Billet du 23 avril 2021 : La détermination de Loïc

Exemple de courage et de détermination, Loïc Bydal, 17 ans, deviendra dans quelques semaines le premier élève à obtenir un diplôme d’études secondaires, avec un parcours scolaire entièrement réalisé à partir de sa chambre d’hôpital. Atteint d’une maladie dégénérative rare, l’Hôpital de Montréal pour enfants est devenu le lieu permanent de résidence pour Loïc, quand il n’avait que 8 ans.

Appuyé par tous les membres de sa famille, notamment par son père enseignant, et mû par une immense soif d’apprendre, Loïc relèvera un nouveau défi en septembre, alors qu’il entamera des études collégiales en informatique.

Pionniers dans l’enseignement à distance, avant même la pandémie, lui et ses enseignants méritent toute notre admiration. Un immense bravo à eux.

Lire la note du CSSDM.


Dans le cours de français

Cette semaine, j’enseignais l’impératif présent à mes élèves. Les règles de base sont simples :

  1. Il n’y a que trois personnes, soit la 2e du singulier, la 1re du pluriel et la 2e du pluriel;
  2. Tous les verbes conjugués à la 1re ou à la 2e personne du pluriel se terminent respectivement par _ons et _ez;
  3. À la 2e personne du singulier, les verbes en _er se terminent par _e, les autres se terminent par _s 1;
  4. Il n’y a pas de pronom sujet.

Ainsi, à l’impératif présent, on écrit profite, profitons, profitez, comme on écrit finis, finissons, finissez. Toutefois, qu’arrive-t-il quand un verbe conjugué à l’impératif est suivi d’un pronom comme en ou y ? La question ne se pose pas avec finir : on ajoute un trait d’union et on écrit finis-en.

Mais que fait-on avec profite ? Si on applique la même règle, on devrait écrire profite-en, comme plusieurs font, malheureusement. C’est à proscrire ! Dans un cas comme celui-ci, afin de favoriser la prononciation, il faut ajouter un s à la fin du verbe et le faire suivre de -en. On écrira donc profites-en.

Ce sont ses difficultés qui rendent la langue française si belle !

1 Il y a quelques exceptions. Ainsi, le verbe aller se termine par _a (va), alors que les verbes cueilliraccueillirrecueillirsouffrirtressaillirrecouvrircouvrirdécouvrirouvrirentrouvrirassaillir et offrir se terminent par _e.


Dans le cours d’univers social

Il existe un certain nombre de règles fondamentales en journalisme. Parmi elles, la vérification des faits et l’objectivité. Dans le premier cas, on a l’habitude de ne rien avancer tant qu’une nouvelle n’a pas été confirmée par deux sources. Quant à l’objectivité, il demeure possible de la contourner à travers les pages éditoriales, mais jamais dans la nouvelle.

Cette semaine, le Journal de Montréal et le Journal de Québec, deux des trois quotidiens du groupe Québecor, ont fait fi de ces deux règles essentielles en information.

En premier lieu, dans sa chronique de samedi dernier, Denise Bombardier affirmait que la Mairie de Montréal refusait de nommer une allée piétonnière du nom de l’ex-ministre Camille Laurin, sous prétexte qu’il était un homme blanc. L’histoire a été reprise par Richard Martineau, Normand Lester et Benoit Dutrizac, tous chez Québecor, soulevant l’indignation dans la population et l’ire des élus du Parti québécois, que le Docteur Laurin représentait. Or, les faits sont tout autre. Le comité de toponymie a effectivement refusé de donner le nom Camille-Laurin à cette artère, avant de se raviser, mais c’était pour éviter la confusion avec une rue qui porte déjà ce nom, dans la quartier Pointe-aux-Trembles. Je mentionne que le père de la Loi 101 a également donné son nom à une école et un édifice, toujours à Montréal. Jamais n’a-t-il été question du genre ou de la couleur de peau de l’ex-ministre. La mairesse Valérie Plante a eu beau l’affirmer publiquement, il a fallu le travail professionnel de la chroniqueuse Isabelle Hachey, à La Presse, pour rétablir les faits et dissiper les doutes. Madame Hachey s’est d’ailleurs entretenue avec Denise Bombardier, avant de publier son long texte.

Ensuite, dans son édition d’hier, le 22 avril, le Journal de Montréal affichait en UNE une photo du premier ministre Justin Trudeau vêtu de l’accoutrement particulier qu’il portait lors d’un voyage en Inde, il y a quelques années. S’adressant à lui en l’appelant par son prénom, le Journal établit un lien entre cette photo et l’origine du plus récent variant de la COVID-19.

Bonjour l’objectivité. Une publication similaire via une caricature, à l’intérieur du quotidien, aurait pu être drôle, mais une telle page frontispice est tout sauf professionnelle. Je précise ici que les journalistes ne sont aucunement responsables de ce manquement. Le contenu de la UNE appartient à la direction du journal.

Cette direction qui, en fin de journée, a publié une mise au point à l’intérieur de laquelle elle prétexte laconiquement avoir dû composer avec « un choix limité de mots et de photos » et exprime des regrets si certaines personnes ont été heurtées.

Personnellement, s’il s’agissait de mon entreprise, j’aurais été fortement ébranlé par le tollé soulevé et son expression sur les réseaux sociaux. Il faut croire que la suffisance est plus présente chez certains que chez d’autres.


Dans le cours de mathématiques

Inutile, le couvre-feu au Québec ? Pas si on en croit les résultats de deux études menées d’une part par des chercheurs de l’Université de Toronto et la Direction de la santé publique de l’Ontario, et d’autre part par le Canadian Medical Association Journal. Ainsi, des données fournies par les compagnies de téléphonie mobile stipulent que le couvre-feu québécois aurait eu pour effet de réduire de plus de 30% les déplacements en soirée. Selon une des études, une hausse de 10% des déplacements serait associée à une hausse de 25% des infections hebdomadaires.

Les chercheurs avancent donc que c’est l’instauration du couvre-feu, lors de la deuxième vague de la COVID-19, qui aurait permis au Québec d’afficher de meilleurs résultats que les autres provinces canadiennes.

Lire un reportage publié dans Le Devoir.


Dans le cours de musique

Lancé il y a trois ans, l’album M. Chandler est issu de la rencontre de plusieurs artistes québécois, dont Ian Kelly et Rick Haworth. Sa musique propose un son indie rock, teinté de puissantes notes de blues. En #musiquebleue, voici la pièce Vieillir à mort.

M. Chandler – Vieillir à mort – M. Chandler – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Ceux qui me connaissent le savent, je suis un inconditionnel de Yannick Nézet-Séguin. Aujourd’hui âgé de 46 ans, il n’en comptait que 25 lorsqu’il est devenu directeur de l’Orchestre Métropolitain de Montréal. Il a également été appelé à diriger, comme chef invité ou comme chef principal, de nombreux autres orchestres symphoniques à travers le monde, dont le prestigieux Metropolitan Opera de New York.

Samedi dernier, Yannick Nézet-Séguin annonçait sur sa page Facebook l’accomplissement d’un autre rêve, celui d’effectuer ses débuts comme pianiste solo. Et c’est la prestigieuse étiquette Deutsche Grammophon qui publiera les enregistrements. Il s’agit d’un privilège tant pour l’un que pour l’autre.

L’album s’intitule Introspection : Solo Piano Sessions et compte 21 pièces, notamment de Brahms, Debussy, Rachmaninoff, Schubert, Bach, Shostakovich et Haydn. La variété des styles est au rendez-vous. Pour le moment, il est possible de télécharger l’Opus 16 numéro 3 en si mineur de Rachmaninoff sur les principales plateformes. Les 20 autres oeuvres seront disponibles pour le téléchargement dès le 4 juin.


Billet du 8 janvier 2021 : Un départ sur les chapeaux de roues

L’année 2021 n’est vieille que d’une semaine que, déjà, elle nous étourdit. À la blague, Simon-Olivier Fecteau écrivait sur Twitter, mercredi, qu’après six jours en 2021, il disposait de suffisamment de matériel pour écrire le prochain Bye bye. À elle seule, cette journée de mercredi a marqué l’actualité pour longtemps. Le couvre-feu imposé par le gouvernement du Québec et l’invasion du Capitole à Washington ont monopolisé presque l’intégralité des bulletins de nouvelles et des fils d’information. Ceci est sans compter l’appel téléphonique particulier du président américain au secrétaire d’État de la Géorgie.

Que retiendrons-nous de tout cela l’an prochain, à pareille date ?


Dans le cours d’univers social

Pour la première fois de son histoire, le Québec se voit imposer un couvre-feu. Ainsi, dès demain, et au moins jusqu’au 9 février, toute personne trouvée hors de chez elle entre 20:00 et 5:00 le lendemain devra se justifier et risquera une amende variant entre 1 000 $ et 6 000 $ en cas de justification insuffisante. Si cette mesure soulève des interrogations chez plusieurs, j’admets n’être aucunement étonné. Selon un sondage Léger, près d’un Canadien sur deux (48%) a rendu visite à des membres de sa famille vivant dans une autre bulle, durant le dernier temps des Fêtes.

L’étude ne mentionne pas les chiffres pour le Québec uniquement, mais on peut supposer, à la lumière des statistiques canadiennes, que les règles y ont également été transgressées au-delà du raisonnable. À partir de là, il devenait plus facile de les faire appliquer avec une mesure comme un couvre-feu qu’en demandant aux forces de l’ordre de frapper aux portes pour trouver les rassemblements illégaux. Ainsi, une personne devra se justifier non pas si elle se trouve ailleurs, mais dès qu’elle n’est pas chez elle, même sur la voie publique. Et les dernières statistiques québécoises montrent que si les aînés sont encore les plus durement touchés par le virus, celui-ci atteint les plus jeunes dans une beaucoup plus grande proportion qu’il ne le faisait lors de la première vague.

Ces plus jeunes sont possiblement plus enclins à se trouver à l’extérieur en soirée et ainsi hausser les risques de propagation.

Maintenant, il s’agit là d’une interprétation de ma part. Comme l’a mentionné le Docteur Arruda, aucune donnée scientifique ne vient pour le moment confirmer l’efficacité d’un couvre-feu. Je suis toutefois porté à faire confiance aux gens qui ont avancé cette solution. En autant qu’ils sachent reculer advenant l’absence de résultats tangibles.


Dans le cours d’univers social, deuxième période

L’autre nouvelle me laisse sans mots. Presque tout a été dit sur l’insurrection de mercredi, à Washington.

Où se situent les États-Unis dans la liste des plus grandes puissances économiques, militaires et nucléaires au monde ? En tête ou tout près. Cette grande puissance a maintenant acquis le statut de risée mondiale. Après avoir incité ses ouailles à commettre ce saccage et cet affront à la démocratie, par pur narcissisme, Donald Trump a maintenant officiellement du sang sur les mains. Au moment où j’écris ces lignes, cinq personnes ont trouvé la mort dans ce soulèvement.

Au-delà des tractations pour le destituer et le priver de ses derniers jours de mandat présidentiel, une question se pose : qu’allons-nous retenir de ces événements ? Le despotisme du 45e président ou la date du 6 janvier 2021 ? Le fait de tout lier à l’individu fermera le chapitre dès qu’il aura quitté ses fonctions. Par contre, si ses disciples poursuivent la « mission », le 6 janvier 2021 risque de passer à l’histoire comme d’autres dates célèbres qui ont secoué le monde.

Sur la photo de gauche, des manifestants pro-Trump qui ont facilement pu pénétrer dans l’enceinte du Capitole, mercredi. Sur la photo de droite, l’escalier à l’extérieur de ce même Capitole, en juin dernier, lors de la manifestation Black Lives Matter. Le traitement est nettement différent, selon les groupes impliqués, la garde nationale ayant été appelée d’avance en juin et beaucoup trop tard cette semaine.


Et je cite :

« C’est lui qui a causé la double défaite républicaine en Georgie, mais il se fout de la Georgie, il se fout du pays, il s’occupe de Donald J. Trump. »

Michael Ian Krauss, professeur de droit à l’Université George Mason, à propos de Donald Trump, le 6 janvier 2021

Dans le cours de français

Je l’ai mentionné plusieurs fois et je le répète, la plupart des fautes d’orthographe ou de grammaire que je dénonce et que je corrige dans les pages de mon blogue sont dues à un laxisme dans la révision de la publication. Quand il s’agit d’un grand média, c’est d’autant plus déplorable. Vendredi dernier, j’ai lu cet article sur lapresse.ca. Le dernier paragraphe en contient une belle, qui n’est toujours pas corrigée, une semaine plus tard.

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire «…les tribunaux ont systématiquement rejeté les recours…», et non «…les tribunaux ont systématiquement rejetés les recours…». Le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir s’accorde avec le complément direct seulement si celui-ci est placé avant le verbe. Dans ce cas-ci, le complément direct (les recours du président) est placé après le verbe. Le participe passé rejeté demeure donc invariable.

En voulez-vous une autre ? Celle-ci vient du compte Twitter du sondeur Jean-Marc Léger.

#LeProfCorrige, encore

Ici, les verbes infecter et tuer n’ont aucune raison d’être conjugués au pluriel. Ils s’accordent avec pandémie, qui est au singulier. On aurait donc dû lire « Pendant que la pandémie infecte plus de 200 000 personnes par jour et en tue 3 000, …», sans les virgules dans les nombres. Les virgules dans les nombres entiers, c’est la façon anglaise de les écrire.


Dans le cours de musique

Un peu de musique baroque pour commencer l’année ? Le trio montréalais Les Barocudas a lancé en octobre l’album La Peste, regroupant neuf extraits d’oeuvres de compositeurs moins connus que les Bach, Vivaldi ou Albinoni. L’album est disponible sur toutes les plateformes, ainsi que chez les disquaires, mais on peut l’écouter en entier sur la chaîne YouTube de la violoniste du groupe.

Avec Marie Nadeau-Tremblay au violon, Nathan Mondry au clavecin et Ryan Gallagher à la viole de gambe, voici en #musiquebleue Sonatae unarum fidium seu (Excerpts) : No. 3, du compositeur autrichien Johann Heinrich Schmelzer.


La bonne nouvelle de cette semaine

On reste dans la musique classique. La nouvelle est tombée hier, Rafael Payare, 40 ans, succédera à Kent Nagano à titre de directeur musical de l’Orchestre symphonique de Montréal. Depuis l’annonce du départ du maestro Nagano, je souhaitais l’arrivée d’un successeur qui poursuivrait son travail de démocratisation de l’OSM. Son style un peu excentrique n’est pas sans rappeler celui de Yannick Nézet-Séguin à ses débuts avec l’Orchestre métropolitain.

Rafael Payare a déjà dirigé l’OSM à quelques reprises, à titre de chef invité. Il le fera une fois de plus dimanche après-midi, lors d’un concert gratuit sur Facebook Live, alors qu’il dirigera la 1re Symphonie de Brahms.