Billet du 14 mai 2021 : « Se caresser et manger sur les terrances »

Au moment où j’écris ces lignes, le Kraken de Seattle, nouvelle formation de la Ligue nationale de hockey qui entamera ses activités l’automne prochain, n’aligne qu’un seul joueur. Il s’agit de Luke Henman, le capitaine de l’Armada de Blainville-Boisbriand, dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Bien sûr, l’équipe se garnira au cours des prochains mois. On construira autour de Henman. Comme quoi il y a du talent dans la LHJMQ.

Le Canadien de Montréal l’a aussi reconnu, cette semaine, quand il a fait signer un contrat d’entrée à Rafaël Harvey-Pinard. Ironie du sort, cette signature est survenue quelques heures seulement après que le CH ait été pointé du doigt pour n’avoir disposé d’aucun joueur Québécois en uniforme lors d’un match, cette semaine, une première en 112 ans d’histoire. Il faut cependant préciser que si aucun joueur de sa formation n’était né au Québec, trois d’entre eux, Jake Allen, Paul Byron et Michael Frolik, sont des produits de la LHJMQ.

Faut-il s’en insurger ? Peut-être pas, il n’y a après tout rien d’étonnant dans cette situation et on s’y habitue rapidement, malheureusement. Pensez à la fois où on a fait grand éclat de l’absence totale de mots en français, même dans ses salutations, dans le premier discours de Saku Koivu à titre de capitaine de l’équipe. Inacceptable, c’était. Non seulement Koivu a-t-il poursuivi dans la même veine durant son long règne de capitaine du Tricolore, mais la plupart de ceux qui lui ont succédé ont suivi la tendance. Alors sans nécessairement s’en insurger, il faut constater que des correctifs peuvent être apportés et que la situation peut être facilement améliorée.

Quelqu’un me faisait remarquer qu’il n’y avait peut-être pas de joueurs québécois chez le Canadien, mais qu’il n’y avait pas plus de joueurs albertains chez les Oilers d’Edmonton, son adversaire, ce soir-là. Peut-être. Mais le Canadien de Montréal se doit de puiser dans son fief pour construire ses alignements. Cette obligation, il la doit à son histoire, la plus grandiose et la plus prestigieuse de toutes les équipes sportives d’Amérique du Nord, avec celle des Yankees de New York. Ses équipes victorieuses de 24 Coupes Stanley, la Sainte-Flanelle les a bâties avec des joueurs d’ici et des joueurs qui ont été développés par l’organisation. Actuellement, les proportions sont faibles dans les deux catégories. Il suffit de lire les premières pages du livre Georges Vézina : L’habitant silencieux, de Mikaël Lalancette, pour comprendre que le Canadien de Montréal était l’équipe des francophones, des Canadiens français, dès le début de son histoire. Quand on parle de Tradition avec un grand T, chez le Canadien, ce n’est pas seulement celle des bras meurtris qui tendent le flambeau, c’est celle des Georges Vézina, des Maurice Richard, des Jean Béliveau, des Guy Lafleur, des Patrick Roy, des Stéphane Richer et des nombreux autres joueurs d’ici qui ont vu leur nom être gravé sur la Coupe.

J’ai couvert les activités de l’Armada de Blainville-Boisbriand durant ses six premières saisons. La loge des dépisteurs des équipes de la LNH n’est pas très loin de la galerie de presse, au Centre d’excellence sports Rousseau. Je peux affirmer y avoir vu des représentants de plusieurs équipes beaucoup plus souvent que ceux du Canadien.

Bien sûr, le nombre de joueurs de la LHJMQ ayant gradué dans la LNH a considérablement chuté, au cours des dernières décennies. On parle d’une cinquantaine, actuellement, soit une moyenne d’un peu plus d’un joueur par équipe. Mais il se trouve quand même des Penguins de Pittsburgh ou un Lightning de Tampa Bay qui ont su donner leur chance à plusieurs jeunes joueurs issus du Québec et qui en comptent en ce moment plus que le Canadien. Les Penguins ont même procédé, à Pittsburgh, à une soirée entièrement francophone, il y a deux ou trois ans.

Chaque année, au repêchage amateur, le talent se situe dans les deux premières rondes. Au-delà de la deuxième ronde, le repêchage devient pratiquement un coup de dés. Marc Bergevin et Trevor Timmins devraient comprendre qu’ils ont tout intérêt à ne pas laisser les autres équipes venir leur damer le pion dans leur propre cour. Après tout, quand on regarde le peu de joueurs repêchés par le Canadien qui ont joué 100 matchs et plus dans la LNH au cours des 15 dernières années, on se dit qu’il n’y a pas grand chose à perdre à tenter sa chance avec les talents locaux.


Dans le cours de français

Je le mentionne chaque année à mes élèves, le Nouveau-Brunswick est la seule province officiellement bilingue au Canada. Les neuf autres provinces n’ont qu’une seule langue officielle, le français pour le Québec, l’anglais pour les autres.

La ville ontarienne d’Ottawa possède cependant le statut de ville bilingue, en tant que capitale du Canada qui, lui, est un pays fondé à partir de deux langues officielles. Ceci en théorie, bien sûr, parce qu’en pratique, l’une des deux langues peut se retrouver avec quelques imperfections.

C’est ainsi que jeudi après-midi, Santé publique Ottawa a diffusé un message dans un français plutôt approximatif sur Twitter. En voici un extrait :

Difficile de ne pas avoir certaines images dans sa tête…

#LeProfCorrige

Je n’aurai pas à mettre de trop grands efforts pour corriger, Santé publique Ottawa ayant fait amende honorable moins d’une heure plus tard. L’organisme a d’abord présenté ses excuses, avant de publier des phrases revues et corrigées.

On remarque que ces phrases ne sont toujours pas très bien construites, mais elles se tiennent beaucoup mieux.


Dans le cours de mathématiques

Cette semaine, je me suis replongé dans mes souvenirs du début de mon secondaire, alors que je devais enseigner à mes élèves l’ensemble des entiers naturels et l’ensemble des entiers relatifs. Bien entendu, en 6e année du primaire, on ne parle que des nombres entiers, sans préciser s’ils sont naturels ou relatifs.

Comme il m’arrive souvent de le faire, j’ai toutefois procédé à une incursion dans la matière du secondaire, histoire de montrer aux élèves les fameuses lettres à pattes supplémentaires que j’aimais beaucoup dessiner. Ainsi, les nombres entiers naturels étaient représentés par un , alors les entiers relatifs s’affichaient avec un .

Les nombres entiers naturels sont les nombres entiers de 0 jusqu’à l’infini.

ℕ = {0, 1, 2, 3, 4, …}

Il y avait aussi le fameux ℕ *, qu’on appelait N étoilé, qui comprenait la même séquence, à l’exception du 0.

ℕ * = {1, 2, 3, 4, …}

Quant à l’ensemble des entiers relatifs, il comprend tous les entiers négatifs et tous les entiers positifs.

= {…, −3, −2, −1, 0, 1, 2, 3, …}

Évidemment, on pousse plus loin au secondaire, avec les nombres rationnels et les nombres réels. Mais là-dessus, je me garde une réserve devant mes jeunes élèves. Chaque chose en son temps !


Dans le cours de musique

Depuis les dernières années, la tendance est aux « covers », ces reprises musicales de chansons ou de pièces instrumentales plus ou moins anciennes. Plusieurs artistes de tous azimuts s’y sont ainsi adonnés. Parmi les derniers en lice, Tire le coyote et Jeannot Bournival, qui ont lancé la semaine dernière un court recueil de reprises acoustiques de six chansons québécoises, ayant pour titre Le temps des autres. Dans le lot, mon coup de coeur va à Boom boom, ce merveilleux poème musical de Richard Desjardins.

C’est cependant La vie d’factrie, de Clémence Desrochers, que je vous propose aujourd’hui. Si cette chanson vieille de près de 60 ans a connu quelques reprises à travers les années, je pense entre autres à celles de Renée Claude et de Marie Michèle Desrosiers, c’est à ma connaissance la première fois qu’elle est interprétée par un homme, alors que Tire le coyote lui prête sa voix.

Tire le coyote et Jeannot Bournival – La vie d’factrie – Le temps des autres – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Cette nouvelle, j’ai bien failli ne pas l’inclure dans cette rubrique, pour une question environnementale. Les arrangements convenus entre les diverses parties impliquées me permettent toutefois d’en faire mention ici.

C’est à Beauharnois, en Montérégie, que Google implantera son premier centre de données au Canada. L’investissement de l’entreprise s’élèvera à 735 millions $ et créera une trentaine d’emplois permanents, après que la construction ait nécessité l’embauche de plusieurs centaines de travailleurs d’ici. Des zones infonuagiques sont exploitées à Montréal et à Toronto depuis les deux dernières années.

Le centre sera érigé sur un terrain appartenant actuellement à Hydro-Québec, et de cela auraient pu découler quelques conséquences politiques, en lien avec la question environnementale. C’est que le terrain en question est situé en zone agricole et que malgré l’interdiction de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) d’y construire le bâtiment, le gouvernement du Québec a décrété une mesure d’exception et outrepassé la décision de la CPTAQ en autorisant la construction en zone verte.

Hydro-Québec a ainsi imposé son terrain, malgré l’offre de la ville voisine de Salaberry-de-Valleyfield d’offrir un terrain similaire en zone dédiée aux télécommunications. La société d’état compensera en offrant d’autres terres pour au moins l’équivalent des pertes de territoires agricoles, alors que le gouvernement du Québec investira plus de 6 millions $ dans des organismes et projets voués à l’agriculture. Au final, il semble que tout le monde soit heureux.


Billet du 26 mars 2021 : Au jeu !

Quelle belle expression ! Surtout quand elle exprime la traduction du célèbre Playball !, qui marque le début d’un match de baseball. C’est jeudi prochain, le 1er avril, que le baseball majeur entreprendra sa saison régulière. COVID oblige, les Blue Jays de Toronto joueront leurs joutes locales à Buffalo, afin d’éviter les passages aux douanes. Pour le reste, un certain nombre de spectateurs étant admis dans quelques stades, la prochaine saison de baseball franchira un pas de plus vers la normalité, comparativement à la dernière.

L’amateur de baseball en moi est fébrile. Si vous l’êtes moins, dites-vous que baseball est synonyme d’été. De belles journées arrivent !


Dans le cours de français

C’est le genre de mauvaise surprise qui survient souvent à un bien mauvais moment. Mercredi matin, je suis sorti de chez moi et j’ai rapidement remarqué que ma voiture avait un pneu à plat. Quelqu’un à qui j’ai parlé de ma mésaventure, plus tard en journée, évoquait mon pneu « dessoufflé ».

Un pneu peut-il être dessoufflé ? Eh bien non. Le verbe dessouffler n’est accepté que dans quelques ouvrages de références, mais aucun des plus consultés. Le mot ne se trouve ni dans le Robert, ni dans le Larousse. Il apparaît toutefois dans le Littré.

Même pris à l’inverse de souffler, qui lui existe bel et bien partout, dessouffler un pneu ne constituerait pas une expression correcte. Souffler signifie pousser de l’air par la bouche ou à l’aide d’un souffleur. Quand il s’agit de pousser de l’air dans un objet souple afin d’en augmenter le volume, on parle plutôt de gonfler. Ainsi, un pneu se gonfle et se dégonfle.

Mon pneu était donc dégonflé.


Dans le cours d’éducation physique

L’officiel Tim Peel n’arbitrera plus jamais un match dans la Ligue nationale de hockey. Après 23 ans, l’arbitre a commis une bourde qui lui a valu un congédiement du circuit Bettman. Lors du match de mardi soir entre les Red Wings de Detroit et les Predators de Nashville, un joueur des Red Wings s’est collé sur un joueur des Predators, Viktor Arvidsson, avant de se jeter sur la glace et de balancer son bâton dans les jambes d’un autre joueur des Predators. Sur la séquence, c’est pourtant Arvidsson qui a reçu une pénalité pour avoir fait trébucher. Jusqu’ici, rien de trop particulier. On peut prétendre que l’arbitre en a manqué une, mais l’erreur est humaine.

Le hic, c’est que Peel, qui a décerné la pénalité, semble avoir oublié qu’il portait un micro sur lui et il a prononcé la simple phrase qui lui a valu son renvoi : « Ce n’était pas grand chose, mais je voulais donner une foutue pénalité aux Predators tôt en période ». Bonjour la préméditation. Et au diable l’intégrité de la ligue.

(Voir la séquence et entendre les paroles de Tim Peel)

Je me suis pris à imaginer les mêmes paroles dans la bouche d’une personne en situation d’autorité, dans un autre contexte. Un enseignant dans une classe, par exemple : « L’élève n’a pas fait grand chose, mais depuis le début de la journée, je voulais lui donner une conséquence ».

La LNH a devancé de quelques mois la retraite de Tim Peel, qui était prévue à la fin de la présente saison. C’est une sage décision.


Dans le cours de musique

Comment qualifier les chansons de Charlotte Brousseau ? Sa page Bandcamp évoque le folk-rock. Personnellement, j’y décèle des notes de jazz que j’aime beaucoup. Mais surtout, les paroles de ses chansons méritent d’être écoutées attentivement. C’est en octobre qu’elle lançait son premier mini-album, Boucles. En #musiquebleue, c’est l’extrait Je cours encore vous attendre (ê-haouc) que je propose aujourd’hui. Je vous souhaite une belle découverte.

Charlotte Brousseau – Je cours encore vous attendre (ê-haouc) – Boucles – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Il fait beau et la température est agréable. C’est une période de l’année où beaucoup y trouvent leur compte. Le vélo est commencé, même si la saison de ski se poursuit encore quelques semaines. On ouvre les fenêtres, on entend les oiseaux. Peut-être est-il encore trop tôt pour manger dehors, mais on peut facilement s’y installer pour boire un verre.

La nature s’éveille. Un espoir renaît.


Billet du 12 mars 2021 : Aux actes manqués

Source : Benneton

Il y a 28 ans, cette image sur une publicité de Benneton avait suscité la colère au Royaume-Uni, au point de causer des actes de vandalisme et autres représailles envers la compagnie. Où en est la société britannique à ce sujet, en 2021 ? Cette semaine, elle marchait sur des oeufs.

Dans le cours d’univers social

Certains éléments de l’histoire de la royauté britannique m’intéressent. Au-delà de ces quelques centres d’intérêt, disons qu’elle me laisse froid. Les mariages d’Henri VIII ont été à l’origine de la mort tragique, voire criminelle, de deux de ses épouses, en plus d’avoir directement mené au schisme anglican. Ce sont là des événements historiques qui se veulent pour moi captivants. Il en est tout autrement des mariages princiers des dernières décennies.

Pourtant, sans écouter l’entrevue donnée par le Prince Harry et Meghan Markle à Oprah Winfrey, j’en ai suivi les résumés dans les médias. Les allégations de racisme visant au moins un membre de l’entourage de la famille royale britannique pourraient changer le cours de l’histoire. Rappelons que ces allégations, qui concernaient la couleur de peau de l’enfant à naître de l’ex-couple princier, n’ont pas été admises par Buckingham Palace, mais n’ont pas été niées non plus. Seul le Prince William, frère de Harry, a jugé bon d’affirmer que la famille royale n’était pas raciste.

Quoi qu’il en soit, il semble que ceci ait pesé lourd dans la décision du couple de quitter l’entourage royal pour joindre la société civile. Devant le désarroi de son épouse, Harry a même avancé un parallèle avec sa mère, la Princesse Diana, malheureuse et décédée prématurément.

Les réactions suite à l’entrevue ont été nombreuses et allaient dans tous les sens. Personnellement, je n’ai pu m’empêcher de penser au film Arthur, avec Dudley Moore et Liza Minnelli. Ayant renoncé à la très imposante fortune familiale pour ne pas perdre celle qu’il aimait, Arthur, qui n’avait jamais connu autre chose que l’opulence, devait envisager une vie plus sobre et la transition se voulait maladroite et difficile. C’est vers ce genre de situation que se dirige Harry, lui qui doit se trouver maintenant un nom de famille. Son fils Archie, premier de la lignée à qui on a refusé le titre de prince, porte le nom de Mountbatten-Windsor, soit celui du Prince Phillip et celui de la famille de la Reine Elisabeth II.

La misère des riches ? J’adhère à autre chose qu’à cette théorie. On peut être riche et malheureux. Harry et Meghan cherchent à s’affranchir pour être heureux.


Dans le cours de mathématiques

Veuillez noter que j’ai rédigé ce bloc avant le match opposant le Canadien aux Flames de Calgary, hier soir.

J’ai jeté un coup d’oeil pour la première fois au classement de la Ligue nationale de hockey, cette semaine. Dans la division Nord, qui regroupe les sept équipes canadiennes, une colonne m’a sauté aux yeux : le Canadien de Montréal est l’équipe qui a subi le moins de défaites en temps réglementaire, avec six. Normalement, lorsque après 25 matchs on subit si peu de revers en temps régulier, on trône au sommet du classement. Ce qui est loin d’être le cas du Tricolore.

C’est que l’équipe a encaissé sept autres défaites en prolongation, ce qui ne leur laisse que 12 victoires cette saison, jusqu’à présent. Dans tous les sports, les équipes dominantes savent remporter les matchs serrés, ce qui de toute évidence n’est pas le cas de la formation montréalaise, qui cette saison présente une fiche de 2-1-7 lors des matchs dont les résultats se sont soldés par la marge d’un seul point.

C’est connu, lors des séries éliminatoires de la LNH, la première équipe qui parvient à remporter 16 victoires obtient le privilège de parader avec la Coupe Stanley. En 1993, année de la dernière Coupe remportée par le Canadien, l’équipe avait remporté 10 des 16 victoires en prolongation. En ce qui concerne les six autres victoires, deux avaient été remportées par la marge d’un point. Ce qui signifie que 12 des 16 victoires du CH, lors des séries de 1993, avaient été obtenues par la différence d’un seul but.

La situation de cette année est à l’opposé de ce qu’elle était en 1993. La bonne nouvelle, c’est qu’il reste encore du temps avant le début des séries éliminatoires et qu’il demeure possible de renverser la vapeur. Il suffit de peu.


Dans le cours d’éducation physique

Wilfried Nancy s’est incrusté dans les structures de l’Impact et du CF Montréal il y a plus de dix ans. Il y a travaillé honnêtement et loyalement, souhaitant obtenir un jour le poste d’entraîneur-chef avec le grand club. À travers les années, il en a vu quatre autres lui damer le pion et a toujours attendu patiemment son tour. On s’est finalement tourné vers lui.

Je lui souhaite de réussir avec brio. Pour moi, c’est l’histoire de Felipe Alou qui se répète. Le gars croupissait dans les filiales des Expos, attendant sa chance, alors que l’équipe semblait chercher toutes les raisons pour ne pas le nommer. Quand personne d’autre n’était disponible, on a enfin nommé Alou par intérim et cet intérim a duré dix ans. Et Felipe Alou revendique aujourd’hui la meilleure fiche de tous les gérants de l’histoire des Expos.

Wilfried Nancy et Dominique Ducharme, je souhaite longue vie à vos intérims respectifs, avec le CF Montréal et le Canadien de Montréal.


Et je cite :

« Merci à toutes les personnes oeuvrant en milieu scolaire: elles doivent être fières d’avoir réussi, au Québec, à maintenir nos écoles ouvertes. »

Égide Royer, psychologue et professeur à l’Université Laval, le 9 mars 2021.

Dans le cours de musique

Je renonce à comprendre les paroles des chansons de Barrdo ! On assemble quelques bouts de phrases pigées un peu partout, on s’assure de quelques rimes et, surtout, on accompagne le tout d’une mélodie accrocheuse qu’on branche sur un courant progressif rappelant celui des années 1970. Ce mélange hétéroclite constitue la recette de l’album [les] méandres de la soif, sorti en août dernier. L’écoute des dix pièces qui le composent nous ramène parfois aux sonorités de l’album Jaune, de Jean-Pierre Ferland. La chanson que j’ai choisie en #musiquebleue, aussi incohérente que les autres, est 4900$. Voici donc Barrdo.

Barrdo – 4900$ – [les] méandres de la soif – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Pour une seconde fois en cinq semaines, la bonne nouvelle de mon billet hebdomadaire concerne Mikaël Kingsbury. En février, le skieur remportait une première épreuve lors de son retour à la compétition, après que des fractures à deux vertèbres l’eurent immobilisé durant quelques mois. Cette semaine, Kingsbury était sacré champion du monde, deux fois plutôt qu’une, lors des Championnats du monde de ski acrobatique tenus au Kazakhstan. Après un premier triomphe en simple, lundi, l’athlète de Deux-Montagnes a remis ça le lendemain, atteignant de nouveau la plus haute marche du podium, cette fois lors de l’épreuve des bosses en parallèle.

Ces deux victoires constituent d’excellentes nouvelles pour Mikaël Kingsbury, tant pour son palmarès que pour sa santé. Et la fierté qui l’habite rejaillit sur la population québécoise.


Billet du 26 février 2021

Difficile de ne pas commenter la semaine du Canadien de Montréal, notamment avec les congédiements de Claude Julien et de Kirk Muller. Plus souvent qu’autrement, je déplore les renvois d’entraîneurs, considérant que les problèmes se situent plus au niveau de la glace que derrière le banc. Je serai plus nuancé cette fois-ci, Claude Julien ayant effectué certains choix douteux sur les unités spéciales et dans les fins de matchs, au cours des dernières semaines.

Je me réjouis de la nomination de Dominique Ducharme au poste d’entraîneur-chef. L’ayant vu à l’oeuvre avec Halifax et Drummondville, alors que je couvrais les activités de l’Armada de Blainville-Boisbriand dans la LHJMQ, j’ai pu constater à quel point il savait soutirer le meilleur de ses joueurs. Après quelques saisons comme adjoint à Julien, il mérite sa chance comme entraîneur-chef. Qu’il ait été nommé par intérim n’est pas trop préoccupant. En 1992, les Expos de Montréal avaient nommé Felipe Alou gérant par intérim de l’équipe. Cet intérim avait duré dix saisons.

Pour celles et ceux qui auraient souhaité voir Patrick Roy revenir dans le giron des Glorieux, soyez patients. Je demeure persuadé que c’est lui qui succédera à Marc Bergevin à titre de directeur général, le moment venu. La personnalité et l’ego de Roy le destinent à un rôle de premier plan dans la direction de l’équipe. Il pourra toujours se réserver le travail d’entraîneur en parallèle, s’il le désire.

Un mot en terminant sur Carey Price. Je maintiens qu’au niveau du talent, Price est probablement le meilleur gardien de but de la LNH. Toutefois, il n’a pas cette attitude qu’avaient Roy et Martin Brodeur, cet instinct du tueur qui faisait se lever les deux autres dans le vestiaire, après deux périodes d’un match serré, pour lancer aux coéquipiers de marquer des buts et de les laisser faire le reste, qu’aucune autre rondelle n’entrerait dans leur filet. Et en accordant en moyenne un mauvais but par match, Price force ses coéquipiers à inscrire au moins deux buts pour espérer une victoire. Il y a un travail à considérer à ce niveau.


Et je cite :

« Je me souviens de 2015. Nous avions commencé la saison avec une fiche de 9-0-1 et nous n’avions pas fait les séries. »

Dale Weise, ex-joueur du Canadien de Montréal, le 20 février 2021.

Dans le cours de français

Le site de Radio-Canada a publié un reportage, dimanche, sur la perception qu’ont les trentenaires face au statut de la langue française, au Québec. C’est du moins ce que laisse entrevoir le titre. À la lecture du reportage, on constate que seulement trois personnes ont fait part de leur point de vue, ce qui est loin de représenter l’opinion d’une génération. Deux d’entre elles, un couple, prétendent qu’il faut investir dans la culture francophone, mais que le français n’est pas menacé. Une étudiante à l’Université Concordia prétend le contraire et invite tous les paliers de gouvernement à légiférer et réglementer afin de protéger la langue française.

C’est toutefois un encadré présentant des statistiques qui a le plus retenu mon attention. Ainsi, un rapport de l’Office québécois de la langue française, publié en avril 2019, stipule que :

  • La proportion d’anglophones et d’allophones déclarant avoir une connaissance suffisante du français pour soutenir une conversation a augmenté au cours des vingt dernières années;
  • En 2016, 94 % des Québécoises et des Québécois déclarent être en mesure de soutenir une conversation en français;
  • En 2015, 90 % des élèves fréquentaient une école de langue française;
  • En 2017, le taux de service en français atteignait 96 % dans les commerces de l’île de Montréal, même si le français comme langue d’accueil dans ces mêmes commerces a diminué de 9% depuis 2010, passant de 84% à 75%.

Jusqu’ici, les données sont encourageantes et laissent penser que, contrairement à l’opinion de plusieurs, le français n’est pas menacé au Québec, même à Montréal. Le pica suivant nous ramène cependant à une autre dimension :

  • La proportion de personnes éprouvant de l’indifférence face à un service dans une autre langue que le français a fortement augmenté depuis 2012, tout particulièrement chez les jeunes francophones.

S’il y a menace, c’est là qu’elle se trouve. Face à l’indifférence de sa population, il n’est pas grand chose qu’un gouvernement puisse faire, n’en déplaise à la jeune étudiante de Concordia. Investir temps et argent dans la culture m’apparaît concret et plus efficace comme solution. Dépêchons-nous d’y voir, en tant que société, pendant que la population y voue encore un intérêt substantiel.


Dans le cours de musique

Une crise cardiaque a emporté l’auteur-compositeur-interprète Philippe Chatel, vendredi dernier. Si son nom est plutôt méconnu au Québec, il en est autrement d’une de ses oeuvres, le conte musical Émilie Jolie. À travers quatre enregistrements de ce conte, en 1979, 1997, 2002 et 2018, Chatel a réuni plusieurs grands artistes sur un même album. Notons seulement, sur la version originale, Henri Salvador, Georges Brassens, Julien Clerc, Françoise Hardy, Sylvie Vartan et Robert Charlebois.

Philippe Chatel avait 72 ans.


Dans le cours de musique, deuxième période

C’est à mon tour, cette semaine, de rendre hommage à Raymond Lévesque, décédé il y a une dizaine de jours. Je l’admets en toute humilité, le répertoire de Lévesque m’est beaucoup plus inconnu que ceux des Leclerc, Vigneault, Charlebois et Ferland. D’aucuns prétendent que Quand les hommes vivront d’amour devrait être sacrée plus belle chanson de la francophonie. Peut-être. C’est cependant une autre chanson de Raymond Lévesque, Les trottoirs, que je vous propose en #musiquebleue. Pour l’interpréter, une auteure-compositrice-interprète à qui je voue une immense admiration, Marie-Pierre Arthur.

#musiquebleue

Voir le bon côté des choses

Personne ne pourra jamais accuser Denis Coderre de manquer de transparence, ni de gratitude.

#GarderCertainesChosesPrivées

La bonne nouvelle de cette semaine

Le début de la vaccination au Québec constitue certes la meilleure nouvelle de la semaine. Mais une autre courte bonne nouvelle est venue capter mon attention. En ces temps de pandémie, quand une petite entreprise québécoise réussit à bien tirer son épingle du jeu, c’est digne de mention.

L’entreprise Bilodeau Canada, installée au Lac-Saint-Jean, donne dans la manufacture d’articles en fourrure et dans la taxidermie. La situation mondiale actuelle a eu une incidence très négative sur son chiffre d’affaires, établi à partir d’une clientèle internationale. Qu’à cela ne tienne, la PME s’est lancée dans la production d’animaux naturalisés pour le cinéma et la télévision, décrochant ainsi quelques contrats avec de grandes maisons américaines, dont HBO. Les pertes n’en sont que très partiellement comblées, mais cela a permis à l’entreprise de survivre et de garder ses employés occupés.


Billet du 13 mars 2020 : Un retour de relâche occupé

Dans le cours de français

Il y a des semaines comme ça. On ne cherche pas et on trouve. Comme un pêcheur qui jette son filet à l’eau le temps de le nettoyer, mais qui l’en ressort contenant une manne abondante. Twitter m’a fourni beaucoup de matériel à correction, en seulement quelques coups d’oeil.

#LeProfCorrige

Ici, il aurait fallu lire « mon discours vous a convaincus », avec un S à convaincus. Le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir s’accorde avec le complément direct qui le précède. Dans ce cas, le complément direct est le pronom vous, qui réfère aux jeunes du PQ. Il est donc masculin pluriel.

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#LeProfCorrige

Ici, il aurait fallu voir « Envoyez un message » et non « Envoyer un message ». Dans ce contexte, au départ, l’impératif est préférable à l’emploi de l’infinitif. Quand, en plus, on conjugue un autre verbe à l’impératif dans la même phrase, soit dites-lui, utiliser l’impératif pour le premier verbe devient… impératif !

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Un franglais douteux

Je m’interroge sur l’emploi de l’expression « Education Center », en anglais, dans une publication en français du musée d’Orsay, une institution bien parisienne. Comme il s’agit d’un centre pédagogique, tel que rapporté dans plusieurs médias de France, pourquoi ne pas l’avoir présenté comme tel ? L’appellation anglaise est définitivement inutile, ici.

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Un franglais plus que douteux

Ici, « harmonieux » mélange de mauvaise traduction et de fautes de français. Que les Sénateurs d’Ottawa prennent soin de s’adresser dans leur langue à leurs partisans francophones démontre une bonne intention. Mais comme disait ma grand-mère, tout ce qui mérite d’être fait mérite d’être bien fait.

Il leur aura fallu deux heures avant de corriger, mais la formation de la LNH a finalement fait amende honorable en publiant de nouveau le message, cette fois dans un bien meilleur français. Une erreur de conjugaison est cependant demeurée et je leur ai signifié.

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Dans la semaine de relâche

L’enseignant skieur que je suis a bien profité de sa relâche scolaire, la semaine dernière, pour pratiquer son sport d’hiver préféré. Une employée de la station Mont-Tremblant a voulu me complimenter, au moment où j’allais m’asseoir dans le remonte-pente, en me qualifiant de « sexy senior », ou aîné sexy.

J’en ai été flatté à 50%.

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Coronavirus

La crise du COVID-19 donne lieu à de bonnes blagues sur les réseaux sociaux. J’en ai retenu deux, que je relaie ici :

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La bonne nouvelle de cette semaine

Une jeune skieuse de 19 ans a eu la vie sauve grâce au sang froid d’un de ses collègues de travail, lundi, dans les Alpes françaises. Descendant la piste en tête d’un groupe de cinq skieurs, la jeune femme a chuté et s’est retrouvée enterrée tête première sous une épaisse couche de neige dont elle était incapable de se dégager.

Le collègue, âgé de 23 ans, est rapidement arrivé sur les lieux. Avec l’aide d’une pelle portative et d’un autre skieur, il a pu sortir son amie de sa fâcheuse position avant que l’air ne lui manque complètement. Une caméra fixée sur le casque du sauveteur a filmé toute la scène.

C’était le deuxième sauvetage du genre en un mois, dans les Alpes. Le premier s’était déroulé du côté suisse.