Billet du 8 octobre 2021 : Agencement de styles et de couleurs

Une nouvelle importante a été annoncée par le gouvernement du Québec, en début de semaine. Dans le cadre d’un projet-pilote, des ambulanciers de la Montérégie seront appelés à aller prêter main-forte au personnel médical des hôpitaux.

Lire le reportage de L’actualité

Il était temps que les paramédicaux soient mis à contribution. On néglige beaucoup trop souvent leurs compétences. Au début de ma carrière, j’ai reçu une formation sur la façon d’injecter de l’adrénaline à un élève en réaction allergique aiguë. J’avais alors été étonné d’apprendre que les enseignants étaient autorisés à administrer l’ÉpiPen, mais pas les ambulanciers. La situation a depuis été corrigée et ceux-ci peuvent enfin le faire.

Le parallèle avec la pénurie de personnel dans le système d’éducation est facile à établir. Cependant, les gens qui viennent nous aider, aussi dévoués soient-ils, sont moins familiers avec l’enseignement que les brancardiers peuvent l’être avec les enjeux de la santé. 

Est-ce que ces lacunes laisseront leurs traces sur la formation de nos élèves ? Je le crains, malheureusement.


Question de la semaine

Avec le retrait de la compétition de Carey Price pour au moins un mois, le Canadien de Montréal commencera vraisemblablement la saison avec Jake Allen et Samuel Montembeault comme gardiens de but. Les deux sont des produits de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ).

À quand remonte la dernière fois où le Tricolore a commencé une saison avec deux gardiens issus de la LHJMQ ?

Réponse à la fin du billet.


Dans le cours d’arts plastiques

Avez-vous remarqué l’image qui coiffe ce billet hebdomadaire ? C’est une œuvre réalisée par des élèves de sixième année de l’école primaire où j’enseigne. Il s’agit d’un projet de land art, sous la supervision d’une de mes collègues. J’ai tenté, sans succès, de trouver une appellation française au land art. J’ai songé à art de la terre, mais cette expression appartient déjà à une autre forme artistique.

Cela consiste à agencer toutes sortes d’objets trouvés dans la nature pour en faire une représentation artistique. À la lumière de leurs résultats, je constate que nos élèves possèdent un talent certain. Vous pourrez en juger par vous-mêmes en admirant la galerie ci-dessous.


Dans le cours d’univers social

Dans une manchette de La Presse du 28 septembre dernier :

Source : La Presse

Puis, dans une manchette du Journal de Montréal du 4 octobre :

La « commotion » a duré six heures. Imaginez une semaine !


Dans le cours de français

Avec le décès d’Andrée Boucher, plus tôt cette semaine, le Québec a perdu une excellente actrice, qui a su laisser sa marque à travers de grands feuilletons télévisés. Toutefois, l’hommage que lui a rendu l’Agence QMI, notamment sur le site de TVA Nouvelles, m’a fait saigner des yeux.

Source : TVA Nouvelles

#LeProfCorrige

Ici, à la fin de la deuxième ligne, on aurait dû voir déclenche et non d’éclanche. Pour réussir à laisser passer deux fautes dans un même mot, il faut presque faire exprès.


Dans le cours d’univers social, deuxième période

François Amalega Bitondo est cet activiste anti-mesures sanitaires qui manifeste devant les écoles pour tenter de convaincre les élèves de ne pas se faire vacciner. Lorsqu’il fait référence au port du couvre-visage, il parle d’esclavagisme et de torture. Lors de son procès, cette semaine, il a été reconnu coupable d’entrave au travail des policiers. 

Dans son jugement, le juge Randall Richmond a évoqué Henry David Thoreau, l’auteur du premier essai sur la désobéissance civile. Celui-ci luttait contre l’esclavagisme et a été emporté par la tuberculose. Le juge Richmond a déclaré : «C’est une maladie qui est pratiquement inexistante grâce à un vaccin. Je ne pense pas que Thoreau s’opposerait aux mesures sanitaires adoptées par le gouvernement pour le bien de tous».

Le message est clair.


Dans le cours de musique

C’est un pur bonheur de se laisser bercer au son de la musique acoustique du groupe montréalais The Franklin Electric. Les membres ont lancé un quatrième album, intitulé This Time I See It, en septembre. Ils entreprennent une tournée qui les mènera un peu partout au Canada, avec comme point de départ le Théâtre Lionel-Groulx, à Sainte-Thérèse, le vendredi 15 octobre. Tiré de ce dernier opus, je vous suggère, en #musiquebleue, le titre You and I.

The Franklin Electric – You and I – This Time I See It – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Avec l’automne vient la remise des différentes récompenses littéraires. Parmi les finalistes du prix Médicis, on retrouve le Québécois Kevin Lambert. Originaire du Saguenay, l’auteur, qui aura 29 ans la semaine prochaine, est en lice pour son premier roman, Tu aimeras ce que tu as tué, publié au Québec en 2017, mais seulement cette année en France. Il a depuis édité et lancé un autre récit, Querelle de Roberval, en 2018. Cette dernière œuvre avait d’abord été retenue pour la compétition du Médicis 2019, avant que le jury ne se ravise, prétextant une erreur.

Si Kevin Lambert devait remporter la prestigieuse récompense, il deviendrait le troisième lauréat québécois du Médicis, après Marie-Claire Blais, en 1966, et Dany Laferrière, en 2009. Le jury annoncera le résultat de ses délibérations le 26 octobre.


Réponse à la question de la semaine

Il faut remonter à la saison 2003-2004 pour trouver deux gardiens issus de la LHJMQ en début de campagne, avec le Canadien de Montréal. Cette année-là, José Théodore et Mathieu Garon étaient les cerbères de confiance de l’entraîneur-chef Claude Julien.


Image en titre du billet : Marie Lou Charbonneau

Billet du 3 juillet 2020 : Journal de vacances (1 de 8)

Pour les prochaines semaines, je vous offrirai une version allégée de mes billets hebdomadaires. Le pédagogue et le consultant étant officiellement en vacances, le rédacteur assurera la garde jusqu’à la rentrée scolaire. Les sujets se voudront plus légers, le traitement également. Ma profession me permet une longue pause estivale que j’utilise pour ralentir et me ressourcer, jamais pour m’arrêter. L’actualité, elle, roule constamment. C’est une vérité à plusieurs niveaux, notamment dans le monde de l’éducation, en ce temps de pandémie et de changements sociaux.


Déformation professionnelle

Je sursaute chaque fois qu’un média ou une personnalité publique diffuse une information contenant des fautes de français. Je comprends que l’orthographe et la grammaire puissent constituer une difficulté chez plusieurs. Je comprends aussi que cette difficulté ne doit empêcher personne de s’exprimer librement. Toutefois, quand la faute résulte d’une révision déficiente, de l’auteur ou d’une personne chargée de la correction, il s’agit pour moi d’une situation inacceptable.

Samedi dernier, sous la plume du journaliste Vincent Larouche, La Presse a publié un article contenant ce genre d’erreur, qui aurait dû être évitée. Je félicite néanmoins le média du boulevard Saint-Laurent d’avoir pris soin de corriger la faute, dans les heures ou les jours qui ont suivi sa diffusion.

Je vous propose un petit jeu d’été. J’affiche ci-dessous une capture d’écran du paragraphe contenant la faute de français et vous tentez de la trouver. À la fin du présent billet, vous aurez le même paragraphe, cette fois corrigé, avec l’explication grammaticale. On joue ? Alors voici :

Source : lapresse.ca

Devant mon écran

Mercredi soir, j’ai raté la majeure partie du spectacle de la Fête du Canada, mais j’ai pu voir les dernières 35 ou 40 minutes. De ce que j’ai pu constater, l’unifolié semblait aussi absent autour de la scène que le fleurdelisé ne l’était lors du spectacle de la Saint-Jean, une semaine plus tôt. L’absence de cette semaine s’est faite beaucoup plus discrète, sur les réseaux sociaux et dans les médias.

L’historien Jean-François Nadeau a cité le regretté Pierre Bourgault, il y a deux jours :

Je rêve que le Québec, libre enfin, devienne le premier pays du monde à n’avoir ni drapeau, ni hymne national. Je rêve de voir notre seule liberté nous servir d’étendard et notre seule fraternité nous servir d’identification pour le genre humain.

Pierre Bourgault

À travers la lecture de la seconde phrase de cette citation, je reconnais les propos d’une génération, celle des jeunes adultes, celle de mes enfants.


Devant mon écran (suite)

J’ai hésité avant de visionner la série Jeffrey Epstein : pouvoir, argent et perversion, sur Netflix. J’ai finalement choisi de le faire. Ce reportage en quatre épisodes tient lieu de procès pour celui qui a réussi à l’éviter en se donnant la mort dans sa cellule de prison. Epstein lui-même donne sa version des faits, ou plutôt évoque les 5e et 6e amendements pour ne pas avoir à le faire, à travers des extraits des différents interrogatoires auxquels il a dû se prêter.

Malgré les témoignages bouleversants des victimes et de quelques témoins, la série jette un éclairage sur une histoire de trafic humain gardée secrète durant plusieurs années. Selon ce qui y est dévoilé, des gens très puissants auraient été impliqués directement ou indirectement dans le stratagème.

Y aura-t-il une deuxième saison ? Avec l’arrestation de Ghislaine Maxwell, principale complice d’Epstein, hier matin, il y a tout lieu de penser que la chronique n’est pas épuisée et que beaucoup de choses restent à découvrir.

Jeffrey Epstein : pouvoir, argent et perversion
Netflix, 2020, série en quatre épisodes.


Mes lectures d’été

J’en ai entrepris une première, à la fin de la semaine dernière. Il s’agit du dernier roman de Dany Laferrière, L’exil vaut le voyage, apparu le 16 juin dernier sur les rayons des librairies québécoises. À travers cet ouvrage, Laferrière a réécrit de nombreuses notes prises au cours des années qui ont suivi son arrivée au Québec, en 1976. Lorsque je mentionne qu’il a réécrit, il a vraiment réécrit. À la main. Et dessiné ses propres illustrations.

Il faut d’abord s’habituer à la structure de la page. Une fois que c’est fait, la lecture peut suivre son cours et on reconnaît aisément le style de l’auteur. Mais une autre difficulté se présente, du moins, en ce qui me concerne. Depuis plus de dix ans, j’utilise une liseuse. Je peux ainsi acheter ou emprunter mes livres à distance, peu importe le moment, et traîner une bibliothèque complète avec moi. L’écriture manuscrite de ce livre n’est pas assimilée par ma vieille Sony Reader et les 400 pages du livre y apparaissent complètement vides. Pour en effectuer la lecture, je dois donc me rabattre sur ma tablette ou sur mon ordinateur, les deux avec rétroéclairage, ce qui a pour effet de fatiguer les yeux beaucoup plus vite.

Qu’à cela ne tienne, l’histoire, autobiographique, vaut la peine d’être lue. Ne serait-ce que pour connaître les dessous de son arrivée au Québec, sa vue caraibéenne de Montréal, la genèse de son entrée dans la vie littéraire.

L’exil vaut le voyage
Dany Laferrière, Boréal, Montréal, 2020, 410 pages


Mes sports d’été

Ceux qui me connaissent savent à quel point je suis un grand amateur de baseball. Chaque été, je me rends voir plusieurs matchs, tant du baseball professionnel que du baseball amateur, sans compter tout ce que je peux regarder à la télévision.

Les différentes ligues ayant suspendu leurs activités en raison de la Covid-19, je prends mon mal en patience en me tournant vers les nouvelles, les anecdotes ou les reprises. Parmi ce que j’ai vu passer cette semaine, il y avait cette publication des Blue Jays de Toronto pour souligner la Fête du Canada. On y voit et entend quelques joueurs peinant à prononcer quelques mots en français, pendant que le Montréalais d’origine Vladimir Guerrero Jr tente tant bien que mal d’en donner la signification.

Cette publication m’a beaucoup amusé. Je la partage ici :


Le monde change à la sortie de la pandémie. Après les manifestations anti-racistes monstres à travers le monde, voici la montée des Verts aux premières élections municipales françaises. L’égalité sociale et l’environnement sont deux enjeux amplifiés par l’activiste post-pandémie.

Jean-Marc Léger, sondeur, le 2 juillet 2020

Fêtes estivales

« Méchants partys », pourrais-je ajouter, après avoir pris connaissance de ce reportage sur le site de CNN. Des jeunes de l’état de l’Alabama, aux États-Unis, ont lancé une tendance qui, ma foi, peut s’apparenter au jeu de la roulette russe. On organise des fêtes ou des rassemblements, avec droits d’entrée, tout en invitant quelques personnes infectées par la Covid-19. Après l’événement, la première personne participante qui reçoit un diagnostic officiel de Covid-19 remporte les profits de la soirée.

Bien sûr, les risques de décès pour ces jeunes fêtards sont moindres qu’à la roulette russe. Mais en se basant sur les statistiques, les menaces de contracter le virus sont largement supérieures. Et de là, les probabilités d’infecter un membre plus vulnérable de l’entourage sont bien réelles.

Pourquoi ce défi ? Le mal est de toute évidence plus profond que la simple insouciance. Ce peuple souffre, les événements des derniers mois le démontrent clairement. Priver la population américaine de ses libertés, c’est la priver de l’air qu’elle respire. Et c’est ce que la pandémie mondiale est en train de faire. Avec 50 000 à 60 000 nouveaux cas et 600 à 700 nouveaux décès quotidiennement, la partie est loin d’être gagnée chez nos voisins du Sud.

Pour l’Alabama, voici les statistiques, en date du 2 juillet 2020 :

Source : Wikipédia

On y reviendra dans deux semaines. En souhaitant que ces rassemblements n’aient résulté en aucune conséquence fâcheuse.


Dans mes écouteurs

En #musiquebleue cette semaine, Fanny Bloom et son monoplage Cinéma.


La bonne nouvelle de cette semaine

C’est difficile de considérer une arrestation et une mise en accusation comme étant une bonne nouvelle. Mais pour les nombreuses victimes de Jeffrey Epstein, ainsi que pour celles et ceux qui réclament justice dans ce dossier, le fait que Ghislaine Maxwell se retrouve derrière les barreaux constitue certes une grande bouffée d’air frais.


Déformation professionnelle (suite)

Voici la solution :

Avez-vous trouvé ? En effet, le mot bail au pluriel s’écrit baux et non bails.

La plupart des noms se terminant par _ail forment leur pluriel en _ails. Par exemple, chandail fera chandails. Mais une dizaine de mots en _ail écriront plutôt leur pluriel avec _aux en terminaison, et bail est du nombre. Les autres sont corail, émail, fermail, gemmail, soupirail, travail, vantailventail et vitrail.