Billet du 6 octobre 2023 : Lettre à Pierre Karl Péladeau

Monsieur Péladeau,

Je vous écris aujourd’hui pour vous informer des raisons pour lesquelles j’ai résilié, après quelques heures seulement, mon abonnement à la plateforme TVA Sports pour me tourner vers celle de Sportsnet.

Je dois d’abord vous faire savoir que j’ai abandonné les services de télévision, qu’on appelait autrefois « le câble », il y a un peu plus d’un an. Un téléviseur intelligent et quelques applications gratuites nous permettent d’obtenir à peu près tout ce qu’on recherche. Avec les économies substantielles ainsi réalisées, j’ai pu m’offrir un abonnement à une chaîne sportive pour 20 $ par mois. Le choix reste très vaste, mais comme j’aime plusieurs sports et que le français demeurera toujours important pour moi, j’ai opté l’an dernier pour votre rivale, RDS, qui offre un contenu répondant mieux à mes intérêts.

Cependant, comme c’est votre chaîne qui a obtenu les droits de diffusion en français de la Série mondiale de baseball lors des années impaires, comme en 2023, je m’y suis également abonné dimanche dernier, me disant que j’aurais l’occasion d’y regarder le dernier match de la saison régulière des Blue Jays, les séries de divisions et de championnat de la Ligue américaine et la Série mondiale. En prime, avec cet abonnement d’un mois, j’aurais droit à trois matchs supplémentaires en français du Canadien de Montréal.

La déception est survenue lorsque je me suis installé pour regarder le dernier match en saison des Blue Jays. Sur un écran noir, on m’indiquait que cet événement n’était pas disponible sur la plateforme web. Je vous rappelle ici que chez votre compétiteur direct, RDS, l’application en offre au contraire souvent plus que sa diffusion télévisuelle. Pour le même prix, mais malheureusement sans le français, Sportsnet me proposait tout ce que j’énumérais plus haut, incluant la possibilité de voir les Blue Jays, dimanche après-midi.

Je veux tout de même souligner que j’ai été heureux d’obtenir une résiliation immédiate, doublée d’un remboursement presque complet, de la part de votre entreprise. J’aurais cependant préféré recevoir un service qui m’aurait permis, dans les mêmes conditions, de maintenir mon investissement dans une compagnie québécoise qui, en plus, offre ses services en français.

Je sais, monsieur Péladeau, que vous tenez au moins autant que moi à encourager le Québec et à promouvoir notre langue. Je souhaite maintenant qu’à titre de principal dirigeant de Québecor et de ses filiales, vous preniez les décisions conséquentes.

Je vous prie de recevoir mes plus cordiales salutations.


Dans le cours de français

Voici ce que j’écrivais il y a près d’un an, dans mon billet du 21 octobre 2022.1

Régulièrement, j’entends des gens lier par un z le nombre cent à un nom commençant par une voyelle ou un h muet. Par exemple : « Il y avait cent z’élèves présents à cette sortie », « On a installé cent z’antennes sur cette tour » ou « L’horloger a remonté les cent z’horloges de la ville ».

La liaison doit toujours s’opérer avec le t de cent.

Mais le fait d’insérer un z inopportun dans la liaison porte un nom. Ça s’appelle un velours. Ça vous en fait un de l’apprendre ? C’est plus doux pour certaines oreilles, mais ça peut en écorcher d’autres.

***

C’est la même chose avec le t de vingt. Et avec n’importe quel déterminant se terminant par une autre lettre que s ou z.

Cette semaine, dans l’émission matinale de la radio de Radio-Canada, j’ai entendu deux membres de l’équipe prononcer respectivement « vingt z’autobus » et « quatre z’athlètes ». C’est à cette même chaîne que sévit quotidiennement Guy Bertrand, qu’on surnomme « l’ayatollah de la langue ». J’imagine ses grincements de dents lorsqu’il entend de si mauvais accords se produire presque à répétition.

Comme quoi à la société d’État, le gant de velours ne couvre pas toujours une main de fer.

1 Billet du 21 octobre 2022 : Z comme velours


Dans le cours d’éducation physique

Je reviens sur les séries de championnat du baseball majeur. La même émission matinale à ICI Première mentionnait qu’Édouard Julien, joueur de deuxième but des Twins du Minnesota, était le seul Québécois à participer à la grand-messe d’après-saison. C’est faux.

Les Blue Jays de Toronto, qui ont été éliminés par ces mêmes Twins, comptent Vladimir Guerrero Jr dans leurs rangs. Guerrero Jr est né à Montréal et est identifié comme joueur canadien par le prestigieux site Baseball-Reference.2

Et puis chez les Braves d’Atlanta, le directeur général et président des opérations baseball se nomme Alex Anthopoulos. Il est également né à Montréal et parle couramment le français. Ses Braves sont de sérieux prétendants aux grands honneurs, cette année.

2 Baseball-Reference.com/Vladimir Guerrero Jr


Dans le cours de musique

Née d’une mère francophone et d’un père abénakis, Mimi O’Bonsawin est fière de ses racines. La semaine dernière, elle a lancé son sixième album, Boréale, qui propose des rythmes folk, rock et autochtones. En voici un extrait, Dis-moi ce que tu vois.

Mimi O’Bonsawin – Dis-moi ce que tu vois – Boréale – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Si l’auteur québécois Kevin Lambert a vu son nom être rayé de la liste des aspirants au Prix Goncourt, après avoir été retenu dans la première sélection, un autre romancier d’ici, Éric Chacour, demeure bien en selle à la fois pour le Renaudot et le Femina, tout aussi prestigieux.

C’est avec son premier roman, Ce que je sais de toi, paru en août dernier, que Chacour est en lice. Les lauréats pour le Prix Femina et pour le Prix Renaudot seront respectivement annoncés les 6 et 7 novembre prochain.


Billet du 29 septembre 2023 : «Arrête ton charre», me direz-vous peut-être !

J’ai toujours prétendu que les cohortes d’élèves pouvaient se comparer à un vin. D’une année à l’autre, un même cépage peut produire une piquette ou un grand cru, avec tout l’éventail se trouvant entre ces deux extrêmes. Parfois, il faut le consommer tout de suite, sa jeunesse lui conférant un goût dont le potentiel se manifeste rapidement. À d’autres moments, il faut au contraire le laisser mûrir pour en soutirer un maximum de satisfaction.

Il y a maintenant un mois que j’ai entrepris ma 28e année d’enseignement. Il m’en restera encore quelques autres, mais la retraite frappera bientôt à ma porte. Si l’énergie a diminué, la passion pour ce que je fais demeure bien allumée. Ma cohorte de cette année est fort différente de la précédente. Je carbure aux défis et elle m’en offre son lot. Rien n’est plus gratifiant que de les aborder avec enthousiasme et de réussir à les relever.

Les temps sont durs pour la profession que j’exerce, mais elle demeure la plus belle et la plus exaltante. Je l’aime et elle me le rend bien.

Et ce n’est pas du charre !


Dans le cours de français

Un char est une voiture tirée par des chevaux, ou un véhicule de guerre. Au Québec, dans un langage familier, un char est une automobile.

Le mot charre, de son côté, est un nom possédant les mêmes racines que le verbe charrier, qui signifie exagérer, bluffer ou raconter des histoires.

En résumé, arrêter son char c’est éteindre son véhicule, alors qu’arrêter son charre c’est arrêter de charrier ou de dire n’importe quoi. L’orthographe fait toute la différence.


Dans le cours d’univers social
Volets histoire et éducation à la citoyenneté

Comme plusieurs, j’écoutais les nouvelles, vendredi soir dernier, quand j’ai appris qu’un vétéran de la Seconde Guerre mondiale, aujourd’hui âgé de 98 ans, avait été ovationné à la Chambre des communes, en présence du président ukrainien Volodymyr Zelensky, pour avoir combattu les Russes aux côtés de l’Ukraine. Je ne suis pas un historien. Je suis un enseignant généraliste qui, entre autres choses, enseigne les bases de l’histoire à des élèves de 6e année. Ma réaction à cette nouvelle a été instantanée.

Si ce type a combattu les Russes durant la Seconde Guerre mondiale, c’est qu’il était dans l’autre camp. Lors des deux guerres mondiales, le Canada et la Russie, ou l’URSS, faisaient partie de la même alliance. Des élèves de 11 ans l’apprennent chaque année, ceci étant au programme de leurs cours d’univers social. Dommage qu’autant d’adultes, pour la plupart instruits, aient à ce point failli à leur devoir de mémoire. Le Canada se serait évité un embarras international.


Dans le cours de musique

C’est une poésie mélodieuse que je propose en #musiquebleue, cette semaine. Celle qui l’interprète l’a également composée et écrite, en collaboration avec Stéphanie, une des deux sœurs Boulay. Tirée de l’album Les loups dorment tranquille, la pièce s’intitule Comment on continue.

Quant à l’artiste, c’est sous le pseudonyme de Belle Grande Fille qu’elle se lance dans l’aventure musicale.

Belle Grande Fille – Comment on continue – Les loups dorment tranquille – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

En mai dernier, une nouvelle technologie combinant deux implants, un relié au cerveau et l’autre à la moelle épinière, avait permis à un patient paraplégique de marcher de nouveau, activant ses jambes avec sa seule pensée. La même technologie permettra maintenant peut-être à un homme tétraplégique de recouvrer l’usage de ses doigts, de ses mains et de ses bras.

Le système est actuellement à l’essai et les premiers résultats s’avèrent concluants. Selon les scientifiques impliqués dans le projet, la mobilité d’un bras se veut plus complexe que celle d’une jambe, bien que pour cette dernière un travail de réapprentissage de l’équilibre soit nécessaire pour reprendre la marche.

La technologie employée dans ces deux cas pourrait être commercialisée au cours des prochaines années.

Agence France-Presse. Après les jambes, des implants testés pour retrouver le contrôle des bras paralysés. radio-canada.ca. Le 28 septembre 2023.


Billet du 22 septembre 2023 : Portes closes, 2e partie

Je me suis délecté avec la chronique d’Isabelle Hachey, dimanche1. C’est le genre de texte que j’aurais aimé lire avant de publier mon billet de vendredi dernier2. Relatant un cas d’intimidation vécu dans les toilettes de son école secondaire quand elle-même était élève, madame Hachey écorche la désormais célèbre « expertise intimité » du ministre Drainville, démontrant que l’événement malencontreux la concernant ne se serait probablement jamais produit dans des toilettes mixtes semblables à celles qu’était en train d’installer l’école d’Iberville, en Abitibi. Rappelons que le ministre de l’Éducation a exigé de l’institution qu’elle abandonne son projet.

Pourtant, le plan impliquait des cabinets fermés du plancher au plafond. Aucune possibilité pour un élève mal intentionné de grimper pour regarder par-dessus une cloison ou de se pencher pour voir sous la porte. Seuls les lavabos étaient installés dans une aire commune, visible du corridor grâce à des murs vitrés. Exactement ce qu’on retrouve au Petit théâtre du Nord, tel que je le mentionnais dans mon plus récent billet.

La chronique d’Isabelle Hachey cite une experte française qui avance que les toilettes d’une institution scolaire devraient être séparées en fonction de l’âge des utilisateurs, plutôt qu’en fonction de leur sexe. Dans la réalité actuelle, et qui a cours depuis des générations, l’intimidation des grands sur les petits — comme des grandes sur les petites — se déroule régulièrement dans les toilettes, ces endroits n’étant pas surveillés par des adultes pour des raisons évidentes.

En l’observant sous cet angle, on ne peut que réaliser que l’idée d’instaurer des toilettes mixtes permet d’évoquer des raisons se situant bien au-delà de l’accommodement de quelques personnes trans. N’en déplaise au ministre, chacune et chacun y trouverait son intimité.

1 Hachey, Isabelle. Tempête dans un urinoir. La Presse, Montréal. Le 17 septembre 2023.

2 Billet du 15 septembre 2023 : Portes closes.


Dans le cours de français

Ils sont loin, la craie, le tableau noir et les nombreux manuels, accompagnés de cahiers quadrillés ou lignés, que nous utilisions encore en classe lors des dix ou douze premières années de ma carrière. À peu près tous ces éléments ont maintenant fait place à l’informatique et au numérique. Lorsqu’il est question d’informatique, il faut également parler de mises à jour ou de mises à niveau des logiciels et des applications.

Justement, doit-on dire mise à jour ou mise à niveau ? La réponse des simple, les deux, selon la situation. Ces expressions désignent des réalités différentes, quoique similaires.

Une mise à jour apportera des améliorations ou des corrections au programme. Quant à la mise à niveau, elle remplacera la version précédente par une édition nouvellement lancée sur le marché.


Dans le cours de musique

Début septembre, je me trouvais à Mont-Tremblant pour savourer les notes de la Fête de la Musique qui s’y déroulait. Comme c’est souvent le cas dans ce genre d’événement, j’y ai fait une belle découverte. Ayrad est un groupe montréalais qui donne dans les rythmes maghrébins. Une fois arrêtés devant la scène extérieure où il se produisait, ma conjointe et moi y sommes demeurés jusqu’à la fin de sa prestation. Un pur bonheur !

Extraite du dernier album du sextuor, voici la pièce Semhouli.

Ayrad – Semhouli – III – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Le Québec réussit une fois de plus à se démarquer sur la scène internationale. Cette fois, c’est même dans un domaine où on n’attendait pas son expertise. Kollide, une association de trois entreprises d’ici, a créé un modèle de casque plus confortable et plus léger pour des joueurs de football américain. Après avoir établi des partenariats avec des équipes québécoises pour l’essai de son prototype, le consortium s’est associé à une compagnie américaine pour la commercialisation du produit chez nos voisins du Sud. C’est ainsi que le casque de Kollide s’est retrouvé dans les vestiaires de près de la moitié des équipes de la NFL, où il est testé par des joueurs de la plus grande ligue professionnelle de football.

C’est à suivre !


Billet du 15 septembre 2023 : Portes closes

Il y a quelques semaines, la direction d’une école secondaire a écrit aux parents des élèves qu’elle accueille pour leur signifier que des travaux seraient effectués dans l’établissement. Dans le cadre de ces rénovations, on projette de transformer les toilettes genrées en toilettes mixtes. La lettre a fait le tour des réseaux sociaux et des médias québécois. Elle a suscité plusieurs réactions. Il y avait les contres et il y avait les autres. Les premiers s’opposaient, décriaient, se moquaient. Les seconds s’interrogeaient sur le bien-fondé de la décision.

La réponse est pourtant claire : même chez les plus jeunes, l’identification à un genre ne correspond pas toujours à son sexe, alors que c’est ce dernier qui détermine les salles de bain qu’on doit utiliser lorsqu’elles ne sont pas mixtes. Et ceci soulève un autre débat : à quel âge peut-on choisir légalement le genre auquel on s’identifie ? Comme c’est souvent le cas, plusieurs s’improvisent experts en la matière et prennent position sans connaître tous les tenants et aboutissants.

Le ministre de l’Éducation annonce tout d’un coup qu’il n’acceptera jamais des toilettes mixtes dans une école. Problème, non seulement l’école dont il est question plus haut a démarré ses travaux, mais durant la polémique, d’autres écoles sont sorties de l’ombre et ont indiqué qu’elles possédaient déjà des toilettes non genrées. Que fait-on, maintenant ?

Des toilettes mixtes, pourtant, il s’en trouve à une multitude d’endroits. À l’école où j’enseigne, celles du personnel le sont. Il y a celles des avions, celles de plusieurs restaurants, de cliniques et autres endroits publics. À la fin du mois d’août, j’ai vu la pièce Grandeur minimale requise, au Petit théâtre du Nord. Les salles de bain de l’endroit ne disposent que d’une seule entrée, pour tout le monde. Ceci correspond à une réalité contemporaine.

En éducation, autant on peut laisser traîner des situations intenables, autant on peut en balayer d’autres du revers de la main sans en avoir convenablement étudié ses impacts. Opinion publique, quand tu nous tiens.


Et je cite :

« Ça fait des années que nos ministres de l’Éducation regardent nos écoles tomber en ruine, et des milliers d’élèves arriver à l’école le ventre vide, sans rien faire. Mais quand il est question de toilettes ou de prières, c’est réglé en dix minutes… »

Patrick Déry, chroniqueur et analyste, le 13 septembre 2023.

Je ne saurais mieux dire.


Dans le cours de français

Je suis un enseignant. Je transmets des connaissances à mes élèves. En ce sens, je leur apprends des choses.

Mes élèves reçoivent ce que je leur transmets. Ils apprennent de mon enseignement.

Le verbe apprendre peut être utilisé dans les deux sens. C’est la même chose pour le verbe louer. Tant le locateur que le locataire peuvent prétendre louer un appartement ou un véhicule.

Cette semaine, j’ai découvert qu’on appelle énantiosème un mot qui exprime à la fois une chose et son contraire. Outre apprendre et louer, on trouve dans cette catégorie des mots comme amateur (connaisseur et débutant), hôte (qui invite ou qui est invité), quelqu’un (personne quelconque ou personne extraordinaire) et unisexe (genres séparés ou genres réunis).

L’extension ne va cependant pas jusqu’à suggérer la tendance énantiosémique d’une personnalité politique. Et pourtant !


Dans le cours de musique

Entre 2005 et 2012, le groupe Karkwa a lancé cinq albums, dont un hors-série et un en public. Il aura fallu attendre onze ans pour les voir récidiver, mais treize pour goûter de nouveau à du matériel original. Avec la parution de Dans la seconde, c’est un retour agréable pour la formation musicale. L’extrait que je vous propose a pour titre Parfaite à l’écran.

Karkwa – Parfaite à l’écran – Dans la seconde – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Le roman Que notre joie demeure, de l’auteur québécois Kevin Lambert, se retrouve en lice pour le prestigieux Prix Goncourt, édition 2023. La première sélection comprend seize titres. Le mois prochain, on la réduira à huit, puis à quatre, avant d’annoncer le gagnant en novembre.


Billet du 8 septembre 2023 : Chaleur inhumaine

Au début de chaque semaine, la plupart du temps, j’ai déjà une bonne idée de ce que contiendra mon billet du vendredi à venir. Cette semaine, l’inspiration se montrait plus difficile. Avec cette chaleur insoutenable en pleine rentée scolaire, le sujet s’est finalement imposé de lui-même.

La vague de chaleur n’était qu’annoncée que, déjà, le Centre de services scolaire au Cœur-des-Vallées notifiait qu’il fermait ses établissements primaires et secondaires, sur la base d’un facteur humidex qui allait porter la température extérieure à plus de 40 degrés Celsius. En 28 ans de carrière, j’ai vu des écoles fermer pour des tempêtes de neige, des chutes de verglas, des pannes de courant, des bris dans le bâtiment et une épidémie de coronavirus. Pour des températures trop élevées, au Québec, c’était la première fois.

Personnellement, au départ, je souhaitais que l’école où j’enseigne demeure ouverte, parce que chaque fermeture en raison de la température entraîne la perte d’une journée pédagogique dont la date au calendrier a été mûrement réfléchie en fonction des besoins de formation et de planification du personnel enseignant. Après avoir vécu les trois journées de grande chaleur, je me demande maintenant si la fermeture n’aurait pas été préférable, tellement l’inconfort affectait la concentration et la réceptivité des élèves. Un des miens a même subi un malaise, possiblement un coup de chaleur. Disons que les apprentissages se sont avérés très limités, cette semaine.

Si l’empathie s’est fait grandement ressentir autour de nous, il s’est tout de même trouvé quelques personnes pour nous signifier, subtilement ou plus directement, que nous nous plaignions pour rien. À la lumière des arguments fournis par ces individus, à savoir que nous avons tous vécu de telles chaleurs dans le passé, que de nombreux autres corps de métiers sont plus à plaindre que les enseignants et que ces derniers se plaignent beaucoup plus pour eux que pour les élèves, je crois que quelques précisions s’imposent.

D’abord, oui, j’ai déjà vécu des chaleurs similaires à celles de cette semaine, mais en juillet et en août seulement, alors que nous n’avons pas à mettre les pieds dans une école. Les 32 degrés dans nos classes sont une chose, mais les 65 % d’humidité nous font ressentir 5 à 10 degrés de plus. Jamais, depuis le début de ma carrière, je n’avais eu, avant cette semaine, à enseigner dans de telles conditions.

Je sais, c’est pire pour les soudeurs, les pompiers, les cuisiniers et plusieurs autres. Si j’avais choisi un de ces métiers, je me serais attendu à travailler dans des chaleurs inconfortables. Mais j’ai choisi de devenir enseignant et les températures des trois derniers jours m’ont empêché de bien accomplir mon travail. Pas parce que j’avais trop chaud et que l’eau me coulait tout le long du corps, mais parce que la réceptivité des élèves, comme je le mentionnais plus haut, s’en trouvait considérablement diminuée. Personnellement, j’ai donné la moitié de mes cours dehors, à l’ombre, au prix de nombreuses pertes de temps principalement causées par les précieux outils de travail que j’ai dû laisser en classe, de même que par les déplacements. Quand une telle situation s’échelonne sur plusieurs jours, il faut ensuite mettre les bouchées doubles pour rattraper le temps perdu d’un programme très chargé.

Ce qui est aussi frustrant, c’est que la situation aurait pu s’avérer plus confortable dans notre cas. Mon école possède la fameuse ventilation mécanique dont parlait le ministre Drainville, mardi. Le problème, c’est qu’elle est dirigée à distance par le Centre de services et que ce dernier l’arrête entre 19 heures et 6 heures. La chaleur et l’humidité accumulées ne s’évacuent donc pas durant la nuit, quand le bâtiment est vide. Non seulement notre concierge de soir a-t-il suffoqué durant la dernière heure de son quart lors de trois soirées consécutives, mais tout le monde, élèves et personnel, entrait dans une école déjà chaude et humide le matin, avant même que les rayons solaires de la journée ne viennent en rajouter.

Avec la crise climatique en cours, cette situation risque de se reproduire. Les solutions existent, il faut seulement voir à les appliquer. Laisser fonctionner la ventilation lorsque nécessaire constituerait déjà un bon début, pas trop coûteux.


Dans le cours de musique

On l’attendait déjà depuis un bout de temps, le nouvel album d’Alaclair Ensemble est maintenant paru. Il a pour titre Lait paternel. La pièce que je propose cette semaine s’intitule Tikisson Woke.

Alaclair Ensemble – Tikisson Woke – Lait paternel – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Elle sera brève et date de quelques semaines, mais elle vaut la peine qu’on y consacre quelques lignes. À partir de cette saison, plus aucune bagarre ne sera tolérée dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). Les belligérants seront expulsés, alors que l’instigateur sera suspendu pour le match suivant.

Si seulement la LNH pouvait se doter du même règlement !


Billet du 1er septembre 2023 : Incohérence généralisée

Il a fallu réagir rapidement quand la pandémie de COVID-19 et le confinement qui l’accompagnait se sont pointés. Plusieurs paradigmes sont tombés, alors que s’est imposée une révision complète de nos modes de fonctionnement. Avec le recul, on s’est vite aperçu que certaines des nouvelles façons de faire méritaient à tout le moins qu’on réfléchisse à leur maintien. Le télétravail en constitue un bon exemple. Force a été d’admettre que dans plusieurs milieux, il a favorisé de meilleurs rendements de la part des employés.

Dans les écoles primaires et secondaires, l’allègement des examens du ministère et le passage de trois étapes à deux étapes se sont avérés bénéfiques tant pour les élèves que pour le corps enseignant. Des épreuves ministérielles plus courtes, moins nombreuses et à plus petite pondération ont tout de même permis de recueillir un échantillonnage pertinent de l’évolution des élèves, tout en réduisant leur degré d’anxiété face à ces évaluations.

Quant aux deux étapes, elles ont permis aux enseignants d’accorder plus de temps aux apprentissages des élèves, objectif premier de leur mission. En effet, un bulletin de moins à produire épargne de trois à quatre semaines d’évaluations de toutes sortes.

Cette semaine, le ministre Drainville a annoncé le retour à la situation d’avant-COVID, soit une année scolaire à trois bulletins, ainsi que de lourdes épreuves ministérielles à être réalisées quand le soleil des après-midis de juin chauffera la brique et le béton des écoles, au point d’en rendre insoutenable la chaleur des salles de classes mal ventilées. Entre maintenir des mesures gagnantes et donner l’illusion d’effacer les derniers vestiges de la pandémie dans son réseau, le ministre de l’Éducation a choisi la seconde option. En fait, le savait-il que ces mesures s’avéraient finalement gagnantes ?

Si seulement les enseignantes et les enseignants avaient été consultés.


Dans le cours d’univers social
Volet histoire et géographie

En début de semaine, la Chine s’est permis de rappeler au Canada ses obligations internationales1, suite à la hausse de l’itinérance dans la capitale canadienne, où elle possède une ambassade. Elle craint pour la sécurité de ses diplomates et demande ainsi au gouvernement canadien d’agir pour réduire l’itinérance et la toxicomanie.

Obligations internationales ?

J’aimerais que quelqu’un rappelle à la Chine qu’elle a massacré des centaines d’étudiants en 1989, qu’elle persécute et élimine ses Ouïghours et qu’elle a séquestré, torturé et condamné à mort deux Canadiens innocents durant plus de 1000 jours, avant de les relâcher. Je ne mentionne ici que trois de ses nombreux manquements aux règles édictées par l’Organisation des Nations unies (ONU), dont elle est membre.

Pour la cohérence et la crédibilité, on repassera.

1 Gerbet, Thomas. L’ambassade de Chine se plaint d’être « envahie » par des itinérants d’Ottawa. Radio-Canada.ca. Le 28 août 2023.


Dans le cours de français

Quand je suis devenu #LeProfCorrige, lors de la campagne électorale québécoise de 2018, ma classe virtuelle n’était composée que de personnalités politiques. Par extension, depuis que je rédige mes billets hebdomadaires, j’y ai ajouté celles du monde médiatique.

Aujourd’hui, je me permets une exception. Je m’en veux presque de m’en prendre à un transporteur scolaire, dont la mission est plus pratique que littéraire. Toutefois, quand on fraye dans un milieu écolier on doit, selon mon humble avis, apporter un minimum de soin à la forme de son message.

#LeProfCorrige

Voici ce qu’on aurait dû lire :

« Bonjour à tous, nous sommes en pleine (au singulier) effervescence de la rentrée, alors partagez en grand nombre car il nous manque quelques conducteurs de minibus dans Lasalle, Lachine, Verdun, Vaudreuil-Dorion, ainsi qu’une berline pour Rigaud. Aidez-nous en partageant le plus possible. Merci beaucoup. »


Dans le cours de musique

Avec la sortie de son nouvel album, 99 Nights, difficile de passer à côté de Charlotte Cardin pour la #musiquebleue de cette semaine. Voici Confetti.

Charlotte Cardin – Confetti – 99 Nights – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Après l’annonce d’un jeu télévisé voué à la promotion de la langue française (La langue dans ma poche, Télé-Québec, avec Anaïs Favron et Mike Clay à l’animation), voilà qu’un studio montréalais de création de jeux vidéos, Affordance, lancera sous peu une série d’applications lexicales visant à permettre aux joueurs d’apprendre et de perfectionner leur français tout en s’amusant sur leurs plateformes favorites.

À l’origine de cette initiative se trouve un Américain francophile, Avery Rueb, cofondateur d’Affordance. Le tout sera réalisé en collaboration avec l’Office québécois de la langue française.

Site d’Affordance

Durivage, Pierre-Marc. Avery Rueb, le Jim Corcoran du jeu vidéo. La Presse, Montréal. Le 23 mars 2021.


Billet du 25 août 2023 : Je ne suis pas qu’un simple adulte, je suis un enseignant qualifié !

Il y a beaucoup à commenter dans l’actualité touchant le monde de l’éducation, depuis les dernières semaines. Pour n’aborder que deux sujets, jetons-nous dans ceux de la pénurie de personnel dans les écoles et dans l’interdiction des téléphones cellulaires en classe.

Les données se contredisent, mais on estime qu’à dix jours de la rentrée des enseignantes et des enseignants, il en manquait près de 8 600. Ce nombre s’avère largement supérieur à celui d’il y a pareille date, l’an dernier. La raison est simple : chaque année, un plus grand nombre de titulaires quittent le milieu comparativement à celles et ceux qui l’intègrent. Cette situation était prévisible depuis un quart de siècle, et même davantage. Tout le monde pouvait en effet prédire que cette hécatombe se produirait une fois tous les baby-boomers à la retraite. Les différents gouvernements, qu’ils aient été issus du PQ, du PLQ ou de la CAQ, n’ont adopté aucune mesure proactive pour prévenir et contrer la crise que nous vivons actuellement.

Où cela nous a-t-il menés ? À un ministre de l’Éducation qui s’engage à ce qu’il y ait un « adulte » par classe lors de la rentrée des élèves. Accepterait-on de confier son intervention chirurgicale, son véhicule à réparer ou ses économies à quelqu’un qui ne possède pas les compétences nécessaires pour s’en occuper ? Poser la question, c’est y répondre. Le message qu’on envoie actuellement à la société est qu’à partir du moment où l’école assume son rôle de gardienne d’enfants, la pédagogie peut attendre. Nos élèves sont pourtant nos chirurgiens, nos garagistes et nos banquiers de demain.

Quelles sont donc les solutions ? Il faut d’abord chercher à arrêter la saignée. Rappeler les retraitées et retraités n’a pas donné les résultats escomptés, et pour cause. La profession épuise. Elle épuise parce qu’elle implique beaucoup plus que de l’enseignement. La ramener à la base constituerait déjà un excellent début.

Ensuite, je suis d’avis qu’il faudrait reconduire le baccalauréat à trois années d’études, plutôt qu’aux quatre pour lesquelles il avait été élevé, il y a une vingtaine d’années. La relève arriverait ainsi plus rapidement, et légalement formée, dans le milieu.

Finalement, afin de financer les mesures engendrées pour régler la situation, peut-être faudrait-il repenser les subventions aux écoles privées. Plus des deux tiers d’entre elles reçoivent de l’aide gouvernementale à la hauteur de 60 %. Je ne remets aucunement en cause l’existence de l’école privée, j’en suis moi-même issu. Mais quand ton propre réseau éprouve d’aussi grandes difficultés, tu te dois de rapatrier toutes tes ressources pour le renflouer.


Les téléphones cellulaires sont maintenant interdits dans les salles de classes du primaire et du secondaire. Vous êtes presque unanimes à applaudir. Pas moi, pourtant.

Depuis trois ans, je travaille sur un projet visant à en faire un outil de travail, en classe. Avec les besoins numériques qui se montrent de plus en plus présents, ces appareils auraient constitué un complément valable aux quelques stations informatiques qui nous sont fournies.

Un tel projet connaît déjà du succès dans plusieurs classes pilotes du secondaire. Avec une conseillère pédagogique et l’accord de la direction de l’école où j’enseigne, nous tentions de l’implanter au primaire. L’éducation plutôt que l’interdiction.

Ce sera dans une autre vie.


Dans le cours de français

Quand on révise un texte, il faut revoir la ponctuation, les accords, la conjugaison et l’orthographe d’usage. Certains médias, comme TVA Nouvelles ici, laissent passer quelques belles perles.

#LeProfCorrige

Ici, il aurait fallu lire compte-gouttes, et non compte goûte. J’ai des images qui me viennent en tête.


Dans le cours de musique

Maude Audet en est aujourd’hui à sa troisième présence dans mes billets hebdomadaires, depuis que j’y ai fait une place pour la #musiquebleue. Contrairement aux deux premières fois, elle revient avec une reprise. Si je ne me suis jamais lassé de la version originale du groupe Corbeau, l’interprétation qu’elle offre d’Illégal nous permet d’en savourer une mouture des plus délectables.

Maude Audet – Illégal – Illégal – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Cela fait maintenant dix ans qu’on a arrêté la journée du 12 août pour mousser la vente de livres québécois. Le mouvement fait boule de neige, puisque l’édition de cette année est celle qui, de loin, a connu le plus de succès.

Les rapports de ventes des librairies indépendantes, qui excluent celles des grandes chaînes, affirment que 80 % des livres vendus le 12 août dernier étaient des livres d’auteurs d’ici. Il y a de quoi s’en réjouir.

Le 12 août dernier, on a acheté encore plus de livres québécois. Le Devoir, Montréal. Le 22 août 2023.


Journal de vacances du 11 août 2023

Si vous pensiez que c’était terminé, détrompez-vous ! La COVID est toujours présente. Et je suis bien placé pour en parler.

À la mi-juillet, je me suis rendu en vacances à l’étranger. J’ai voyagé par avion. Au lendemain de mon retour, j’ai roulé à vélo sur une trentaine de kilomètres, suivant un trajet qui m’est très familier. Mon corps a trouvé l’exercice inhabituellement difficile. Comme la gorge me grattait également, ma conjointe m’a suggéré de passer un test rapide. Je l’ai passé par acquit de conscience, convaincu qu’il s’avérerait négatif. Erreur ! Les deux lignes s’affichaient de façon très évidente.

Ai-je été victime du nouveau sous-variant Éris1 ? Je n’obtiendrai probablement jamais cette confirmation. Toutefois, les chiffres ne mentent pas, il y a actuellement recrudescence de cas et une nouvelle vague, vers la rentrée scolaire, demeure possible.

Depuis les dernières semaines, plusieurs personnes de mon entourage ont manifesté la même réaction quand je leur ai annoncé mon état : «Je pensais que c’était fini». Eh non, ce n’est pas fini. Continuons d’être vigilants et d’appliquer les règles sanitaires les plus élémentaires.

1 Que sait-on sur le sous-variant Éris du virus de la COVID-19 ? Le Devoir. Le 10 août 2023.


Lectures de vacances

Qu’est-ce que vous lisez, cet été ? Personnellement, en plus de quelques romans, j’ai renoué avec la bande dessinée et le roman graphique. Le répertoire québécois n’a d’ailleurs plus rien à envier à la Belgique, à la France et aux États-Unis, dans ce domaine. Je reviendrai prochainement sur le contenu de mes lectures des dernières semaines.

Des livres québécois, j’en achète plusieurs chaque année. Chaque 12 août2, depuis dix ans, j’en achète au moins un de plus. Demain sera la journée annuelle qui y est consacrée. L’important est d’encourager une autrice ou un auteur œuvrant au Québec. Et si je peux me permettre, encourageons par la même occasion nos librairies québécoises. Elles ont besoin de notre soutien, beaucoup plus que les magasins à grande surface.

En passant, la plupart de ces librairies disposent d’un système de vente en ligne très simple d’utilisation. La contrainte de temps n’est donc pas une excuse !

2 Le 12 août, j’achète un livre québécois ! Ministère de la Culture et des Communications. Gouvernement du Québec.


Se coucher plus intelligent

J’ai toujours considéré qu’il y avait deux grandes parties dans un supermarché : celle qui longe les murs et celle qui, divisée en allées, comble environ les trois quarts du magasin. Dans la première, on trouve les fruits et les légumes, les viandes, les produits laitiers et les produits surgelés. Ceci est en grande partie constitué de produits locaux. Dans la seconde, il y a tout le reste. Et ce « reste » appartient à dix grandes entreprises multinationales. Elles sont Nestlé, Coca-Cola, Pepsico, General Mills, Unilever, Kellogg’s, Danone, Associated British Foods, Mondelez International et Mars. Oxfam a d’ailleurs produit un tableau très intéressant illustrant à qui appartiennent les différentes marques. Je le relaie ci-dessous. Vous pouvez cliquer pour le grossir.

Je m’étonne toujours de découvrir des liens qui existent entre différentes étiquettes. J’en ai découvert une de plus, cette semaine.

Au gré d’un furetage sur Internet, je suis tombé sur une publicité française qui disait «Carglass répare, Carglass remplace». Était-ce possible qu’une entreprise située outre-mer ait subtilisé le slogan et la ritournelle de notre Lebeau vitres d’autos à nous ? J’ai donc effectué une recherche sur Carglass et j’ai rapidement compris. Pour vous aiguiller, voyez d’abord le logo de Carglass

puis celui de Lebeau.

Il y a ainsi un autre lien évident entre les deux. J’ai donc creusé un peu plus profondément et découvert que les deux entreprises, à l’instar d’une dizaine d’autres, appartiennent à Belron, une compagnie sud-africaine fondée en 1897. D’abord vouée à la conception de miroirs et de verreries décoratives, Belron s’est réorientée vers les pare-brise avec l’essor de l’industrie de l’automobile. De là, elle s’est portée acquéreuse d’une multitude de bannières œuvrant dans le même domaine, à travers le monde.

J’ai encore appris quelque chose.


Déformation professionnelle

Deux belles coquilles, diffusées au cours des derniers jours, n’auraient pas dû être. La première nous vient du Réseau des sports (RDS), alors que l’autre a été commise par Éric Duhaime.

#LeProfCorrige, même en vacances

Sur la publication de gauche, ce sont les petites victoires qui redonnent. Le verbe aurait donc dû être conjugué à la troisième personne du pluriel.

Sur celle de droite, étant donné qu’il s’agit ici du compte municipal et que ce dernier contient plusieurs taxes, il aurait fallu lire taxes, au pluriel.


Dans mes écouteurs

De la musique nouvel âge, il s’en produit peu au Québec. J’ai découvert Jo B, qui donne dans ce créneau. Extraction, propulsé en mai, constitue son premier album. L’œuvre complète mérite d’être écoutée. Cependant, comme je ne publie qu’une seule plage, j’ai opté pour Tombé du ciel.

Jo B – Tombé du ciel – Extraction – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Denrées de plus en plus rares, les exemples d’entraide et d’humanité sont toujours agréables à accueillir. Ceci est d’autant plus vrai en contexte de crise du logement. Ainsi, à Joliette, deux communautés religieuses, dont les survivantes n’avaient plus la force et l’énergie pour administrer leurs bâtiments et leur immense terrain, ont uni leurs avoirs et rassemblé des expertises externes pour créer PAX Habitat 3,4, un complexe visant à héberger les religieuses et les aînés moins bien nantis de la communauté. En plus d’un appartement à prix modique, les résidents reçoivent des services adaptés à leurs besoins.

3 Site de PAX Habitat

4 Une petite révolution à Joliette. La Presse. Le 8 juillet 2023.


Journal de vacances du 28 juillet 2023

C’était une nouvelle que j’attendais depuis plusieurs mois. Elle est tombée fin mai, mais probablement aspiré dans le tourbillon de la fin d’année scolaire, je ne l’ai pas vue passer. Nous aurons finalement droit, à l’automne, à un 22e tome des péripéties de Gaston Lagaffe. Aucune aventure originale du personnage n’avait été publiée depuis 1996, soit quelques mois avant le décès de son créateur, André Franquin.

Si l’impression de déjà-vu vous frappe en lisant ce qui précède, c’est normal. Je l’avais mentionné ici1 il y a plus d’un an avant d’expliquer, dans mon billet hebdomadaire suivant2, que le projet était remis en question parce que la fille de l’auteur défunt s’y opposait et avait renvoyé la cause devant les tribunaux. C’est finalement un arbitre qui a entendu les deux parties et rendu une décision. C’est ainsi que les éditions Dupuis pourront aller de l’avant avec les nouvelles aventures de l’employé fainéant du journal Spirou, à condition de faire approuver les planches par Isabelle Franquin, qui statuera si l’éthique et l’œuvre artistique de son père sont respectées.

Je rappelle que c’est un Québécois, Marc Delafontaine qui, sous le pseudonyme de Delaf, reprendra le travail du Belge André Franquin, pour le dessin et la scénarisation des histoires. Celles-ci, en plus d’être regroupées dans de nouveaux albums originaux, seront publiées, comme à l’origine, dans le journal Spirou.

1 Billet du 25 mars 2022 : M’enfin !

2 Billet du 1er avril 2022 : Quand la réalité (ou le canular) frappe


Dans mes haut-parleurs

Samedi dernier, au gré d’une course que je me rendais faire, j’écoutais l’émission Passion politique sur les ondes d’ICI Première, la première chaîne de Radio-Canada. L’animatrice Marie-Louise Arsenault recevait alors l’ex-ministre et députée péquiste Véronique Hivon3. C’était une entrevue captivante, durant laquelle l’accent était mis sur le côté humain de la politique en général, mais surtout sur la carrière de cette femme politique qui a su se démarquer sous plusieurs aspects. Pour moi, l’intérêt était tel que malgré la chaleur, j’écoutais l’émission dans mon véhicule éteint et immobilisé dans le stationnement du commerce où je me trouvais. Personnellement, je sentais entre les deux femmes une certaine complicité, cependant bien fixée dans le cadre professionnel duquel elle ne débordait aucunement.

Si je le mentionne ici, c’est parce que quelques heures plus tard, cette publication d’un autre ex-ministre et député péquiste m’est apparue :

Source : Twitter (@BoulericeAndre)

Bien qu’il me serait possible d’intervenir sur des fautes de français à au moins deux endroits, je garderai mes crayons rouges rangés et laisserai #LeProfCorrige vaquer à ses vacances.

Je comprends que Marie-Louise Arsenault, comme toutes les personnalités publiques, puisse taper sur les nerfs de certaines personnes. Toutefois, lors de cette entrevue avec Véronique Hivon, elle a effectué un travail remarquable. Non, elle n’a pas été complaisante envers le Parti québécois. Si elle l’avait fait, elle aurait dérogé au devoir de réserve accolé à son rôle de journaliste. A-t-elle posé quelques questions embêtantes pour l’invitée ? Oui, mais cela fait également partie de sa tâche. Prétendre qu’elle a été odieuse et insidieuse tient d’une partisanerie excessive, qu’on retrouve malheureusement trop souvent chez certains sympathisants du PQ, notamment chez les plus anciens.

Reprocher à Véronique Hivon de ne pas savoir se tenir debout va dans le même sens. Elle a maintes fois prouvé qu’elle savait s’affirmer et faire de la politique autrement. Autrement que celles et ceux qui ont rendu les électeurs cyniques face à leur rôle.

3 Passion politique – Rattrapage du 22 juillet 2023 : Véronique Hivon


Déformation professionnelle
Univers social – Volet histoire

Dans tous les pays démocratiques, il y a des conservateurs et des libéraux. Il s’agit d’ailleurs de l’appellation qui nous est familière, au Canada. Les libéraux sont d’ordinaire pragmatiques et progressistes, alors que les conservateurs s’accrochent à ce qui va bien et se montrent plutôt réfractaires au changement. En Grande-Bretagne, on trouve les conservateurs et les libéraux travaillistes. En France, grossièrement, il y a la gauche libérale et la droite conservatrice. Aux États-Unis, les démocrates sont qualifiés de libéraux, alors que les républicains sont personnifiés par les conservateurs.

Chez nos voisins du Sud, toutefois, on peut se permettre de prétendre que les libéraux-démocrates promeuvent un programme conservateur, alors que celui des républicains peut être considéré d’ultraconservateur. Dans certains états et milieux, le conservatisme fait maintenant place au négationnisme, cette idéologie par laquelle on revoit des faits moins glorieux afin de s’en affranchir.

C’est ainsi qu’en Floride, un an après avoir banni l’enseignement de l’identité de genre et de l’orientation sexuelle, on modifie maintenant les manuels scolaires afin de sensibiliser les élèves à quelques « bienfaits de l’esclavage » 4. Je ne sais même pas où mettre mes guillemets tellement je trouve ça abject.

Il y sera mentionné, entre autres, que l’esclavage aura permis aux communautés noires de développer certaines compétences, en précisant des exemples. On prend donc un épisode mondialement dénoncé de l’histoire et on voit à le justifier auprès des jeunes générations d’Américains.

Il y a six ans, Kellyanne Conway, alors conseillère de Donald Trump, avait causé toute une commotion en évoquant des « faits alternatifs » lors d’un point de presse. Avec ce qui se passe actuellement en Floride, on est en train de normer des faits décidés par les autorités.

Le passé, en étant revu et corrigé, ne peut même plus être garant de l’avenir.

4 La Floride introduit dans ses manuels scolaires l’idée de «bienfaits» de l’esclavage. Slate.fr. Le 22 juillet 2023.

5 Faits alternatifs. Wikipédia.


Dans mes écouteurs

Parmi les créneaux que je n’ai pas encore exploités en #musiquebleue, il y a celui des chansons pour enfants. C’est plutôt ironique pour un enseignant au primaire ! À ma défense, disons que les Fanfan Dédé, les Carmen Campagne et les Annie Brocoli se sont faits plutôt rares, au cours des dernières années.

Voici un nouveau venu. Il s’appelle Micah! et vient de lancer un premier album, intitulé Joue de la musique. Voici la pièce du même nom.

Micah! – Je joue de la musique – Joue de la musique – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Il est des histoires de disparition qui se terminent bien. C’est le cas de celle de Tim Shaddock et de sa chienne Bella. Partis en avril de la Basse-Californie, Shaddock et Bella devaient naviguer en catamaran jusqu’en Polynésie française. Mais voilà qu’une mer agitée est venue endommager le catamaran, ainsi que tout l’équipement de communications. L’embarcation a ainsi dérivé durant deux mois dans le Pacifique, les deux occupants se nourrissant de poisson cru et s’abreuvant d’eau de pluie.

Ce n’est que la semaine dernière qu’un bateau de pêche mexicain les a repérés et s’est présenté à leur rescousse. Les deux rescapés sont sains et saufs et en bonne santé.


Journal de vacances du 14 juillet 2023

J’ai appris à mes dépens que mon blogue était considéré comme un média canadien par Facebook et Google. Depuis le 23 juin dernier, Facebook ne diffuse plus automatiquement mes billets sur ses pages, comme il le faisait auparavant. Rappelons que les deux géants du web ont décidé, en guise de protestation contre l’adoption du projet de Loi C-18, de cesser la diffusion de contenus d’information en provenance du Canada, sur leurs plateformes.

Si vous y avez vu apparaître mes derniers billets, c’est parce que je les y ai diffusés moi-même. Depuis le printemps, je le faisais également sur Twitter. Des principaux réseaux sociaux, seul LinkedIn me diffuse encore automatiquement. Ils étaient quatre il y a quelques mois à peine.

Qu’en penser ? Disons qu’ils semblent m’accorder une grande importance. Jamais je n’en aurais revendiqué autant !

Je continuerai donc à publier les liens moi-même à chaque parution. Il demeure cependant possible que les heures varient. Si vous aviez l’habitude de me lire tôt le vendredi matin, je vous invite à vous abonner à l’aide du formulaire au bas de cette page. Vous recevrez ainsi mes billets hebdomadaires par courriel, dès leur mise en ligne.

De mon côté, je songe à cesser toute publicité sur ces plateformes, comme d’autres l’ont fait. Je suis certain qu’avec cette menace, elles feront vite de reconsidérer leur décision ! 😄

Déformation professionnelle

On peut ne pas toujours être en accord avec ses propos, mais Pierre-Yves McSween sait rendre intéressants tous les sujets qu’il aborde. Lorsqu’il le fait par écrit, son français est excellent. Il n’est cependant pas sans failles, comme en témoigne une récente publication.

Source : Twitter (@PYMcsween)

#LeProfCorrige (même en vacances)

Cocorico ! Cocorico !, monsieur McSween. L’oeuf a beau être pondu par la poule, lorsqu’il est cuit dans sa coquille, il s’agit d’un oeuf à la coque, et non un d’oeuf à la coq.

Également, je suppose que vous faisiez ici allusion à une bannière commerciale, plutôt qu’à une bananière, ce dernier mot désignant un système politique corrompu. Ces satanés correcteurs imposés par nos téléphones intelligents, ce qu’ils peuvent souvent nous plonger dans l’embarras ! Surtout quand on ne prend pas le temps de se relire avant de diffuser.


Lectures de vacances

J’avais besoin de lectures légères, cet été, celles des trois dernières années étant presque exclusivement constituées d’essais et de biographies. J’ai récemment acheté un livre en cadeau à mon père et je me suis mis à le feuilleter avant de le lui offrir. Je l’ai rapidement racheté, cette fois pour ma propre bibliothèque.

Ce livre est l’album du 50e anniversaire de Pif Gadget. C’est sérieux. J’ai déjà mentionné ici1 que lorsque j’étais enfant, je me rendais chaque semaine dans un kiosque à journaux près de chez moi pour acheter, avec mes petites économies, le plus récent numéro de la revue. À la manière de Tintin, de Pilote et, plus tard, des Débrouillards, Pif Gadget publiait des bandes dessinées pour tous les goûts et tous les âges, des jeux et des reportages. Ce qui le distinguait des autres, c’est qu’il offrait également, chaque semaine, un gadget à partir duquel le jeune lecteur pouvait découvrir, apprendre ou simplement s’amuser. Quand j’avais terminé ma lecture de la revue, je la refilais à mon père, qui la dévorait à son tour.

L’album du 50e anniversaire reprend chacune des bandes dessinées, ainsi que chacune des rubriques ayant meublé les pages du magazine, depuis 1969. Le modèle est simple, on présente un épisode ou un échantillon, tout juste à côté d’une page complète relatant l’historique de l’aventure, la biographie de son auteur et la création des personnages. C’est d’ailleurs ce côté qui a suscité et comblé mon intérêt. Loin d’être vide de contenu, l’album fait 250 pages.

Si les Débrouillards sont toujours bien présents dans les présentoirs, tant en France qu’au Québec, Tintin et Pilote ont cessé leurs publications en 1993 et 1989, respectivement. Un numéro spécial de Tintin, hors série, devrait paraître l’automne prochain, 30 ans après la parution de son dernier numéro, afin de souligner les 77 ans de ce périodique qui s’adressait aux jeunes de 7 à 77 ans.

Quant à Pif Gadget, tel le phénix, il est rené de ses cendres pour une troisième fois, en 2020. Dans sa première mouture, de 1969 à 1993, les parutions étaient hebdomadaires. La revue est parue de nouveau de 2004 à 2008, de façon mensuelle. C’est ensuite dans une version trimestrielle qu’elle est revenue, de 2015 à 2017 d’abord, puis de 2020 à aujourd’hui.

Pif gadget, l’album des 50 ans , QUILLIEN, CHRISTOPHE
© HORS COLLECTION 2018, 248 pages.

1 Billet du 5 novembre 2021 : Sans égard


Dans mes écouteurs

Le groupe montréalais The Franklin Electric, pour mon plus grand plaisir, aura mis moins de deux ans à produire un cinquième album, après la sortie de This Time I See It, à l’automne de 2021. Toujours très acoustique, leur plus récente sortie s’intitule Oh Brother. J’ai écouté chaque pièce deux fois avant d’arrêter mon choix pour la #musiquebleue de cette semaine. Je vous propose donc la pièce titre, qui se démarque des neuf autres pour deux raisons. D’abord, il s’agit du seul morceau instrumental de l’album. Ensuite, alors que The Franklin Electric se distingue par la beauté et la qualité du son de sa guitare, c’est le piano qui est ici mis en vedette.

The Franklin Electric – Oh Brother – Oh Brother – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Alors que les éléments se déchaînent et que des inondations font rage un peu partout sur la planète, de belles histoires réussissent quand même à émerger de certaines situations fâcheuses. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé à une vache emportée par la crue des eaux, quelque part en Turquie. C’est la vigilance du conducteur d’une pelle mécanique qui, en plus d’un synchronisme hors du commun, a permis à l’animal d’émerger de la rivière où il était en train de se noyer et de s’en tirer pratiquement indemne. Avec sa pelle, l’homme a réussi à attraper la vache au passage et à la rendre à la terre ferme, sur laquelle elle a finalement eu la vie sauve.

Voir la vidéo sur Dailymotion.