Billet du 15 mai 2020 : Haut les masques !

Après l’école

La journée est terminée. Les travaux aussi. Je peux enfin prendre du temps pour moi. Je suis seul chez moi. Je mets de la musique et je danse. Jusqu’ici, ça va ? Je continue.

En ce temps de confinement, un ami m’appelle en vidéoconférence. Il voit que je danse. Nous décidons de nous amuser et de monter une chorégraphie à distance. Ça va toujours ?

Une fois la chorégraphie complétée, nous nous installons chacun devant l’écran de notre tablette électronique, nous exécutons la chorégraphie chacun de notre côté et nous rions beaucoup. À distance. Un problème ?

Mon ami propose de refaire la danse, de l’enregistrer et de la déposer sur sa chaîne YouTube. D’accord, là, peut-être que ça en chatouillera certains. Parce que sur mon lieu de travail, je dois maintenir une certaine prestance. Mais je décide d’y aller quand même ! Je suis chez moi, après le travail, et je ne fais qu’une vidéo de danse, après tout.

Tout ce qu’il y a de plus légal, honnête, drôle et sain. Oui, sain. Parce qu’enfin, j’ai l’occasion de me détendre.

Ceci est une histoire vécue. Pas par moi, mais par quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui a été blessé parce qu’on lui a reproché de se laisser aller publiquement, alors qu’il avait encore beaucoup de travail à faire. Pourtant, sa journée de travail était terminée. Cette même personne a été meurtrie. Meurtrie d’avoir été pointée du doigt parce qu’elle s’amusait, alors que des gens mouraient. Pourtant, quiconque s’amuse ou se détend le fait pendant que d’autres gens meurent. Peu importe le moment ou le lieu. Ainsi va la vie.

Et à celles et ceux qui seraient tentés de condamner cette personne parce qu’elle s’exhibe en dansant ou en remerciant un entrepreneur qui lui a fait parvenir six cannettes de bière, dites-vous que ceci est bien peu de choses, en cette ère de vedettariat instantané et de télé-réalité.

La question qu’il faut se poser est la suivante : Avons-nous confiance en cette personne quand elle est au travail ?

En ce qui me concerne, c’est clair. Le docteur Arruda a toute ma confiance. Ce qu’il fait chez lui, à l’extérieur de ses heures de travail, ne regarde que lui.


Dans le cours d’univers social

Dans mon billet de la semaine dernière, je faisais état du grand succès de la Corée du Sud à gérer la crise de la COVID-19. Sans statuer sur ce que constitue une bonne ou une mauvaise décision pour ce faire, ce n’est pas mon rôle et je n’en ai pas les compétences, j’avais tout de même dressé une liste des actions prises par cet état oriental. En tête de liste, un dépistage massif et le port généralisé du couvre-visage.

Depuis la semaine dernière, deux éléments en lien avec le contenu de mon billet sont venus ponctuer l’actualité. D’abord, le pays a procédé à la fermeture de tous ses bars et restaurants, après qu’un client eut infecté à lui seul une soixantaine de personnes en se rendant dans certains de ces établissements. Ensuite, le Québec a orienté deux de ses stratégies de la semaine vers… une hausse des tests de dépistage et une forte incitation au port du couvre-visage.


Dans le cours de mathématiques

Le directeur national de la santé publique du Québec, le docteur Horacio Arruda, martèle depuis deux semaines qu’il veut voir passer le nombre quotidien de tests de dépistage de 6 000 à 13 000. Mercredi de cette semaine, on n’y était toujours pas parvenu, ce qui a soulevé l’ire du premier ministre, lors du point de presse du jour. François Legault a cependant tenu à relativiser la situation, en lançant quelques chiffres sur la performance du Québec au niveau du dépistage, si on la compare aux autres provinces canadiennes.

Là-dessus, il a raison, comme le démontre le tableau suivant :

Toutefois, tant qu’à se comparer, aussi bien le faire avec les meilleurs. Une recherche en ligne permet de trouver facilement les pays offrant le meilleur taux de dépistage de la COVID-19 parmi ses citoyens. Sur le graphique, en plus du Québec et du Canada, j’ai ajouté, toujours pour fins de comparaison, les États-Unis, la France et la Corée du Sud. En disposant les données dans ce tableau, voici ce que ça donne :

Source : Our World in Data. Selon l’endroit, les données sont celles du 11, 12 ou 13 mai 2020.

Les pays dont nous entendons beaucoup parler se trouvent loin derrière l’Islande, le Bahreïn et le Luxembourg quant au nombre de personnes testées par bloc de 100 000 habitants.

À mon tour, je relativiserai deux éléments. Le premier est que je suis conscient que le nombre d’habitants au kilomètre carré diffère grandement d’un endroit à l’autre. Malgré les chiffres associés au dépistage, ceci peut avoir une incidence importante sur le taux de transmission du virus.

Le deuxième élément, c’est que le taux de dépistage ne peut expliquer à lui seul les succès ou insuccès d’un état au niveau de sa lutte à la COVID-19. À preuve, la Belgique et le Portugal ont beaucoup testé et présentent malgré tout un bilan peu reluisant. À l’inverse, la Corée du Sud, qui présente un des meilleurs bilans dans le monde, a beaucoup moins dépisté per capita, bien qu’en nombres absolus la quantité de personnes testées soit quotidiennement jusqu’à dix fois supérieure à celle du Québec.

C’est là que le masque entre en ligne de compte.

Dans le cours d’éthique et culture religieuse

C’est d’éthique dont il sera surtout question. De transparence, en particulier. Rappelez-vous au début de la crise, les autorités québécoises, tout comme celles de la France, répétaient à qui mieux mieux que le masque ne servait pas à grand chose. Aujourd’hui, on le « recommande fortement » et on jongle avec l’idée de l’imposer. À mots à peine couverts, on a laissé entendre qu’on avait craint la pénurie, en début de crise, et qu’on avait alors opté la stratégie de l’inutilité.

La transparence de François Legault, si appréciée en mars et en avril, commence à s’embuer un peu. Et si je maintiens que ses actions et ses décisions demeurent dignes de confiance, une partie de la population québécoise commence à penser autrement, si on en croit le dernier sondage hebdomadaire de la firme Léger. Avec un pourcentage de satisfaction qui frôlait la perfection à 95% le 13 avril dernier, le premier ministre a vu ce pourcentage s’effriter à 92% le 20 avril, 91% le 27 avril, 88% le 4 mai et 77% le 11 mai. Notez que cette dernière marque ferait quand même l’envie d’un bon nombre de chefs d’états, mais la chute de 18 points en l’espace de quelques semaines a tout de même fait glisser François Legault du premier au quatrième rang des premiers ministres canadiens, derrière John Horgan, Scott Moe et Doug Ford.

Néanmoins, je ne peux aucunement blâmer le duo Arruda-Legault d’avoir agi de cette façon au sujet des masques. Si de simples rumeurs ont réussi à créer des pénuries de papier hygiénique, de farine et de sachets de levure partout au Québec, en mars et en avril, imaginez ce qu’une réelle préoccupation sur l’utilisation des masques aurait pu causer comme tort au domaine médical et à la suite des choses. De deux maux, il faut choisir le moindre et assumer les conséquences du choix.


Dans le cours de sciences et technologie

En quoi le couvre-visage est-il utile ? Des images ont circulé sur Internet, au cours des dernières semaines. J’en publierai une ici, après une mise en garde, cependant. Si l’utilité des masques est convenablement présentée dans cette succession de pictogrammes, les pourcentages qui les accompagnent ne sont pas scientifiquement démontrés. Plusieurs sources ont pris la peine de le mentionner.

Alors tenez compte de ce qui suit, mais ne vous accrochez pas trop sur les chiffres. Et surtout, par respect pour les autres, prenez l’habitude de porter un couvre-visage quand vous sortez.


Dans le cours de sciences et technologie, 2e période

Cette semaine, un ami a publié quelque chose d’intéressant sur ses réseaux sociaux. Il a en fait exprimé une crainte tout à fait légitime. Le site du gouvernement du Canada se veut cependant rassurant.

Mon ami revenait sur le fait que le coronavirus pouvait se transmettre d’humain à animal. Il s’inquiétait ainsi de la possibilité de voir le virus s’attaquer aux fermes d’élevage. Il imaginait déjà la catastrophe, étant donné la difficulté, voire l’impossibilité de maintenir un troupeau de bêtes à distance de deux mètres dans un enclos.

Le site canadien de la santé publique minimise les risques, du moins pour le moment. S’il est vrai que quelques cas de transmission de la COVID-19 d’un humain à un animal ont jusqu’à présent été recensés, rien ne permet d’affirmer que l’inverse est possible. Ainsi, malgré ce qu’on a pu lire ou entendre au sujet des chauves-souris et des pangolins, rien ne prouve pour l’instant qu’un animal pourrait transmettre la maladie à un humain. On continue d’étudier la question. Également, quelques études auraient avancé que les porcs, les canards et les poulets ne seraient pas sensibles au virus.

Plusieurs études demeurent à l’état embryonnaire et des conclusions devraient être publiées au cours des prochains mois.


Dans le cours de musique

Mon premier contact avec Catherine Major remonte à une douzaine d’années. Elle assurait alors la première partie d’un spectacle de Michel Fugain, auquel je m’étais rendu assister. Tout m’a séduit chez elle. Sa musique, les paroles de ses chansons et, surtout, sa façon de les interpréter, avec une passion peu commune. J’ai eu le privilège de la revoir en spectacle et chaque fois, elle a su m’éblouir par sa générosité.

Aujourd’hui, 15 mai 2020, Catherine Major lance son 5e album, intitulé Carte mère. Grâce aux privilèges qu’offrent l’achat en ligne, il se trouve déjà dans mes listes de lecture ! En #MusiqueBleue cette semaine, c’est une chanson extraite de cet album que je vous propose. Elle a pour titre Moi non plus.

La bonne nouvelle de cette semaine

Elle sera brève. Mais si je me fie à ce que j’ai lu sur les réseaux sociaux depuis mercredi, elle fait de nombreux heureux. Ainsi, plusieurs sports, dont le tennis et le golf, pourront recommencer à être pratiqués dès la semaine prochaine, partout au Québec, incluant Montréal. Avec l’été qui approche, ceci constitue un baume sur les blessures des confinés, ainsi qu’un espoir de jours meilleurs pour tous.

Billet du 10 avril 2020 : Fantaisie bleue

C’est bien le titre d’une chanson de Michel Fugain qui a inspiré celui de mon billet de ce matin. Parce que pour plusieurs raisons, et de plusieurs manières, la dernière semaine nous a fait voir la vie en bleu.

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Dans le cours d’univers social

En fait, si j’étais enseignant au secondaire, j’aurais sous-titré Dans le cours d’économie. Au primaire, j’imagine qu’on inclurait ce qui suit dans les périodes d’univers social.

À l’intérieur de mon billet de la semaine dernière, je suggérais que le Québec produise ses propres masques N95, à défaut de pouvoir compter sur des livraisons fiables de ses partenaires. J’étais loin de me douter que c’était un projet d’autosuffisance de beaucoup plus grande envergure qui se trouvait sur la planche à dessin.

L’idée de créer le Panier Bleu allait de soi, particulièrement dans le contexte pandémique actuel. Je m’étonne cependant qu’elle surgisse aussi tard qu’en 2020, alors que le Québec a quand même vu défiler plusieurs dirigeants politiques autonomistes, au cours des 50 dernières années.

Quoi qu’il en soit, le mérite est grand et il revient au gouvernement actuel, qui a su plancher très rapidement sur le sujet et lancer le projet à l’intérieur de délais très courts. L’engouement des Québécois ne se dément pas, chacun manifestant sa volonté de suivre le guide. Les problèmes avec les serveurs hébergeant le site, dans les heures qui ont suivi l’annonce, en constituent un exemple. L’emballement sur les réseaux sociaux en illustre un autre. Moins d’une semaine après son lancement, la page Facebook Le Panier Bleu compte plus de 11 000 membres. Quant à la page J’achète Québécois, lancée par Humania Marketing, c’est près de 116 000 adeptes qu’elle regroupe, en date d’aujourd’hui.

Acheter des produits fabriqués ici, dans des commerces d’ici, c’est bien sûr encourager les travailleurs d’ici et conserver les capitaux ici. Mais c’est aussi limiter les importations, avec tout ce que cette réduction du transport de marchandises peut avoir de bénéfique pour l’environnement.

Acheter bleu contribue donc à nous rendre plus verts !

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Dans le cours de français

Le confinement semble être en train d’avoir raison d’une des plus terribles fautes de français que le Québec subit, particulièrement depuis l’émergence des réseaux sociaux. Avec l’apparition du mouvement Ça va bien aller et des nombreux arcs-en-ciel arborant ce thème, avez-vous remarqué à quel point les « Sa va… » sont pratiquement devenus inexistants dans les publications populaires ?

C’est à souligner. Ou à surligner en bleu.

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Dans le cours d’univers social, deuxième période

J’ai passé une grande partie de la semaine à me promener autour du monde. Virtuellement, bien sûr. Avec le téléviseur de mon bureau qui, depuis trois semaines, diffusait RDI presque sans arrêt, j’ai ressenti le besoin de prendre une pause. Donc, entre le Horacio Show de 13:00 et l’entrevue quotidienne avec le Docteur Weiss, à 17:30, j’ai syntonisé EarthTV.com. C’est une chaîne YouTube qui alterne aux 12 secondes les images en direct de webcaméras situées dans plusieurs grandes villes de la planète.

Deux éléments ont particulièrement retenu mon attention. Le premier, ce sont les rues, les boulevards et les plages déserts partout, vraiment partout. Il y a quelque chose de rassurant dans ce constat, en ce sens où des règles d’isolement sont observées par toutes les nations touchées par la COVID-19. Mais il y a aussi cette image un brin apocalyptique, digne d’un film de science-fiction, qui donne un peu froid dans le dos.

Le second élément qui a retenu mon attention, c’est que le ciel est toujours bleu quelque part. Et de ce côté, tout est rassurant.

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Dans le cours d’univers social, troisième période

Suite à une discussion que j’ai suivie sur Twitter, dimanche soir, j’ai installé l’application Flightradar24 sur mon téléphone cellulaire. Toute la semaine, à plusieurs moments de la journée, je me suis rendu vérifier le trafic aérien sur la planète. En ce temps de confinement mondial, je pensais sincèrement que les avions, mis à part le cargo, étaient cloués au sol.

Cette capture d’écran a été prise le jeudi 9 avril, vers midi. Elle reflète bien ce que j’ai pu constater toute la semaine. Le résultat donne presque une peur bleue.

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Dans le cours de musique

Suivant le même principe que le Panier bleu, l’auteur-compositeur-interprète Philémon Cimon a proposé, cette semaine, le mot-clic #musiquebleue. Il veut de cette façon sensibiliser la population à la réalité vécue par les artistes, durant la pandémie de la COVID-19. Rappelons ici que les annonces d’annulations de spectacles, printaniers d’abord, estivaux ensuite, se sont succédées au cours des derniers jours.

Ainsi, il suggère entre autres solutions que les stations de radio de la province revoient leur programmation, de manière à augmenter considérablement la diffusion de musique québécoise. Peu importe la langue dans laquelle la chanson est écrite et chantée, en autant qu’elle le soit par une artiste ou un artiste d’ici. Déjà, plusieurs stations ont répondu favorablement à cette initiative. De diffuser sa musique contribue grandement à faire connaître un artisan, ce qui a d’ordinaire un effet important sur la hausse des ventes de son matériel.

De mon côté, j’utiliserai mon billet hebdomadaire, sur cette plateforme, pour présenter bien humblement une oeuvre d’un artiste d’ici.

Je commence cette semaine avec Maude Audet et sa chanson Demande-moi. J’ai découvert cette artiste très récemment. De ses chansons, je retiens des textes poétiques et un son qui évoque plusieurs chansons de Gainsbourg, servies à la sauce d’aujourd’hui. Dans ses arrangements musicaux, elle ose la harpe et la flûte traversière qui, mêlées à d’autres instruments et sa voix empreinte de naïveté, donnent un résultat qui joue en boucle dans mes écouteurs, ce qui est plutôt rare pour l’amant de variété que je suis.

Je le précise, je paie pour la musique que j’écoute.

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La bonne nouvelle de cette semaine

Les nouvelles des derniers jours ont démontré à quel point il fallait prendre soin de nos aînés. Je salue ici l’initiative de gens de Charlesbourg, en banlieue de Québec, qui ont vu à organiser un bingo pour les résidents d’une maison pour personnes âgées de l’endroit. L’activité respectait toutes les règles édictées par le gouvernement du Québec et la direction nationale de la Santé publique. Et surtout, elle a soigné les bleus à l’âme de tous ces confinés.

Le court reportage qu’en a fait Radio-Canada vaut la peine d’être visionné.

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Bon week-end de Pâques à vous ! Les rencontres se voudront différentes, cette année, mais il existe plusieurs façons de les rendre agréables et mémorables. En cuisinant le repas en famille, par exemple. Chacune et chacun pourra ainsi mettre à profit ses talents de… cordon bleu !