Billet du 16 janvier 2026 : Un virage plus inclusif au secondaire

En éducation, il y a des nouvelles qui ne font pas seulement bouger des cases administratives. Elles déplacent une idée. Dans les Basses-Laurentides, un centre de services scolaire que je connais bien s’apprête à retirer les résultats scolaires des critères d’admission aux projets pédagogiques particuliers au secondaire. L’objectif est clair : élargir l’accès et s’attaquer, concrètement, à cette impression d’école à plusieurs vitesses.

Ce que j’aime de ce virage, c’est sa logique profondément humaine. On ne parle pas d’un laissez-passer général. Il y aura encore des exigences liées au projet choisi, comme une audition en musique ou une épreuve physique en sport. Mais on enlève l’idée que seuls les bulletins forts donnent droit à un contexte motivant. On cesse de traiter la motivation comme une récompense, et on commence à la voir comme un levier.

Parce que pour plusieurs élèves qui éprouvent des difficultés académiques, un projet particulier peut devenir un point d’ancrage, une raison de venir à l’école, un sentiment d’appartenance, un quotidien qui a du sens. Et c’est ici qu’il faut distinguer réussite académique et réussite scolaire. La première concerne les notes et les performances mesurées. La seconde touche l’engagement, la persévérance, le rapport à l’école, la capacité de se projeter. Cette mesure ne promet pas de faire grimper magiquement toutes les moyennes. Elle favorise quelque chose d’essentiel : une réussite scolaire plus solide, parce que plus signifiante.

Et à celles et ceux qui craignent un nivellement par le bas, je réponds que la différenciation pédagogique ne sert pas seulement à soutenir les élèves en difficulté. Elle sert aussi à enrichir, à approfondir, à pousser plus loin les élèves forts académiquement. On peut donc ouvrir des portes sans fermer celles qui existent déjà. L’école publique est déjà riche et attirante. Avec cette mesure, elle devient surtout plus inclusive, plus cohérente avec l’idée que les projets motivants devraient être une possibilité réelle pour un plus grand nombre d’élèves.


Dans mes écouteurs

Il y a des albums qu’on attend comme on attend un changement d’air, et Alouette! de Les Louanges a déjà ce parfum-là. On devine un disque plus ancré, plus « ici », où l’élan rythmique demeure le moteur, mais où les guitares et le joual semblent vouloir reprendre leurs droits. Comme si Vincent Roberge se rapprochait du sol pour mieux capter ce qui vibre dans le quotidien.

La sortie est annoncée en avril, et si je ne garde qu’une pièce en tête, c’est Je confirme ma présence. C’est une entrée en matière qui sonne comme une phrase qu’on se répète avant d’entrer dans la pièce, avant de prendre la parole, avant de cesser de s’excuser d’exister. Ces jours-ci, les tensions géopolitiques s’invitent partout, dans les nouvelles, dans les conversations et dans la fatigue collective, et cette idée de confirmer sa présence résonne autrement. Comme un refus de se dissoudre, de devenir simple témoin passif, d’accepter le bruit comme seule réalité. Si Alouette! est vraiment ce retour vers quelque chose de plus direct et assumé, alors cette chanson n’est pas un simple extrait, c’est une intention, une manière de dire que le disque ne fera pas que flotter, il va se tenir debout.

Les Louanges – Je confirme ma présence – Alouette ! – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Copernicus l’a dit : 2025 grimpe au 3e rang des années les plus chaudes jamais enregistrées. C’est le genre de phrase qui pèse lourd. Et pourtant, au milieu des reculs et des catastrophes, il y a eu, l’an dernier, des gestes qui ressemblent à des promesses tenues. Au Brésil, la déforestation en Amazonie a reculé, signe rare d’un frein réel sur une machine qui semblait incontrôlable. Sur le plan du droit, la Cour internationale de justice a rappelé que les États ont une obligation de déployer les moyens nécessaires pour limiter les dommages sur la planète, une phrase qui, pour une fois, donne du poids au verbe devoir. Et au Canada, des nations autochtones prennent les rênes de nouveaux refuges marins, parce que protéger un territoire, ce n’est pas seulement le mettre sous cloche, c’est en prendre soin, au quotidien, avec compétence et continuité.

Le plus beau, c’est que ces bonnes nouvelles ne restent pas toutes à l’échelle des sommets et des tribunaux. Elles touchent aussi nos habitudes, nos rues, nos regards. Montréal, Québec et Vancouver figurent au palmarès des meilleurs réseaux cyclables, preuve qu’une ville peut devenir plus respirable à coups d’aménagements concrets, répétés, assumés. La tortue verte, elle, n’est plus classée « en danger » et a vu ses populations augmenter après des décennies de protection et de suivi, comme quoi la patience peut sauver du vivant. Et pendant que la Norvège frôle un basculement historique avec des voitures électriques occupant l’écrasante majorité du marché, les îles Marshall annoncent une aire marine protégée immense, pensée pour l’avenir et la biodiversité. Bref, la planète n’a pas eu une année facile, mais elle a quand même reçu, ici et là, des preuves qu’on peut encore choisir de la ménager.

Source : Boisclair, V. (2025, 26 décembre). Du positif en environnement? Voici 10 bonnes nouvelles de 2025. Radio-Canada. https://ici.radio-canada.ca/info/long-format/2213081/environnement-bonnes-nouvelles-fin-annee-2025-positif-climat


Billet du 3 janvier 2025 : Journal de vacances des Fêtes (2e de 2)

Alors que nous entamons cette nouvelle année, le monde semble encore danser sur une mélodie bien contrastée. Les nouvelles des dernières heures nous rappellent que la vie est parfois une partition complexe, marquée par des notes de tristesse et de gravité. Ici, une catastrophe naturelle qui bouleverse des vies ; là, des défis humains qui mettent à l’épreuve notre capacité à persévérer et à s’unir. Mais à travers ces épreuves, brillent toujours des éclats d’humanité : un élan de solidarité inattendu, un geste d’amour anonyme, ou une victoire collective qui ranime l’espoir. Oui, 2025 démarre comme une grande symphonie : troublante, mais quand même remplie de promesses.

Et si, cette année, nous apprenions à mieux accorder nos instruments personnels pour jouer ensemble une mélodie plus douce ? Trouvons dans chaque moment de joie — aussi petit soit-il — un point d’ancrage pour éclairer nos jours nuageux. Cultivons la bienveillance, l’audace et cette petite étincelle d’optimisme qui nous pousse à croire que, malgré tout, demain peut être meilleur. Avec ce premier billet de l’année, je vous invite à aborder 2025 avec courage et enthousiasme. Que cette année soit pour vous et vos proches une source inépuisable de découvertes, de rires et de moments précieux. Bonne et heureuse année ! 🥳 🎉


Déformation professionnelle

Durant les vacances, j’ai bien sûr regardé la télé plus que je ne le fais habituellement. En plus d’apprécier Ciné-cadeau et les émissions de fin d’année, j’ai l’habitude de suivre régulièrement les émissions d’information. Dans ce dernier cas, j’ai plusieurs fois noté, surtout à l’oral, mais également à l’écrit, des fautes d’accord du participe passé.

Ah, l’accord du participe passé, ce casse-tête grammatical qui fait trembler plus d’un francophone ! Commençons par le plus redouté : l’accord du participe passé avec l’auxiliaire « avoir ». En règle générale, le participe passé ne s’accorde pas avec le sujet, mais avec le complément direct (CD) si celui-ci est placé avant le verbe. Par exemple, dans la phrase « Les pommes que j’ai mangées étaient délicieuses », « mangées » s’accorde avec « les pommes », car le CD est placé avant le verbe. En revanche, dans « J’ai mangé des pommes », pas besoin d’accord, car le CD est après le verbe. Facile, n’est-ce pas ? Enfin, presque…

Passons maintenant aux cas particuliers, où les choses se corsent un peu. Prenons les verbes pronominaux, par exemple. Avec eux, l’accord du participe passé dépend de la fonction du pronom réfléchi. Si le pronom est CD, on accorde, sinon, on n’accorde pas. Par exemple, « Elle s’est lavée » (elle a lavé elle-même, donc accordé), mais « Elle s’est lavé les mains » (elle a lavé quoi ? Les mains, donc pas d’accord). Et pour ajouter une touche d’humour, souvenez-vous : si vous hésitez, dites-vous que même les grammairiens chevronnés, comme les présentateurs de nouvelles, ont parfois besoin d’un bon café pour démêler tout ça !


Dans mes écouteurs

André Coutu est un guitariste québécois originaire du Saguenay. Au fil des années, il a entre autres travaillé avec Céline Dion, mais également pour les principaux réseaux de la télévision d’ici. Cascade, sorti tout juste avant Noël, constitue son troisième album. Phénomène particulier, ses deux précédents albums, Source et Destination, ont respectivement paru en juin et en septembre 2024.

Sa musique instrumentale donne surtout dans le nouvel âge, mais on peut aussi y entendre un rythme jazz sur plusieurs pièces. En #musiquebleue, cette semaine, voici À cheval sur la vague.

André Coutu – À cheval sur la vague – Cascade – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Un article de Radio-Canada met en lumière dix bonnes nouvelles environnementales de 2024, offrant un contraste positif face aux nombreuses crises climatiques.1 Parmi ces nouvelles, la découverte du plus grand corail du monde par l’équipe Pristine Seas de National Geographic et la condamnation historique de la Suisse par la Cour européenne des droits de l’homme pour inaction climatique sont particulièrement marquantes. Cette dernière décision, menée par les KlimaSeniorinnen, un groupe de 2500 Suissesses âgées de 64 ans et plus, souligne l’importance de la responsabilité des États dans la lutte contre les changements climatiques.

En outre, l’article mentionne des avancées significatives dans les énergies renouvelables, notamment l’essor de l’énergie solaire, et des victoires judiciaires pour les jeunes militants climatiques au Canada. Par exemple, la Cour d’appel de l’Ontario a annulé un jugement précédent, permettant à sept jeunes de poursuivre leur combat contre les politiques environnementales de la province. De plus, les dates du premier procès constitutionnel sur le climat au Canada ont été fixées pour octobre 2026 à Vancouver. Ces histoires inspirantes montrent que des progrès sont réalisés malgré les défis environnementaux actuels.

1 Boisclair, Valérie. La crise climatique vous déprime? Voici 10 bonnes nouvelles de 2024. Radio-Canada. Le 29 décembre 2024.