Billet du 24 février 2023 : Histoire d’eau

L’été dernier, des camions-citernes avaient dû alimenter en eau plus d’une centaine de communes françaises, les nappes phréatiques, fournissant les deux tiers de l’eau potable, ayant atteint un niveau historiquement bas. La situation s’annonce encore plus inquiétante pour cette année.

Alors que les précipitations de l’automne et de l’hiver permettent généralement aux nappes de se remplir, plus des trois quarts de celles de France demeurent sous les normales mensuelles. 1 Cela signifie qu’à moins d’un mois de mars exceptionnellement pluvieux, la pénurie d’eau potable touchera une plus grande partie du territoire à l’été 2023, inscrivant ainsi un autre record historique. Et si les canicules des dernières années reviennent accabler les populations européennes, la situation pourrait s’annoncer très difficile chez nos cousins.

Au Nord de l’Amérique, nous avons le privilège de résider sur des terres baignées par des quantités de cours d’eau, desquelles nous puisons cette source de vie. Il n’y a rien d’inquiétant ici à ce chapitre, du moins pour l’instant. Mais rappelons-nous que les changements climatiques surviennent rapidement et que leurs conséquences bouleversent toute la planète. Évitons le gaspillage et protégeons nos ressources.

1 Nappes d’eau souterraine au 1er janvier 2023. Gouvernement français. Le 13 janvier 2023.


Dans le cours de français

C’est aujourd’hui, 24 février, qu’on souligne le premier anniversaire de la guerre en Ukraine. Dans un contexte orthographique, doit-on écrire les un an de l’événement ou les un ans de l’événement ?

Avec un autre nombre, on ne s’interrogerait pas : on célèbrera les trente ans de La petite vie en tournant de nouveaux épisodes. Avec trente, le nom an doit s’inscrire au pluriel. Mais dans l’exemple du paragraphe précédent, où deux déterminants, un pluriel et l’autre singulier précèdent le nom, avec lequel doit-on accorder ce dernier ?

Il faut ici écrire les un an, en conservant an au singulier. Comme il s’agit d’une seule année écoulée, le singulier doit l’emporter.


Dans le cours de français, deuxième période

Le polémiste Jeff Fillion publie beaucoup sur Twitter. Et ses fautes de français sont nombreuses. La tentation s’est souvent montrée forte de les corriger ici, mais l’effet pervers aurait alors été de donner une certaine importance à ses insanités, qui volent généralement plus bas que ses erreurs orthographiques et grammaticales. Comme une fois n’est pas coutume, je le ferai cette semaine.

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire recevoir, sans la cédille sous le c. Français de premier cycle du primaire, Jeff.

J’aurais aussi préféré lire emploi à la place de job, de même que groupe au lieu de gang, mais les deux anglicismes choisis par Fillion sont quand même admis dans nos dictionnaires.


Dans le cours de musique

Depuis vingt ans, ils s’amusent et font ce qu’ils aiment, c’est-à-dire des reprises et des compositions originales pop rock, avec un son rappelant la belle époque du new wave. Le groupe Les Incendiaires, créé par Rudy Berhnard et Frédéric Otis, s’inspire de toute évidence des notes musicales d’Indochine et de The Cure.

Son plus récent album, In abstracto, est disponible depuis le 17 février dernier. Troisième plage parmi les douze qu’il contient, voici, en #musiquebleue, Le parfum du Tao.

Les Incendiaires – Le parfum du Tao – In abstracto – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Il n’y a pas lieu de se réjouir quand une personne perd quelque chose d’aussi précieux que sa liberté. Si on est une victime réelle ou potentielle d’un acte criminel que cette personne a posé, par contre, on est en droit de ressentir un soulagement si on obtient confirmation qu’elle sera hors d’état de nuire pour un certain temps.

En écrivant ces lignes, je pense aux victimes de Harvey Weinstein, qui ont vu cette semaine 16 années de prison s’ajouter aux 23 qu’il purge déjà. J’arrête ici.


Déjeuner en paix

Stephan Eicher – Déjeuner en paix – Hôtel S

Billet du 17 février 2023 : Des adultes persévérants pour amener les jeunes à persévérer

C’est aujourd’hui que prennent fin les Journées de la persévérance scolaire, pour l’année 2023. En fait, c’est aujourd’hui que se terminent les activités annuelles visant à les souligner, parce que la cause, elle, doit être promue de septembre à juin.

Cette année, pour la première fois, c’est à titre de conférencier que j’ai pu m’impliquer dans l’événement. À l’invitation du psychopédagogue Richard Robillard, lui-même convié par l’Instance régionale de concertation de la Montérégie (IRCM), deux autres enseignants et moi avons débattu, durant deux heures, de l’importance qu’occupe la persévérance des adultes dans l’influence de celle des jeunes, devant les acteurs scolaires, économiques et communautaires de la région.

Selon ce que j’ai mentionné, développer la persévérance chez les élèves nécessite trois ingrédients essentiels : un lien d’attachement avec l’adulte, un sentiment de sécurité dans l’environnement scolaire et une bonne coopération entre tous les intervenants. Lorsque tout est établi, on peut commencer à travailler la persévérance des jeunes.

Mais la mise en place de ces trois éléments nécessite temps et efforts. Il faut donc des adultes persévérants pour amener les jeunes à persévérer. Le travail doit d’abord se faire sur nous-mêmes.


Dans le cours de français

Quand un élan déjà entrepris continue sa poussée, parle-t-on d’un air d’aller, d’une ère d’aller ou d’une erre d’aller ? Bonne question.

Il faut d’abord savoir que l’expression se veut typiquement québécoise et n’est guère utilisée dans le reste de la francophonie. Pour connaître la bonne orthographe, il suffit d’analyser les mots qui la composent. Premièrement, air est de genre masculin, alors qu’ère et erre sont féminines.

Air peut désigner au moins trois éléments, soit le gaz qu’on respire, une mélodie ou l’apparence d’une personne. Dans les trois cas, on s’éloigne de l’élan ou de la poussée.

Une ère constitue un espace de temps ou une époque. Rien à voir avec une force de propulsion.

Quant à erre, elle définit la vitesse résiduelle par laquelle un véhicule ou un bateau continue d’avancer, alors qu’il n’est plus propulsé ou tiré par une autre force. Tiens, tiens. C’est aussi le seul des trois mots à partir duquel on peut former un verbe, soit errer, qui peut prendre deux significations. Outre commettre une erreur, errer réfère à un déplacement sans but précis. Il s’agit donc d’un mouvement sans grande poussée, cette fois au sens figuré.

L’erre d’aller est donc la bonne chose à écrire. Et on l’emploie au féminin.


Dans le cours de musique

«La solastalgie est une forme de souffrance et de détresse psychique ou existentielle causée par les changements environnementaux passés, actuels ou attendus, en particulier concernant la destruction des écosystèmes et de la biodiversité, et par extension le réchauffement climatique.» (Source : Wikipédia)

Solastalgie est également le nom d’un projet musical initié par Jérôme Dupras, bassiste du groupe Les Cowboys fringants, accompagné par Jérôme Dupuis-Cloutier et Guillaume St-Laurent. Regroupant huit plages instrumentales composées sous la trame de l’écoanxiété, la première compilation du trio est parue il y a tout juste une semaine. En #musiquebleue, voici la pièce titre de l’album éponyme.

Solastalgie – Solastalgie – Solastalgie – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Il fut une époque où on ne mangeait que des légumes de saison, au Québec. Ce qui signifie que le nombre de végétaux pouvant être consommés en hiver et au printemps s’avérait plutôt limité. Puis, des techniques de conserves se sont développées, ce qui a permis à nos ancêtres d’étirer le plaisir pour quelques mois supplémentaires.

Depuis quelques générations, l’évolution des moyens de transport nous permet de savourer à peu près tous les fruits et légumes, y compris ceux qu’on peut qualifier d’exotiques, durant toute l’année.

Puis, il y a une dizaine de jours, un reportage de Radio-Canada est venu démontrer qu’à partir d’abris d’automobiles, on pouvait cultiver certains légumes même en hiver, sans autre chauffage que les rayons de soleil frappant les parois de plastique. Malgré le froid extérieur, la température sous la bâche est naturellement maintenue au-dessus du point de congélation, permettant à des légumes robustes, comme la laitue ou le radis, de croître.

Des abris d’auto pour faire pousser des légumes verts en hiver. Radio-Canada. Le 7 février 2023.


Billet du 10 février 2023 : Déjeuner en paix

«J’abandonne sur une chaise le journal du matin
Les nouvelles sont mauvaises d’où qu’elles viennent»

Cette chanson de Stephan Eicher a joué en boucle dans ma tête, tout au long de la semaine. L’actualité me l’inspirait chaque matin, avant même les premières lueurs, en écoutant les informations.

«Je vais à la fenêtre et le ciel ce matin
N’est ni rose ni honnête pour la peine»

Pendant qu’un an plus tard la population ukrainienne continue de lutter pour repousser les attaques russes, au moins deux ballons-espions chinois ont été repérés dans les cieux des Amériques. Les États-Unis, après en avoir abattu un, ont émis la conclusion qu’il faisait partie d’une flotte comprenant une quarantaine d’engins du genre, capables de capter et de géolocaliser des communications sur cinq continents.1

«Cette fois je ne lui annoncerai pas
La dernière hécatombe»

Au moment où j’écris ces lignes, les séismes qui ont secoué la Turquie et la Syrie, lundi, auraient fait un minimum de 21 000 morts et 68 000 blessés, selon Reuters.2 Pour des raisons strictement politiques, Bachar el-Assad empêche l’aide humanitaire internationale de franchir ses frontières pour venir au secours de la population syrienne.3

«Est-ce que tout va si mal?
Est-ce que rien ne va bien?
L’homme est un animal, me dit-elle»

À propos de l’animal, après Paris et New York, c’est maintenant au tour de Montréal d’être infestée par les rats.4

Et pour garnir le tout, l’innommable tragédie de Laval.5

«Plus rien ne la surprend sur la nature humaine
C’est pourquoi elle voudrait enfin si je le permets
Déjeuner en paix»

Le grand Doris Lussier a dit un jour que la seule chose qui manquait à son bonheur était celui de tous les autres. C’est un peu ce que je ressens. Oui, déjeuner en paix, dans le sens le plus propre de l’expression. Je nous le souhaite.

Merci, Stephan Eicher.

1 Le ballon chinois abattu était «clairement» équipé d’outils d’espionnage, selon les États-Unis. Le Figaro. Le 9 février 2023.

2 Séismes de 2023 en Turquie et Syrie. Google.

3 Séisme : les secours bloqués dans la Syrie de Bachar el-Assad. LCI sur YouTube. Le 7 février 2023.

4 Les rats pullulent à Montréal. Radio-Canada. Le 30 janvier 2023.

5 Drame de la garderie de Sainte-Rose à Laval. Google Actualités.


Dans le cours de français

Y a-t-il une faute dans cette publication d’Éric Duhaime ?

Eh bien non ! La personne qui a porté ceci à mon attention se demandait si M. Duhaime n’aurait pas dû écrire la lettre que j’ai faite parvenir, étant donné que le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir s’accorde généralement avec le complément direct si celui-ci est placé avant le verbe, comme c’est le cas ici. Il importe cependant de préciser que ce même participe passé doit demeurer invariable s’il est suivi d’un verbe à l’infinitif, comme c’est également le cas dans ce libellé. Qu’elle est belle notre langue, avec toutes ses complications ! Le chef conservateur québécois a donc bien rédigé cet extrait.

En fait, un peu plus bas, il aurait été préférable d’écrire du professeur de l’Université Laval, mais l’utilisation de la préposition à, dans ce contexte, ne constitue pas une faute.


Dans le cours de musique

Si j’avais possédé les talents d’un auteur-compositeur, je les aurais exploités comme le fait David Höff ! J’aurais lâché mon fou en conjuguant des paroles absurdes avec de la musique rock, en plus de jouer à l’hurluberlu dans mes entrevues avec les médias.

De son récent premier album 40th Deluxe Edition, qu’il jure avoir écrit en 1982, voici Modèle européen.

David Höff – Modèle européen – 40th Deluxe Edition – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Il est toujours agréable, du moins pour moi, de voir des Québécoises et des Québécois s’illustrer sur la scène internationale. Surtout lorsqu’ils y parviennent en franchissant les barrières de milieux plutôt fermés.

Après Serban Ghenea, Daniel Lanois, Céline Dion, Walter Ostanek, Kaytranada, Leonard Cohen, Arcade Fire et François Girard, le maestro Yannick Nézet-Séguin est devenu, dimanche dernier, le neuvième artiste québécois à remporter un prix Grammy. Au surplus, il s’en est vu octroyer un deuxième au cours de la même soirée.

Comme directeur musical des orchestres et des chœurs du Metropolitan Opera, il a d’abord reçu le Grammy du Meilleur enregistrement d’opéra pour Fire Shut Up in My Bones. Puis, comme pianiste-accompagnateur de Renee Fleming, on lui a remis celui du Meilleur album solo vocal classique pour Voice Of Nature — The Anthropocene.

Un prix Grammy est déjà difficile à remporter, particulièrement pour quelqu’un qui est né hors du pays de l’Oncle Sam. Accomplir l’exploit, deux fois plutôt qu’une, dans un domaine comme l’opéra, tient du remarquable.


Stephan Eicher – Déjeuner en paix – Hôtel S

Billet du 3 février 2023 : Dans une forme majuscule

«Comment vas-tu?» est une question à laquelle je réponds quotidiennement. Je vais bien. Je vais même très bien.

Mon passeport demeurera en règle pour encore quelques années. À court terme, je n’aurai donc pas à m’engager dans des démarches compliquées et interminables pour le renouveler. Aussi, je pratique une profession dont le salaire, bien que non indexé à l’inflation, me permet toujours de me procurer les denrées alimentaires essentielles, incluant des fruits et des légumes. J’occupe justement un emploi, ce qui fait que je n’ai pas à m’embourber dans les méandres congestionnés du système d’assurance-emploi.

Tous les membres de ma famille bénéficient actuellement d’une bonne santé. Il en est de même pour moi. Je n’ai donc pas à affronter un milieu hospitalier dont les ressources déclinent et s’amenuisent, et qui croule sous une pression insoutenable.

Je possède une maison que je suis capable de payer, parce qu’achetée à un prix abordable, il y a dix ans.

Oui, je vais bien, tout en étant conscient que je demeure, du moins pour l’instant et pour toutes ces raisons, dans une classe privilégiée. Ajoutons que je dispose encore de mille motifs pour rire et sourire, tous les jours, et que mon entourage démontre très adéquatement sa présence et son attention.

Serai-je en mesure d’écrire la même chose le mois prochain ou dans un an ? On verra. Développer ma pleine conscience constitue l’une de mes plus belles réalisations des deux dernières années.

Aujourd’hui, je vais très bien.


Dans le cours de français

En chronique à Rouge FM, cette semaine, Jean-René Dufort y est allé d’une critique des incongruités de la langue française, à travers un discours dont j’aurais aimé être l’auteur ! Si vous disposez de cinq minutes, je vous invite à l’écouter. Sourires et hausse du bagage intellectuel assurés. Probablement quelques éclats de rire, aussi.

Jean-René Dufort sur les ondes de Rouge FM – Le 27 janvier 2023.


Dans le cours de français, deuxième période

Plusieurs corrections à effectuer, cette semaine. Je souligne en premier lieu que d’ordinaire, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, maîtrise de brillante façon son français, tant à l’oral qu’à l’écrit. Il a cependant commis deux impairs dans ses publications, au cours des derniers jours.

Voici le premier :

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire Canadien avec un c majuscule. Être (un) Canadien implique que le mot fait partie de la classe des noms. Dans ce cas, comme il fait référence à un peuple, il s’agit d’un nom propre.

Ensuite :

#LeProfCorrige

Ici, à l’inverse, on aurait dû voir Parti québécois, avec un q minuscule. Pourquoi ? Parce que le mot québécois est employé comme adjectif, qui vient qualifier le nom Parti. De la même manière, on écrira Parti libéral, Parti conservateur, Parti vert et Assemblée nationale, tel que monsieur St-Pierre Plamondon l’a fait, à l’intérieur de la même publication.

À sa défense, cependant, dans ses documents officiels, le Parti québécois utilise également les majuscules aux deux mots. La grande majorité des médias et ouvrages de référence, de leur côté, emploient la règle de grammaire convenablement.


L’autre faute est tirée d’un article diffusé sur le site de TVA Nouvelles.

La nouvelle est terrible, je sais.

#LeProfCorrige

Ici, il aurait fallu employer le pluriel et lire une allergie sévère aux produits laitiers. Si elle n’était allergique qu’à un seul produit laitier, une précision se serait avérée nécessaire.


Dans le cours de musique

À peu près toutes les chansons de Sébastien Lacombe me rejoignent, tant pour les paroles que pour les mélodies et orchestrations. Aussi ai-je été heureux d’apprendre, cette semaine, que son plus récent album, Le chemin des possibles, lui valait d’être nominé à titre d’auteur-compositeur francophone de l’année aux Prix de la musique folk canadienne. Les galas de dévoilement des récipiendaires auront lieu à Vancouver, les 1er et 2 avril 2023.

En #musiquebleue, tirée de cet album, voici la pièce Far West.

Sébastien Lacombe – Far West – Le chemin des possibles – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

J’étais un élève de secondaire 5, en 1984, alors que le Québec tout entier acclamait Gaétan Boucher qui, aux Jeux olympiques de Sarajevo, remportait deux médailles d’or et une de bronze en patinage de vitesse. Aujourd’hui, à moins de cinq années de ma retraite de l’enseignement, ce même Gaétan Boucher a gagné les Jeux mondiaux des maîtres, dans la même discipline.

Dans la catégorie des 65 ans et plus, il a terminé premier aux 500 m et 1 000 m, deuxième au 1 500 m et quatrième au 3 000 m, ce qui lui a permis de devancer un Hollandais au classement. Heureux de ce retour fructueux, il envisage des participations à d’autres compétitions, au cours de la prochaine année.


Photo de l’en-tête : Sophie Lussier


Billet du 27 janvier 2023 : Défectuosité humaine

Un article signé par Louise Leduc1 et publié dans La Presse, mardi, a semblé prendre tout le monde par surprise, tant dans la classe politique que dans la population. Et pourtant.

Ai-je déjà été témoin d’une situation où un élève de 5e année passait directement au secondaire, après son année scolaire, parce qu’il avait déjà repris une année ?

Réponse : Oui !

J’en suis à ma 27e année d’enseignement, ma 17e comme enseignant de 6e année, et j’ai constaté cette aberration à quelques reprises. J’espère que quelqu’un, enfin, y verra.

1 Leduc, Louise. Pas de 6année pour des enfants en difficulté. La Presse, Montréal. Le 24 janvier 2023.


Dans le cours d’éthique et culture religieuse
Volet éthique

Il y a quelques années, une défectuosité électronique a coûté la vie à la mère de Gilles Duceppe. Décès atroce, s’il en fut un, alors que madame Duceppe est morte gelée sur un balcon.

Il y a quelques mois, c’est la défectuosité d’un système bien humain, et non mécanique ou électronique, qui est responsable des souffrances endurées par madame Andrée Simard Bourassa, veuve de l’ex-premier ministre du Québec, dans les trois derniers jours de sa vie. J’ai expliqué la situation en quelques mots à mes élèves.

Madame Simard Bourassa, en fin de vie, aurait dû être admise à l’unité des soins palliatifs pour y recevoir des soins de confort. Comme elle avait contracté la COVID, elle n’a pas pu être admise à l’unité des soins palliatifs. Comme elle n’a pas pu être admise à l’unité des soins palliatifs, on ne lui a pas administré les soins de confort, parce qu’il semble qu’il soit écrit quelque part qu’il n’y a qu’à l’unité des soins palliatifs qu’un patient puisse recevoir les soins de confort.

— À quel hôpital était-ce?, m’a demandé un élève.

— À St.Mary’s, ai-je répondu, avant de préciser que c’est un gouvernement dirigé par Robert Bourassa, le mari de la défunte, qui avait doté le Québec de son régime d’assurance maladie, en fin de Révolution tranquille.

— Je suis née à l’hôpital St.Mary’s et j’ai honte, a alors rétorqué une autre élève.

Ça dit tout.


Dans le cours de musique

C’est le retour de la chanson à texte, quoiqu’un peu cru. C’est aussi un retour à la sonorité des années 1970, sous des rythmes flirtant avec le blues et le folk. Elle s’appelle Mélisande Archambault, mais s’exprime musicalement avec le pseudonyme Madame Autruche. Au cours de la dernière semaine, elle a lancé l’album Réveillez-moi quand il fera beau, un titre tout désigné pour se dégager de longs mois d’hiver. La pièce, elle, s’intitule Les vieilles cassettes. Le vidéoclip vaut le coup d’œil.

Madame Autruche – Les vieilles cassettes – Réveillez-moi quand il fera beau – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Dans une décision qui est passée plutôt inaperçue, il y a quelques semaines, le gouvernement du Canada a prolongé de vingt ans la protection du droit d’auteur. Cela signifie donc qu’aucune œuvre littéraire, artistique ou musicale n’entrera dans le domaine public au cours des vingt prochaines années.

Jusqu’à la fin de 2022, une œuvre était protégée durant toute la vie de son auteur, puis pour 50 autres années après sa mort. La protection après le décès passe maintenant à 70 ans, en vertu d’une entente avec les États-Unis et le Mexique, qui ont adopté la même mesure.

Une œuvre qui passe dans le domaine public peut être récupérée par quiconque veut en disposer. C’est ainsi que, par exemple, des suites contemporaines ont été créées pour des classiques comme Le petit prince ou Anne… La maison aux pignons verts.


Image d’en-tête : Martin Gagner (Marqueurs au feutre sur tableau blanc).


Billet du 20 janvier 2023 : Avec persévérance et entrain

Le 16 février prochain, j’aurai l’immense privilège de participer à un webinaire organisé par l’Instance régionale de concertation en persévérance scolaire et réussite éducative de la Montérégie. Invité sur le panel par le psychopédagogue Richard Robillard, nous discuterons durant deux heures de l’influence que la persévérance des adultes peut opérer sur celle des enfants.

Cet événement se déroulera dans le cadre des Journées de la persévérance scolaire, tenues annuellement en février, partout au Québec.


Dans le cours de français

Parmi les erreurs qui reviennent souvent dans les messages qui me sont envoyés, on trouve celle où on altère l’expression en train de. Tant chez les enfants que chez les adultes, plusieurs ont tendance à souder les mots pour en faire entrain de.

Être en train signifie être en mouvement. Quand on exécute une action, on est donc en train de faire quelque chose.

Quant au mot entrain, il existe bel et bien, mais désigne de la joie ou de la bonne humeur. Comme quoi un simple espace peut changer tout un sens.


Dans le cours de musique

Du classique, en #musiquebleue, pour une deuxième semaine consécutive ? Pourquoi pas ! Cette fois, il s’agit cependant d’un mini récital donné sur NPR Music, une radio publique américaine vouée à la musique, par le pianiste et compositeur montréalais Marc-André Hamelin, dans le cadre d’un Tiny Desk Concert. Ces concerts intimes, diffusés par la station, produisent les plus grands artistes de la planète, tous styles confondus.

Pour sa prestation, Hamelin a choisi le Rondo en do mineur de Carl Philipp Emanuel Bach, Graceful Ghost Rag de William Bolcom, ainsi qu’une de ses compositions, L’homme armé (Toccata).

Marc-André Hamelin – Tiny Desk Concert sur NPR Music – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Celle-ci m’apparaissait évidente : l’écrivaine québécoise Kim Thúy a reçu cette semaine le grade de Chevalière dans l’Ordre des Arts et des Lettres, par la France. On reconnaît ainsi son parcours exceptionnel, de même que son apport à la littérature. Elle avait obtenu le même honneur au Québec, en 2015.


Billet du 13 janvier 2023 : À considérer gravement

Gravement ou grièvement ?

Pourquoi dit-on qu’on est gravement malade, mais grièvement blessé ? Ces deux adverbes peuvent-ils être considérés comme des synonymes ?

Eh bien non !

Dans le cours de français

Une façon de former un adverbe se terminant en ment est de prendre un adjectif sous sa forme féminine et de lui ajouter le suffixe ment. C’est le cas, par exemple, de lentement. L’adverbe gravement est formé de la même manière.

Mais comment définit-on précisément l’adjectif grave ? Le Larousse1 lui donne dix définitions différentes, alors que le Robert2 lui en donne à peine un peu moins. Parmi les plus courantes, notons celles qui soulignent l’importance, le sérieux ou la dangerosité. L’adverbe gravement se range dans le même créneau.

Quant à grièvement, il se construit à partir de l’ancien adjectif grief, ou plutôt de son féminin griève, qui signifiait douloureux ou accablant. Il constitue donc l’adverbe précisant le mieux une atteinte physique comme une blessure ou une brûlure.

1 Définitions de l’adjectif grave selon Larousse.

2 Définitions de l’adjectif grave selon Robert.


Dans le cours de musique

Originaire de Montréal, Maxime Goulet compose la musique de trames sonores et de jeux vidéo. En collaboration avec l’Orchestre classique de Montréal, sous la direction de Jacques Lacombe, il a récemment produit l’album Symphonie de la Tempête de verglas. En voici le deuxième mouvement, intitulé Chaleur.

Maxime Goulet et l’Orchestre classique de Montréal (sous la direction de Jacques Lacombe) – Chaleur – Symphonie de la Tempête de verglas – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Les revues scientifiques l’ont annoncé en grande pompe, cette semaine, les trous dans la couche d’ozone seraient sur le point de se refermer. Les changements apportés dans l’activité humaine à cet égard semblent porter leurs fruits. Selon le site Futura, cette portion de l’atmosphère terrestre devrait retrouver son état d’avant 1980 d’ici 2040, pour la majeure partie du globe, et vers 2066 pour l’Antarctique.

Le trou dans la couche d’ozone devrait se résorber complètement avant 2066. Futura, Fréjus. Le 11 janvier 2023.

Source : YouTube (Radio-Canada Info)

Billet du 6 janvier 2023 : Journal de vacances des Fêtes (2e de 2)

Je tiens d’abord, cette semaine, à vous exprimer mes vœux pour une bonne et heureuse année 2023. Je vous souhaite, en particulier, santé, bonheur et du temps pour en profiter. À plus grande échelle, puissions-nous être témoins de gestes de paix et de tolérance de la part de tous les dirigeants.

Une page se tourne, un nouveau chapitre commence. Si l’histoire se poursuit, il est permis, alors que nous n’en sommes qu’aux premières lignes, d’espérer une suite positive.


Déformation professionnelle

Très souvent, mais beaucoup au cours des six dernières semaines, j’ai pu revoir une faute de français qui se propage avec une contagion moins proliférante que la COVID, quand même, mais dont la contamination continue, malheureusement, d’être légion. Cette erreur de plus en plus commune, je l’ai constatée dans plusieurs médias écrits, une fois à la télévision, dans du matériel scolaire (ce qui m’a découragé) et, bien sûr, dans une multitude de publications sur les réseaux sociaux.

Quelle est cette faute ? C’est quand quelqu’un ou un organisme commence une annonce ou un communiqué par «Oyé ! Oyé !».

Retenez bien ce qui suit, la bonne orthographe est «Oyez! Oyez!».

Il s’agit ici de la conjugaison du verbe ouïr, à la 2e personne du pluriel de l’impératif présent.

Le verbe ouïr, associé à l’ouïe, le sens qui permet la perception des sons, n’est presque plus utilisé aujourd’hui, mais demeure dans les ouvrages de référence, bien qu’on lui préfère écouter ou entendre.

N’hésitez pas à diffuser l’information !


Sortie de vacances

Comme chaque année, durant le temps des Fêtes, ma conjointe et moi assistons à la revue humoristique Revue et corrigée, au Théâtre du Rideau-Vert. Encore une fois, les textes, la distribution et la mise en scène ont su nous dérider. Je souligne en particulier le travail de Benoit Paquette, un des vétérans de l’équipe. Il est à mon avis un des meilleurs imitateurs que nous ayons connus au Québec. Les auteurs abordent l’actualité sous un angle différent de ceux empruntés par les scripteurs des autres émissions de fin d’année.

Mon flash coup de cœur va à une parodie de l’émission En direct de l’univers où l’invité, Paul St-Pierre Plamondon, se fait chanter par Ginette Reno « T’as plus de noms que de députés » ! Madame Reno était personnifiée par l’excellente Marie-Ève Sansfaçon.


Bien assis dans la salle une vingtaine de minutes avant le début du spectacle, j’en ai profité pour regarder une partie de la finale du Championnat du monde junior de hockey sur glace. Ma conjointe a croqué l’instant sur le vif ! Pour celles et ceux qui s’en préoccupent, mon téléphone cellulaire a été éteint et rangé avant le commencement de la représentation. (Photo : Facebook — Linda Boyer)

Dans mes écouteurs

Au cours de la dernière semaine, c’est surtout de la musique du temps des Fêtes qui a tourné non seulement dans mes écouteurs, mais à travers tous mes haut-parleurs. J’ai cependant cherché une personnalité artistique nouvelle qui nous offrirait une #musiquebleue pour ce billet. J’ai découvert Troidemi.

Artiste émergent, il donne dans le funk francophone, avec des accents de jazz très cuivré. La pièce que je propose, Un opium, me rappelle un peu Michel Fugain, sans la chorale du Big Bazar. L’album, son premier, s’intitule Pour l’après.

Troidemi – Un opium – Pour l’après – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

J’ai appris quelque chose d’admirable, mardi soir dernier, en regardant Les dix de 2022, sur ICI Télé. Parmi les personnalités de l’année, figure un groupe de cinq jeunes de 11 et 12 ans, qu’on appelle les Jeunes pisteurs. Au cours de leur vie, ces jeunes ont côtoyé le cancer, soit en le subissant, soit parce qu’un proche l’a combattu. À l’invitation du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS), ils ont formé une équipe de recherche afin de guider les intervenants dans divers secteurs du traitement de la maladie.

Ce qu’ils accomplissent, depuis près de deux ans, est digne de mention.

Touchés par le cancer, des jeunes s’investissent dans la recherche. La Tribune, Sherbrooke. Le 25 avril 2022.


Billet du 30 décembre 2022 : Journal de vacances des Fêtes (1er de 2)

L’année 2023 se pointera le bout du nez dans moins de 48 heures. Selon nos traditions, qui dit jour de l’An dit nouvelles résolutions. Personnellement, j’ai l’habitude d’en prendre que je suis capable de tenir, aussi simples soient-elles. Pour la prochaine année, ce sera de diminuer mon temps d’utilisation des réseaux sociaux, une tendance chez moi déjà bien enclenchée depuis les six derniers mois.

Comprenez bien, il ne s’agit pas d’abandonner mes réseaux sociaux. J’en ai même ajouté un nouveau, Mastodon, au cours des derniers jours. Il s’agit plutôt de les utiliser selon ce pour quoi ils ont été conçus, afin de faire autre chose que de constamment tenir mon téléphone cellulaire entre mes mains.

D’abord, Snapchat et TikTok. Je ne diffuse rien sur ces réseaux. Je n’y possède des comptes que pour suivre les activités de personnes en particulier. Ma famille dans le premier cas, le médecin Mathieu Nadeau-Vallée dans l’autre.

Je possède deux comptes Instagram, un personnel et un professionnel. Le premier n’est disponible qu’à un nombre restreint de gens, alors que le second est ouvert à tout le monde. J’y publie des photos et quelques vidéos de mes activités, à quelques reprises durant la semaine. C’est pour moi la version moderne des albums-photos et des spicilèges, communément appelés scrapbooks.

Je dispose également de deux comptes Facebook, un personnel et un autre pour #LeProfCorrige. Le but de Facebook est de donner des nouvelles et d’en prendre des personnes qui nous suivent. Le fait de toucher leur cœur, leurs yeux ou leurs oreilles suscite généralement de belles réactions. Adopter un ton éditorial, par exemple en relayant une caricature ou en commentant une chronique, implique une plus grande indifférence de la part des abonnés. Après tout, Facebook s’inscrit dans la lignée du principe qu’il faut éviter de parler de religion ou de politique autour d’un repas !

LinkedIn est un réseau professionnel et doit être utilisé comme tel. J’y diffuse mes billets hebdomadaires et j’y relaie des articles concernant l’éducation, en les commentant avec une seule phrase, bien concise. J’y félicite également mes connaissances pour une promotion, par exemple, et leur souhaite bon succès à chaque changement de statut d’emploi.

Twitter est le réseau ayant subi la plus grande évolution. On peut presque parler de révolution. À l’origine, le but de Twitter était de diffuser des nouvelles, de les commenter et de débattre. Durant mes années de journalisme, le réflexe était instantané : dès qu’un nouvel élément s’ajoutait à une de mes couvertures, il se retrouvait sous le petit oiseau bleu. Pour les gens qui me suivaient régulièrement, il s’agissait d’un puissant incitatif à aller lire l’article qui allait s’ensuivre. Toutefois, les trolls se sont emparés de la plateforme, les débats ont perdu toute civilité et le réseau a fini par prendre la forme d’un lieu de rencontres et de publication d’histoires personnelles. Il est devenu un genre de Facebook pour des individus qui ne se connaissent pas.

Twitter est ainsi passé du réseau social sur lequel je passais le plus clair de mon temps (un peu trop, je le réalise aujourd’hui), à celui que j’ouvre machinalement pour quelques instants, en n’y intervenant presque plus. C’est la raison pour laquelle j’ai commencé un compte Mastodon, qui reprend la mission première de Twitter, soit d’informer et de débattre en toute civilité. Le billet que vous lisez actuellement sera le premier que j’y publierai. Je tenterai maintenant de ne pas retomber dans le piège des longs moments perdus à y fureter.

Ceci constituera probablement le plus gros défi, tout en étant relatif, de ma résolution pour 2023 !


Lectures de vacances

Je plonge dans le chaos, durant mes vacances. En lecture, du moins.

Les revues littéraires ont fait état du roman Le mage du Kremlin, de Giuliano Da Empoli, que je me suis procuré. Ce dont on a moins parlé, c’est de son œuvre précédente, Les Ingénieurs du chaos, un essai portant sur le même thème, soit les conseillers politiques influents, de qui découlent les grands mouvements populistes mondiaux des dernières années. Né en France et possédant la nationalité suisse, l’auteur y avance l’hypothèse que l’Italie constitue, depuis plusieurs générations, le plus imposant laboratoire de courants politiques. Je termine l’essai avant de passer au roman, qui traite du principal conseiller de Vladimir Poutine.

En parallèle, un ami m’a refilé les trois premiers tomes du roman graphique Hedge Fund, un suspense financier dont le troisième épisode s’intitule La Stratégie du chaos. Là encore, je constate que les auteurs explorent une situation mondiale sous un angle différent, laissé pour compte par les grands médias.

Comme quoi le chaos, inconfortable lorsque subi, possède ses côtés instructifs.


Sur mes écrans

D’un point de vue plus léger, il m’aura fallu plus de deux ans, mais j’ai finalement commencé la série télévisée Ted Lasso. À travers un humour désopilant et souvent très songé, on découvre une psychologie tout aussi brillante.

J’ai maintenant trois saisons à rattraper !


Dans mes écouteurs

Quand Yves Lambert, de La Bottine souriante, et Shauit, un auteur-compositeur-interprète originaire de Maliotenam, s’unissent pour nous offrir une chanson sur un rythme traditionnel, ça donne Ka Utapanashkutshet, une excellente pièce bilingue, soit en innu et en français. En cette fin d’année, elle s’avère de circonstance.

Shauit et Yves Lambert – Ka Utapanashkutshet – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Il y a deux semaines, il était ici question de Yoshua Bengio, un maître québécois de l’intelligence artificielle. Il sera encore question de l’IA dans cette rubrique, cette semaine. Cette fois, la nouvelle provient de Grande-Bretagne, où les personnes ayant subi un accident vasculaire cérébral (AVC) sont trois fois moins nombreuses à en conserver des séquelles, grâce à un système qui permet de diagnostiquer et d’intervenir plus rapidement.

Lire le communiqué de l’AFP sur Radio-Canada.ca


Lecture de vacances, deuxième partie

Je me suis délecté avec la chronique de Paul Journet, publiée ce matin1. Le sarcasme y est omniprésent, mais il s’agit d’une revue de l’année originale, présentée sous forme de nouvelles (et fictives) définitions du dictionnaire. Mes préférées sont Serment au roi, Pierre Poilievre et Woke, sous deux versions. Et Père Noël. Et toutes les autres !

1 Les maux de 2022. La Presse, Montréal. Le 30 décembre 2022.


Billet du 23 décembre 2022 : Aujourd’hui, l’hiver

Vacances prématurées. Ainsi le veut dame Nature, qui nous envoie aujourd’hui un cocktail météorologique suffisamment puissant pour fermer les écoles. D’ordinaire, je n’aime pas ces journées de tempête. Le congé forcé qui en découle est compensé par la perte d’une journée pédagogique dont la place dans le calendrier scolaire a été mûrement réfléchie. Ces journées sont utiles pour corriger, planifier ou faire le point sur les rendements des élèves.

Cette fois-ci, cependant, le congé est apprécié. Pouvoir compter sur une journée avant le réveillon pour le préparer ou simplement prendre un peu de repos constitue une bénédiction. Comme quoi tout est relatif.


Dans le cours de français

Quelle orthographe est la bonne ?

Une croix qu’on n’a pas choisie de porter
ou
Une croix qu’on n’a pas choisi de porter

Réponse après la bonne nouvelle de cette semaine.


Dans le cours de musique

Ce n’est pas officiellement un duo improbable, mais on s’en rapproche ! Dans le cadre de son émission Deux par deux rassemblés, Pierre Lapointe a reçu François Pérusse. Ensemble, ils ont interprété Demain l’hiver, le classique de Robert Charlebois. À deux jours de Noël, c’est la #musiquebleue que je vous suggère.

Pierre Lapointe et François Pérusse – Demain l’hiver – Deux par deux rassemblés – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Dans la foulée des activités de la COP15 sur la biodiversité, tenue la semaine dernière à Montréal, le ministre des Eaux, de la Forêt, de la Mer et de l’Environnement du Gabon a mentionné l’importance de préserver la forêt tropicale du bassin du fleuve Congo, la deuxième en envergure sur la planète. Elle n’est précédée que par la forêt amazonienne, considérée comme le poumon de la Terre.

À quel point est-ce une bonne nouvelle ? Disons que le chemin à parcourir s’avère plutôt long entre une simple préoccupation et des actions concrètes, surtout quand le territoire concerné s’étend sur six pays. C’est cependant déjà mieux que pour la forêt amazonienne, dont l’équilibre de protection se situe quelque part entre la fragilité et la déficience.

Si les pays africains prennent le taureau par les cornes et protègent convenablement leur patrimoine forestier, c’est le monde entier qui en bénéficiera. Le réchauffement planétaire s’en trouvera ralenti.


Dans le cours de français, suite

Si la phrase s’était arrêtée après le participe passé, il aurait fallu écrire Une croix qu’on n’a pas choisie. Le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir se serait alors accordé avec le complément direct placé avant le verbe.

Mais la règle de grammaire impose autre chose lorsqu’on considère la phrase complète. On doit alors écrire Une croix qu’on n’a pas choisi de porter, avec un participe passé qui demeure invariable. Ici, le complément direct est qu’, dont l’antécédent est croix. Il est toutefois le complément direct du verbe à l’infinitif porter, et non du participe passé. Ce dernier reste donc invariable.


L’image d’en-tête de ce billet est l’œuvre de Martin Gagner, concierge de soir à l’école où j’enseigne. Artiste dans l’âme, il possède également une vaste érudition et demeure un collègue estimé  de tous et de toutes. Une fois de plus, cette semaine, il a terminé son quart de travail et dessiné quelque chose sur un de mes tableaux, pour le plus grand plaisir de mes élèves, qui apprécient énormément la surprise à leur entrée en classe, le lendemain matin.

La magie de Noël se trouve surtout dans les gestes simples, comme ceux de Martin. Je tâche personnellement de toujours le garder en tête !

À toutes celles et tous ceux qui, à l’occasion ou de façon hebdomadaire passent par ici et prennent le temps de me lire, je souhaite un très joyeux et reposant temps de Fêtes. À très bientôt !