Billet du 7 juin 2024 : Que s’est-il donc passé en 2014 ?

Dans une chronique publiée cette semaine 1, Patrick Lagacé explore l’augmentation marquante de la violence au Québec, identifiant l’année 2014 comme un point de bascule. Il souligne une montée inquiétante des crimes violents, en particulier ceux impliquant des armes à feu, tout en examinant les facteurs sociaux et politiques qui ont pu contribuer à cette tendance. Lagacé appelle à une réflexion et à des actions concrètes pour comprendre et inverser cette escalade de la violence dans la société québécoise, sans toutefois identifier une piste d’hypothèses concernant les causes.

En tant qu’enseignant et observateur attentif, je constate également cette recrudescence de violence dans les écoles primaires. Cette violence se manifeste surtout dans le langage agressif et l’intimidation entre élèves, incluant de plus en plus la cyberintimidation. Les enfants utilisent les plateformes numériques pour harceler et intimider leurs pairs, créant un environnement scolaire où la peur et l’anxiété deviennent courantes, ce qui nécessite des mesures urgentes pour protéger nos jeunes et favoriser un climat d’apprentissage sain.

Plusieurs hypothèses peuvent expliquer cette recrudescence de violence depuis 2014. Premièrement, la prolifération des réseaux sociaux et des nouvelles technologies a facilité la propagation de comportements agressifs et d’intimidation en ligne, exacerbant les conflits entre jeunes. Deuxièmement, l’exposition croissante à des contenus violents à travers les médias et les jeux vidéo peut avoir désensibilisé certains jeunes, normalisant ainsi la violence comme moyen d’interaction. Enfin, les bouleversements économiques et sociaux, tels que les inégalités croissantes et les tensions politiques mondiales, peuvent contribuer à un climat général de stress et d’anxiété, qui se manifeste par une augmentation des comportements violents.

S’est-il vraiment passé quelque chose en 2014 ? J’espère que des anthropologues se pencheront sur la question.

1 Lagacé, Patrick. Violence : quelque chose s’est passé en 2014… La Presse, Montréal. Le 4 juin 2024.


Dans le cours d’univers social
Volet histoire

Parce que j’ai eu à le faire en classe au cours de la présente année scolaire, je reprends ici un bref résumé du conflit israélo-palestinien, qui a fait près de 36 000 morts depuis l’automne dernier. Il trouve ses origines à la fin du XIXe siècle, avec la montée du sionisme, un mouvement nationaliste juif prônant la création d’un État juif en Palestine. Ce projet détonne avec les aspirations des Arabes palestiniens, majoritaires sur le territoire, qui réclament également l’indépendance nationale. La situation se complique d’autant plus avec la déclaration Balfour 2 de 1917, dans laquelle le gouvernement britannique exprime son soutien à l’établissement d’un « foyer national juif » en Palestine. Après la Première Guerre mondiale, la Palestine passe sous contrôle britannique, période marquée par des tensions croissantes entre les communautés juive et arabe.

En 1947, face à l’aggravation des violences entre les communautés, l’ONU propose un plan de partage de la Palestine en deux États, l’un juif et l’autre arabe, avec Jérusalem sous administration internationale. Ce plan est accepté par les Juifs, mais rejeté par les Arabes. La proclamation de l’État d’Israël en 1948 entraîne la Première Guerre israélo-arabe, qui se solde par la victoire d’Israël et la fuite ou l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens. Les conflits suivants, notamment les guerres de 1967 et de 1973, ainsi que l’occupation israélienne de la Cisjordanie et de Gaza, intensifient les tensions.

Depuis, diverses tentatives de paix ont échoué à résoudre les questions centrales du conflit, telles que les frontières, le statut de Jérusalem, le droit au retour des réfugiés palestiniens, et la sécurité. La situation reste marquée par des affrontements réguliers, une colonisation israélienne persistante en Cisjordanie, et un blocus sévère de Gaza. Chaque camp revendique des droits historiques et des besoins de sécurité légitimes, mais souvent incompatibles, ce qui rend très improbable le règlement du conflit.

2 Wikipédia. Déclaration Balfour de 1917.


Dans le cours d’éducation physique

Ma bonne nouvelle de la semaine dernière 3 a fait réagir ! L’intégration des statistiques des Negro Leagues à celles de la Major League Baseball (MLB) ne plaisent pas à tout le monde. Sacrilège, Josh Gibson a délogé l’immortel Ty Cobb du premier rang de tous les temps au niveau de la moyenne au bâton, en plus de faire de même avec Babe Ruth pour la moyenne de puissance. Le contexte n’était pas le même, semble-t-il.

Le contexte n’était pas le même non plus quand Wayne Gretzky a pulvérisé tous les records offensifs de la Ligue nationale de hockey (LNH). Pas plus qu’il ne l’est actuellement quand, près d’un siècle plus tard, Shohei Ohtani s’apprête à fracasser tout ce que Babe Ruth a établi, tant comme lanceur que comme frappeur.

Josh Gibson a connu toute une carrière comme joueur de baseball professionnel 4, dans une ligue regroupant les meilleurs joueurs noirs au monde. Nul ne peut prétendre qu’une des ligues était de calibre inférieur en raison de la couleur de peau de ses joueurs. Gibson mérite sa place au sommet.

3 Billet du 31 mai 2024 : Quand le passé rejoint le présent.

4 Baseball-Reference : Statistiques de Josh Gibson.


Dans le cours de musique

Ariane Roy, Thierry Larose et Lou-Adriane Cassidy ont parcouru le Québec lors d’une tournée spéciale intitulée Le Roy, la Rose et le Lou(p), offrant une collaboration artistique unique après le succès de leur performance aux Francos de Montréal. Une captation de dix pièces a donné lieu à un album, paru la semaine dernière. En voici la chanson thème.

Ariane Roy, Thierry Larose, Lou-Adriane Cassidy – Chanson thème – Le Roy, la Rose et le Lou(p) – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

La chanteuse Martha Wainwright s’est engagée auprès de l’Académie Centennial pour enseigner la musique aux jeunes et promouvoir les arts. À travers cette initiative, elle vise à encourager la créativité et l’expression artistique chez les élèves du secondaire. Son implication comprend non seulement des performances, mais aussi des sessions éducatives, offrant ainsi une expérience enrichissante et inspirante aux jeunes talents. Elle n’a pas hésité à impliquer son frère Rufus, ainsi que ses amies Ariane Moffatt et Marie-Pierre Arthur dans son projet.


Billet du 5 avril 2024 : Le vivre et le promouvoir

Pour qu’une langue reste vivante, il faut l’utiliser et la promouvoir, oralement comme par écrit. En ce qui concerne la promotion du français, au Québec, beaucoup de travail reste à faire. Dans la saga des messages rédigés uniquement en anglais sur des chandails et les murs des vestiaires de certaines équipes de la LHJMQ, les gens qui les ont défendues ou excusées sont autant à blâmer que les équipes elles-mêmes. En ce qui me concerne, prétendre préparer les joueurs à la réalité de la Ligue nationale de hockey est une bien piètre excuse, surtout lorsque le col du chandail du Canadien de Montréal arbore un LNH et non un NHL comme les autres équipes. Bravo à la formation montréalaise.

Pour ce qui est de l’usage du français, cependant, une étude de l’Office québécois de la langue française (OQLF), publiée hier, nous fournit des chiffres plutôt encourageants, si on fait partie du groupe qui considère que le français décline. Ainsi, la proportion de personnes s’exprimant en français dans l’espace public québécois est demeurée stable à 79 %, entre 2007 et 2022. Sur la même période, celles qui s’expriment en anglais sont passées de 10 % à 8 %, alors que celles qui le font dans les deux langues ont récupéré ces 2 %, allant de 11 % à 13 %.

Source : OQLF

Et le rapport ajoute :

« Chez les anglophones, la proportion de personnes utilisant le plus souvent le français a augmenté (de 20 % à 25 %), alors que la proportion de celles utilisant l’anglais a diminué (de 57 % à 43 %). Chez les allophones, la proportion de personnes utilisant le plus souvent le français a augmenté (de 54 % à 57 %), et celle des personnes utilisant l’anglais a diminué (de 27 % à 23 %). Chez les personnes parlant le français et l’anglais à la maison, la proportion de personnes utilisant le plus souvent le français a augmenté (de 40 % à 48 %), tandis que la proportion de celles utilisant le plus souvent l’anglais a diminué (de 17 % à 6 %). »

L’ombre au tableau touche la langue de service, alors que 8 % des personnes interrogées ont affirmé ne pas pouvoir être servies en français dans un commerce. Cette proportion grimpe à 10 % pour les régions de Montréal et de Gatineau. Lorsqu’on regarde l’évolution des plaintes à L’OQLF concernant la langue de service, celles-ci constituaient 26 % des plaintes totales en 2020-2021, avant de grimper à 34 % en 2021-2022 et 38 % en 2022-2023.

Au Québec, la loi impose à la base le service en français dans tous les commerces. Tant mieux si ces derniers sont en mesure de servir également dans d’autres langues. Mais face à ceux qui dérogent à cet aspect de la loi, il faut insister. Insister pour être servi en français, que ce soit dans un commerce montréalais ou dans un aréna de Drummondville ou de Chicoutimi, constitue une des nombreuses façons de le promouvoir. Et de le vivre.

Office québécois de la langue française. Langue de l’espace public au Québec en 2022. Avril 2024. 52 pages.


Dans le cours de français

J’étais dans la jeune vingtaine quand j’ai rédigé une note à un collègue, lui indiquant qu’un autre camarade de travail voulait ravoir quelque chose. Le papier en avait fait rire plusieurs, pour qui j’avais « inventé » un mot. Je m’étais défendu en affirmant qu’il était possible de ravoir. On m’avait alors répondu en essayant de conjuguer le verbe pour me montrer le ridicule de la situation. Certain de ce que j’avançais, j’avais alors ouvert un Bescherelle pour découvrir que ravoir est un verbe défectif, c’est-à-dire un verbe qui ne se conjugue pas ou qui se conjugue partiellement. Dans le cas qui nous occupait alors, le verbe n’existe qu’à l’infinitif.

Au cours des derniers jours, on m’a lancé le défi de conjuguer le verbe frire à l’imparfait. Après quelques hypothèses, je me suis lancé dans une recherche sur internet, qui m’a dirigé du côté des verbes défectifs. Sauf qu’au contraire de ravoir, frire se conjugue à plusieurs modes, temps et personnes. Si on ne regarde que le mode indicatif, frire se conjugue entièrement au passé composé, au passé antérieur, au plus-que-parfait et au futur antérieur. Au présent et au futur simple, il ne se conjugue qu’aux trois personnes du singulier. À l’imparfait et au passé simple, pas du tout ! Pour ce qui est des autres modes, les situations sont comparables. Dans l’usage courant, on préférera conjuguer faire frire plutôt que frire, pour les modes, temps et personnes où il est impossible de l’employer.

Quels sont les autres verbes défectifs ? Wikipédia en dresse une liste. J’ai été étonné d’y trouver clore, dissoudre, extraire et soustraire, entre autres.

Wikipédia, l’encyclopédie libre. Le verbe défectif.


Dans le cours de musique

On écoute Alexandra Stréliski qui, le 24 mars dernier, lors du gala des prix Juno, rendait hommage à sa façon au regretté Karl Tremblay, le chanteur des Cowboys Fringants. Voici une variation sur le thème Les étoiles filantes.

Alexandra Stréliski – Les étoiles filantes (variation) – Gala des prix Juno 2024 – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Deux pour le prix d’une, cette semaine. Une qui m’a échappé à l’automne passé, ainsi qu’une fraiche de quelques jours. Dans les deux cas, c’est le Québec qui s’illustre à l’international.

D’abord, qui produit le meilleur chocolat au lait au monde ? Non, ce n’est pas une maison suisse, encore moins une entreprise de la Côte-Ouest américaine. Ce sont les artisans de la compagnie Chaleur B (chaleurb.com), sise dans notre Gaspésie bien à nous. Au cours des dernières années, leurs différents chocolats ont remporté plusieurs prix au International Chocolate Awards. Lors de la compétition tenue en novembre 2023, en Italie, le premier prix leur a été décerné grâce à leur chocolat au lait, dont la teneur en cacao est de 51 %. L’entreprise développe ses saveurs à partir de fèves d’Amérique Centrale et d’aliments québécois.

Du chocolat, on passe à la photographie. Cette semaine, Charles-Frédérick Ouellet (charlesouellet.ca) est devenu le premier photographe québécois depuis 25 ans à voir une de ses photos être primée par le prestigieux World Press Photo. Organisation reconnue depuis 1955 pour son exposition annuelle vouée au photojournalisme, elle fait escale à chaque fin d’été à Montréal pour y accueillir de nombreux visiteurs. La photo retenue, dans la catégorie Images uniques (Amérique du Nord et Amérique Centrale), est celle d’un pompier debout sur un rocher, lors des feux de forêt de l’été dernier. Le cliché est en noir et blanc.

Monsieur Ouellet saura le 18 avril prochain si son oeuvre passe au-delà du prix régional et est sélectionnée pour une reconnaissance à l’échelle mondiale.


Billet du 8 septembre 2023 : Chaleur inhumaine

Au début de chaque semaine, la plupart du temps, j’ai déjà une bonne idée de ce que contiendra mon billet du vendredi à venir. Cette semaine, l’inspiration se montrait plus difficile. Avec cette chaleur insoutenable en pleine rentée scolaire, le sujet s’est finalement imposé de lui-même.

La vague de chaleur n’était qu’annoncée que, déjà, le Centre de services scolaire au Cœur-des-Vallées notifiait qu’il fermait ses établissements primaires et secondaires, sur la base d’un facteur humidex qui allait porter la température extérieure à plus de 40 degrés Celsius. En 28 ans de carrière, j’ai vu des écoles fermer pour des tempêtes de neige, des chutes de verglas, des pannes de courant, des bris dans le bâtiment et une épidémie de coronavirus. Pour des températures trop élevées, au Québec, c’était la première fois.

Personnellement, au départ, je souhaitais que l’école où j’enseigne demeure ouverte, parce que chaque fermeture en raison de la température entraîne la perte d’une journée pédagogique dont la date au calendrier a été mûrement réfléchie en fonction des besoins de formation et de planification du personnel enseignant. Après avoir vécu les trois journées de grande chaleur, je me demande maintenant si la fermeture n’aurait pas été préférable, tellement l’inconfort affectait la concentration et la réceptivité des élèves. Un des miens a même subi un malaise, possiblement un coup de chaleur. Disons que les apprentissages se sont avérés très limités, cette semaine.

Si l’empathie s’est fait grandement ressentir autour de nous, il s’est tout de même trouvé quelques personnes pour nous signifier, subtilement ou plus directement, que nous nous plaignions pour rien. À la lumière des arguments fournis par ces individus, à savoir que nous avons tous vécu de telles chaleurs dans le passé, que de nombreux autres corps de métiers sont plus à plaindre que les enseignants et que ces derniers se plaignent beaucoup plus pour eux que pour les élèves, je crois que quelques précisions s’imposent.

D’abord, oui, j’ai déjà vécu des chaleurs similaires à celles de cette semaine, mais en juillet et en août seulement, alors que nous n’avons pas à mettre les pieds dans une école. Les 32 degrés dans nos classes sont une chose, mais les 65 % d’humidité nous font ressentir 5 à 10 degrés de plus. Jamais, depuis le début de ma carrière, je n’avais eu, avant cette semaine, à enseigner dans de telles conditions.

Je sais, c’est pire pour les soudeurs, les pompiers, les cuisiniers et plusieurs autres. Si j’avais choisi un de ces métiers, je me serais attendu à travailler dans des chaleurs inconfortables. Mais j’ai choisi de devenir enseignant et les températures des trois derniers jours m’ont empêché de bien accomplir mon travail. Pas parce que j’avais trop chaud et que l’eau me coulait tout le long du corps, mais parce que la réceptivité des élèves, comme je le mentionnais plus haut, s’en trouvait considérablement diminuée. Personnellement, j’ai donné la moitié de mes cours dehors, à l’ombre, au prix de nombreuses pertes de temps principalement causées par les précieux outils de travail que j’ai dû laisser en classe, de même que par les déplacements. Quand une telle situation s’échelonne sur plusieurs jours, il faut ensuite mettre les bouchées doubles pour rattraper le temps perdu d’un programme très chargé.

Ce qui est aussi frustrant, c’est que la situation aurait pu s’avérer plus confortable dans notre cas. Mon école possède la fameuse ventilation mécanique dont parlait le ministre Drainville, mardi. Le problème, c’est qu’elle est dirigée à distance par le Centre de services et que ce dernier l’arrête entre 19 heures et 6 heures. La chaleur et l’humidité accumulées ne s’évacuent donc pas durant la nuit, quand le bâtiment est vide. Non seulement notre concierge de soir a-t-il suffoqué durant la dernière heure de son quart lors de trois soirées consécutives, mais tout le monde, élèves et personnel, entrait dans une école déjà chaude et humide le matin, avant même que les rayons solaires de la journée ne viennent en rajouter.

Avec la crise climatique en cours, cette situation risque de se reproduire. Les solutions existent, il faut seulement voir à les appliquer. Laisser fonctionner la ventilation lorsque nécessaire constituerait déjà un bon début, pas trop coûteux.


Dans le cours de musique

On l’attendait déjà depuis un bout de temps, le nouvel album d’Alaclair Ensemble est maintenant paru. Il a pour titre Lait paternel. La pièce que je propose cette semaine s’intitule Tikisson Woke.

Alaclair Ensemble – Tikisson Woke – Lait paternel – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Elle sera brève et date de quelques semaines, mais elle vaut la peine qu’on y consacre quelques lignes. À partir de cette saison, plus aucune bagarre ne sera tolérée dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). Les belligérants seront expulsés, alors que l’instigateur sera suspendu pour le match suivant.

Si seulement la LNH pouvait se doter du même règlement !


Billet du 26 mai 2023 : Un positionnement historique récent

L’éventuelle hausse de salaire de la députation québécoise continue de faire couler beaucoup d’encre. Après la maladresse du ministre de l’Éducation dont je faisais état sur cette page la semaine dernière, voilà que certains partis d’opposition ont, au cours des derniers jours, exprimé leur propre point de vue sur le sujet.

Québec solidaire s’est prononcé contre la hausse salariale des députés, mais devant la forte majorité gouvernementale, de qui découle le projet de loi, on a déposé un amendement visant à retarder cette action de trois ans. Du côté du Parti québécois, la position est plus compliquée et m’incite à apporter un important bémol.

  1. Le caucus du PQ partage la majeure partie des conclusions du rapport du comité visant à revoir le salaire des députés, appuyant ainsi les hausses salariales, mais désapprouve la façon dont le gouvernement de la CAQ a dirigé le dossier, notamment dans le cadre des actuelles négociations avec les employés du secteur public;
  2. Il votera conséquemment en faveur de la résolution de QS qui vise à repousser la hausse en 2026;
  3. Si l’augmentation de 30% des salaires des députés prenait effet au cours des prochaines semaines, les trois députés du PQ limiteraient leur propre augmentation à la moyenne de ce qu’obtiendraient les employées et employés de l’État lors du renouvellement des conventions collectives et verseraient le reste à des organismes caritatifs.

D’abord, je salue les positions de ces deux formations politiques, notamment celle du PQ qui se dit solidaire des travailleuses et travailleurs du secteur public. Cependant, le libellé de la déclaration de son chef m’incite à le contredire sur un point important.

Et je cite :

« Ainsi, en conformité avec le positionnement historique de notre formation politique et pour se montrer solidaires avec les travailleurs du secteur public, si le projet de loi est adopté tel quel, nous allons LIMITER la hausse de nos salaires à la moyenne de ce qu’obtiendront les travailleurs du secteur public, les infirmières et les profs. »

Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois, le 25 mai 2023.

Le « positionnement historique » du Parti québécois est-il vraiment solidaire des travailleurs du secteur public ? Dans l’histoire contemporaine du Québec, l’action la plus sordide portée contre les employées et employés de l’État fut celle de leur imposer, par décret, un an avant l’expiration des conventions collectives alors en vigueur, une coupe salariale permanente de 20 %. Et ce geste émanait d’un gouvernement du Parti québécois, en 1982.

Une baisse de revenus de 20 %, en pleine récession économique, c’est très difficile à assumer. Ce sont 320 000 personnes, de même que leurs familles, qui avaient alors fait les frais du refus du gouvernement de l’époque de hausser les impôts ou d’augmenter le déficit.

Ces 320 000 travailleurs sont maintenant retraités ou décédés. Plusieurs d’entre eux ont toutefois été mes collègues, quand j’étais en début de carrière. L’amertume demeurait bien palpable, au point où certains avaient fait le serment, malgré les nombreux changements de garde, de ne plus jamais voter pour le PQ. Et dans au moins un cas, quelqu’un à qui je parle encore aujourd’hui, cet engagement demeure, 41 ans plus tard.

Pour le dossier dont il est question depuis les derniers jours, je crois en la sincérité des trois élus péquistes. Mais dans le contexte, il faut éviter d’abuser d’un certain vocabulaire. Leur positionnement historique réfère sans doute à une histoire plutôt récente.


Dans le cours d’art dramatique

Cette semaine, pour la première fois, j’ai entendu parler de Maurice Tillet. Né en Russie de parents français, il est décédé à Chicago, en 1954, à l’âge de 51 ans. S’il a connu des heures de gloire de son vivant, il a peu à peu sombré dans l’oubli après sa mort. Il a en quelque sorte refait surface au début du 21e siècle, quand les créateurs d’un célèbre personnage animé se sont inspirés de son physique.

Atteint d’acromégalie, une maladie qui attaque l’hypophyse, Tillet était doté de mains et de pieds aux tailles disproportionnées, ainsi que d’un visage légèrement déformé. Restreint dans les moyens de gagner sa vie, il a mis ses attributs à profit en devenant lutteur professionnel. Ceci l’a dirigé vers les plus grandes villes d’Amérique du Nord, dont Montréal, où il a été sacré champion du monde chez les poids lourds.

Quel personnage a-t-il inspiré ? La réponse viendra avant le cours de musique. En guise d’indices, je laisse quelques photos ici. Plusieurs d’entre vous devineront !

Sources des photos : historydefined.net, Reddit et The Post and Courier.


Dans le cours de mathématiques

Voici quelques chiffres.

Au cours de l’année scolaire 2020-2021, 26 743 personnes enseignaient dans les écoles québécoises sans être légalement qualifiées pour le faire1. Ce nombre représente environ 25 % de tout le personnel enseignant. Une personne sur quatre. Ce sont les statistiques les plus récentes, mais si je me fie à ce que je constate sur le terrain, je demeure persuadé que la tendance à la hausse s’est poursuivie et que la proportion est maintenant plus élevée. Alors qu’il faut quatre années d’études au baccalauréat pour obtenir un brevet, un fort pourcentage d’individus en retire à peu près tous les bénéfices sans l’avoir obtenu.

Parallèlement à la pénurie de personnel enseignant, le Québec doit aussi composer avec un manque de juges dans les tribunaux2. Songerait-on à embaucher n’importe quel bachelier, à lui donner une formation accélérée de 30 heures avant de lui permettre d’entendre des causes et de rendre un verdict, le tout dans les mêmes conditions salariales que les collègues ayant été nommés après un processus rigoureux ?

Poser la question, c’est y répondre. Il y a des domaines, l’enseignement en est un, où les décisions incongrues s’acceptent plus facilement. C’est triste et dangereux.

1 Lecavalier, Charles. Le quart des enseignants non légalement qualifiés en 2020-2021. La Presse. Le 25 mai 2023.

2 Leblanc, Daniel. La Cour supérieure dépend de « miracles » au quotidien pour gérer la pénurie de juges. ici.radio-canada.ca. Le 10 mai 2023.


Dans le cours d’éducation physique

Il y a longtemps que je n’ai pas écrit sur la Ligue nationale de hockey (LNH) dans mes billets hebdomadaires. En cette année où la LNH se dotera d’une nouvelle super vedette, Connor Bedard, le Canadien de Montréal, jusqu’à il y a quelques semaines, semblait bien positionné pour repêcher un excellent joueur, en vertu d’un choix de premier tour obtenu des Panthers de la Floride dans la transaction qui avait envoyé le défenseur Ben Chiarot sous le soleil. Dans la LNH, moins on a de succès lors d’une saison, meilleur est le choix lors de la séance de repêchage qui suit.

Les Panthers sont passés très près de ne pas participer aux séries éliminatoires, ce qui aurait assuré le Tricolore d’un des 16 premiers choix. Mais voilà que, entrés dans les séries par la porte de derrière, l’équipe floridienne a remporté ses trois premières rondes et se retrouve maintenant en finale de la Coupe Stanley ! Au mieux, Montréal repêchera au 31e rang avec la sélection des Panthers. Mais les chances de voir ces derniers remporter le précieux trophée sont excellentes, ce qui conférerait le 32e et dernier tour au CH, lors de la première ronde de l’encan amateur.

Qui aurait parié là-dessus ? À peu près personne.


Dans le cours d’art dramatique, deuxième période

Bien que Dreamworks ne l’ait jamais confirmé officiellement, de nombreuses voix dans le milieu cinématographique affirment que les traits physiques de Shrek auraient été calqués sur ceux de Maurice Tillet. Mythe ou réalité ? Tirons nos propres conclusions !


Dans le cours de musique

Artiste innu originaire de Maliotenam, Shauit chante en quatre langues et compose dans plusieurs styles. Son dernier album, Natukun, sorti en avril, poursuit dans la même veine. Malgré son titre autochtone, la chanson Kanishte est écrite et interprétée en français.

C’est son vidéoclip que je vous propose, cette semaine. Toutefois, il ne sera disponible que vers 9 heures, le vendredi 26 mai. J’invite donc les plus matinaux d’entre vous à revenir le visionner. 😊

Shauit – Kanishte – Natukun – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Cette semaine, j’opte pour la diffusion d’une beauté de la vie, en guise de bonne nouvelle. Notre univers est vraiment magnifique.


Billet du 3 mars 2023 : Fin de relâche

Au moment où les premiers clics mèneront à ce billet, je me trouverai à un bureau de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), avant même son heure d’ouverture, afin d’y réaliser une transaction. Avec ce que je lis et entends depuis une dizaine de jours, j’espère ne pas m’y trouver encore quand mon billet de la semaine prochaine sera publié.


Il n’y a pas qu’à la SAAQ qu’on effectue des transactions. Avec la quantité qui a déjà eu lieu dans la Ligue nationale de hockey au cours de la dernière semaine, j’espère qu’il restera quelque chose à annoncer quand mon ami Yanick Bouchard entrera en ondes pour son émission spéciale à la date limite des échanges dans la LNH, à RDS, aujourd’hui !


J’aimerais offrir mes plus sincères condoléances à la grande famille de l’Armada de Blainville-Boisbriand, que j’ai côtoyée de 2011 à 2017 comme membre de la galerie de presse, ainsi qu’aux proches de Jocelyn Dugas, décédé subitement cette semaine. Jocelyn faisait partie de cette courte liste de personnes dont les fonctions paradoxales exigeaient à la fois une exubérance caricaturale et une discrétion exemplaire. Il accomplissait son travail avec brio.

Avec le départ du président Mario Marois, souligné quelques jours plus tôt, le décès de Jocelyn Dugas laisse un deuxième trou béant dans l’équipage de la Flotte blainvilloise boisbriannaise.


Ça passe vite, une semaine de relâche scolaire.


Dans le cours de musique

Fondée en 2004 sous le nom de Misteur Valaire, la formation musicale qui donne dans plusieurs styles s’appelle simplement Valaire depuis 2016. Ce changement de dénomination coïncidait avec la parution de son cinquième album, Oobopopop.

Le 24 février dernier, Valaire lançait son sixième opus, Jazz Futon, un projet fidèle aux variations musicales du groupe. Parmi les seize pièces de l’album, j’ai retenu BEZU, en guise de #musiquebleue pour le billet de cette semaine.

BEZU ? Lisez le mot à l’envers !

C’est bien un hommage à UZEB et à son jazz fusion. Le résultat est formidable.

Valaire – BEZU – Jazz Futon – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Un nom : Mikaël Kingsbury. L’athlète de Deux-Montagnes a inscrit un troisième doublé consécutif aux Championnats du monde de ski acrobatique, remportant l’or à l’épreuve en solo, ainsi qu’à celle des bosses en parallèle, le week-end dernier.

Combinés à sa victoire en solo en 2013 et à celle en parallèle en 2015, ces six titres acquis lors des trois derniers Championnats du monde lui procurent à ce jour huit consécrations, auxquelles s’ajoutent trois médailles d’argent et deux de bronze, depuis 2011.


Journal de vacances du 8 juillet 2022

Le Canadien de Montréal a donc jeté son dévolu sur l’attaquant Juraj Slafkovsky, avec son tout premier choix du repêchage 2022 de la Ligue nationale de hockey. Comme plusieurs, j’aurais préféré Shane Wright, mais je laisserai volontiers la chance au coureur. La nouvelle équipe de recrutement mérite qu’on lui fasse confiance.

Pourquoi aurais-je préféré Wright ? Au-delà de ses statistiques plus intéressantes sur la glace, j’admirais particulièrement ses réponses en entrevue, alors qu’il était toujours question de l’équipe d’abord et de lui ensuite. Celles de Slafkovsky, au contraire, pointaient vers sa personne en premier lieu.

Côté détermination, le regard que Wright a jeté vers la table du Canadien, au moment où il a été sélectionné par le Kraken de Seattle, ne laissait planer aucun doute : il jouera assurément de l’excellent hockey face au club montréalais.


Déformation professionnelle

Lu dans LaPresse.ca, au cours de la dernière semaine :

#LeProfCorrige, même en vacances

Quand on doit effectuer une coupure syllabique sur un mot, et que deux consonnes consécutives se trouvent entre deux voyelles, chacune de ces consonnes doit appartenir à une syllabe différente. Ici, le mot hélicoptère aurait dû être séparé après le p. Hé/li/cop/tè/re.

Quant à tactique, la coupure se situe au bon endroit.


Sur ma liste d’activités estivales

J’aurai effectué au moins quatre sorties au théâtre, avant la fin de l’été. Après avoir vu Cher Tchekhov, de Michel Tremblay, en mai, c’est la pièce Symphorien qui était inscrite à mon agenda, cette semaine. Pierre Huet et Louis Saia, 45 ans plus tard, ont succédé au regretté Marcel Gamache pour faire revivre les personnages créés par ce dernier, et magnifiquement interprétés par une équipe de comédiennes et de comédiens chevronnés, dignes de la distribution originale.

C’est au Théâtre du Vieux-Terrebonne, jusqu’à la mi-août.


Dans mes écouteurs

Wesli, de son vrai nom Wesley Louissaint, est né en Haïti, mais vit à Montréal depuis plus de vingt ans. Il a lancé cette semaine l’album Tradisyon, regroupant une vingtaine de pièces presque exclusivement enregistrées dans la langue créole. De cet album, c’est cependant un titre en français que je vous présente, cette semaine. Intitulée Le soleil descend, la chanson se veut une collaboration avec l’excellent Paul Cargnello.

Wesli – Le soleil descend – Tradisyon – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

De plus en plus de femmes obtiennent des postes de direction au sein des équipes sportives professionnelles. Quand ces femmes, en plus, sont originaires du Québec, la fierté est d’autant plus grande. Bravo à Catherine Raîche qui a été nommée directrice générale adjointe avec les Browns de Cleveland, dans la NFL.


Au cas où vous auriez manqué le regard de Shane Wright :


Billet du 25 février 2022 : Un espace bombardé, une espace sur papier

Les cours d’univers social que je donnerai à mes élèves dans les prochaines semaines risquent de prendre une tangente différente de celle prescrite par le programme. La Russie qui envahit l’Ukraine marque un important tournant dans l’histoire, comme lorsque l’Allemagne avait pris la Pologne, en 1939. On sait ce qui a suivi.

Si la communauté internationale condamne massivement les attaques russes, plusieurs gros joueurs sur l’échiquier mondial ont préféré s’abstenir. C’est le cas notamment de la Chine, de l’Iran, de l’Inde et du Brésil. Une des origines du conflit est la demande d’obtention d’un siège pour l’Ukraine à l’OTAN. Si ce privilège lui avait été accordé, tous les pays membres auraient eu l’obligation de la défendre contre toute attaque d’un autre pays. Il est probable que Vladimir Poutine ait misé sur le fait que l’absence de cette représentation fournirait une excuse parfaite pour rester chez eux aux états frileux de s’en prendre à lui.

Après les premières salves russes, le Canada a annoncé que 120 soldats de la base militaire de Valcartier allaient être déployés en Lettonie, pays voisin de l’Ukraine, se joignant ainsi aux centaines d’autres membres des Forces armées canadiennes déjà présents dans la région.


Et je cite :

« Prendre le parti de Poutine, de quelque manière que ce soit, c’est prendre le parti d’un ennemi de la paix. »

Dan Rather, journaliste et animateur à la retraite, le 24 février 2022.

Dans le cours de français

Le mot espace est-il masculin ou féminin ? Prenez le temps d’y penser.

Dans un précédent billet, j’expliquais que les mots amour, délice et orgue devaient être accordés au masculin lorsqu’employés au singulier, mais au féminin quand ils prennent le nombre pluriel.

Voir mon billet du 28 août 2020.

Il existe certains mots dont le genre varie selon le contexte. Ainsi, orge sera féminin, sauf lorsqu’il est question d’orge perlé, qui prendra alors le genre masculin. L’hymne national d’un pays est masculin, mais l’hymne que l’on chante à Dieu est accepté dans les deux genres. Oeuvre est généralement féminin, mais il faut le voir au masculin dans un contexte d’art, d’architecture ou d’alchimie. Quant au mot espace, la plupart des dictionnaires lui confèrent un genre masculin dans tous les contextes, sauf en typographie. Ainsi, entre deux mots, sur un texte imprimé, on trouvera une espace.

Il existe aussi une multitude d’autres mots qui portent les deux genres. Nous les aborderons la semaine prochaine.


Dans le cours d’éducation physique

Je me réjouis en constatant l’excellent travail effectué par Samuel Montembeault, avec le Canadien de Montréal. J’ai eu l’occasion de le rencontrer et de l’interviewer à plusieurs reprises lors de ses années passées dans le hockey junior, toutes avec l’Armada de Blainville-Boisbriand. Il se distinguait comme l’un des meilleurs gardiens de but de la LHJMQ et en tant que personne fort sympathique.

Repêché par les Panthers de la Floride en 2015, il n’a jamais vraiment réussi à s’imposer avec l’équipe. Le Canadien l’a réclamé au ballotage l’automne dernier, suite à l’annonce du retrait de la compétition de Carey Price. La blessure de Jake Allen l’a ensuite établi comme gardien numéro un pour la saison. Malgré les déboires du club montréalais, Montembeault a su conserver d’excellentes statistiques devant son filet, remportant la Coupe Molson pour le mois de janvier.

Mercredi soir, il a obtenu son premier blanchissage en carrière, bloquant les 32 tirs des Sabres de Buffalo dans une victoire de 4-0 du CH. Avec ses performances de la saison, Samuel vient probablement d’assurer son avenir dans la LNH. Si le Canadien ne retient pas ses services au terme de la présente campagne, je demeure persuadé qu’une autre formation lui ouvrira la porte.

Plusieurs gardiens du Canadien ont obtenu des jeux blancs, au cours des précédentes saisons. À quand remonte la dernière fois qu’un portier québécois en avait réussi un dans l’uniforme tricolore ? Réponse après la bonne nouvelle de la semaine.


Dans le cours de musique

Une collaboration entre Corneille et Les Louanges peut paraître improbable, mais loin de sembler inintéressante. Dans Crash, pièce de l’album du même titre, Vincent Roberge, alias Les Louanges, nous offre ce plaisir. La voici en #musiquebleue.

Les Louanges (avec Corneille) – Crash – Crash – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

C’est plus qu’un cliché, c’est une réalité : il faut croire en ses rêves. Et la persévérance est la noblesse de l’obstination. Pierre Normandin s’est fixé un objectif et a tout mis en œuvre, sans découragement, pour l’atteindre. Aujourd’hui, il y a du fleurdelysé dans les blocs LEGO.

Enfant, Pierre Normandin s’amusait ferme avec ce jouet, sans se douter que sa créativité le mènerait un jour jusqu’à cette entreprise. Géographe de formation, c’est dans ce domaine, à l’emploi de plusieurs instances municipales, qu’il a œuvré la majeure partie de sa carrière. À la fin des années 1990, alors qu’Internet se trouvait en plein essor, il a joint quelques groupes d’adeptes du LEGO, en plus d’en fonder un pour le Québec.

Entre 2004 et 2008, Normandin a frappé trois fois à la porte de l’entreprise située au Danemark. Il y a rencontré des dizaines de cadres, à qui il a présenté son portfolio. Invité à créer une structure de son choix à partir d’un bac de blocs, le Québécois a ainsi reçu une convocation pour une entrevue formelle, au bout de laquelle on lui a offert l’emploi de ses rêves. Embauché comme concepteur débutant, il a acquis huit ans plus tard, le titre de concepteur sénior.

Établi à Billund, au Danemark, depuis 2008, Pierre Normandin vit maintenant de sa passion d’enfance.

Accéder à la page Linkedin de Pierre Normandin.


Mercredi soir dernier, Samuel Montembeault est devenu le premier gardien de but québécois en 17 ans à obtenir un blanchissage dans l’uniforme du Canadien de Montréal. Le précédent avait été réussi en 2005, par Yann Danis.


Billet du 18 février 2022 : Logan, Kamila et les intérêts supérieurs

Je ne peux m’empêcher d’établir un parallèle entre la jeune patineuse Kamila Valieva et le plus récent choix de première ronde du Canadien de Montréal, Logan Mailloux. Dans les deux cas, de hauts responsables ont rendu des décisions susceptibles de compromettre la suite de leur carrière.

Kamila a 15 ans et a échoué un test antidopage avant les Jeux olympiques. Logan avait 17 ans lorsqu’il a été dénoncé pour distribution de photos de nature sexuelle, sans le consentement de la personne concernée. C’est en raison de son jeune âge qu’on a permis à Kamila de demeurer aux Jeux, malgré le fait que l’enquête se poursuive. Logan avait personnellement communiqué avec les équipes de la LNH pour leur demander de ne pas le repêcher en 2021, le temps qu’il gère sa réhabilitation.

Avec pour résultat que Kamila, bien placée pour obtenir une médaille d’or, a croulé sous la pression et a complètement raté sa sortie en patinage artistique. Devant le monde entier, elle s’est montrée inconsolable. Si on l’avait disqualifiée, rien de tout cela ne se serait produit. La tache à son dossier se serait effacée plus vite que son humiliation.

Quant à Logan, le Canadien n’a pas respecté sa demande et l’a repêché. Jusque là, à peu près personne n’avait eu vent de ses agissements hors glace. À partir de là, tout le monde l’a appris et sa ligue lui a imposé des sanctions supplémentaires.

Ces deux athlètes sont jeunes et bourrés de talent. Parce que des adultes ont pris de mauvaises décisions, ils ont été plongés dans l’embarras et ne s’en sortiront peut-être pas. J’espère qu’on saura en tirer des leçons. L’avenir des jeunes doit toujours passer avant les intérêts pécuniaires.


Dans le cours de français

Qui donc possède un accent, les Français ou les Québécois ?

Dans une capsule diffusée par France Culture, l’historien Gérard Noiriel indique, à juste titre, qu’il est ethnocentrique que d’affirmer que telle ou telle population s’exprime avec un accent. Tous les parlers possèdent leurs déclinaisons et les élocutions diffèrent même d’une région à l’autre. On en compte quelques dizaines sur le seul territoire québécois.

Noiriel rappelle également ce que tous les linguistes savent, c’est-à-dire que le français parlé au Québec ressemble beaucoup à celui qui s’exprimait à Paris jusqu’au 17e siècle. En ce sens, et il l’affirme, ce sont plutôt les Français qui ont fini par prendre un accent.

Écouter la capsule de Gérard Noiriel sur France Culture


Dans le cours de français, deuxième période

Au-delà de l’accent, il y a la qualité de la langue. L’Office québécois de la langue française a longtemps et souvent été critiqué pour ses excès de zèle, mais force est d’admettre que plusieurs anglicismes, au cours des dernières décennies, ont grâce à lui été remplacés dans l’usage par les bonnes expressions françaises. C’est tout le contraire qui se produit de l’autre côté de l’Atlantique, alors que l’anglais est en train de ravager tout l’espace publicitaire de l’Hexagone.

Il était temps que l’Académie française rappelle tout le monde à l’ordre, cette semaine. Dans un rapport de 31 pages, à l’intérieur duquel elle dénonce les lignes publicitaires truffées d’anglicismes d’un grand nombre d’entreprises et d’organismes du pays, elle exhorte également les responsables à «tenir compte de la réalité sociale», dans le cadre d’une communication «claire et efficace».

Elle se montre sévère envers les entreprises de communication et les diffuseurs : « La communication actuelle est caractérisée par une dégradation qu’il est essentiel de ne pas considérer comme une fatalité. Il est de la responsabilité mais aussi de l’intérêt de ceux qui disposent des canaux d’information et de diffusion de veiller à redonner à la communication institutionnelle la qualité et l’efficacité que l’ensemble des publics est en droit d’attendre. Ils disposent des moyens de renverser la tendance actuelle. »

Je m’en réjouis.

Lire le rapport de la commission d’étude sur la communication institutionnelle en langue française, de l’Académie française


Dans le cours de musique

J’avais hâte d’entendre du nouveau matériel de Benoit Pinette, alias Tire le coyote. C’est le 11 février dernier que son plus récent album, Au premier tour de l’évidence, a vu le jour. J’ai pu l’écouter en entier et je n’en pense que du bien !

Si le falsetto de l’auteur-compositeur-interprète peut déranger l’ouïe de certaines personnes, sa poésie et ses mélodies s’intègrent parfaitement à mes goûts musicaux. Voici donc, en musique bleue, la pièce titre de l’album.

Tire le coyote – Au premier tour de l’évidence – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Il est des choses que l’on souhaite au plus profond de notre être. Quand une série de résultats surpasse l’ensemble de ces attentes, la plénitude qui s’ensuit apporte son lot de joie et de moments de bonheur. Un fil conducteur relie ce genre d’éléments, cette semaine. Il a pour nom Charles Hamelin.

Il vient de clore sa cinquième et dernière participation à des Jeux olympiques d’hiver. Il l’a fait de brillante façon en remportant une sixième médaille, une quatrième en or. Déjà, c’est une gloire personnelle et une fierté collective qui rejaillissent sur l’ensemble d’un pays. Si on ajoute une touche technologique du diffuseur télévisuel, l’exaltation comble tant l’athlète et sa famille que les témoins de la scène.

Créant l’illusion que les trois se trouvaient dans la même pièce, Radio-Canada a virtuellement réuni Hamelin, à Pékin, avec sa conjointe Geneviève Tardif et leur fille, à Montréal. Ceci a donné lieu à un moment de télé des plus touchants.


Journal de vacances du 30 juillet 2021

Je soupçonne que Marc Bergevin, le directeur général du Canadien de Montréal, s’imaginait que son choix controversé, en première ronde du repêchage de la LNH, allait créer une commotion qui monopoliserait l’espace médiatique durant 24 heures, 48 tout au plus. Erreur. Une semaine plus tard, le sujet fait toujours couler beaucoup d’encre et le propriétaire de l’équipe, Geoff Molson, a dû présenter des excuses publiques après avoir assumé la responsabilité de la décision.

Le joueur repêché, Logan Mailloux, aujourd’hui âgé de 18 ans, a diffusé des photos de nature sexuelle sans le consentement de la jeune femme impliquée, l’an dernier.

Ce que j’en pense personnellement se résume simplement. Je suis père d’une fille de 22 ans et d’un fils de 18 ans. Si la victime était ma fille, je serais sans pitié pour l’agresseur et utiliserais tous les moyens légaux pour qu’il s’en souvienne pour le reste de son existence. Si le coupable était mon fils, je m’assurerais qu’il comprenne la gravité de son geste, qu’il répare ce qu’il est possible de réparer, et je souhaiterais ensuite qu’il puisse vivre sa vie le plus normalement possible.

Deux poids, deux mesures ? Peut-être. Mais c’est en me plaçant dans la peau des parents des deux personnes impliquées que j’ai pu analyser le tout d’un point de vue objectif. Et dans les deux cas, je suis fâché contre le Canadien. Si je suis le père de la jeune femme, j’ai l’impression que le drame vécu par ma fille est banalisé par l’équipe de hockey la plus prestigieuse au monde. Si je suis le père de Logan Mailloux, je constate l’ampleur de la médiatisation du geste de mon fils et je réalise qu’il ne vivra probablement jamais une carrière de hockeyeur digne de son talent parce que, contrairement à plusieurs criminels, il lui sera très difficile de s’amender.

Pour Marc Bergevin, Geoff Molson et Trevor Timmins, il s’agit au mieux d’un mauvais calcul. Et au pire, d’une terrible erreur de jugement.


Lecture de vacances

J’achève la lecture de Chips! Peanuts! Cracker Jacks! 24 histoires savoureuses des Expos, du journaliste Frédéric Daigle. Lecture légère d’été pour l’enseignant en vacances et grand amateur de baseball que je suis. L’auteur a recueilli les témoignages de 24 personnes ayant gravité dans le giron de l’équipe montréalaise, au cours de ses 35 années d’existence, et les a rassemblés en autant de chapitres d’un même ouvrage. Parmi les gens interviewés, notons Roger D. Landry, décédé quelques mois plus tard.

En raison du titre, je croyais y découvrir une série d’anecdotes plus ou moins cocasses, de même que quelques potins. Je me trompais. Le bouquin relate plutôt les coulisses de plusieurs histoires touchant l’équipe. Il lève ainsi le voile sur les causes et les conséquences d’une foule d’événements connus du public, mais dont les détails étaient demeurés secrets. Si quelques passages font sourire, ce sont plutôt des querelles, des malaises et des drames qui constituent la majeure partie du contenu du livre. On y trouve aussi quelques règlements de comptes.

Si je n’ai relevé aucune erreur d’orthographe à travers les pages, je dois malheureusement admettre que la construction de plusieurs phrases laisse à désirer. 

Chips ! Peanuts ! Cracker Jacks ! 24 histoires savoureuses des Expos;
Auteur : Frédéric Daigle;
Les Éditions de l’Homme;
270 pages.

Déformation professionnelle

À propos des fautes d’orthographe et de phrases mal construites, deux erreurs évidentes m’ont sauté au visage, cette semaine, sur les sites des deux principaux réseaux de sports québécois. Plusieurs jours plus tard, ces erreurs n’ont toujours pas été corrigées.

D’abord, dans le deuxième paragraphe d’un article publié sur le site de TVA Sports, on pouvait lire ceci :

Source : TVA Sports

Lien vers l’article

Ici, on aurait dû lire «Il n’y a eu aucune discussion avec Montréal», sans marques du pluriel. Dans ce contexte, aucune signifie pas une. Le nom discussion et son déterminant doivent alors être employés au singulier.

Ensuite, le onzième paragraphe d’un texte diffusé sur RDS.ca se lisait ainsi :

Source : RDS

Lien vers l’article

On a droit à une erreur de conjugaison, ici. «Marc-André (…) renforce notre défensive…», il ne la renforcit surtout pas ! Le verbe renforcer, employé à la 3e personne du singulier de l’indicatif présent, se lit il/elle/on renforce.

#LeProfCorrige (même en vacances).


Dans mes écouteurs

Je vous propose un bon hard rock québécois, cette semaine. Le duo Rouge pompier, réunissant Alexandre Portelance et Jessy Fuchs, a déjà lancé trois albums : Kevin Bacon, Chevy Chase et Neve Campbell. On voit que les deux amis ne manquent pas d’humour ! C’est sur le troisième opus qu’on retrouve la plage Gaetan Mouillé, que vous pouvez entendre aujourd’hui. C’est une belle pièce d’été.

Rouge pompier – Gaetan Mouillé – Neve Campbell – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Au moment où j’écris ces lignes, le Canada a remporté 11 médailles aux Jeux olympiques de Tokyo. Six de ces médailles ont été remportées dans des compétitions individuelles, les cinq autres, en équipes. La particularité est qu’il n’y a jusqu’à présent aucun médaillé olympique canadien. Il n’y a que des médaillées olympiques canadiennes !

La bonne nouvelle, c’est que cette prestation aidera sûrement nos athlètes féminines à enfin obtenir des commandites se rapprochant un tant soit peu de celles dont bénéficient leurs camarades masculins. 

Pour le reste, bravo à tous nos athlètes.


Et je cite :

« L’amour et le soutien débordants que j’ai reçus m’ont fait réaliser que je vaux plus que mes réalisations et la gymnastique, ce à quoi je n’avais jamais vraiment cru auparavant. »

Simone Biles, gymnaste américaine, après son retrait en pleine compétition pour des raisons de santé mentale, le 28 juillet 2021.

Journal de vacances du 23 juillet 2021

Je suis de retour d’un ermitage de trois jours dans une réserve faunique de la Mauricie. Pas de téléphone, pas d’Internet, pas de moteurs sur le lac. Seulement la verdure, l’air pur et les sons de la nature. On dit que les enseignants se sont retrouvés en convalescence, et non en vacances, à la fin des classes. Cette convalescence, pour moi, est maintenant terminée. Je peux désormais passer aux vacances, aux vraies.


Sur mon écran

Je n’ai pas encore regardé les premières épreuves des Jeux olympiques de Tokyo. Je commencerai assurément au cours des prochains jours. Une nouvelle est toutefois venue marquer le monde du sport et des médias, cette semaine. Après 10 années de télédiffusion francophone à TVA Sports, les matchs et événements impliquant la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) et la Ligue canadienne de hockey (LCH) retourneront au Réseau des sports (RDS), dès la prochaine saison.

Autant j’ai pu critiquer l’équipe de TVA Sports pour la diffusion des matchs de la LNH, depuis les débuts de la station, autant je n’ai que de bons mots pour ceux qui y ont assuré la couverture des activités de la LHJMQ. Mes six saisons passées sur la galerie de presse du Centre d’excellence sports Rousseau, domicile de l’Armada de Blainville-Boisbriand, m’ont permis de côtoyer les Sébastien Goulet, Steven Finn, Alain Chainey et Mikaël Lalancette. Ce sont des gens très professionnels, en plus d’être de très chics types.

Il n’existe cependant aucun doute à mon esprit quant aux qualités de celles et ceux qui reprendront le collier, à RDS. Les compétences de Stéphane Leroux et d’Andrée-Anne Barbeau sont connues et reconnues. Je demeure persuadé qu’ils entreront dans la danse.


Lecture de vacances

J’ai commencé la lecture de Georges Vézina, l’Habitant silencieux, de Mikaël Lalancette, il y a déjà quelques mois. Avec la fin de l’année scolaire et les nombreuses autres lectures que j’ai dû effectuer pour les besoins de ma formation en psychopédagogie, je m’étais vu forcé de le mettre de côté, avant de le reprendre pour le compléter, cette semaine. 

Il s’agit de la vie de Georges Vézina, gardien de but et première grande vedette du Canadien de Montréal. Originaire de la région du Saguenay, il a laissé son nom à un aréna de la région, à plusieurs artères dans des municipalités québécoises, ainsi qu’au trophée remis annuellement par la LNH à son meilleur gardien de but de la saison. Alors qu’il était en pleine gloire, Vézina a succombé à une tuberculose en 1926, à l’âge de 39 ans.

Avec ses nombreuses recherches pour la rédaction de ce bouquin, l’auteur a abattu une besogne de moine. En fait, l’ouvrage fournit tout le contenu qui pourrait s’avérer nécessaire à un scénariste désirant l’adapter pour le cinéma ou la télévision.

Non seulement ai-je apprécié ce livre de Mikaël Lalancette, j’en recommande la lecture. Il met en lumière un pan oublié de l’histoire sportive du Québec. Captivante et riche, cette biographie ? Absolument ! Le voyage dans le temps recèle plusieurs magnifiques surprises.


Mon coup de gueule

Jeff Bezos est à la tête d’Amazon, la géante du commerce en ligne. L’entreprise a été pointée du doigt, au printemps, après que des employés se soient plaints d’être obligés d’uriner dans des bouteilles parce qu’on les empêchait de prendre quelques minutes de leur quart de travail pour passer à la salle de bain.

Jeff Bezos s’est offert un voyage dans l’espace, en début de semaine. En ces temps de changements climatiques, de pollution et de recherche de solutions aux énergies fossiles, il a répandu une grande quantité de carburant dans la stratosphère.

Lorsqu’il est revenu sur terre, au sens propre de l’expression, Jeff Bezos a poussé l’indécence jusqu’à remercier les employés et les clients d’Amazon, car ce sont eux qui ont « payé pour tout cela ».

Lorsque j’ai entendu cette nouvelle, une bande dessinée de Serge Gaboury, publiée il y a longtemps dans la défunte revue Croc, m’est revenue en tête. Une recherche sur Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) m’a permis de la retrouver. La voici :

Serge Gaboury – Croc numéro 45 – Avril 1983

Peu importe le qualificatif que vous donnerez à cette bande dessinée, le même peut s’appliquer à Bezos.


Et je cite :

« Il y a peut-être un problème avec un système économique qui permet à une poignée de milliardaires de gonfler massivement leur richesse durant une pandémie et de tournoyer dans l’espace à l’intérieur de fusées spatiales, pendant que des millions de personnes peinent à maintenir un toit au-dessus de leur tête dans le pays le plus riche de la planète. »

Bernie Sanders, sénateur américain, le 22 juillet 2021.

Dans mes écouteurs

L’artiste s’appelle Samuël Jean et il a lancé son premier mini-album, Funambule, en mars. Un son folk rock québécois qui n’est pas sans rappeler celui des Parfaits salauds, dans les années 1990. Des six titres, Gamin est mon préféré, tant pour les paroles que pour la mélodie et les arrangements. C’est ce que je vous propose en #musiquebleue.

Samuël Jean – Gamin – Funambule – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Le Canada figure parmi les meneurs de tous les pays de la planète pour le taux de vaccination contre la COVID-19. Seulement sept pays ont atteint un taux de vaccination de 70 % de leur population et, depuis cette semaine, nous sommes du nombre.

Qui plus est, plus de la moitié (52 %) de la population canadienne a maintenant reçu ses deux doses du vaccin, ce qui nous classe parmi un groupe restreint de 15 pays.

Actuellement, c’est 26 % de la population mondiale qui a reçu au moins une dose de vaccin.

Dans le graphique ci-dessus, le vert foncé indique les pourcentages des populations ayant reçu les deux doses, alors que le vert pâle affiche les proportions de celles et ceux n’ayant reçu que la première.