Billet du 12 mai 2023 : « Ghoster » ou non la fête des Mères

Je me rends compte que les choses vont bien au Québec quand le plus gros débat de la semaine a porté sur la fête des Mères, la fête des Pères et la nouvelle fête des Parents. Quelques enseignantes, guidées par de bienveillantes intentions, ont simplement pris la décision d’emprunter la voie de la déclaration de l’ONU et de souligner la fête des Parents le 1er juin, plutôt que les traditionnelles fête des Mères et fête des Pères. S’en est suivi un tollé démesuré.

Pourquoi fais-je référence à des intentions bienveillantes ? Il suffit d’avoir enseigné à des orphelins ou à des enfants abusés pour sentir le malaise, parfois le mal-être, de certains élèves à qui on impose la confection d’un cadeau artisanal, destiné à un adulte disparu ou violent, pour une de ces deux fêtes. Les en exempter ne règle rien, le temps alloué pour les autres leur faisant réaliser leur différence.

Je n’ose pas imaginer ce que les enseignantes concernées ont dû ressentir en constatant la commotion que leur initiative a soulevée. Ceci sans compter les injures, les insultes et les menaces qui leur ont été adressées via les médias et les réseaux sociaux. En pleine fin d’année scolaire, elles ont beaucoup d’autres choses à gérer.

La récupération politique qu’en ont faite certaines personnes est abjecte.


En passant, pourquoi tient-on pour acquis que du temps de classe doit être utilisé pour souligner des événements hors de la mission scolaire ?

Mon hypothèse est claire et directe : l’aspect commercial a pris le dessus. À l’époque où les écoles étaient confessionnelles, il était normal d’y fêter Pâques et Noël. Un côté traditionnel s’est instauré et, bien que la société ne reflète plus exactement les mêmes réalités, un consensus réclame que nous le fassions toujours, selon un concept qui a évolué en évacuant l’histoire religieuse pour tout concentrer sur la vente de musique, de décorations monstrueuses, de cadeaux et de chocolat. Pour le reste, lire les nombreux autres événements que le consensus social nous impose de souligner, je considère à tout le moins contreproductif que nous ayons à sacrifier autant de précieuses heures de pédagogie pour faire vivre les Walmart et les Dollarama de ce monde.

Comme pour bien d’autres choses, on a transmis implicitement aux écoles un rôle qui incombe aux familles.


Dans le cours de français

On arrive au moment de l’année où les principaux dictionnaires, le Petit Robert et le Petit Larousse illustré, annoncent en grande pompe les nouveaux mots qui effectueront leur entrée dans leurs pages. Bien honnêtement, j’ai déjà constaté des entrées plus marquées que cette année. On trouve tout de même quelques éléments intéressants.

D’abord, signe de l’actualité des dernières années, on salue l’arrivée officielle du mot complosphère (Ensemble des personnes qui participent à la diffusion d’idées jugées complotistes sur Internet, selon le Petit Robert). Dans la même catégorie, on voit également apparaître covidé et covidée. Les informations françaises des derniers mois sont aussi à l’origine de l’arrivée du verbe nasser, qui signifie encercler des manifestants.

Il faut également souhaiter la bienvenue, ou pas, à quelques anglicismes, dont le nom crush, ainsi que les verbes ghoster et bader. Issu de l’univers virtuel, le mot métavers, avec l’accent aigu sur le e, est maintenant accrédité.

L’influence québécoise se fait également sentir, cette année. D’abord avec l’apparition du mot infonuagique, mais aussi avec celle de notre poète David Goudreault, dans le Petit Robert des noms propres.


Dans le cours de français, deuxième période

En fait, j’aimerais commenter une nouvelle qui concerne la chanson francophone. J’y reviendrai donc Dans le cours de musique, après la #musiquebleue.


Dans le cours de musique

Roberto « Bob » Bissonnette est mort tragiquement en septembre 2016, à l’âge de 35 ans. Après 15 saisons de hockey dans les rangs juniors, universitaires et semi-professionnels, il s’est lancé dans la chanson, enregistrant quatre albums, dont deux ont obtenu la certification disque d’or.

Impliqué dans plusieurs organisations, il s’était porté acquéreur de quelques titres de propriété des Capitales de Québec, l’équipe de baseball de la ligue Frontière. C’est trois mois plus tard qu’il a péri dans l’écrasement d’un hélicoptère, qui a également coûté la vie au pilote. Le président des Capitales, Michel Laplante, s’en est tiré miraculeusement.

Depuis, la Fondation Bob Bissonnette a été mise sur pied. Elle offre de l’aide monétaire et matérielle à des jeunes ou à des organismes œuvrant avec eux, afin de leur permettre de pratiquer un sport ou une activité culturelle. En guise de financement pour la Fondation, on a récemment édité en CD et en DVD le spectacle que Bob Bissonnette avait donné à l’Impérial de Québec, en 2011. Tiré de cet album, voici son plus grand succès, Mettre du tape su’ ma palette.

Bob Bissonnette – Mettre du tape su’ ma palette – LIVE à l’Impérial de Québec – #musiquebleue

Dans le cours de musique, deuxième période

Il semblerait que la musique francophone… Et puis non, pas ici non plus ! J’en fais ma bonne nouvelle de la semaine.


La bonne nouvelle de cette semaine

La chanson francophone se porte plutôt bien, semble-t-il ! Selon le magazine Les Inrockuptibles1, pour l’année 2022, 279 simples et 47 albums de musique francophone ont obtenu la certification d’exportation à l’étranger, soit une hausse de 38 % par rapport à 2022. Le rap et l’électro contribuent largement à cette augmentation, d’après les chiffres présentés.

1Da Silva, Simon. Bonne nouvelle, l’export de musique francophone à l’international se porte bien. Les Inrockuptibles. Le 11 mai 2023.


Billet du 5 mai 2023 : Quand Michael Jackson chante Les BB

Il y a déjà un bout de temps que la question se trouve sur la sellette, mais les nouvelles des derniers mois nous la rappellent maintenant constamment : faut-il craindre l’intelligence artificielle (IA) ?

D’un côté, l’IA peut être utilisée pour améliorer la vie des gens dans de nombreux domaines tels que la médecine, la recherche scientifique, l’agriculture, l’industrie manufacturière, la mobilité et les services publics. L’IA peut aider à résoudre des problèmes complexes, à fournir des solutions innovantes et à automatiser des tâches répétitives, ce qui peut libérer les humains pour des tâches plus créatives et à plus haute valeur ajoutée.

D’un autre côté, l’IA peut également être utilisée à des fins malveillantes, comme la manipulation des opinions publiques, le vol de données personnelles, la cybercriminalité ou le développement d’armes autonomes. Il est donc important de mettre en place des réglementations et des normes éthiques pour s’assurer que l’IA est utilisée de manière responsable et pour le bien commun.

Il est important d’être conscient des implications potentielles de l’IA et de travailler pour maximiser ses avantages, tout en minimisant ses risques.


Pourquoi ai-je choisi d’aborder ce sujet, cette semaine ?

Disons que l’humoriste Mathieu Portelance y a beaucoup contribué, quand il s’est servi de l’intelligence artificielle pour faire interpréter un succès du groupe Les BB par Michael Jackson. Une chanson francophone, Tu ne sauras jamais1, écrite et composée par des Québécois, chantée par une défunte icône américaine. Et le résultat est étonnant, plutôt réaliste. Suffisamment réaliste pour qu’on se sente à tout le moins préoccupé par les possibilités offertes par l’IA aux personnes tentées par des desseins malveillants.

Il y a quelques années, l’Université de Washington avait utilisé une technologie encore plus sophistiquée pour faire dire n’importe quoi à Barack Obama2. Et dans ce cas, on ne s’était pas arrêté à la voix. On avait créé de toutes pièces des extraits vidéos.

1Portelance, Mathieu. Michael Jackson – Tu ne sauras jamais (AI Cover). FacebookWatch, le 27 avril 2023.

2BBC News. Fake Obama created using AI video tool. YouTube, le 19 juillet 2017.


Dans la vidéo de la BBC sur le faux Barack Obama, la professeure Ira Kemelmacher-Shlizerman affirme, presque dans les mêmes mots, ce que j’aborde au début de ce billet.

Ce que j’aborde ? Pas tout à fait.

Les quatre premiers paragraphes de mon billet de cette semaine ont été rédigés par l’intelligence artificielle, soit par le prototype ChatGPT. N’ayez crainte, je n’ai aucune intention de continuer d’avoir recours à ses services. J’aime trop écrire pour confier à quelqu’un d’autre, humain ou virtuel, la tenue ne serait-ce que partielle de mon blogue hebdomadaire.


Dans le cours de français

Il arrive souvent qu’un produit acheté affiche de grossières erreurs de traduction sur son emballage ou à l’intérieur de ses instructions. Mais lorsqu’il s’agit d’une faute d’orthographe, qui de surcroit contrevient à une règle de grammaire des plus élémentaires, en plus d’avoir échoué le test de la révision, on peut se permettre d’affirmer qu’il s’agit d’une bourde impardonnable.

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire Porc effiloché et non Porc éffiloché. En français, il n’existe aucun mot dont la double consonne est précédée d’une voyelle accentuée. Aucun.


Dans le cours de musique

Pour les amateurs de jazz et de musique du Sud, voici Myo, le nouvel album de Jean-François Groulx. La pièce que j’ai retenue cette semaine s’intitule Bolerocha.

Jean-François Groulx – Bolerocha – Myo – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Cette semaine, on sort des sentiers battus ! La bonne nouvelle s’éloigne en tous points de celles que j’ai l’habitude de suggérer. Elle se veut plus légère. Et surtout, je l’ai choisie parce qu’elle m’a été proposée par un de mes élèves.

Du 1er au 14 mai, soit depuis quelques jours, le Canada entier vibre au rythme de la Semaine de la pizza. Pourquoi la Semaine de la pizza s’échelonne-t-elle sur deux semaines ? Je l’ignore, mais je présume que c’est pour doubler le plaisir !

Les nombreux restaurants participants soumettront à leur clientèle une pizza originale, spécialement créée pour l’événement. Le public pourra ensuite voter pour sa pizza préférée. Ce festival en est à sa troisième édition.


Billet du 28 avril 2023 : À l’ordre, s’il vous plaît

J’en suis à ma 27e année d’enseignement. Ai-je déjà travaillé avec des titulaires de classe inadéquats dans leur pédagogie ou leurs comportements ? Oui.

Les ai-je dénoncés ? Quand j’étais moi-même témoin de paroles ou de gestes récurrents et inacceptables dirigés vers les enfants, oui.

Est-ce que quelque chose a été fait ? Oui, chaque fois. Toutes les directions avec qui j’ai travaillé avaient à cœur le bien-être de leur personnel, mais celui des élèves et la mission de l’école primaient.

Maintenant, entendons-nous. Je fais ici allusion à une infime proportion de toutes les personnes avec qui j’ai travaillé, à travers ces années. Quelques individus, que l’on peut probablement compter sur les doigts d’une seule main, parmi plus de deux centaines. Dans tous ces cas qui me viennent en tête, la direction colligeait les éléments au dossier et assurait les interventions nécessaires. Qu’arrivait-il ensuite ? Chaque cas est unique. Mais sans faute professionnelle grave, pouvant être concrètement démontrée, le congédiement est difficilement envisageable et incombe à la direction du centre de services scolaire, pas à celle de l’école.

J’ai tout de même été témoin d’au moins une suspension et de quelques retraites anticipées. Est-ce que d’autres ont réussi à s’accrocher et à demeurer en poste, malgré tout ? Malheureusement, oui.


Avec les événements des derniers jours, il est beaucoup question de la création d’un ordre professionnel pour les enseignantes et les enseignants. Je me suis personnellement toujours prononcé en faveur, chaque fois que j’ai eu à le faire. À chacune de ces fois, nous étions peu nombreux dans ce camp.

Je considère que l’adhésion à un tel regroupement pourrait nous apporter beaucoup. L’exemple que je cite souvent est celui des nombreux et volumineux rapports qui nous sont demandés par des spécialistes de la santé qui suivent certains de nos élèves. Ces questionnaires sont remplis sur notre temps personnel, souvent à la maison, bénévolement. Pourtant, lorsque nous demandons au même médecin de prendre quelques secondes pour nous écrire un billet visant à motiver notre absence du travail pour venir le rencontrer, il nous facture une cinquantaine de dollars parce que la Régie de l’assurance maladie ne rembourse pas ce type de frais. C’est là une différence notable entre un corps d’emploi sous l’égide d’un ordre professionnel et un autre qui n’en dispose pas.

Parce que pour la protection des citoyens, voire des élèves, le ministre Drainville a entièrement raison lorsqu’il affirme que les mécanismes actuels permettent de l’assurer. À ce niveau, l’ordre professionnel ne ferait que les regrouper vers un guichet unique.


Dans le cours d’éthique et culture religieuse
Volet éthique

Et je cite :

« Si demain matin il y avait une élection dans Camille-Laurin, sans vol de dépliant du PQ, est-ce que le député de Camille-Laurin serait le député qui est ici devant nous aujourd’hui ? »

François Legault, à propos de Paul St-Pierre Plamondon, le 25 avril 2023.

C’est vrai, la campagne du chef du Parti québécois dans la circonscription de Camille-Laurin ne levait pas avant le vol de ce dépliant. C’est le renvoi de la coupable, la candidate de Québec solidaire, qui a probablement assuré la victoire de M. St-Pierre Plamondon. Qu’un analyste politique ou un humoriste le rappelle, dans un contexte où une telle remarque s’y prête, ne m’aurait pas heurté. Que cela vienne du premier ministre est différent. S’abaisser à cette mesquinerie n’est pas digne de la position qu’il occupe.


Dans le cours de musique

Peu d’artistes québécois donnent dans le RnB. Parmi eux, on compte Emmanuel Travis, originaire de Châteauguay. Oeuvrant dans l’industrie depuis près de 25 ans, il vient de lancer son sixième album, Dopamine. Tirée de cet album, voici la pièce Les sabliers.

Emmanuel Travis – Les sabliers – Dopamine – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

C’est fait, une loi oblige maintenant les géants de la diffusion en ligne à soutenir davantage les contenus canadiens. Ceci implique l’inclusion, la promotion et la mise en valeur de musique, de films et d’émissions en français, en anglais, ainsi que dans les langues autochtones. Le Conseil de la télédiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) acquiert ainsi des pouvoirs qui lui permettront de sanctionner financièrement les plateformes qui y dérogeront.

Dans un autre volet, le gouvernement fédéral étudie actuellement la possibilité d’imposer à ces mêmes géants du web de verser des redevances aux médias canadiens lorsqu’ils utilisent leurs contenus.


Billet du 21 avril 2023 : Le chemin de traverse

J’ai milité activement au sein d’un parti politique durant 10 ans, soit de 1985 à 1995. J’étais ce genre de militant qui tenait à ses convictions, mais qui respectait celles des adversaires. J’ai d’ailleurs développé quelques amitiés parmi les sympathisants et sympathisantes d’autres formations. Aujourd’hui, quelques heures après l’abandon du projet de troisième lien entre Québec et Lévis dans sa vocation initiale, c’est aux bénévoles de la Coalition avenir Québec (CAQ) que je pense.

Militer en politique, c’est choisir le véhicule qui correspond le mieux à nos aspirations, bien qu’aucun ne le fasse entièrement. C’est pourquoi il faut souvent se laisser convaincre quand une idée, un objectif ou des étapes qui y mènent nous rejoignent moins, voire pas du tout. C’est défendre le programme du parti et le bilan du gouvernement qui en est issu, même quand des éléments heurtent sérieusement nos convictions personnelles. C’est se répéter que même si un autre parti, dans un dossier particulier, rallie l’essentiel de nos pensées, la globalité de son programme n’y correspond pas.

Un chemin de traverse est un raccourci ou un chemin plus court que celui habituellement emprunté. Rien ne saurait mieux décrire autant le tunnel sous le fleuve que l’on compte construire que la saga qui l’entoure.

Dans toutes les strates de la société, il y a des adeptes et des opposants à ce fameux troisième lien. Je présume qu’il en est de même chez les militants et militantes de la CAQ. À un certain moment, plusieurs ont dû défendre bec et ongles une phase de ce projet pour laquelle il leur était difficile d’adhérer. Les élus également, me direz-vous. Mais en fin de compte, ce sont eux qui prennent les décisions et définissent les changements de cap, alors que le seul pouvoir d’un sympathisant se limite à une voix parmi plusieurs centaines, souvent quelques milliers, au congrès annuel d’orientation de son parti.

À moins de militer au sein d’un parti idéologique, on ne quitte pas sur le fond d’un seul désaccord. Plusieurs membres de la CAQ, notamment à Lévis, devront donc reprendre leur bâton du pèlerin et défendre une position en grande partie contraire à celle qu’ils défendaient encore récemment. Bien que ce soit là une peine que je ne me donnerais plus aujourd’hui, ils ont toute mon empathie.


Dans le cours de français

Il fallait bien que ça arrive. Je dois corriger une erreur de français commise dans un de mes billets. Voici la phrase :

« En date d’aujourd’hui, uniquement au centre de services scolaires qui m’emploie, vingt-neuf trajets ne peuvent être desservis. »1

Voyez-vous la faute ? Il y en a bel et bien une. Suite après la #musiquebleue.

1Martin, Jean-Frédéric. Journal de vacances du 19 août 2022.


Dans le cours de musique

Jazz, blues, rock et pop, la dernière sortie de Brigitte Boisjoli donne dans plusieurs styles. Depuis longtemps que j’aime sa musique et sa voix, voilà qu’elle nous arrive avec des textes originaux qu’elle a elle-même écrits. Partir, la pièce que je propose ici serait, semble-t-il, un message qu’elle adresse à son père. Dans la même lignée, l’album s’intitule Mens-moi. Le ton est donné ! La note aussi.

Brigitte Boisjoli – Partir – Mens-moi – #musiquebleue

Dans le cours de français, deuxième période

Avez-vous trouvé ?

#LeProfSeCorrige

Ici, on aurait dû lire centre de services scolaire, sans la marque du pluriel à scolaire, plutôt que centre de services scolaires. Jusqu’à récemment, lorsque j’évoquais l’organisme qui a succédé aux commissions scolaires, j’accordais l’adjectif scolaire avec le nom services. Toutefois, la loi sur la gouvernance scolaire stipule que c’est avec le nom centre, au singulier, qu’il faut accorder scolaire. Pourquoi ne parle-t-on alors pas d’un centre scolaire de services ? Il faudrait demander au législateur.


La bonne nouvelle de cette semaine

Avez-vous entendu parler du Fairphone ? Actuellement, l’appareil n’est disponible qu’en Europe, mais j’ose croire qu’il franchira les frontières de notre continent avant longtemps. Il s’agit d’un téléphone mobile fabriqué avec des matériaux recyclés. Mais surtout, il est conçu pour être réparé, plutôt que changé.

Dans un souci de développement durable, le concepteur a opté pour la production de tutoriels pour procéder à une réparation à l’aide d’un seul tournevis et de pièces de rechange. Il s’avère ainsi possible et relativement simple pour la personne propriétaire du téléphone d’effectuer elle-même sa réparation.

Site officiel de Fairphone


Billet du 14 avril 2023 : Une laïcité élastique

Il existe un côté ingrat aux postes en gestion et en administration. Les décisions doivent être prises en fonction des intérêts de l’entité et s’inscrivent souvent à l’encontre des positions, voire des valeurs, des individus qui les arrêtent. Ces derniers doivent ensuite les défendre, parfois les promouvoir, même si leur pensée prend place à l’opposé. Cette situation est d’autant plus vraie en politique. Laisser dépasser ses véritables couleurs, même sans les afficher ouvertement, peut soulever un tollé. C’est ce qu’a fait le premier ministre François Legault, cette semaine.

Voici ce qu’il a publié sur Twitter, lundi dernier, lendemain de Pâques :

En tant qu’individu, François Legault a entièrement le droit de croire en la culture de la solidarité engendrée par le catholicisme. En tant que premier ministre, il peut toujours la souligner, mais pas en lui accolant l’exclusivité qu’il lui prétend. Surtout dans le contexte de cette publication, dans laquelle il commet plusieurs fautes.

Premièrement, François Legault est le premier ministre d’un état officiellement laïque. Utiliser le nous et le notre devient hasardeux lorsqu’il associe ces mots à un groupe religieux en particulier.

Deuxièmement, il est faux de prétendre que la solidarité catholique constitue ce qui distingue le peuple québécois en Amérique du Nord. Plusieurs autres groupes religieux, implantés ici, peuvent prétendre à une mutualité à tout le moins comparable. Et puis le Québec actuel se distingue-t-il vraiment par sa solidarité catholique ? J’en doute.

Troisièmement, si le premier ministre prétend qu’il faut «distinguer la laïcité et notre patrimoine», il faut également distinguer l’histoire du Québec de son patrimoine. Depuis les dernières générations, beaucoup de nos bâtisseurs proviennent de groupes autres. Si l’Église catholique a laissé une trace indélébile dans notre histoire, celle qu’elle a léguée à notre patrimoine, de plus en plus diversifié, tend à pâlir rapidement.

Quatrièmement, en relayant une chronique de Mathieu Bock-Côté dans sa publication, François Legault s’associe à un polémiste dont les positions ultraconservatrices détonnent des valeurs qui ont jusqu’ici toujours été promues par le consensus québécois.

Certaines déclarations passées de François Legault1, sans nécessairement évoquer une nostalgie duplessiste, ont quand même l’air de vouloir rétablir une cassure provoquée et entretenue par une forte majorité des successeurs de celui qui fut premier ministre du Québec de 1936 à 1939, puis de 1944 à 1959. Rappelons qu’en plus de ses positions populistes et conservatrices, Maurice Duplessis avait fait du cardinal Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve, archevêque de Québec, l’un de ses principaux conseillers. Le concept de laïcité prôné par François Legault semble plutôt élastique.

1[VIDÉO] François Legault traite Gabriel Nadeau-Dubois de «woke». Le Journal de Québec. Le 15 septembre 2021.


Dans le cours de français

Qu’ont en commun les mots tennisman, rugbyman et recordman ? Plusieurs choses !

Les trois sont associés au sport. Aussi, les trois contiennent le suffixe _man.

Mais surtout, l’origine de ces trois noms est typiquement française ! On serait porté à penser qu’il s’agit d’anglicismes, mais ce n’est pas le cas. À preuve, en anglais, on dira tennis player, rugby player et record holder. La langue française s’est inspirée de noms comme fireman ou policeman, dans la langue de Shakespeare, pour forger des mots originaux dans celle de Molière. C’est ce qu’on appelle de faux anglicismes.


Dans le cours de musique

Pierre-Luc Brillant est un artiste engagé et bourré de talents. Comédien d’abord, il touche également à la musique, seul ou avec sa conjointe, l’actrice Isabelle Blais. Candidat du Parti québécois défait dans la circonscription de Rosemont, lors des élections québécoises d’octobre dernier, il a également mordu la poussière face à Tania Kontoyanni, la semaine dernière, lors du scrutin pour la présidence de l’Union des artistes.

Il nous arrive maintenant avec Des compositions, un album de pièces qu’il a composées à la guitare classique. En #musiquebleue, voici Cadavre exquis.

Pierre-Luc Brillant – Cadavre exquis – Des compositions – #musiquebleue

Les bonnes nouvelles de cette semaine

Il était clair que l’histoire de Harry Forestell, lecteur de nouvelles pour la CBC, ferait l’objet de cette rubrique, cette semaine. Puis une autre bonne nouvelle, que je ne pouvais pas passer sous silence, est aussi apparue. J’y reviendrai plus bas.

Harry Forestell, d’abord. Atteint de la maladie de Parkinson, il a offert tout un espoir à celles et ceux qui en sont également affectés. Son état l’ayant forcé à quitter ses fonctions, l’automne dernier, il a refusé de démissionner, optant plutôt pour une pause durant laquelle il irait subir une intervention chirurgicale visant à lui insérer deux électrodes dans le cerveau, ainsi qu’un stimulateur dans la poitrine, ce dernier étant relié à son téléphone cellulaire. Grâce à cette opération, il a pu recommencer à vivre normalement, tout en reprenant son emploi, les symptômes de la maladie étant maintenant contrôlés.

Je vous suggère de visionner le reportage que voici, sur le sujet.

Source : YouTube (Radio-Canada Info)

Puis le grand amateur de baseball que je suis s’est d’abord réjoui du rappel du jeune joueur québécois Édouard Julien par les Twins du Minnesota, cette semaine. Une liesse s’en est suivie quand à sa deuxième présence au bâton, il a frappé son premier coup de circuit dans le baseball majeur. Un moment marquant pour Baseball Québec, qui voit un autre des siens accéder au plus haut niveau.


Billet du 7 avril 2023 : « L’ironie, c’est la vie »

La citation en titre est celle de Paul Smith, leader du groupe rock Maxïmo Park.

La vie nous réserve parfois de ces ironies. Après 20 mois d’attente, j’ai enfin pris possession du véhicule électrique que j’avais commandé en août 2021. Mais comme je l’ai acquis mercredi, jour de verglas et de pannes d’électricité, et que ma génératrice avait besoin d’un remplissage en essence, le premier arrêt de ma nouvelle automobile s’est effectué dans une station-service.

Une douce ironie, m’a fait remarquer une de mes amies. Le comble de l’ironie, lui ai-je répondu.


Et je cite :

« La meilleure arme contre le stress est notre capacité à choisir une pensée plutôt qu’une autre. »

William James (1842-1910), psychologue.

Dans le cours d’univers social
Volet géographie

L’an dernier, entre les lignes d’un billet dans lequel je résumais les origines de la fête de Pâques, qui transcende les traditions dans plusieurs religions, j’expliquais son orthographe, avec ou sans le s de la fin. 1 Aujourd’hui, j’aborderai les débuts du lapin de Pâques dans la tradition païenne. Ce sera simple et concis.

Il existe deux versions pour expliquer son origine, et les deux proviennent de l’Allemagne. Selon la première, une dame pauvre, n’ayant pas les moyens d’offrir des friandises à ses enfants, aurait peint des œufs et les aurait dissimulés dans son jardin. En découvrant les œufs, les petits auraient aperçu un lapin et crurent que c’était lui qui les avait pondus. Ce fut le début d’une longue croyance, qui tient encore ses adeptes, aujourd’hui.

Dans l’autre explication, on mentionne que l’animal emblématique de la déesse Éostre, qui était célébrée au printemps et dont le nom, à peine dérivé, aurait servi à nommer la fête de Pâques en anglais (Easter), était le lièvre.

1Billet du 15 avril 2022 : Repos pascal


Dans le cours de musique

En #musiquebleue, cette semaine, le nouvel album d’Alexandra Stréliski se prête particulièrement bien au thème. Tirée de son Néo-Romance, voici la pièce Dans les bois.

Alexandra Stréliski – Dans les bois – Néo-Romance – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Divers événements, dont les Jeux olympiques, nous font connaître le patinage artistique. Si on nous présente régulièrement les épreuves solos ainsi que celles en couple, on fait très peu état des compétitions synchronisées, en équipe. Depuis 23 ans, les Championnats du monde de patinage synchronisé, tenus cette année à Salt Lake City, présentent justement une compétition annuelle dans cette discipline.

Pour une deuxième année consécutive, une équipe toute québécoise, les Suprêmes de Saint-Léonard, est montée sur la première marche du podium. Ce dernier fut complété par deux formations finlandaises, qui ont respectivement remporté les médailles d’argent et de bronze.

C’était la quatrième fois dans l’histoire des Championnats du monde de patinage synchronisé qu’une équipe défendait son titre avec succès.

Voici la prestation qui a valu aux Suprêmes leur médaille d’or, le 26 mars dernier.


Billet du 31 mars 2023 : La chèvre et le chou

Je commencerai avec le chou. Pas le légume, mais la façon d’exprimer sa désapprobation. Le contraire d’applaudir, en fait.

Gilles Proulx a-t-il vraiment tenu en ondes des propos haineux à l’égard de la députation de Québec solidaire ? Le principal intéressé s’en défend, arguant que ses paroles de la semaine dernière étaient plutôt dirigées vers le peuple québécois, envers qui il s’était emporté.1

Comment une école aurait-elle réagi si un élève avait affirmé qu’un groupe méritait d’être abattu, comme Gilles Proulx l’a fait ? Chose certaine, un comité multidisciplinaire se serait penché sur l’événement et des suites auraient été données pour éviter que cela ne se reproduise et que la situation ne dégénère.

Il est difficile pour le citoyen de se prononcer sur les paroles de Proulx, puisque l’extrait sonore, d’abord diffusé sur le site de QUB radio, en a été retiré quelques heures plus tard. Je ne l’ai personnellement pas entendu. Parmi celles et ceux qui ont eu ce privilège, beaucoup ont condamné les propos du chroniqueur.

Mais Gilles Proulx n’est pas le seul qui mérite d’être conspué. Gabriel Nadeau-Dubois, au nom de Québec solidaire, a saisi l’Assemblée nationale d’une motion visant à condamner les propos diffusés. C’est là son droit le plus strict et cette motion a d’ailleurs obtenu l’aval d’une quasi-unanimité de députés. Toutefois, si on considérait à QS que la situation était si grave, pourquoi n’a-t-on pas déposé une plainte au criminel, plutôt que de s’en tenir à la politique ?

Finalement, le Parti québécois a également erré. Deux fois plutôt qu’une, dans son cas. Il l’a d’abord fait en bloquant la motion de Québec solidaire, sous prétexte que l’Assemblée nationale n’est pas un tribunal. C’est pourtant le même groupe parlementaire (et j’ajouterais le même député, Pascal Bérubé) qui y avait déposé une motion très similaire contre le professeur Amir Attaran, il y a à peine deux ans. Et il y a deux mois, les trois députés péquistes ont voté, au Salon bleu, pour la démission d’Amira Elghawaby. Deux poids, deux mesures ?

Ensuite, le chef Paul St-Pierre Plamondon a proposé à au moins deux reprises à Québec solidaire, en guise d’alternative, de rédiger une plainte au Conseil de presse du Québec à l’endroit de Gilles Proulx et de QUB radio. J’ai peine à imaginer que le chef du PQ ignorait que Québecor avait désassujetti tous ses médias, dont QUB, de l’autorité du Conseil de presse. D’un autre côté, je n’ose pas croire qu’il le savait et l’a tout de même proposé.

Voilà pour le chou, qui se veut long et partagé.

1GND doit faire amende honorable. Le Journal de Montréal. Le 30 mars 2023.


Dans le cours de français

Maintenant, la chèvre.

Le développement de l’intelligence artificielle s’avère bénéfique sous plusieurs aspects. Toutefois, il apporte son lot d’irritants, notamment en matière de traduction. Il devient tentant pour les entreprises d’investir quelques dollars dans une application, plutôt que dans les honoraires plus élevés d’un professionnel. Souvent avec des résultats embarrassants pour les uns, frustrants pour les autres.

Le plus récent exemple en lice est celui des vêtements Columbia, dont le nouveau slogan est affiché en grandes bannières sur les murs extérieurs du magasin La Baie de la rue Sainte-Catherine, à Montréal.

#LeProfCorrige

Ici, je souligne à grands traits rouges que Soyez la chèvre constitue une mauvaise traduction de Be The Goat, dont le but vise à promouvoir des souliers de randonnée en montagne. Cependant, je laisserai aux professionnels des communications et de la mise en marché le soin d’indiquer ce qu’on aurait plutôt dû lire.

Il faut par contre préciser que le mot goat, ici, fait véritablement référence à l’animal, et non à l’expression Greatest Of All Time, comme plusieurs ont prétendu.


Dans le cours de musique

Les gars du Nord sont Acadiens, mais c’est au Québec qu’ils enregistrent et se produisent en majeure partie. Personnellement, je les connaissais grâce à leur album de Noël, sorti en 2016. La semaine dernière, ils ont lancé leur troisième et plus récent recueil musical, Les Fils du Père. Fidèles à ce qu’ils sont, on y trouve beaucoup de country, mais aussi de la musique traditionnelle et, à mon grand plaisir, quelques notes celtiques. C’est d’ailleurs dans ces dernières que je suis allé puiser la #musiquebleue de cette semaine. Elle a pour titre Les fils du roi.

Les gars du Nord – Les fils du roi – Les Fils du Père – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Compétition depuis longtemps très populaire aux États-Unis, le March Madness gagne graduellement ses lettres de noblesse au Canada, notamment au Québec. La percée de plusieurs joueurs et joueuses d’ici dans les rangs professionnels du basketball y est assurément pour quelque chose.

Pas moins de sept Québécois, tous âgés de moins de 20 ans, ont cette année participé à la grand-messe printanière du basketball universitaire. Parmi eux, une fratrie originaire de Rosemère.

Si le parcours de Maxence-Olivier Prosper s’est somme toute terminé rapidement, son équipe ayant subi l’élimination dès le second match, celui de sa sœur Cassandre s’est avéré plus long, la formation de l’Université Notre Dame étant passé à une victoire d’atteindre le carré d’as. Les deux sont considérés comme des espoirs olympiques.


Billet du 24 mars 2023 : Des souvenirs en forme de cicatrices

En tant qu’enseignant, je me sens toujours un peu ébranlé par les écarts de mes pairs. Ce sentiment amplifie ce que je peux éprouver en tant qu’être humain quand une personne adulte profite de son lien d’attachement avec des jeunes pour poser sur eux des gestes criminels. Le mois de mars qui s’achève n’a pas épargné ma profession.

Le mois a commencé avec le plaidoyer de culpabilité d’un enseignant de 28 ans d’une école de Montréal-Nord. Durant cinq ans, il s’est livré à une kyrielle d’infractions à caractère sexuel sur des jeunes filles de 11 et 12 ans. 1

Puis, dans la même semaine, autre plaidoyer de culpabilité, cette fois de la part d’une éducatrice spécialisée qui, au vu et au su des proches de sa jeune victime de 13 ans, affirmait être en couple avec elle. 2 La pauvre adolescente s’est trouvée bien malgré elle au centre d’un entourage adulte des plus toxiques.

Finalement, une nouvelle du même acabit m’a secoué plus que les deux autres, cette semaine, quand l’enseignant et journaliste Alexandre Gagné a été arrêté et accusé d’exploitation sexuelle des personnes mineures. 3 Passionné d’histoire et d’actualité internationale, Gagné était ma référence principale sur le conflit en Ukraine et les alliances qui en découlent. Je le lisais quotidiennement.

Travailler au bien-être des jeunes et les détruire sur un autre front constitue pour moi quelque chose d’incompatible. Je souhaite aux victimes un retour rapide à un environnement sain et une vie agréable.

1 Crimes sexuels sur des élèves: un prof au primaire de Montréal-Nord plaide coupable. Le Journal de Montréal. Le 7 mars 2023.

2 En «couple» avec une élève de 13 ans: une éducatrice spécialisée coupable d’exploitation sexuelle. Le Journal de Montréal. Le 8 mars 2023

3 Un enseignant du Collège Stanislas accusé de crimes sexuels. Ici.radio-canada.ca. Le 21 mars 2023.


Dans une beaucoup moindre mesure, c’est un doigt d’honneur bien dressé par un enseignant qui a été à l’origine d’un jugement de la Cour du Québec, qui a stipulé que ce geste fait partie de nos droits et libertés. 4 C’est contraire aux règles de civisme et de bienséance que mes pairs et moi devons inculquer à nos élèves, mais comme nous sommes d’abord et avant tout des êtres humains, je me réjouis d’être ainsi protégé des conséquences d’un élan d’impulsivité.

4 Faire un doigt d’honneur est un droit fondamental, estime un juge québécois. Le Devoir. Le 8 mars 2023.


Dans le cours de français

Deux erreurs ont été commises par le ministre Mathieu Lacombe, dans une publication sur Twitter, dimanche dernier. Il est à noter que cette note a depuis été retirée du réseau social.

Source : Twitter (@lacombemathieu)

#LeProfCorrige

Ici, deux anglicismes. D’abord, en français, contrairement à l’anglais, les noms propres ne doivent pas prendre la marque du pluriel. On aurait donc dû lire Les Olivier, sans le s.

Ensuite, le mot nominé est un calque du verbe anglais to nominate. Il aurait fallu voir les nommés ou les sélectionnés.


Dans le cours de mathématiques

Le budget du gouvernement du Québec a été déposé cette semaine. On y a annoncé des baisses d’impôts pour les contribuables. Au départ, j’aimerais mentionner que j’aurais préféré voir nos dirigeants élus investir la somme détournée du Fonds des générations être investie dans différents programmes, notamment en éducation, plutôt que dans un allègement fiscal moins substantiel. Cependant, cette mesure avait été annoncée depuis longtemps et la formation politique au pouvoir y a justement été portée sur cette base. Je conçois donc qu’il était correct d’y donner suite.

Également, je rejette les arguments de certains membres de l’opposition qui ont dénoncé le fait que les baisses d’impôts s’avéraient plus importantes pour les mieux nantis et négligeables pour les plus pauvres. À cet égard, j’ai retrouvé une analogie pertinente avancée par l’ex-chroniqueur Claude Picher, publiée en 2007 dans le quotidien La Presse. 5 Je la reprends ici.

Supposons que tous les jours, 10 hommes se retrouvent pour boire une bière et que l’addition se monte à 50$ (normalement, 5$ chacun). S’ils payaient la note de la façon que l’on paie les impôts, selon les revenus de chacun, on aurait l’exemple suivant:

Les quatre premiers, les plus pauvres, ne paieraient rien, zéro cent.

Le cinquième paierait 50 cents.

Le sixième paierait 1,50$.

Le septième paierait 3,50$.

Le huitième paierait 6$.

Le neuvième paierait 9$.

Le dernier, le plus riche, devrait payer 29,50$ à lui tout seul.

On arrive donc bien à 50$.

Ils décidèrent de procéder comme décrit. Les dix hommes se retrouvèrent chaque jour pour boire leur bière et semblèrent assez contents de leur arrangement. Jusqu’au jour où le tenancier du bar les plaça devant un dilemme: «Comme vous êtes de bons clients, dit-il, j’ai décidé de vous faire une remise de 10$. Vous ne paierez donc vos dix bières que 40$.»

Le groupe décida de continuer à payer la nouvelle somme de la même façon. Les quatre premiers continuèrent à boire gratuitement. Mais comment les six autres, les clients payants, allaient-ils diviser les 10$ de remise de façon équitable? Ils réalisèrent que 10$ divisés par 6 faisaient 1,66$.

Mais s’ils soustrayaient cette somme de leur partage, alors le cinquième et le sixième homme allaient être payés pour boire leur bière (1,16$ et 16 cents). Le tenancier suggéra qu’il serait plus judicieux de réduire l’addition de chacun selon le même barème et fit donc les calculs.

Alors?

Le cinquième homme, comme les quatre premiers, ne paya plus rien, Un pauvre de plus.

Le sixième paya 1$ au lieu de 1,50$ (33% de réduction).

Le septième paya 2,50$ au lieu de 3,50$ (28% de réduction).

Le huitième paya 4,50$ au lieu de 6$ (25% de réduction).

Le neuvième paya 7,50$ au lieu de 9$ (17% de réduction).

Le dixième paya 24,50$ au lieu de 29,50$ (16% de réduction).

On arrive bien à un total de 40$.

Chacun des six clients payants paya moins qu’avant, et les quatre premiers continuèrent à boire gratuitement.

Mais une fois hors du bar, chacun compara son économie.

«J’ai seulement eu 50 cents sur les 10$ de remise», dit le sixième et il ajouta, montrant du doigt le dixième: «Lui, il a eu 5$!!!»

«C’est vrai», s’exclama le septième. «Pourquoi il aurait eu 5$ de rabais alors que moi je n’ai eu que 1$? Le plus riche a eu la plus grosse réduction!»

«Attendez une minute, cria le premier homme. Nous quatre n’avons rien eu du tout. Le système exploite les pauvres».

Les neuf hommes cernèrent le dixième et l’insultèrent.

Le jour suivant, le dixième homme ne vint pas. Les neuf autres s’assirent et burent leur bière sans lui. Mais quand vint le moment de payer, ils découvrirent quelque chose d’important: ils n’avaient pas assez d’argent pour payer ne serait-ce que la moitié de l’addition.

Et cela est le reflet de notre système d’imposition. Les gens qui paient le plus d’impôts tirent le plus de bénéfice d’une réduction de taxe et, c’est vrai, ils resteront plus riches. Mais si vous les taxez encore plus fort et les condamnez à cause de leur richesse, ils risquent de ne plus se montrer.

Claude Picher, La Presse, le 13 novembre 2007

Et le chroniqueur d’ajouter :

Pour ceux qui ont compris, aucune explication n’est nécessaire. Pour ceux qui n’ont pas compris, aucune explication n’est possible.

L’explication est claire.

5 Picher, Claude. Petit cours de fiscalité… La Presse. Montréal. Le 13 novembre 2007.


Dans le cours de musique

J’aime trop Alain Bashung pour apprécier pleinement les reprises de ses chansons par Isabelle Boulay, que j’aime beaucoup également, je le précise. Je trouve quand même intéressante sa version de La nuit je mens. Ça s’arrête ici en ce qui me concerne.

Isabelle Boulay – La nuit je mens – Les chevaux du plaisir (Boulay chante Bashung) – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

À l’image du corridor de l’automobile entre Detroit et Windsor, les gouvernements canadien et américain seraient sur le point d’annoncer la création d’un corridor des semi-conducteurs, cette fois entre Albany et Bromont. 6 Voilà quelque chose qui stimulera grandement notre économie.

6 Un corridor Albany-Bromont va s’ouvrir. La Presse. Montréal. Le 23 mars 2023.


Billet du 17 mars 2023 : Autoreverse

Et je cite :

« Parlez-en en bien, parlez-en en mal, parlez-en, en français ! »

Jean-François Roberge, ministre de la Langue française, le 16 mars 2023

Voilà le leitmotiv du ministre Roberge depuis les débuts de la diffusion de Renversons la tendance, la publicité proposée par son ministère pour sensibiliser la population québécoise au déclin du français sur son territoire. Si, à tout hasard, cette annonce vous a échappé, je vous la montre ici :

Source : YouTube (Ministère de la Langue française)

Ai-je envie d’en parler en bien ou en mal ? Disons que cette publicité reflète une situation actuelle, dans certains milieux, suggérant implicitement qu’elle s’avère inacceptable. Sans grande clarté, on affiche surtout ce qu’il ne faut pas faire.

Mais que faudrait-il donc faire ? Il semble que nous devrons attendre une autre annonce gouvernementale pour le savoir.

Si je peux me permettre une suggestion au ministre Roberge, pointer du doigt le fait que des expressions anglaises viennent s’insérer ponctuellement dans des phrases en français est une chose, mais ce sont les lacunes orthographiques et grammaticales qui devraient d’abord le préoccuper. Il n’a qu’à tendre ses antennes pour en découvrir un lot impressionnant de démonstrations. À l’écrit, chaque tour de ses réseaux sociaux devrait réussir à le convaincre. À l’oral, je le mets au défi de corriger tous ses collègues lorsqu’ils s’expriment à l’Assemblée nationale ou dans les médias. Je parie que son ancienne vie d’enseignant lui manquera soudainement.


Vous vous questionnez sur le titre de ce billet ? En effet, autoreverse est tiré de l’anglais, mais il est admis tant par Larousse que par le Robert. Bien que le mot puisse sembler douteux, je trouvais le choix pertinent.


Dans le cours d’univers social
Volet histoire

Robert Monckton (1726-1782) a fait carrière comme officier de l’armée britannique. Il a fini sa vie en terres canadiennes, à titre de lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse. Il occupait ce poste qu’il fut l’un des initiateurs de la déportation des Acadiens. Le nom de la ville de Moncton, au Nouveau-Brunswick, réfère à ce personnage historique.

Son nom a également été donné à l’Université de Moncton, institution francophone. Ceci fait réagir plusieurs personnalités acadiennes, qui souhaitent un changement de nom pour ce lieu d’enseignement supérieur.

Dans une pétition regroupant plus de 850 signatures, dont celles d’Antonine Maillet, de Zachary Richard et de l’ancien recteur Denis Prud’homme, de même que de nombreuses figures du monde de la politique, on évoque l’absurdité et la méprise liées à cette dénomination.

Jusqu’à maintenant, les cadres de l’université avaient rejeté les demandes passées à ce sujet. Le mouvement revient cependant de façon cyclique, plus fort chaque fois. Selon Denis Prud’homme 1, il faudrait une modification à la loi pour procéder au changement de nom.

1De nombreuses personnalités réclament le changement du nom de l’Université de Moncton. ici.radio-canada.ca. Le 6 mars 2023.

Wikipédia – Robert Monckton.

La Charte de l’Université de Moncton.


Dans le cours d’éducation physique

Au football, bouffée d’air frais chez les Alouettes de Montréal, alors que Pierre-Karl Péladeau, à titre personnel, s’est porté acquéreur de l’équipe. Elle redevient donc une propriété québécoise.

Au ballon coup de pied, c’est plutôt un nuage sombre qui plane au-dessus du CF Montréal. Après une saison de 65 points en 2022, qui conférait à l’équipe la troisième meilleure fiche parmi les 28 organisations de la Major League Soccer (MLS), la formation dirigée par Olivier Renard, qui a remplacé Wilfried Nancy, n’a pas été en mesure d’inscrire un seul but en trois rencontres cette saison, s’inclinant chaque fois.

Et je cite :

« Trois matchs pour le CF Montréal de Joey Saputo. Aucun but, aucun point, trois défaites. Mais bon sang que Saputo a montré à Wilfried Nancy qui était le patron, n’est-ce pas ? »

Jack Todd, auteur et journaliste, le 12 mars 2023.

Dans le cours de musique

Un an après avoir lancé l’album Aubades, Jean-Michel Blais revient cette fois avec Sérénades, paru vendredi dernier. Le pianiste québécois est en train de devenir un habitué de la rubrique #musiquebleue de mes billets hebdomadaires. Sa plus récente œuvre constitue une bénédiction sonore quand on veut s’offrir un moment de calme et de zénitude. Comme il ne fallait qu’un extrait, j’ai opté pour 117.

Jean-Michel Blais – 117 – Sérénades – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, les employeurs doivent user d’ingéniosité pour dénicher les bonnes ressources qui viendront faire rouler leur entreprise. D’un autre côté, pour une question de survie, des milliers de personnes aptes au travail ont fui la guerre en Ukraine pour se réfugier un peu partout dans le monde.

Parmi ces endroits, il y a la région de la Beauce, au Québec. Plus de 75 réfugiés y ont retrouvé la paix, en plus de combler des emplois disponibles. Accueillis par la population locale, ils s’intègrent bien à la communauté.

C’est là une correspondance qui approche la perfection !

La Beauce séduit les réfugiés ukrainiens. ici.radio-canada.ca. Le 23 février 2023.


Billet du 3 mars 2023 : Fin de relâche

Au moment où les premiers clics mèneront à ce billet, je me trouverai à un bureau de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), avant même son heure d’ouverture, afin d’y réaliser une transaction. Avec ce que je lis et entends depuis une dizaine de jours, j’espère ne pas m’y trouver encore quand mon billet de la semaine prochaine sera publié.


Il n’y a pas qu’à la SAAQ qu’on effectue des transactions. Avec la quantité qui a déjà eu lieu dans la Ligue nationale de hockey au cours de la dernière semaine, j’espère qu’il restera quelque chose à annoncer quand mon ami Yanick Bouchard entrera en ondes pour son émission spéciale à la date limite des échanges dans la LNH, à RDS, aujourd’hui !


J’aimerais offrir mes plus sincères condoléances à la grande famille de l’Armada de Blainville-Boisbriand, que j’ai côtoyée de 2011 à 2017 comme membre de la galerie de presse, ainsi qu’aux proches de Jocelyn Dugas, décédé subitement cette semaine. Jocelyn faisait partie de cette courte liste de personnes dont les fonctions paradoxales exigeaient à la fois une exubérance caricaturale et une discrétion exemplaire. Il accomplissait son travail avec brio.

Avec le départ du président Mario Marois, souligné quelques jours plus tôt, le décès de Jocelyn Dugas laisse un deuxième trou béant dans l’équipage de la Flotte blainvilloise boisbriannaise.


Ça passe vite, une semaine de relâche scolaire.


Dans le cours de musique

Fondée en 2004 sous le nom de Misteur Valaire, la formation musicale qui donne dans plusieurs styles s’appelle simplement Valaire depuis 2016. Ce changement de dénomination coïncidait avec la parution de son cinquième album, Oobopopop.

Le 24 février dernier, Valaire lançait son sixième opus, Jazz Futon, un projet fidèle aux variations musicales du groupe. Parmi les seize pièces de l’album, j’ai retenu BEZU, en guise de #musiquebleue pour le billet de cette semaine.

BEZU ? Lisez le mot à l’envers !

C’est bien un hommage à UZEB et à son jazz fusion. Le résultat est formidable.

Valaire – BEZU – Jazz Futon – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Un nom : Mikaël Kingsbury. L’athlète de Deux-Montagnes a inscrit un troisième doublé consécutif aux Championnats du monde de ski acrobatique, remportant l’or à l’épreuve en solo, ainsi qu’à celle des bosses en parallèle, le week-end dernier.

Combinés à sa victoire en solo en 2013 et à celle en parallèle en 2015, ces six titres acquis lors des trois derniers Championnats du monde lui procurent à ce jour huit consécrations, auxquelles s’ajoutent trois médailles d’argent et deux de bronze, depuis 2011.