Avec une semaine chargée de rencontres de parents et une longue rencontre syndicale, préalable au vote sur l’entente de principe, je me permets un court billet, aujourd’hui. Je reviendrai cependant la semaine prochaine sur les résultats des votes. Peu importe l’issue, il y aura des éléments très intéressants à commenter !
Dans le cours de français
Mardi, j’écoutais Tout un matin, l’émission matinale à ICI Première, la radio de Radio-Canada. Alors qu’on parlait de la prochaine tournée de concerts de l’artiste ontarienne Avril Lavigne, la chroniqueuse Eugénie Lépine-Blondeau a indiqué que son seul arrêt au Québec aurait lieu en août prochain, à « Saint-Jean-sur-le-Richelieu ».
#LeProfCorrige
C’est une erreur courante. Le nom de cette ville est Saint-Jean-sur-Richelieu, et non Saint-Jean-sur-LE-Richelieu.
Dans le cours de musique
Artiste multidisciplinaire, Mykalle Bielinski s’exprime musicalement dans cinq langues. Son instrument favori est sa voix, dont la pureté égalise l’intensité émotionnelle qu’elle transmet. Dans son premier album, Da pacem, elle mêle la poésie spirituelle à la musique nujazz. Extrait de cet album, voici Ghost.
Mikalle Bielinski – Ghost – Da pacem – #musiquebleue
La bonne nouvelle de cette semaine
Quand j’ai lu la chronique de Patrick Lagacé, dimanche, j’ai immédiatement convenu avec moi-même que cette histoire constituerait ma prochaine bonne nouvelle hebdomadaire. Victime de plusieurs nids-de-poule à Montréal, une dame a vu le pneu crevé de sa voiture être changé par Carlos Diaz, un chauffeur d’autobus alors en pause. Exécutant le travail par un froid intense, le bon Samaritain a refusé le dédommagement que lui offrait la dame.
Je dois demeurer conséquent avec mes propos tenus au cours des derniers mois et reproduis sur cette page dans mes deux billets précédents : la proposition gouvernementale ne sera pour moi acceptable que si elle permet d’arrêter les nombreux départs de membres du personnel scolaire et si elle ramène des étudiantes et des étudiants dans les facultés d’éducation de nos universités. J’ai réussi à mettre la main sur le texte de l’entente et j’ai pris soin de bien écouter les analystes qui l’ont commentée. À la lumière de ce que j’ai pu lire et entendre, le problème de relève et de rétention des effectifs demeurera entier, au mieux. Je voterai donc contre l’entente de principe. C’est aussi la recommandation de mon syndicat local.
Le point qui achoppe concerne la composition des classes. Il me faut admettre qu’un mécanisme complexe a été discuté et convenu entre les parties. Ce mécanisme prévoit des aides à la classe, dont le rôle se veut très limité, pour les classes contenant 50 % d’élèves à défis, qui auront préalablement été identifiés par un comité suivant des règles rigoureuses, dont on ignore pour l’instant la teneur précise. Ceci est conditionnel à la disponibilité du personnel. Dans le cas où ledit personnel ne serait pas disponible, une obscure compensation financière serait offerte à la personne titulaire de la classe. Relisez ce paragraphe.
La réalité ? Mon groupe d’élèves de cette année se classe parmi mes cinq plus difficiles en carrière. Je gère plus que j’enseigne. Je réussis à avancer, mais je suis complètement épuisé quand je termine mes journées et je suis fait fort. J’ai déjà de l’aide parce que mes collègues de niveau et moi avons pris le taureau par les cornes, l’an dernier, en instaurant une structure nous permettant de travailler les défis de notre future cohorte. Mais nous avons pu le faire, à même les budgets de l’école, parce que nous formons une équipe solide et que nous avons obtenu l’aval de notre direction et la collaboration de nos techniciennes en éducation spécialisée (T.E.S.). Les autres membres du personnel ont aussi participé en nous permettant d’obtenir un horaire adapté. Enlevez un seul de ces éléments, uniques à notre école, et plus rien ne tient. Et combien avons-nous d’élèves à défis ? En me basant sur mes propres critères, à défaut de connaître ceux qui viendront, je dirais entre 20 % et 25 %. On est loin des 50 % requis pour de l’aide officielle.
J’ai vécu une situation similaire il y a une vingtaine d’années, l’aide du personnel en moins, et j’avais réglé mon problème en m’affectant dans un autre milieu. Cette fois-ci, j’enseigne dans une des plus belles écoles de mon centre de services, située dans un des plus beaux milieux. Malgré cela, j’ai des collègues qui tombent au combat. Et une collègue du même niveau que moi qui, la semaine dernière, a carrément démissionné pour aller relever de nouveaux défis. Une excellente enseignante, très dévouée.
Ce que j’aurais aimé voir, ce qui m’aurait convaincu, c’est un plan d’action à long terme. Des engagements qui vont au-delà de la simple reconnaissance du problème et qui apportent des solutions dont les résultats se feront peut-être sentir plus tard, mais qui au moins donneront de l’espoir à celles et ceux qui finiront par en profiter. Il faut quatre années de baccalauréat et quatre stages non rémunérés pour obtenir un brevet d’enseignement. Pourrait-on remplacer la quatrième année par un stage d’une année complète, rémunéré, en milieu de travail ? L’expérience vaudrait tous les cours ainsi remplacés et on pourvoirait, par des personnes qualifiées ou en voie de l’être, bon nombre de postes jusqu’ici occupés par les « adultes » du ministre Drainville 1.
Pour permettre aux enseignants d’enseigner, il faut aussi considérer l’ajout de classes d’adaptation scolaire. L’intégration à tout prix a permis de sensibiliser les intervenants et la population à la réalité de plusieurs enfants injustement marginalisés jusque dans les années 1990, mais elle a créé l’éducation à trois vitesses et une dévalorisation importante de l’école publique. Entre deux extrêmes, il existe un juste milieu.
Il faut également valoriser le métier de T.E.S. et investir dans leur formation. Ce sont ces personnes qui apporteront la plus grande aide dans les classes. En collaboration avec l’enseignante ou l’enseignant, elles peuvent intervenir en classe ou à l’extérieur de celle-ci, avec un élève ou un petit groupe, tant pour des problèmes d’attitude que pour certaines situations didactiques. Elles soulagent les titulaires d’une multitude de tâches qu’on leur a octroyées à travers les décennies et qui n’ont pas grand-chose à voir avec ce pour quoi ils ont étudié.
Finalement, il faut investir dans les bâtiments et le matériel. Si les nouvelles écoles sont construites pour répondre aux réalités du 21e siècle, il en existe aussi qui ont été inaugurées dans les années 1960, 1970 ou 1980 et pour lesquelles les infrastructures ont été entretenues, mais peu ou pas modifiées. Et certains ajouteront que même au niveau de l’entretien, les responsabilités n’ont pas été assumées.
Alors voilà. Même si on nous propose une augmentation salariale substantielle, elle est sans intérêt si aucune mesure n’est prise pour améliorer les conditions de travail en éducation. Cet accord de principe ne mérite donc pas notre appui. Depuis les trente dernières années, les gouvernements successifs n’ont eu de cesse de marteler que l’éducation constituait leur priorité, mais, chaque fois, ils ont géré au jour le jour et n’ont jamais élaboré de plan à long terme. On a vu des bâtiments en décrépitude, un écart s’accentuer entre l’école publique et l’école privée, des départs massifs de membres du personnel et des facultés universitaires qui se vident. On panse les plaies, mais on ne se préoccupe pas de la guérison du malade.
Jusqu’à récemment, je me suis tenu loin des questions syndicales. Pour être franc, ça m’ennuyait. Le militantisme me rebutait. J’ai mené cette fois la bataille parce que la cause était juste. Je pense que nous avons convaincu la population de la gravité de la situation. Ce qu’il faut maintenant comprendre, c’est qu’elle deviendra critique si on se contente de ce qui nous est proposé.
Mercredi prochain, je voterai contre l’entente de principe.
On m’a fait parvenir cette photo, prise dans la vitrine d’une boutique d’un centre commercial.
#LeProfCorrige
Un manteau, des manteaux. Un mental, des mentaux.
Rien à ajouter.
Dans le cours de musique
Victoria Malenfant est née à Paris, mais vit à Montréal depuis son adolescence. Donnant parfois dans la chanson française et parfois dans le jazz, elle combine ici les deux pour nous offrir sa version personnelle de La Javanaise, de Serge Gainsbourg.
Victoria Malenfant – La Javanaise – Live Session at Sud-Ouest Studio – #musiquebleue
La bonne nouvelle de cette semaine
Plusieurs journalistes et chroniqueurs de La Presse, dont Mayssa Ferah, Hugo Dumas, Isabelle Hachey, Rima Elkouri et Yves Boisvert, ont fourbi leurs premières armes en participant aux stages d’été qu’offre depuis toujours le quotidien montréalais. Chaque été, je me plais d’ailleurs à rechercher la mention stagiaire sous le nom de l’autrice ou de l’auteur des articles. Eh bien, La Presse embauchera de nouveau des étudiants en journalisme et en photographie l’été prochain, afin de leur donner leur première chance. Une dizaine d’entre eux seront retenus, parmi celles et ceux qui auront soumis leur candidature avant le 16 février.
La relève journalistique, c’est mon Star Académie à moi !
J’ai sourcillé en lisant la chronique de Francis Vailles1, cette semaine. Je me suis surtout demandé quelle était la motivation, quel était l’objectif, derrière cette publication dans La Presse ? Les enseignantes et enseignants au sommet de leur échelle salariale dépasseront les 100 000 $ par année dès avril prochain ? Et puis quoi ? Quand on tourne autour du pot comme il le fait, c’est qu’on espère que les lecteurs tireront leurs conclusions à partir de sous-entendus.
Dans son texte, Vailles qualifie quand même cette entente salariale de satisfaisante. Pourquoi ? Parce qu’elle fait franchir à des profs du primaire et du secondaire la « barre magique » des 100 000 $ ? À ce que je sache, il est pas mal toujours resté silencieux lorsqu’il s’agissait des salaires des ingénieurs, des pompiers ou des cols bleus de la Ville de Montréal, pour ne citer que ces quelques exemples.
Personnellement, ce ne sont pas les 100 000 $ que je retiens dans cette entente salariale. Ce sont plutôt les 17,4 % sur cinq ans, auxquels s’ajoute une clause d’indexation à l’inflation pour les trois dernières années de la convention collective. C’est ce qui permettra aux enseignantes et enseignants de maintenir leur pouvoir d’achat.
Au final, est-ce que mes collègues affiliés à la FAE et moi-même avons fait 22 jours de grève pour obtenir un salaire annuel de 100 000 $ ? Absolument pas. Je l’ai mentionné dans mon billet de la semaine dernière 2, je ne serai personnellement satisfait des ententes que si elles permettent d’arrêter l’exode du personnel scolaire et si elles ramènent des étudiantes et des étudiants en éducation dans les universités. Le salaire y contribuera sans doute un peu, mais c’est avec des changements au niveau de la composition des classes et avec un allégement de la tâche qu’on y parviendra. Et là-dessus, aucun élément de l’entente de principe n’a encore été dévoilé.
Quelques heures après avoir pointé la FAE du doigt pour manipulation de l’opinion publique 3, la journaliste Emmanuelle Latraverse s’y est elle-même risquée en faisant une déclaration, sur les ondes de TVA nouvelles, qui n’a probablement pas manqué d’influencer l’opinion des téléspectateurs. Elle a mentionné que les élèves des écoles fermées en raison des 22 jours de grève de la FAE avaient ainsi été privés de 528 heures de cours. Sachant qu’une année scolaire complète compte 900 heures de cours, je savais bien que l’information n’avait aucun sens.
Les élèves fréquentent l’école pendant 7 heures par jour, mais en déduisant le temps requis pour le repas et les récréations, chaque jour, ils ont 5 heures de classe. Le bon calcul est donc le suivant : 22 jours de grève x 5 heures de cours = 110 heures perdues. C’est beaucoup, mais on est loin des 528 prétendues.
Comment madame Latraverse en est-elle donc arrivée à 528 heures ?
On obtient 528 heures si on tient pour acquis que les élèves reçoivent des cours durant une journée entière, soit 24 heures. (22 x 24 = 528)
La tentation est forte de soumettre ce problème mathématique à mes élèves de 6e année. Je demeure persuadé que la plupart obtiendraient la bonne réponse.
Il peut arriver qu’une entreprise ou un produit se heurte à un mur une fois exporté dans un autre pays, si à cet endroit son nom prend une consonance peu inspirante. J’en veux pour exemple ce modèle de véhicule, jadis populaire au Canada et aux États-Unis, mais qui n’a jamais su trouver sa niche plus au sud :
En espagnol, Nova signifie « ne va pas ». Cette expression est utilisée en particulier au Mexique et dans les autres pays d’Amérique du Sud.
Cette semaine, les publicités de deux compagnies américaines désirant étendre leurs tentacules au Québec m’ont fait éclater de rire. C’est une coïncidence : les deux entreprises sont des services de livraison de repas.
La première s’appelle Chefs Plate.
Traduire le nom par Les plats du chef ou Le plat des chefs aurait probablement donné un résultat plus attrayant. C’est « plate » pour eux !
Quant à l’autre, elle s’appelle LAbite.
Bon, j’admets que La bouchée de Los Angeles n’aurait guère été préférable. Mais je me plais à imaginer quelqu’un qui lance : « On commande chez LA bite ? ».
Dans le cours de musique
Mélanger les genres et mélanger les styles. Je viens de découvrir la musique de Nicolas Lalonde. Il vient de lancer son premier album, Alternance. Celui-ci se veut un recueil de pièces composées, enregistrées et réarrangées au cours des dix dernières années. La poésie est belle, alors que l’assemblage d’instruments acoustiques et électroniques nous ramène quelques décennies en arrière. Voici la pièce Je comprends vite quand on m’explique lentement.
Nicolas Lalonde – Je comprends vite quand on m’explique lentement – Alternance – #musiquebleue
La bonne nouvelle de cette semaine
Elle sera simple, courte, belle et très personnelle. J’ai retrouvé ma classe et mes élèves. Aucune nouvelle n’aurait été meilleure que celle-ci.
En premier lieu, je vous formule mes vœux pour une merveilleuse année 2024. À toutes et à tous, je souhaite la santé. La première chose à considérer est la santé physique, afin de profiter pleinement de la nature et des petites joies qu’elle nous réserve. La santé mentale, également, pour que de chacun de ces éléments se dégagent des instants de bonheur dont la beauté vous soit perceptible.
Cette santé physique et mentale, je nous la souhaite aussi en tant que société. Bien sûr, pour ne pas surcharger un réseau de santé déjà abondamment fissuré, mais surtout pour préserver une force et une résilience collectives face au flux quotidien de nouvelles négatives servies par les médias d’information et les réseaux sociaux.
À toutes, à tous, à nous, une bonne, heureuse et saine année.
Sur mes écrans
Dieu est partout, nous a-t-on longtemps répété. En 2024, l’être humain aussi à partir du moment où il a un téléphone intelligent en poche. Il était donc illusoire pour le gouvernement et les grandes centrales syndicales de s’imaginer que les contenus des ententes de principe demeureraient secrets jusqu’à leur présentation aux différentes instances. Les premières fuites se sont produites cette semaine.
On a donc appris que les travailleuses et travailleurs affiliés au front commun intersyndical avaient obtenu des augmentations salariales de 17,4 % sur cinq ans, ceci assortit d’une clause de protection du pouvoir d’achat pour les trois dernières années de l’entente. Cela signifie que si l’inflation dépasse la hausse salariale prévue au cours de l’année, celle-ci sera ajustée en conséquence. On évoque également des gains dans le domaine des assurances collectives et un statu quo quant aux régimes de retraite.
Je ne me prononcerai pas maintenant sur ces différents points, sauf pour indiquer qu’il s’agit d’éléments substantiels qui méritent d’être réfléchis et discutés. Étant moi-même affilié à la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), dont aucune ligne de l’entente de principe n’a encore fui, je préfère me garder une réserve pour l’instant.
Avant d’approuver ou de rejeter ce qui nous sera proposé, j’aurai deux questions pour mon syndicat et j’arrêterai ma décision à partir des réponses que j’obtiendrai. Les deux questions seront les suivantes :
Est-ce que cette entente nous permettra d’attirer et de retenir des étudiantes et des étudiants dans les départements de la Faculté d’éducation de nos universités ?
Est-ce qu’elle stoppera l’hémorragie de personnel qui sévit de manière importante dans le milieu scolaire depuis de nombreuses années ?
Bien sûr, à moins d’une démonstration déjà claire et limpide dans le libellé des offres, je m’attendrai aux justifications pertinentes qui étaieront une éventuelle réponse affirmative. Je souhaite ardemment et sincèrement pouvoir tourner la page de ce chapitre de ma carrière. Toutefois, je refuse d’avoir perdu en vain 22 jours de salaire.
Dans mes écouteurs
Révélation Radio-Canada pour la période 2023-2024, Waahli est un rappeur québécois qui s’accompagne de rythmes caribéens. Impliqué dans la communauté, il donne également des ateliers d’écriture dans les écoles.
Après avoir produit deux albums, en 2018 et en 2022, il nous arrive cette fois avec un microalbum regroupant cinq pièces, Saponification. Heureux de présenter du reggae en #musiquebleue, voici la chanson Bom Pase.
Le jour de Noël, le site de Radio-Canada a publié une liste de dix bonnes nouvelles environnementales, qui ont été répertoriées au cours de l’année 2023. Plusieurs de ces nouvelles nous touchent indirectement en ce sens où elles inspireront sans doute nos décideurs. Cependant, dans le lot, deux des dix nouvelles nous concernent directement.
D’abord, l’île d’Anticosti, qui a officiellement fait son entrée au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Il s’agit d’une mesure protectrice d’importance pour ce territoire québécois.
De plus, le reportage de Radio-Canada mentionne la revitalisation de l’île Tekakwitha par la communauté mohawk de Kahnawake.
Au moment où j’écris ces lignes, je viens d’obtenir la confirmation que les neuf syndicats affiliés à la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) ont entériné l’accord intervenu avec le gouvernement. Notre grève générale illimitée est donc levée.
Ceci n’assure pas encore un retour en classe au début janvier, mais disons que les chances sont excellentes. Il reste encore deux étapes à franchir. D’abord, tous les syndicats regroupés dans le front commun doivent également accepter les accords, ou à tout le moins juger les avancées suffisantes pour renoncer à leur grève générale illimitée annoncée pour le retour des Fêtes. Ensuite, les membres des syndicats locaux doivent à leur tour approuver les ententes de principe. Là-dessus, je demeure très confiant, mais il faut éviter de considérer la formalité. Le passé récent contient plusieurs exemples d’ententes de principe recommandées par les instances syndicales et finalement rejetées par les membres. Pour n’en nommer que deux, notons la Société des alcools du Québec (SAQ), ainsi que la Sûreté du Québec.
J’ai hâte de revoir mes élèves !
Sur mes écrans
J’en faisais déjà l’éloge ici il y a un peu plus d’un an 1. J’adore les capsules de Jamy Gourmaud. Il y a trois semaines, Jamy en a publié une sur les origines de la langue française 2.
Saviez-vous que seulement 2 % des mots français sont empruntés à l’anglais, mais que dans le sens inverse, la langue de Molière en a fourni plus de 60 000 à celle de Shakespeare ? Quelle est la plus grande ville francophone au monde ? La réponse vous étonnera.
On y trouve également un segment sur le Québec. Cette vidéo vaut cent fois l’investissement de 11 minutes qu’elle vous demande.
Il y a quelques jours à peine, j’ignorais qui était Robert Rioux. Depuis 1999, il a pourtant produit dix albums et plusieurs simples. Professeur de guitare, c’est cet instrument qu’il exploite dans tous les styles et toutes les sonorités. Son album Party nous replonge dans les décennies 1970, 1980 et 1990. Tiré de cet album, voici Funkolik.
Robert Rioux – Funkolik – Party – #musiquebleue
La bonne nouvelle de cette semaine
Le grand-père, Guy, a fondé Cote 100, une des plus prestigieuses compagnies d’investissements au Québec. Le père, Sébastien, a vécu une impressionnante carrière de double au tennis dans les années 1990, aux côtés d’un autre Sébastien, Lareau. Quant au fils, Maxence LeBlanc, il vient tout juste de signer un contrat en vue de faire partie de l’équipe de football universitaire de l’Ohio, le Buckeye d’Ohio State, qui évolue dans la NCAA.
Il s’agit de la concrétisation d’un rêve pour le Montarvillois de 18 ans qui poursuit ainsi son chemin vers de plus grands sommets.
J’aurais pu être directeur d’école, mais non. Parce que je suis un enseignant. J’ai un jour considéré devenir conseiller pédagogique, car je trouvais que les classes manquaient de ressources et d’outils. J’ai cependant préféré demeurer avec mes élèves parce que je suis un enseignant.
Je passe une partie de mes fins de semaine et de mes vacances à bâtir du nouveau matériel et à m’informer sur les nouveaux courants pédagogiques. Je le fais comme le font la majorité des enseignants, parce qu’un enseignant ne se contente pas d’être un enseignant. Un enseignant veut toujours demeurer un bon enseignant.
Bien que je ne dispose d’aucune autre certification, mes expériences professionnelles ont fait de moi un médiateur, un travailleur social, un infirmier, un psychologue, un auteur, un concepteur, un comédien, un gestionnaire tous azimuts. Mes collègues le savent bien, ils vivent la même réalité. Pour tous les autres, je suis un enseignant.
Être enseignant, ce n’est pas avoir la vocation, comme plusieurs se plaisent à le penser. Être enseignant, c’est avoir la flamme. Comme n’importe quelle flamme, plus on la nourrit, plus elle monte. Depuis une vingtaine d’années, les différents gouvernements qui se sont succédé ont pris des décisions qui nous ont imposé plus de tâches de gestion et plus d’évaluations, réduisant d’autant notre temps d’enseignement. Nous sommes des enseignants. Moins on enseigne, moins la flamme est nourrie, plus elle diminue. Le gouvernement actuel s’affaire à éteindre ce qu’il en reste.
Je suis un enseignant et j’entreprends une cinquième semaine sans enseigner. La flamme s’est transformée en flemme. Je suis accablé d’une inquiétante paresse physique et intellectuelle qui me plonge dans un état ne s’apparentant à rien de ce que je ressens durant mes semaines de vacances. Il y a une semaine, je me suis ouvert à quelques collègues sur ma situation. Ils m’ont tous, sans exception, affirmé ressentir la même chose. Rassurant ? D’un point de vue personnel, oui. Professionnellement, non, au contraire. Nous sommes des enseignants.
Le choix d’aller en grève nous appartenait. Il importe néanmoins de préciser que nous sommes sans convention collective depuis mars dernier et que malgré notre grève, le gouvernement ne démontre aucun empressement à négocier. Ajoutons à cela que plusieurs éléments importants étaient restés en suspens lors des dernières discussions, en raison de la COVID. Parmi ces éléments, on trouve la composition des classes, que nous avions accepté de reporter aux présentes négociations, malgré l’urgence de la situation. L’important était d’avancer et de rattraper le temps que la pandémie nous avait fait perdre. Nous sommes des professionnels de l’enseignement.
La grève des enseignantes et enseignants affiliés à la FAE entre dans sa cinquième semaine. Elle est déjà la plus longue jamais vécue par l’État québécois. Jusqu’à quand se poursuivra-t-elle ? François Legault répète depuis plus de dix ans que l’éducation est sa priorité. Si c’était le cas, nous serions en classe actuellement. Vingt jours de grève, parce que c’est là où nous en sommes, c’est un dixième de l’année scolaire. Même durant la pandémie, les élèves n’en avaient pas perdu autant. Nous étions passés en enseignement à distance après deux semaines.
Ce gouvernement, dirigé par des gens d’affaires (la tentation était forte d’écrire des hommes d’affaires), gère le Québec comme s’il s’agissait de son entreprise. Les élèves ne sont pas une clientèle qu’on peut se permettre de négliger temporairement dans l’espoir de mieux la servir par la suite. Et les employés de l’État sont ceux de l’État, pas ceux de la CAQ. La responsabilité de les garder mobilisés incombe cependant aux élus et aux hauts fonctionnaires.
Je suis un enseignant qui n’enseigne plus. Et plus la situation se prolonge, plus j’ai tendance à me démobiliser. Cette semaine, une de mes élèves m’a écrit. Elle m’a rappelé qu’en septembre, j’avais mentionné au groupe que je leur parlerais de quelque chose en particulier lorsque nous serions rendus en décembre. Ma flamme s’est nourrie par cette seule intervention. Je lui ai répondu que je me mettais sur-le-champ à la réalisation d’une capsule vidéo. La petite a prévenu d’autres élèves de la classe et me l’a fait savoir. La flamme brûle. Ne le dites pas à mon syndicat, mais ça fait deux jours que je travaille sur cette capsule que je déposerai plus tard aujourd’hui sur une plateforme numérique.
Il n’y a aucun doute, je suis un enseignant.
En #musiquebleue
Encore une pièce de Noël, encore a cappella. Il y a quelques années, j’ai découvert la version de la chanson The 12 Days of Christmas par le groupe américain Straight No Chaser. Version drôle et surprenante, s’il en est une.
De ce côté-ci de la frontière, le duo Deux gars, plein d’voix en ont fait une adaptation. La voici.
Deux gars, plein d’voix – Les 12 jours de Noël – Tableaux de Noël – #musiquebleue
La bonne nouvelle de cette semaine
Il est délicat d’écrire ici tous les détails, mais les élans de générosité et de solidarité de la population envers le personnel scolaire en grève sont dignes de mention. À petite échelle, dans nos entourages immédiats, les exemples sont nombreux. Les invitations à souper, le partage de nourriture, les prêts d’argent à long terme et sans intérêt constituent des éléments fréquents et nombreux chez les collègues.
Les initiatives de groupes ou régionales apportent également leur lot d’aide précieuse. À ce sujet, il y aura de nouvelles collectes et distributions à plusieurs endroits, le samedi 23 décembre.
Finalement, je me dois de souligner l’apport des très nombreux commerçants qui, sur les lignes de piquetage, ont souvent et spontanément démontré leur soutien. De façon plus personnelle, pour tout ce qui a été offert à mes collègues et à moi durant notre seule sortie de jeudi, je tiens à remercier Barbies resto bar grill, les Marchés TAU, ainsi que les restaurants Starbucks.
Grève rime avec trêve. Je souhaite que pour les deux prochaines semaines, les rapprochements familiaux et amicaux constituent notre seule source de préoccupations. Pour celles et ceux qui fêteront Noël, je vous le souhaite joyeux et festif.
Pour une quatrième semaine consécutive, je souhaite que le chapitre hebdomadaire de mon journal de grève soit le dernier. Mercredi, le premier ministre s’est même avancé sur un retour en classe dès lundi. Ça, c’est comme pour le père Noël : on voudrait y croire, mais la réalité l’emporte.
Dans ce billet, je cède ma plume à d’autres. Il existe des enjeux qui ont besoin d’être démystifiés, en ce qui regarde le quotidien du monde de l’enseignement, afin de contrer ou de préciser certaines croyances populaires. Si j’y fais ponctuellement allusion à l’intérieur de mes écrits, des collègues et des observateurs en ont fait autant ces derniers jours. Cette semaine, mon espace leur appartient.
Sur l’exode du personnel et la désertion des étudiants en enseignement
Son homonyme est acteur, mais le Frédéric Pierre dont il est question ici est informaticien. Il appuie le personnel scolaire et celui de la santé dans leurs revendications. Voici ce qu’il publiait sur le réseau social Bluesky, le 11 décembre dernier.
« Une prof me disait que plus le gouvernement prend du temps pour négocier, certains profs songent quitter et se trouver autre chose. Aussi, sa fille étudie en enseignement : – 1ère année : il y avait 120 étudiants. — 3e année : il en reste 30 ! Avec une autre année à faire. 😕 » Source : Bluesky (@fredericpierre.bsky.social)
Évidemment, ces chiffres ne sont pas vérifiés et confirmés. Mais ils reflètent ceux de l’étude réalisée par Le Devoir, il y a deux ans, à laquelle je faisais référence dans mon billet du 24 novembre dernier. 1
Depuis le début des moyens de pression du personnel enseignant, le gouvernement exige de nous de la souplesse pour modifier le processus d’affectations. Nous reviendrons plus bas sur la souplesse. Pour ce qui est des affectations, mon ex-collègue Marie-Josée Dupont a très bien résumé la situation.
Source : Facebook
Ce que le gouvernement voudrait, c’est que les enseignantes et enseignants permanents soient exclus de l’affectation d’août. Bien que l’ancienneté constitue notre seul atout pour améliorer nos conditions, la FAE a tout de même consenti à une ouverture sur ce point. Pourquoi Bernard Drainville et François Legault en font-ils un enjeu majeur alors que ça ne concerne qu’une quantité négligeable de postes ? Ma seule réponse est qu’ils font preuve d’une méconnaissance marquée de la situation.
Sur notre réalité
Le cri du cœur d’Anne-Marie Vignola, enseignante au Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM), expose un portrait limpide et complet de notre quotidien.
« Bonjour, Je m’appelle Anne-Marie et je suis enseignante depuis plus de 20 ans. J’ai étudié quatre ans à l’université pour obtenir un baccalauréat en éducation. Je suis sans contrat de travail depuis 10 mois et sans salaire depuis trois semaines parce que mon patron trouve que je manque de souplesse. J’ai pourtant l’impression de faire des acrobaties incroyables pour parvenir à faire mon boulot. Je n’ai rien d’extraordinaire… Nous sommes plus de 60 000 dans les rues depuis bientôt trois semaines. (FAE) Cette semaine des milliers d’autres travailleuses vont se joindre à nous. ✨❤️ Nous vous attendions ! ✨ Je suis une fille travaillante ! Je fais des heures supplémentaires à toutes les semaines et je ne demande jamais d’obtenir un salaire supplémentaire. Je fais tout ça bénévolement. Je mange régulièrement le souvenir d’un yogourt sur l’heure du midi parce que je manque de temps et je préfère travailler. En 20 ans, je n’ai jamais reçu une seule plainte de ma direction. Je dépense annuellement entre 500 $ à 1000 $ de mes sous pour acheter des jeux, jouets, livres ou ateliers. Le 250 $ attribué pour ma classe est insuffisant et j’adore avoir du matériel pédagogique actuel. Je suis toujours à l’heure au travail. Depuis deux ans, je n’ai jamais été malade. Je ne prends jamais de congés parce que je n’aime pas prendre deux heures de mon temps, déjà si précieux, pour écrire les explications du déroulement de la journée à un remplaçant. Il y a aussi le fait que ce sont souvent des collègues qui doivent remplacer les absents parce qu’il n’y a plus de suppléants… Je demeure presque toujours calme lorsque quelqu’un lance une chaise. 🧘🏻♀️ Je suis immunisée contre les insultes. Je suis excellente en gestion des conflits. Je peux faire rire quelqu’un qui pleure. Je sais que mes bras sont réconfortants. Je peux faire 5 tâches en même temps. Je fais environ 20 heures de formation par année parce que je trouve important de demeurer au fait des pratiques innovantes dans mon domaine. J’ai repeint une partie de mon local en cachette et j’ai découpé des petites marguerites en papier pour cacher les trous du mur de ma classe. Encore une fois, j’ai gardé la facture pour moi. Mon patron trouve que je manque de souplesse, mais moi, j’ignore ce que je peux faire de plus… Tous les spécialistes de l’enfance (médecins, pédiatres, psychologues) sont en accord avec les demandes de la FAE. On ne demande pas d’avoir l’air climatisé, un système de ventilation adéquat et un parc informatique fonctionnel… Nous souhaitons que nos élèves les plus vulnérables puissent obtenir des services offerts par des personnes compétentes. LA BASE ! Ce travail, je l’aime profondément et ça me fait mal de me sentir aussi peu respecté par mon employeur. À force de me plier en quatre pour y arriver, je suis brisée et je ne veux plus continuer comme ça. L’attitude du gouvernement envers cette marée de petites tuques rouges me dégoûte ! Nous sommes des guerrières ! Nous arrivons à bout des enfants les plus rebelles… Si son souhait est d’étirer la négociation pour épuiser nos troupes et semer le chaos, il va trouver le temps long. Les troupes sont épuisées depuis une décennie et elles appuient le méchant monstre syndical qui, pour l’instant, est le seul à nous protéger dans cette lutte… Après trois semaines, ces femmes sont affamées et déterminées à continuer de lutter contre les injustices du système de l’éducation et de votre exploitation de notre bonté ! »🔴
Je l’ai écrit plusieurs fois, nos semaines de vacances sont nombreuses, mais elles sont toutes à nos frais. Qui plus est, le gouvernement conserve temporairement une partie de notre argent et le fait fructifier, avant de nous en remettre le capital tout en conservant les intérêts. Le dimanche 10 décembre, Valérie Larin l’a très bien expliqué.
« FONCTIONNEMENT RÉEL DU SALAIRE D’UN PROF Je fais ce post en toute transparence. Je suis prof au primaire. Je suis actuellement à l’échelon 5. Selon la convention actuelle, mon salaire annuel est de 56 550 $. Une année compte 52 semaines (365 jours). Si on exclut les week-ends, ça nous donne 260 jours au total. Je travaille 200 jours par année (180 jours en présence d’élèves plus 20 journées pédagogiques, qui sont loin d’être des « congés » comme certains le pensent : réunions, planification, correction, impressions, paperasse, achats pour la classe, etc.). Logiquement, je devrais être payée 1/200 de 56 550 $ pour chaque jour travaillé, c’est à dire 282,75 $ par jour (brut) et être au chômage durant l’été. Sachez que ce n’est pas le cas ! Il y a plusieurs années, une loi est venue exclure les enseignants ayant un poste permanent du droit au chômage durant l’été. Pourquoi ? Aucune idée ! Ça, c’est la première aberration. En voici une deuxième : comme le gouvernement semble juger que nous ne sommes pas assez autonomes pour gérer nos sous nous-mêmes et nous en mettre de côté pour la période estivale, il me paie 1/260, donc 217,50 $ au lieu de 282,75 $. Le gouvernement ramasse donc 65,50 $ sur chacune de mes paies (aux deux semaines) pour me le redonner durant les mois d’été. Au total, dans l’année, c’est 15 660 $ qu’il garde pour lui en le faisant fructifier pendant que moi, je ne peux pas, même si c’est MON argent. Je vous rappelle que je ne suis qu’à l’échelon 5. Imaginez quelle somme cela peut représenter sur l’ensemble des profs au Québec ! En voulez-vous une autre ? La loi sur les normes du travail prévoit 2 semaines de vacances payées pour les salariés ayant cumulé entre un an et 3 ans de travail continu, ainsi que 3 semaines payées après 3 ans. Nous, les profs ? Rien. Nada. Nous n’avons aucun congé payé par l’employeur. Nous finançons tous nos congés (vacances et jours fériés) à partir de notre propre paie. Donc, si vous pensiez encore que les profs ont « deux mois de congés payés durant l’été », j’espère que cette rectification vous a permis de comprendre que c’est loin d’être le cas ! »
Cette fameuse souplesse que réclament François Legault et au moins deux de ses ministres ! Est-ce que nous en démontrons suffisamment ? Marie-Ève Couture, enseignante spécialiste en anglais, a également lancé ce cri du cœur.
« D’après monsieur Legault, je manque de souplesse… En tant que spécialiste, prof d’anglais, j’ai 2 écoles, 15 groupes donc environ 300 élèves… Je ne me plains pas, mais vous dites que je manque de souplesse… 🤔 Je fais partie des privilégiés qui possèdent un local où je peux enseigner adéquatement. Mais seulement dans une école ! Faudrait pas ambitionner, quand même !! À l’autre école, je prends la place de l’enseignant qui doit sortir de son local et se trouver une place où travailler durant cette heure…. Qui est souvent le salon du personnel où ça va et vient constamment ! …. Parfait pour travailler et se concentrer ! Mais, ON manque de souplesse ! Je change 5 fois de local dans une journée en oubliant souvent des trucs ici et là… Je dois me promener de classe en classe avec des livres, mon ordi, mon sac, les photocopies, les jeux, les dictionnaires… puisque je n’ai pas de local pour enseigner !!!! Mais, je manque de souplesse ! Le budget classe pour acheter des livres ou du matériel est largement insuffisant… 150 $ environ par école et c’est pas une blague ! Donc, vous me voyez venir ! Je dépense facilement 500 $ par année pour que les élèves aient : des nouveaux livres intéressants, une boîte de récompenses, des jeux au goût du jour, des activités intéressantes, des décorations et des affiches pour rendre les cours plus vivants, etc. Mais, je manque de souplesse ! À la récré, je garde des fois des élèves pour régler un conflit, leur donner du temps supplémentaire pour finir l’examen, avoir une discussion parce que l’élève vit des choses difficiles à la maison (oui bien sûr qu’on est psychologue et ça presque au moins une fois par semaine !), pour reprendre la notion enseignée, etc. J’avais vraiment envie d’aller aux toilettes, mais bon, j’irai au dîner, l’élève est plus important ! Mais, je manque de souplesse ! Idéalement, dans un cours, je dois enseigner, expliquer l’exercice à faire, répondre aux questions et si possible corriger en grand groupe ! Et le tout en une heure ! Car on voit en général nos groupes seulement une heure par semaine ! Bon, OK ! 8 h 05 Je commence le cours… que dis-je… j’attends qu’environ 3 à 5 élèves finissent d’enlever tous les vêtements p.c.q. ils sont habitués de prendre leur temps à la maison et qu’il n’est pas question qu’ils se dépêchent à l’école…. Faudrait pas les brusquer, mais plutôt attendre et s’adapter à leur rythme… pendant ce temps-là, il y en a 15 qui sont prêts, s’impatientent et qui commencent à vouloir bouger. C’est normal, c’est des enfants !!! Mais moi, j’attends les autres tout en essayant de gérer les comportements des autres. 8 h 15 : Une fois tout le monde assis et « attentif » 😉😂 🤞Je peux commencer à enseigner ! Dans plusieurs groupes, j’ai un élève TSA qui nécessite une approche différente pour chacune des interventions. Par exemple, si je demande de sortir leur cahier, l’élève se met à crier, car il n’aime pas les changements… je dois donc le préparer mentalement à l’avance pour chaque transition ! Bien sûr, nous avons des TES formidables pour aider, mais qui ne peuvent pas se séparer en 10 non plus ! Il y a en souvent un avec un trouble de comportement qui est très souvent en opposition, impoli avec moi ou les autres. Souvent en conflit qui doit être réglé tout de suite pour ne pas que ça dégénère…. Il y a facilement 5 à 7 élèves par groupe avec des plans d’intervention puisqu’ils ont de gros troubles d’apprentissage. Ce qui veut dire que je dois adapter mon cours pour eux parce qu’un a droit à son ordi (donc je dois m’assurer que l’élève a son ordi et que j’ai préparé à l’avance le document qui devra être lu par un logiciel prévu à cet effet). Un autre a droit à un temps supplémentaire pour finir (que je dois aussi prévoir dans mon planning) et je pourrais continuer longtemps encore ! Il y a ceux qui n’ont pas de troubles d’apprentissage, mais qui ne sont pas motivés et que l’on essaye par tous les moyens de motiver… Il y a ceux qui ne comprennent pas le français….. Et qui sont oubliés ? Ceux pour qui ça va bien et qui n’ont pas de problèmes d’apprentissage et/ou de comportement… 8 h 30 : après avoir demandé je ne sais pas combien de fois à un élève de s’asseoir et d’arrêter de déranger autour de lui p.c.q. il n’a pas pris sa médication ce matin-là et qu’il est impossible pour lui de rester en place et bien je finis par tolérer qu’il soit debout p.c.q. je suis juste tannée d’intervenir. Je réussis à les faire commencer l’exercice, et un de me dire qu’il n’a pas de crayons, l’autre qu’il ne trouve pas son cahier, l’autre qu’il ne sait pas quoi faire quand je viens de passer 10 minutes à expliquer pendant que lui jouait avec son efface, que mon TSA a besoin de moi constamment pour le rassurer ! J’ai ceux qui ont des questions p.c.q. ils ne comprennent pas encore le français et moi je leur demande d’apprendre une troisième langue…. J’ai aussi les anglophones qui finissent le travail en quelques minutes et je dois avoir prévu des trucs supplémentaires pour eux qui les challengent un peu ! Êtes-vous essoufflés ??? Moi, oui ! Mais, je manque de souplesse ! 9 heures : plusieurs n’ont pas fini l’exercice, j’ai géré 2 conflits à travers toutes les questions et mon TSA décide qu’il jette par terre tout ce qu’il trouve autour de lui ! 9 h 05 : je dois me dépêcher à tout ramasser mes trucs, mon ordi, mon sac, mes jeux, etc., pour changer de local, car je donne un cours à 9 h 05 à l’étage du dessus… Mais, je manque de souplesse ! On répète la scène 5 fois par jour, 5 jours par semaine ! De septembre à fin juin ! MAIS !!!! Je manque de souplesse ! 🤔🤔🤔🤔🤔🤔🤷🏻♀️🤷🏻♀️🤷🏻♀️ »
Sur nos revendications
Ce que nous réclamons, c’est de l’aide et la sauvegarde de l’école publique. La hausse salariale est accessoire et vise surtout à rendre notre profession attrayante pour arrêter la désertion massive qu’elle subit actuellement. Cette grève générale illimitée, sans salaire, sans fonds de grève, ce piquetage sous des températures hivernales, c’est pour nos élèves et ceux qui les suivront que nous le faisons.
Dans une lettre ouverte à François Legault, Bernard Drainville et Sonia LeBel, plus de 75 pédiatres et médecins de famille ont pris position en notre faveur et en faveur de leurs collègues du domaine de la santé. Voici un extrait de leur missive.
« Croyez-nous, nous sommes au premier rang pour constater la dure réalité des familles qui perdent présentement des revenus considérables, en raison de journées de travail annulées. Plus particulièrement, nous avons cette pensée sincère pour les enseignantes et les enseignants qui sont maintenant sans salaire depuis presque trois semaines à se battre pour de meilleures conditions de travail, mais aussi de meilleures conditions d’apprentissage pour les élèves, bref pour un meilleur système d’éducation publique, en adéquation avec nos jeunes institutions fondatrices.
Nous joignons fièrement nos voix à la leur, de même qu’à celles de tous les travailleurs de la santé, également mus par de courageux engagements. Nous militons pour un meilleur système d’éducation publique, qui valorise à juste titre le travail de tous ses professionnels, tout en demeurant profondément inquiets pour notre système de santé déjà fragilisé et qui l’est d’autant plus que de nombreux travailleurs de la santé, également des parents, y sont déchirés entre leurs responsabilités professionnelles inconciliables avec leurs obligations familiales. »
Finalement, s’il vous reste du temps et de l’énergie, je vous invite à lire la chronique de Patrick Lagacé, publiée jeudi matin. Il résume bien la part du système à trois vitesses dans les déboires vécus par tout le réseau de l’éducation québécoise. J’admets cependant être plus optimiste que lui quant à la suite des choses. Un peu.
Près de 50 ans après que Walter Murphy nous eut donné sa version disco de la 5e symphonie de Beethoven, voici qu’Emmanuelle Boucher nous offre Minuit, chrétiens en rock country.
A-t-il vaincu sa dépression sévère ? Peut-être pas tout à fait, mais toujours est-il que le comédien Serge Thériault participera à une émission radiophonique le 24 décembre, sur les ondes d’ICI Première. Animée par Stéphane Laporte, l’émission spéciale portera sur ses collaborations avec son complice Claude Meunier.
Reclus à son domicile depuis plusieurs années, Thériault avait récemment quitté son ermitage le temps de tourner la scène finale, quelques secondes à peine, des nouveaux épisodes de La p’tite vie. Contrairement à toutes les autres scènes, celle-ci n’avait pas été enregistrée devant public.
Cette fois, de nombreux invités défileront en studio pour rendre hommage au célèbre duo.
Autre collecte de dons pour le personnel affilié à la FAE
Celle-ci aura lieu le samedi 23 décembre, aux endroits indiqués ci-dessous.
J’ai l’habitude d’écrire à la première personne du singulier. Je trouve présomptueux de se servir du pronom « nous » pour faire valoir sa position. Cependant, après de nombreux échanges avec les collègues, je peux affirmer que nous avons vécu deux grandes déceptions, cette semaine.
La première est survenue lundi. La veille, en soirée, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) avait soumis une contre-offre à la plus récente proposition gouvernementale. En matinée, la présidente du Conseil du trésor la rejetait devant les médias, avant même d’en avoir informé le syndicat. Cette façon de procéder propre au gouvernement actuel a été dénoncée seulement deux jours plus tard par six professeurs spécialisés en relations de travail à l’Université de Montréal 1.
Et je cite :
« On utilise le micro et les médias pour faire des déclarations alarmistes et aller chercher l’appui de la population. On se rend compte que ça n’aide pas aux tables de négociation, ça crée des braquages et des gens en colère. »
Mélanie Laroche, professeure en relations industrielles, Université de Montréal, le 6 décembre 2023. (Source : La Presse)
Tôt lundi matin, avant cette sortie de la ministre LeBel, nous étions certains que le retour en classe était imminent. Sincèrement, il y avait de la joie et de la bonne humeur sur les lignes de piquetage. Nous avons brutalement été ramenés à la réalité.
C’est mercredi soir que nous avons vécu la seconde déception : l’annonce de l’offre de bonification salariale de 12,7 % sur cinq ans (16,7 % pour une infime minorité d’employés du secteur public). Selon les prédictions rapportées par plusieurs médias, l’inflation pour cette même période devrait atteindre 18,1 %.
D’abord, comme je l’indiquais dans mon billet du 24 novembre dernier 2, la question salariale ne constitue qu’un élément parmi d’autres dans nos revendications. Malgré le fait que notre rémunération se situe bien en deçà de la moyenne canadienne, nous ne réclamons dans le contexte actuel qu’une indexation au taux d’inflation. Là-dessus, je rappelle qu’à l’automne 2022, les députés se sont voté une hausse salariale de 30 %, pas sur cinq ans, mais sur un an. Je rappelle également qu’en septembre dernier, ce gouvernement offrait une augmentation de 21 % aux policiers de la Sûreté du Québec. Préalablement acceptée en entente de principe, l’offre a finalement été rejetée quand les syndiqués se sont prononcés dessus.
Donc, les députés s’octroient 30 % sur un an, les policiers refusent 21 % sur cinq ans et on n’offre que 12,7 % aux enseignantes et enseignants.
Je reprends mon « Je ». La déception était certes collective, mais après deux semaines de grève du personnel affilié à la FAE, à l’aube d’une grève de six jours du front commun qui viendra fermer toutes les écoles encore ouvertes, si le gouvernement n’offre que 12,7 % un 6 décembre, il est clair à mon esprit que c’est parce qu’il est déterminé à faire perdurer les négociations jusqu’après la période des Fêtes. Je l’ai mentionné dans mon dernier billet et j’ai continué de le constater cette semaine, l’appui de la population à notre cause est toujours aussi fort. Cette stratégie risque de coûter cher à François Legault.
La députée Christine Labrie est enseignante de formation. Elle s’est portée à la défense de ses ex-collègues à quelques reprises, cette semaine, à l’Assemblée nationale. Ce faisant, elle a employé une épithète que la présidence lui a demandé de retirer. Sur sa page Facebook, madame Labrie a demandé à ses abonnés de lui suggérer un synonyme. Elle s’est cependant permis une liberté que je me permets de dénoncer ici.
Ici, le Fac ne passe pas ! Personne ne devrait écrire comme il ou elle parle. On aurait pu utiliser plusieurs marqueurs de relation pour débuter la phrase. Donc, alors, ce qui fait que, etc. Le reste de sa publication demeure impeccable.
Et pour tout le reste, madame Labrie, je vous remercie ! 🙏
Dans mes écouteurs
Musique intéressante que celle du duo Babylones. Actif depuis une dizaine d’années, il vient de produire un deuxième album complet, Humains. Je vous propose la pièce Cannibale.
Babylones – Cannibale – Humains – #musiquebleue
La bonne nouvelle de cette semaine
On constate un bel élan de solidarité de la part de la population envers les enseignantes et enseignants en grève. Les médias l’ont maintes fois répété, nous ne disposons pas d’un fonds de grève. Cela signifie que nous ne recevons aucun salaire depuis le 23 novembre et cela perdurera jusqu’à notre retour en classe, quand la grève générale illimitée aura pris fin.
Si la situation actuelle est financièrement difficile pour nous tous, elle est précaire et déjà critique pour plusieurs. À l’initiative de citoyens, des groupes d’entraide se sont rapidement formés. Ce samedi, 9 décembre, les personnes désirant aider le personnel scolaire en grève pourront effectuer des dons (on évite l’argent) à différents endroits.
Je vis actuellement ma première grève générale illimitée. Cependant, il m’est arrivé de vivre des journées de débrayage, individuelles ou regroupées, ainsi que plusieurs autres moyens de pression. Il y a véritablement quelque chose de différent, cette fois-ci.
Chez les collègues, d’abord. Jamais n’ai-je constaté une telle motivation. Personne n’aime être en grève, encore moins à long terme, mais la situation est telle que la poursuite de cet ultime moyen de pression demeure perçue comme une nécessité tant que des engagements fermes et concrets pour l’amélioration de nos conditions de travail ne seront pas mis de l’avant.
Ensuite, il reste étonnant de constater l’appui des parents des élèves et de la population en général. Sur les lignes de piquetage, plusieurs passent nous offrir le café ou des gâteries alimentaires. De nombreux automobilistes nous encouragent à coups de klaxon.
Finalement, et c’est du jamais vu en ce qui me concerne, un grand nombre de directions d’écoles ont discrètement manifesté leurs encouragements aux grévistes.
Tout ceci après deux semaines d’une grève qui force une grande partie de la population à repenser ses horaires et sa logistique familiale. Il serait utopique d’affirmer que sa patience restera sans limite, mais pour que l’appui demeure après deux semaines, il y a indéniablement quelque chose de différent cette fois-ci.
Je miserais sur la conscience collective que le citron, maintes fois écrasé, ne donne plus de jus.
Sur nos écrans
Les faits : Le jeudi 30 novembre, dès les premiers bulletins de nouvelles, de nombreux médias québécois affirment qu’il y a de l’évolution dans les négociations et que la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) considère suspendre sa grève générale illimitée.
Les représentants de la FAE démentent rapidement, mais les médias continuent de marteler le même message toute la journée durant.
En après-midi, le démenti de la FAE est réitéré dans une série de messages à ses membres, notamment à travers ses instances régionales et locales. Je me permets d’en diffuser ce court extrait : « Au moment d’écrire ces lignes, il semble que les médias véhiculent des informations erronées. Rien ne nous laisse croire que nous lèverons la grève incessamment et ces propos n’ont pas été tenus par la présidente de la FAE, Mélanie Hubert. Cependant, il est vrai que nous avons à cœur de régler le plus rapidement possible, mais pas à n’importe quelles conditions. »
Et pourtant, même en soirée, les médias continuent d’affirmer qu’il y a des progrès dans les négociations et que la suspension de la grève est envisagée. Seule Radio-Canada, en fin de reportage, a fait brièvement état des courriels envoyés aux membres de la FAE.
Comment interpréter cette contradiction ?
Dans mes haut-parleurs
Le chant a cappella a connu un regain de popularité, depuis la dernière douzaine d’années. Des ensembles comme Qu4rtz ou Pentatonix ont même gravi les hauts rangs de différents palmarès. Les harmonies vocales s’adaptent particulièrement bien aux classiques du temps des Fêtes.
Dernier Noël constitue le sixième album de la formation Quartom, fondée en 2008 par quatre étudiants en chant classique. Une des pièces a particulièrement retenu mon attention. Jamais je n’aurais pu imaginer La danse à St-Dilon, de Gilles Vigneault, rendue de cette façon. Et pourtant, le résultat est sublime. Régalez-vous !
Quartom – La danse à St-Dilon – Dernier Noël – #musiquebleue
La bonne nouvelle de cette semaine
Signe que des négociations peuvent rapporter, je salue ici les efforts de Google et du gouvernement du Canada qui ont fini par déboucher sur une entente pour la diffusion des nouvelles canadiennes sur le moteur de recherche. Google versera donc 100 millions $ annuellement à un collectif qui se chargera de redistribuer cette somme aux médias admissibles.
Un des éléments intéressants de l’accord est que si une entente plus avantageuse est conclue entre Google et un autre pays, les termes de celle avec le Canada seront revus à la hausse. Il reste maintenant à convaincre Meta de revenir à la table des négociations.
Petit extra
Jaclyn Lizzi est une jeune Américaine originaire du Texas. Après avoir appris l’espagnol, elle a décidé d’acquérir une troisième langue et a jeté son dévolu sur le français. Elle le parle aujourd’hui de manière impeccable.
Il y a trois ans, elle a adapté en anglais la chanson L’Amérique pleure, des Cowboys Fringants, et a enregistré la version pour sa chaîne YouTube. Le décès de Karl Tremblay, il y a deux semaines, lui a procuré une multitude de nouveaux abonnés, presque tous québécois.
Depuis que j’ai démarré ce blogue, en février 2020, on peut y lire mes billets hebdomadaires, mes journaux de vacances d’été et mes journaux de vacances des Fêtes. Voici mon premier journal de grève.
Contrairement à mes journaux de vacances, dont je connais d’avance le nombre et les dates de publication, j’ignore complètement à quel moment je cesserai la publication de mes journaux de grève pour reprendre mes billets périodiques, ce débrayage dans lequel nous sommes entrés se réclamant général et illimité.
Allons-y donc une semaine à la fois !
À la manifestation (Clin d’œil aux Cowboys Fringants)
Combien étions-nous à Montréal, hier, 23 novembre ? Au moment où j’écris ces lignes, j’attends toujours qu’un média s’avance sur les chiffres. Les images diffusées impressionnent, cependant.
La mobilisation est grande. En vingt-huit ans d’enseignement, j’ai vécu quelques journées de grève, bien réparties à travers les années. Chaque fois, même si une majorité de membres du syndicat votaient pour l’arrêt de travail, plusieurs choisissaient l’option inverse. Cet automne, sur une proposition de grève générale illimitée, c’est avec une quasi-unanimité que les 12 syndicats affiliés à la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) ont voté en faveur.
Hier, le premier ministre a offert de bonifier l’offre salariale aux enseignants, à condition que nous démontrions plus de flexibilité dans les conventions collectives. Par plus de flexibilité, il entend de ramener à la convention nationale un des éléments les plus importants des conventions locales, soit les affectations dans les écoles. Ceci dans le but d’éviter des situations comme lors des dernières rentrées scolaires, alors que plusieurs centaines de postes d’enseignants n’étaient pas pourvus. Le gouvernement imposerait alors de tenir les affectations en mai ou en juin, plutôt qu’en août.
Le problème est que les affectations se tiennent déjà en mai. Si les centres de services scolaire ont été obligés d’en instaurer une autre en août, de moindre envergure, c’est parce que cette dernière est rendue nécessaire à la suite de changements survenus en été, notamment par des ouvertures de classes faisant suite à des déménagements ou des révisions de zones de desserte. Oui, il est vrai que des enseignantes ou enseignants permanents peuvent damer le pion à des collègues à statut précaire lors de l’affectation d’août, ce qu’ont dénoncé Gaétan Barrette et Marc-André Leclerc lors de l’émission La Joute, à TVA1. Toutefois, je précise ici que, n’en déplaise aux panélistes de La Joute, qui hier ont erré dans plusieurs de leurs propos, l’ancienneté demeure le seul élément pouvant permettre aux titulaires d’améliorer leurs conditions en choisissant un milieu de travail qui leur convient. Contrairement à d’autres corps d’emplois, il est impossible en enseignement de négocier un meilleur salaire ou d’autres avantages avec son employeur.
Autre problème, l’offre salariale n’est qu’un des éléments de nos revendications. Et j’oserais ajouter que cet élément se voudrait négligeable, n’eût été la hausse astronomique du taux d’inflation, depuis la signature de notre dernière convention. L’élément le plus important de nos demandes concerne l’allégement de la tâche et l’aide professionnelle. Là-dessus, la ministre Sonia LeBel s’est montrée directe en affirmant que même si elle disposait des ressources financières nécessaires, le manque de main-d’œuvre l’empêcherait de donner suite à un potentiel engagement en ce sens. Nous en sommes conscients. Mais peut-on commencer dès maintenant à établir une structure qui, à plus long terme, ira dans cette direction ? Nous nous trouvons actuellement dans ce bourbier parce que les différents gouvernements qui se sont succédé ont fait la sourde oreille quand les premiers signaux d’alarme, et tous les suivants, ont été lancés. En toute chose, laisser aller un problème par souci d’économie résulte généralement en investissements majeurs dans des rénovations. C’est là où nous en sommes.
Enfin, pour tous les Mario Dumont de ce monde qui stipulent qu’une réponse favorable à nos demandes coûterait des milliards de dollars, je réplique qu’il en coûtera des dizaines de milliards avant longtemps si on n’agit pas maintenant. Nous en sommes aujourd’hui à plus de 40 % des nouveaux enseignants qui décrochent du milieu dans les cinq premières années de leur carrière, alors qu’un nombre de plus en plus grandissant de vétérans quittent également l’enseignement pour préserver leur santé physique ou mentale. Ajoutons que les facultés de l’éducation des universités québécoises se vident de plus en plus chaque année, quand 50 % des étudiants abandonnent après la première année et que 50 % de ceux qui restent abandonnent à leur tour après la deuxième 2. Si les investissements nécessaires ne sont pas effectués dès maintenant pour rendre la profession attrayante, on se dirige à toute vitesse vers un mur de béton.
Et je cite :
« Si vous trouvez que l’éducation coûte cher, essayez l’ignorance ».
Abraham Lincoln
C’est l’avenir du réseau de l’éducation au Québec qui se joue actuellement. Rien de moins.
Le sentier de neige n’est pas la chanson du temps des Fêtes qui a le plus marqué la discographie québécoise, mais elle a très bien vieilli. D’abord interprétée par les Classels au milieu des années 1960, elle a été reprise dans plusieurs versions, toutes enregistrées au cours des quelques dernières années.
La dernière en lice est celle de Klô Pelgag. C’est elle que je vous propose cette semaine, en #musiquebleue.
Klô Pelgag – Le sentier de neige – #musiquebleue
La bonne nouvelle de cette semaine
Vous aimez Foresta Lumina et Montréal en histoire ? Moi aussi !
Si certains investissements annoncés par le gouvernement du Québec peuvent paraître douteux, je considère que celui de 34 millions $ dans l’industrie numérique constitue une excellente nouvelle. Il s’agit d’un domaine en pleine expansion pour lequel le Québec possède toutes les chances de développer son expertise et de devenir un leader mondial.