Billet du 3 décembre 2021 : Comment ont-ils pu penser ?

Comment ont-ils pu penser qu’ils ne se feraient jamais prendre ?

C’est une question que je me pose régulièrement. Je me la suis posée, entre autres, quand les stratagèmes de Gilles Vaillancourt et de Michael Applebaum, les ex-maires de Laval et de Montréal, ont été étalés au grand jour. La semaine dernière, je me la suis également posée quand Bernard Poulin a été forcé de plaider coupable devant ses pairs ingénieurs, après avoir échappé à la prison en dupant les instances pénales.

Cette semaine, le procès de Ghislaine Maxwell, compagne et complice de Jeffrey Epstein dans ses crimes à caractère sexuel, m’a fourni une autre occasion de me questionner là-dessus. Comment tous ces gens, et bien d’autres, qui ont agi illégalement au vu et au su de leur entourage, parfois au-delà, ont-ils pu un seul instant s’imaginer qu’ils étaient protégés et à l’abri de toute intervention légale ?

Et puis, cette semaine toujours, j’ai vu le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) être heurté par le retour du balancier, quatre fois plutôt qu’une. Des policiers du SPVQ sont d’abord allés trop loin avec deux personnes de race noire. La vidéo a fait le tour des médias. Il n’en fallait pas plus pour que les coffres secrets s’ouvrent. Une deuxième, une troisième et une quatrième vidéo, montrant les sévices des mêmes policiers, sont apparues publiquement.

Dans une société et à une époque où tout ce qui s’appelle sons et images sont captés, comment ces policiers ont-il pu penser qu’ils pourraient continuer d’agir impunément de la sorte ?

Tous les cas mentionnés plus haut ont quelque chose en commun : seul, on se tait. Dès qu’un autre dénonce, les langues se délient. Tant pis pour ceux qui, dans l’entourage, savaient et se sont tus. Leur embarras n’en sera que plus grand.

Mais ceux qui se sont tus, au fait, comment ont-ils pu penser qu’ils ne seraient jamais éclaboussés ?


Dans le cours de français

Je l’ai mentionné souvent sur cette page : l’erreur est humaine et personne n’est à l’abri de commettre une faute de grammaire ou de laisser passer une coquille. Ce qui s’excuse moins bien, en revanche, c’est de ne pas se relire ou de ne pas se corriger.

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire Rares sont ceux, avec un s à la fin de Rares, et non Rare sont ceux. L’attribut du sujet (Rares) doit s’accorder en genre et en nombre avec le sujet (ceux).


Dans le cours de français, deuxième période

Dans mon billet de la semaine dernière, je mentionnais, à propos de la suggestion de réforme de l’accord du participe passé employé avec avoir, que j’adhérerais entièrement à l’idée si toute la francophonie allait en ce sens.

Voir ou revoir mon billet du 26 novembre 2021.

Eh bien l’écrivain Stanley Péan a rappelé tout le monde à l’ordre, avec une publication qui illustre la distinction importante que permet la règle actuelle :

(C’est aussi l’exemple que m’avait fourni mon épouse !)

Est-ce qu’on désire l’homme ou sa mort, ici ? Je crois que la francophonie optera pour le maintien de la règle.


Dans le cours de mathématiques

Voulez-vous voir d’autres chiffres, comme la semaine dernière, sur l’efficacité des vaccins contre la COVID-19 ?

Regardez le graphique suivant. Les bandes de gauche représentent les taux de vaccination, en pourcentage, pour chacun des pays d’Europe. Celles de droite illustrent le nombre de décès par million d’habitants, sur une période de 14 jours en novembre 2021, pour ces mêmes états.

La tendance saute aux yeux. L’efficacité des vaccins est évidente.


Dans le cours de mathématiques, deuxième période

Le lanceur Max Scherzer est un des meilleurs de sa profession. Aussi mérite-t-il de se retrouver parmi les plus hauts salariés du baseball majeur. Cette semaine, il a signé un contrat de trois ans avec les Mets de New York. À terme, ce contrat lui aura rapporté 130 millions $.

Il y a longtemps que la démesure ne me scandalise plus, du moins dans le sport professionnel, mais elle fournit parfois de l’excellent matériel à ironie. En tenant pour acquis qu’un être humain moyen cligne des yeux vingt fois par minute et dort huit heures par nuit, on peut affirmer que la formation new-yorkaise versera 4,13 $ à son nouveau lanceur pour chaque battement de cils.

En comparaison, il faudrait que je regroupe 472 enseignants, au maximum de l’échelle salariale, et que je leur fasse cligner des yeux en même temps pour produire ces 4,13 $. J’ai mieux à faire, finalement.


Dans le cours de musique

J’ai l’habitude de vous présenter des pièces récentes, en #musiquebleue. Ce sera différent aujourd’hui. C’est parce que j’avais envie d’y aller avec Patrick Watson et de diffuser une de ses rares chansons en français. Celle-ci date de 2010.

Voici Je te laisserai des mots.

Patrick Watson – Je te laisserai des mots – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Aux débuts de la pandémie, alors que les conséquences physiques de la COVID-19 commençaient à peine à se faire connaître, les premiers cas de complications neurologiques sont apparus dans la population atteinte. Un chercheur de l’Université Laval, Ayman ElAli, est à l’origine d’une découverte qui explique les causes des atteintes cognitives du coronavirus SARS-CoV-2.

La protéine S du virus, sur laquelle les vaccins agissent, est également celle qui affaiblit les cellules qui protègent les vaisseaux sanguins du cerveau, causant ainsi chez l’individu de la confusion, des pertes de mémoire et, dans des cas plus rares, des accidents vasculaires cérébraux (AVC). Cette partie du virus attaque également les cellules des poumons, de même que celles de la cavité nasale, directement liée au cerveau. 

La découverte de l’équipe d’Ayman ElAli permettra éventuellement d’agir sur la cavité nasale afin de protéger le cerveau. 

Lire l’article (en anglais) publié par Neurobiology of Disease sur la découverte québécoise.


Billet du 3 juillet 2020 : Journal de vacances (1 de 8)

Pour les prochaines semaines, je vous offrirai une version allégée de mes billets hebdomadaires. Le pédagogue et le consultant étant officiellement en vacances, le rédacteur assurera la garde jusqu’à la rentrée scolaire. Les sujets se voudront plus légers, le traitement également. Ma profession me permet une longue pause estivale que j’utilise pour ralentir et me ressourcer, jamais pour m’arrêter. L’actualité, elle, roule constamment. C’est une vérité à plusieurs niveaux, notamment dans le monde de l’éducation, en ce temps de pandémie et de changements sociaux.


Déformation professionnelle

Je sursaute chaque fois qu’un média ou une personnalité publique diffuse une information contenant des fautes de français. Je comprends que l’orthographe et la grammaire puissent constituer une difficulté chez plusieurs. Je comprends aussi que cette difficulté ne doit empêcher personne de s’exprimer librement. Toutefois, quand la faute résulte d’une révision déficiente, de l’auteur ou d’une personne chargée de la correction, il s’agit pour moi d’une situation inacceptable.

Samedi dernier, sous la plume du journaliste Vincent Larouche, La Presse a publié un article contenant ce genre d’erreur, qui aurait dû être évitée. Je félicite néanmoins le média du boulevard Saint-Laurent d’avoir pris soin de corriger la faute, dans les heures ou les jours qui ont suivi sa diffusion.

Je vous propose un petit jeu d’été. J’affiche ci-dessous une capture d’écran du paragraphe contenant la faute de français et vous tentez de la trouver. À la fin du présent billet, vous aurez le même paragraphe, cette fois corrigé, avec l’explication grammaticale. On joue ? Alors voici :

Source : lapresse.ca

Devant mon écran

Mercredi soir, j’ai raté la majeure partie du spectacle de la Fête du Canada, mais j’ai pu voir les dernières 35 ou 40 minutes. De ce que j’ai pu constater, l’unifolié semblait aussi absent autour de la scène que le fleurdelisé ne l’était lors du spectacle de la Saint-Jean, une semaine plus tôt. L’absence de cette semaine s’est faite beaucoup plus discrète, sur les réseaux sociaux et dans les médias.

L’historien Jean-François Nadeau a cité le regretté Pierre Bourgault, il y a deux jours :

Je rêve que le Québec, libre enfin, devienne le premier pays du monde à n’avoir ni drapeau, ni hymne national. Je rêve de voir notre seule liberté nous servir d’étendard et notre seule fraternité nous servir d’identification pour le genre humain.

Pierre Bourgault

À travers la lecture de la seconde phrase de cette citation, je reconnais les propos d’une génération, celle des jeunes adultes, celle de mes enfants.


Devant mon écran (suite)

J’ai hésité avant de visionner la série Jeffrey Epstein : pouvoir, argent et perversion, sur Netflix. J’ai finalement choisi de le faire. Ce reportage en quatre épisodes tient lieu de procès pour celui qui a réussi à l’éviter en se donnant la mort dans sa cellule de prison. Epstein lui-même donne sa version des faits, ou plutôt évoque les 5e et 6e amendements pour ne pas avoir à le faire, à travers des extraits des différents interrogatoires auxquels il a dû se prêter.

Malgré les témoignages bouleversants des victimes et de quelques témoins, la série jette un éclairage sur une histoire de trafic humain gardée secrète durant plusieurs années. Selon ce qui y est dévoilé, des gens très puissants auraient été impliqués directement ou indirectement dans le stratagème.

Y aura-t-il une deuxième saison ? Avec l’arrestation de Ghislaine Maxwell, principale complice d’Epstein, hier matin, il y a tout lieu de penser que la chronique n’est pas épuisée et que beaucoup de choses restent à découvrir.

Jeffrey Epstein : pouvoir, argent et perversion
Netflix, 2020, série en quatre épisodes.


Mes lectures d’été

J’en ai entrepris une première, à la fin de la semaine dernière. Il s’agit du dernier roman de Dany Laferrière, L’exil vaut le voyage, apparu le 16 juin dernier sur les rayons des librairies québécoises. À travers cet ouvrage, Laferrière a réécrit de nombreuses notes prises au cours des années qui ont suivi son arrivée au Québec, en 1976. Lorsque je mentionne qu’il a réécrit, il a vraiment réécrit. À la main. Et dessiné ses propres illustrations.

Il faut d’abord s’habituer à la structure de la page. Une fois que c’est fait, la lecture peut suivre son cours et on reconnaît aisément le style de l’auteur. Mais une autre difficulté se présente, du moins, en ce qui me concerne. Depuis plus de dix ans, j’utilise une liseuse. Je peux ainsi acheter ou emprunter mes livres à distance, peu importe le moment, et traîner une bibliothèque complète avec moi. L’écriture manuscrite de ce livre n’est pas assimilée par ma vieille Sony Reader et les 400 pages du livre y apparaissent complètement vides. Pour en effectuer la lecture, je dois donc me rabattre sur ma tablette ou sur mon ordinateur, les deux avec rétroéclairage, ce qui a pour effet de fatiguer les yeux beaucoup plus vite.

Qu’à cela ne tienne, l’histoire, autobiographique, vaut la peine d’être lue. Ne serait-ce que pour connaître les dessous de son arrivée au Québec, sa vue caraibéenne de Montréal, la genèse de son entrée dans la vie littéraire.

L’exil vaut le voyage
Dany Laferrière, Boréal, Montréal, 2020, 410 pages


Mes sports d’été

Ceux qui me connaissent savent à quel point je suis un grand amateur de baseball. Chaque été, je me rends voir plusieurs matchs, tant du baseball professionnel que du baseball amateur, sans compter tout ce que je peux regarder à la télévision.

Les différentes ligues ayant suspendu leurs activités en raison de la Covid-19, je prends mon mal en patience en me tournant vers les nouvelles, les anecdotes ou les reprises. Parmi ce que j’ai vu passer cette semaine, il y avait cette publication des Blue Jays de Toronto pour souligner la Fête du Canada. On y voit et entend quelques joueurs peinant à prononcer quelques mots en français, pendant que le Montréalais d’origine Vladimir Guerrero Jr tente tant bien que mal d’en donner la signification.

Cette publication m’a beaucoup amusé. Je la partage ici :


Le monde change à la sortie de la pandémie. Après les manifestations anti-racistes monstres à travers le monde, voici la montée des Verts aux premières élections municipales françaises. L’égalité sociale et l’environnement sont deux enjeux amplifiés par l’activiste post-pandémie.

Jean-Marc Léger, sondeur, le 2 juillet 2020

Fêtes estivales

« Méchants partys », pourrais-je ajouter, après avoir pris connaissance de ce reportage sur le site de CNN. Des jeunes de l’état de l’Alabama, aux États-Unis, ont lancé une tendance qui, ma foi, peut s’apparenter au jeu de la roulette russe. On organise des fêtes ou des rassemblements, avec droits d’entrée, tout en invitant quelques personnes infectées par la Covid-19. Après l’événement, la première personne participante qui reçoit un diagnostic officiel de Covid-19 remporte les profits de la soirée.

Bien sûr, les risques de décès pour ces jeunes fêtards sont moindres qu’à la roulette russe. Mais en se basant sur les statistiques, les menaces de contracter le virus sont largement supérieures. Et de là, les probabilités d’infecter un membre plus vulnérable de l’entourage sont bien réelles.

Pourquoi ce défi ? Le mal est de toute évidence plus profond que la simple insouciance. Ce peuple souffre, les événements des derniers mois le démontrent clairement. Priver la population américaine de ses libertés, c’est la priver de l’air qu’elle respire. Et c’est ce que la pandémie mondiale est en train de faire. Avec 50 000 à 60 000 nouveaux cas et 600 à 700 nouveaux décès quotidiennement, la partie est loin d’être gagnée chez nos voisins du Sud.

Pour l’Alabama, voici les statistiques, en date du 2 juillet 2020 :

Source : Wikipédia

On y reviendra dans deux semaines. En souhaitant que ces rassemblements n’aient résulté en aucune conséquence fâcheuse.


Dans mes écouteurs

En #musiquebleue cette semaine, Fanny Bloom et son monoplage Cinéma.


La bonne nouvelle de cette semaine

C’est difficile de considérer une arrestation et une mise en accusation comme étant une bonne nouvelle. Mais pour les nombreuses victimes de Jeffrey Epstein, ainsi que pour celles et ceux qui réclament justice dans ce dossier, le fait que Ghislaine Maxwell se retrouve derrière les barreaux constitue certes une grande bouffée d’air frais.


Déformation professionnelle (suite)

Voici la solution :

Avez-vous trouvé ? En effet, le mot bail au pluriel s’écrit baux et non bails.

La plupart des noms se terminant par _ail forment leur pluriel en _ails. Par exemple, chandail fera chandails. Mais une dizaine de mots en _ail écriront plutôt leur pluriel avec _aux en terminaison, et bail est du nombre. Les autres sont corail, émail, fermail, gemmail, soupirail, travail, vantailventail et vitrail.