Billet du 19 février 2021 : Mille mercis !

Ce billet est le cinquante-deuxième à être publié sur ce blogue. Comme mes billets sont hebdomadaires, le calcul est simple : ce cinquante-deuxième billet marque le premier anniversaire de mes publications sur jeanfredericmartin.com ! Merci à celles et ceux qui me lisent régulièrement.

Pourquoi met-on un trait d’union à cinquante-deux ? Simplement parce que le nombre est inférieur à cent. Tous les nombres supérieurs à cent s’écrivent-ils donc sans trait d’union ? Là, la règle est moins simple. Cent trois, cinq cents et mille trois cents s’écrivent sans traits d’union, mais cent soixante-quinze mille six cent vingt-deux, par exemple, s’écrit avec cinq espaces et deux traits d’union. Comment savoir où les mettre ? Il faut regrouper les déterminants numéraux par deux. Ainsi,
cent soixante (supérieur à cent, espace);
soixante-quinze (inférieur à cent, trait-d’union);
quinze mille (supérieur à cent, espace);
mille six (supérieur à cent, espace);
six cent (supérieur à cent, espace);
cent vingt (supérieur à cent, espace);
vingt-deux (inférieur à cent, trait-d’union).

Le Conseil supérieur de la langue française de France a statué, en 1990, que pour simplifier la chose, on pouvait aussi mettre des traits d’union partout. Donc, cent-soixante-quinze-mille-six-cent-vingt-deux est maintenant accepté selon les normes françaises.

Quant à la marque du pluriel, elle s’applique pour vingt et cent lorsqu’ils sont multipliés et non suivis d’un autre déterminant numéral. Ainsi, on écrira quatre-vingts, mais quatre-vingt-trois; on écrira quatre cents, mais quatre cent trois. À noter que mille demeure invariable. On écrira trois mille, sans la marque du pluriel.


Dans le cours de français

Le quotidien Le Devoir a publié une lettre d’opinion, cette semaine, à l’intérieur de laquelle son auteur émet une position qui rejoint en tout point celle que je prêche depuis des années : au-delà de la préservation de la langue française, c’est l’amélioration de sa qualité, tant parlée qu’écrite, qu’il faut viser. Et c’est en tant que société que nous devons poser les gestes pertinents pour y parvenir. Toute loi ou règlement en ce sens sera d’une faible utilité si la prise de conscience sociale n’est pas au rendez-vous.

Ce qui m’a d’autant plus réjoui, c’est que l’auteur de cette missive est nul autre que le président et chef de la direction du Conseil du patronat du Québec, Karl Blackburn.

L’organisme, historiquement, ne nous a pas habitués à faire de la défense du français son principal cheval de bataille. Encore moins la promotion de mesures visant à accroître sa qualité. Statistiques à l’appui, notamment en ce qui concerne les taux d’analphabétisme, de décrochage scolaire et d’exigences des entreprises en matière de maîtrise de la langue, Monsieur Blackburn reflète la surprenante position de ses membres et insiste sur l’urgence d’agir, lançant au passage quelques suggestions qui alimenteront sans doute le débat.

J’ai toujours été d’avis qu’il était faux de croire qu’une législation sur l’affichage et autres mesures coercitives allaient protéger efficacement le français en Amérique du Nord. Comme n’importe quel changement à nos habitudes, c’est en travaillant à la base que la société devra et pourra se doter d’une fierté qui l’incitera non seulement à protéger sa langue, mais aussi à l’embellir et la présenter sous son meilleur jour. Heureux de constater que le CPQ l’a bien compris.


Dans le cours de mathématiques

Un premier pays s’est lancé dans un bras de fer avec les GAFAM, les géants du Web, au sujet du partage des revenus de publicité. L’Australie a ainsi légiféré afin de forcer Facebook et Google à verser des redevances aux médias de ce pays, afin de compenser l’utilisation de leurs contenus. Si Google a négocié une entente et est parvenu à un accord, Facebook a plutôt opté pour la confrontation et a bloqué les contenus des médias australiens sur sa plateforme.

Rappelons que le Canada travaille actuellement à rédiger un projet de loi similaire à celui de l’Australie. Le site de La Presse révélait hier que selon le professeur Jean-Hugues Roy, Google et Facebook auraient dû verser 280 millions $ aux entreprises d’information canadiennes, l’an dernier. L’organisme Médias d’info Canada estime quant à lui cette somme à 620 millions $, alors que Google stipule que les revenus de publicité tirés de son moteur de recherches s’élèvent à 9 millions $ annuellement. Cette lutte sera déterminante pour l’avenir de l’information sur la planète.


Dans le cours d’univers social

Une école secondaire britannique rebaptisera un de ses bâtiments portant le nom de Winston Churchill. La décision ne vient pas de la direction, ni d’un conseil d’administration. Elle vient des élèves qui ont convaincu les autorités de l’institution de procéder, avançant des propos racistes que l’ex-premier ministre aurait tenus. Je salue au passage l’implication des élèves. Qu’on soit d’accord ou non avec l’objectif de leur démarche, ils ont entretenu un fort lien d’appartenance à leur école.

Churchill était-il raciste ? Disons qu’il aurait prononcé certaines paroles qui échoueraient le test de l’acceptabilité sociale de nos jours, mais qui de toute évidence n’ont guère fait sourciller les civilisations de l’époque. Et même prises dans le contexte d’aujourd’hui, il faut à tout le moins se questionner pour déterminer si ces propos sont d’une gravité telle qu’ils doivent rayer de l’histoire le nom de celui qui a tenu tête, longtemps en solitaire, à Adolph Hitler et à l’Allemagne nazie. S’opposer à Hitler comme Churchill l’a fait, c’était en soi une forme de combat contre le racisme.


Dans le cours d’univers social, deuxième période

La pandémie de Covid-19 aura eu raison du Musée Stewart, qui vient de fermer définitivement ses portes après 66 ans. Je me souviens y avoir fait une ou deux sorties de fin d’année, avec des groupes d’élèves. Ceux-ci y découvraient concrètement une partie du programme d’histoire vu en cours d’année. Les collections seront déplacées vers un autre musée, mais je souhaite que la Ville de Montréal sache maintenir l’animation militaire à l’intérieur du fort. C’est à la fois impressionnant et instructif.


Dans le cours de musique

Je considère que la voix de Dominique Fils-Aimé figure parmi les plus belles du Québec. La finaliste de l’émission La Voix en 2015 et Révélation jazz de Radio-Canada en 2019-2020 a lancé cette semaine son quatrième album, Three Little Words. La chanson While We Wait, tirée de cet album, cultive la bonne humeur. La première partie de la pièce n’est pas sans rappeler le New Soul, de Yael Naïm, popularisé dans les publicités de la compagnie Apple, à la fin des années 2000.

En #musiquebleue, voici While We Wait.

#musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

J’hésitais entre deux, cette semaine. J’ai rapidement mis fin à la tergiversation et pris la décision de vous présenter les deux. Deux fois plus de positif dans cette section du billet hebdomadaire, pourquoi pas ?

D’abord, pour une très rare fois au cours des 80 dernières années, le nombre de fermes a augmenté au Québec, selon les chiffres de 2020. Si 1076 fermes ont cessé leurs activités au cours de la dernière année, il y en a 1163 nouvelles qui ont vu le jour, pour une augmentation nette de 87. La hausse est minime, mais elle contraste avec les baisses drastiques annuelles vécues depuis 1940. Le nombre de fermes d’élevage d’animaux poursuit cependant sa baisse, les nouvelles installations étant surtout vouées à la culture des produits végétaux, incluant l’érable. Le Québec comptait 154 669 fermes en 1941. Il en compte 27 442 aujourd’hui.

Ensuite, au cours des prochaines semaines, la Société des alcools du Québec démarrera un projet pilote de consigne de bouteilles, dans six endroits au Québec. L’objectif est de pouvoir recycler les bouteilles à grande échelle, d’ici l’an prochain. Les infrastructures automatisées devraient être installées dans des endroits extérieurs, à proximité des succursales de la SAQ. Actuellement, les bouteilles de vin et de spiritueux figurent parmi les rares à ne pas être étiquetées d’une consigne au Québec, bien qu’elles le soient ailleurs au Canada. Il s’agit d’une excellente nouvelle pour l’environnement.


Image en titre du billet : Shutterstock

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