Billet du 8 mai 2020 : Et ça continue en Corée encore

C’est que le début d’accord, d’accord.

Qu’est-ce qui continue ? Qu’est-ce qui n’est qu’au début ?

Dans le cours de mathématiques

En guise de préambule, j’ai envie de vous replonger dans quelques statistiques, ce matin. Je vous présente deux des mêmes tableaux que je vous avais présentés dans mon billet du 17 avril dernier, mais ils seront épurés de quelques données et, bien entendu, mis à jour.

Voici d’abord le tableau représentant le nombre de personnes atteintes de la COVID-19, pour chaque tranche de 100 000 habitants. Je n’ai retenu que quatre endroits, soit le Québec, le Canada (incluant le Québec), les États-Unis et la Corée du Sud.

Tableau 1 (Source : radio-canada.ca)

Pour les quatre mêmes endroits, voyez maintenant dans le tableau 2 le nombre de décès par tranche de 100 000 habitants.

Tableau 2 (Source : radio-canada.ca)

Qu’est-ce qui continue en Corée encore ? La ligne. Elle est tout ce qu’il y a de plus continue. Depuis le début de la pandémie, on est loin de la courbe, en Corée du Sud. Par 100 000 habitants, peu de cas, très peu de décès. Tout est linéaire, bien droit.

En fait, la Corée du Sud constitue probablement l’endroit dans le monde qui résiste le mieux à la propagation du coronavirus. Elle avait aussi particulièrement bien résisté à la crise du SRAS, en 2003. Quant au Québec, les tableaux nous indiquent que toute proportion gardée, les statistiques sont maintenant pires que celles des États-Unis, en plus de nuire considérablement au bilan canadien.

Loin de moi l’idée de poser un regard critique sur les décisions du gouvernement du Québec. Je laisse ce soin aux gens qui possèdent les compétences pour le faire. Ce qu’il m’est possible d’avancer, par contre, ce sont toutes les actions prises par les autorités des deux endroits et qui, de toute évidence, ont donné de meilleurs résultats en Corée du Sud. À la fin de mon billet, vous trouverez les références vers tous les articles que j’ai consultés pour rédiger cette section.

Corée du SudQuébec
Population (2019)51,7 millions d’habitants8,5 millions d’habitants
Nombre de cas confirmés (6 mai 2020)10 80035 238
Nombre de décès (6 mai 2020)2552 631
Tableau 3 : Résumé de la situation.

Quelques jours après la confirmation des premiers cas, le Québec a fermé ses écoles, ses commerces, ses entreprises et a décrété un confinement total. De son côté, la Corée du Sud a fermé ses écoles et quelques endroits à risque, comme les centres d’entraînement et les édifices religieux. Les deux endroits ont aussi suspendu les joutes de toutes les ligues sportives. Tout le reste est demeuré ouvert en Corée du Sud, et aucun confinement strict n’y a été décrété.

Pour la suite, la Corée du Sud s’est lancée dans une vaste opération de dépistage. Durant toute la durée de la crise, plus de 60 000 tests ont été réalisés quotidiennement. Au Québec, c’est précisément dix fois moins. Plus tôt cette semaine, le docteur Arruda a indiqué vouloir faire passer le nombre de tests quotidiens de 6 000 à 14 000.

Dès qu’un cas positif est déclaré en Corée du Sud, le malade doit s’isoler et télécharger une application sur son téléphone cellulaire. Cette application permettra en tout temps de géolocaliser ses déplacements et de le contacter pour effectuer un suivi sur son état de santé. La nouvelle loi, votée pour l’occasion, permet également aux autorités de consulter ses relevés de cartes bancaires afin de connaître les commerces qu’il a visités et les terminaux qu’il a pu toucher. Quiconque arrive en Corée du Sud, en provenance d’un autre endroit, est soumis aux mêmes règles, en plus d’être isolé durant 14 jours, que son test soit positif ou non.

Concernant le port du masque et de l’équipement de protection, rappelez-vous comment on a tergiversé au Québec. Au début, on disait que le masque n’était utile qu’au personnel médical. Nous avons eu pénurie. Ensuite, on a convenu que le masque était important pour éviter la propagation du virus. Toutefois, lorsqu’est venu le moment de rouvrir les écoles, on a jugé inutile d’en fournir aux enseignants. On s’est ravisé par la suite.

En Corée du Sud, on recommande à tout le monde d’en porter un. Le gouvernement a vu à les rationner au début de la crise, de manière à s’assurer que tous en possèdent une quantité minimale. On s’est ensuite mis à en produire et à en vendre, tout en s’assurant que les prix demeurent raisonnables et accessibles.

Toujours en Corée du Sud, on procède à des désinfections régulières des lieux privés et publics. Bien qu’on n’ait pas ordonné la fermeture des commerces, il arrive qu’on les ferme une journée afin de pouvoir désinfecter l’endroit.

Aujourd’hui, le Québec est sur le point de procéder à la réouverture de ses commerces et entreprises, de même que des écoles, dès la semaine prochaine pour toutes les régions, sauf celle du Grand Montréal. La Corée du Sud rouvrira également ses écoles la semaine prochaine, bien qu’elle ait vécu la pandémie avec un mois d’avance sur nous.

Selon plusieurs des sources que j’ai consultées, et qui, je le rappelle, seront indiquées à la fin de ce billet, le nombre de tests quotidiens de dépistage constitue un élément important du contrôle de la situation de crise. Sur ce point, le Québec est loin derrière plusieurs autres endroits dans le monde.

Quant à l’utilité du masque, il est de plus en plus établi que son efficacité est presque totale si tout le monde le porte. Une seule couche de tissus retiendrait la plupart des particules, mais deux les empêcheraient carrément de se propager.

Ne me reste qu’à revenir aux questions de départ.

Qu’est-ce qui continue en Corée encore ? J’y ai déjà répondu, c’est la ligne continue des tableaux 1 et 2 qui lui tient lieu de courbe.

Et qu’est-ce qui n’est qu’au début d’accord, d’accord ? Rien, finalement. Je voulais seulement faire un clin d’oeil à Francis Cabrel ! 😉


En journée pédagogique

C’est un retour graduel à la réalité qui s’est amorcé pour les membres du personnel scolaire québécois, cette semaine. Le mot graduel est ici très important. Parce que s’il est acquis que les écoles de la majorité des régions rouvriront leurs portes ce lundi, celles de la grande région de Montréal n’accueilleront pas leurs élèves avant le 25 mai, au mieux.

La réalité sera aussi très différente. D’abord, seuls les services de garde et les écoles primaires rouvriront. Physiquement, du moins. Les écoles secondaires, les cégeps et les universités se tourneront plutôt vers la formation à distance pour compléter la présente année scolaire. Ensuite, plusieurs parents préféreront garder leurs enfants à la maison, pour éviter de les placer dans un milieu où il y a des risques de contagion. En ce qui me concerne, la plupart des parents de mes 25 élèves ont déjà pris une décision finale quant à la présence ou non de leur enfant à l’école, jusqu’au 19 juin. D’autres, je peux les comprendre, hésitent encore.

À l’école où j’enseigne, les effets personnels des élèves qui ne reviendront pas compléter l’année scolaire ont été placés dans des sacs par leurs enseignants. Les sacs des classes situées à l’étage ont été transportés jusqu’au gymnase, afin de faciliter leur récupération par les parents.

De l’horaire habituel, ne demeureront que l’heure d’entrée et l’heure de sortie. On oublie les périodes d’éducation physique, de musique et d’art dramatique. Pour l’anglais, on verra. Il y aura trois courtes récréations, une pour chaque tiers des élèves. Et tous demeureront dans les classes durant les 80 minutes du dîner, peu importe la température et le temps à l’extérieur.

Et surtout, il faut garder tout ce beau monde à deux mètres de distance. C’est la raison pour laquelle mes collègues et moi avons dû réaménager nos locaux en conséquence. Malgré les savants calculs et la maximisation des espaces, nous ne pourrons accueillir que 10 à 12 élèves dans nos classes. Dans mon cas, c’est 11.

« Follow the yellow brick road », dit une réplique célèbre d’un chef-d’oeuvre cinématographique. Avec les nouvelles règles de santé publique, si une file d’attente se dessine quand des parents viendront conduire ou chercher leurs enfants à l’école, chacun devra se placer sur une ligne jaune afin de respecter la distance de deux mètres.

Dans le cours de français

C’est le genre de publicité, remplie d’erreurs de français, qu’on aurait dû corriger avant publication. Celle-ci a été diffusée sur Facebook.

Attention : Ceci n'est pas une commandite de cette page. #LeProfCorrige

#LeProfCorrige

Ici, trois fautes dans une phrase de 21 mots.

Premièrement, on aurait dû voir une virgule après simples, plutôt qu’un point-virgule. Le point-virgule s’utilise pour séparer des propositions qui n’ont qu’un petit lien entre elles, pour mettre en parallèle deux propositions indépendantes ou pour séparer deux propositions lorsque la seconde commence par un adverbe. On ne trouve aucune de ces trois conditions ici.

Ensuite, on aurait dû lire tels, plutôt que tel. Ce mot étant un adjectif, il doit s’accorder avec le nom moments, qui est masculin pluriel.

Finalement, il aurait fallu écrire acquis, plutôt que acquit. Ainsi doit s’écrire le participe passé du verbe acquérir, qui ici s’accorde avec bikini, masculin singulier.


Dans le cours de musique

Un peu de hip-hop, aujourd’hui ? Benny Adam est un Québécois d’adoption. Originaire du Maroc, sa famille s’est établie à Montréal alors qu’il était adolescent. D’abord producteur, ce n’est que l’an dernier qu’il s’est lancé dans l’interprétation. Je vous propose la pièce On m’a dit, extraite du maxi La Barquetterie SS2, lancé il y a moins d’une semaine. #musiquebleue


La bonne nouvelle de cette semaine

L’histoire de Réal Migneault a choqué, puis ému tout le Québec. D’abord appelé au chevet de sa mère mourante, dans un CHSLD, Monsieur Migneault l’a vue prendre du mieux, à mesure qu’il brisait sa solitude de près de deux mois, soit depuis le début du confinement. Âgée de 82 ans et atteinte de la COVID-19, Thérèse Marineau s’était ensuite vue être de nouveau privée de la présence de son fils, les visites n’étant permises que pour les résidents en fin de vie, ce qui n’était plus son cas.

Réal Migneault s’est battu pour recouvrer son droit de voir sa mère, alléguant que sa seule présence lui avait permis de reprendre vie. Quelques jours après avoir obtenu gain de cause, il a reçu la nouvelle tant espérée, Thérèse Marineau, sa mère, est guérie.

Une équipe de la télévision a pu croquer la scène quand Monsieur Migneault a reçu l’appel du médecin de sa mère.

Peut-on souhaiter plus beau dénouement, à quelques jours de la fête des Mères ?

Bonne fête des Mères à toutes celles qui portent ce noble titre.


Références consultées pour la section Dans le cours de mathématiques :

Pandémie de Covid-19 en Corée du Sud, Wikipédia

Covid-19 : Séoul, l’élève modèle dans la lutte contre le coronavirus ?, Sciences et avenir, 11 mars 2020

COVID-19 : dépister massivement, la recette gagnante de la Corée du Sud, radio-canada.ca, 18 mars 2020

Contenir le coronavirus sans confinement, la Corée du Sud l’a fait, Huffpost France, 19 mars 2020

Corée du Sud. pas de confinement mais un dépistage systématique pour endiguer la contamination, L’Humanité, 22 mars 2020

Pandémie de Covid-19 au Québec, Wikipédia

Données COVID-19 au Québec, Institut national de santé publique

Québec, Wikipédia

Corée du Sud, Wikipédia

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