Billet du 7 janvier 2022 : La tendance est #ostrogoth

C’est le lundi 10 janvier prochain que mes collègues et moi commencerons à temps complet notre enseignement à distance, pour au moins cinq jours. Le retour sur les lieux physiques des écoles est en effet prévu pour le 17 janvier, soit une semaine plus tard. Sera-t-il repoussé ? J’en doute. Malgré le nombre record de cas et les hospitalisations qui franchissent un seuil critique à dix jours de l’événement, gérer l’école à la maison constitue un casse-tête imposant pour bon nombre de parents.

Il faudra donc s’attendre à plusieurs autres éclosions dans les écoles québécoises. En cette année scolaire, j’en suis déjà à mon quatrième segment de calendrier en enseignement à distance, mon deuxième pour la classe complète. Je me considérerai comme chanceux si ça s’arrête là. Je le souhaite. Mais si apprendre à vivre avec le virus signifie basculer d’une manière à l’autre au gré de ses floraisons, mes collègues et moi aurons développé une magnifique expertise en quelques mois.


Dans le cours de français

Le mot de la semaine est ostrogoth.

C’est un mot que j’ai lu et entendu plusieurs fois dans ma vie, sans jamais connaître sa véritable signification, outre son usage comme nom propre. L’amateur de Tintin que je suis a depuis longtemps noté son utilisation courante dans les litanies injurieuses du capitaine Haddock. Le mot s’écoute également dans la chanson Vade retro, un vieux succès de Joe Dassin.

Un ostrogoth, selon le Robert, est une personne ignorante et bourrue. On lui accole le synonyme d’olibrius, une autre injure du vieux compagnon de Tintin. Chez Larousse, on précise qu’il s’agit d’un homme qui ignore les bienséances et la politesse. En guise d’équivalences, on y mentionne butor, énergumène, malotru, mufle et pignouf.

Si le capitaine Haddock s’était recyclé en commandant de bord d’un avion, sans doute aurait-il vociféré cette suite d’épithètes à un certain groupe de passagers.


Dans la cour de récréation

Le Canadien de Montréal a créé une rare et positive unanimité, cette semaine, en recrutant la journaliste Chantal Machabée comme vice-présidente aux communications. Certaines mauvaises langues ont prétendu qu’il aura fallu le congédiement de Trevor Timmins pour qu’enfin l’équipe repêche un élément clé pour sa formation, ce qui m’a quand même fait esquisser un léger sourire. Au-delà des qualités de madame Machabée et de la bourrasque de fraîcheur qu’elle fera entrer avec elle au Centre Bell, je me réjouis pour les jeunes et talentueuses Andrée-Anne Barbeau et Daphnée Malboeuf, qui auront toutes les deux l’occasion de prendre du galon au Réseau des sports (RDS). Avec Élizabeth Mantha qui, cette semaine aussi, est devenue la première femme à intégrer le groupe d’arbitres de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), c’est un pas de géant vers l’avenir pour les femmes, le hockey et le sport en général qui a été effectué.


Dans le cours de français, deuxième période

Fini les données officielles quotidiennes sur la COVID !

Finies les données officielles quotidiennes sur la COVID !

Fini, les données officielles quotidiennes sur la COVID !

Finies, les données officielles quotidiennes sur la COVID !

C’est une phrase que j’ai envoyée par message texte, cette semaine, quand j’ai appris que le gouvernement du Québec laissait tomber le bilan quotidien des nouveaux cas, tout en maintenant celui des décès et des hospitalisations. Mais au-delà de la décision gouvernementale, grammaticalement parlant, comment devais-je écrire ma phrase ? En accordant Fini avec données, ou en le gardant invariable ? En le faisant suivre d’une virgule, ou pas ?

Réponse après la bonne nouvelle de la semaine.


Dans le cours de mathématiques

Nous remarquons tous que le prix des aliments grimpe en flèche. Un reportage diffusé sur le site de Radio-Canada vient affirmer que de suivre plus convenablement le Guide alimentaire canadien permettrait à une famille d’économiser plus de 650 $, annuellement. 

L’idée consiste à diminuer la quantité de viande. La nutritionniste interrogée rappelle que le Guide suggère que les protéines animales ne devraient constituer que le quart de l’assiette. C’est en respectant cette proportion et en la remplaçant par des protéines végétales dans trois repas hebdomadaires que les économies se font substantielles. Elle précise qu’il faut toutefois éviter les produits végétariens transformés, souvent plus coûteux.

Lire le reportage sur radio-canada.ca

Consulter le Guide alimentaire canadien


Dans le cours de musique

Un petit reggae un peu «jazzy» pour commencer l’année ? Pourquoi pas ! Surtout que Moto, sorti en octobre, m’offre l’occasion de vous suggérer pour la première fois une pièce de Caracol, une artiste que j’aime beaucoup. 

Caracol – Moto – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Belle histoire de don de soi relatée par Le Journal de Québec, lundi. La scène s’est toutefois déroulée en avril dernier. Au péril de sa vie, un homme atteint de fibrose kystique, avec 20 % de ses capacités respiratoires, a parcouru une certaine distance en courant, avant d’escalader la clôture qui le séparait de la cour arrière de la résidence de sa voisine, afin de venir en aide au fils de cette dernière. L’enfant de trois ans avait perdu conscience après s’être étouffé en avalant un objet qui était demeuré coincé dans sa gorge. L’intervention de Samuel Boisvert a sauvé la vie du jeune garçon.

Alors que le moindre rhume aurait pu lui être fatal, l’homme de 34 ans, habitué de manquer d’air, n’a pensé qu’à l’enfant qui n’arrivait plus à respirer. Monsieur Boisvert a depuis été greffé des deux poumons.

Lire le reportage du Journal de Québec.


Dans le cours de français, troisième période

Les quatre manières d’écrire la phrase mentionnée plus haut sont acceptées. Réglons d’abord le cas de la virgule. La pause qu’elle permet est correcte, sans être essentielle. Son emploi est donc facultatif.

Quant à l’accord, ou pas, de Fini, on peut lire la phrase de deux façons.

En sous-entendant un C’est en début de phrase, (C’est) fini les données officielles quotidiennes sur la COVID!, le participe passé Fini doit demeurer invariable. Alors que si on donne plutôt à la phrase le sens Les données officielles quotidiennes sur la COVID sont finies!, le Fini, même en commencement de phrase, doit s’accorder en genre et en nombre avec données et s’écrire Finies.


Dans le cours de français, quatrième période

Anthony Calvillo est de retour dans le giron des Alouettes de Montréal, ayant accepté le poste d’entraîneur des quarts-arrière de l’équipe. Si je le mentionne ici, c’est parce que Calvillo, un Américain, s’est adressé aux médias dans un très bon français. Il s’est même permis une entrevue de plus de 16 minutes, presque entièrement dans la langue de Molière, sur les ondes du 91,9 Sports.

Chapeau, Anthony !

Entendre l’entrevue d’Anthony Calvillo au 91.9 Sports.


L’image en titre du billet est extraite de l’album Coke en stock, d’après Hergé, éditions Casterman (1958).

Billet du 17 septembre 2021 : Quand Jean-François se heurte à Peter

Selon le principe de Peter, établi dans un ouvrage publié en 1970 par Laurence J. Peter et Raymond Hull, toute personne avançant constamment dans sa carrière finit par atteindre son niveau d’incompétence.

Hier, dans un point de presse d’abord, puis dans un long fil publié sur son compte Twitter, la critique de Québec solidaire en matière d’éducation, Christine Labrie, a publiquement déclaré ce qu’on chuchote dans le milieu : le ministre Jean-François Roberge doit être démis de ses fonctions, s’il refuse de les quitter lui-même.

Son échec est manifeste. Son incompétence, tout aussi évidente, malheureusement. Comme Madame Labrie, je m’attendais à beaucoup mieux de la part d’un des nôtres. Ce fut d’ailleurs ma réaction lorsque j’ai appris sa nomination au conseil des ministres, en 2018. Enfin, un enseignant comme ministre de l’Éducation. Pour la première fois, un des nôtres. Trois ans plus tard, la déception est grande.

La députée de Sherbrooke évoquait la dégradation de tout le système d’éducation. Quand on le voit de l’intérieur, on constate la situation présente et on réalise clairement ce qui attend la société dans un futur plus ou moins rapproché. Comme pour l’environnement, on approche du point de non-retour pour toute une génération. Le laisser-aller est imputable aux gouvernements qui se sont succédé au cours des trois dernières décennies, mais le coup de barre promis par l’actuel premier ministre et son ministre de l’Éducation ne s’est traduit que par un ajustement de nos salaires, alors que les investissements essentiels dans les ressources humaines et matérielles se font toujours attendre.

Je demeure persuadé que Jean-François Roberge est un excellent enseignant. Suite à la lecture de ses livres, j’affirme qu’il est aussi un bon auteur. À titre de député, on me dit qu’il est très près de ses commettants et apprécié de ceux-ci. Comme ministre, il a failli à sa tâche. Il s’est heurté au principe de Peter.

Lire et entendre la déclaration de Christine Labrie, députée de Sherbrooke.


Dans le cours de français

Un fixeur est un chauffeur, un interprète, un guide et, très souvent, un garde du corps pour des journalistes étrangers effectuant des reportages en terrain hostile. Le terme est couramment employé dans le monde des médias. L’Office québécois de la langue française (OQLF) en proscrit toutefois l’utilisation, lui préférant des appellations comme guide-accompagnateur, par exemple. Les principaux intéressés continuent cependant de l’employer, d’autant qu’il est accepté dans de nombreux ouvrages de référence, tels le Larousse et le Robert. 

Lire une rubrique de La Presse sur le mot fixeur.

C’est un exemple qui s’ajoute aux nombreux mots et expressions qui, poussés par l’usage populaire, sont entrés par la grande porte dans nos dictionnaires. Récemment, le chroniqueur Patrick Lagacé prédisait que l’expression bon matin finirait également par s’y imposer. C’est une opinion que je partage et dont j’ai déjà fait état dans mes billets.

Lire la chronique de Patrick Lagacé.

Lire mon billet du 17 juillet 2020.

Un autre exemple est le verbe prioriser. On l’utilise de façon tellement courante et depuis si longtemps, qu’à peu près personne ne soupçonne qu’il est accepté depuis moins d’une décennie. Et encore, plusieurs continuent de le rejeter. 

Lire mon billet du 17 avril 2020.

Comme la nouvelle orthographe, souvent critiquée, l’ajout de ces mots et expressions témoigne de l’évolution du français, ce qui est une excellente nouvelle. Une langue qui cesse d’évoluer est une langue morte.


Dans le cours d’éducation physique

Mon téléphone cellulaire et ma montre intelligente comptent les pas que j’effectue quotidiennement. Chaque jour, comme plusieurs, je peine à atteindre les 10 000 pas recommandés pour le maintien d’une bonne santé physique. En fait, je n’y parviens que lorsque je planifie deux heures à mon horaire pour une marche de quelques kilomètres, après ma journée de travail. Même en enseignant debout, je n’atteins généralement que 5 000 ou 6 000 pas.

Je me réjouis toutefois des résultats d’une nouvelle étude, qui indique que 7 000 pas quotidiens seraient suffisants pour garder la forme. De plus, la cadence et l’intensité n’auraient aucune incidence dans les statistiques.

Lire l’article dans The Conversation.

La vie a beau être une course, les enjambées qu’elle nous demande semblent insuffisantes. Aussi incroyable que cela puisse paraître.


Dans le cours de français, deuxième période

La populaire station de radio 91.9 Sports a diffusé ceci sur son compte Twitter, mercredi :

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire «… que plusieurs ignorent» et non «… dont plusieurs ignorent». Le pronom relatif dont signifie de qui, de quoi ou duquel. Le remplacer par une de ces expressions dans la citation d’Anthony Marcotte n’a aucun sens.

Je tiens toutefois à me porter à la défense d’Anthony, avec qui j’ai eu l’occasion de travailler durant quelques années. Je certifie que son français est excellent. Si ces mots reflètent exactement ce qu’il a dit en ondes, il s’agit d’une erreur dont (de laquelle !) il est sans doute conscient. Même devant une citation, la personne responsable des réseaux sociaux à la station aurait dû voir à corriger avant de publier.


Dans le cours de musique

Miles Barnes est le nom d’artiste d’Émile Barnes, un rappeur montréalais. J’ai récemment entendu sa chanson Paire de nike, extraite de son album YFW, lancé il y a un an et demi. Au-delà des paroles amusantes, j’ai été séduit par cet étonnant mélange de rap et de jazz, sur fond de flamenco. Entrain et sourires assurés, à l’écoute du titre !

Miles Barnes – Paire de nike – YFW – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

La nouvelle n’est pas tout à fait bonne, mais l’histoire se termine bien et, surtout, soulage deux parents inquiets. Lors de l’attaque de l’aéroport de Kaboul, il y a trois semaines, une dame voulant quitter l’Afghanistan avec ses quatre enfants les a perdus dans la foule, lors des bombardements. Elle les croyait morts, lorsque trois d’entre eux ont fini par la rejoindre dans sa cachette, quelques jours plus tard. Mais personne ne savait ce qu’il était advenu du plus jeune, âgé de trois ans.

Dans la cohue, un adolescent de 17 ans l’avait agrippé à l’aéroport et emmené avec lui jusqu’au Qatar, où il a été placé en orphelinat. En effectuant des recherches afin de retrouver des membres de sa famille, des représentants des Nations Unies ont découvert que son père avait émigré au Canada, il y a deux ans. Déjà au courant de la survie de sa conjointe et de ses trois autres enfants, celui-ci était on ne peut plus heureux de constater que toute sa famille avait survécu à l’attaque. L’enfant a été placé dans un avion à destination de Toronto, où il a été réuni à son papa, cette semaine.

Lire la nouvelle dans The Globe and Mail.


Photo en couverture : Linda Boyer

Billet du 24 juillet 2020 : Journal de vacances (4 de 8)

Déformation professionnelle

Ça se poursuit cette semaine ! Encore une fois, un média a publié une erreur de français, une faute qui n’aurait pas dû être. Ajoutez que comme il s’agissait en plus d’une publicité, la faute est apparue un peu partout, toute la semaine.

Voyez cette publication du 91.9 Sports, diffusée sur Twitter :

Voyez-vous l’erreur ? Je vous fais languir encore un peu…

Quand j’ai publié ceci sur la page Facebook #LeProfCorrige, à la manière d’une devinette, plusieurs ont suggéré que l’erreur se situait dans la date. Pas du tout ! Écrire « dès le lundi 27 juillet » est la bonne façon d’indiquer la date d’un événement à venir.

La faute se trouve en tout début de publication. Plutôt que « OYÉ OYÉ », on aurait dû lire « Oyez ! Oyez ! ». Oyez est ici conjugué à l’impératif présent, à la 2e personne du pluriel. Il s’agit du verbe ouïr, un vieux verbe qui existe toujours aujourd’hui, mais qu’on n’emploie plus autrement qu’en faisant référence aux messagers du Moyen-Âge qui le criaient afin d’obtenir silence et attention. Oyez, du verbe ouïr, de la même famille que le sens de l’ouïe, signifie écoutez-moi.

C’est une erreur qui se remarque assez souvent. Mais j’admets que les gens de publicité de la station de radio en ont manqué une, cette semaine.


Et je cite :

« Ça m’impressionne toujours de voir des journalistes de médias francophones tweeter d’abord en anglais pour se faire remarquer par les joueurs et le personnel des équipes, plutôt que par leur public. »

Jean St-Onge, commentateur sportif à Radio-Canada, le 22 juillet 2020.

Devant mon ordinateur

Un autre gazouillis a attiré mon attention, cette semaine. Celui-là n’a rien à voir avec le français, mais il nous ramène brutalement sur terre. Voici ce que le chroniqueur Yves Boisvert publiait, mardi matin :

Depuis, nous avons eu 142 nouveaux cas de Covid-19 mercredi et 142 autres jeudi. C’est une baisse si on compare à mardi, mais une hausse importante si on se reporte une semaine plus tôt. On y reviendra effectivement, dans une semaine.


La blague de la semaine

Qu’arrivera-t-il quand les adeptes de la théorie du complot découvriront qu’ils font partie d’un complot visant à utiliser des adeptes de la théorie du complot pour répandre de la désinformation via les théories du complot ?


Au sujet du couvre-visage

Complotistes, prenez note : Le meilleur logiciel de reconnaissance faciale peut difficilement vous identifier si vous portez le masque. Et il ne peut carrément pas le faire si vous portez masque et verres fumés. Alors pour le respect de votre vie privée, pour VOTRE liberté, portez le masque !  


Et je cite :

« En ce qui concerne le masque, pour paraphraser la souris verte, j’aime mieux faire partie des 10 moutons que des 9 moineaux. »

André Ducharme, animateur et script-éditeur, le 18 juillet 2020.

Dans mes écouteurs

En #musiquebleue cette semaine, je vous propose Beach bodé, une chanson des plus estivales écrite, composée et réalisée par un collectif qui s’est octroyé le nom de Bermuda. Chanson joyeuse, pleine de soleil et empreinte d’ouverture. Vous comprendrez en visionnant le clip, qui a été tourné durant le confinement.

Avertissement : La chanson risque de vous trotter dans la tête très longtemps !


La bonne nouvelle de cette semaine

C’est une nouvelle qui a été diffusée au début du mois de juillet, mais ce n’est que cette semaine que je l’ai vue passer. Et quelle nouvelle positive !

La compagnie de mode Gucci a embauché la jeune Ellie Goldstein comme mannequin et porte-parole. Ce qui est particulier, c’est que Madame Goldstein est porteuse de la trisomie 21.

J’ai toujours aimé voir des designers nager à contre-courant et jouer avec le hors normes. Il fait très bon de voir une entreprise comme Gucci s’ouvrir à la diversité.