Billet du 20 octobre 2023 : Bien se prendre en main

Une sortie culturelle nous a emmenés dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, cette semaine, ma conjointe et moi. Le bistro où nous avions l’habitude d’aller nous restaurer avant le théâtre étant réservé pour un groupe privé, nous nous sommes déplacés quelques centaines de mètres plus à l’est et avons découvert Agrigourmet.

Cela fera bientôt quatre ans que je rédige ici mes billets hebdomadaires et je crois n’avoir jamais fait la publicité d’un commerce ou d’un autre genre d’entreprise. Il y a un début à tout.

Les repas qui y sont servis sont frais et délicieux. Tout est préparé sur place à partir de produits cultivés ou élevés ici. L’entreprise est écoresponsable.

Ayant presque toujours œuvré au sein d’organismes communautaires, le propriétaire a fondé Agrigourmet en 2011 afin d’aider son père, nouvellement veuf, à bien se nourrir. Si l’endroit dispose de quelques tables pour consommation sur place, c’est surtout avec les produits vendus au comptoir ou livrés à domicile que le gros du chiffre d’affaires est réalisé. La clientèle principale est constituée d’aînés en légère perte d’autonomie.

Ce fut pour nous une magnifique et succulente découverte !


Dans le cours d’univers social
Volet éducation à la citoyenneté

Une grande partie de ma vie a été consacrée à la promotion de la langue française. C’est une des raisons pour lesquelles je suis devenu enseignant, en plus de m’inspirer la conception de ce blogue.

D’un autre côté, j’accepte bien l’idée de revoir le financement des universités, si c’est pour améliorer leur situation tout en évitant le surendettement étudiant.

Par contre, quand il s’agit de revoir le financement des universités en doublant les droits d’accès aux étudiants non francophones de l’extérieur du Québec et en prétextant la protection de la langue française pour le faire1, alors là, je décroche. Le problème est bien réel, mais la solution du gouvernement Legault est mauvaise.

De plus en plus, le Québec est vu comme un leader mondial dans plusieurs technologies. On peut penser aux différentes énergies propres et au multimédia, pour ne mentionner que celles-là. Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, peut-on se permettre de lever le nez sur d’excellentes candidatures à former ici pour développer ces domaines ? Poser la question, c’est y répondre. Bien sûr, certains de ces talents ne feront que passer et retourneront à la maison, leur diplôme d’une université québécoise en poche. Dois-je rappeler qu’une multitude de gens d’ici ont emprunté le chemin inverse et détiennent des grades acquis à l’étranger ?

À travers le monde, le Québec est perçu comme une société ouverte et sa métropole, comme une ville internationale et un pôle universitaire d’importance. Une mesure aussi conservatrice et discriminatoire envers des jeunes ne peut que nuire à cette réputation.

Si le gouvernement veut protéger et promouvoir la langue française, il peut d’abord commencer par s’assurer que les règles déjà existantes sont appliquées. La loi prévoit que le français doit constituer la langue de travail pour les entreprises de plus de 25 employés, et la langue de service partout sur le territoire. Un étudiant étranger désirant s’établir en permanence ici ne devrait avoir d’autre choix que de s’y soumettre sur son éventuel lieu de travail.

Quant à la population québécoise, nous avons également un énorme examen de conscience à effectuer. Insistons-nous toujours pour recevoir des services en français dans nos commerces et industries ? Et quand je lis que sur une période de onze semaines, en 2021, la musique d’ici a représenté moins de 9 % des 4,6 milliards de chansons écoutées au Québec sur des plateformes comme Spotify et Apple Music2, je me dis que nous sommes sans doute les plus grands responsables du déclin de notre langue.

1 Labbé, Jérôme. Québec haussera les tarifs pour les étudiants universitaires non résidents. Radio-Canada. Le 13 octobre 2023.

2 Côté, Émilie. Moins de 10 % de la musique écoutée est québécoise. LaPresse.ca. Le 23 juin 2022.


Dans le cours de français

Il est de ces expressions qui requièrent une orthographe dont on doute chaque fois qu’on doit l’utiliser. Dans un courriel que j’ai dû envoyer, jeudi, j’ai énoncé prendre en main. Dans cette expression, main doit-il s’écrire au singulier ou au pluriel ? Prendre en main ou prendre en mains ?

Une vérification dans ma bible, le site de l’Office québécois de la langue française, m’a confirmé que les deux orthographes sont acceptées. Il en est de même avec à pleine(s) main(s), en main(s) propre(s) et changer de main(s).


Dans le cours de musique

Bassiste et artiste du jazz fusion, Carl Mayotte a présenté son troisième album, Carnaval, cette semaine. Avec Sylvain Luc à la guitare, voici la pièce Le Saltimbanque.

Carl Mayotte – Le Saltimbanque – Carnaval – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Rares sont les artistes qui ont pris le temps de m’écrire pour me remercier d’avoir diffusé une de leurs pièces en #musiquebleue, dans un de mes billets. Parmi ceux qui l’ont fait, il y a Emmanuel Travis.

Son album Dopamine, dont j’avais inclus un extrait dans mon billet du 28 avril dernier, se retrouve en nomination dans la catégorie Album ou EP soul/R&B au GAMIQ (Gala alternatif de la musique indépendante du Québec), qui aura lieu le 27 novembre prochain. La catégorie R&B est présentée pour la première fois à ce gala. Emmanuel en sera-t-il le premier gagnant ? On le lui souhaite !


Billet du 13 octobre 2023 : « Le monde est fou, c’est ce qu’on en dit »

Nous baignons dans les saugrenuités, depuis les deux dernières semaines. Quand on regarde l’actualité, on ne peut que constater que la liste est longue pour une si courte période.

  1. Au lendemain de la perte d’une circonscription dans une élection partielle, le premier ministre parle de relancer le projet de troisième lien dans sa forme originale, quelques mois seulement après avoir déclaré que son besoin n’était pas démontré ;
  2. Aux États-Unis, le président de la Chambre des représentants est destitué par les élus de son propre parti ;
  3. Les cinq équipes du baseball majeur ayant obtenu le meilleur rendement en saison régulière présentent une fiche combinée d’une victoire et treize défaites dans les séries éliminatoires;
  4. Sans crier gare, les hostilités ont repris entre le Hamas et Israël, faisant des milliers de morts en quelques jours ;
  5. Un ancien président américain subit plusieurs procès en même temps, tant au civil qu’au criminel ;
  6. Il aura fallu attendre 156 ans avant de voir un membre des Premières Nations être élu à la tête du gouvernement d’une province canadienne ;
  7. La CBC embauche un studio parisien pour la traduction d’un de ses populaires balados, plutôt que de la confier à sa branche francophone ou, à tout le moins, à une entreprise privée du pays dont elle est une société d’État.

Y en a-t-il à ajouter ? Je songe à formuler une plainte. Qui s’occupe des saugrenuités ?


Dans le cours de français

Une des expressions qui revient le plus souvent dans les situations d’écriture de mes élèves est jeu vidéo. À leur âge, c’est normal. Les premières années, j’admets avoir éprouvé des difficultés, dans mes soirées de correction, avec le pluriel de cette expression.

Doit-on écrire jeux vidéos ou jeux vidéo ?

Classé comme adjectif, la règle de base voudrait que vidéo s’accorde. Mais ici, l’adjectif découle d’un nom précédé d’un sous-entendu : des jeux (utilisant la) vidéo. Pris ainsi, le mot ne devrait pas s’accorder.

Qu’en pense l’Office québécois de la langue française ?

L’organisme mentionne que « [selon] l’orthographe traditionnelle, il ne s’accorde pas, mais suivant les rectifications de l’orthographe, il prend la marque du pluriel. » En termes clairs, les deux graphies sont acceptées. Au grand plaisir de mes élèves !

Office québécois de la langue française. Accord de l’adjectif vidéo. Dernière mise à jour : 2018.


Dans le cours de musique

La semaine dernière, j’ignorais qui était Jonathan Personne. Aujourd’hui, j’ai entendu presque toute son œuvre solo, c’est-à-dire les pièces de trois albums. En nomination dans trois catégories au GAMIQ (Gala alternatif de la musique indépendante du Québec), dont celle de l’artiste de l’année, il donne dans le rock post-punk, avec un son rétro guidé par des guitares et des synthétiseurs qui évoquent les années 1970.

Le voici avec Un homme sans visage.

Jonathan Personne – Un homme sans visage – Jonathan Personne – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Il y a une dizaine d’années, ma classe et les autres classes de 6e année de l’école où j’enseignais alors avions organisé une activité de financement, dont les profits allaient être versés à un jeune athlète du même âge que nos élèves. Les fonds amassés étaient destinés à être investis dans son développement, à travers les entraînements et la participation à quelques tournois. L’athlète en question était un jeune gymnaste, fils d’une connaissance d’une de mes collègues. Son nom : Félix Dolci.

Ce même Félix Dolci, aujourd’hui âgé de 21 ans, vient d’abord d’aider l’équipe canadienne de gymnastique à se qualifier pour les Jeux olympiques de Paris. Quelques jours plus tard, il a terminé en 5e place des qualifications au sol, lors des Championnats du monde, en Belgique. C’était la première fois en plus de 17 ans qu’un Canadien se classait dans le top -5.

Il sera des Jeux panaméricains, au Chili, du 20 octobre au 5 novembre.


Billet du 6 octobre 2023 : Lettre à Pierre Karl Péladeau

Monsieur Péladeau,

Je vous écris aujourd’hui pour vous informer des raisons pour lesquelles j’ai résilié, après quelques heures seulement, mon abonnement à la plateforme TVA Sports pour me tourner vers celle de Sportsnet.

Je dois d’abord vous faire savoir que j’ai abandonné les services de télévision, qu’on appelait autrefois « le câble », il y a un peu plus d’un an. Un téléviseur intelligent et quelques applications gratuites nous permettent d’obtenir à peu près tout ce qu’on recherche. Avec les économies substantielles ainsi réalisées, j’ai pu m’offrir un abonnement à une chaîne sportive pour 20 $ par mois. Le choix reste très vaste, mais comme j’aime plusieurs sports et que le français demeurera toujours important pour moi, j’ai opté l’an dernier pour votre rivale, RDS, qui offre un contenu répondant mieux à mes intérêts.

Cependant, comme c’est votre chaîne qui a obtenu les droits de diffusion en français de la Série mondiale de baseball lors des années impaires, comme en 2023, je m’y suis également abonné dimanche dernier, me disant que j’aurais l’occasion d’y regarder le dernier match de la saison régulière des Blue Jays, les séries de divisions et de championnat de la Ligue américaine et la Série mondiale. En prime, avec cet abonnement d’un mois, j’aurais droit à trois matchs supplémentaires en français du Canadien de Montréal.

La déception est survenue lorsque je me suis installé pour regarder le dernier match en saison des Blue Jays. Sur un écran noir, on m’indiquait que cet événement n’était pas disponible sur la plateforme web. Je vous rappelle ici que chez votre compétiteur direct, RDS, l’application en offre au contraire souvent plus que sa diffusion télévisuelle. Pour le même prix, mais malheureusement sans le français, Sportsnet me proposait tout ce que j’énumérais plus haut, incluant la possibilité de voir les Blue Jays, dimanche après-midi.

Je veux tout de même souligner que j’ai été heureux d’obtenir une résiliation immédiate, doublée d’un remboursement presque complet, de la part de votre entreprise. J’aurais cependant préféré recevoir un service qui m’aurait permis, dans les mêmes conditions, de maintenir mon investissement dans une compagnie québécoise qui, en plus, offre ses services en français.

Je sais, monsieur Péladeau, que vous tenez au moins autant que moi à encourager le Québec et à promouvoir notre langue. Je souhaite maintenant qu’à titre de principal dirigeant de Québecor et de ses filiales, vous preniez les décisions conséquentes.

Je vous prie de recevoir mes plus cordiales salutations.


Dans le cours de français

Voici ce que j’écrivais il y a près d’un an, dans mon billet du 21 octobre 2022.1

Régulièrement, j’entends des gens lier par un z le nombre cent à un nom commençant par une voyelle ou un h muet. Par exemple : « Il y avait cent z’élèves présents à cette sortie », « On a installé cent z’antennes sur cette tour » ou « L’horloger a remonté les cent z’horloges de la ville ».

La liaison doit toujours s’opérer avec le t de cent.

Mais le fait d’insérer un z inopportun dans la liaison porte un nom. Ça s’appelle un velours. Ça vous en fait un de l’apprendre ? C’est plus doux pour certaines oreilles, mais ça peut en écorcher d’autres.

***

C’est la même chose avec le t de vingt. Et avec n’importe quel déterminant se terminant par une autre lettre que s ou z.

Cette semaine, dans l’émission matinale de la radio de Radio-Canada, j’ai entendu deux membres de l’équipe prononcer respectivement « vingt z’autobus » et « quatre z’athlètes ». C’est à cette même chaîne que sévit quotidiennement Guy Bertrand, qu’on surnomme « l’ayatollah de la langue ». J’imagine ses grincements de dents lorsqu’il entend de si mauvais accords se produire presque à répétition.

Comme quoi à la société d’État, le gant de velours ne couvre pas toujours une main de fer.

1 Billet du 21 octobre 2022 : Z comme velours


Dans le cours d’éducation physique

Je reviens sur les séries de championnat du baseball majeur. La même émission matinale à ICI Première mentionnait qu’Édouard Julien, joueur de deuxième but des Twins du Minnesota, était le seul Québécois à participer à la grand-messe d’après-saison. C’est faux.

Les Blue Jays de Toronto, qui ont été éliminés par ces mêmes Twins, comptent Vladimir Guerrero Jr dans leurs rangs. Guerrero Jr est né à Montréal et est identifié comme joueur canadien par le prestigieux site Baseball-Reference.2

Et puis chez les Braves d’Atlanta, le directeur général et président des opérations baseball se nomme Alex Anthopoulos. Il est également né à Montréal et parle couramment le français. Ses Braves sont de sérieux prétendants aux grands honneurs, cette année.

2 Baseball-Reference.com/Vladimir Guerrero Jr


Dans le cours de musique

Née d’une mère francophone et d’un père abénakis, Mimi O’Bonsawin est fière de ses racines. La semaine dernière, elle a lancé son sixième album, Boréale, qui propose des rythmes folk, rock et autochtones. En voici un extrait, Dis-moi ce que tu vois.

Mimi O’Bonsawin – Dis-moi ce que tu vois – Boréale – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Si l’auteur québécois Kevin Lambert a vu son nom être rayé de la liste des aspirants au Prix Goncourt, après avoir été retenu dans la première sélection, un autre romancier d’ici, Éric Chacour, demeure bien en selle à la fois pour le Renaudot et le Femina, tout aussi prestigieux.

C’est avec son premier roman, Ce que je sais de toi, paru en août dernier, que Chacour est en lice. Les lauréats pour le Prix Femina et pour le Prix Renaudot seront respectivement annoncés les 6 et 7 novembre prochain.


Billet du 29 septembre 2023 : «Arrête ton charre», me direz-vous peut-être !

J’ai toujours prétendu que les cohortes d’élèves pouvaient se comparer à un vin. D’une année à l’autre, un même cépage peut produire une piquette ou un grand cru, avec tout l’éventail se trouvant entre ces deux extrêmes. Parfois, il faut le consommer tout de suite, sa jeunesse lui conférant un goût dont le potentiel se manifeste rapidement. À d’autres moments, il faut au contraire le laisser mûrir pour en soutirer un maximum de satisfaction.

Il y a maintenant un mois que j’ai entrepris ma 28e année d’enseignement. Il m’en restera encore quelques autres, mais la retraite frappera bientôt à ma porte. Si l’énergie a diminué, la passion pour ce que je fais demeure bien allumée. Ma cohorte de cette année est fort différente de la précédente. Je carbure aux défis et elle m’en offre son lot. Rien n’est plus gratifiant que de les aborder avec enthousiasme et de réussir à les relever.

Les temps sont durs pour la profession que j’exerce, mais elle demeure la plus belle et la plus exaltante. Je l’aime et elle me le rend bien.

Et ce n’est pas du charre !


Dans le cours de français

Un char est une voiture tirée par des chevaux, ou un véhicule de guerre. Au Québec, dans un langage familier, un char est une automobile.

Le mot charre, de son côté, est un nom possédant les mêmes racines que le verbe charrier, qui signifie exagérer, bluffer ou raconter des histoires.

En résumé, arrêter son char c’est éteindre son véhicule, alors qu’arrêter son charre c’est arrêter de charrier ou de dire n’importe quoi. L’orthographe fait toute la différence.


Dans le cours d’univers social
Volets histoire et éducation à la citoyenneté

Comme plusieurs, j’écoutais les nouvelles, vendredi soir dernier, quand j’ai appris qu’un vétéran de la Seconde Guerre mondiale, aujourd’hui âgé de 98 ans, avait été ovationné à la Chambre des communes, en présence du président ukrainien Volodymyr Zelensky, pour avoir combattu les Russes aux côtés de l’Ukraine. Je ne suis pas un historien. Je suis un enseignant généraliste qui, entre autres choses, enseigne les bases de l’histoire à des élèves de 6e année. Ma réaction à cette nouvelle a été instantanée.

Si ce type a combattu les Russes durant la Seconde Guerre mondiale, c’est qu’il était dans l’autre camp. Lors des deux guerres mondiales, le Canada et la Russie, ou l’URSS, faisaient partie de la même alliance. Des élèves de 11 ans l’apprennent chaque année, ceci étant au programme de leurs cours d’univers social. Dommage qu’autant d’adultes, pour la plupart instruits, aient à ce point failli à leur devoir de mémoire. Le Canada se serait évité un embarras international.


Dans le cours de musique

C’est une poésie mélodieuse que je propose en #musiquebleue, cette semaine. Celle qui l’interprète l’a également composée et écrite, en collaboration avec Stéphanie, une des deux sœurs Boulay. Tirée de l’album Les loups dorment tranquille, la pièce s’intitule Comment on continue.

Quant à l’artiste, c’est sous le pseudonyme de Belle Grande Fille qu’elle se lance dans l’aventure musicale.

Belle Grande Fille – Comment on continue – Les loups dorment tranquille – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

En mai dernier, une nouvelle technologie combinant deux implants, un relié au cerveau et l’autre à la moelle épinière, avait permis à un patient paraplégique de marcher de nouveau, activant ses jambes avec sa seule pensée. La même technologie permettra maintenant peut-être à un homme tétraplégique de recouvrer l’usage de ses doigts, de ses mains et de ses bras.

Le système est actuellement à l’essai et les premiers résultats s’avèrent concluants. Selon les scientifiques impliqués dans le projet, la mobilité d’un bras se veut plus complexe que celle d’une jambe, bien que pour cette dernière un travail de réapprentissage de l’équilibre soit nécessaire pour reprendre la marche.

La technologie employée dans ces deux cas pourrait être commercialisée au cours des prochaines années.

Agence France-Presse. Après les jambes, des implants testés pour retrouver le contrôle des bras paralysés. radio-canada.ca. Le 28 septembre 2023.


Billet du 22 septembre 2023 : Portes closes, 2e partie

Je me suis délecté avec la chronique d’Isabelle Hachey, dimanche1. C’est le genre de texte que j’aurais aimé lire avant de publier mon billet de vendredi dernier2. Relatant un cas d’intimidation vécu dans les toilettes de son école secondaire quand elle-même était élève, madame Hachey écorche la désormais célèbre « expertise intimité » du ministre Drainville, démontrant que l’événement malencontreux la concernant ne se serait probablement jamais produit dans des toilettes mixtes semblables à celles qu’était en train d’installer l’école d’Iberville, en Abitibi. Rappelons que le ministre de l’Éducation a exigé de l’institution qu’elle abandonne son projet.

Pourtant, le plan impliquait des cabinets fermés du plancher au plafond. Aucune possibilité pour un élève mal intentionné de grimper pour regarder par-dessus une cloison ou de se pencher pour voir sous la porte. Seuls les lavabos étaient installés dans une aire commune, visible du corridor grâce à des murs vitrés. Exactement ce qu’on retrouve au Petit théâtre du Nord, tel que je le mentionnais dans mon plus récent billet.

La chronique d’Isabelle Hachey cite une experte française qui avance que les toilettes d’une institution scolaire devraient être séparées en fonction de l’âge des utilisateurs, plutôt qu’en fonction de leur sexe. Dans la réalité actuelle, et qui a cours depuis des générations, l’intimidation des grands sur les petits — comme des grandes sur les petites — se déroule régulièrement dans les toilettes, ces endroits n’étant pas surveillés par des adultes pour des raisons évidentes.

En l’observant sous cet angle, on ne peut que réaliser que l’idée d’instaurer des toilettes mixtes permet d’évoquer des raisons se situant bien au-delà de l’accommodement de quelques personnes trans. N’en déplaise au ministre, chacune et chacun y trouverait son intimité.

1 Hachey, Isabelle. Tempête dans un urinoir. La Presse, Montréal. Le 17 septembre 2023.

2 Billet du 15 septembre 2023 : Portes closes.


Dans le cours de français

Ils sont loin, la craie, le tableau noir et les nombreux manuels, accompagnés de cahiers quadrillés ou lignés, que nous utilisions encore en classe lors des dix ou douze premières années de ma carrière. À peu près tous ces éléments ont maintenant fait place à l’informatique et au numérique. Lorsqu’il est question d’informatique, il faut également parler de mises à jour ou de mises à niveau des logiciels et des applications.

Justement, doit-on dire mise à jour ou mise à niveau ? La réponse des simple, les deux, selon la situation. Ces expressions désignent des réalités différentes, quoique similaires.

Une mise à jour apportera des améliorations ou des corrections au programme. Quant à la mise à niveau, elle remplacera la version précédente par une édition nouvellement lancée sur le marché.


Dans le cours de musique

Début septembre, je me trouvais à Mont-Tremblant pour savourer les notes de la Fête de la Musique qui s’y déroulait. Comme c’est souvent le cas dans ce genre d’événement, j’y ai fait une belle découverte. Ayrad est un groupe montréalais qui donne dans les rythmes maghrébins. Une fois arrêtés devant la scène extérieure où il se produisait, ma conjointe et moi y sommes demeurés jusqu’à la fin de sa prestation. Un pur bonheur !

Extraite du dernier album du sextuor, voici la pièce Semhouli.

Ayrad – Semhouli – III – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Le Québec réussit une fois de plus à se démarquer sur la scène internationale. Cette fois, c’est même dans un domaine où on n’attendait pas son expertise. Kollide, une association de trois entreprises d’ici, a créé un modèle de casque plus confortable et plus léger pour des joueurs de football américain. Après avoir établi des partenariats avec des équipes québécoises pour l’essai de son prototype, le consortium s’est associé à une compagnie américaine pour la commercialisation du produit chez nos voisins du Sud. C’est ainsi que le casque de Kollide s’est retrouvé dans les vestiaires de près de la moitié des équipes de la NFL, où il est testé par des joueurs de la plus grande ligue professionnelle de football.

C’est à suivre !


Billet du 15 septembre 2023 : Portes closes

Il y a quelques semaines, la direction d’une école secondaire a écrit aux parents des élèves qu’elle accueille pour leur signifier que des travaux seraient effectués dans l’établissement. Dans le cadre de ces rénovations, on projette de transformer les toilettes genrées en toilettes mixtes. La lettre a fait le tour des réseaux sociaux et des médias québécois. Elle a suscité plusieurs réactions. Il y avait les contres et il y avait les autres. Les premiers s’opposaient, décriaient, se moquaient. Les seconds s’interrogeaient sur le bien-fondé de la décision.

La réponse est pourtant claire : même chez les plus jeunes, l’identification à un genre ne correspond pas toujours à son sexe, alors que c’est ce dernier qui détermine les salles de bain qu’on doit utiliser lorsqu’elles ne sont pas mixtes. Et ceci soulève un autre débat : à quel âge peut-on choisir légalement le genre auquel on s’identifie ? Comme c’est souvent le cas, plusieurs s’improvisent experts en la matière et prennent position sans connaître tous les tenants et aboutissants.

Le ministre de l’Éducation annonce tout d’un coup qu’il n’acceptera jamais des toilettes mixtes dans une école. Problème, non seulement l’école dont il est question plus haut a démarré ses travaux, mais durant la polémique, d’autres écoles sont sorties de l’ombre et ont indiqué qu’elles possédaient déjà des toilettes non genrées. Que fait-on, maintenant ?

Des toilettes mixtes, pourtant, il s’en trouve à une multitude d’endroits. À l’école où j’enseigne, celles du personnel le sont. Il y a celles des avions, celles de plusieurs restaurants, de cliniques et autres endroits publics. À la fin du mois d’août, j’ai vu la pièce Grandeur minimale requise, au Petit théâtre du Nord. Les salles de bain de l’endroit ne disposent que d’une seule entrée, pour tout le monde. Ceci correspond à une réalité contemporaine.

En éducation, autant on peut laisser traîner des situations intenables, autant on peut en balayer d’autres du revers de la main sans en avoir convenablement étudié ses impacts. Opinion publique, quand tu nous tiens.


Et je cite :

« Ça fait des années que nos ministres de l’Éducation regardent nos écoles tomber en ruine, et des milliers d’élèves arriver à l’école le ventre vide, sans rien faire. Mais quand il est question de toilettes ou de prières, c’est réglé en dix minutes… »

Patrick Déry, chroniqueur et analyste, le 13 septembre 2023.

Je ne saurais mieux dire.


Dans le cours de français

Je suis un enseignant. Je transmets des connaissances à mes élèves. En ce sens, je leur apprends des choses.

Mes élèves reçoivent ce que je leur transmets. Ils apprennent de mon enseignement.

Le verbe apprendre peut être utilisé dans les deux sens. C’est la même chose pour le verbe louer. Tant le locateur que le locataire peuvent prétendre louer un appartement ou un véhicule.

Cette semaine, j’ai découvert qu’on appelle énantiosème un mot qui exprime à la fois une chose et son contraire. Outre apprendre et louer, on trouve dans cette catégorie des mots comme amateur (connaisseur et débutant), hôte (qui invite ou qui est invité), quelqu’un (personne quelconque ou personne extraordinaire) et unisexe (genres séparés ou genres réunis).

L’extension ne va cependant pas jusqu’à suggérer la tendance énantiosémique d’une personnalité politique. Et pourtant !


Dans le cours de musique

Entre 2005 et 2012, le groupe Karkwa a lancé cinq albums, dont un hors-série et un en public. Il aura fallu attendre onze ans pour les voir récidiver, mais treize pour goûter de nouveau à du matériel original. Avec la parution de Dans la seconde, c’est un retour agréable pour la formation musicale. L’extrait que je vous propose a pour titre Parfaite à l’écran.

Karkwa – Parfaite à l’écran – Dans la seconde – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Le roman Que notre joie demeure, de l’auteur québécois Kevin Lambert, se retrouve en lice pour le prestigieux Prix Goncourt, édition 2023. La première sélection comprend seize titres. Le mois prochain, on la réduira à huit, puis à quatre, avant d’annoncer le gagnant en novembre.


Billet du 8 septembre 2023 : Chaleur inhumaine

Au début de chaque semaine, la plupart du temps, j’ai déjà une bonne idée de ce que contiendra mon billet du vendredi à venir. Cette semaine, l’inspiration se montrait plus difficile. Avec cette chaleur insoutenable en pleine rentée scolaire, le sujet s’est finalement imposé de lui-même.

La vague de chaleur n’était qu’annoncée que, déjà, le Centre de services scolaire au Cœur-des-Vallées notifiait qu’il fermait ses établissements primaires et secondaires, sur la base d’un facteur humidex qui allait porter la température extérieure à plus de 40 degrés Celsius. En 28 ans de carrière, j’ai vu des écoles fermer pour des tempêtes de neige, des chutes de verglas, des pannes de courant, des bris dans le bâtiment et une épidémie de coronavirus. Pour des températures trop élevées, au Québec, c’était la première fois.

Personnellement, au départ, je souhaitais que l’école où j’enseigne demeure ouverte, parce que chaque fermeture en raison de la température entraîne la perte d’une journée pédagogique dont la date au calendrier a été mûrement réfléchie en fonction des besoins de formation et de planification du personnel enseignant. Après avoir vécu les trois journées de grande chaleur, je me demande maintenant si la fermeture n’aurait pas été préférable, tellement l’inconfort affectait la concentration et la réceptivité des élèves. Un des miens a même subi un malaise, possiblement un coup de chaleur. Disons que les apprentissages se sont avérés très limités, cette semaine.

Si l’empathie s’est fait grandement ressentir autour de nous, il s’est tout de même trouvé quelques personnes pour nous signifier, subtilement ou plus directement, que nous nous plaignions pour rien. À la lumière des arguments fournis par ces individus, à savoir que nous avons tous vécu de telles chaleurs dans le passé, que de nombreux autres corps de métiers sont plus à plaindre que les enseignants et que ces derniers se plaignent beaucoup plus pour eux que pour les élèves, je crois que quelques précisions s’imposent.

D’abord, oui, j’ai déjà vécu des chaleurs similaires à celles de cette semaine, mais en juillet et en août seulement, alors que nous n’avons pas à mettre les pieds dans une école. Les 32 degrés dans nos classes sont une chose, mais les 65 % d’humidité nous font ressentir 5 à 10 degrés de plus. Jamais, depuis le début de ma carrière, je n’avais eu, avant cette semaine, à enseigner dans de telles conditions.

Je sais, c’est pire pour les soudeurs, les pompiers, les cuisiniers et plusieurs autres. Si j’avais choisi un de ces métiers, je me serais attendu à travailler dans des chaleurs inconfortables. Mais j’ai choisi de devenir enseignant et les températures des trois derniers jours m’ont empêché de bien accomplir mon travail. Pas parce que j’avais trop chaud et que l’eau me coulait tout le long du corps, mais parce que la réceptivité des élèves, comme je le mentionnais plus haut, s’en trouvait considérablement diminuée. Personnellement, j’ai donné la moitié de mes cours dehors, à l’ombre, au prix de nombreuses pertes de temps principalement causées par les précieux outils de travail que j’ai dû laisser en classe, de même que par les déplacements. Quand une telle situation s’échelonne sur plusieurs jours, il faut ensuite mettre les bouchées doubles pour rattraper le temps perdu d’un programme très chargé.

Ce qui est aussi frustrant, c’est que la situation aurait pu s’avérer plus confortable dans notre cas. Mon école possède la fameuse ventilation mécanique dont parlait le ministre Drainville, mardi. Le problème, c’est qu’elle est dirigée à distance par le Centre de services et que ce dernier l’arrête entre 19 heures et 6 heures. La chaleur et l’humidité accumulées ne s’évacuent donc pas durant la nuit, quand le bâtiment est vide. Non seulement notre concierge de soir a-t-il suffoqué durant la dernière heure de son quart lors de trois soirées consécutives, mais tout le monde, élèves et personnel, entrait dans une école déjà chaude et humide le matin, avant même que les rayons solaires de la journée ne viennent en rajouter.

Avec la crise climatique en cours, cette situation risque de se reproduire. Les solutions existent, il faut seulement voir à les appliquer. Laisser fonctionner la ventilation lorsque nécessaire constituerait déjà un bon début, pas trop coûteux.


Dans le cours de musique

On l’attendait déjà depuis un bout de temps, le nouvel album d’Alaclair Ensemble est maintenant paru. Il a pour titre Lait paternel. La pièce que je propose cette semaine s’intitule Tikisson Woke.

Alaclair Ensemble – Tikisson Woke – Lait paternel – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Elle sera brève et date de quelques semaines, mais elle vaut la peine qu’on y consacre quelques lignes. À partir de cette saison, plus aucune bagarre ne sera tolérée dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). Les belligérants seront expulsés, alors que l’instigateur sera suspendu pour le match suivant.

Si seulement la LNH pouvait se doter du même règlement !


Billet du 1er septembre 2023 : Incohérence généralisée

Il a fallu réagir rapidement quand la pandémie de COVID-19 et le confinement qui l’accompagnait se sont pointés. Plusieurs paradigmes sont tombés, alors que s’est imposée une révision complète de nos modes de fonctionnement. Avec le recul, on s’est vite aperçu que certaines des nouvelles façons de faire méritaient à tout le moins qu’on réfléchisse à leur maintien. Le télétravail en constitue un bon exemple. Force a été d’admettre que dans plusieurs milieux, il a favorisé de meilleurs rendements de la part des employés.

Dans les écoles primaires et secondaires, l’allègement des examens du ministère et le passage de trois étapes à deux étapes se sont avérés bénéfiques tant pour les élèves que pour le corps enseignant. Des épreuves ministérielles plus courtes, moins nombreuses et à plus petite pondération ont tout de même permis de recueillir un échantillonnage pertinent de l’évolution des élèves, tout en réduisant leur degré d’anxiété face à ces évaluations.

Quant aux deux étapes, elles ont permis aux enseignants d’accorder plus de temps aux apprentissages des élèves, objectif premier de leur mission. En effet, un bulletin de moins à produire épargne de trois à quatre semaines d’évaluations de toutes sortes.

Cette semaine, le ministre Drainville a annoncé le retour à la situation d’avant-COVID, soit une année scolaire à trois bulletins, ainsi que de lourdes épreuves ministérielles à être réalisées quand le soleil des après-midis de juin chauffera la brique et le béton des écoles, au point d’en rendre insoutenable la chaleur des salles de classes mal ventilées. Entre maintenir des mesures gagnantes et donner l’illusion d’effacer les derniers vestiges de la pandémie dans son réseau, le ministre de l’Éducation a choisi la seconde option. En fait, le savait-il que ces mesures s’avéraient finalement gagnantes ?

Si seulement les enseignantes et les enseignants avaient été consultés.


Dans le cours d’univers social
Volet histoire et géographie

En début de semaine, la Chine s’est permis de rappeler au Canada ses obligations internationales1, suite à la hausse de l’itinérance dans la capitale canadienne, où elle possède une ambassade. Elle craint pour la sécurité de ses diplomates et demande ainsi au gouvernement canadien d’agir pour réduire l’itinérance et la toxicomanie.

Obligations internationales ?

J’aimerais que quelqu’un rappelle à la Chine qu’elle a massacré des centaines d’étudiants en 1989, qu’elle persécute et élimine ses Ouïghours et qu’elle a séquestré, torturé et condamné à mort deux Canadiens innocents durant plus de 1000 jours, avant de les relâcher. Je ne mentionne ici que trois de ses nombreux manquements aux règles édictées par l’Organisation des Nations unies (ONU), dont elle est membre.

Pour la cohérence et la crédibilité, on repassera.

1 Gerbet, Thomas. L’ambassade de Chine se plaint d’être « envahie » par des itinérants d’Ottawa. Radio-Canada.ca. Le 28 août 2023.


Dans le cours de français

Quand je suis devenu #LeProfCorrige, lors de la campagne électorale québécoise de 2018, ma classe virtuelle n’était composée que de personnalités politiques. Par extension, depuis que je rédige mes billets hebdomadaires, j’y ai ajouté celles du monde médiatique.

Aujourd’hui, je me permets une exception. Je m’en veux presque de m’en prendre à un transporteur scolaire, dont la mission est plus pratique que littéraire. Toutefois, quand on fraye dans un milieu écolier on doit, selon mon humble avis, apporter un minimum de soin à la forme de son message.

#LeProfCorrige

Voici ce qu’on aurait dû lire :

« Bonjour à tous, nous sommes en pleine (au singulier) effervescence de la rentrée, alors partagez en grand nombre car il nous manque quelques conducteurs de minibus dans Lasalle, Lachine, Verdun, Vaudreuil-Dorion, ainsi qu’une berline pour Rigaud. Aidez-nous en partageant le plus possible. Merci beaucoup. »


Dans le cours de musique

Avec la sortie de son nouvel album, 99 Nights, difficile de passer à côté de Charlotte Cardin pour la #musiquebleue de cette semaine. Voici Confetti.

Charlotte Cardin – Confetti – 99 Nights – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Après l’annonce d’un jeu télévisé voué à la promotion de la langue française (La langue dans ma poche, Télé-Québec, avec Anaïs Favron et Mike Clay à l’animation), voilà qu’un studio montréalais de création de jeux vidéos, Affordance, lancera sous peu une série d’applications lexicales visant à permettre aux joueurs d’apprendre et de perfectionner leur français tout en s’amusant sur leurs plateformes favorites.

À l’origine de cette initiative se trouve un Américain francophile, Avery Rueb, cofondateur d’Affordance. Le tout sera réalisé en collaboration avec l’Office québécois de la langue française.

Site d’Affordance

Durivage, Pierre-Marc. Avery Rueb, le Jim Corcoran du jeu vidéo. La Presse, Montréal. Le 23 mars 2021.


Billet du 25 août 2023 : Je ne suis pas qu’un simple adulte, je suis un enseignant qualifié !

Il y a beaucoup à commenter dans l’actualité touchant le monde de l’éducation, depuis les dernières semaines. Pour n’aborder que deux sujets, jetons-nous dans ceux de la pénurie de personnel dans les écoles et dans l’interdiction des téléphones cellulaires en classe.

Les données se contredisent, mais on estime qu’à dix jours de la rentrée des enseignantes et des enseignants, il en manquait près de 8 600. Ce nombre s’avère largement supérieur à celui d’il y a pareille date, l’an dernier. La raison est simple : chaque année, un plus grand nombre de titulaires quittent le milieu comparativement à celles et ceux qui l’intègrent. Cette situation était prévisible depuis un quart de siècle, et même davantage. Tout le monde pouvait en effet prédire que cette hécatombe se produirait une fois tous les baby-boomers à la retraite. Les différents gouvernements, qu’ils aient été issus du PQ, du PLQ ou de la CAQ, n’ont adopté aucune mesure proactive pour prévenir et contrer la crise que nous vivons actuellement.

Où cela nous a-t-il menés ? À un ministre de l’Éducation qui s’engage à ce qu’il y ait un « adulte » par classe lors de la rentrée des élèves. Accepterait-on de confier son intervention chirurgicale, son véhicule à réparer ou ses économies à quelqu’un qui ne possède pas les compétences nécessaires pour s’en occuper ? Poser la question, c’est y répondre. Le message qu’on envoie actuellement à la société est qu’à partir du moment où l’école assume son rôle de gardienne d’enfants, la pédagogie peut attendre. Nos élèves sont pourtant nos chirurgiens, nos garagistes et nos banquiers de demain.

Quelles sont donc les solutions ? Il faut d’abord chercher à arrêter la saignée. Rappeler les retraitées et retraités n’a pas donné les résultats escomptés, et pour cause. La profession épuise. Elle épuise parce qu’elle implique beaucoup plus que de l’enseignement. La ramener à la base constituerait déjà un excellent début.

Ensuite, je suis d’avis qu’il faudrait reconduire le baccalauréat à trois années d’études, plutôt qu’aux quatre pour lesquelles il avait été élevé, il y a une vingtaine d’années. La relève arriverait ainsi plus rapidement, et légalement formée, dans le milieu.

Finalement, afin de financer les mesures engendrées pour régler la situation, peut-être faudrait-il repenser les subventions aux écoles privées. Plus des deux tiers d’entre elles reçoivent de l’aide gouvernementale à la hauteur de 60 %. Je ne remets aucunement en cause l’existence de l’école privée, j’en suis moi-même issu. Mais quand ton propre réseau éprouve d’aussi grandes difficultés, tu te dois de rapatrier toutes tes ressources pour le renflouer.


Les téléphones cellulaires sont maintenant interdits dans les salles de classes du primaire et du secondaire. Vous êtes presque unanimes à applaudir. Pas moi, pourtant.

Depuis trois ans, je travaille sur un projet visant à en faire un outil de travail, en classe. Avec les besoins numériques qui se montrent de plus en plus présents, ces appareils auraient constitué un complément valable aux quelques stations informatiques qui nous sont fournies.

Un tel projet connaît déjà du succès dans plusieurs classes pilotes du secondaire. Avec une conseillère pédagogique et l’accord de la direction de l’école où j’enseigne, nous tentions de l’implanter au primaire. L’éducation plutôt que l’interdiction.

Ce sera dans une autre vie.


Dans le cours de français

Quand on révise un texte, il faut revoir la ponctuation, les accords, la conjugaison et l’orthographe d’usage. Certains médias, comme TVA Nouvelles ici, laissent passer quelques belles perles.

#LeProfCorrige

Ici, il aurait fallu lire compte-gouttes, et non compte goûte. J’ai des images qui me viennent en tête.


Dans le cours de musique

Maude Audet en est aujourd’hui à sa troisième présence dans mes billets hebdomadaires, depuis que j’y ai fait une place pour la #musiquebleue. Contrairement aux deux premières fois, elle revient avec une reprise. Si je ne me suis jamais lassé de la version originale du groupe Corbeau, l’interprétation qu’elle offre d’Illégal nous permet d’en savourer une mouture des plus délectables.

Maude Audet – Illégal – Illégal – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Cela fait maintenant dix ans qu’on a arrêté la journée du 12 août pour mousser la vente de livres québécois. Le mouvement fait boule de neige, puisque l’édition de cette année est celle qui, de loin, a connu le plus de succès.

Les rapports de ventes des librairies indépendantes, qui excluent celles des grandes chaînes, affirment que 80 % des livres vendus le 12 août dernier étaient des livres d’auteurs d’ici. Il y a de quoi s’en réjouir.

Le 12 août dernier, on a acheté encore plus de livres québécois. Le Devoir, Montréal. Le 22 août 2023.