Journal de vacances du 26 juillet 2024

Et je cite :

« Comme l’an dernier, je ralentirai le rythme au cours de l’été. Jusqu’au 23 août, les publications de mes billets s’effectueront sur une base quinzomadaire.


Déformation professionnelle

Quinzomadaire : Qui a lieu ou qui paraît toutes les deux semaines.

Source : Grand dictionnaire terminologique. »

Jean-Frédéric Martin, billet du 5 juillet 2024.

À la semaine prochaine !


Journal de vacances du 19 juillet 2024 : Le cirque

Je commence ce billet avec un coup de gueule, cette semaine.

L’actualité américaine est marquée par des dérapages en série, exacerbés par la récente tentative d’assassinat de Donald Trump, le 13 juillet dernier. Les réactions à cet incident sont révélatrices des tensions profondes qui secouent nos voisins du Sud. D’un côté, certains et certaines voient la protection divine dans la survie de Trump, tandis que d’autres se moquent de sa blessure à l’oreille. Ces comportements illustrent à quel point le débat politique peut devenir extrême et déraisonnable.

Se lancer en politique nécessite une force intérieure immense et un courage à toute épreuve. Les attaques personnelles, les menaces, et même les tentatives d’assassinat font partie des risques que prennent celles et ceux qui choisissent de servir le public. Malgré mon aversion totale pour Donald Trump et tout ce qu’il représente, il est crucial de rappeler que la violence ne doit jamais être une réponse à la dissidence politique.

Même quand un politicien comme Trump semble porter atteinte aux fondements démocratiques de sa propre société, il est impératif de respecter le cadre légal et un dialogue comprenant un minimum de civilité. L’assassinat ne fait qu’engendrer plus de chaos et de division. C’est en défendant nos idéaux par des moyens constructifs que nous pourrons espérer un avenir plus juste et plus harmonieux.


Nous vivons actuellement un moment historique. Les États-Unis se trouvent à un moment charnière de leur histoire. Les tensions internes et les divergences politiques semblent atteindre un point de non-retour, exacerbées par des événements internationaux majeurs tels que la guerre entre la Russie et l’Ukraine. D’un côté, Joe Biden et les démocrates insistent sur la nécessité de maintenir et même de renforcer l’aide à l’Ukraine, tout en critiquant fermement Vladimir Poutine. De l’autre, Donald Trump et les républicains ne cachent pas leur admiration pour Poutine et laissent entendre qu’ils couperont l’aide à l’Ukraine s’ils reviennent au pouvoir, tout en menaçant de retirer les États-Unis de l’OTAN.

Ces divisions profondes au sein de la population américaine pourraient avoir des conséquences graves et durables. Si les États-Unis réduisent leur soutien à l’Ukraine et se retirent de l’OTAN, cela pourrait affaiblir l’alliance occidentale et laisser le champ libre à des régimes autoritaires comme celui de Poutine. De plus, sur le plan intérieur, cette polarisation pourrait intensifier les conflits sociaux et politiques, miner la confiance dans les institutions démocratiques, et surtout provoquer d’autres actes de violence.

Quel camp choisira le peuple américain, le 5 novembre prochain ? Je demeure optimiste en me disant que beaucoup d’événements peuvent encore survenir et que les chances demeurent qu’une majorité privilégie celui du dialogue et du respect des principes démocratiques. Il en va de l’avenir stable et pacifique d’une grande partie de la planète.


Sortie de vacances

Mercredi soir avait lieu la première de l’hommage à l’œuvre de Rock et Belles Oreilles, par le Cirque du Soleil. Intitulé RBO : The Cirque, l’événement est à l’affiche jusqu’au 17 août, à l’Amphithéâtre Cogeco, à Trois-Rivières. J’y suis allé jeudi.

D’abord, je mentionne avoir été grandement impressionné par l’Amphithéâtre Cogeco. Mes connaissances du lieu se limitaient à un spectacle de la Fête nationale qui s’y est tenu sans spectateurs, en temps de COVID, et dont la télédiffusion nationale avait suscité de nombreuses critiques en raison de l’absence du fleurdelisé ailleurs que sur scène. 1 L’endroit, sis sur les berges du Saint-Laurent, est simplement magnifique. Aucun siège n’offre une mauvaise vue sur la scène et le son est excellent.

Ceci étant mentionné, le spectacle est conçu pour rejoindre les inconditionnels de RBO. Heureusement, j’en suis. La première partie du spectacle a su me divertir, sans plus. L’accent était mis sur les chansons et les gags du groupe, rendus de façon plus ou moins habile par les clowns du Cirque.

La seconde partie, malgré quelques longueurs, a toutefois su offrir une prestation des plus époustouflantes, les acrobates contribuant à une performance beaucoup plus digne du Cirque du Soleil, suscitant de belles réactions du public. Les chansons du groupe humoristique passaient au second plan et servaient de toile de fond à la production, laissant entièrement la scène aux artistes.

Finalement, je recommande ce spectacle. Les prix des billets sont abordables, le lieu est magnifique et le spectacle vaut le déplacement.

1 Billet du 26 juin 2020 : Le plus présent des absents


Dans mes écouteurs

Fille de l’auteur-compositeur-interprète Tomás Jensen, Avril Jensen a suivi les traces de son père. Elle écrit en français et en anglais, tout en utilisant le studio familial pour ses enregistrements. Dans sa nouvelle sortie, Nowhere To Be Found, elle chante en anglais, alors que son collaborateur Erwan lui donne la réplique en français. Le résultat musical est des plus intéressants.

Avril Jensen et Erwan – Nowhere To Be Found – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Chaque année, le prix de musique Polaris récompense le meilleur album canadien de l’année. Pour 2024, la liste des artistes sélectionnés a été dévoilée au cours des derniers jours. Non seulement les femmes y sont représentées en grand nombre, mais le Québec y trouve une large place également.

Sur la courte liste des dix artistes nommés, notons les présences d’Elisapie, de Charlotte Cardin, d’Allison Russell, ainsi que du groupe NOBRO, entièrement composé de Montréalaises.

Le gala aura lieu le 17 septembre prochain, au Massey Hall de Toronto.


Journal de vacances du 12 juillet 2024

Et je cite :

« Comme l’an dernier, je ralentirai le rythme au cours de l’été. Jusqu’au 23 août, les publications de mes billets s’effectueront sur une base quinzomadaire.


Déformation professionnelle

Quinzomadaire : Qui a lieu ou qui paraît toutes les deux semaines.

Source : Grand dictionnaire terminologique. »

Jean-Frédéric Martin, billet du 5 juillet 2024.

À la semaine prochaine !


Journal de vacances du 5 juillet 2024 : Une page se tourne

Sur l’en-tête de mon blogue, sous mon nom, il est inscrit « Pédagogue ⧫ Rédacteur ⧫ Consultant ». Trois appellations qui décrivent bien mes fonctions.

Le rédacteur publie ce blogue hebdomadaire, sur lequel vos yeux sont actuellement plongés. Il rédige également plusieurs autres textes, surtout pour les besoins académiques de ses élèves. Le consultant collabore avec des maisons d’édition, parfois aussi avec des organismes voués à la réussite scolaire.

Quant au pédagogue, il enseigne et il conseille. Seulement, voilà, le pédagogue n’enseignera plus. Du moins, pas à des groupes d’élèves. La semaine dernière, j’ai accepté un poste de conseiller pédagogique au centre de services qui m’emploie. L’enseignement me manquera beaucoup, mais le défi lié à mes nouvelles tâches me réjouit tout autant.

La page se tourne, mais le chapitre se poursuit.


Comme l’an dernier, je ralentirai le rythme au cours de l’été. Jusqu’au 23 août, les publications de mes billets s’effectueront sur une base quinzomadaire.


Déformation professionnelle

Quinzomadaire : Qui a lieu ou qui paraît toutes les deux semaines.

Source : Grand dictionnaire terminologique.


Lectures de vacances

Cette semaine, j’ai eu le privilège de plonger dans l’univers envoûtant du roman Le sentier des lunatiques, une œuvre signée Claude Desjardins. L’auteur est celui qui nous avait également donné Papy : le peintre amoureux, dont j’ai aussi fait mention sur ce site il y a quelques années.1

Dès les premières pages, j’ai été transporté par la prose élégante et les thèmes profonds qui traversent cette œuvre. L’histoire de cet homme lunatique, navigant entre deux mondes parallèles — le réel et l’imaginaire — m’a particulièrement touché. Témoin de la noyade d’un poète qu’il croisait tous les matins dans un boisé, le personnage principal opte pour la fuite, au risque de devoir assumer toutes les affections qui en découlent. La manière dont l’auteur explore la culpabilité, le souvenir et la quête de rédemption est à la fois poignante et originale.

En lisant, j’ai ressenti une profonde connexion avec les paysages décrits et les émotions du personnage. J’ai reconnu en plusieurs aspects le reflet de nos propres détours lunatiques, ces chemins de traverse que nous empruntons pour échapper à la réalité ou pour mieux la comprendre. Il y a dans ce livre une authenticité qui m’a permis de déduire une sorte de romance autobiographique ou un testament littéraire.

Claude Desjardins nous offre une œuvre qui continue de résonner après avoir tourné la dernière page. Le sentier des lunatiques est une invitation à se perdre et à se retrouver dans les méandres de l’esprit et de la nature, une expérience littéraire rare et précieuse.

Le sentier des lunatiques
Auteur : Claude Desjardins
Éditions du Wampum
138 pages

1 Billet du 25 décembre 2020 : Journal de vacances des Fêtes (1 de 2).


Et je cite :

« On ne ment jamais tant qu’avant les élections, pendant la guerre et après la chasse. »

– Georges Clemenceau (1841-1929), homme d’État français.


Dans mes écouteurs

Le groupe montréalais Jo Hell Band, mené par le talentueux guitariste et chanteur Jo Hell, s’est rapidement imposé comme une force incontournable sur la scène musicale. Avec un style unique qui mélange habilement le blues, le rock et le funk, Jo Hell et ses musiciens captivent les auditoires à chaque performance. Voici la pièce titre de leur plus récent album, Shotgun Love.

Jo Hell – Shotgun Love – Shotgun Love – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Une collaboration excitante a vu le jour entre Mattel et la PME québécoise Grazy pour célébrer les 65 ans de Barbie. Grazy a développé un dessert glacé végétalien, à saveur de gâteau de fête, spécialement pour l’occasion. Ce partenariat met en lumière les valeurs partagées de diversité et d’inclusivité. Disponible dans 500 épiceries, ce produit innovant est coloré naturellement avec du jus de betterave et sans allergènes, reflétant l’engagement de Grazy envers la santé et le plaisir.

L’entrepreneure Maude St-Pierre, fondatrice de Grazy, exprime sa fierté quant à ce partenariat. Elle explique comment cette occasion a vu le jour lors d’un évènement à Toronto. En seulement trois ans, elle a réussi à positionner Grazy comme une marque pionnière dans le secteur des desserts glacés végétaliens au Canada. Ce partenariat stratégique avec Mattel promet non seulement de célébrer Barbie, mais aussi d’élargir la gamme de produits de Grazy, consolidant ainsi sa présence sur le marché.


Billet du 21 juin 2024 : Blogue express

Mon billet sera court, cette semaine. La compilation des épreuves du ministère, les bulletins et les festivités entourant la dernière journée au primaire de mes élèves prennent une énorme partie de mon temps depuis les derniers jours. Je reporte donc à la semaine prochaine les quelques sujets que j’aurais voulu aborder dans ce billet.


Dans le cours de musique

Belle découverte, cette semaine, que l’album Tu me vois comme je suis. D’un côté, le duo Corail, formé de Philippe Noël et Julien Comptour, qui donne dans le folk psychédélique. Rachel Leblanc, alias Vanille, de son côté, écrit des pièces qui rappellent les chansons populaires françaises des années 1990. En unissant leurs talents le temps d’un album, les trois artistes nous présentent un résultat hétéroclite, alternant les styles.

Voici la pièce Poupée russe.

Corail et Vanille – Poupée russe – Tu me vois comme je suis – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Antoine Moses, originaire de Carleton-sur-Mer en Gaspésie, est un planteur d’arbres hors du commun. Suivi par plus de 1,6 million d’abonnés sur Instagram, il affirme avoir planté plus de 1,5 million d’arbres depuis qu’il exerce ce métier. Le jeune homme de 25 ans détient même le record Guinness du plus grand nombre d’arbres plantés en 24 heures, avec plus de 23 000 arbres 1. Sa journée de travail commence tôt, et il plante entre 2500 et 3000 arbres par jour. Antoine est payé à l’arbre, chaque épinette plantée lui rapportant 0,23 $. Son mode de vie lui permet de travailler quelques mois par an et de vivre de cette passion le reste de l’année. Un véritable engagement pour la nature et la reforestation, qui inspire ses nombreux abonnés sur les réseaux sociaux.

1 Paré-Asatoory, Gabriel. Antoine Moses, plus d’un million d’arbres plantés et un record Guinness plus tard. Radio-Canada.ca. Le 19 juin 2024.


Billet du 14 juin 2024 : Une octave électrisante

Avant cette semaine, j’ignorais totalement qui était Edgar Morin, jusqu’à ce que je tombe par hasard sur l’une de ses réflexions. Edgar Morin, né en 1921, est un sociologue et philosophe français reconnu pour ses travaux sur la complexité et la pensée complexe. Son approche interdisciplinaire et ses nombreuses contributions intellectuelles ont profondément influencé la manière dont nous comprenons les interactions humaines et les dynamiques sociales.

Et je cite :

« Le grand remplacement est celui des idées humanistes et émancipatrices par les idées suprématistes et xénophobes. »

– Edgar Morin, alors âgé de 100 ans, le 17 octobre 2021.

La réflexion d’Edgar Morin résonne profondément dans le contexte actuel. En Amérique du Nord, les dernières années ont été marquées par une montée inquiétante des idéologies de division. Aux États-Unis, la résurgence des mouvements suprémacistes blancs, visibles lors des événements tragiques de Charlottesville en 2017, et la rhétorique xénophobe de certaines figures politiques ont révélé une fracture sociale profonde. Par ailleurs, le traitement des migrants à la frontière mexicaine, souvent déshumanisé, témoigne de ce glissement vers des idées qui s’opposent aux principes humanitaires et émancipateurs.

À l’échelle mondiale, la montée des mouvements nationalistes et populistes dans plusieurs pays européens illustre également ce phénomène. En Hongrie, les politiques anti-immigration de Viktor Orbán, axées sur la protection d’une prétendue identité nationale homogène, en sont un exemple frappant. En France, le discours de certains partis politiques sur le « grand remplacement » reflète une peur de l’autre qui alimente les divisions. Ces exemples montrent comment les idées suprématistes et xénophobes gagnent du terrain, remplaçant les valeurs d’inclusion et de solidarité. Les résultats des élections de dimanche dernier au Parlement européen confirment également cette tendance, avec une progression notable des partis nationalistes et eurosceptiques. Les propos de Monsieur Morin nous rappellent l’importance de résister à ces tendances et de réaffirmer notre engagement envers les principes humanistes.


Dans le cours de français

On dirait que Stéphane Venne accapare mon travail.

Y a-t-il des fautes de français dans ces affirmations ? Il y a une faute, oui, mais elle n’a rien de grammatical ni d’orthographique.

#LeProfCorrige

Désolé Monsieur Venne, mais octave est un nom féminin. Ne vous en déplaise, on dit « UNE octave ». LCN a bien accordé ses mots.

Justement, Monsieur Venne, l’ouvrier est toujours vivant et n’a rien ressenti de plus qu’un picotement ! 1

Alors où est la faute ?

On peut baisser un son, une note ou une fréquence d’une octave. Une chanson ? Pas vraiment. Des chansons, encore moins.

1 Pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine: un travailleur électrisé sur le chantier. TVA Nouvelles. Le 12 juin 2024.


Dans le cours de musique

Thomas Bélair-Ferland est un auteur-compositeur-interprète de musique folk pop. Son parcours musical a débuté par des interprétations, puis il s’est orienté vers l’écriture et la composition de ses propres chansons. Son talent a été reconnu dès son jeune âge, puisqu’il a remporté deux concours à l’âge de 14 ans. Il a également eu l’occasion de faire la première partie d’Émile Bilodeau, en 2019.

Après deux albums, en 2017 et en 2020, il nous a récemment offert le simple T’étais où ? Je vous le propose en #musiquebleue.

Thomas Bélair-Ferland – T’étais où? – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

L’artiste peintre montréalais d’origine haïtienne Manuel Mathieu connaît une ascension remarquable aux États-Unis, marquée par une présence croissante dans des galeries et institutions prestigieuses. Installé à Miami, Mathieu a su capter l’attention par ses œuvres qui explorent les thèmes de la mémoire, de la résilience et de l’identité, inspirées par son histoire personnelle et la culture haïtienne. Ses créations se distinguent par une fusion unique de couleurs vives et de textures dynamiques, reflétant à la fois la beauté et la complexité de son héritage.

Son succès est amplifié par une récente exposition solo au Pérez Art Museum Miami, qui a renforcé sa réputation sur la scène internationale. La reconnaissance de son talent ne cesse de croître, ouvrant des portes vers de nouvelles occasions et collaborations. Mathieu continue d’explorer de nouvelles techniques et narratives, consolidant ainsi sa place parmi les artistes contemporains influents de sa génération.


Billet du 7 juin 2024 : Que s’est-il donc passé en 2014 ?

Dans une chronique publiée cette semaine 1, Patrick Lagacé explore l’augmentation marquante de la violence au Québec, identifiant l’année 2014 comme un point de bascule. Il souligne une montée inquiétante des crimes violents, en particulier ceux impliquant des armes à feu, tout en examinant les facteurs sociaux et politiques qui ont pu contribuer à cette tendance. Lagacé appelle à une réflexion et à des actions concrètes pour comprendre et inverser cette escalade de la violence dans la société québécoise, sans toutefois identifier une piste d’hypothèses concernant les causes.

En tant qu’enseignant et observateur attentif, je constate également cette recrudescence de violence dans les écoles primaires. Cette violence se manifeste surtout dans le langage agressif et l’intimidation entre élèves, incluant de plus en plus la cyberintimidation. Les enfants utilisent les plateformes numériques pour harceler et intimider leurs pairs, créant un environnement scolaire où la peur et l’anxiété deviennent courantes, ce qui nécessite des mesures urgentes pour protéger nos jeunes et favoriser un climat d’apprentissage sain.

Plusieurs hypothèses peuvent expliquer cette recrudescence de violence depuis 2014. Premièrement, la prolifération des réseaux sociaux et des nouvelles technologies a facilité la propagation de comportements agressifs et d’intimidation en ligne, exacerbant les conflits entre jeunes. Deuxièmement, l’exposition croissante à des contenus violents à travers les médias et les jeux vidéo peut avoir désensibilisé certains jeunes, normalisant ainsi la violence comme moyen d’interaction. Enfin, les bouleversements économiques et sociaux, tels que les inégalités croissantes et les tensions politiques mondiales, peuvent contribuer à un climat général de stress et d’anxiété, qui se manifeste par une augmentation des comportements violents.

S’est-il vraiment passé quelque chose en 2014 ? J’espère que des anthropologues se pencheront sur la question.

1 Lagacé, Patrick. Violence : quelque chose s’est passé en 2014… La Presse, Montréal. Le 4 juin 2024.


Dans le cours d’univers social
Volet histoire

Parce que j’ai eu à le faire en classe au cours de la présente année scolaire, je reprends ici un bref résumé du conflit israélo-palestinien, qui a fait près de 36 000 morts depuis l’automne dernier. Il trouve ses origines à la fin du XIXe siècle, avec la montée du sionisme, un mouvement nationaliste juif prônant la création d’un État juif en Palestine. Ce projet détonne avec les aspirations des Arabes palestiniens, majoritaires sur le territoire, qui réclament également l’indépendance nationale. La situation se complique d’autant plus avec la déclaration Balfour 2 de 1917, dans laquelle le gouvernement britannique exprime son soutien à l’établissement d’un « foyer national juif » en Palestine. Après la Première Guerre mondiale, la Palestine passe sous contrôle britannique, période marquée par des tensions croissantes entre les communautés juive et arabe.

En 1947, face à l’aggravation des violences entre les communautés, l’ONU propose un plan de partage de la Palestine en deux États, l’un juif et l’autre arabe, avec Jérusalem sous administration internationale. Ce plan est accepté par les Juifs, mais rejeté par les Arabes. La proclamation de l’État d’Israël en 1948 entraîne la Première Guerre israélo-arabe, qui se solde par la victoire d’Israël et la fuite ou l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens. Les conflits suivants, notamment les guerres de 1967 et de 1973, ainsi que l’occupation israélienne de la Cisjordanie et de Gaza, intensifient les tensions.

Depuis, diverses tentatives de paix ont échoué à résoudre les questions centrales du conflit, telles que les frontières, le statut de Jérusalem, le droit au retour des réfugiés palestiniens, et la sécurité. La situation reste marquée par des affrontements réguliers, une colonisation israélienne persistante en Cisjordanie, et un blocus sévère de Gaza. Chaque camp revendique des droits historiques et des besoins de sécurité légitimes, mais souvent incompatibles, ce qui rend très improbable le règlement du conflit.

2 Wikipédia. Déclaration Balfour de 1917.


Dans le cours d’éducation physique

Ma bonne nouvelle de la semaine dernière 3 a fait réagir ! L’intégration des statistiques des Negro Leagues à celles de la Major League Baseball (MLB) ne plaisent pas à tout le monde. Sacrilège, Josh Gibson a délogé l’immortel Ty Cobb du premier rang de tous les temps au niveau de la moyenne au bâton, en plus de faire de même avec Babe Ruth pour la moyenne de puissance. Le contexte n’était pas le même, semble-t-il.

Le contexte n’était pas le même non plus quand Wayne Gretzky a pulvérisé tous les records offensifs de la Ligue nationale de hockey (LNH). Pas plus qu’il ne l’est actuellement quand, près d’un siècle plus tard, Shohei Ohtani s’apprête à fracasser tout ce que Babe Ruth a établi, tant comme lanceur que comme frappeur.

Josh Gibson a connu toute une carrière comme joueur de baseball professionnel 4, dans une ligue regroupant les meilleurs joueurs noirs au monde. Nul ne peut prétendre qu’une des ligues était de calibre inférieur en raison de la couleur de peau de ses joueurs. Gibson mérite sa place au sommet.

3 Billet du 31 mai 2024 : Quand le passé rejoint le présent.

4 Baseball-Reference : Statistiques de Josh Gibson.


Dans le cours de musique

Ariane Roy, Thierry Larose et Lou-Adriane Cassidy ont parcouru le Québec lors d’une tournée spéciale intitulée Le Roy, la Rose et le Lou(p), offrant une collaboration artistique unique après le succès de leur performance aux Francos de Montréal. Une captation de dix pièces a donné lieu à un album, paru la semaine dernière. En voici la chanson thème.

Ariane Roy, Thierry Larose, Lou-Adriane Cassidy – Chanson thème – Le Roy, la Rose et le Lou(p) – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

La chanteuse Martha Wainwright s’est engagée auprès de l’Académie Centennial pour enseigner la musique aux jeunes et promouvoir les arts. À travers cette initiative, elle vise à encourager la créativité et l’expression artistique chez les élèves du secondaire. Son implication comprend non seulement des performances, mais aussi des sessions éducatives, offrant ainsi une expérience enrichissante et inspirante aux jeunes talents. Elle n’a pas hésité à impliquer son frère Rufus, ainsi que ses amies Ariane Moffatt et Marie-Pierre Arthur dans son projet.


Billet du 31 mai 2024 : Quand le passé rejoint le présent

À quelques reprises, durant ma carrière, j’ai prononcé la phrase suivante : « On ne sait pas où on s’en va, mais on y va vite en ta ! ». Je l’ai fait lors de la dernière réforme de l’éducation, en 2000, ainsi qu’à la plupart des changements de curriculum. Le modus operandi est presque toujours le même, c’est-à-dire qu’on annonce des changements majeurs, qu’on finit par imposer aux écoles avant d’avoir outillé son personnel enseignant convenablement.

La semaine dernière, j’ai reçu une courte formation d’une demi-journée sur le nouveau programme de culture et citoyenneté québécoise, qui remplacera dès septembre le cours d’éthique et culture religieuse. Les grandes lignes du programme sont pertinentes et intéressantes. Sommes-nous pour autant équipés pour combler 40 heures d’enseignement de cette nouvelle matière ? Loin de là.

Nous avons passé l’autre demi-journée à chercher différentes ressources tant sur Internet qu’à partir d’une suggestion de livres suggérés par la conseillère pédagogique qui animait la formation. Notre coffre à outils demeure bien vide. La pertinence de la formation n’a pas trouvé son égal dans les ressources.

Encore une fois, on ne sait pas où on s’en va, mais on y va vite en ta !


Dans le cours d’univers social
Volet histoire

Il est des héros qui sombrent dans l’oubli durant des décennies et qui, soudainement, sont projetés sous les feux de la rampe par un quelconque historien ou journaliste qui en déterre l’œuvre et les souvenirs. Il y a quelques années, je faisais ainsi la connaissance de Léo Major, un soldat canadien qui s’est distingué en libérant à lui seul la ville hollandaise de Zwolle de l’occupation allemande, en 1945. Cette semaine, j’ai découvert Marcel Ouimet.

Ohdio lui a consacré une baladodiffusion 1. Ouimet était un correspondant de guerre québécois qui a couvert des événements cruciaux de la Seconde Guerre mondiale pour Radio-Canada. Il a rapporté en direct le débarquement de Normandie, fournissant des récits détaillés et émouvants des combats. Il a également suivi les troupes canadiennes lors de la libération de Paris, documentant la liesse des Parisiens et la chute de l’occupation nazie.

Ouimet a été l’un des rares correspondants francophones, et le seul Canadien français, sur le front européen, offrant aux auditeurs d’ici de brillantes descriptions des batailles et des réalités de la guerre. Ses reportages, souvent réalisés dans des conditions périlleuses, ont contribué à informer et à sensibiliser le public à l’impact et aux sacrifices de la guerre. Son travail a laissé une empreinte durable dans l’histoire du journalisme de guerre.

Il est ensuite devenu directeur du réseau français de Radio-Canada.

1 L’histoire ne s’arrête pas là. Marcel Ouimet, témoin du débarquement de Normandie et de la chute d’Hitler. Radio-Canada Ohdio. Épisode 34, le 24 mai 2024.


Dans le cours de musique

Le duo Fleur de peau, originaire de Québec, vient de lancer son premier album intitulé Contre-Sens. Formé du multi-instrumentiste Louis Fernandez et de l’artiste multidisciplinaire Élie Dubois-Sénéchal, le duo propose une esthétique de synthé pop avec des textes engagés. Leur pièce Stroboscope a déjà trouvé sa place dans les programmations des radios musicales, et le groupe a un été bien chargé avec plusieurs festivals à son agenda.

Fleur de peau – Stroboscope – Contre-sens – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Jusqu’à l’arrivée de Jackie Robinson avec les Dodgers de Brooklyn, en 1947, les joueurs de baseball à la peau noire étaient contraints d’évoluer dans ce qu’on appelait les Negro Leagues. Ces ligues ont connu une forte popularité de 1920 à 1948, avant de s’essouffler et de complètement disparaître vers la fin des années 1950. De nombreuses vedettes, tels Satchel Paige et Josh Gibson, ont émergé de ces organisations. Leurs statistiques n’avaient cependant jamais été homologuées par les Ligues majeures de baseball (MLB).

Depuis cette semaine, plusieurs records des Ligues majeures sont désormais détenus par Josh Gibson, alors que lui et d’autres légendes des Negro Leagues rejoignent officiellement les classements historiques.

Les statistiques de plus de 2 300 joueurs des Negro Leagues ont été ajoutées dans une nouvelle base de données intégrée sur MLB.com, qui présente les records de sept différentes Negro Leagues de 1920 à 1948, aux côtés des anciens records des ligues américaine (AL) et nationale (NL). Il était temps.


Billet du 24 mai 2024 : Mille enchantements !

Le soleil se montre enfin dans toute sa splendeur. Le mercure a touché les 30 degrés pour la première fois de l’année. La saison du baseball majeur bat son plein depuis deux mois, alors que celle du baseball amateur québécois vient de s’amorcer. Au hockey, les quatre équipes du carré d’as sont connues. Parmi elles, une équipe canadienne, les Oilers d’Edmonton, qui mérite tous nos encouragements.

Les terrasses sont ouvertes, tandis que plusieurs artères, maintenant fermées aux voitures, acquièrent pour quelques mois le statut de piétonnier.

À l’école primaire où j’enseigne, des élèves portaient la tuque la semaine dernière encore. Sept jours plus tard, les tenues d’été sont répandues sur toute la cour. Les maisons d’édition ont commencé à nous envoyer des échantillons de leur nouveau matériel pédagogique. Et surtout, hier matin, ma directrice m’a fait descendre dans son bureau pour me remettre certains documents liés aux épreuves du ministère, qui se dérouleront du 3 au 13 juin.

Les signes ne mentent pas, la fin de l’année scolaire est à nos portes. Septembre m’exalte toujours, mais juin m’enchante !


Dans le cours de français

Si vingt et cent s’accordent au pluriel, il en est autrement avec mille. Le mot mille est invariable et ne s’accorde jamais au pluriel. Il s’utilise comme numéral cardinal (mille personnes) ou ordinal (la page mille). Il peut aussi être employé comme nom d’unité de distance, mais dans ce cas, il prend un s au pluriel (deux milles). Toutefois, si on multiplie par mille, on écrira deux mille milles.

L’orthographe mil a-t-elle encore sa place ? Historiquement, mil était utilisé dans l’écriture des années de l’ère chrétienne de 1001 à 1999, mais cette règle est devenue facultative. Aujourd’hui, mille peut être écrit en toutes lettres ou sous la forme numérique 1 000, selon le contexte. Dans les textes techniques, on préfère la notation numérique, tandis que dans les textes courants, on peut écrire mille en toutes lettres, en veillant à ne pas abréger les unités qui suivent.


Dans le cours de musique

Grande gagnante des 28e Francouvertes, tenues à Montréal en avril, Soleil Launière est une artiste multidisciplinaire autochtone. Œuvrant également dans la danse et le théâtre, elle écrit et chante en innu, en anglais et en français. De son album Taueu, récemment sorti, voici la pièce Au bout.

Soleil Launière – Au bout – Taueu – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Le professeur australien Richard Scolyer, atteint d’une tumeur cérébrale très grave, a évité la récidive de son cancer grâce à un traitement expérimental qu’il a lui-même contribué à développer. Sa collègue et codirectrice du Melanoma Institute Australia, la professeure Georgina Long, lui a administré ce traitement basé sur l’immunothérapie, une méthode utilisant le système immunitaire pour attaquer les cellules cancéreuses. Bien que ce traitement soit difficile à supporter, entraînant des crises d’épilepsie, des problèmes de foie et une pneumonie, il a permis au professeur Scolyer de voir des résultats encourageants. Après quelques mois, une tomodensitométrie cérébrale n’a révélé aucun signe de récidive de son glioblastome, offrant un espoir immense pour les patients atteints de ce type de cancer.

En prenant connaissance de cette nouvelle, cette semaine, j’ai immédiatement pensé au film L’huile de Lorenzo !


Billet du 17 mai 2024 : Couleurs dans le ciel et dans les mots

« Je reviendrai à Montréal
Dans un grand Boeing bleu de mer
J’ai besoin de revoir l’hiver
Et ses aurores boréales »

– Paroles de Daniel Thibon, pour Robert Charlebois.

Des aurores boréales à Montréal ? Jusqu’à vendredi soir dernier, il était clair à mon esprit que le seul sens logique qu’on pouvait donner à cette strophe était la rime. Pour moi, Montréal se situait trop au sud et possédait trop de pollution lumineuse pour qu’on puisse y admirer des aurores boréales. Il faut croire que je me suis trompé.

Voici la zone, large à souhait, où les aurores boréales du week-end dernier pouvaient être vues :

Source : National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA)

Elles se sont formées à la suite d’une tempête géomagnétique de force G4 (sévère). Un tel phénomène se produit lorsque les taches solaires sont à leur maximum, c’est-à-dire lorsqu’on trouve une zone importante de la surface du soleil qui affiche une température inférieure au reste. Ce cycle solaire complet, à l’intérieur duquel on trouve ce maximum, dure 11 années. Il faut cependant remonter à 2005, soit 19 ans en arrière, pour trouver la dernière tempête géomagnétique sévère.

Ce phénomène peut aussi avoir des effets néfastes sur les réseaux et appareils électriques. Où étiez-vous le soir du 18 avril 1988 ? Je me trouvais justement au centre-ville de Montréal, alors que le Québec et une partie du Nouveau-Brunswick étaient plongés dans le noir à la suite d’une tempête géomagnétique. La direction d’Hydro-Québec s’en était montrée très embarrassée.

Quoi qu’il en soit, le ciel coloré du 10 mai 2024 a fait couler autant d’encre que le ciel noir du 18 avril 1988, pour des raisons fort différentes et plus agréables. Un ciel coloré demeurera toujours spectaculaire.


Dans le cours de français

Une autre nouvelle qui a fait couler beaucoup d’encre cette semaine est l’ajout de nouveaux mots et expressions à l’édition 2025 du dictionnaire Le Robert. Il y en a plus de 150. Et dans le lot, c’est d’ailleurs ce qui a beaucoup fait jaser ici, on trouve le verbe déguédiner et l’expression boss des bécosses, deux éléments tirés directement de notre coloré vocabulaire québécois.

À noter l’ironie, boss des bécosses fait son entrée dans Le Robert peu de temps après avoir été interdit d’utilisation à l’Assemblée nationale du Québec.

Parmi les autres nouveaux mots, notons le verbe stalker (espionner quelqu’un sur les réseaux sociaux), prompt et vocal qui deviennent des noms en plus d’être des adjectifs, chimichurri, edamame, kimchi, portobello, ainsi que surtourisme, sapiosexuel, climaticide et lithothérapie.


Dans le cours de sciences

Un article paru dans différents périodiques l’automne dernier est passé plutôt inaperçu dans les nouvelles, mais il n’en demeure pas moins important. L’exoplanète K2-18b a été découverte depuis un certain temps. Ce qui est nouveau, c’est que le télescope spatial James Webb a décelé dans son atmosphère des présences de méthane, de dioxyde de carbone et de sulfure de diméthyle, trois éléments qui, sur Terre, ne peuvent être produits que par des êtres vivants.

Des études plus poussées seront menées, d’une part pour savoir si ces gaz pourraient être produits autrement, mais aussi pour vérifier la présence possible d’eau sur K2-18b. Aurait-on trouvé une autre planète bleue ?


Dans le cours de musique

Feu de garde constitue le second album en deux ans de Bibi Club, un duo formé d’Adèle Trottier-Rivard et de Nicolas Basque. C’est aussi la deuxième fois que je vous propose une de leurs pièces en #musiquebleue. La lumière, les couleurs, voici Le feu.

Bibi Club – Le feu – Feu de garde – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Lors d’une réunion à Turin le mois dernier, les pays membres du G7 (Italie, Canada, France, Allemagne, Japon, Royaume-Uni et États-Unis) ont annoncé la suppression progressive d’ici à 2035 de toutes les installations de centrales à charbon qui ne seront pas équipées d’un dispositif de captage de CO2. En d’autres termes, il s’agit de leurs plus anciennes centrales. Cette décision intervient après la COP28, organisée en décembre 2023 à Dubaï, où les participants s’étaient engagés à renoncer progressivement aux énergies fossiles.

Le charbon est responsable de 40 % des émissions annuelles de gaz à effet de serre, contre 32 % pour le pétrole et 20 % pour le gaz. Les pays du G7, qui représentent 38 % de l’économie mondiale, sont désormais responsables de seulement 21 % des émissions de gaz à effet de serre.


Photo d’en-tête de ce billet : Jonathan Labelle