Billet du 3 février 2023 : Dans une forme majuscule

«Comment vas-tu?» est une question à laquelle je réponds quotidiennement. Je vais bien. Je vais même très bien.

Mon passeport demeurera en règle pour encore quelques années. À court terme, je n’aurai donc pas à m’engager dans des démarches compliquées et interminables pour le renouveler. Aussi, je pratique une profession dont le salaire, bien que non indexé à l’inflation, me permet toujours de me procurer les denrées alimentaires essentielles, incluant des fruits et des légumes. J’occupe justement un emploi, ce qui fait que je n’ai pas à m’embourber dans les méandres congestionnés du système d’assurance-emploi.

Tous les membres de ma famille bénéficient actuellement d’une bonne santé. Il en est de même pour moi. Je n’ai donc pas à affronter un milieu hospitalier dont les ressources déclinent et s’amenuisent, et qui croule sous une pression insoutenable.

Je possède une maison que je suis capable de payer, parce qu’achetée à un prix abordable, il y a dix ans.

Oui, je vais bien, tout en étant conscient que je demeure, du moins pour l’instant et pour toutes ces raisons, dans une classe privilégiée. Ajoutons que je dispose encore de mille motifs pour rire et sourire, tous les jours, et que mon entourage démontre très adéquatement sa présence et son attention.

Serai-je en mesure d’écrire la même chose le mois prochain ou dans un an ? On verra. Développer ma pleine conscience constitue l’une de mes plus belles réalisations des deux dernières années.

Aujourd’hui, je vais très bien.


Dans le cours de français

En chronique à Rouge FM, cette semaine, Jean-René Dufort y est allé d’une critique des incongruités de la langue française, à travers un discours dont j’aurais aimé être l’auteur ! Si vous disposez de cinq minutes, je vous invite à l’écouter. Sourires et hausse du bagage intellectuel assurés. Probablement quelques éclats de rire, aussi.

Jean-René Dufort sur les ondes de Rouge FM – Le 27 janvier 2023.


Dans le cours de français, deuxième période

Plusieurs corrections à effectuer, cette semaine. Je souligne en premier lieu que d’ordinaire, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, maîtrise de brillante façon son français, tant à l’oral qu’à l’écrit. Il a cependant commis deux impairs dans ses publications, au cours des derniers jours.

Voici le premier :

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire Canadien avec un c majuscule. Être (un) Canadien implique que le mot fait partie de la classe des noms. Dans ce cas, comme il fait référence à un peuple, il s’agit d’un nom propre.

Ensuite :

#LeProfCorrige

Ici, à l’inverse, on aurait dû voir Parti québécois, avec un q minuscule. Pourquoi ? Parce que le mot québécois est employé comme adjectif, qui vient qualifier le nom Parti. De la même manière, on écrira Parti libéral, Parti conservateur, Parti vert et Assemblée nationale, tel que monsieur St-Pierre Plamondon l’a fait, à l’intérieur de la même publication.

À sa défense, cependant, dans ses documents officiels, le Parti québécois utilise également les majuscules aux deux mots. La grande majorité des médias et ouvrages de référence, de leur côté, emploient la règle de grammaire convenablement.


L’autre faute est tirée d’un article diffusé sur le site de TVA Nouvelles.

La nouvelle est terrible, je sais.

#LeProfCorrige

Ici, il aurait fallu employer le pluriel et lire une allergie sévère aux produits laitiers. Si elle n’était allergique qu’à un seul produit laitier, une précision se serait avérée nécessaire.


Dans le cours de musique

À peu près toutes les chansons de Sébastien Lacombe me rejoignent, tant pour les paroles que pour les mélodies et orchestrations. Aussi ai-je été heureux d’apprendre, cette semaine, que son plus récent album, Le chemin des possibles, lui valait d’être nominé à titre d’auteur-compositeur francophone de l’année aux Prix de la musique folk canadienne. Les galas de dévoilement des récipiendaires auront lieu à Vancouver, les 1er et 2 avril 2023.

En #musiquebleue, tirée de cet album, voici la pièce Far West.

Sébastien Lacombe – Far West – Le chemin des possibles – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

J’étais un élève de secondaire 5, en 1984, alors que le Québec tout entier acclamait Gaétan Boucher qui, aux Jeux olympiques de Sarajevo, remportait deux médailles d’or et une de bronze en patinage de vitesse. Aujourd’hui, à moins de cinq années de ma retraite de l’enseignement, ce même Gaétan Boucher a gagné les Jeux mondiaux des maîtres, dans la même discipline.

Dans la catégorie des 65 ans et plus, il a terminé premier aux 500 m et 1 000 m, deuxième au 1 500 m et quatrième au 3 000 m, ce qui lui a permis de devancer un Hollandais au classement. Heureux de ce retour fructueux, il envisage des participations à d’autres compétitions, au cours de la prochaine année.


Photo de l’en-tête : Sophie Lussier


Billet du 27 janvier 2023 : Défectuosité humaine

Un article signé par Louise Leduc1 et publié dans La Presse, mardi, a semblé prendre tout le monde par surprise, tant dans la classe politique que dans la population. Et pourtant.

Ai-je déjà été témoin d’une situation où un élève de 5e année passait directement au secondaire, après son année scolaire, parce qu’il avait déjà repris une année ?

Réponse : Oui !

J’en suis à ma 27e année d’enseignement, ma 17e comme enseignant de 6e année, et j’ai constaté cette aberration à quelques reprises. J’espère que quelqu’un, enfin, y verra.

1 Leduc, Louise. Pas de 6année pour des enfants en difficulté. La Presse, Montréal. Le 24 janvier 2023.


Dans le cours d’éthique et culture religieuse
Volet éthique

Il y a quelques années, une défectuosité électronique a coûté la vie à la mère de Gilles Duceppe. Décès atroce, s’il en fut un, alors que madame Duceppe est morte gelée sur un balcon.

Il y a quelques mois, c’est la défectuosité d’un système bien humain, et non mécanique ou électronique, qui est responsable des souffrances endurées par madame Andrée Simard Bourassa, veuve de l’ex-premier ministre du Québec, dans les trois derniers jours de sa vie. J’ai expliqué la situation en quelques mots à mes élèves.

Madame Simard Bourassa, en fin de vie, aurait dû être admise à l’unité des soins palliatifs pour y recevoir des soins de confort. Comme elle avait contracté la COVID, elle n’a pas pu être admise à l’unité des soins palliatifs. Comme elle n’a pas pu être admise à l’unité des soins palliatifs, on ne lui a pas administré les soins de confort, parce qu’il semble qu’il soit écrit quelque part qu’il n’y a qu’à l’unité des soins palliatifs qu’un patient puisse recevoir les soins de confort.

— À quel hôpital était-ce?, m’a demandé un élève.

— À St.Mary’s, ai-je répondu, avant de préciser que c’est un gouvernement dirigé par Robert Bourassa, le mari de la défunte, qui avait doté le Québec de son régime d’assurance maladie, en fin de Révolution tranquille.

— Je suis née à l’hôpital St.Mary’s et j’ai honte, a alors rétorqué une autre élève.

Ça dit tout.


Dans le cours de musique

C’est le retour de la chanson à texte, quoiqu’un peu cru. C’est aussi un retour à la sonorité des années 1970, sous des rythmes flirtant avec le blues et le folk. Elle s’appelle Mélisande Archambault, mais s’exprime musicalement avec le pseudonyme Madame Autruche. Au cours de la dernière semaine, elle a lancé l’album Réveillez-moi quand il fera beau, un titre tout désigné pour se dégager de longs mois d’hiver. La pièce, elle, s’intitule Les vieilles cassettes. Le vidéoclip vaut le coup d’œil.

Madame Autruche – Les vieilles cassettes – Réveillez-moi quand il fera beau – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Dans une décision qui est passée plutôt inaperçue, il y a quelques semaines, le gouvernement du Canada a prolongé de vingt ans la protection du droit d’auteur. Cela signifie donc qu’aucune œuvre littéraire, artistique ou musicale n’entrera dans le domaine public au cours des vingt prochaines années.

Jusqu’à la fin de 2022, une œuvre était protégée durant toute la vie de son auteur, puis pour 50 autres années après sa mort. La protection après le décès passe maintenant à 70 ans, en vertu d’une entente avec les États-Unis et le Mexique, qui ont adopté la même mesure.

Une œuvre qui passe dans le domaine public peut être récupérée par quiconque veut en disposer. C’est ainsi que, par exemple, des suites contemporaines ont été créées pour des classiques comme Le petit prince ou Anne… La maison aux pignons verts.


Image d’en-tête : Martin Gagner (Marqueurs au feutre sur tableau blanc).


Billet du 20 janvier 2023 : Avec persévérance et entrain

Le 16 février prochain, j’aurai l’immense privilège de participer à un webinaire organisé par l’Instance régionale de concertation en persévérance scolaire et réussite éducative de la Montérégie. Invité sur le panel par le psychopédagogue Richard Robillard, nous discuterons durant deux heures de l’influence que la persévérance des adultes peut opérer sur celle des enfants.

Cet événement se déroulera dans le cadre des Journées de la persévérance scolaire, tenues annuellement en février, partout au Québec.


Dans le cours de français

Parmi les erreurs qui reviennent souvent dans les messages qui me sont envoyés, on trouve celle où on altère l’expression en train de. Tant chez les enfants que chez les adultes, plusieurs ont tendance à souder les mots pour en faire entrain de.

Être en train signifie être en mouvement. Quand on exécute une action, on est donc en train de faire quelque chose.

Quant au mot entrain, il existe bel et bien, mais désigne de la joie ou de la bonne humeur. Comme quoi un simple espace peut changer tout un sens.


Dans le cours de musique

Du classique, en #musiquebleue, pour une deuxième semaine consécutive ? Pourquoi pas ! Cette fois, il s’agit cependant d’un mini récital donné sur NPR Music, une radio publique américaine vouée à la musique, par le pianiste et compositeur montréalais Marc-André Hamelin, dans le cadre d’un Tiny Desk Concert. Ces concerts intimes, diffusés par la station, produisent les plus grands artistes de la planète, tous styles confondus.

Pour sa prestation, Hamelin a choisi le Rondo en do mineur de Carl Philipp Emanuel Bach, Graceful Ghost Rag de William Bolcom, ainsi qu’une de ses compositions, L’homme armé (Toccata).

Marc-André Hamelin – Tiny Desk Concert sur NPR Music – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Celle-ci m’apparaissait évidente : l’écrivaine québécoise Kim Thúy a reçu cette semaine le grade de Chevalière dans l’Ordre des Arts et des Lettres, par la France. On reconnaît ainsi son parcours exceptionnel, de même que son apport à la littérature. Elle avait obtenu le même honneur au Québec, en 2015.


Billet du 13 janvier 2023 : À considérer gravement

Gravement ou grièvement ?

Pourquoi dit-on qu’on est gravement malade, mais grièvement blessé ? Ces deux adverbes peuvent-ils être considérés comme des synonymes ?

Eh bien non !

Dans le cours de français

Une façon de former un adverbe se terminant en ment est de prendre un adjectif sous sa forme féminine et de lui ajouter le suffixe ment. C’est le cas, par exemple, de lentement. L’adverbe gravement est formé de la même manière.

Mais comment définit-on précisément l’adjectif grave ? Le Larousse1 lui donne dix définitions différentes, alors que le Robert2 lui en donne à peine un peu moins. Parmi les plus courantes, notons celles qui soulignent l’importance, le sérieux ou la dangerosité. L’adverbe gravement se range dans le même créneau.

Quant à grièvement, il se construit à partir de l’ancien adjectif grief, ou plutôt de son féminin griève, qui signifiait douloureux ou accablant. Il constitue donc l’adverbe précisant le mieux une atteinte physique comme une blessure ou une brûlure.

1 Définitions de l’adjectif grave selon Larousse.

2 Définitions de l’adjectif grave selon Robert.


Dans le cours de musique

Originaire de Montréal, Maxime Goulet compose la musique de trames sonores et de jeux vidéo. En collaboration avec l’Orchestre classique de Montréal, sous la direction de Jacques Lacombe, il a récemment produit l’album Symphonie de la Tempête de verglas. En voici le deuxième mouvement, intitulé Chaleur.

Maxime Goulet et l’Orchestre classique de Montréal (sous la direction de Jacques Lacombe) – Chaleur – Symphonie de la Tempête de verglas – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Les revues scientifiques l’ont annoncé en grande pompe, cette semaine, les trous dans la couche d’ozone seraient sur le point de se refermer. Les changements apportés dans l’activité humaine à cet égard semblent porter leurs fruits. Selon le site Futura, cette portion de l’atmosphère terrestre devrait retrouver son état d’avant 1980 d’ici 2040, pour la majeure partie du globe, et vers 2066 pour l’Antarctique.

Le trou dans la couche d’ozone devrait se résorber complètement avant 2066. Futura, Fréjus. Le 11 janvier 2023.

Source : YouTube (Radio-Canada Info)

Billet du 6 janvier 2023 : Journal de vacances des Fêtes (2e de 2)

Je tiens d’abord, cette semaine, à vous exprimer mes vœux pour une bonne et heureuse année 2023. Je vous souhaite, en particulier, santé, bonheur et du temps pour en profiter. À plus grande échelle, puissions-nous être témoins de gestes de paix et de tolérance de la part de tous les dirigeants.

Une page se tourne, un nouveau chapitre commence. Si l’histoire se poursuit, il est permis, alors que nous n’en sommes qu’aux premières lignes, d’espérer une suite positive.


Déformation professionnelle

Très souvent, mais beaucoup au cours des six dernières semaines, j’ai pu revoir une faute de français qui se propage avec une contagion moins proliférante que la COVID, quand même, mais dont la contamination continue, malheureusement, d’être légion. Cette erreur de plus en plus commune, je l’ai constatée dans plusieurs médias écrits, une fois à la télévision, dans du matériel scolaire (ce qui m’a découragé) et, bien sûr, dans une multitude de publications sur les réseaux sociaux.

Quelle est cette faute ? C’est quand quelqu’un ou un organisme commence une annonce ou un communiqué par «Oyé ! Oyé !».

Retenez bien ce qui suit, la bonne orthographe est «Oyez! Oyez!».

Il s’agit ici de la conjugaison du verbe ouïr, à la 2e personne du pluriel de l’impératif présent.

Le verbe ouïr, associé à l’ouïe, le sens qui permet la perception des sons, n’est presque plus utilisé aujourd’hui, mais demeure dans les ouvrages de référence, bien qu’on lui préfère écouter ou entendre.

N’hésitez pas à diffuser l’information !


Sortie de vacances

Comme chaque année, durant le temps des Fêtes, ma conjointe et moi assistons à la revue humoristique Revue et corrigée, au Théâtre du Rideau-Vert. Encore une fois, les textes, la distribution et la mise en scène ont su nous dérider. Je souligne en particulier le travail de Benoit Paquette, un des vétérans de l’équipe. Il est à mon avis un des meilleurs imitateurs que nous ayons connus au Québec. Les auteurs abordent l’actualité sous un angle différent de ceux empruntés par les scripteurs des autres émissions de fin d’année.

Mon flash coup de cœur va à une parodie de l’émission En direct de l’univers où l’invité, Paul St-Pierre Plamondon, se fait chanter par Ginette Reno « T’as plus de noms que de députés » ! Madame Reno était personnifiée par l’excellente Marie-Ève Sansfaçon.


Bien assis dans la salle une vingtaine de minutes avant le début du spectacle, j’en ai profité pour regarder une partie de la finale du Championnat du monde junior de hockey sur glace. Ma conjointe a croqué l’instant sur le vif ! Pour celles et ceux qui s’en préoccupent, mon téléphone cellulaire a été éteint et rangé avant le commencement de la représentation. (Photo : Facebook — Linda Boyer)

Dans mes écouteurs

Au cours de la dernière semaine, c’est surtout de la musique du temps des Fêtes qui a tourné non seulement dans mes écouteurs, mais à travers tous mes haut-parleurs. J’ai cependant cherché une personnalité artistique nouvelle qui nous offrirait une #musiquebleue pour ce billet. J’ai découvert Troidemi.

Artiste émergent, il donne dans le funk francophone, avec des accents de jazz très cuivré. La pièce que je propose, Un opium, me rappelle un peu Michel Fugain, sans la chorale du Big Bazar. L’album, son premier, s’intitule Pour l’après.

Troidemi – Un opium – Pour l’après – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

J’ai appris quelque chose d’admirable, mardi soir dernier, en regardant Les dix de 2022, sur ICI Télé. Parmi les personnalités de l’année, figure un groupe de cinq jeunes de 11 et 12 ans, qu’on appelle les Jeunes pisteurs. Au cours de leur vie, ces jeunes ont côtoyé le cancer, soit en le subissant, soit parce qu’un proche l’a combattu. À l’invitation du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS), ils ont formé une équipe de recherche afin de guider les intervenants dans divers secteurs du traitement de la maladie.

Ce qu’ils accomplissent, depuis près de deux ans, est digne de mention.

Touchés par le cancer, des jeunes s’investissent dans la recherche. La Tribune, Sherbrooke. Le 25 avril 2022.


Billet du 30 décembre 2022 : Journal de vacances des Fêtes (1er de 2)

L’année 2023 se pointera le bout du nez dans moins de 48 heures. Selon nos traditions, qui dit jour de l’An dit nouvelles résolutions. Personnellement, j’ai l’habitude d’en prendre que je suis capable de tenir, aussi simples soient-elles. Pour la prochaine année, ce sera de diminuer mon temps d’utilisation des réseaux sociaux, une tendance chez moi déjà bien enclenchée depuis les six derniers mois.

Comprenez bien, il ne s’agit pas d’abandonner mes réseaux sociaux. J’en ai même ajouté un nouveau, Mastodon, au cours des derniers jours. Il s’agit plutôt de les utiliser selon ce pour quoi ils ont été conçus, afin de faire autre chose que de constamment tenir mon téléphone cellulaire entre mes mains.

D’abord, Snapchat et TikTok. Je ne diffuse rien sur ces réseaux. Je n’y possède des comptes que pour suivre les activités de personnes en particulier. Ma famille dans le premier cas, le médecin Mathieu Nadeau-Vallée dans l’autre.

Je possède deux comptes Instagram, un personnel et un professionnel. Le premier n’est disponible qu’à un nombre restreint de gens, alors que le second est ouvert à tout le monde. J’y publie des photos et quelques vidéos de mes activités, à quelques reprises durant la semaine. C’est pour moi la version moderne des albums-photos et des spicilèges, communément appelés scrapbooks.

Je dispose également de deux comptes Facebook, un personnel et un autre pour #LeProfCorrige. Le but de Facebook est de donner des nouvelles et d’en prendre des personnes qui nous suivent. Le fait de toucher leur cœur, leurs yeux ou leurs oreilles suscite généralement de belles réactions. Adopter un ton éditorial, par exemple en relayant une caricature ou en commentant une chronique, implique une plus grande indifférence de la part des abonnés. Après tout, Facebook s’inscrit dans la lignée du principe qu’il faut éviter de parler de religion ou de politique autour d’un repas !

LinkedIn est un réseau professionnel et doit être utilisé comme tel. J’y diffuse mes billets hebdomadaires et j’y relaie des articles concernant l’éducation, en les commentant avec une seule phrase, bien concise. J’y félicite également mes connaissances pour une promotion, par exemple, et leur souhaite bon succès à chaque changement de statut d’emploi.

Twitter est le réseau ayant subi la plus grande évolution. On peut presque parler de révolution. À l’origine, le but de Twitter était de diffuser des nouvelles, de les commenter et de débattre. Durant mes années de journalisme, le réflexe était instantané : dès qu’un nouvel élément s’ajoutait à une de mes couvertures, il se retrouvait sous le petit oiseau bleu. Pour les gens qui me suivaient régulièrement, il s’agissait d’un puissant incitatif à aller lire l’article qui allait s’ensuivre. Toutefois, les trolls se sont emparés de la plateforme, les débats ont perdu toute civilité et le réseau a fini par prendre la forme d’un lieu de rencontres et de publication d’histoires personnelles. Il est devenu un genre de Facebook pour des individus qui ne se connaissent pas.

Twitter est ainsi passé du réseau social sur lequel je passais le plus clair de mon temps (un peu trop, je le réalise aujourd’hui), à celui que j’ouvre machinalement pour quelques instants, en n’y intervenant presque plus. C’est la raison pour laquelle j’ai commencé un compte Mastodon, qui reprend la mission première de Twitter, soit d’informer et de débattre en toute civilité. Le billet que vous lisez actuellement sera le premier que j’y publierai. Je tenterai maintenant de ne pas retomber dans le piège des longs moments perdus à y fureter.

Ceci constituera probablement le plus gros défi, tout en étant relatif, de ma résolution pour 2023 !


Lectures de vacances

Je plonge dans le chaos, durant mes vacances. En lecture, du moins.

Les revues littéraires ont fait état du roman Le mage du Kremlin, de Giuliano Da Empoli, que je me suis procuré. Ce dont on a moins parlé, c’est de son œuvre précédente, Les Ingénieurs du chaos, un essai portant sur le même thème, soit les conseillers politiques influents, de qui découlent les grands mouvements populistes mondiaux des dernières années. Né en France et possédant la nationalité suisse, l’auteur y avance l’hypothèse que l’Italie constitue, depuis plusieurs générations, le plus imposant laboratoire de courants politiques. Je termine l’essai avant de passer au roman, qui traite du principal conseiller de Vladimir Poutine.

En parallèle, un ami m’a refilé les trois premiers tomes du roman graphique Hedge Fund, un suspense financier dont le troisième épisode s’intitule La Stratégie du chaos. Là encore, je constate que les auteurs explorent une situation mondiale sous un angle différent, laissé pour compte par les grands médias.

Comme quoi le chaos, inconfortable lorsque subi, possède ses côtés instructifs.


Sur mes écrans

D’un point de vue plus léger, il m’aura fallu plus de deux ans, mais j’ai finalement commencé la série télévisée Ted Lasso. À travers un humour désopilant et souvent très songé, on découvre une psychologie tout aussi brillante.

J’ai maintenant trois saisons à rattraper !


Dans mes écouteurs

Quand Yves Lambert, de La Bottine souriante, et Shauit, un auteur-compositeur-interprète originaire de Maliotenam, s’unissent pour nous offrir une chanson sur un rythme traditionnel, ça donne Ka Utapanashkutshet, une excellente pièce bilingue, soit en innu et en français. En cette fin d’année, elle s’avère de circonstance.

Shauit et Yves Lambert – Ka Utapanashkutshet – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Il y a deux semaines, il était ici question de Yoshua Bengio, un maître québécois de l’intelligence artificielle. Il sera encore question de l’IA dans cette rubrique, cette semaine. Cette fois, la nouvelle provient de Grande-Bretagne, où les personnes ayant subi un accident vasculaire cérébral (AVC) sont trois fois moins nombreuses à en conserver des séquelles, grâce à un système qui permet de diagnostiquer et d’intervenir plus rapidement.

Lire le communiqué de l’AFP sur Radio-Canada.ca


Lecture de vacances, deuxième partie

Je me suis délecté avec la chronique de Paul Journet, publiée ce matin1. Le sarcasme y est omniprésent, mais il s’agit d’une revue de l’année originale, présentée sous forme de nouvelles (et fictives) définitions du dictionnaire. Mes préférées sont Serment au roi, Pierre Poilievre et Woke, sous deux versions. Et Père Noël. Et toutes les autres !

1 Les maux de 2022. La Presse, Montréal. Le 30 décembre 2022.


Billet du 23 décembre 2022 : Aujourd’hui, l’hiver

Vacances prématurées. Ainsi le veut dame Nature, qui nous envoie aujourd’hui un cocktail météorologique suffisamment puissant pour fermer les écoles. D’ordinaire, je n’aime pas ces journées de tempête. Le congé forcé qui en découle est compensé par la perte d’une journée pédagogique dont la place dans le calendrier scolaire a été mûrement réfléchie. Ces journées sont utiles pour corriger, planifier ou faire le point sur les rendements des élèves.

Cette fois-ci, cependant, le congé est apprécié. Pouvoir compter sur une journée avant le réveillon pour le préparer ou simplement prendre un peu de repos constitue une bénédiction. Comme quoi tout est relatif.


Dans le cours de français

Quelle orthographe est la bonne ?

Une croix qu’on n’a pas choisie de porter
ou
Une croix qu’on n’a pas choisi de porter

Réponse après la bonne nouvelle de cette semaine.


Dans le cours de musique

Ce n’est pas officiellement un duo improbable, mais on s’en rapproche ! Dans le cadre de son émission Deux par deux rassemblés, Pierre Lapointe a reçu François Pérusse. Ensemble, ils ont interprété Demain l’hiver, le classique de Robert Charlebois. À deux jours de Noël, c’est la #musiquebleue que je vous suggère.

Pierre Lapointe et François Pérusse – Demain l’hiver – Deux par deux rassemblés – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Dans la foulée des activités de la COP15 sur la biodiversité, tenue la semaine dernière à Montréal, le ministre des Eaux, de la Forêt, de la Mer et de l’Environnement du Gabon a mentionné l’importance de préserver la forêt tropicale du bassin du fleuve Congo, la deuxième en envergure sur la planète. Elle n’est précédée que par la forêt amazonienne, considérée comme le poumon de la Terre.

À quel point est-ce une bonne nouvelle ? Disons que le chemin à parcourir s’avère plutôt long entre une simple préoccupation et des actions concrètes, surtout quand le territoire concerné s’étend sur six pays. C’est cependant déjà mieux que pour la forêt amazonienne, dont l’équilibre de protection se situe quelque part entre la fragilité et la déficience.

Si les pays africains prennent le taureau par les cornes et protègent convenablement leur patrimoine forestier, c’est le monde entier qui en bénéficiera. Le réchauffement planétaire s’en trouvera ralenti.


Dans le cours de français, suite

Si la phrase s’était arrêtée après le participe passé, il aurait fallu écrire Une croix qu’on n’a pas choisie. Le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir se serait alors accordé avec le complément direct placé avant le verbe.

Mais la règle de grammaire impose autre chose lorsqu’on considère la phrase complète. On doit alors écrire Une croix qu’on n’a pas choisi de porter, avec un participe passé qui demeure invariable. Ici, le complément direct est qu’, dont l’antécédent est croix. Il est toutefois le complément direct du verbe à l’infinitif porter, et non du participe passé. Ce dernier reste donc invariable.


L’image d’en-tête de ce billet est l’œuvre de Martin Gagner, concierge de soir à l’école où j’enseigne. Artiste dans l’âme, il possède également une vaste érudition et demeure un collègue estimé  de tous et de toutes. Une fois de plus, cette semaine, il a terminé son quart de travail et dessiné quelque chose sur un de mes tableaux, pour le plus grand plaisir de mes élèves, qui apprécient énormément la surprise à leur entrée en classe, le lendemain matin.

La magie de Noël se trouve surtout dans les gestes simples, comme ceux de Martin. Je tâche personnellement de toujours le garder en tête !

À toutes celles et tous ceux qui, à l’occasion ou de façon hebdomadaire passent par ici et prennent le temps de me lire, je souhaite un très joyeux et reposant temps de Fêtes. À très bientôt !


Billet du 16 décembre 2022 : Ce n’est pourtant pas sorcier

La Terre est ronde.

J’enseigne depuis 27 ans et jamais, devant mes classes, je n’ai eu à le répéter aussi souvent qu’au cours des deux dernières années, sur les réseaux sociaux où je suis actif. Encore cette semaine, quelqu’un me mentionnait être certain que la Terre était ronde, mais que plusieurs arguments de celles et ceux qui la croient plate s’avéraient suffisamment solides pour semer le doute.

On part de loin.

Dans le cours de sciences et technologie

Alors que je commençais dans l’enseignement, une émission de vulgarisation pour jeune public faisait fureur, sur la chaîne France 3. L’émission C’est pas sorcier est demeurée en ondes durant 21 ans. À travers ces années, j’ai présenté en classe plusieurs épisodes, tous légalement déposés sur YouTube. Avec la pandémie de COVID-19, l’animateur principal, Jamy Gourmaud, a repris du service et s’est mis à diffuser, avec la collaboration de son épouse, le même genre de capsules, enregistrées à partir de chez eux.

Coïncidence, cette semaine, Jamy en a diffusé une destinée à en finir une fois pour toutes avec les théories platistes. Je la dépose à mon tour ici, de manière à la rendre disponible pour quiconque aurait à démontrer à quelqu’un que la Terre est bien ronde.

Merci Jamy !


Dans le cours de français

La cocasserie a fait le tour d’à peu près tous les réseaux sociaux, cette semaine. Il n’y a donc rien d’original à la reprendre ici, mais je pouvais difficilement passer outre.

Source : Le Journal de Québec, le 11 décembre 2022.

Alors que la une du Journal de Québec fait grand état des fautes de français de la communauté étudiante collégiale, elle en commet toute une dans le titre de son autre nouvelle.

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire Miracle au Mont-Sainte-Anne, avec le mot Sainte au féminin, plutôt qu’au masculin. Rigueur, rigueur, rigueur, pour reprendre une expression consacrée dans une autre aile de Québecor.


Dans le cours de musique

Aujourd’hui, je triche. Un peu, pas beaucoup. Le compositeur à l’origine de la #musiquebleue de ce billet est un Québécois de cœur, en ce sens où il vit à Montréal, ville qui a vu naître Oscar Peterson, depuis plus de 15 ans. Taurey Butler est officiellement un Américain du New Jersey, où il a grandi et étudié, avant de passer bon nombre d’années dans plusieurs vastes villes d’Asie et d’Afrique avec son épouse de l’époque, la chanteuse saguenéenne Nadja.

Marié de 2000 à 2016, le couple est ensuite revenu s’établir ici. Butler a alors signé un contrat avec la maison montréalaise Justin Time Records, avec qui il a produit deux albums. Aujourd’hui, il vit de ses nombreux spectacles en terre québécoise.

Invité par le maestro Yannick Nézet-Séguin, le trio de Taurey Butler a collaboré avec l’Orchestre métropolitain, dans le cadre d’un spectacle de musique de Noël, à la Maison symphonique de Montréal. Leur prestation sera d’ailleurs diffusée ce dimanche soir 18 décembre, sur les ondes de la télévision de Radio-Canada.

Tirée de l’album One Of The Others, sorti en octobre dernier, voici la pièce du même titre.

Taurey Butler Trio – One Of The Others – One Of The Others – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Yoshua Bengio est reconnu internationalement pour ses recherches en intelligence artificielle. Né à Paris, il a grandi à Montréal et y a fait la presque totalité de ses études. Depuis maintenant une trentaine d’années, il œuvre à l’Université de Montréal, où il mène une quête vers d’importantes découvertes sur l’intelligence en général.

Au cours des dernières semaines, deux dictionnaires, celui d’Antidote et Le Petit Larousse illustré, ont annoncé que le scientifique montréalais disposerait, dès 2023, de sa biographie dans leurs ouvrages respectifs. Il rejoint ainsi une multitude de personnes de tous les horizons qui ont laissé leur marque dans l’histoire.


Billet du 9 décembre 2022 : Constructions nouvelles en vue

J’enseigne dans un bâtiment vétuste. Ce n’est pas moi qui le prétends, mais une étude publiée dans Le Journal de Québec1, mardi. Mon école, construite en 1994, me semble pourtant bien entretenue. Toutefois, son indice de vétusté de 22 % est considéré comme mauvais. Les travaux prévus, sur un horizon de cinq ans, s’élèvent à près de 5 millions $.

J’ai sursauté lorsque j’ai pris connaissance de la cote D, accolée à mon lieu de travail. Néanmoins, quand on se compare, on se console. En parcourant la liste des 2 775 écoles répertoriées, on découvre qu’une vaste majorité d’entre elles nagent dans les mêmes eaux, oscillant entre le C et le E.

Le défi des infrastructures scolaires, que je voyais grand, s’annonce plutôt colossal pour le gouvernement du Québec. Et onéreux pour les contribuables.

1 Nos écoles québécoises en piteux état : Outil interactif pour connaître l’état de votre école. Le journal de Québec. Le 6 décembre 2022.


Dans le cours de français

Selon Le Robert, un pléonasme est un «terme ou expression qui répète ce qui vient d’être énoncé.»

Parmi les pléonasmes les plus couramment utilisés dans la langue française, on trouve une construction nouvelle, rentrer dedans, prévoir à l’avance, monter en haut, descendre en bas, pleurer des yeux, se moucher le nez, il pleut dehors, tourner en rond, avoir un bel avenir devant soi, un bref résumé, suivre derrière, un futur projet, solidaires les uns des autres, rédiger par écrit et réserver d’avance.

Le site La langue française en répertorie plus de 300. Si vous avez envie de sourire un peu, je vous invite à y jeter un coup d’œil. C’est la panacée universelle !

Liste des 300 pléonasmes les plus courants en français – La langue française.


Dans le cours de français, deuxième période

Michel Villeneuve a longtemps travaillé à la radio et à la télévision, tant à Québec qu’à Montréal. En plus d’animer plusieurs tribunes sportives, il a décrit des joutes de hockey et de baseball. Maintenant retraité, il publie ses états d’âme sur Twitter. Chacun de ses écrits me fournit presque autant d’occasions d’activer mon stylo rouge. En voici deux exemples.

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire Assemblée nationale, avec un n minuscule, plutôt que Assemblée Nationale. Le deuxième mot étant un adjectif qui qualifie le nom propre, la majuscule n’est pas requise.

Également, il aurait fallu lire tu n’es pas payé, plutôt que tu n’est pas payé. Ainsi se conjugue le verbe être à la 2e personne du singulier du présent de l’indicatif.

Et le lendemain,

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire Pourquoi veut-on, et non Pourquoi veux-t-on. Il aurait aussi fallu voir un accent grave sur le a de à tout prix. Il s’agit d’une préposition et non du verbe avoir.


Dans le cours de musique

J’ai découvert cette semaine l’ensemble Tea for 20’s, un projet musical dirigé par Lily Thibodeau, inspiré de la musique des années 1920. Au cours des derniers jours, le groupe a lancé une compilation de pièces du temps des Fêtes. En #musiquebleue, voici Dans nos vieilles maisons.

Tea for 20’s – Dans nos vieilles maisons – Reviens-moi à temps pour Noël – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Au Canada, l’athlète de l’année 2022 est la hockeyeuse Marie-Philip Poulin. Octroyé annuellement depuis 1936, le trophée Étoile du Nord, appelé Lou-Marsh jusqu’à l’an dernier, a de nombreuses fois été remis à des femmes. Plusieurs joueurs de hockey l’ont également reçu. Mais il s’agit de la première fois qu’une femme qui pratique notre sport national en est la récipiendaire. Et pourtant, ce ne sont pas les occasions qui ont manqué, quand on constate les excellentes performances de notre équipe féminine, tant lors des Championnats du monde que durant les Jeux olympiques.

Il s’agit d’un honneur pleinement mérité pour Marie-Philip Poulin qui, à 31 ans, domine la compétition depuis longtemps.

Lou Marsh est décédé en 1936, première année où le Canada a choisi d’honorer ses athlètes. Il était journaliste au Toronto Star. On lui avait alors rendu hommage en donnant son nom au nouveau prix créé. Une controverse a cependant été soulevée quand des propos racistes dans les écrits de Marsh ont récemment refait surface. C’est la raison pour laquelle le trophée a été rebaptisé.


Billet du 2 décembre 2022 : Besoin d’amour et d’éducation

Les trois députés du Parti québécois ont raison de demander l’abolition du serment à la monarchie britannique pour siéger à l’Assemblée nationale du Québec. Par contre, la meilleure façon d’y parvenir est la voie empruntée par les 122 autres élus qui, eux, ont choisi de le prêter une dernière fois, avant d’y mettre fin pour de bon avec des mesures législatives.

C’est tout ce que je mentionnerai sur le sujet.


Dans le cours de français

«Je l’haïs pas, lui (ou elle)!» peut être qualifiée d’expression québécoise typique, avec laquelle on signifie son appréciation ou son amour envers quelqu’un. Dans les mêmes eaux, on trouve «Il n’est pas mauvais, ce petit vin».

Ces deux expressions s’appellent des litotes. Le Larousse, qui dans ce cas-ci offre une explication plus complète que le Robert, définit la litote comme « une figure de rhétorique consistant à affaiblir l’expression de la pensée pour laisser entendre plus qu’on ne dit ».

L’art d’utiliser la forme négative pour exprimer quelque chose de positif.


Dans le cours d’univers social
Volet éducation à la citoyenneté

Mauvaise semaine pour la démocratie et la liberté d’expression. D’une part, la FIFA s’est rangée derrière les exigences du Qatar, pays hôte de la Coupe du monde de soccer, et a interdit aux équipes participantes de porter le brassard inclusif One Love.

D’autre part, la direction de l’Université d’Ottawa a cédé face à l’ambassadeur de Chine au Canada, qui a exigé qu’aucune caméra ne soit admise dans la salle où il prononçait une allocution devant des étudiants. C’est ainsi qu’un caméraman de Radio-Canada a été expulsé de l’endroit, après qu’on lui eut pourtant autorisé l’accès. Quel était le prétexte ? On craignait que le maintien de sa présence ne mette l’événement en péril. Rappelons que c’est la même institution universitaire qui avait imposé des sanctions arbitraires à la professeure Verushka Lieutenant-Duval pour avoir utilisé le mot commençant par n dans un contexte pédagogique.

Finalement, un rapport publié par IDEA International1 stipule que la moitié des démocraties dans le monde subissent un déclin, alors que l’autoritarisme est en hausse dans plusieurs pays. Parmi les endroits mentionnés par l’organisme, on note le Brésil et les États-Unis.

Avec des enjeux importants comme l’inflation, la guerre en Ukraine et les changements climatiques, les états auraient pourtant intérêt à s’ouvrir à tous les points de vue.

1 Communiqué de presse d’IDEA International.


Dans le cours d’anglais

L’en-tête de ce billet est constitué d’une photo que j’ai prise cette semaine, alors que je visitais l’exposition Pink Floyd — Their Mortal Remains, à Montréal. Il s’agit du premier jet des paroles de la chanson Another Brick in The Wall, écrites de la main de Roger Waters. Le We don’t need no education était à l’origine au singulier. Comme pour plusieurs autres pièces du groupe, le texte représente une satire sociale qui pourrait toujours s’avérer d’actualité, 40 ans plus tard.

En réalité, nous avons définitivement besoin de plus d’éducation.


Dans le cours de musique

Au cours de la dernière semaine, on a enfin lancé sur album la collaboration entre Les Cowboys Fringants et l’Orchestre symphonique de Montréal, enregistrée il y a quelques années. Si je considère Les étoiles filantes comme une des plus belles chansons québécoises de tous les temps, j’ai dû me rendre à l’évidence que son rendu symphonique n’atteignait pas la qualité de la version originale, malgré la préservation du solo d’accordéon. En revanche, le poème prémonitoire Plus rien trouve une niche sonore rehaussée à travers les harmonies des instruments dirigés par le chef Simon Leclerc. C’est la #musiquebleue que je propose, aujourd’hui.

Les Cowboys Fringants et l’Orchestre symphonique de Montréal (dirigé par Simon Leclerc) – Plus rien – Les Cowboys Fringants en concert avec l’Orchestre symphonique de Montréal – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Un adage prétend que la justice a le bras long. Elle a maintenant la mémoire longue. Un homme a été arrêté à Toronto, la semaine dernière, pour être accusé de deux meurtres perpétrés il y a 39 ans, soit en août et en décembre 1983. Les crimes semblaient parfaits, jusqu’à ce que les avancées technologiques d’aujourd’hui permettent de prouver ce qui, récemment encore, demeurait indémontrable.

Il y a bien trente ans que les tests d’ADN fournissent des évidences irréfutables. Ce qui est relativement nouveau, et qui a permis l’arrestation du suspect de Toronto, c’est la généalogie génétique. Dans le cas qui nous préoccupe, les enquêteurs ont pu partir d’un échantillon d’ADN qui avait été volontairement transmis au site Ancestry.ca par une personne désirant reconstituer son ascendance, et trouver des concordances avec celle découverte sur les lieux des meurtres chez un lointain cousin de cette personne.

Les morts parlent, il n’y a plus de doute.