Billet du 30 septembre 2022 : En attendant la réponse des électeurs

L’actuelle campagne électorale québécoise, tout comme la canadienne de l’an dernier, me permet d’aborder en classe, avec mes élèves, une phase exaltante du programme d’univers social, volet éducation à la citoyenneté. Leurs questions sont intéressées et pertinentes. Leurs commentaires également.

Cette semaine, l’un d’eux m’a demandé lequel des cinq principaux partis politiques était le plus ancien. Je lui ai répondu que le Parti libéral du Québec (PLQ) existait depuis les débuts du Canada actuel, soit depuis 1867. Celui qui le suit de plus près est le Parti québécois (PQ), de 101 ans (comme la Loi 101 !) son cadet. Aujourd’hui, il faut regarder dans le rétroviseur pour constater les meilleurs moments de ces deux formations. Droit devant, leur avenir semble s’engager dans un cul-de-sac.

Lors de l’élection de 1985, quand l’Assemblée nationale ne comptait que 122 sièges, comparativement aux 125 actuels, le PLQ en avait remporté 99, contre 23 pour le PQ. Je m’étais alors dit qu’un parti qui avait goûté au pouvoir ne pouvait descendre plus bas sans risquer de disparaître. Au moment de la dissolution parlementaire, au mois d’août, les deux formations disposaient respectivement de 27 et 7 députés. Si je me fie aux dernières prédictions de Qc 125, il demeure possible que les pertes réduisent encore ces nombres de moitié.

La déroute des vieux partis se poursuivra-t-elle ? Réponse lundi soir.

Voir les plus récentes prédictions de Qc 125.


Dans le cours de français

Dans une publication sur Twitter qu’il a depuis retirée, Christian Latreille, chef d’antenne à RDI, a laissé passer quelques coquilles.

Source : Twitter (@clatreil)

#LeProfCorrige

Premièrement, il y a faute au niveau des noms de trois des cinq des partis évoqués. Ainsi, on aurait dû lire Parti libéral, Québec solidaire et Parti québécois, avec le l de libéral, le s de solidaire et le q de québécois en minuscules. Les trois mots étant des adjectifs, la lettre majuscule initiale n’est aucunement justifiée.

Quant à la Coalition avenir Québec, on devrait également éviter la majuscule à avenir, bien qu’il s’agisse d’un nom. Toutefois, la formation de François Legault emploie elle-même le grand A dans ses documents officiels.

Finalement, le mot part étant de genre féminin, monsieur Latreille aurait dû accorder l’adjectif nul et écrire nulle part, plutôt que nul part. Nulle part constitue également une locution adverbiale qui doit demeurer invariable.


Dans le cours de musique

Le groupe s’appelle Crushhh et est originaire de Montréal. En juillet dernier, il a lancé un premier album, intitulé In The Clouds. Pour les nostalgiques du disco des années 1970, le son est plus qu’intéressant. Run Away est la pièce que je suggère cette semaine.

Crushhh – Run Away – In The Clouds – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

J’évoquais plus haut la dernière élection fédérale, qui s’est déroulée l’an passé. Le ministre Dominique LeBlanc avait été réélu haut la main, bien qu’il n’ait aucunement fait campagne. Il avait cependant une excellente raison : un cancer du système immunitaire le clouait au lit dans un hôpital de Moncton. À deux doigts de la mort, c’est un don de cellules souches d’un jeune inconnu allemand qui lui a sauvé la vie.

Cette semaine, le ministre a accueilli le jeune homme, qui a profité d’une relâche universitaire pour venir au Canada.

Il y a plusieurs éléments heureux dans cette histoire. D’abord, la technologie permet maintenant le don et le transfert de cellules souches. S’il était tombé malade quelques années plus tôt, monsieur LeBlanc aurait sans doute été emporté. Ensuite, des lois allemandes et un registre international ont permis aux médecins d’ici de trouver un donneur compatible. Troisièmement, des règles assouplies autorisent aujourd’hui un donneur et son receveur à se rencontrer.

Finalement, une solide amitié est née entre deux individus, malgré les quelques milliers de kilomètres et la trentaine d’années qui les séparent.

Lire le reportage de Joël-Denis Bellavance.


Je reprends ici une caricature d’André-Philippe Côté, publiée cette semaine.

Source : André-Philippe Côté.

S’il vous plaît, votez pour qui vous voulez, mais allez voter.


Billet du 4 juin 2021 : L’astérisque et l’obélus

Les fins de printemps sont toujours plus agréables quand la fièvre des séries éliminatoires de la LNH se propage au Québec. La présence et, mentionnons-le, les surprenantes performances de l’équipe montréalaise haussent considérablement l’intensité de cette fièvre. La seule participation du club en séries avait déjà fait une bonne partie du travail. La spectaculaire remontée face aux Maple Leafs, qui a finalement conduit, contre toute attente, à l’élimination de ces derniers, a fait grimper la chaleur d’un autre cran.

La liesse s’est poursuivie avec la victoire contre Winnipeg, dans le premier affrontement de la ronde suivante. Et l’incident de fin de match, impliquant Jake Evans et Mark Scheifele, est venu ajouter une bûche de plus dans le poêle.

Lorsque j’ai vu Scheifele frapper Evans aussi violemment après le but marqué par ce dernier, je me suis immédiatement rappelé le coup vicieux donné par Dale Hunter à Pierre Turgeon, dans des circonstances similaires, en 1993. Hunter avait alors écopé de 21 matchs de suspension. Turgeon avait été sérieusement blessé sur la séquence, mais contrairement à Evans, pour qui on a dû avoir recours à la civière, il avait quitté la glace sur ses deux jambes.

Scheifele a quant à lui écopé de quatre matchs. Je souhaitais plus, mais je m’attendais à moins. Le hockey est le seul sport, autre que ceux de combat, où on peut se battre et demeurer au jeu. Et la LNH est la seule ligue professionnelle où on peut blesser délibérément un adversaire et s’en tirer à bon compte. Les sanctions sont ridicules au point où les joueurs ont commencé à se faire justice eux-mêmes, sur la glace. Les dangers de blessures supplémentaires sont évidents, mais il faut croire que ça fait vendre des billets.

C’est la raison pour laquelle j’aurais souhaité, réalistement, une suspension de six joutes à Scheifele. Ainsi, avec un maximum de six autres matchs à jouer dans une série quatre de sept, il aurait été certain de ne plus affronter le Tricolore cette année. Les joueurs des deux formations auraient alors pu se concentrer sur le hockey.


Dans le cours de mathématiques

Quelle est, selon vous, la réponse à l’équation suivante :

6 ÷ 2 (1 + 2) =

Personnellement, j’ai répondu 9. D’autres ont opté pour 1. Croyez-le ou non, ces deux réponses sont bonnes. 

La priorité des opérations requiert que l’on exécute la parenthèse en premier. (1 + 2) = 3. Mais ensuite, comme il ne reste qu’une division et une multiplication à l’équation, et que les deux disposent de la même priorité, j’aurais tendance à résoudre de gauche à droite. Ainsi, 

6 ÷ 2 (3) =

(6 ÷ 2) (3) =

(3) (3) = 9.

Mais voilà, il semble qu’aucune convention ne nous force à résoudre de gauche à droite lorsqu’une équation comprend plusieurs opérations disposant de la même priorité. Il devient donc tout aussi acceptable de faire

6 ÷ 2 (3) =

6 ÷ [2 (3)] =

6 ÷ [6] = 1.

Un ami m’a relayé une vidéo sur le sujet. Elle dure plus de 13 minutes, mais elle demeure très pertinente pour quiconque s’intéresse à la matière. On y apprend aussi que le symbole ÷, qu’on appelle obélus, ne devrait pas être utilisé. À remarquer également que dans 6 ÷ 2 (1 + 2) =, l’espace entre le premier 2 et la parenthèse implique une multiplication. Là encore, il semble qu’il faille éviter le symbole x. Par contre, le symbole *, ou astérisque, peut être employé en lieu et place de l’espace.

Je dépose la vidéo ici, libre à vous de la consulter !

Source : Mickaël Launay, YouTube

Dans le cours de mathématiques, deuxième période

Y a-t-il des adeptes de la numérologie dans la classe ? Voici ce que le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, publiait sur Twitter lundi dernier, quelques heures avant que le Canadien de Montréal n’élimine les Maple Leafs de Toronto par la marque de 3 à 1 :

J’espère qu’il s’est pris un 6/49.


Dans le cours de musique

Des gens aux carrières bien établies qui décident de se réunir pour travailler ensemble sur un projet, on en retrouve abondamment dans le monde de l’éducation, comme dans plusieurs autres domaines. C’est précisément ce qui a donné naissance au groupe Bon Enfant. C’est pour moi très agréable d’entendre des accents québécois sur un son rock britannique des années 1970. C’est une modernité qui évoque un retour dans le temps des plus rafraîchissants. Alors que j’allais vous proposer le titre Magie, tiré de leur seul album à ce jour, voilà que le quintette m’a fait la surprise de publier un nouveau simple, vendredi dernier. La pièce s’intitule Ciel bleu et la voici, en #musiquebleue !

Bon Enfant – Ciel bleu – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Vous me pardonnerez d’y aller avec un choix sentimental, cette semaine, puisqu’il me rappelle une expérience personnelle. Un couple des Laurentides promenait ses deux chiennes, lorsque l’une d’elles a flairé des chevreuils et a échappé à ses maîtres, avant de s’évader en forêt. Incapables de repérer l’animal, les propriétaires se sont lancés dans des recherches intensives. Publiant des avis et frappant aux portes, le couple est tombé par hasard sur un ex-militaire, spécialisé en traque de personnes disparues. Celui-ci, également dresseur de chiens, est venu à leur secours et les a aidés à retrouver la fugitive, après 25 jours de fuite, à plus de 40 km de leur résidence.

Lisez l’histoire en détails, telle que rapportée dans La Presse.

J’ai moi-même vécu une histoire de fugue animale, il y a quelques années, quand ma vieille chatte, âgée alors de 14 ans, avait fui la maison par une porte qu’on avait malencontreusement laissée ouverte. Nos recherches nous avaient permis de la retrouver saine et sauve, une dizaine de jours plus tard. Je me souviendrai toujours de l’appel téléphonique qui avait d’abord suscité l’espoir, avant de confirmer les heureuses retrouvailles.

De telles histoires me rappellent que des gens ont eu la chance de retrouver vivants et en bonne santé des proches portés disparus. Conserver un bon moral joue un rôle important dans l’énergie que l’on investit dans les recherches. Et ce bon moral est stimulé par l’espoir que l’on garde.