Billet du 7 janvier 2022 : La tendance est #ostrogoth

C’est le lundi 10 janvier prochain que mes collègues et moi commencerons à temps complet notre enseignement à distance, pour au moins cinq jours. Le retour sur les lieux physiques des écoles est en effet prévu pour le 17 janvier, soit une semaine plus tard. Sera-t-il repoussé ? J’en doute. Malgré le nombre record de cas et les hospitalisations qui franchissent un seuil critique à dix jours de l’événement, gérer l’école à la maison constitue un casse-tête imposant pour bon nombre de parents.

Il faudra donc s’attendre à plusieurs autres éclosions dans les écoles québécoises. En cette année scolaire, j’en suis déjà à mon quatrième segment de calendrier en enseignement à distance, mon deuxième pour la classe complète. Je me considérerai comme chanceux si ça s’arrête là. Je le souhaite. Mais si apprendre à vivre avec le virus signifie basculer d’une manière à l’autre au gré de ses floraisons, mes collègues et moi aurons développé une magnifique expertise en quelques mois.


Dans le cours de français

Le mot de la semaine est ostrogoth.

C’est un mot que j’ai lu et entendu plusieurs fois dans ma vie, sans jamais connaître sa véritable signification, outre son usage comme nom propre. L’amateur de Tintin que je suis a depuis longtemps noté son utilisation courante dans les litanies injurieuses du capitaine Haddock. Le mot s’écoute également dans la chanson Vade retro, un vieux succès de Joe Dassin.

Un ostrogoth, selon le Robert, est une personne ignorante et bourrue. On lui accole le synonyme d’olibrius, une autre injure du vieux compagnon de Tintin. Chez Larousse, on précise qu’il s’agit d’un homme qui ignore les bienséances et la politesse. En guise d’équivalences, on y mentionne butor, énergumène, malotru, mufle et pignouf.

Si le capitaine Haddock s’était recyclé en commandant de bord d’un avion, sans doute aurait-il vociféré cette suite d’épithètes à un certain groupe de passagers.


Dans la cour de récréation

Le Canadien de Montréal a créé une rare et positive unanimité, cette semaine, en recrutant la journaliste Chantal Machabée comme vice-présidente aux communications. Certaines mauvaises langues ont prétendu qu’il aura fallu le congédiement de Trevor Timmins pour qu’enfin l’équipe repêche un élément clé pour sa formation, ce qui m’a quand même fait esquisser un léger sourire. Au-delà des qualités de madame Machabée et de la bourrasque de fraîcheur qu’elle fera entrer avec elle au Centre Bell, je me réjouis pour les jeunes et talentueuses Andrée-Anne Barbeau et Daphnée Malboeuf, qui auront toutes les deux l’occasion de prendre du galon au Réseau des sports (RDS). Avec Élizabeth Mantha qui, cette semaine aussi, est devenue la première femme à intégrer le groupe d’arbitres de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), c’est un pas de géant vers l’avenir pour les femmes, le hockey et le sport en général qui a été effectué.


Dans le cours de français, deuxième période

Fini les données officielles quotidiennes sur la COVID !

Finies les données officielles quotidiennes sur la COVID !

Fini, les données officielles quotidiennes sur la COVID !

Finies, les données officielles quotidiennes sur la COVID !

C’est une phrase que j’ai envoyée par message texte, cette semaine, quand j’ai appris que le gouvernement du Québec laissait tomber le bilan quotidien des nouveaux cas, tout en maintenant celui des décès et des hospitalisations. Mais au-delà de la décision gouvernementale, grammaticalement parlant, comment devais-je écrire ma phrase ? En accordant Fini avec données, ou en le gardant invariable ? En le faisant suivre d’une virgule, ou pas ?

Réponse après la bonne nouvelle de la semaine.


Dans le cours de mathématiques

Nous remarquons tous que le prix des aliments grimpe en flèche. Un reportage diffusé sur le site de Radio-Canada vient affirmer que de suivre plus convenablement le Guide alimentaire canadien permettrait à une famille d’économiser plus de 650 $, annuellement. 

L’idée consiste à diminuer la quantité de viande. La nutritionniste interrogée rappelle que le Guide suggère que les protéines animales ne devraient constituer que le quart de l’assiette. C’est en respectant cette proportion et en la remplaçant par des protéines végétales dans trois repas hebdomadaires que les économies se font substantielles. Elle précise qu’il faut toutefois éviter les produits végétariens transformés, souvent plus coûteux.

Lire le reportage sur radio-canada.ca

Consulter le Guide alimentaire canadien


Dans le cours de musique

Un petit reggae un peu «jazzy» pour commencer l’année ? Pourquoi pas ! Surtout que Moto, sorti en octobre, m’offre l’occasion de vous suggérer pour la première fois une pièce de Caracol, une artiste que j’aime beaucoup. 

Caracol – Moto – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Belle histoire de don de soi relatée par Le Journal de Québec, lundi. La scène s’est toutefois déroulée en avril dernier. Au péril de sa vie, un homme atteint de fibrose kystique, avec 20 % de ses capacités respiratoires, a parcouru une certaine distance en courant, avant d’escalader la clôture qui le séparait de la cour arrière de la résidence de sa voisine, afin de venir en aide au fils de cette dernière. L’enfant de trois ans avait perdu conscience après s’être étouffé en avalant un objet qui était demeuré coincé dans sa gorge. L’intervention de Samuel Boisvert a sauvé la vie du jeune garçon.

Alors que le moindre rhume aurait pu lui être fatal, l’homme de 34 ans, habitué de manquer d’air, n’a pensé qu’à l’enfant qui n’arrivait plus à respirer. Monsieur Boisvert a depuis été greffé des deux poumons.

Lire le reportage du Journal de Québec.


Dans le cours de français, troisième période

Les quatre manières d’écrire la phrase mentionnée plus haut sont acceptées. Réglons d’abord le cas de la virgule. La pause qu’elle permet est correcte, sans être essentielle. Son emploi est donc facultatif.

Quant à l’accord, ou pas, de Fini, on peut lire la phrase de deux façons.

En sous-entendant un C’est en début de phrase, (C’est) fini les données officielles quotidiennes sur la COVID!, le participe passé Fini doit demeurer invariable. Alors que si on donne plutôt à la phrase le sens Les données officielles quotidiennes sur la COVID sont finies!, le Fini, même en commencement de phrase, doit s’accorder en genre et en nombre avec données et s’écrire Finies.


Dans le cours de français, quatrième période

Anthony Calvillo est de retour dans le giron des Alouettes de Montréal, ayant accepté le poste d’entraîneur des quarts-arrière de l’équipe. Si je le mentionne ici, c’est parce que Calvillo, un Américain, s’est adressé aux médias dans un très bon français. Il s’est même permis une entrevue de plus de 16 minutes, presque entièrement dans la langue de Molière, sur les ondes du 91,9 Sports.

Chapeau, Anthony !

Entendre l’entrevue d’Anthony Calvillo au 91.9 Sports.


L’image en titre du billet est extraite de l’album Coke en stock, d’après Hergé, éditions Casterman (1958).

Billet du 31 décembre 2021 : Journal de vacances des Fêtes (2 de 2)

C’est fou comme tout évolue vite avec la COVID-19 et son variant Omicron. Le temps de trois billets hebdomadaires, nous sommes passés de rassemblements familiaux plus nombreux que l’an dernier, à des regroupements du même nombre que lors de Noël 2020, à aucune réunion autre que celle de la bulle immédiate pour le jour de l’An 2021. La pression sera forte, le 31 décembre au soir, sur France Beaudoin, Jean-René Dufort et Simon-Olivier Fecteau.

Et pourtant, je maintiens que François Legault et Horacio Arruda ont pris la bonne décision. Pour l’instant, du moins. Parce que je suis également d’avis que la situation aurait probablement été différente s’il n’y avait eu que les enfants de 5 à 11 ans qui n’avaient pas été convenablement vaccinés. Après le point de presse de jeudi soir, la résignation et la résilience, malgré une exaspération évidente, faisaient large consensus sur les réseaux sociaux. Cependant, on pouvait aussi noter que la grogne face aux non-vaccinés avait grimpé de plusieurs crans.

Il existe une multitude de situations où les libertés individuelles doivent primer sur les libertés collectives. Il en est d’autres pour lesquelles c’est l’inverse. La lecture de la population se veut de plus en plus claire : c’est 10 % de son groupe qui contraint les 90 % autres à un couvre-feu et des festivités réduites à une seule bulle familiale. Il faudra y voir un jour ou l’autre. Personnellement, je ne me sentirais aucunement épié dans mes allées et venues si on réclamait mon passeport vaccinal dans tous les lieux publics où je mets les pieds.

Les études scientifiques le démontrent, une personne pleinement vaccinée présente moins de risques de contracter le virus ou de subir des symptômes sévères. Il est aussi acquis que le vecteur de contagion est moindre chez celles et ceux qui ont reçu toutes leurs doses. Il importe de garder en tête que personne n’a été vacciné inutilement.


Le jour de l’An 2022, ainsi que son réveillon, constituera une occasion supplémentaire de célébrer humblement ou sobrement l’arrivée du Nouvel An. C’est dans la simplicité qu’on trouve souvent la beauté. 

Je me permets donc de vous souhaiter une belle, bonne et heureuse année 2022. Puissiez-vous demeurer en pleine santé ou, à défaut, la recouvrer rapidement. La sérénité, je nous la souhaite à toutes et à tous. Je conclus le tout avec plusieurs moments de bonheur. Et pourquoi pas l’accomplissement de quelques rêves ? Ce sont les instants de joie et d’encouragement qui nous permettent de garder espoir. Partageons-les généreusement avec notre entourage.


Et je cite :

« Soyons clairs. Ce que nous constatons actuellement, c’est que les vaccins FONCTIONNENT ! Merci à la science. »

Dan Rather, journaliste et animateur à la retraite, le 29 décembre 2021.

Dans mes écouteurs

De toutes les chansons du jour de l’An, Martin de la chasse-galerie est ma préférée. Non seulement réfère-t-elle à un grand classique de la littérature québécoise, signé Honoré Beaugrand, mais elle est le fruit d’une collaboration d’un moment entre La Bottine souriante et Michel Rivard, deux institutions dans notre histoire musicale. Tirée de l’album La Mistrine, sorti en 1994, la voici en #musiquebleue.

La Bottine souriante – Martin de la chasse-galerie – La Mistrine – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Permettez-moi d’abord un préambule. Depuis la fin de la dernière année scolaire, tous mes élèves, en début de journée, doivent remplir un court questionnaire en ligne, à l’intérieur duquel ils me mentionnent leurs émotions du moment. Ils n’ont pas l’obligation de tout détailler, mais leurs réponses m’incitent à considérer leur humeur dans mes différentes interventions. Jusqu’à présent, cet outil m’a rendu de précieux services, me permettant d’entrer dans une relation empathique avec plusieurs, comme de désamorcer d’éventuelles situations désagréables.

Je souhaite de tout cœur le même succès à Rachel Ouellet, une employée de Postes Canada qui, depuis deux ans, travaille à mettre sur pied un projet de vigilance citoyenne, basé sur un principe similaire. En questionnant la clientèle lors de la distribution du courrier, les factrices et facteurs utiliseraient les outils électroniques de la société d’État pour colliger les réponses, lesquelles seraient automatiquement acheminées pour analyse dans un centre communautaire. Ainsi, notamment en ces temps de pandémie, différents intervenants sociaux seraient informés et appelés à agir, selon les besoins.

C’est à Rimouski, où elle travaille comme factrice depuis 18 ans, que madame Ouellet compte implanter son projet.

Lire le reportage de Radio-Canada.


Billet du 24 décembre 2021 : Journal de vacances des Fêtes (1 de 2)

Il y aurait beaucoup à dire sur la COVID-19, dans ce billet. Je demeurerai pourtant très bref. Depuis ma dernière publication, il y a une semaine, il ne s’est pas écoulé une seule journée sans que j’apprenne que quelqu’un que je connais a contracté le virus. Il s’agit d’un changement majeur de situation.

Mes rencontres familiales de Noël et du jour de l’An auront lieu cette année grâce aux avancées technologiques des dernières années. Malgré ce que je prétendais encore dans mon plus récent billet, le nombre de convives à ma table sera le même qu’en 2020, soit les personnes vivant sous mon toit. 

Les travailleuses et les travailleurs de la santé méritent plus que notre reconnaissance. Ils méritent que nous prenions toutes les mesures pour éviter d’engorger le système. Et surtout, leur épargner des heures, des jours, des semaines de labeur intense, presque sans relâche.


Dans mes écouteurs

J’ai le privilège d’être abonné à une plateforme de musique sur demande. Aussi ai-je bâti une liste de pièces du temps des Fêtes qui renferme près de 72 heures de contenu. J’y ajoute des nouveautés annuellement, mais il fait bon réentendre les grands classiques.

Est-ce qu’il me serait facile d’établir le palmarès de mes dix albums de Noël préférés ? J’ai tenté l’expérience et il m’a fallu moins de cinq minutes pour la coucher sur papier ! Voici ce que ça donne :

Avec deux places de plus, vous auriez probablement vu apparaître les œuvres du Montréalais Chilly Gonzales et de l’artiste canadienne Diana Krall. Mais peu importe les interprétations, cette musique du temps de l’année m’offre des moments agréables, doux et précieux, dont je ne me lasse jamais.


Sortie de vacances

Il y a quelques jours à peine, il nous était encore possible de se rassembler, tout en maintenant certaines mesures sanitaires. C’est ainsi que j’ai eu l’immense privilège de pouvoir assister à une des 25 représentations de 2021 revue et corrigée, avant que le Théâtre du Rideau Vert ne soit contraint d’y mettre prématurément un terme, cette semaine.

Étant un habitué de cet événement culturel annuel, je me permets d’affirmer que la dernière cuvée se voulait particulièrement riche et, surtout, très drôle. Il faisait bon retrouver la troupe après un an d’absence.

La bonne nouvelle, c’est qu’une des représentations a été captée et sera prochainement diffusée sur Illico sur demande. C’est à ne pas manquer.


Dans mes écouteurs, deuxième bloc

En #musiquebleue, ayant choisi autre chose l’an dernier, je me reprends avec celle qui a classé ses deux albums de Noël dans mon top 10, Maryse Letarte. La chanson s’intitule Entre Noël et le Jour de l’An.

Maryse Letarte – Entre Noël et le Jour de l’An – Des pas dans la neige – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Même si nous traversons une période pour le moins particulière, c’est Noël vendredi et samedi. Quand on prête attention, il y a toujours quelque chose de beau à voir, à entendre ou à humer à Noël. À défaut de retrouver nos proches, profitons de ce moment pour se retrouver soi-même. C’est un cadeau très précieux.

À toutes, à tous, je souhaite un très joyeux temps des Fêtes.


Billet du 17 décembre 2021 : Une tablée déjà plus grande

La situation a considérablement évolué en 48 heures. Mardi, si certains commençaient à évoquer un éventuel durcissement des restrictions sanitaires, bien malin qui aurait pu prédire qu’il surviendrait aussi rapidement.

En point de presse, jeudi soir, le premier ministre François Legault a confirmé que les calendriers scolaires du primaire allaient être respectés, tant pour le début des vacances des Fêtes que pour le retour en classe, en janvier. Pour moi comme pour la grande majorité de mes collègues enseignants, il s’agit d’une excellente nouvelle. Bien sûr, la lucidité opérant, nous sommes conscients que tout peut changer d’ici là. Mais espérer fait du bien.

Nous replongeons dans les restrictions alors qu’il y a quelques jours à peine, on nous faisait miroiter des rassemblements de 20 personnes pour les fêtes de Noël et du Nouvel An. Qu’à cela ne tienne, la population québécoise, de manière générale, comprend bien la situation. Elle peut décevoir, parfois décourager, mais plus nous y avançons, plus nous comprenons ce qui nous arrive et mieux nous sommes préparés pour affronter cette adversité. La semaine prochaine, nous serons une dizaine de membres de ma famille réunis autour d’une table. C’est déjà plus que l’an dernier. Et j’ose le croire, moins que l’an prochain.


Et je cite :

« Mes grands-parents ont connu la guerre 14-18, l’épidémie de 18, la crise de 29, et la guerre 39-45… Fait que notre COVID, c’est de la petite bière comparé à ça. Peut-on juste faire notre job et arrêter de nous plaindre de la perte temporaire de certains de nos privilèges ? »

André Ducharme, humoriste et animateur, le 16 décembre 2021.

Dans le cours de français

Cette semaine, j’ai eu à enseigner le prédicat à mes élèves de 6e année. Plus tôt cet automne, je leur avais appris le groupe verbal, aussi appelé le groupe du verbe. Difficile d’aborder ces deux notions, à quelques semaines d’intervalle, sans y perdre un groupe d’enfants de 11 et 12 ans.

Prenons la phrase suivante :

L’équipe de hockey joue devant des gradins vides.

Le verbe dans cette phrase est joue. Ce qui suit le verbe, devant des gradins vides, constitue le complément du verbe. Le verbe et son complément [joue devant des gradins vides] constituent le groupe verbal. Et le prédicat.

Si le groupe verbal et le prédicat sont constitués des mêmes mots, quelle est donc la différence entre les deux ? En termes simplifiés, le groupe verbal, c’est ce qu’il est, alors que le prédicat, c’est ce qu’il fait

Ce qu’il est : [verbe + complément du verbe] = groupe du verbe.
Ce qu’il fait : définit l’action posée par le sujet (ou ce qui lui est attribué) = prédicat.

Êtes-vous mêlés ? Imaginez les élèves !

Et je devrai bientôt leur expliquer la différence entre un complément du verbe et un complément de phrase.


Dans le cours de musique

Il y a une dizaine de jours, j’ai vu un reportage sur La Zarra, à la télévision de Radio-Canada. Cette artiste québécoise, née Fatima Zahra, m’était jusqu’alors inconnue, mais il semble qu’elle fasse un malheur en France. Avec son style original et sa voix puissante, elle mélange les genres et nous offre un contenu des plus intéressants. 

De son premier album, Traîtrise, voici la pièce Tu t’en iras. Il est possible que je revienne très prochainement avec une autre chanson de La Zarra !

La Zarra – Tu t’en iras – Traîtrise – #musiquebleue

Visionner le reportage de Radio-Canada sur La Zarra.


La bonne nouvelle de cette semaine

La réalité rejoint la fiction. On pourra bientôt substituer une mâchoire inférieure rongée par le cancer par un implant réalisé à l’aide d’une imprimante 3D. Autre aspect positif de l’histoire, c’est au Québec, précisément au CHU de Québec-Université Laval, que cette technologie a été développée. 

Santé Canada a autorisé la commercialisation de ces implants, en plus d’approuver l’approvisionnement de tous les hôpitaux canadiens qui en feront la demande. On prévoit également que la même technologie permettra sous peu le remplacement d’autres parties du corps humain. 

Lire la nouvelle diffusée par La Presse, le 2 décembre dernier.


Demeurons positifs !

Une septième, à leur 31e affrontement, jeudi soir !

(Merci à mon père pour le visuel)


Billet du 10 décembre 2021 : Le haro d’Umberto

Dans mon dernier billet, j’ai évité de m’exprimer sur le congédiement de Marc Bergevin. J’avais mon opinion sur le sujet, mais disons que cette saison, mes intérêts sont ailleurs que chez le Canadien de Montréal. Alors je résumerai très rapidement ma réflexion. L’amateur de baseball que je suis ne peut s’empêcher de comparer le remerciement du directeur général à un retrait sur trois prises.

Ainsi, selon moi, les trois prises qui l’ont envoyé aux douches sont :

  • Le fait de s’être entêté à garder Trevor Timmins à son poste;
  • Avoir négligé de renouveler le contrat de Joël Bouchard;
  • Avoir repêché Logan Mailloux, en première ronde, de surcroît.

À partir de là, la question n’était plus de savoir si Bergevin allait être congédié. La question était de savoir quand il le serait. Timmins repêchait mal, mais Bouchard développait bien. On a gardé le premier durant quinze longues années et laissé aller le second après trois ans. Quand on a deux prises contre soi, on n’a plus droit à l’erreur.


Dans le cours de français

Vu sur le site de France Info : 

Puis, sur celui de Radio-Canada :

Le premier mentionne un boycott, alors que le second indique un boycottage. C’est ce qui m’a incité à rechercher la bonne expression.

Le Larousse affirme que les deux formes sont admises en français, mais recommande boycottage, comme l’emploie Radio-Canada. Le dictionnaire précise qu’il s’agit ici de la forme francisée et suggère qu’elle soit utilisée dans l’expression soignée, notamment à l’écrit.


Et je cite :

« Les réseaux sociaux ont donné le droit de parole à des légions d’imbéciles qui, auparavant, ne faisaient que discuter au bar après un verre de vin, sans causer de tort à la collectivité. On les faisait taire tout de suite, alors qu’aujourd’hui ils ont le même droit de parole qu’un prix Nobel. C’est l’invasion des imbéciles. »

Umberto Eco, écrivain, 2015.

Ce n’est qu’au cours de la semaine que j’ai pris connaissance de cette citation de l’auteur du populaire roman Le Nom de la rose, paru en 1980. Ce coup de gueule, émis quelques mois avant sa mort, avait, semble-t-il, soulevé toute une polémique. Sans endosser entièrement les épithètes utilisées, force est d’admettre que l’abondante désinformation véhiculée par les réseaux sociaux, depuis les dernières années, pourrait nous tenter d’adhérer à sa position.

Je m’inscris cependant en faux face à certains aspects de la citation. D’abord, j’estime que les réseaux sociaux ont démocratisé les communications. En ce sens, ils n’ont pas donné le droit de parole qu’à ces imbéciles, mais également à des personnes très sensées qui, loin d’une candidature à un prix Nobel, ont tout de même su contribuer à l’avancement de plusieurs causes ou alimenté positivement nombre de débats.

Ensuite, qui a déjà réussi à faire taire un imbécile ? Que ce soit au bar, sur les réseaux sociaux ou à quelque autre endroit où il choisit de se manifester, tant la rebuffade que la solide argumentation ne trouveraient un effet suffisamment fort pour l’empêcher de s’exprimer. Sur internet, au moins, les antithèses de ses balivernes, répliquées par centaines, peuvent exposer à la planète entière un étayage ferme des théories maintes fois démontrées par des experts, mais décriées par ce faible d’esprit qui, une fois de plus, aura trop parlé ou trop écrit.

Si Eco le qualifie sévèrement, Desproges le conseille directement.

Et je cite :

« Il vaut mieux se taire et passer pour un con plutôt que de parler et de ne laisser aucun doute sur le sujet. »

Pierre Desproges, humoriste.

Dans le cours de musique

Pour la deuxième fois, je retiens en #musiquebleue une pièce de l’album Chansons hivernales, de Pierre Lapointe. Après le Maman, papa de l’an dernier, chanson particulièrement touchante, je vous propose cette semaine d’entendre ou de réentendre Ce qu’on sait déjà, un air beaucoup plus festif.

Pierre Lapointe – Ce qu’on sait déjà – Chansons hivernales – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Les essais cliniques étant enfin terminés, la société biopharmaceutique québécoise Medicago soumettra très prochainement à Santé Canada la demande d’homologation de son vaccin contre la COVID-19. S’il est approuvé, il deviendra le premier vaccin conçu à partir de plantes, la société se spécialisant dans le développement et la commercialisation de médicaments à base de tabac. Le déploiement pourrait commencer aussi rapidement qu’au début de 2022.

C’est l’attente de ce vaccin qui aura coûté à Guillaume Lemay-Thivierge son poste de porte-parole de Hyundai, ainsi que sa collaboration dans l’équipe de réalisateurs de la populaire série District 31.


L’image d’en-tête de mon billet de cette semaine est une photographie d’un projet d’art réalisé par les élèves et le personnel du service de garde de l’école où j’enseigne. La création artistique m’impressionnera toujours.


Billet du 3 décembre 2021 : Comment ont-ils pu penser ?

Comment ont-ils pu penser qu’ils ne se feraient jamais prendre ?

C’est une question que je me pose régulièrement. Je me la suis posée, entre autres, quand les stratagèmes de Gilles Vaillancourt et de Michael Applebaum, les ex-maires de Laval et de Montréal, ont été étalés au grand jour. La semaine dernière, je me la suis également posée quand Bernard Poulin a été forcé de plaider coupable devant ses pairs ingénieurs, après avoir échappé à la prison en dupant les instances pénales.

Cette semaine, le procès de Ghislaine Maxwell, compagne et complice de Jeffrey Epstein dans ses crimes à caractère sexuel, m’a fourni une autre occasion de me questionner là-dessus. Comment tous ces gens, et bien d’autres, qui ont agi illégalement au vu et au su de leur entourage, parfois au-delà, ont-ils pu un seul instant s’imaginer qu’ils étaient protégés et à l’abri de toute intervention légale ?

Et puis, cette semaine toujours, j’ai vu le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) être heurté par le retour du balancier, quatre fois plutôt qu’une. Des policiers du SPVQ sont d’abord allés trop loin avec deux personnes de race noire. La vidéo a fait le tour des médias. Il n’en fallait pas plus pour que les coffres secrets s’ouvrent. Une deuxième, une troisième et une quatrième vidéo, montrant les sévices des mêmes policiers, sont apparues publiquement.

Dans une société et à une époque où tout ce qui s’appelle sons et images sont captés, comment ces policiers ont-il pu penser qu’ils pourraient continuer d’agir impunément de la sorte ?

Tous les cas mentionnés plus haut ont quelque chose en commun : seul, on se tait. Dès qu’un autre dénonce, les langues se délient. Tant pis pour ceux qui, dans l’entourage, savaient et se sont tus. Leur embarras n’en sera que plus grand.

Mais ceux qui se sont tus, au fait, comment ont-ils pu penser qu’ils ne seraient jamais éclaboussés ?


Dans le cours de français

Je l’ai mentionné souvent sur cette page : l’erreur est humaine et personne n’est à l’abri de commettre une faute de grammaire ou de laisser passer une coquille. Ce qui s’excuse moins bien, en revanche, c’est de ne pas se relire ou de ne pas se corriger.

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire Rares sont ceux, avec un s à la fin de Rares, et non Rare sont ceux. L’attribut du sujet (Rares) doit s’accorder en genre et en nombre avec le sujet (ceux).


Dans le cours de français, deuxième période

Dans mon billet de la semaine dernière, je mentionnais, à propos de la suggestion de réforme de l’accord du participe passé employé avec avoir, que j’adhérerais entièrement à l’idée si toute la francophonie allait en ce sens.

Voir ou revoir mon billet du 26 novembre 2021.

Eh bien l’écrivain Stanley Péan a rappelé tout le monde à l’ordre, avec une publication qui illustre la distinction importante que permet la règle actuelle :

(C’est aussi l’exemple que m’avait fourni mon épouse !)

Est-ce qu’on désire l’homme ou sa mort, ici ? Je crois que la francophonie optera pour le maintien de la règle.


Dans le cours de mathématiques

Voulez-vous voir d’autres chiffres, comme la semaine dernière, sur l’efficacité des vaccins contre la COVID-19 ?

Regardez le graphique suivant. Les bandes de gauche représentent les taux de vaccination, en pourcentage, pour chacun des pays d’Europe. Celles de droite illustrent le nombre de décès par million d’habitants, sur une période de 14 jours en novembre 2021, pour ces mêmes états.

La tendance saute aux yeux. L’efficacité des vaccins est évidente.


Dans le cours de mathématiques, deuxième période

Le lanceur Max Scherzer est un des meilleurs de sa profession. Aussi mérite-t-il de se retrouver parmi les plus hauts salariés du baseball majeur. Cette semaine, il a signé un contrat de trois ans avec les Mets de New York. À terme, ce contrat lui aura rapporté 130 millions $.

Il y a longtemps que la démesure ne me scandalise plus, du moins dans le sport professionnel, mais elle fournit parfois de l’excellent matériel à ironie. En tenant pour acquis qu’un être humain moyen cligne des yeux vingt fois par minute et dort huit heures par nuit, on peut affirmer que la formation new-yorkaise versera 4,13 $ à son nouveau lanceur pour chaque battement de cils.

En comparaison, il faudrait que je regroupe 472 enseignants, au maximum de l’échelle salariale, et que je leur fasse cligner des yeux en même temps pour produire ces 4,13 $. J’ai mieux à faire, finalement.


Dans le cours de musique

J’ai l’habitude de vous présenter des pièces récentes, en #musiquebleue. Ce sera différent aujourd’hui. C’est parce que j’avais envie d’y aller avec Patrick Watson et de diffuser une de ses rares chansons en français. Celle-ci date de 2010.

Voici Je te laisserai des mots.

Patrick Watson – Je te laisserai des mots – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Aux débuts de la pandémie, alors que les conséquences physiques de la COVID-19 commençaient à peine à se faire connaître, les premiers cas de complications neurologiques sont apparus dans la population atteinte. Un chercheur de l’Université Laval, Ayman ElAli, est à l’origine d’une découverte qui explique les causes des atteintes cognitives du coronavirus SARS-CoV-2.

La protéine S du virus, sur laquelle les vaccins agissent, est également celle qui affaiblit les cellules qui protègent les vaisseaux sanguins du cerveau, causant ainsi chez l’individu de la confusion, des pertes de mémoire et, dans des cas plus rares, des accidents vasculaires cérébraux (AVC). Cette partie du virus attaque également les cellules des poumons, de même que celles de la cavité nasale, directement liée au cerveau. 

La découverte de l’équipe d’Ayman ElAli permettra éventuellement d’agir sur la cavité nasale afin de protéger le cerveau. 

Lire l’article (en anglais) publié par Neurobiology of Disease sur la découverte québécoise.


Billet du 26 novembre 2021 : Ils/elles/iels restèrent à la maison

Pour la deuxième fois depuis le début de l’actuelle année scolaire, la COVID-19 a frappé mon groupe. Sauf que contrairement à la première, ce sont cette fois-ci tous mes élèves qui ont dû recevoir l’enseignement à distance, le nombre d’individus atteints justifiant la « fermeture » de la classe.

Sincèrement, les jeunes et moi avons à peu près tous aimé l’expérience. Les méthodes pédagogiques de la dernière semaine n’ont pas paru si inconnues puisque je pratique un enseignement hybride depuis au moins deux ans. Le changement de décor et l’horaire plus souple, bien que quand même chargé, apportaient une fraîcheur nouvelle à l’exercice. Néanmoins, nous avons bien hâte de nous retrouver en chair et en os, au début de la semaine prochaine. Rien n’équivaut au contact humain.

Et je vous rassure, tout le monde se porte bien.


Dans le cours de français

Que de bouleversements dans la langue française, au cours des derniers jours !

D’abord, l’Association québécoise des professeur. e. s de français (AQPF) a secoué les colonnes du temple en demandant au ministère de l’Éducation du Québec de réformer l’accord du participe passé employé avec l’auxiliaire avoir, afin que celui-ci demeure toujours invariable. Pour celles et ceux qui éprouveraient des difficultés avec la règle actuelle, rappelons qu’un participe passé employé avec l’auxiliaire avoir s’accorde en genre et en nombre avec le complément direct, si ce dernier est placé avant le verbe dans la phrase. Prenons l’exemple suivant : 

La balle que j’ai lancée a brisé la fenêtre de ma remise.

Il y a ici deux participes passés employés avec l’auxiliaire avoir, soit lancée et brisé. Le premier (lancée) s’accorde avec le complément direct (La balle) parce qu’il est placé avant le verbe. Le second (brisé) demeure invariable parce que son complément direct (la fenêtre de ma remise) se trouve après le verbe.

Mais il y a des exceptions ! Chaque fois qu’il est question de mesures (poids, distance, temps, etc.) ou de prix, le participe passé employé avec avoir demeure toujours invariable. Ainsi, on écrira :

Les dix kilomètres que j’ai couru (et non courus) ;
Les trois heures que j’ai passé (et non passées) à t’attendre ;
Les vingt dollars que j’ai payé (et non payés).

Alors, le participe passé employé avec avoir devrait-il toujours demeurer invariable, tel que le propose l’AQPF ? Je suis ouvert à l’idée. Pour rester vivante, la langue française se doit d’évoluer. Toutefois, mon adhésion pleine et entière se concrétisera quand l’ensemble de la francophonie adoptera cette réforme. Pour le moment, seulement des associations québécoises et belges militent en ce sens. 


Dans l’autre dossier, le Petit Robert a intégré, cette semaine, le pronom personnel iel dans son édition en ligne. Rien n’a encore été confirmé, mais son édition papier devrait suivre dès 2022. Iel et iels sont des pronoms de conjugaison de troisième personne, absents de tout genre. Ils seraient utilisés pour désigner une personne qui ne se décrit ni comme homme ni comme femme.

Selon les porte-parole du Robert, l’usage est devenu suffisamment courant, bien qu’encore rare, pour le reconnaître. Le Petit Larousse illustré, toutefois, refuse d’inclure ces pronoms, prétextant que le il, le elle, le on, de même que les pendants pluriels ils et elles, suffisent à toutes les désignations.

Robert, le précurseur ; Larousse, le conservateur. Parions qu’à plus ou moins long terme, le iel et le iels seront enseignés dans les écoles.


Dans le cours de mathématiques

Un tableau avec des chiffres, ça vous dit ? Très peu d’explications s’avéreront nécessaires. Dans la colonne de gauche, les statistiques de COVID-19 du 25 novembre 2020. Dans celle du centre, les données pour la même date, en 2021. À droite, la différence relative.

Qu’est-ce qui explique une chute aussi drastique ? La dernière ligne constitue assurément un excellent indice. Ce sera tout.


Et je cite :

« Nombre d’éclosions actives dans les écoles secondaires et professionnelles actuellement : 28.

Nombre d’éclosions dans les milieux préscolaires et écoles primaires : 323. Et il y a encore des masques au primaire.

Ceux qui disent que la vaccination ne sert à rien… »

Philippe Mercure, éditorialiste à La Presse, le 24 novembre 2021.

Dans le cours d’anglais

En effectuant quelques recherches sur Internet, je suis arrivé sur la page Facebook du Collège Boréal, une institution postsecondaire située à Ottawa. Avec humour, on y présentait à quel point la traduction littérale d’une phrase courante dans la langue de Molière pouvait devenir absolument incompréhensible pour une personne ne possédant que celle de Shakespeare :

Ce qui démontre qu’en toute chose, la mise en contexte demeure primordiale !


Dans le cours de musique

La pop québécoise, heureusement, se définit par plusieurs styles. Si elle devait cependant ne s’identifier que par un seul ambassadeur, Les Louanges, alias Vincent Roberge, pourrait facilement revendiquer le titre. À l’aube de la sortie d’un troisième album, Crash, qui verra le jour en janvier, l’artiste nous offre une mise en bouche de trois titres, disponibles sur la plupart des plateformes. C’est l’une de ces pièces, Qu’est-ce que tu m’fais, que je vous propose en #musiquebleue.

Les Louanges – Qu’est-ce que tu m’fais – Crash – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Deux influenceuses québécoises sont à l’origine d’une vidéo, devenue virale, qui a permis à une adolescente américaine d’être libérée des griffes de son kidnappeur de 61 ans. Toutes deux étudiantes universitaires dans des domaines liés à la philosophie de la violence faite aux femmes, les sœurs Florence-Olivia et Marie-Emmanuelle Genesse ont relayé sur leurs réseaux sociaux un geste conçu par la Fondation canadienne des femmes. Ce geste, qui peut être exécuté d’une seule main, signifie que la femme qui le pose est menacée. Il consiste à replier le pouce sur la paume de la main, pour ensuite refermer les quatre autres doigts dessus.

Visionnée plusieurs millions de fois sur la planète, la vidéo des sœurs Genesse avait été consultée tant par l’adolescente en danger, assise sur la banquette arrière de la voiture de son ravisseur, que par l’automobiliste qui suivait. C’est ainsi que le geste, posé et reconnu, a permis à ce dernier d’alerter les autorités, de mettre fin à la cavale du kidnappeur et de libérer la victime.

Page TikTok des sœurs Genesse


Billet du 19 novembre 2021 : Écrire ou dormir

Écrire pour entretenir. Écrire pour s’entretenir. Écrire pour se tenir. Se tenir debout. Écrire pour agir. Écrire pour réagir. Écrire pour nourrir. Écrire pour se nourrir, rarement pour subvenir. Se nourrir l’esprit. Souvent, écrire pour s’affranchir. 

Chaque semaine, ce sont mes raisons d’écrire.

Dormir pour ne pas flétrir. Dormir pour ne pas mourir.

Tant qu’une pause peut suffire, aujourd’hui, je choisis de dormir.


Dans le cours de musique

Rares sont les artistes que j’ai présentés plus d’une fois en #musiquebleue. Maude Audet rejoint ce groupe restreint, aujourd’hui. Peut-être parce que sa chanson Tu trembleras encore m’a trotté dans la tête toute la semaine, ou encore parce qu’elle constituerait une agréable berceuse.

L’œuvre de Maude Audet est comme une boîte de chocolats : il faut y aller un morceau à la fois et en savourer chaque bouchée. Surtout, éviter les abus. C’est le secret pour toujours s’en délecter.

Maude Audet – Tu trembleras encore – Tu ne mourras pas – #musiquebleue

Billet du 12 novembre 2021 : Je m’inquiète

C’était jour d’élections municipales au Québec, dimanche dernier. Dans les dix plus grandes villes de la province, on a atteint la parité hommes-femmes à la mairie, ce qui constitue une excellente avancée. Quatre de ces mêmes municipalités ont élu une mairesse ou un maire dont l’âge se situe sous la barre des 40 ans, ce qui représente une belle ouverture aux idées nouvelles et à la relève. 

À Montréal, l’arrogance et le manque de transparence de Denis Coderre lui ont fait perdre 27 % d’appuis. Lui qui disposait d’une avance de 12 % dans les sondages, en début de campagne, a finalement conclu celle-ci à 15 % derrière Valérie Plante. Malgré un taux de satisfaction peu enviable après quatre années d’administration, l’authenticité de la mairesse a primé face à la condescendance de l’ex-maire et nouvel aspirant.

Rien de tout cela ne m’inquiète, au contraire.

Deux choses m’inquiètent. La première n’est pas nouvelle, mais c’est la première fois qu’elle occasionne des conséquences aussi regrettables. Dans ce monde de compétition qui est le nôtre, où la fin justifie les moyens dans la course effrénée vers la plus haute marche du podium, on a pour une énième fois déclaré l’élection de quelqu’un, alors qu’une infime fraction des boîtes de scrutin avait été dépouillée. Sauf que cette fois-ci, malgré une confortable avance à un moment de la soirée et après avoir prononcé son discours de victoire, une candidate à la mairie de Québec a subi l’humiliation de voir un de ses adversaires remonter la pente et la coiffer au fil d’arrivée. Les médias s’excuseront peut-être, mais conserveront la même façon de faire. Après tout, le taux de succès de leurs déclarations de vainqueurs est excellent, voire presque parfait. Dans ce cas, par contre, l’exception risque d’avoir des répercussions sur Marie-Josée Savard.

L’autre chose qui m’inquiète particulièrement, c’est l’anémique taux de participation de 38,7 % des électeurs québécois à ces élections. Le manque d’intérêt de près de deux personnes sur trois peut s’expliquer, mais il ne s’excuse pas. Pas quand les gens élus ont le pouvoir de taxation.

Le désintérêt s’est aussi exprimé d’une autre façon. Sur les 1 108 municipalités en élection, plus de la moitié, soit 615, ont vu leur mairesse ou leur maire être élu. e sans opposition, alors que 11 autres se retrouvent avec un siège vacant à la mairie, faute de candidatures.

C’est ce désintérêt qui m’inquiète. Que tu t’occupes d’elle ou non, la politique, elle, s’occupera de toi. Aussi bien y voir.


Dans le cours d’art dramatique

Entre 2017 et 2019, trois théâtres québécois se sont vus imposer 500 $ d’amende parce que des comédiens fumaient sur scène. Précisons que chaque fois, l’acte servait le texte de la pièce. Lors des trois occasions, c’est un membre du public qui avait porté plainte.

Cette semaine, le juge Yannick Couture, de la Cour du Québec, a maintenu les condamnations, expliquant que fumer sur scène n’entre pas dans l’expression artistique pouvant bénéficier d’une exception protégée par les chartes des droits et libertés. Le juge suggère d’utiliser des effets spéciaux pour imiter l’acte de fumer.

Le monde du spectacle s’offusque de cette décision, insistant sur le fait que les acteurs et actrices fument des cigarettes de sauge, prétendument inoffensives. Sauge ou tabac, la fumée, elle, est bien réelle et c’est ce qui incommode le public. Contrairement à un plateau de cinéma, plusieurs spectateurs s’entassent dans une salle de théâtre pour assister en direct à la mise en scène.

Certaines directions artistiques déplorent le manque de réalisme des fausses cigarettes. Au théâtre, il n’y a rien de moins réaliste qu’une épée sous l’aisselle pour simuler un coup qui traverse le corps, qu’un personnage qui lévite dans les airs en étant soutenu par des câbles très visibles, que des enfants personnifiés par des adultes, que des animaux animés par des humains. Le théâtre, c’est l’art où l’imagination entre en scène. 

Au théâtre, j’ai déjà vu Germain Houde faire mine de porter Gilles Renaud, qui jouait un enfant de six ans, sur ses épaules. Renaud était assis au bord de la scène, Houde se tenait en bas. Nous imaginions très bien la situation. Dans une autre pièce, j’ai vu l’excellent Daniel Gadouas faire semblant de boire, alors que sa chope, de toute évidence vide, avait été précédemment « remplie » par une amphore tout aussi vide. Tout le monde y croyait.

L’argument du réalisme d’une véritable cigarette, au théâtre, ne tient pas la route, en ce qui me concerne.


Et je cite :

« Ce que je comprends, c’est que sur scène on a le droit d’insulter un jeune handicapé, mais on n’a pas le droit de fumer une cigarette, c’est ça ? »

Patrick Masbourian, animateur à ICI Radio-Canada Première, le 10 novembre 2021.

Dans le cours d’univers social

Une belle complicité entre collègues de 6e année, à l’école où je travaille, me permet d’enseigner l’univers social aux quatre groupes. Malgré le fait que j’œuvre au primaire, je deviens en quelque sorte le spécialiste de la géographie, de l’histoire et de l’éducation à la citoyenneté. Cette année, comme un des quatre groupes est composé en partie d’élèves de 5e année, j’ai le privilège de transmettre les programmes des deux années scolaires. J’ai ainsi l’occasion de renouer avec l’histoire du 18e siècle.

Le matériel que j’utilise offre une illustration de la place Royale, à Québec, partiellement détruite par les bombardements britanniques, vers 1759. Lors de mon dernier séjour dans la Vieille Capitale, il y a quelques semaines, je me suis rendu faire un égoportrait devant l’église Notre-Dame-des-Victoires, édifice central de l’endroit, afin de montrer aux élèves un pan de notre histoire qui a traversé les derniers siècles.

Bien sûr, on est encore loin de certaines architectures européennes, africaines ou asiatiques, dont la longévité s’étire sur une beaucoup plus longue période. Toutefois, l’église Notre-Dame-des-Victoires revendique le titre de première église construite au Canada. Sa construction a commencé en 1688, pour se terminer en 1723.


Dans le cours de musique

C’est durant mes vacances d’été, l’an dernier, que j’ai découvert Lou-Adriane Cassidy. Amateur de musique émergente québécoise, j’avais alors accroché sur la pièce Ça va ça va, de son premier album. Ce que j’apprécie de l’artiste, c’est qu’elle touche à tous les styles de musique.

La tendance se poursuit dans son deuxième album, Lou-Adriane Cassidy vous dit : Bonsoir, sorti vendredi dernier. En #musiquebleue, voici la chanson Oui le serpent nous guette.

Lou-Adriane Cassidy – Oui le serpent nous guette – Lou-Adriane Cassidy vous dit : Bonsoir – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Au moment où j’écris ces lignes, aucun consensus important ne semble être sur le point de se dégager de la COP26. Toutefois, le Canada y figure parmi les leaders les plus à l’avant-garde, alors que de l’intérieur, le Québec s’affiche comme chef de file. Les nouvelles en ce sens pleuvent, depuis les dernières semaines. La plus récente, c’est ici qu’on produit la moitié du maraichage biologique canadien.

La quantité de terres vouées à ce genre d’agriculture a doublé au cours des cinq dernières années, ce qui suit à peine la hausse de la consommation des produits bios pour la même période, selon le rapport annuel 2020 de la Filière biologique du Québec. Les chiffres de l’organisme indiquent que 26,7 % des ménages québécois inséraient plus de 30 % de ces aliments dans leurs paniers d’épicerie, il y a deux ans, comparativement à 11,6 % neuf ans plus tôt.

Consulter le rapport annuel 2020 de la Filière biologique du Québec

Cette tendance est excellente non seulement pour la santé de la population, mais également pour l’environnement.

En supplément à cette bonne nouvelle hebdomadaire, la journaliste Marie-Claude Lortie a lancé cette semaine une série en six épisodes qui fait le point sur l’état de l’agriculture au Québec. Entre autres choses, elle y relate les importants changements dans l’industrie. Il y est bien sûr question de la production bio. L’émission s’intitule À travers champs et est diffusée sur savoir. media.

Visionner la série À travers champs, sur savoir.media


Billet du 5 novembre 2021 : Sans égard

Je ne critiquerai pas Michael Rousseau, président et chef de la direction d’Air Canada, parce qu’il est unilingue anglophone. Je ne le critiquerai pas non plus parce qu’il n’a jamais appris la langue de Molière, malgré le fait que sa mère et sa conjointe soient francophones. Pas plus que je ne jugerai le fait qu’il vive en anglais, au Québec, depuis 14 ans. Avant de se raviser, il a mentionné qu’il n’avait pas l’intention d’apprendre le français ? C’est son droit le plus strict.

La pierre, les tomates, la pluie d’injures, les critiques sévères, c’est Air Canada qui les mérite. Jamais Michael Rousseau n’aurait dû être retenu pour ce poste s’il est incapable de s’exprimer dans les deux langues officielles canadiennes.

Depuis deux jours, l’histoire fait les manchettes. Et sur les réseaux sociaux, plusieurs ont raconté leurs mésaventures personnelles avec les difficultés de l’entreprise à servir adéquatement sa clientèle francophone. J’ai moi-même vécu cette mauvaise expérience avec eux. Je vous la résume.

Il y a une vingtaine d’années, j’effectuais la liaison Vancouver-Taipei sur un vol d’Air Canada. Comme pour toutes les traversées vers l’Asie, l’avion était gros et bondé. Mon voisin de siège était un homme d’affaires torontois. D’une gentillesse remarquable, il s’exprimait en deux langues, l’anglais et le mandarin. Aussi avons-nous tenu plusieurs conversations, dans la langue de Shakespeare, au cours des nombreuses heures qu’a duré notre voyage. Parmi les agents de bord, un seul s’exprimait en français. Choisissant mes combats, j’ai à plusieurs reprises préféré adresser en anglais mes demandes au personnel, plutôt que d’attendre que le seul membre d’équipage apte à s’exprimer dans ma langue ne se libère.

À l’époque, Air Canada éprouvait d’importantes difficultés financières et avait procédé à près de 4 000 mises à pied. Dans sa restructuration, l’entreprise avait annoncé vouloir sabrer dans ses services en français. Devant le tollé que cette déclaration avait suscité, elle avait pris la décision de sonder ses voyageurs. C’est ainsi qu’un court questionnaire écrit avait été soumis à tous les passagers du vol sur lequel je me trouvais.

À la question demandant si je tenais au maintien des services en français sur les vols d’Air Canada, j’ai bien entendu répondu par l’affirmative. Mais j’ai aussi convaincu mon voisin de siège de l’importance de maintenir ces services. Il a donc coché la même case que moi sur sa feuille. Le reste s’inscrit dans la lignée du mépris. Parce qu’il avait fourni cette réponse, on lui a affecté l’agent de bord s’exprimant en français, prétextant qu’il avait exigé d’être servi dans cette langue. J’ai dû servir d’interprète, non sans faire remarquer à l’employé le ridicule de la situation.

Le manque d’égard d’Air Canada envers sa clientèle francophone est établi depuis longtemps. Depuis les derniers jours, certains recommandent de boycotter la compagnie, ce qui s’avérerait plutôt difficile. Disposant d’un quasi-monopole, le transporteur s’impose souvent comme le seul choix vers plusieurs destinations.

La vigilance et la pression populaire demeurent essentielles. Et quand les acteurs politiques se mêlent au débat, comme c’est le cas actuellement, le mouvement de masse prend de la puissance. C’est, selon moi, la meilleure façon de faire passer le message.


Et je cite :

« Je leur dis : apprenez le Québec par cœur. Vous avez la langue, vous en avez parfois deux, c’est très très précieux. Dans le mot « apprendre », il y a le mot « prendre ». Bien apprendre sa langue, c’est prendre le pays. »

Gilles Vigneault, le 31 octobre 2021.

Dans le cours d’univers social

Croyez-le ou non, j’ai déjà soutenu financièrement le Parti communiste français. Sur une longue période, en plus. Précisons tout de suite que c’était à mon insu et que j’étais jeune. Pas jeune adulte, mais enfant et préadolescent.

Peut-être l’avez-vous fait aussi, à bien y penser.

Chaque semaine, je courais au dépanneur du coin pour me procurer le dernier numéro de Pif Gadget, un magazine français qui offrait, à chaque parution, un petit jouet à assembler ou une expérience scientifique à réaliser. Toutefois, le bidule était secondaire pour moi. Je dévorais la revue d’une couverture à l’autre. C’est beaucoup à partir de cette lecture hebdomadaire que j’ai développé ma culture générale.

Mais voilà, Pif Gadget était publié par le Parti communiste français. C’est quelque chose que j’ai appris au cours des dernières années, quand la chaîne Arte a diffusé un reportage sur le phénomène.

Voir la bande annonce du reportage d’Arte

En repensant à tout ce que j’y ai lu et appris, je constate que le magazine prêchait des valeurs humanistes, innovatrices pour l’époque, comme le respect des minorités et l’écologie. On était loin de l’endoctrinement politique. Je préfère penser que c’est ce que mon argent de poche a contribué à promouvoir.


Dans le cours de musique

Je l’ai déjà mentionné, je suis un inconditionnel de Klô Pelgag. Son talent est indéniable. Non seulement peut-elle adopter tous les styles, mais sa voix enchanteresse rend admirablement bien les vers qu’elle écrit sur les mélodies qu’elle compose. Avec son album Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, lancé l’an dernier, elle sera sans doute l’artiste la plus récompensée au Gala de l’ADISQ, ce dimanche. De cet album, voici Mélamine, en #musiquebleue.

Klô Pelgag – Mélamine – Notre-Dame-des-Sept-Douleurs – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Les gouvernements québécois et canadien investiront conjointement une somme totale de 5 milliards $ afin d’aider le Québec à atteindre son objectif d’électrifier 55 % de son parc d’autobus, d’ici la prochaine décennie. Qui plus est, les entreprises québécoises Novabus et Lion Électrique seront mises à contribution pour la construction des nouveaux véhicules.

Une fois l’objectif atteint, ce sont 131 500 tonnes de CO2 qui, annuellement, cesseront d’être produites. La beauté de la chose, c’est que le Québec possède toutes les ressources pour s’affirmer comme chef de file dans ce créneau technologique.