Billet du 18 décembre 2020 : La lumière au bout du tunnel

La tempête s’approche. Les fauves nous guettent. L’armée ennemie nous encercle.

Prenez l’image que vous voulez, mais des faits bien concrets prennent forme devant nos yeux. Devant les miens, en tout cas. Au printemps dernier, mon seul contact avec la Covid-19 se limitait à ce que les médias diffusaient quotidiennement. Une lointaine connaissance en avait été fortement atteinte, mais c’est tout.

Maintenant, les ravages se rapprochent de mon entourage. De mon entourage professionnel, d’abord, avec plusieurs dizaines de classes qui ferment quotidiennement, partout au Québec. Dans le cercle plus étroit de mes connaissances, ensuite. Cette semaine, j’ai eu un entretien téléphonique avec une amie atteinte, ainsi que tous les membres de sa famille immédiate. Dieu merci, je respecte les règles. Quand je ne suis pas sur mon lieu de travail ou en train de faire de l’épicerie, je reste chez moi.

Surtout, je porte mon couvre-visage, je me lave les mains régulièrement et je désinfecte les objets manipulés par des gens extérieurs à ma bulle. Le vaccin vient d’arriver à la rescousse et le calendrier nous offre une pause de quelques semaines. La lumière a commencé à poindre au bout du tunnel, il faut poursuivre les efforts, donner un petit coup supplémentaire. La victoire est proche, mais le match n’est pas encore terminé.

Et je cite :

« Pour vrai, isolez-vous. Là, on sent que la Covid est partout. Je sais pas vous, mais ça se rapproche de tout mon entourage. Ne gâchez pas vos vacances de Noël. Isolez-vous. »

Léa Stréliski, humoriste et auteure, le 17 décembre 2020

Dans le cours de français

On a beau passer une grande partie de sa vie avec le nez plongé dans un dictionnaire, il est certaines orthographes qu’on a l’impression qu’on ne retiendra jamais. Dans mon cas, il y a ballade et balade, pallier et palier, censé et sensé. Chaque fois que je dois écrire un de ces six mots, je dois immanquablement en vérifier l’orthographe.

Balade, avec un seul l, est une promenade. Ballade avec deux l est un poème mis en musique. Comme dans La ballade des gens heureux, le grand succès de Gérard Lenorman.

Pallier, avec deux l, signifie compenser ou corriger. Comme dans pallier à une situation. Palier avec un seul l est un plancher ou un étage. Comme dans prendre l’ascenseur jusqu’au troisième palier.

Finalement, censé avec un c est un synonyme de supposé. Comme dans ce vaccin est censé être efficace à 95%. Remarquez que censé est toujours précédé du verbe être et toujours suivi d’un verbe à l’infinitif. Quant à sensé, avec un s, il désigne quelque chose qui a du sens, comme lorsqu’on évoque les paroles sensées d’un sage. Le contraire est insensé.

Maintenant que j’ai pris le temps de vous expliquer chacune des particularités de ces trois paires d’homophones, quelqu’un peut-il les retenir et me les rappeler lorsque j’en aurai besoin ? Merci.


À travers l’application de visioconférence

Mercredi, la députée Marwah Rizqy, critique libérale en matière d’éducation, publiait sur son compte Facebook une note dans laquelle elle reprochait au ministre de l’éducation, Jean-François Roberge, de ne pas avoir livré la marchandise. Au sens propre comme au sens figuré. Pour appuyer ses propos, elle juxtaposait les nouvelles de deux quotidiens montréalais, publiées à quatre mois d’intervalle.

Source : Facebook

Est-ce vraiment la situation vécue sur le terrain ? À plusieurs endroits, dont Montréal, oui. En ce qui me concerne, j’ai le privilège d’enseigner dans une école primaire située en milieu favorisé, ce qui permet d’ordinaire une meilleure flexibilité dans l’utilisation des budgets. La direction de l’école est également très proactive et s’est enquis dès la rentrée des classes des besoins des familles advenant un nouveau confinement. Elle a par la suite procuré à l’école la quantité nécessaire d’appareils Chromebook et a ainsi pu s’assurer que tous nos élèves disposent de l’équipement requis, personnel ou prêté, pour suivre nos cours à distance. Mais la situation diffère selon les endroits, ce qui crée de l’inéquité et des variations importantes dans les apprentissages.

Cette histoire me fait finalement mentir. Lorsque j’ai écrit ici, il y a quelques semaines, que les professionnels de l’enseignement québécois étions prêts pour de l’enseignement à distance, c’était en me basant en partie sur les paroles prononcées par le ministre, l’été dernier. Je réalise maintenant que même si mes collègues et moi offrons depuis hier un enseignement à distance à nos élèves, d’autres professionnels et leurs élèves n’ont pas ce privilège, faute d’avoir obtenu la quincaillerie promise. Ne pas avoir réussi à livrer la marchandise en neuf mois appelle un constat d’échec.


Dans le cours d’univers social

C’est d’éducation à la citoyenneté dont il sera question dans ce bloc. Nous vivons dans une société où une personne accusée est présumée innocente jusqu’à preuve du contraire. Et c’est tant mieux. Personnellement, je préfère laisser courir dix coupables que de condamner une personne innocente. Ce système ne prévient cependant pas toutes les injustices.

Gilbert Rozon, comme O. J. Simpson en 1995, a bénéficié du doute raisonnable. Si le second était accusé d’un double meurtre, Rozon était accusé d’agression sexuelle. Mais c’était la deuxième fois. La première, en 1998, il avait été accusé pour des gestes posés à l’endroit d’une employée du Manoir Rouville-Campbell. Il avait obtenu une absolution totale. Une vingtaine d’années plus tard, un groupe de femmes, plusieurs connues, dénoncent des gestes de même nature. Un seul cas donnera lieu à des accusations, celui d’Annick Charette, une employée de Télé-Québec. On connaît la suite.

La juge Mélanie Hébert n’a d’ailleurs pas mâché ses mots. Elle a admis ne pas croire Gilbert Rozon, mais devoir l’acquitter en raison de nos règles de droit. Tout cela le jour où quatre députées de l’Assemblée nationale déposaient un rapport de 190 recommandations visant à mieux accompagner les victimes d’agressions sexuelles.

Il faut souligner le courage d’Annick Charette, qui continuera de lutter pour la cause. Quant à Gilbert Rozon, plusieurs auraient de toute évidence souhaité le voir à l’ombre. Mais pour celui qui carbure aux feux de la rampe, c’est une pénombre en marge de la société qui l’attend, malgré l’acquittement.


Dans le cours de musique

La #musiquebleue déroule le tapis rouge à Pierre Lapointe, cette semaine. Son dernier album, Chansons hivernales, est tout indiqué pour fournir la pièce musicale qui agrémentera mon billet de cette semaine avant Noël. Mon choix s’est arrêté sur Maman, Papa. Les paroles de cette chanson lui ont été inspirées par un ami dont les parents acceptent mal l’annonce de son homosexualité. Chanson touchante, s’il en est une. Et qui porte sérieusement à réflexion.


La bonne nouvelle de cette semaine

La 18e édition de la journée Portes ouvertes sur les fermes du Québec, qui devait avoir lieu en septembre, a été annulée cette année. Comme plusieurs autres événements et festivals, d’ailleurs. Afin de pallier (deux l, ici ? Oui, merci.) à la situation, l’Union des producteurs agricoles a lancé un jeu en ligne, cette semaine. Ce jeu, intitulé Kasscrout, s’adresse aux élèves des 2e et 3e cycles du primaire (8 à 12 ans), mais en tant qu’adulte, je m’y suis laissé prendre et y ai joué durant plusieurs minutes !

Il permet de faire découvrir les produits du terroir québécois aussi bien que les régions administratives de la Belle Province. En ce sens, il constitue un bon outil d’apprentissage d’une partie importante du programme d’univers social.

On peut accéder à la page du jeu en se rendant sur Kasscrout.ca.


Et puis ? Quelle chanson tourne en boucle dans votre tête ? Celle de Pierre Lapointe ou celle de Gérard Lenorman ?


Image en titre du billet : Shutterstock

Billet du 26 juin 2020 : Le plus présent des absents

Dans le cours de français

Sur Twitter, cette semaine, l’auteur Daniel Thibault, demandait d’où venait l’idée de mettre le tréma sur le e de aiguë. Je trouvais pertinent d’amener la réponse dans ce billet. J’essaierai d’expliquer le plus simplement possible.

Avant 1990, un tréma sur une voyelle signifiait que l’on devait prononcer la voyelle précédente. Ainsi, on doit prononcer le a dans maïs, le o dans Noël et le o dans stéroïde.

Depuis 1990, un tréma, toujours utilisé quand deux voyelles sont consécutives, signifie plutôt que l’on doit prononcer ces deux voyelles séparément. Une convention stipule que c’est la deuxième voyelle qui hérite du tréma. Qu’est-ce que ça change ? Rien… sauf pour les mots en gue. Parce que dans aiguë ou ambiguë, par exemple, on ne prononce qu’une seule des deux voyelles finales et consécutives, le u. Donc, pour montrer que l’accent doit être mis sur le u dans la prononciation du mot, on a proposé, pour les mots en gue seulement, d’utiliser le tréma comme n’importe quel autre accent sur la lettre qui doit être verbalement accentuée, tout en continuant d’accepter l’ancienne orthographe. C’est ainsi qu’on peut maintenant écrire aiguë ou aigüe, ambiguë ou ambigüe.

À noter qu’au masculin, comme il n’y a qu’une seule voyelle en fin de mot, plutôt que deux, on écrit aigu et ambigu.


Dans le cours d’univers social

J’aimerais revenir ici sur le spectacle de la Fête nationale du Québec. Comme d’autres, j’ai trouvé que ce spectacle était l’un des meilleurs jamais présentés dans le cadre de ces festivités. Et qu’est-ce que je constate le lendemain matin ? Plusieurs n’ont retenu que l’absence du fleurdelisé et le fait que Pierre Lapointe aurait dénaturé un classique de Plume Latraverse.

Je viderai en premier lieu la question de Pierre Lapointe. C’est vrai, il a changé les paroles de la chanson Rideau pour en faire :
Pis ceux qui ne sont pas contents
Ils viendront nous voir à l’entracte
On est ben ouverts à vos commentaires
Si vous payez l’cognac-gnac-gnac-gnac

Mais chez tous ceux et toutes celles qui s’en offusquaient et criaient au scandale, personne n’a soulevé qu’un autre classique québécois, Promenade sur Mars du groupe Offenbach, avait également été remodelé pour donner :
la femme que je suis
Quoiqu’elle en pense
N’a pas accès
Ni de près ni de loin

Deux poids, deux mesures, ici ?

Personnellement, je me suis délecté de la nouvelle version de Promenade sur Mars, y voyant un clin d’oeil important à une situation très actuelle. Autant que je me suis amusé de voir Pierre Lapointe, sourire aux lèvres, renoncer à lancer le gros tabarnak bien senti que réclame d’ordinaire cette chanson de Plume.

Le drapeau, maintenant. On l’a bien aperçu sur les masques des danseuses, de même que sur l’écran derrière la scène, mais il aurait fallu pallier au fait qu’en l’absence d’une foule sur place, il n’y aurait aucun drapeau sur le parterre. Le Mouvement national des Québécois a d’ailleurs assumé cette erreur.

Une fois ceci mentionné, est-ce que la fête s’en est trouvée complètement gâchée ? Oui, aux dires de plusieurs sur les réseaux sociaux. Je suis d’un tout autre avis.

Un drapeau est un symbole. C’est à travers des paroles et des actions qu’un peuple s’affirme. Le symbole, lui, ne fait qu’accompagner le reste. Il ne parle pas, ne bouge pas, ne prend aucune décision. Durant ce spectacle, y a-t-il eu des mots et des gestes qui ont transcendé tous les symboles ? Absolument.

Le discours de Fred Pellerin, alors qu’il martelait « On est au commencement de quelque chose », valait à lui seul tous les discours patriotiques qu’on a pu entendre depuis longtemps. Ceux d’Ariane Moffatt et de Christine Beaulieu, qui évoquaient respectivement l’avenir et le passé, en constituaient un splendide complément. Que dire du message imprimé sur le teeshirt d’Hubert Lenoir : « Avoir l’opportunité de changer le monde et ne rien faire, pourquoi? ».

Ajoutez l’harmonie qui réunissait toutes les couleurs de peau, les genres, les orientations sexuelles, les générations et les différentes langues qui ont forgé l’histoire du Québec, tout cela sur une même scène, et vous obtenez effectivement le point de départ de quelque chose. La prestation d’Elisapie, en paroles et en chansons, apportait cette volonté autochtone de faire partie de l’aventure. Qu’il demeure dans la Fédération canadienne ou qu’il acquière un jour son indépendance, ces artistes ont clairement formulé le voeux que le Québec soit désormais façonné de manière ouverte et inclusive. En ce sens, ils se sont fait les porte-parole de la génération de mes élèves, à travers un message que je reconnais bien. À propos de l’inclusion, Émile Bilodeau écrivait sur sa page Facebook : « Nos ancêtres ont fait des ‘moves’ qu’on doit aujourd’hui réparer. Si vous ne le faites pas, c’est ma génération qui va le faire. »

Pas besoin d’agiter un drapeau quand on l’a tatoué sur le coeur.


Et je cite :

Vous avez pas idée du niveau de harcèlement que je subis personnellement comme si c’était mon choix, ma faute alors que le MNQ lui-même a assumé la responsabilité de ce manquement. Le monde est capoté…

Ariane Moffatt, coanimatrice du spectacle de la Fête nationale, le 25 juin 2020

Dans le cours de mathématiques

Une statistique effarante a été publiée sur le site de Radio-Canada, mardi, à la suite d’un reportage de Thomas Gerbet. Malgré les rapports de non-conformité qui se multiplient et l’hécatombe meurtrière due à la COVID-19, seulement sept inspecteurs sont mandatés pour la surveillance des 1750 résidences pour aînés au Québec. À l’autre bout du spectre, voici de nouveau l’organigramme du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec :

Dès que j’ai pris connaissance de cette nouvelle, je n’ai pu m’empêcher de penser à une blague qui avait circulé sur la Toile, il y a longtemps. Intitulée Un défi japonais, la blague évoquait deux équipes d’aviron qui devaient traverser le fleuve St-Laurent. Alors que les Japonais s’étaient présentés au défi avec un équipage composé de quatre rameurs et d’un barreur, l’équipage québécois comptait quant à lui sur un seul rameur et quatre cadres ou fonctionnaires pour l’encourager. Je présume que vous devinez lequel des deux équipages a remporté le défi.

Comme dans la blague, peut-être que notre système de santé compte trop de généraux et trop peu de soldats. Et cette métaphore n’implique aucunement les membres des Forces armées canadiennes venus prêter main forte au réseau.

Pour ajouter à l’absurdité de la situation, Thomas Gerbet précise dans son reportage que le nombre d’inspecteurs québécois affectés au bien-être animal est de dix-huit, soit plus du double. Je réitère ce que je mentionnais dans mon billet du 17 avril dernier : on reconnaît le degré de civilisation d’un peuple à la manière dont il traite ses enfants et ses aînés. Le nouveau ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a de toute évidence beaucoup de pain sur la planche.


Dans le cours d’éthique et culture religieuse

Quelqu’un qui a eu maille à partir avec les utilisateurs de Twitter, cette semaine, c’est le docteur Alain Vadeboncoeur. Pourtant, il n’a fait que répéter ce que la Santé publique recommande, soit le port du couvre-visage dans les lieux publics. Les insultes et épithètes vulgaires ont fusé de toute part en sa direction. Quelques émojis plus disgracieux, aussi.

Un fait important à retenir, c’est que le couvre-visage permet de protéger les autres et non de se protéger soi-même de la contagion des autres. Là-dessus, Alain Vadeboncoeur a traduit et diffusé une publication populaire, et un peu crue, qui l’illustre bien. Les phrases manquent de ponctuation, mais le message est quand même clair.

Par respect pour ceux qui m’entourent dans les lieux publics, je porte le couvre-visage. Si tout le monde faisait de même, nous nous éviterions probablement un autre confinement en cas de deuxième vague.


Et je cite :

C’est le cas de le dire, ceux qui ne croient pas au virus sont… démasqués.

Martin Petit, humoriste, le 21 juin 2020

Dans le cours d’art dramatique

Le personnage de Homer Simpson n’est pas reconnu pour sa grande classe. Toutefois, l’équipe des Simpson a agi avec une élégance remarquable en rendant un hommage particulier au comédien québécois Hubert Gagnon, décédé récemment. Pour les gens de ma génération, Hubert Gagnon était le Picabo des Oraliens, et le Flip de Flip et compagnie. Pour les générations suivantes, il a été la voix québécoise de Homer Simpson durant les 27 premières saisons de la série, avant d’être remplacé pour des raisons de santé.

Sur le compte Instagram des Simpson, voici ce qu’on pouvait trouver, le week-end dernier :

Notez le Au revoir Hubert !, rédigé en français. C’est de la grande classe.


Dans le cours de musique

On attend du nouveau matériel d’Émile Proulx-Cloutier depuis maintenant une trentaine de mois, soit depuis la sortie de son excellent album Marée haute. Si on a pu voir l’acteur à la télé et au cinéma durant cet intermède, c’est bien l’auteur-compositeur-interprète qui était de retour en studio, la semaine dernière, dans le cadre du StudioFest d’Ici Musique. Il y a repris la pièce Mon dos, du même album. C’est ce que je vous présente en #musiquebleue, cette semaine.


Et je cite :

Un vieil adage du hockey veut qu’une équipe doive rester en santé pour pouvoir espérer remporter la Coupe Stanley. Ça n’aura jamais été aussi vrai que cette année.

Martin Leclerc, journaliste, commentant les nombreux cas de COVID-19 dans le sport professionnel, le 22 juin 2020

La bonne nouvelle de cette semaine

La vie reprend graduellement son cours normal, au Québec. Ainsi, selon ce que rapportait le site HollywoodPQ ce mardi, le tournage de plusieurs séries québécoises reprendra au cours des prochains jours, suite à l’assouplissement des règles sanitaires. À coup de 15 minutes par jour, des scènes de proximité pourront même être tournées par les acteurs. Les téléspectateurs savoureront donc assurément du nouveau matériel dès cet automne.

Également, après les ciné-parcs, ce sont les radio-théâtres qui reviennent en force. Suite à la présentation de la pièce Tu te souviendras de moi, hier soir, la station Ici Première et son application OHdio récidiveront les 16 juillet, 6 août, 27 août, 17 septembre et 8 octobre, chaque fois à 20 heures, avec des pièces montées par des théâtres québécois et adaptées pour la radio.

Lentement mais sûrement, il fait bon de revoir nos artistes reprendre le travail.