Billet du 9 avril 2021 : Les écoles sont ouvertes

À partir de maintenant, je change de vocabulaire. Je cesse de dire qu’une classe ou qu’une école ferme en raison de la COVID. Je dirai désormais qu’elle bascule en enseignement à distance. C’est beaucoup plus fidèle à la réalité et ça évite des interprétations. Et quelques justifications.

Si j’ai vécu l’enseignement à distance de mars à juin 2020, ainsi que durant quatre jours en décembre dernier, j’ai eu l’occasion d’expérimenter l’enseignement hybride, cette semaine, avec 21 de mes 24 élèves en classe et trois qui ont suivi mes cours en direct de la maison, en visioconférence, avec les mêmes documents, fournis via une plateforme numérique.

Aurai-je à revivre une telle situation au cours des prochains mois, des prochaines années ? Probablement. Et l’expérience de cette semaine s’étant avérée concluante, je suis prêt.


Dans le cours de français

Lorsque j’ai démarré #LeProfCorrige, en août 2018, c’était pour dénoncer celles et ceux qui aspiraient à nous diriger, mais qui publiaient sans prendre le temps de se relire, laissant passer des fautes de français souvent grossières. J’ai cependant toujours reconnu le droit à l’erreur et je me suis abstenu de reprendre les gens qui prenaient la peine de souligner leurs propres erreurs et de s’autocorriger.

Loin d’être parfait, j’ai moi-même commis mes bourdes grammaticales. J’ai toujours vu à les effacer ou à les corriger, dès que j’en prenais connaissance. Comme quoi personne n’est à l’abri, c’est aussi arrivé au grand Bernard Pivot, cette semaine.

D’abord, doit-on écrire Paul et Marie se sont regardé dans les yeux, ou Paul et Marie se sont regardés dans les yeux ?

Ensuite, doit-on écrire Paul et Marie se sont succédé à la présidence de cet organisme, ou Paul et Marie se sont succédés à la présidence de cet organisme ?

Pas évident, non ? Mais attendez de lire la suite…

Dans le premier cas, on doit choisir le pluriel et écrire Paul et Marie se sont regardés dans les yeux.

Dans le second cas, il faut y aller avec le singulier et écrire Paul et Marie se sont succédé à la présidence de cet organisme.

L’explication est la suivante :

Dans Paul et Marie se sont regardés dans les yeux, le participe passé regardés s’accorde avec le complément direct se, pronom remplaçant Paul et Marie. Il doit donc être masculin pluriel. Si on avait eu Mélanie et Marie, on aurait écrit Mélanie et Marie se sont regardées dans les yeux.

Dans l’autre phrase, Paul et Marie se sont succédé à la présidence de cet organisme, l’un a succédé à l’autre, faisant du pronom se un complément indirect, plutôt qu’un complément direct (… a succédé à qui ? À se, mis pour Marie, ou l’inverse, se désignant Paul). Le participe passé demeure donc invariable.

Et je cite :

« Dans Les enfants de la télé, mon compliment sur Trapenard est entaché d’une faute « parmi tous les journalistes littéraires qui se sont succédés … ». Pas de s à succédé ! »

Bernard Pivot, ex-animateur d’Apostrophes et de Bouillon de culture, le 4 avril 2021.

Dans le cours d’univers social

Le sigle des Ligues majeures de baseball est MLB. Celui du mouvement Black Lives Matter est BLM.

Le match des étoiles 2021 du baseball majeur devait avoir lieu à Atlanta, en Géorgie. Dans la foulée de la loi adoptée par cet état américain le mois dernier, loi qui aura pour effet de limiter le droit de vote des minorités, la MLB a décidé de relocaliser son match des étoiles. On ne sait pas encore où il se déroulera, mais l’hommage à Hank Aaron, qui a évolué à Atlanta et qui est décédé plus tôt cette année, aura lieu ailleurs.

C’est dommage pour les partisans de baseball à Atlanta, mais devant la grossièreté des mesures adoptées par le gouverneur républicain de la Géorgie, en réplique au vote majoritairement démocrate des électeurs de cet état lors des élections présidentielles de l’automne dernier, le commissaire du baseball majeur a répondu par un électrochoc que l’autre n’a jamais vu venir. Ceci constitue tout un appui aux athlètes noirs du baseball, héritiers de Jackie Robinson, dont Hank Aaron faisait partie.

La Guerre de Sécession a pris fin il y a 156 ans jour pour jour, en ce 9 avril. Après tout ce temps, est-il normal de voir encore autant de ségrégation dans les actions et les décisions américaines ? Poser la question, c’est y répondre.


Dans le cours de français, deuxième période

– Comment écrit-on Outaouais ?

– Comme ça se prononce.

– Et comment prononce-t-on Outaoauis ?


Dans le cours d’éthique et culture religieuse

D’un côté, une dame dans la soixantaine se fait rouer de coups, sous les yeux d’un gardien de sécurité même pas foutu d’appeler de l’aide, encore moins d’intervenir.

D’un autre côté, l’égo d’un chat en prend pour son rhume, après que deux poules se soient entraidées(1) pour se défendre d’une attaque du même type.

J’admire les poules.

(1) Participe passé s’accordant avec le complément direct se, mis pour poules, féminin pluriel.


Dans le cours de musique

Belle surprise des Cowboys fringants, il y a trois semaines, alors qu’ils ont lancé un nouvel album, moins de 18 mois après Les antipodes, l’album qui nous avait offert L’Amérique pleure. Le groupe récidive cette fois avec Les nuits de Repentigny, qui rassemble 23 chansons originales relatant ses débuts. Le son, les mélodies, les paroles, rien n’a été réinventé ici, on reconnaît Les Cowboys fringants dès les premières notes de n’importe laquelle des pièces. Ce qui est intéressant, toutefois, c’est de constater que les membres du quatuor ont lâché leur fou à travers plusieurs d’entre elles, y injectant une bonne dose de souvenirs.

Avec l’embarras du choix, mon aiguille s’est arrêtée sur Fin d’hiver, une chanson de circonstance. La voici en #musiquebleue.

Les Cowboys fringants – Fin d’hiver – Les nuits de Repentigny – #musiquebleue

Et je cite :

« Matière à réflexion: Du temps des jukebox, vous vous souvenez de combien on était prêt à payer pour écouter UNE toune, UNE fois ? »

Stéphane Venne, auteur-compositeur et conseiller en communications, le 31 mars 2021.

La bonne nouvelle de cette semaine

C’est le genre de nouvelle qui fait du bien. Samedi, un garçon de trois ans a été retrouvé sain et sauf dans une forêt au nord de Kingston, en Ontario, après s’y être perdu durant trois jours. L’enfant aurait échappé durant moins d’une minute à la vigilance de son grand-père, avec qui il construisait une balançoire. La suite immédiate constitue le cauchemar de tout parent : région sauvage, froid, pluie, noirceur. Ce sont finalement des policiers qui l’ont trouvé, en bonne santé, après 72 heures de recherches.

Comme quoi il faut toujours garder espoir.

Lisez le compte rendu de Radio-Canada.


Billet du 26 mars 2021 : Au jeu !

Quelle belle expression ! Surtout quand elle exprime la traduction du célèbre Playball !, qui marque le début d’un match de baseball. C’est jeudi prochain, le 1er avril, que le baseball majeur entreprendra sa saison régulière. COVID oblige, les Blue Jays de Toronto joueront leurs joutes locales à Buffalo, afin d’éviter les passages aux douanes. Pour le reste, un certain nombre de spectateurs étant admis dans quelques stades, la prochaine saison de baseball franchira un pas de plus vers la normalité, comparativement à la dernière.

L’amateur de baseball en moi est fébrile. Si vous l’êtes moins, dites-vous que baseball est synonyme d’été. De belles journées arrivent !


Dans le cours de français

C’est le genre de mauvaise surprise qui survient souvent à un bien mauvais moment. Mercredi matin, je suis sorti de chez moi et j’ai rapidement remarqué que ma voiture avait un pneu à plat. Quelqu’un à qui j’ai parlé de ma mésaventure, plus tard en journée, évoquait mon pneu « dessoufflé ».

Un pneu peut-il être dessoufflé ? Eh bien non. Le verbe dessouffler n’est accepté que dans quelques ouvrages de références, mais aucun des plus consultés. Le mot ne se trouve ni dans le Robert, ni dans le Larousse. Il apparaît toutefois dans le Littré.

Même pris à l’inverse de souffler, qui lui existe bel et bien partout, dessouffler un pneu ne constituerait pas une expression correcte. Souffler signifie pousser de l’air par la bouche ou à l’aide d’un souffleur. Quand il s’agit de pousser de l’air dans un objet souple afin d’en augmenter le volume, on parle plutôt de gonfler. Ainsi, un pneu se gonfle et se dégonfle.

Mon pneu était donc dégonflé.


Dans le cours d’éducation physique

L’officiel Tim Peel n’arbitrera plus jamais un match dans la Ligue nationale de hockey. Après 23 ans, l’arbitre a commis une bourde qui lui a valu un congédiement du circuit Bettman. Lors du match de mardi soir entre les Red Wings de Detroit et les Predators de Nashville, un joueur des Red Wings s’est collé sur un joueur des Predators, Viktor Arvidsson, avant de se jeter sur la glace et de balancer son bâton dans les jambes d’un autre joueur des Predators. Sur la séquence, c’est pourtant Arvidsson qui a reçu une pénalité pour avoir fait trébucher. Jusqu’ici, rien de trop particulier. On peut prétendre que l’arbitre en a manqué une, mais l’erreur est humaine.

Le hic, c’est que Peel, qui a décerné la pénalité, semble avoir oublié qu’il portait un micro sur lui et il a prononcé la simple phrase qui lui a valu son renvoi : « Ce n’était pas grand chose, mais je voulais donner une foutue pénalité aux Predators tôt en période ». Bonjour la préméditation. Et au diable l’intégrité de la ligue.

(Voir la séquence et entendre les paroles de Tim Peel)

Je me suis pris à imaginer les mêmes paroles dans la bouche d’une personne en situation d’autorité, dans un autre contexte. Un enseignant dans une classe, par exemple : « L’élève n’a pas fait grand chose, mais depuis le début de la journée, je voulais lui donner une conséquence ».

La LNH a devancé de quelques mois la retraite de Tim Peel, qui était prévue à la fin de la présente saison. C’est une sage décision.


Dans le cours de musique

Comment qualifier les chansons de Charlotte Brousseau ? Sa page Bandcamp évoque le folk-rock. Personnellement, j’y décèle des notes de jazz que j’aime beaucoup. Mais surtout, les paroles de ses chansons méritent d’être écoutées attentivement. C’est en octobre qu’elle lançait son premier mini-album, Boucles. En #musiquebleue, c’est l’extrait Je cours encore vous attendre (ê-haouc) que je propose aujourd’hui. Je vous souhaite une belle découverte.

Charlotte Brousseau – Je cours encore vous attendre (ê-haouc) – Boucles – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Il fait beau et la température est agréable. C’est une période de l’année où beaucoup y trouvent leur compte. Le vélo est commencé, même si la saison de ski se poursuit encore quelques semaines. On ouvre les fenêtres, on entend les oiseaux. Peut-être est-il encore trop tôt pour manger dehors, mais on peut facilement s’y installer pour boire un verre.

La nature s’éveille. Un espoir renaît.


Billet du 5 mars 2021 : Sous les cheveux, sur les cheveux et … mal aux cheveux !

Pour un enseignant, du moins pour celui que je suis, la relâche scolaire est synonyme de repos, de décrochage du quotidien, de sports d’hiver et de lecture. Et parmi mes lectures de la semaine, une a particulièrement retenu mon attention.

Publiée sur le site 01net.com, elle fait état de quatre dangers psychologiques des visioconférences, selon des chercheurs. Il faut bien comprendre qu’il s’agit ici de dangers pour certaines personnes et non d’effets néfastes pour l’ensemble des utilisateurs. On mentionne que le fait de regarder un mur de visages, plutôt que seulement la personne qui parle, peut causer une sur-stimulation du cerveau. Ensuite, on affirme que de se voir soi-même, comme devant un miroir, sur une aussi longue période, peut causer des « conséquences émotionnelles négatives ». Troisièmement, on stipule que de rester assis devant un écran impose une moins grande mobilité qu’une conversation téléphonique ou une présence physique, ce qui aurait des effets sur l’efficacité de la pensée. Vraiment ? Finalement, les chercheurs avancent qu’il faut fournir des efforts supplémentaires pour saisir le non-verbal des autres participants et que, de ce fait, la charge cognitive s’en trouve alourdie.

Peut-on effectivement qualifier tout cela de dangers ? Pour avoir vécu souvent l’expérience de la visioconférence, le mot me semble considérablement exagéré. Tout comme les quatre conclusions me semblent tirées par les cheveux.

Le prof ne corrige pas

Et ce n’est pas parce qu’il est en relâche scolaire !

La fin de semaine dernière, on a porté à mon attention un article publié sur le site de TVA Nouvelles. L’intérêt se portait sur un mot en particulier, ici souligné en rouge :

Source : TVA Nouvelles

Bonbon et bonbonnière ne sont-ils pas les seuls mots de la langue française où on trouve un n, et non un m, devant un b ou un p ? Eh bien non ! Il y a d’autres exceptions, embonpoint en est une. Quant au mot qui nous préoccupe, même si bombonne est la façon dont on le voit plus souvent orthographié, l’orthographe bonbonne est acceptée par tous les ouvrages de référence. Il n’y a donc pas faute dans cet article de TVA Nouvelles.


Et je cite :

« J’ai compris à quel point le règne de Trump avait été traumatisant à ma réaction lorsque j’ai entendu sa voix tout à l’heure aux infos. »

Nathalie Collard, journaliste à La Presse, le 28 février 2021.

Même chose pour moi, Madame Collard. C’était comme un lendemain de veille.


Passion printanière

La relâche scolaire coïncide chaque année avec le début des matchs de la Ligue des pamplemousses et de la Ligue des cactus, dans le baseball majeur. Le grand amateur en moi s’y intéresse au plus haut point, ainsi qu’à tout ce qui entoure les camps d’entraînement des équipes de la MLB. C’est ainsi que j’ai découvert un article léger et intéressant, justement sur le site MLB.com, dans lequel il était question des plus belles casquettes. En fait, l’auteur de l’article passait en revue toutes les casquettes portées par les joueurs de chacune des 30 équipes dans leur histoire, et se prononçait sur celle qui, selon lui, marquait l’oeil plus que les autres.

Dans le paragraphe sur les Nationals de Washington, l’auteur a mentionné que malgré la belle allure de chacune des casquettes de l’équipe basée dans la capitale américaine, c’est celle portée par son ancêtre, les Expos de Montréal, qui remportait la palme, haut la main.

Source : MLB Shop

Encore aujourd’hui, 17 ans après le départ de l’équipe vers Washington, la casquette des Expos demeure l’une des plus vendues sur le site de la Major League Baseball. Ma fierté est grande.


Et je cite :

« Avec deux buts cette année et bientôt six ans sans séries, si Jack Eichel jouait à Montréal, on voudrait l’échanger pour n’importe quoi au plus sacrant. Parce qu’il joue ailleurs, on viderait le club pour l’obtenir… »

Mathias Brunet, journaliste sportif à La Presse, le 2 mars 2021.

Comme quoi tout est relatif, dans la vie.


Dans mes écouteurs

Avec la présence accrue de Laurence Nerbonne dans les médias et sur les réseaux sociaux, au cours de la dernière semaine, il était impossible de la manquer ! Étant en relâche scolaire, je me suis offert l’écoute de son dernier album, OMG, sorti vendredi dernier. Pour la #musiquebleue de ce billet, j’ai retenu la pièce Porto Rico, qui intègre d’intéressants accents du Sud au son électro-pop de l’auteure-compositrice-interprète.


La bonne nouvelle de cette semaine

Le World Alzheimer Reports est une publication annuelle produite par l’Alzheimer’s Disease International, depuis 2009. Chaque numéro comporte une série d’articles et de reportages en lien avec un sujet lié à la maladie d’Alzheimer. Ces articles et reportages sont rédigés par des chercheuses et chercheurs de partout à travers le monde. Pour la rédaction des publications des années 2021 et 2022, l’association a mandaté l’équipe du neurologue Serge Gauthier, un chercheur montréalais affilié à l’Université McGill.

C’est qu’une équipe composée en majeure partie de scientifiques québécois a mis au point un protocole permettant de détecter plus tôt la maladie chez un individu. Ce dernier pourra ainsi gagner deux ou trois ans de traitements visant à stabiliser son état, ce qui est crucial pour la suite des choses. Un traitement découvert par un médecin montréalais et relégué aux oubliettes, il y a quelques années, pourra également être réhabilité avec l’avancée des dernières recherches.


Billet du 29 janvier 2021 : Quand l’amour grince

Je me suis interrogé toute la semaine. Parmi les questions que je me posais, plusieurs sont demeurées sans réponse, mais une a trouvé la sienne. Le gouvernement du Québec épongera finalement les déficits des centres de services scolaires (anciennement les commissions scolaires) découlant de la pandémie de Covid-19. Les chiffres évoquent un déficit total de 45,4 millions $, pour la dernière année seulement, cumulé par près de la moitié des centres de services scolaires, notamment pour de l’achat d’équipement de protection individuelle (masques, visières, lunettes, etc.), de désinfectant et de matériel pour adapter les locaux aux mesures sanitaires. Je suis soulagé de constater que les centres de services n’auront pas à assumer cette responsabilité.

Parmi mes autres questions, le baseball majeur aurait-il dû admettre l’ex-lanceur Curt Schilling en son Temple de la renommée ? Si on se fie à ses performances sur le terrain, réalisées sans consommation de substances illicites, oui. Mais son après-carrière, teintée de propos racistes, homophobes, d’incitation à la violence et de promotion des politiques d’extrême droite est venue ternir son image. Dans le doute, on a préféré s’abstenir. Il lui fallait obtenir 75% de votes de la part des chroniqueurs de baseball, il en a obtenu 71%. En ces temps où il faut montrer patte blanche partout, la MLB pousse probablement un grand soupir de soulagement. Et pour les conséquences qu’auraient pu avoir une décision contraire, je la comprends. Mais durant 20 saisons au monticule, les performances et les comportements de Schilling sont demeurés irréprochables. Où doit-on tracer la ligne entre la personne et l’athlète ? Et surtout, que devra-t-on faire si on révèle des positions similaires adoptées par d’autres joueurs déjà admis au Temple de la renommée ?

Finalement, je me suis demandé à quoi Julie Payette pouvait bien penser, cette semaine. Plusieurs hypothèses me sont venues en tête, et j’admets qu’une ou deux d’entre elles m’ont fait sourire !


Dans le cours de français

Dans le cadre du spécial du Jour de l’An de l’émission En direct de l’univers, l’animatrice France Beaudoin a demandé à ses invités de s’exprimer sur ce que la Covid-19 ne parviendra pas à vaincre. Du fond du coeur, la comédienne Louise Latraverse s’est exclamée « L’AMOUR, CRISSE ! ».

Le cri du coeur a été récupéré et des produits dérivés, dont les profits des ventes seront versés à un organisme venant en aide aux femmes victimes de violence conjugale, ont rapidement été mis en marché. Jusqu’ici, je salue la démarche. La cause est noble et il faut profiter de l’élan pour la soutenir.

Là où je vois un problème, c’est avec l’inscription telle que libellée :

Source

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire « L’amour, crisse ! », avec une virgule après L’amour et un point d’exclamation en finale, et non « L’amour crisse ». Ceci, bien entendu, en admettant qu’on ferme les yeux sur l’orthographe du juron crisse. Le point d’exclamation, d’abord, replace cette expression dans son contexte d’exclamation.

Quant à la virgule, elle est essentielle pour séparer deux propositions très indépendantes. Sans la virgule, crisse devient un verbe et L’amour son sujet. Et quelle est la définition du verbe crisser ? Selon le Larousse, c’est « Produire un bruit aigu et désagréable sous l’effet d’un frottement ; grincer ».

Et cela va définitivement à l’encontre du message qu’a lancé Madame Latraverse.

(En passant, si t-shirt est accepté en français, il en est tout autrement de hoodie)


Dans le cours de français, deuxième période

Je me suis délecté de la lecture d’une chronique signée Alexandre Pratt, samedi. Enfin, quelqu’un prend le temps de souligner le travail des commentateurs et analystes sportifs québécois dans la promotion et l’enrichissement des expressions françaises. L’héritage de René Lecavalier est particulièrement bien servi par le personnel de la station RDS, tous sports confondus. Pratt reprend plusieurs exemples et mentionne le travail acharné d’un grand nombre de journalistes et ex-athlètes dans leur exercice de francisation du langage sportif. Martin McGuire, la voix du Canadien de Montréal au réseau des stations du groupe Cogeco, reçoit également sa part d’éloges.

Seul bémol, on égratigne quelque peu l’équipe de TVA Sports. On explique les propos peu orthodoxes, mais rendus dans une « langue raffinée », de Frédéric Lord à la description des matchs de soccer. Également, le billet s’en prend indirectement au fameux « Et compte ! » de Félix Séguin, lorsqu’il décrit un but au hockey. Citant Pierre Houde, Alexandre Pratt mentionne que René Lecavalier regrettait d’avoir popularisé cette expression, expliquant qu’on peut compter des objets, qu’on peut compter sur quelqu’un, mais qu’on ne peut pas compter un but. C’est la raison pour laquelle lors de ses dernières années au micro, le célèbre descripteur des joutes présentées à La Soirée du hockey avait remplacé son « Il lance et compte ! » par « Le tir et le but ! », repris par presque tous ses successeurs.

Finalement, l’auteur de la chronique lance un appel au public pour franciser quelques nouvelles et moins nouvelles expressions n’ayant pas trouvé d’équivalences pertinentes dans la langue de Molière. J’y réfléchis !


Dans le cours de musique

C’est dimanche dernier que j’ai entendu pour la première fois la pièce Pale Mal. Depuis, le ver d’oreille est omniprésent dans ma tête. Interprétée par le Montréalais d’adoption Fwonte, la chanson figure sur l’album Migration, du Montréalais d’origine Ghislain Poirier. Une #musiquebleue au son caribéen en ce froid vendredi.

#musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

C’est un de mes élèves qui m’a suggéré cette bonne nouvelle, cette semaine. Selon un reportage diffusé au Téléjournal de Radio-Canada, lundi, les cas de rhume, de gastro et autres virus ont considérablement diminué dans les écoles, durant cette année scolaire. Il est clair que le port du couvre-visage et le lavage de mains plusieurs fois par jour produit ses effets.

Suite à la présentation de ce reportage en classe par mon élève, j’ai questionné le groupe pour obtenir ses réactions. Je possédais déjà un très bon indice, le taux d’absentéisme étant particulièrement bas, cette année. Les élèves ont spontanément admis que le reportage reflétait leur réalité ! Sur vingt-quatre élèves, huit ont mentionné avoir eu un rhume au cours des derniers mois et un a souffert d’une gastro. Les autres, rien ! Leur enseignant non plus. Et personne n’a subi plus d’un épisode.

Bien sûr, et cela est mentionné dans le reportage, il faut contracter périodiquement certains virus pour renforcer son système immunitaire. Mais de savoir qu’on peut en contrôler la fréquence, et surtout d’en prendre une pause, permet de penser que certaines mesures auxquelles nous nous habituons graduellement s’implanteront peut-être pour un terme plus long que prévu.