser ici !