Billet du 6 novembre 2026 : Que signifie au juste protéger la langue française ?

Paul St-Pierre Plamondon (PSPP) a envoyé une lettre aux dignitaires de l’Union européenne, présents à Montréal la semaine dernière, pour expliquer son absence au sommet et les raisons qui l’ont incité à prendre cette décision. Je ne commenterai ni l’absence ni les raisons évoquées par le premier ministre. À défaut de critiquer le fond, je me concentrerai sur la forme. Dans cette lettre de deux pages, plusieurs erreurs de français ont été relevées.

C’est là que je sors de ma réserve et que mon billet quinzomadaire replonge dans un côté politique délaissé depuis quelques années, au profit d’un engagement presque exclusivement consacré aux sujets touchant l’éducation. Il y a plusieurs éléments que je refuse de passer sous silence, tant pour la nouvelle que pour son traitement.

Premièrement, la promotion d’un français bien parlé et bien écrit est un cheval de bataille que je mène depuis longtemps, que ce soit de façon personnelle ou comme pédagogue. Ceci m’a valu une célébrité bien involontaire et heureusement éphémère, lors de la campagne électorale québécoise de 2018. Durant toute cette campagne, j’ai corrigé les fautes dans les publications des personnes candidates des principaux partis, créant le mot-clic #LeProfCorrige et me soumettant à une série d’entrevues médiatiques. L’initiative est partie quand le chef du Parti québécois de l’époque, Jean-François Lisée, avait publié sur Twitter que le PQ était le seul parti capable de bien défendre la langue française, laissant passer dans ce même gazouillis une grossière faute d’orthographe. Aujourd’hui, huit ans plus tard, c’est le chef de ce parti, qui continue de se présenter comme le plus ardent défenseur et promoteur du français en Amérique du Nord, qui a failli en ce sens dès ses débuts comme premier ministre, et à l’international en plus.

Un internaute, Rémi Chapadeau, a relevé 43 erreurs de français dans la missive signée par PSPP. Vous les trouverez dans le deuxième bloc de ce billet. Si certaines de ces erreurs sont flagrantes, d’autres sont subtiles, voire acceptables dans un contexte plus familier, mais certainement pas dans un document officiel.

Deuxièmement, si le manque de rigueur rédactionnelle du premier ministre a suscité quelques réactions sur les réseaux sociaux, il en a été tout autrement dans les médias traditionnels, où on s’est contenté de relayer et commenter le fond du message, sans se préoccuper de la forme. En réalité, c’est seulement Mario Dumont qui, à l’antenne de QUB Radio, a mentionné la présence d’erreurs dans ce document. 1

C’est ce qui m’a amené à me poser cette question : si le français mal parlé et mal écrit ne fait plus réagir, si on ne se préoccupe plus de le parler et de l’écrire correctement, que signifie au juste protéger la langue française ?

Je sens qu’il se trouve de moins en moins de personnes pouvant me répondre de manière crédible.

1 Extrait de l’émission de Mario Dumont diffusée sur QUB, le vendredi 30 octobre 2026


Les corrections de Rémi Chapadeau

LA LETTRE

Grammaire.

1. «L’exemple […] en sont un bon exemple» → «en est». Et un exemple qui est un exemple, c’est un pléonasme.
2. «transmettre l’information aux provinces et lui donner une place» → «leur donner».
3. «de transmettre […] et leur donner» → «et de leur donner».
4. «d’accentuer et raffermir» → «d’accentuer et de raffermir».
5. «un nouveau gouvernement pour les représenter qui a un agenda clair» → «un nouveau gouvernement qui a […] pour les représenter».
6. «la communauté européenne avec qui» → «avec laquelle». «Qui» désigne des personnes.
7. «les ententes […] relèvent des provinces lorsque celles-ci tombent dans leurs champs de compétence». «Celles-ci» renvoie aux provinces, pas aux ententes.
8. «ni chaise à la table, ni l’occasion» → pas de virgule devant le second «ni».

Ponctuation.

9. «qui le plus souvent, de ce côté-ci de l’Atlantique, touchent» → «qui, le plus souvent, de ce côté-ci de l’Atlantique, touchent».
10. «des ressources naturelles qui demeurent des compétences exclusives» → virgule avant «qui», sinon seules les ressources naturelles seraient exclusives.
11. «Nous constatons que dans le cadre de ce sommet,» → «que, dans le cadre de ce sommet,».

Vocabulaire.

12. «a dû, sans doute,» → pléonasme. «A dû» exprime déjà la probabilité.
13. «à travers le temps» → «au fil du temps».
14. «un agenda clair» → «un programme clair».
15. «accentuer nos relations» → «resserrer nos relations».
16. «agit comme porte d’entrée» → «sert de porte d’entrée».
17. «les juridictions les plus européennes» → «les territoires» ou «les États».
18. «notre propension à maîtriser plusieurs langues» → «notre aptitude». Une propension est un penchant.
19. «nos intérêts mutuels» → «nos intérêts communs».
20. «les canaux de communications» → «de communication».
21. «une foule de sujets» → registre familier dans une lettre d’État.

Noms et cohérence.

22. «la communauté européenne» → l’Union européenne. La Communauté européenne n’existe plus.
23. «table des négociations», puis «table de négociations».
24. «champs de compétence», puis «champs de compétences».
25. «21e sommet», puis «activités du Sommet».
26. « »Alliance pour l’avenir »» → deux apostrophes et un guillemet droit au lieu de «Alliance pour l’avenir».
27. «l’AECG» → sigle jamais expliqué.
28. Aucun appel, aucun destinataire nommé.

LES RÉSEAU SOCIAUX

1. «l’offre de Mark Carney d’obtenir le droit de m’assoir» → tel qu’écrit, c’est Carney qui obtient le droit. «L’offre de m’accorder le droit».
2. «en échange d’obtenir de meilleurs sièges» → «en échange de meilleurs sièges».
3. «de représenter et protéger» → «et de protéger».
4. «l’invitation pour une discussion» → «l’invitation à une discussion».
5. «pour ouvrir ces canaux de discussion pour la suite» → deux «pour», et «ces canaux» ne renvoie à rien.
6. «à cet effet» → veut dire «dans ce but». Le sens voulu est «à ce sujet».
7. «À ce titre, j’enverrai» → veut dire «en cette qualité». Le sens voulu est «à cette fin».
8. «dans la position de premier ministre» → calque de l’anglais. «À la place du premier ministre».
9. «La réalité est que» → calque de l’anglais. «En réalité».
10. «des ententes qui impliquent l’Europe» → «qui concernent l’Europe».
11. «J’ai pris la plume et j’ai écrit» → pléonasme.
12. «invisibilisation» → néologisme absent des dictionnaires usuels.
13. «Québec» deux fois dans la même phrase.
14. «donc» deux fois en deux paragraphes.
15. «Bloc Québécois» → «Bloc québécois», selon l’usage français.

Source : Facebook Rémi Chapadeau


Dans mes haut-parleurs

Autrice-compositrice-interprète d’origine wendat, Sandrine Masse puise dans ses racines, sa culture et ses expériences pour créer une musique où se rencontrent folk, chanson et sonorités traditionnelles. Réalisé par Catherine Major, son troisième micro-album, Les veilleuses, aborde des thèmes parfois difficiles, notamment la violence et le silence. Un univers musical sensible, profondément humain, où la parole contribue à reconstruire ce qui a été fragilisé.

Voici la magnifique pièce Les soufflées.

Sandrine Masse – Les soufflées – Les veilleuses – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Il suffit parfois d’une table, de quelques ingrédients et d’un peu de temps partagé pour rapprocher des personnes que les générations séparent. Ici comme ailleurs, les cuisines collectives intergénérationnelles proposent bien davantage qu’une façon économique de préparer des repas. Les plus jeunes y découvrent des recettes et des savoir-faire transmis par leurs aînés, tandis que ces derniers trouvent une occasion de partager leur expérience et de briser l’isolement. À Barcelone, le programme Grandma’s Cooking permet ainsi aux générations de se rencontrer autour de la cuisine traditionnelle catalane, tout en favorisant la lutte contre le gaspillage alimentaire. Au Canada, certaines initiatives réunissent même de jeunes adultes et des personnes âgées aux prises avec des troubles de mémoire.

Ces initiatives nous rappellent que les solutions aux défis sociaux n’ont pas toujours besoin d’être complexes ou coûteuses. Dans une cuisine, chacun peut apporter quelque chose, qu’il s’agisse d’un savoir-faire, d’une idée ou simplement de sa présence. Les plats préparés se partagent ensuite entre les participants, mais ce qui se construit autour des fourneaux ne se mesure pas en portions. Il y a là une façon toute simple de renouer le dialogue entre les générations, de cultiver l’entraide et de redonner une place à celles et ceux que la solitude tient parfois à l’écart. On repart avec de quoi manger, mais aussi avec le sentiment d’avoir compté pour quelqu’un.

Source : Latour, Félicia, « Des cuisines collectives qui rapprochent les générations », Radio-Canada MAJ, 3 novembre 2026.


L’image d’en-tête a été générée par l’intelligence artificielle.


Billet du 28 mars 2025 : Faire bande à part

Les faits :

Il existe des consortiums de médias unis pour offrir une couverture impartiale des débats des chefs lors des élections, tant fédérales que provinciales. Pour les campagnes électorales canadiennes, le consortium est formé des médias suivants :

  1. CBC/Radio-Canada (anglais et français);
  2. CTV (Bell Media);
  3. Global News (Corus Entertainment);
  4. The Toronto Star;
  5. La Presse;
  6. Le Devoir;
  7. APTN (Aboriginal Peoples Television Network);
  8. L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario;
  9. La chaîne CPAC (Cable Public Affairs Channel).

Deux autres médias ont déjà fait partie de ce consortium. Le HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021, ainsi que le réseau TVA, qui a choisi de quitter le groupe médiatique en 2012 pour faire bande à part et présenter ses propres débats.

Évoquant une situation financière difficile, le réseau TVA a demandé au Parti libéral du Canada (PLC), au Parti conservateur du Canada (PCC), au Nouveau Parti démocratique (NPD) et au Bloc québécois (BQ) de défrayer une partie des coûts de production de son débat 2025, à teneur de 75 000 $ chacun. Trois partis ont accepté, mais le PLC ayant refusé, le débat de TVA n’aura pas lieu.

Ceci a valu à Mark Carney, chef du PLC, d’être qualifié de « fragile et faible » par Pierre Poilievre, et de se faire accuser de « se foutre des Québécois » par Yves-François Blanchet.

Ce que j’en pense :

Carney a bien fait. Louer une table dans un marché de fruits et légumes pour y vendre ses récoltes est une chose. Assumer les frais de production d’un diffuseur qui a choisi de faire bande à part en est une autre.

En fait, je considère qu’aucun chef de parti n’aurait dû accepter. Le précédent aurait sans doute eu ses suites. TVA aurait probablement récidivé lors des élections subséquentes, ce qui aurait assurément fini par créer un malaise avec les autres médias. Et puis, sincèrement, il y a comme une incongruité à payer pour aller débattre.

Je rappelle aussi que cinq partis politiques sont actuellement représentés à la Chambre des communes. TVA n’invitait les chefs que de quatre d’entre eux. Lors des deux débats du consortium, six chefs seront conviés à débattre.

Carney est-il « fragile et faible » en raison de son refus de participer au débat de TVA ? Non. Il sera des deux débats du consortium. Est-ce qu’il « se fout des Québécois » pour la même raison ? Non plus. Les deux débats auxquels il participera se tiendront à Montréal, Québec.


Dans mon cahier de planification

On a parfois tendance à les mettre de côté, mais les émotions sont des actrices clés de l’apprentissage, surtout chez nos jeunes en pleine croissance. Après de belles années passées sur le terrain, j’ai pu constater à quel point la joie et la curiosité peuvent transformer une leçon ordinaire en une véritable aventure intellectuelle. Quand un élève est engagé émotionnellement, son cerveau est plus alerte, plus réceptif, et l’acquisition de nouvelles connaissances se fait de manière beaucoup plus naturelle et durable. À l’inverse, le stress ou l’anxiété peuvent créer des blocages importants, rendant l’apprentissage plus difficile et moins agréable. Un environnement scolaire où l’on se sent en confiance et valorisé est donc essentiel pour favoriser des émotions positives, véritables moteurs de la réussite. Développer son intelligence émotionnelle, c’est-à-dire apprendre à identifier et à gérer ses propres émotions tout en comprenant celles des autres, devient alors une compétence fondamentale qui dépasse largement les murs de la classe.

Intégrer la dimension émotionnelle dans l’enseignement, ce n’est pas juste une question de bien-être, c’est une stratégie d’apprentissage efficace. Proposer des activités variées, encourager l’expression des sentiments et aider les élèves à développer des stratégies d’adaptation émotionnelle contribuent à créer un lien plus profond avec ce qu’ils apprennent. Il faut savoir que nos émotions ont un impact direct sur le fonctionnement de notre cerveau, activant les zones liées à la mémoire et à l’attention. Grâce à la plasticité cérébrale, cette incroyable capacité de notre cerveau à se façonner en fonction de nos expériences, un environnement émotionnellement favorable stimule des connexions neuronales plus fortes et un apprentissage plus profond. En fin de compte, prendre en compte les émotions à l’école, ce n’est pas une option, mais une nécessité pour former des jeunes équilibrés, motivés et prêts à relever les défis de demain.


Dans le cours de musique

Le talentueux duo formé de Catherine Major et Jean-François Moran nous livre enfin leur premier album collaboratif, Bunker à ciel ouvert. Loin d’être un simple projet de couple, cet opus est une véritable immersion dans leur univers intime et créatif. Les mélodies riches et les arrangements soignés de Catherine Major se marient à la perfection aux textes poétiques et profonds de Moran, son complice de longue date et père de ses enfants. Chaque chanson est une fenêtre ouverte sur leur vision du monde. Voici La coda, la pièce d’ouverture de l’album.

Catherine Major et Jean-François Moran – La coda – Bunker à ciel ouvert – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Dans la ville pittoresque de Nara, au Japon, un professeur d’art nommé Hirotaka Hamasaki a trouvé une manière unique et inspirante de captiver ses élèves. En utilisant les feuilles mortes aux teintes vives de l’automne, il crée des œuvres d’art représentant des personnages bien-aimés de la culture populaire, tels que Pikachu ou Winnie l’Ourson. Cette initiative artistique non seulement éveille l’intérêt des élèves pour l’art, mais transforme également la salle de classe en un espace de créativité et de collaboration. Les élèves participent activement en suggérant les personnages qu’ils souhaitent voir prendre vie, rendant le processus encore plus amusant et engageant.

Grâce à cette approche innovante, Hirotaka Hamasaki a réussi à créer un environnement d’apprentissage dynamique où l’imagination et l’art se rencontrent. Ses créations, qui apportent une touche de fantaisie et de magie à l’école, ont non seulement gagné l’admiration de ses élèves, mais ont également attiré l’attention de la communauté locale. En intégrant l’art dans le quotidien scolaire de manière aussi ludique et interactive, ce professeur talentueux a su faire de chaque jour une nouvelle aventure artistique, laissant une empreinte durable dans le cœur de ses élèves.

Pour découvrir ses œuvres, visitez son profil Instagram : @hamacream.


Billet du 15 mai 2020 : Haut les masques !

Après l’école

La journée est terminée. Les travaux aussi. Je peux enfin prendre du temps pour moi. Je suis seul chez moi. Je mets de la musique et je danse. Jusqu’ici, ça va ? Je continue.

En ce temps de confinement, un ami m’appelle en vidéoconférence. Il voit que je danse. Nous décidons de nous amuser et de monter une chorégraphie à distance. Ça va toujours ?

Une fois la chorégraphie complétée, nous nous installons chacun devant l’écran de notre tablette électronique, nous exécutons la chorégraphie chacun de notre côté et nous rions beaucoup. À distance. Un problème ?

Mon ami propose de refaire la danse, de l’enregistrer et de la déposer sur sa chaîne YouTube. D’accord, là, peut-être que ça en chatouillera certains. Parce que sur mon lieu de travail, je dois maintenir une certaine prestance. Mais je décide d’y aller quand même ! Je suis chez moi, après le travail, et je ne fais qu’une vidéo de danse, après tout.

Tout ce qu’il y a de plus légal, honnête, drôle et sain. Oui, sain. Parce qu’enfin, j’ai l’occasion de me détendre.

Ceci est une histoire vécue. Pas par moi, mais par quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui a été blessé parce qu’on lui a reproché de se laisser aller publiquement, alors qu’il avait encore beaucoup de travail à faire. Pourtant, sa journée de travail était terminée. Cette même personne a été meurtrie. Meurtrie d’avoir été pointée du doigt parce qu’elle s’amusait, alors que des gens mouraient. Pourtant, quiconque s’amuse ou se détend le fait pendant que d’autres gens meurent. Peu importe le moment ou le lieu. Ainsi va la vie.

Et à celles et ceux qui seraient tentés de condamner cette personne parce qu’elle s’exhibe en dansant ou en remerciant un entrepreneur qui lui a fait parvenir six cannettes de bière, dites-vous que ceci est bien peu de choses, en cette ère de vedettariat instantané et de télé-réalité.

La question qu’il faut se poser est la suivante : Avons-nous confiance en cette personne quand elle est au travail ?

En ce qui me concerne, c’est clair. Le docteur Arruda a toute ma confiance. Ce qu’il fait chez lui, à l’extérieur de ses heures de travail, ne regarde que lui.


Dans le cours d’univers social

Dans mon billet de la semaine dernière, je faisais état du grand succès de la Corée du Sud à gérer la crise de la COVID-19. Sans statuer sur ce que constitue une bonne ou une mauvaise décision pour ce faire, ce n’est pas mon rôle et je n’en ai pas les compétences, j’avais tout de même dressé une liste des actions prises par cet état oriental. En tête de liste, un dépistage massif et le port généralisé du couvre-visage.

Depuis la semaine dernière, deux éléments en lien avec le contenu de mon billet sont venus ponctuer l’actualité. D’abord, le pays a procédé à la fermeture de tous ses bars et restaurants, après qu’un client eut infecté à lui seul une soixantaine de personnes en se rendant dans certains de ces établissements. Ensuite, le Québec a orienté deux de ses stratégies de la semaine vers… une hausse des tests de dépistage et une forte incitation au port du couvre-visage.


Dans le cours de mathématiques

Le directeur national de la santé publique du Québec, le docteur Horacio Arruda, martèle depuis deux semaines qu’il veut voir passer le nombre quotidien de tests de dépistage de 6 000 à 13 000. Mercredi de cette semaine, on n’y était toujours pas parvenu, ce qui a soulevé l’ire du premier ministre, lors du point de presse du jour. François Legault a cependant tenu à relativiser la situation, en lançant quelques chiffres sur la performance du Québec au niveau du dépistage, si on la compare aux autres provinces canadiennes.

Là-dessus, il a raison, comme le démontre le tableau suivant :

Toutefois, tant qu’à se comparer, aussi bien le faire avec les meilleurs. Une recherche en ligne permet de trouver facilement les pays offrant le meilleur taux de dépistage de la COVID-19 parmi ses citoyens. Sur le graphique, en plus du Québec et du Canada, j’ai ajouté, toujours pour fins de comparaison, les États-Unis, la France et la Corée du Sud. En disposant les données dans ce tableau, voici ce que ça donne :

Source : Our World in Data. Selon l’endroit, les données sont celles du 11, 12 ou 13 mai 2020.

Les pays dont nous entendons beaucoup parler se trouvent loin derrière l’Islande, le Bahreïn et le Luxembourg quant au nombre de personnes testées par bloc de 100 000 habitants.

À mon tour, je relativiserai deux éléments. Le premier est que je suis conscient que le nombre d’habitants au kilomètre carré diffère grandement d’un endroit à l’autre. Malgré les chiffres associés au dépistage, ceci peut avoir une incidence importante sur le taux de transmission du virus.

Le deuxième élément, c’est que le taux de dépistage ne peut expliquer à lui seul les succès ou insuccès d’un état au niveau de sa lutte à la COVID-19. À preuve, la Belgique et le Portugal ont beaucoup testé et présentent malgré tout un bilan peu reluisant. À l’inverse, la Corée du Sud, qui présente un des meilleurs bilans dans le monde, a beaucoup moins dépisté per capita, bien qu’en nombres absolus la quantité de personnes testées soit quotidiennement jusqu’à dix fois supérieure à celle du Québec.

C’est là que le masque entre en ligne de compte.

Dans le cours d’éthique et culture religieuse

C’est d’éthique dont il sera surtout question. De transparence, en particulier. Rappelez-vous au début de la crise, les autorités québécoises, tout comme celles de la France, répétaient à qui mieux mieux que le masque ne servait pas à grand chose. Aujourd’hui, on le « recommande fortement » et on jongle avec l’idée de l’imposer. À mots à peine couverts, on a laissé entendre qu’on avait craint la pénurie, en début de crise, et qu’on avait alors opté la stratégie de l’inutilité.

La transparence de François Legault, si appréciée en mars et en avril, commence à s’embuer un peu. Et si je maintiens que ses actions et ses décisions demeurent dignes de confiance, une partie de la population québécoise commence à penser autrement, si on en croit le dernier sondage hebdomadaire de la firme Léger. Avec un pourcentage de satisfaction qui frôlait la perfection à 95% le 13 avril dernier, le premier ministre a vu ce pourcentage s’effriter à 92% le 20 avril, 91% le 27 avril, 88% le 4 mai et 77% le 11 mai. Notez que cette dernière marque ferait quand même l’envie d’un bon nombre de chefs d’états, mais la chute de 18 points en l’espace de quelques semaines a tout de même fait glisser François Legault du premier au quatrième rang des premiers ministres canadiens, derrière John Horgan, Scott Moe et Doug Ford.

Néanmoins, je ne peux aucunement blâmer le duo Arruda-Legault d’avoir agi de cette façon au sujet des masques. Si de simples rumeurs ont réussi à créer des pénuries de papier hygiénique, de farine et de sachets de levure partout au Québec, en mars et en avril, imaginez ce qu’une réelle préoccupation sur l’utilisation des masques aurait pu causer comme tort au domaine médical et à la suite des choses. De deux maux, il faut choisir le moindre et assumer les conséquences du choix.


Dans le cours de sciences et technologie

En quoi le couvre-visage est-il utile ? Des images ont circulé sur Internet, au cours des dernières semaines. J’en publierai une ici, après une mise en garde, cependant. Si l’utilité des masques est convenablement présentée dans cette succession de pictogrammes, les pourcentages qui les accompagnent ne sont pas scientifiquement démontrés. Plusieurs sources ont pris la peine de le mentionner.

Alors tenez compte de ce qui suit, mais ne vous accrochez pas trop sur les chiffres. Et surtout, par respect pour les autres, prenez l’habitude de porter un couvre-visage quand vous sortez.


Dans le cours de sciences et technologie, 2e période

Cette semaine, un ami a publié quelque chose d’intéressant sur ses réseaux sociaux. Il a en fait exprimé une crainte tout à fait légitime. Le site du gouvernement du Canada se veut cependant rassurant.

Mon ami revenait sur le fait que le coronavirus pouvait se transmettre d’humain à animal. Il s’inquiétait ainsi de la possibilité de voir le virus s’attaquer aux fermes d’élevage. Il imaginait déjà la catastrophe, étant donné la difficulté, voire l’impossibilité de maintenir un troupeau de bêtes à distance de deux mètres dans un enclos.

Le site canadien de la santé publique minimise les risques, du moins pour le moment. S’il est vrai que quelques cas de transmission de la COVID-19 d’un humain à un animal ont jusqu’à présent été recensés, rien ne permet d’affirmer que l’inverse est possible. Ainsi, malgré ce qu’on a pu lire ou entendre au sujet des chauves-souris et des pangolins, rien ne prouve pour l’instant qu’un animal pourrait transmettre la maladie à un humain. On continue d’étudier la question. Également, quelques études auraient avancé que les porcs, les canards et les poulets ne seraient pas sensibles au virus.

Plusieurs études demeurent à l’état embryonnaire et des conclusions devraient être publiées au cours des prochains mois.


Dans le cours de musique

Mon premier contact avec Catherine Major remonte à une douzaine d’années. Elle assurait alors la première partie d’un spectacle de Michel Fugain, auquel je m’étais rendu assister. Tout m’a séduit chez elle. Sa musique, les paroles de ses chansons et, surtout, sa façon de les interpréter, avec une passion peu commune. J’ai eu le privilège de la revoir en spectacle et chaque fois, elle a su m’éblouir par sa générosité.

Aujourd’hui, 15 mai 2020, Catherine Major lance son 5e album, intitulé Carte mère. Grâce aux privilèges qu’offrent l’achat en ligne, il se trouve déjà dans mes listes de lecture ! En #MusiqueBleue cette semaine, c’est une chanson extraite de cet album que je vous propose. Elle a pour titre Moi non plus.

La bonne nouvelle de cette semaine

Elle sera brève. Mais si je me fie à ce que j’ai lu sur les réseaux sociaux depuis mercredi, elle fait de nombreux heureux. Ainsi, plusieurs sports, dont le tennis et le golf, pourront recommencer à être pratiqués dès la semaine prochaine, partout au Québec, incluant Montréal. Avec l’été qui approche, ceci constitue un baume sur les blessures des confinés, ainsi qu’un espoir de jours meilleurs pour tous.