Billet du 20 mars 2020 : En confinement non barricadé

Dans le cours de français

Un cours de français à la maison, cette semaine, la COVID-19 nous confinant tous dans nos quartiers. Et mon crayon de correction s’attardera aux publications de deux influenceurs, dans ce billet.

#LeProfCorrige

Ici, je ferai abstraction du deuxième paragraphe, dans lequel Madame Longpré a volontairement employé à l’écrit des expressions du parler québécois. Je me préoccuperai plutôt de l’autocorrection de sa première phrase, ainsi que de sa dernière ligne.

Premièrement, il ne fallait pas corriger le mot négatif en le remplaçant par son féminin, encore moins par « negative », en omettant son accent. Ce n’est pas la famille qui est négative, du moins je l’espère, mais le résultat du test ou du contrôle. Il aurait donc été préférable de lire « Nous avons tous obtenu un résultat négatif à la COVID-19 », mais la forme première, avec le résultat en sous-entendu, était acceptable. Aussi, COVID-19 étant semble-t-il de genre féminin, il doit en être de même de son déterminant.

À la dernière ligne, cependant, il aurait fallu lire « Nulle part » et non « Nul part ». Le nom part, féminin singulier, appelle l’adjectif qui l’accompagne à s’accorder de la même façon.

#LeProfCorrige

Ici, plusieurs erreurs. Allons-y ligne par ligne.

Sur la première ligne, on aurait dû lire « snowbirds », avec la marque du pluriel.

Sur la troisième ligne, une coquille a transformé le voisin en voison.

Sur la quatrième ligne, il aurait fallu voir « est allé changé ses pneus », avec le déterminant possessif ses et non le déterminant démonstratif ces.

Sur la cinquième ligne, finalement, le monde, nom collectif singulier, est tellement inconscient, selon Monsieur Primeau. Conjuguer le verbe à la troisième personne du pluriel est une erreur.

Dans le cours de mathématiques (ou les statistiques de Trevor Timmins, 2e partie)

Dans mon billet du 6 mars dernier, je lançais quelques statistiques pour étayer mes interrogations concernant le travail de Trevor Timmins, le directeur du recrutement chez les Canadiens de Montréal. J’y mentionnais, entre autres choses, que depuis son entrée en fonction, en 2003, ce sont 21 joueurs repêchés par Timmins qui ont joué 240 matchs ou plus dans la LNH. De ce nombre, toutefois, 17 ont été sélectionnés entre 2003 et 2007. Ce qui implique que depuis 2008, soit depuis 12 ans, seulement quatre joueurs repêchés par le Tricolore ont participé à 240 joutes ou plus avec la grande équipe.

Dans les heures qui ont suivi la publication, on me demandait où se situait la formation montréalaise si on la comparait aux autres équipes, à ce niveau. J’ai ainsi repris le même exercice, cette fois avec les Bruins de Boston, les Blackhawks de Chicago et les Penguins de Pittsburgh. Pourquoi ces trois équipes ? Simplement parce que depuis 2003, ce sont les trois équipes qui ont le plus souvent participé à une finale de la Coupe Stanley. Tant qu’à comparer les Canadiens, aussi bien le faire avec les meilleures équipes.

Qui plus est, les Blackhawks de Chicago sont l’équipe avec laquelle Marc Bergevin a acquis son expérience de gestionnaire, avec de devenir directeur général.

Voici quelques tableaux.

D’abord, on remarque que mis à part les Blackhawks, qui ont vraiment fait une bonne provision de joueurs, les équipes en ont sensiblement repêché le même nombre entre 2003 et 2016. J’ai arrêté en 2016 car aucun joueur sélectionné à partir de 2017 n’a encore joué 240 matchs dans la LNH.

Ensuite, on découvre en regardant ces tableaux que Boston et Pittsburgh n’ont pas vraiment connu plus de succès que Montréal dans leurs repêchages, entre 2008 et 2016. Et de 2003 à 2007, les Canadiens ont largement eu le dessus sur les trois autres formations. Au niveau des chiffres, du moins. Parce que c’est pourtant là que se situe une explication plausible pour justifier ses déboires.

Parmi les joueurs repêchés entre 2003 et 2007, combien sont toujours avec leur équipe originale ? Chez Boston, Chicago et Pittsburgh, suffisamment pour former des noyaux solides, autour desquels se sont greffés des joueurs complémentaires, à travers les années. On peut penser aux Bergeron, Krejci, Marchand, aux Seabrook, Crawford, Toews, Kane, aux Crosby, Malkin, Letang et quelques autres. Ils possèdent tous au moins une bague de la Coupe Stanley, sinon deux ou trois.

Chez le Canadien, un seul : Carey Price. Et il n’est pas prêt d’obtenir sa première bague.

Bien sûr, on peut reprocher à Bob Gainey d’avoir échangé Ryan McDonagh. On peut blâmer l’organisation de ne pas en avoir bien développé certains. On peut peut-être regretter les pertes de Streit, de Subban, de Halak et même de Pacioretty, s’il y en a qui ont des raisons de ne pas croire en Tatar et Suzuki. Mais quand ont voit les noms des frères Kostitsyn, des Lapierre, O’Byrne, Latendresse, Chipchura, Grabovski, D’Agostini et White, combien n’ont pas connu la grande carrière à laquelle nous étions en droit de nous attendre ?

Avez-vous répondu tous ? Moi aussi. Et les responsables du recrutement doivent en être en grande partie imputables.

La bonne nouvelle de cette semaine

Mes élèves diraient que c’est de ne pas avoir eu d’école. Mais je ne peux pas en classer la cause parmi les bonnes nouvelles. On pourrait également considérer les manifestations musicales ou enjouées des populations confinées en Europe. Tout comme on pourrait parler de cet élan de solidarité et de collaboration au Québec, en cette situation sans précédent dans laquelle le coronavirus nous plonge.

La meilleure nouvelle de la dernière semaine, en ce qui me concerne, c’est le retour à la liberté de la Sherbrookoise Édith Blais et de son compagnon Luca Tacchetto. Échapper à ses ravisseurs, après 15 mois de détention dans la brousse africaine, et toujours afficher une excellente santé, voilà qui réjouit des familles, des amis, une population. Et qui permet à d’autres d’espérer.

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