Billet du 29 avril 2022 : La différenciation de Gregory

À travers un reportage du journaliste Alexandre Pratt, publié le 24 avril dernier, c’est tout un pavé dans la mare qui a été lancé par le musicien, comédien et animateur Gregory Charles. D’homme polyvalent, il passe à polémiste tellement ses propos ont suscité de vives réactions et divisé les observateurs dans le domaine de l’éducation.

Lire le reportage d’Alexandre Pratt

Pour un, je reconnais à Gregory Charles, comme à tout le monde, le droit d’exprimer ses opinions. Même si l’enseignement ne constitue pas la principale vocation qui l’a fait connaître, il dispose d’un bagage plutôt substantiel en la matière. Et même le cas contraire ne le disqualifierait pas nécessairement pour se prononcer. Rappelez-vous quand le gouvernement du Québec et plusieurs institutions scolaires privées ont investi dans les propositions du Lab-École. Une grande majorité d’intervenants, les syndicats en tête, avaient dénoncé le fait qu’on ait accordé plus d’importance aux idées de Ricardo Larrivée, Pierre Thibault et Pierre Lavoie qu’aux acteurs de l’éducation. Bien que j’admette que ce dernier groupe aurait dû être mieux consulté, force est de constater que les objectifs du Lab-École sont en voie de fournir des aboutissements intéressants.

Là où j’émets de sérieuses réserves, c’est que les propositions de Gregory Charles sont basées sur les bons résultats qu’elles ont donnés avec lui. Lui l’apprenant et lui le pédagogue, dans une tâche partielle, non reconnue et limitée dans le temps. On peut également ajouter que ces résultats n’ont jamais été officiellement quantifiés. Est-ce que transmettre tout un programme à travers le seul enseignement de l’histoire peut constituer une source de réussite pour une majorité d’élèves ? J’en doute.

Ce qu’il suggère fait complètement abstraction de la différenciation pédagogique, à une désolante exception près : quand il propose d’éliminer la mixité dans les classes afin de mieux s’adapter aux intérêts des groupes de garçons et des groupes de filles. Pour celles et ceux qui s’interrogent sur la signification de la différenciation pédagogique, notons qu’elle est admirablement bien représentée dans cette illustration :

Source : France éducation

La tendance actuelle veut que les règles générales laissent la place à un cadre plus souple permettant à chaque apprenant de s’épanouir à un rythme qui s’approche davantage de sa réalité. Les idées de Gregory pourraient sans doute convenir à plusieurs d’entre eux. Pour les autres, il faut chercher ailleurs les sources d’inspiration.


Dans le cours de français

Cette semaine, je sévis à l’endroit de deux acteurs de la radio, Pierre Pagé et Pierre Brassard, qui ont laissé passer des erreurs impardonnables dans leurs publications respectives.

#LeProfCorrige

Pierre Pagé a écrit «… doit être garder…». Ici, on aurait dû lire «… doit être gardée…», gardée étant un participe passé s’accordant avec entrevue, au féminin singulier.

Dans la description de son compte Twitter, Pierre Brassard a écrit «Pouvez-vous répèter la Question», nom du jeu-questionnaire radiophonique qu’il anime. Ici, on aurait dû lire «Pouvez-vous répéter la question?», avec un accent aigu plutôt qu’un accent grave sur le deuxième e de répéter, un q minuscule à question et un point d’interrogation à la fin du nom de l’émission. Une fois conjugué, le verbe répéter s’écrit souvent avec un accent grave sur le deuxième e. Il n’y a cependant qu’une seule façon d’écrire son infinitif.


Dans le cours de musique

Difficile de passer à côté du nouveau Patrick Watson, cette semaine. En #musiquebleue, voici la pièce titre de sont plus récent album, Better in the Shade.

Patrick Watson – Better in the Shade – Better in the Shade – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Les jeux vidéo n’ont pas toujours bonne presse. Il existe cependant de nombreux cas où leur utilité est démontrée. Dans le milieu scolaire, notamment, où certains titres peuvent servir à l’apprentissage de l’histoire, de la géographie et des mathématiques.

Ils ont également leur utilité dans le milieu hospitalier, semble-t-il. La semaine dernière, un récit numérique publié sur le site de Radio-Canada nous apprenait que l’Hôpital juif de réadaptation, situé à Laval, utilisait la Kinect, de Microsoft, pour aider des patients aux prises avec des difficultés neurologiques. Entre autres, on y relatait le cas d’un homme qui, après avoir passé plusieurs semaines dans le coma en raison de la COVID-19, a dû travailler pour recouvrer l’usage de tous ses membres. Un programme utilisant la technologie du jeu vidéo lui a été très bénéfique. Cette méthode est unique dans le système québécois et apporte d’excellents résultats.

Lire le récit numérique de Radio-Canada


Billet du 4 février 2022 : Des clins d’œil et des camions

Il y a longtemps que l’actualité n’avait pas été aussi généreuse que cette semaine. Même si la pandémie demeurait en trame de fond d’à peu près toutes les nouvelles, ça faisait changement de voir la santé publique et les hôpitaux être relégués au second plan. La liste de sujets à commenter est longue. Alors, ne perdons pas de temps.

Clin d’œil d’univers social

Il y a un an et demi, Erin O’Toole suggérait, dans une vidéo devenue virale, que le bureau de Justin Trudeau soit déménagé dans une toilette chimique installée près du parlement.

Voir la vidéo

Où se trouve le bureau de monsieur O’Toole, depuis mercredi soir ?


Dans le cours de musique

Suivant Neil Young et Joni Mitchell, Gilles Vigneault a lui aussi demandé à la plateforme Spotify de cesser de diffuser sa musique. Les trois artistes réagissent ainsi afin de protester devant la diffusion du balado de Joe Rogan, qui propage à grande échelle de la désinformation concernant les mesures sanitaires. Les demandes ont été déposées il y a plusieurs jours, déjà. Au moment où j’écris ces lignes, leurs titres demeurent disponibles pour écoute sur Spotify. Est-ce une partie de bras de fer qui s’annonce ?


Clin d’œil de mathématiques

À propos de Joe Rogan, il a mentionné en ondes, la semaine dernière, que plus de 50 000 camions convergeaient vers Ottawa. Selon les chiffres de la police de la capitale canadienne, il faudrait diviser ce nombre par 25.


Clin d’œil d’éthique et culture religieuse

La cause des camionneurs mérite d’être entendue. Qu’on soit d’accord ou non, la parité qu’ils demandent avec le personnel de la santé, en ce qui concerne la non-obligation vaccinale, se justifie aisément. Les dérapages et les changements de revendications, d’ailleurs dénoncés par les instigateurs de la manifestation, viennent plutôt de groupes de droite qui ont infiltré le convoi. Ces derniers, en outre, ont profané la Tombe du Soldat inconnu (vidéo), la statue de Terry Fox (article) et ont intimidé les bénévoles d’une soupe populaire d’Ottawa, jusqu’à obtenir des repas gratuits qui n’ont ainsi pas pu être distribués aux gens démunis à qui ils étaient destinés.

Si vous désirez aider financièrement l’organisme qui gère la soupe populaire, vous pouvez le faire en suivant ce lien.


Clin d’œil de français

Les camions klaxonnent toute la journée, à Ottawa. Aux dires du député Alexis Brunelle-Duceppe, ils dérangent les travailleurs de nuit.

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire travailleurs de nuit, avec nuit au singulier, plutôt que travailleurs de nuits. Il faut sous-entendre les travailleurs de la nuit.

De plus, l’Office québécois de la langue française réclame qu’on inscrive 7 h 08 (7 h 8 est également accepté par certaines références), avec un espace avant et après le h mis pour heures, et non 7:08.


Autre clin d’œil d’univers social

N’en déplaise aux anti-monarchistes, une reine règne sur le Canada, partie de son empire, et c’est Élisabeth II. Mais voilà qu’une autre « reine du Canada », celle-là autoproclamée, commence à occuper l’espace public. Une illuminée ? Peut-être. N’empêche que Romana Didulo, une conspirationniste liée à QAnon, bénéficiait de l’écoute de plus de 70 000 adeptes sur ses réseaux sociaux, en novembre dernier. Elle les avait alors sommés de tuer toute personne ayant vacciné des enfants. La GRC l’avait par la suite interpellée.

Jeudi après-midi, elle s’est présentée, entourée de gardes du corps, à la manifestation des camionneurs, à Ottawa. Encouragée par une foule nombreuse, elle y a brûlé un drapeau canadien. J’ai hâte de voir à laquelle des deux reines l’armée canadienne obéira si jamais elle était appelée en renfort dans ce conflit. J’ai ma petite idée, mais bon.

Voir la « reine Romana » arrivant sur les lieux de la manifestation

La « reine Romana » s’adressant aux manifestants


Dans le cours de musique, deuxième période

Nous restons dans les accents du Sud, cette semaine, même si la pièce se veut typiquement montréalaise. Le quintette Clay and Friends se définit comme « des amis qui font de la musique qui fait du bien ». Il n’est donc pas étonnant que les producteurs de la téléréalité Occupation double aient requis les services d’un des membres du groupe, Mike Clay, pour leur composer Côte à côte, une référence au Coast to Coast canadien.

À peine avais-je démarré la chanson, que mon épouse se pointait dans mon bureau en dansant ! La voici donc (la chanson, pas mon épouse !) en #musiquebleue.

Mike Clay – Côte à côte – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Je furetais dans une librairie, il y a une vingtaine d’années, quand j’ai découvert une nouveauté : Paul a un travail d’été, le deuxième tome de la série des Paul, du Montréalais Michel Rabagliati. Je suis rapidement devenu un inconditionnel. Plusieurs bandes dessinées et romans graphiques garnissent une étagère de ma bibliothèque, mais seulement deux collections y apparaissent en œuvres complètes, Tintin et Paul.

La semaine dernière, les éditions de La Pastèque ont annoncé que l’auteur Michel Rabagliati avait été fait chevalier de l’Ordre des arts et des lettres de France. Si cet honneur constitue un des nombreux fruits du travail du bédéiste québécois, c’est sur toute une population qu’en rejaillit la fierté.

Cette distinction vise « à récompenser les personnes qui se sont distinguées par leurs créations dans le domaine artistique ou littéraire ».


Billet du 21 janvier 2022 : Nom de nom !

Parmi les candidats en lice pour le poste de directeur général du Canadien de Montréal, aucun n’obtenait ma préférence plus qu’un autre. Je considère que l’organisation est suffisamment compétente pour choisir celui ou celle (le nom de Danièle Sauvageau a été mentionné) à qui on fera confiance pour une dizaine d’années. C’est pourquoi je suis d’avis que Kent Hughes mérite qu’on lui laisse sa chance.

Ceci étant mentionné, la nature des réactions suscitées par sa nomination me déçoit énormément. J’illustre ici celles, parmi d’autres, de l’écrivain Michel Jean et de la chroniqueuse Lise Ravary :

Kent Hughes est un Québécois, né à Montréal, où il a grandi. Il y a joué son hockey mineur jusque dans les rangs Midget. Bien que sa langue première soit l’anglais, il parle couramment le français. Dois-je rappeler qu’à ce poste, avant lui, il y avait eu Bob Gainey, Irving Grundman et Sam Pollock ? Deux de ces trois ex-directeurs généraux ont permis à l’équipe de remporter des Coupes Stanley. L’autre l’a fait en tant que joueur et est Ontarien d’origine. Les trois étaient des anglophones bilingues et jamais personne ne le leur a reproché. Scotty Bowman, dont le français est la deuxième langue, est natif de Verdun. Son profil ressemble beaucoup à celui de Hughes. Il fut une époque où plusieurs auraient aimé le revoir dans l’organisation du Tricolore. Probablement que ce serait encore le cas s’il n’était pas âgé de 88 ans.

J’en déduis que le problème de Kent Hughes, aux yeux de plusieurs, est son nom. Hughes, ce n’est pas Darche ou Brière. Ni Roy. Je vous rappelle que le président d’Air Canada se nomme Rousseau, qu’il est né et a vécu la majeure partie de sa vie à Montréal, et qu’il ne parle pas un traître mot de français. Si on reste dans le domaine du hockey, Patrick Marleau, des Penguins de Pittsburgh, est un anglophone unilingue, malgré le fait que lui-même, ses deux parents (Denis et Jeanette), son frère (Richard) et sa sœur (Denise) portent tous des noms à consonance francophone. René Bourque, un ancien joueur du CH, ne parle qu’en anglais, comme Ronald Duguay, l’ex-attaquant des Rangers de New York.

Au prochain repêchage, je demeure persuadé que Hughes ne se présentera pas au microphone en mentionnant que le Canadien de Montréal est fier de «sélecter» tel joueur, contrairement à ce qu’a fait son prédécesseur francophone. Pour l’instant, je me range derrière les observateurs qui prétendent que l’équipe a fait un bon choix en le nommant. Lorsqu’il quittera ses fonctions, son bilan viendra le confirmer ou l’infirmer.


Le baseball majeur a annoncé la mort du projet de garde partagée, entre Montréal et la Floride, des Rays de Tampa Bay. Personne, à part peut-être quelqu’un qui aspirait à un emploi avec la formation, n’est plus déçu que moi de voir s’envoler le rêve d’accueillir de nouveau une équipe de la MLB à Montréal. Toutefois, sans dire qu’il fallait s’y attendre, il ne faut pas non plus s’en étonner. L’idée était peut-être trop novatrice pour ce milieu si conservateur.

Ce qui m’a étonné, en revanche, c’est la réaction du porte-parole du Groupe Baseball Montréal

Et je cite :

« On croyait tellement à ce plan, qu’on n’a pas de plan B. »

Stephen Bronfman, homme d’affaires montréalais, le 20 janvier 2022.

Si des gens d’affaires aussi aguerris n’ont pas prévu de plan B, c’est peut-être parce qu’ils ne sont pas les personnes de la situation pour mener à bien ce projet de retour. À moins qu’ils ne cachent leurs intentions et que le plan B soit une équipe à temps plein à Montréal. L’optimiste et amateur de baseball en moi a bien envie d’y croire !


Dans le cours de français

Les verbes du 1er groupe comprennent tous ceux se terminant en _er à l’infinitif, à l’exception du verbe aller. Au présent du mode impératif, on conjugue à partir du tableau des terminaisons suivant :

Source : Alloprof

Le verbe défier, qui est un verbe du 1er groupe, se conjugue défie, défions, défiez, à l’impératif. Voici ce que la compagnie de jeux Hasbro en a fait, tant sur son site Internet que sur son application mobile :

Source : Hasbro

#LeProfCorrige

Ici, en vertu de la règle expliquée plus haut, on aurait dû lire Défie la compétition!, plutôt que Défi la compétition!


Dans le cours de musique

Comme plusieurs, l’annonce du décès de Karim Ouellet, cette semaine, m’a surpris et secoué. Il y a longtemps que je songeais à en faire un sujet de ma #musiquebleue hebdomadaire, mais ses dernières sorties musicales datant de plus de cinq ans, j’attendais l’arrivée imminente d’un nouvel album. J’espère qu’un posthume nous surprendra un jour.

Je vous présente donc ma chanson favorite de son répertoire. Il s’agit de Karim et le loup, de son album Trente, sorti en octobre 2016. Ironiquement, la pièce que j’avais prévue initialement pour ce billet s’en trouve repoussée pour une troisième fois depuis le printemps dernier.

Karim Ouellet – Karim et le loup – Trente – #musiquebleue

En supplément, je vous offre le lien vers la reprise de la chanson Si fragile, de Luc De Larochellière, par Karim Ouellet. Chanson de circonstance.

Voir et entendre Si fragile, par Karim Ouellet, dans le cadre de l’émission Pop de jam.


La bonne nouvelle de cette semaine

Quelques heures avant l’annonce gouvernementale indiquant que le système hospitalier québécois s’apprêtait à « donner des soins B plutôt que A+ », le quotidien La Presse publiait un reportage présentant le projet-pilote COVID à domicile de l’Hôpital général juif de Montréal. L’institution n’offre ni plus ni moins que des soins à distance, la technologie reliant une équipe médicale complète à un patient confortablement installé dans sa résidence.

Selon le projet, de l’équipement médical est prêté au patient. Ce matériel communique en temps réel ses signes vitaux et plusieurs autres données au centre hospitalier. De là, l’équipe soignante peut elle-même ajuster les appareils ou joindre le malade, par téléphone ou par visioconférence. Un protocole de retour rapide à l’hôpital est également établi, au cas où il s’avérerait nécessaire.

Avec des résultats concluants, la mise en place permanente de ce service permettrait à l’Hôpital général juif de soigner chez eux une cinquantaine de patients atteints de la COVID, ce qui lui libérerait autant de lits et éviterait un délestage important.

Lire le reportage de La Presse


Journal de vacances du 6 août 2021

Il m’est arrivé à quelques reprises d’être en beau fusil à l’endroit du Comité international olympique (CIO). En 1995, entre autres, quand une histoire de pots-de-vin lui avait fait octroyer les Jeux d’hiver de 2002 à Salt Lake City, sans trop de considérations pour les trois autres villes concurrentes. Cet événement m’avait alors démontré qu’il pouvait y avoir de la corruption partout. Vraiment partout.

Le CIO a cependant pris une décision qui m’a fait plaisir, cette semaine, faisant passer la santé des athlètes au-dessus de tout le reste.

Ce billet est publié alors que le match de finale pour la médaille d’or en soccer féminin, aux Jeux olympiques de Tokyo, n’est toujours pas commencé. Les Canadiennes et les Suédoises auraient dû s’affronter hier soir, heure du Québec, mais le feront plutôt ce matin, dès 8 heures. D’abord, lorsqu’il fait nuit ici, il fait jour à Tokyo et vice-versa. Les deux équipes ont demandé un report de la finale en soirée, heure de Tokyo, en raison de la chaleur accablante. La requête nécessitait également un changement de site, à une heure de route de celui initialement prévu.

Malgré la réticence de certains réseaux de télévision, le CIO a consenti au changement. Cette fois, c’est la logique, et non l’argent, qui s’est retrouvée sur la plus haute marche du podium.


Déformation professionnelle

Après RDS et TVA Sports, la semaine dernière, c’est maintenant au tour de La Presse de laisser passer une faute d’orthographe. Dans un entrefilet publié mercredi soir, on pouvait lire ceci :

Ici, le verbe venir aurait dû être conjugué à la troisième personne du pluriel, son sujet étant pompiers. On aurait donc dû lire «(…) qui venaient de repêcher le corps (…)». L’erreur se trouve toujours en ligne, en ce vendredi matin.

#LeProfCorrige (même en vacances)


Dans mes écouteurs

Qu’ont en commun Jim Corcoran et Paul Cargnello ? Les deux sont anglophones, mais c’est en composant et en chantant en français qu’ils ont connu leurs plus grands succès musicaux. Cargnello donne cependant dans un style rock, teinté de blues, fort différent de la pop-folk de Corcoran, mais que j’affectionne particulièrement. En #musiquebleue, cette semaine, je vous propose donc L’Amour est pour les courageux, tiré de l’album Peut-être, de Paul Cargnello, lancé à la mi-juillet.

Paul Cargnello – L’amour est pour les courageux – Peut-être – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Cette bonne nouvelle ne l’est pas pour tout le monde, j’en conviens. J’imagine que le puissant lobby des producteurs de pesticides est loin de se réjouir de la décision d’Ottawa, cette semaine, de ne pas aller de l’avant avec sa demande de hausse de la limite permise de poison à parasites dans les aliments.

Lire l’article de Thomas Gerbet, sur radio-canada.ca

S’il est vrai qu’aucune étude ne démontre, actuellement, que la hausse demandée aurait un impact négatif sur la santé des consommateurs, il faut préciser que plusieurs devoirs en ce sens restent à faire. Et il est déjà acquis que les personnes qui, au travail, se trouvent directement en contact avec les pesticides sont plus susceptibles de développer certaines formes de cancer

Ce que le gouvernement fédéral a annoncé, mercredi, c’est que la norme en vigueur demeurerait tant et aussi longtemps que des études sérieuses et complètes ne viendraient pas donner raison à l’un ou l’autre des groupes de pression.

C’est la logique même.


Journal de vacances du 30 juillet 2021

Je soupçonne que Marc Bergevin, le directeur général du Canadien de Montréal, s’imaginait que son choix controversé, en première ronde du repêchage de la LNH, allait créer une commotion qui monopoliserait l’espace médiatique durant 24 heures, 48 tout au plus. Erreur. Une semaine plus tard, le sujet fait toujours couler beaucoup d’encre et le propriétaire de l’équipe, Geoff Molson, a dû présenter des excuses publiques après avoir assumé la responsabilité de la décision.

Le joueur repêché, Logan Mailloux, aujourd’hui âgé de 18 ans, a diffusé des photos de nature sexuelle sans le consentement de la jeune femme impliquée, l’an dernier.

Ce que j’en pense personnellement se résume simplement. Je suis père d’une fille de 22 ans et d’un fils de 18 ans. Si la victime était ma fille, je serais sans pitié pour l’agresseur et utiliserais tous les moyens légaux pour qu’il s’en souvienne pour le reste de son existence. Si le coupable était mon fils, je m’assurerais qu’il comprenne la gravité de son geste, qu’il répare ce qu’il est possible de réparer, et je souhaiterais ensuite qu’il puisse vivre sa vie le plus normalement possible.

Deux poids, deux mesures ? Peut-être. Mais c’est en me plaçant dans la peau des parents des deux personnes impliquées que j’ai pu analyser le tout d’un point de vue objectif. Et dans les deux cas, je suis fâché contre le Canadien. Si je suis le père de la jeune femme, j’ai l’impression que le drame vécu par ma fille est banalisé par l’équipe de hockey la plus prestigieuse au monde. Si je suis le père de Logan Mailloux, je constate l’ampleur de la médiatisation du geste de mon fils et je réalise qu’il ne vivra probablement jamais une carrière de hockeyeur digne de son talent parce que, contrairement à plusieurs criminels, il lui sera très difficile de s’amender.

Pour Marc Bergevin, Geoff Molson et Trevor Timmins, il s’agit au mieux d’un mauvais calcul. Et au pire, d’une terrible erreur de jugement.


Lecture de vacances

J’achève la lecture de Chips! Peanuts! Cracker Jacks! 24 histoires savoureuses des Expos, du journaliste Frédéric Daigle. Lecture légère d’été pour l’enseignant en vacances et grand amateur de baseball que je suis. L’auteur a recueilli les témoignages de 24 personnes ayant gravité dans le giron de l’équipe montréalaise, au cours de ses 35 années d’existence, et les a rassemblés en autant de chapitres d’un même ouvrage. Parmi les gens interviewés, notons Roger D. Landry, décédé quelques mois plus tard.

En raison du titre, je croyais y découvrir une série d’anecdotes plus ou moins cocasses, de même que quelques potins. Je me trompais. Le bouquin relate plutôt les coulisses de plusieurs histoires touchant l’équipe. Il lève ainsi le voile sur les causes et les conséquences d’une foule d’événements connus du public, mais dont les détails étaient demeurés secrets. Si quelques passages font sourire, ce sont plutôt des querelles, des malaises et des drames qui constituent la majeure partie du contenu du livre. On y trouve aussi quelques règlements de comptes.

Si je n’ai relevé aucune erreur d’orthographe à travers les pages, je dois malheureusement admettre que la construction de plusieurs phrases laisse à désirer. 

Chips ! Peanuts ! Cracker Jacks ! 24 histoires savoureuses des Expos;
Auteur : Frédéric Daigle;
Les Éditions de l’Homme;
270 pages.

Déformation professionnelle

À propos des fautes d’orthographe et de phrases mal construites, deux erreurs évidentes m’ont sauté au visage, cette semaine, sur les sites des deux principaux réseaux de sports québécois. Plusieurs jours plus tard, ces erreurs n’ont toujours pas été corrigées.

D’abord, dans le deuxième paragraphe d’un article publié sur le site de TVA Sports, on pouvait lire ceci :

Source : TVA Sports

Lien vers l’article

Ici, on aurait dû lire «Il n’y a eu aucune discussion avec Montréal», sans marques du pluriel. Dans ce contexte, aucune signifie pas une. Le nom discussion et son déterminant doivent alors être employés au singulier.

Ensuite, le onzième paragraphe d’un texte diffusé sur RDS.ca se lisait ainsi :

Source : RDS

Lien vers l’article

On a droit à une erreur de conjugaison, ici. «Marc-André (…) renforce notre défensive…», il ne la renforcit surtout pas ! Le verbe renforcer, employé à la 3e personne du singulier de l’indicatif présent, se lit il/elle/on renforce.

#LeProfCorrige (même en vacances).


Dans mes écouteurs

Je vous propose un bon hard rock québécois, cette semaine. Le duo Rouge pompier, réunissant Alexandre Portelance et Jessy Fuchs, a déjà lancé trois albums : Kevin Bacon, Chevy Chase et Neve Campbell. On voit que les deux amis ne manquent pas d’humour ! C’est sur le troisième opus qu’on retrouve la plage Gaetan Mouillé, que vous pouvez entendre aujourd’hui. C’est une belle pièce d’été.

Rouge pompier – Gaetan Mouillé – Neve Campbell – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Au moment où j’écris ces lignes, le Canada a remporté 11 médailles aux Jeux olympiques de Tokyo. Six de ces médailles ont été remportées dans des compétitions individuelles, les cinq autres, en équipes. La particularité est qu’il n’y a jusqu’à présent aucun médaillé olympique canadien. Il n’y a que des médaillées olympiques canadiennes !

La bonne nouvelle, c’est que cette prestation aidera sûrement nos athlètes féminines à enfin obtenir des commandites se rapprochant un tant soit peu de celles dont bénéficient leurs camarades masculins. 

Pour le reste, bravo à tous nos athlètes.


Et je cite :

« L’amour et le soutien débordants que j’ai reçus m’ont fait réaliser que je vaux plus que mes réalisations et la gymnastique, ce à quoi je n’avais jamais vraiment cru auparavant. »

Simone Biles, gymnaste américaine, après son retrait en pleine compétition pour des raisons de santé mentale, le 28 juillet 2021.

Journal de vacances du 2 juillet 2021

Nous voici au lendemain du 1er juillet. Avez-vous, d’une quelconque façon, souligné la fête du Canada ? Moi non plus.

Nos deux fêtes nationales sont comme Noël et le jour de l’An : on les fête à peu près de la même façon, à une semaine d’intervalle. Mais telles les dernières fêtes de Noël et du jour de l’An, la Fête nationale du Québec et la fête du Canada sont passées sous le radar, cette année. Et contrairement à ce qui fut le cas en décembre et janvier, la COVID-19 n’en était pas vraiment responsable.

Hier, c’est beaucoup par solidarité envers les peuples autochtones qu’une grande partie de la population s’est abstenue de participer aux festivités de la fête du Canada. Une semaine plus tôt, les Québécoises et Québécois ont été nombreux à laisser tomber le traditionnel spectacle télévisuel de leur fête nationale, pour se tourner vers le réseau concurrent qui, lui, présentait l’accession à la finale de la Coupe Stanley du Canadien de Montréal.

En ce temps d’assouplissement des règles sanitaires, après plus d’un an d’efforts collectifs, agiter un fanion tricolore semblait revêtir un caractère plus léger et plus festif que de brandir un drapeau bleu et blanc. L’allégeance patriotique peut s’exprimer de plusieurs façons.

Le «Go Habs Go» québécois, soutenu par tout le reste du Canada, faisait du bien à entendre. Les cris de joie aussi.


Sur mon patio

L’enseignant est en vacances. Le consultant également. Le rédacteur, lui, par pur plaisir, continuera de s’exprimer sur cette page au cours des prochaines semaines. Le rythme se voudra cependant plus lent et le contenu plus léger.

Suis-je vraiment en train d’utiliser la troisième personne pour m’exprimer sur moi-même ? Il est temps que je me repose !


Déformation professionnelle

Il y a plusieurs façons de s’amuser ou se détendre, en vacances. Parmi elles, il y a les nombreux jeux et activités qu’on peut télécharger sur le téléphone mobile. C’est ce que j’ai fait cette semaine. Dans ses suggestions, l’App Store de Apple me proposait ceci :

Source : App Store

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû voir Obtenir, à l’infinitif, ou encore Obtenez, à la deuxième personne du pluriel de l’impératif présent.

« Obtener »… Vraiment ?


Et je cite :

« Juste dire que ma mère vient de placer toutes ses lettres au Scrabble avec le mot enculer. Vous étiez pas plus prêts pour ça que moi. »

Alexandre Gascon, journaliste au service des sports de Radio-Canada, le 28 juin 2021.

Dans mes écouteurs

Le premier concert auquel Ariane Roy a assisté en était un du groupe folklorique québécois Mes Aïeux. Peu après, elle demandait à suivre des cours de violon. Son goût de la musique, elle l’a acquis de ses parents, qui l’emmenaient régulièrement à des spectacles musicaux en plein air, ainsi que de son professeur de violon.

De fil en aiguille, elle s’est mise à jouer de la guitare, composer des chansons, participer à des concours et festivals, ainsi qu’à lancer quelques enregistrements. Tout ceci l’a propulsée jusqu’à l’obtention du titre de Révélation Radio-Canada 2021.

En #musiquebleue, je vous propose la pièce Je me réveille, une chanson un peu mélancolique, au rythme tranquille et aux paroles magnifiques. Elle est disponible depuis quelques semaines.

Ariane Roy – Je me réveille – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

La nouvelle est passée plutôt discrètement, cette semaine. Netflix ajoutera bientôt 25 films québécois à son catalogue. Ce n’est pas trop tôt, diront plusieurs, mais il s’agit d’un bon premier pas. On pourra y commander certains titres de Léa Pool, Jean-Marc Vallée, Denys Arcand, Xavier Dolan et Ricardo Trogi, entre autres.


Image en titre du billet : Shutterstock


Billet du 29 janvier 2021 : Quand l’amour grince

Je me suis interrogé toute la semaine. Parmi les questions que je me posais, plusieurs sont demeurées sans réponse, mais une a trouvé la sienne. Le gouvernement du Québec épongera finalement les déficits des centres de services scolaires (anciennement les commissions scolaires) découlant de la pandémie de Covid-19. Les chiffres évoquent un déficit total de 45,4 millions $, pour la dernière année seulement, cumulé par près de la moitié des centres de services scolaires, notamment pour de l’achat d’équipement de protection individuelle (masques, visières, lunettes, etc.), de désinfectant et de matériel pour adapter les locaux aux mesures sanitaires. Je suis soulagé de constater que les centres de services n’auront pas à assumer cette responsabilité.

Parmi mes autres questions, le baseball majeur aurait-il dû admettre l’ex-lanceur Curt Schilling en son Temple de la renommée ? Si on se fie à ses performances sur le terrain, réalisées sans consommation de substances illicites, oui. Mais son après-carrière, teintée de propos racistes, homophobes, d’incitation à la violence et de promotion des politiques d’extrême droite est venue ternir son image. Dans le doute, on a préféré s’abstenir. Il lui fallait obtenir 75% de votes de la part des chroniqueurs de baseball, il en a obtenu 71%. En ces temps où il faut montrer patte blanche partout, la MLB pousse probablement un grand soupir de soulagement. Et pour les conséquences qu’auraient pu avoir une décision contraire, je la comprends. Mais durant 20 saisons au monticule, les performances et les comportements de Schilling sont demeurés irréprochables. Où doit-on tracer la ligne entre la personne et l’athlète ? Et surtout, que devra-t-on faire si on révèle des positions similaires adoptées par d’autres joueurs déjà admis au Temple de la renommée ?

Finalement, je me suis demandé à quoi Julie Payette pouvait bien penser, cette semaine. Plusieurs hypothèses me sont venues en tête, et j’admets qu’une ou deux d’entre elles m’ont fait sourire !


Dans le cours de français

Dans le cadre du spécial du Jour de l’An de l’émission En direct de l’univers, l’animatrice France Beaudoin a demandé à ses invités de s’exprimer sur ce que la Covid-19 ne parviendra pas à vaincre. Du fond du coeur, la comédienne Louise Latraverse s’est exclamée « L’AMOUR, CRISSE ! ».

Le cri du coeur a été récupéré et des produits dérivés, dont les profits des ventes seront versés à un organisme venant en aide aux femmes victimes de violence conjugale, ont rapidement été mis en marché. Jusqu’ici, je salue la démarche. La cause est noble et il faut profiter de l’élan pour la soutenir.

Là où je vois un problème, c’est avec l’inscription telle que libellée :

Source

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire « L’amour, crisse ! », avec une virgule après L’amour et un point d’exclamation en finale, et non « L’amour crisse ». Ceci, bien entendu, en admettant qu’on ferme les yeux sur l’orthographe du juron crisse. Le point d’exclamation, d’abord, replace cette expression dans son contexte d’exclamation.

Quant à la virgule, elle est essentielle pour séparer deux propositions très indépendantes. Sans la virgule, crisse devient un verbe et L’amour son sujet. Et quelle est la définition du verbe crisser ? Selon le Larousse, c’est « Produire un bruit aigu et désagréable sous l’effet d’un frottement ; grincer ».

Et cela va définitivement à l’encontre du message qu’a lancé Madame Latraverse.

(En passant, si t-shirt est accepté en français, il en est tout autrement de hoodie)


Dans le cours de français, deuxième période

Je me suis délecté de la lecture d’une chronique signée Alexandre Pratt, samedi. Enfin, quelqu’un prend le temps de souligner le travail des commentateurs et analystes sportifs québécois dans la promotion et l’enrichissement des expressions françaises. L’héritage de René Lecavalier est particulièrement bien servi par le personnel de la station RDS, tous sports confondus. Pratt reprend plusieurs exemples et mentionne le travail acharné d’un grand nombre de journalistes et ex-athlètes dans leur exercice de francisation du langage sportif. Martin McGuire, la voix du Canadien de Montréal au réseau des stations du groupe Cogeco, reçoit également sa part d’éloges.

Seul bémol, on égratigne quelque peu l’équipe de TVA Sports. On explique les propos peu orthodoxes, mais rendus dans une « langue raffinée », de Frédéric Lord à la description des matchs de soccer. Également, le billet s’en prend indirectement au fameux « Et compte ! » de Félix Séguin, lorsqu’il décrit un but au hockey. Citant Pierre Houde, Alexandre Pratt mentionne que René Lecavalier regrettait d’avoir popularisé cette expression, expliquant qu’on peut compter des objets, qu’on peut compter sur quelqu’un, mais qu’on ne peut pas compter un but. C’est la raison pour laquelle lors de ses dernières années au micro, le célèbre descripteur des joutes présentées à La Soirée du hockey avait remplacé son « Il lance et compte ! » par « Le tir et le but ! », repris par presque tous ses successeurs.

Finalement, l’auteur de la chronique lance un appel au public pour franciser quelques nouvelles et moins nouvelles expressions n’ayant pas trouvé d’équivalences pertinentes dans la langue de Molière. J’y réfléchis !


Dans le cours de musique

C’est dimanche dernier que j’ai entendu pour la première fois la pièce Pale Mal. Depuis, le ver d’oreille est omniprésent dans ma tête. Interprétée par le Montréalais d’adoption Fwonte, la chanson figure sur l’album Migration, du Montréalais d’origine Ghislain Poirier. Une #musiquebleue au son caribéen en ce froid vendredi.

#musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

C’est un de mes élèves qui m’a suggéré cette bonne nouvelle, cette semaine. Selon un reportage diffusé au Téléjournal de Radio-Canada, lundi, les cas de rhume, de gastro et autres virus ont considérablement diminué dans les écoles, durant cette année scolaire. Il est clair que le port du couvre-visage et le lavage de mains plusieurs fois par jour produit ses effets.

Suite à la présentation de ce reportage en classe par mon élève, j’ai questionné le groupe pour obtenir ses réactions. Je possédais déjà un très bon indice, le taux d’absentéisme étant particulièrement bas, cette année. Les élèves ont spontanément admis que le reportage reflétait leur réalité ! Sur vingt-quatre élèves, huit ont mentionné avoir eu un rhume au cours des derniers mois et un a souffert d’une gastro. Les autres, rien ! Leur enseignant non plus. Et personne n’a subi plus d’un épisode.

Bien sûr, et cela est mentionné dans le reportage, il faut contracter périodiquement certains virus pour renforcer son système immunitaire. Mais de savoir qu’on peut en contrôler la fréquence, et surtout d’en prendre une pause, permet de penser que certaines mesures auxquelles nous nous habituons graduellement s’implanteront peut-être pour un terme plus long que prévu.


Billet du 15 janvier 2021 : Coup de foot

L’Impact de Montréal est mort, vive le Club de foot Montréal !

Vous aimez le nouveau nom ? Moi, je le trouve intéressant. Vous aimez la nouvelle signature graphique de l’équipe ? Là, je m’interroge.

D’abord, le nom. Sachant que l’équipe s’apprêtait à le changer, j’ai eu très peur qu’on nous arrive avec le FC Montréal, FC pour Football Club, en anglais. Plusieurs équipes francophones, notamment en France et au Québec, ont d’ailleurs adopté l’appellation FC, que je trouve inconvenable. Le nom de CF Montréal, en français, convient beaucoup mieux à la réalité québécoise.

Maintenant, pourquoi foot plutôt que football ? Football est accepté dans les dictionnaires français, alors que foot est son diminutif familier. Par contre, foot est une expression grandement utilisée en France et dans la plupart des pays francophones pour désigner ce sport. Et surtout, foot permettra une nette distinction avec le football mieux connu en Amérique du Nord, qui se joue avec un ballon ovoïde sur un terrain de 100 ou de 110 verges. Pourquoi pas Club de soccer, alors ? Pour adopter une appellation internationale, selon ce qu’a mentionné l’équipe. J’adhère à cette explication.

Quant au nouveau logo, j’aime les couleurs. Que le M désignant Montréal apparaisse en plusieurs exemplaires est correct. Mais d’accoler un flocon de neige à un sport qui se joue sur gazon m’apparaît aussi incongru que d’incorporer de l’herbe et des fleurs à un graphisme illustrant du ski alpin ou du bobsleigh. Et les flèches qui rappellent étrangement l’ancienne image du métro de Montréal sont effectivement, selon les explications fournies, un clin-d’oeil au métro de Montréal. Pourquoi, exactement ? Je me le demande.

Quoi qu’il en soit, l’organisation s’est montrée audacieuse et a osé des changements importants à son identité, alors que rien ne l’exigeait. Souhaitons maintenant des résultats positifs sur le terrain.


Dans le cours de français

La lecture a la cote, durant cette pandémie. Selon un article publié dans La Presse+, mercredi, les librairies indépendantes québécoises ont connu une hausse de leurs ventes de 5,2%, en 2020, malgré une baisse de 12% des achats des bibliothèques municipales et scolaires. On évalue donc à 18% la hausse des ventes au grand public, ventes effectuées principalement en ligne.

Autre élément intéressant, les livres publiés chez les éditeurs québécois ont connu une hausse des ventes de 6,8%, comparativement à 3,1% pour les publications des éditeurs étrangers.

Si l’industrie du spectacle souffre en raison du confinement, on peut au moins se réjouir de voir un élément de notre culture en tirer profit.


Dans le cours de français, deuxième période

Il y a un peu plus de deux ans, avec #LeProfCorrige, j’ai suggéré ma façon très personnelle de dénoncer le manque de rigueur des personnalités politiques dans leur traitement du français écrit. Mais lorsqu’un tel laxisme émane directement d’une publication gouvernementale, l’affaire mérite une dénonciation générale.

Voici une capture d’écran de l’alerte qui a été envoyée sur les téléphones cellulaires québécois, samedi dernier, pour annoncer le début du couvre-feu décrété par les autorités :

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire «Restez à la maison et respectez le couvre-feu…», avec le verbe respecter à la 2e personne du pluriel du présent de l’impératif, plutôt que «Restez à la maison et respecter le couvre-feu…». C’est une faute inacceptable qui aurait dû être décelée dans une relecture, avant diffusion.


Dans le cours de musique

Né d’une mère japonaise et d’un père français, Soran a grandi à Longueuil, sur la Rive-Sud de Montréal. S’intéressant dès son enfance à différents courants musicaux, il a appris de façon autodidacte à jouer de plusieurs instruments, avant de composer ses propres chansons. D’abord diffusées sur ses comptes personnels dans les réseaux sociaux, les chansons de Soran ont ensuite été entendues dans les couloirs des stations du métro de Montréal, où il se rendait les interpréter. C’est là qu’une collaboratrice à l’émission La Voix l’a remarqué et convaincu de s’inscrire à l’édition 2016. Il se rendra en quarts de finale.

En #musiquebleue cette semaine, voici la chanson Until The Day I Die, écrite et composée en hommage à sa mère.


La bonne nouvelle de cette semaine

Katalin Karikó, le nom vous dit quelque chose ? Si vous oeuvrez dans le domaine scientifique, probablement. Pour les autres, dont je fais partie, elle est une chercheuse américano-hongroise qui, il y a une trentaine d’années, a avancé l’idée de la thérapie génique basée sur l’ARN messager. La communauté scientifique, qui ne jurait alors que par le développement des recherches sur l’ADN, l’a décriée jusqu’à ce qu’elle obtienne ses premiers bons résultats, au milieu des années 2000. Toutefois, même si la critique s’était estompée, on était encore loin de l’affluence aux portes de son laboratoire pour lui offrir les subventions nécessaires à l’accélération du développement de ses recherches. Elle a tout de même persévéré, ayant fait de l’ARN messager son projet de carrière.

Embauchée chez BioNTech en 2013, c’est à son expertise qu’on a fait appel pour le développement du vaccin contre la Covid-19, qui est ainsi devenu le premier vaccin conçu avec la technique de l’ARN messager. La persévérance de Katalin Karikó l’inscrit finalement sur la liste des prix Nobel potentiels, en compagnie de son collègue Drew Weissman.

Et pour ajouter une excellente nouvelle à cette belle histoire, Katalin Karikó est d’avis qu’avec l’actuelle vaccination contre la Covid, une vie normale devrait reprendre dès l’été 2021. Si cela s’avère, il faudra plus qu’un Nobel pour exprimer la reconnaissance de la population mondiale envers Madame Karikó.


Billet du 20 novembre 2020

Bonne nouvelle, les abus du temps des Fêtes seront limités, cette année ! La décision du gouvernement du Québec de permettre les rassemblements du 24 au 27 décembre représente un bon compromis, dans la situation actuelle, alliant la tradition et les festivités à la protection de la santé de la population. Je préfère voir le bon côté de la chose, le repos se voudra bénéfique et les vêtements demeureront plus amples et confortables !

Mais surtout, je suis heureux de conserver un calendrier scolaire quasi intact. Ce qui me rapproche le plus de la normalité, en ces temps anormaux, c’est de me trouver tous les jours dans une classe. Mes élèves tiennent le même discours. La pandémie a tout de même ses bon côtés, jamais je n’ai vu un aussi grand nombre d’enfants apprécier autant l’école.


Dans le cours de français

Les disciples d’Alexis Cossette-Trudel ont lancé cette semaine, sur un site de vente en ligne, une série d’articles promotionnels à l’effigie de leur organe de diffusion. Le slogan qui y est inscrit reflète une qualité du français particulière, disons-le.

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire La pandémie est finie !, ou encore La pandémie, c’est fini !, avec une virgule après pandémie et fini au masculin. Dans ce second cas, le participe passé fini s’accorde avec c’, mis pour cela.


Et je cite :

« À tous ceux qui croient nécessaire de baptiser leur compagnie en anglais pour réussir à l’international, je rappelle qu’Ikea vend des meubles au nom imprononçable dans 41 pays. »

Biz, auteur-compositeur-interprète et écrivain, le 17 novembre 2020

Dans le cours de sciences et technologie

Je relaie ici un article très intéressant publié sur le site de Radio-Canada. L’article explique en détails les risques de contagion à la Covid-19 liés à chacune de nos activités quotidiennes. Surtout, il aide à comprendre certaines décisions moins populaires de l’Institut national de santé publique du Québec.

Covid-19 : Quels sont les risques associés à vos activités ?


Dans le cours d’éducation physique

L’an dernier, les Giants de San Francisco devenaient la première équipe du baseball majeur à embaucher une femme, Alyssa Nakken, dans son personnel d’entraîneurs. La semaine dernière, les Marlins de Miami, toujours au baseball majeur, sont devenus la première équipe professionnelle majeure, tous sports confondus, à confier les rênes de leur formation à une représentante de la gente féminine, alors qu’ils ont nommé madame Kim Ng au poste de directrice générale.

Je m’étonne en constatant que c’est le baseball majeur qui s’est approprié ce rôle de précurseur, mais j’en suis fort heureux. Un pan très conservateur de ce milieu vient de pâlir et de paver la voie à d’autres nominations similaires. Bravo aux Giants, aux Marlins et à la MLB.


Dans le cours de musique

Que ce soit à travers des cantiques ou des airs populaires, j’ai toujours aimé la musique de Noël. C’est la raison pour laquelle, annuellement, j’en ajoute à ma collection. Le premier album que je me suis procuré cette année est celui du pianiste de jazz montréalais Chilly Gonzales, A Very Chilly Christmas. Ses versions uniques des classiques du plus beau temps de l’année consacreront rapidement cet album parmi mes préférés de tous les temps. La tâche de choisir la pièce que je présenterais cette semaine en #musiquebleue s’est avérée des plus ardues. J’ai finalement opté pour sa version de Last Christmas, du groupe britannique Wham! Mais peu importe celle que j’aurais choisie, elle n’aurait jamais à elle seule rendu justice à la grande qualité de l’album entier, encore moins au plaisir que j’éprouve à chaque écoute.


La bonne nouvelle de cette semaine

Le 6 avril 2018, seize joueurs et membres de l’organisation des Broncos de Humboldt, une équipe de la Ligue de hockey junior de la Saskatchewan, perdaient la vie quand un train routier est entré en collision avec l’autobus qui les transportait. Parmi les treize survivants se trouvait Layne Matechuk, à ce point défiguré que ses parents ont dû l’identifier à partir du tatouage qu’il arbore à l’avant-bras gauche. Souffrant de multiples fractures à la tête et de lésions au cerveau, la réhabilitation s’annonçait déjà longue pour Matechuk.

Conscient que sa carrière de joueur s’est terminée avant même d’avoir véritablement pris son envol, le jeune homme de 20 ans a vu son rêve de demeurer dans le monde du hockey franchir un pas de plus, la semaine dernière, quand il a pu effectuer une sortie sur patins, dans un aréna de la province de l’Ouest canadien.⁦

« Je voulais d’abord être chiropraticien et enseignant, mais maintenant, ce que j’aimerais, c’est devenir entraîneur personnel afin de pouvoir former des joueurs de hockey », a-t-il mentionné. Avec autant de détermination, nul doute qu’il y parviendra.


Image en titre du billet : Shutterstock


Billet du 9 octobre 2020 : Le premier bergevinisme

D’abord, en ce début d’octobre, ma famille et moi avons décidé d’apporter notre soutien d’une nouvelle façon aux personnes atteintes du cancer du sein (environ 27 400 femmes et 240 hommes recevront ce diagnostic au Canada, en 2020), en nous procurant l’ampoule rose nous permettant de participer au mouvement Le Québec s’illumine en rose, de la Fondation du cancer du sein du Québec. On peut obtenir plus de détails sur la page Facebook de la Fondation.

Dans le cours de français

Cette semaine, on m’a consulté pour me demander la façon de traduire Happy Thanksgiving, dans une missive rédigée en français. J’ai suggéré Bonne fête de l’Action de grâces. Il est à noter que l’épellation du nom de cette fête annuelle requiert un A majuscule à Action, ainsi qu’un g minuscule et la marque du pluriel à grâces.


Dans le cours d’éthique et culture religieuse

Il suffit de peu de choses, parfois, pour discréditer quelqu’un. En toute objectivité, je trouvais que le vice-président américain, Mike Pence, s’était très bien tiré d’affaires face à sa rivale Kamala Harris, mercredi soir, lors de leur débat télévisé. Mais malgré sa performance, c’est la mouche dans les cheveux de Pence qui a retenu l’attention et fait l’objet des commentaires, pendant et après l’événement, reléguant aux oubliettes les messages républicains.

Source : Yahoo

Ceci m’a rappelé une anecdote vécue alors que j’étais arbitre à Baseball Québec. Un collègue sans expérience s’attirait les foudres des équipes et les railleries des spectateurs à tous les matchs où il officiait. Après la saison, histoire de ne pas revivre la même situation l’année suivante, l’arbitre en question a suivi une formation rigoureuse et s’est entraîné de manière à offrir un travail de qualité. Et je dois mentionner qu’il y est finalement parvenu.

Toutefois, lors du premier match de la saison suivante, avant même le premier lancer, il s’est penché pour épousseter le marbre et a ainsi fendu la fourche de son pantalon de l’arrière jusqu’à l’avant, soulevant l’hilarité générale. Il avait enfin arbitré un excellent match ce soir-là, mais cette cocasserie avait fait en sorte que sa crédibilité s’était fait attendre encore longtemps.

Même chose pour Pence et les Républicains. Tout ce qu’ils auraient pu aller chercher de positif mercredi soir a été gobé… par une mouche !


Dans le cours de français, deuxième période

De la grande classe de la part de l’organisation des Rangers de New York, qui ont accueilli Alexis Lafrenière en français, dans la Grosse Pomme, après l’avoir repêché.


Dans le cours de français, troisième période

Comme pour plusieurs, mes oreilles ont saigné, mardi soir, en entendant Marc Bergevin annoncer « Le Canadien de Montréal est fier de sélecter Kaiden Guhle ».

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû entendre « Le Canadien de Montréal est fier de sélectionner… ». Après les perronismes, j’octroie le statut de premier bergevinisme au « verbe » sélecter.


Dans le cours d’univers social

Allan Lichtman, professeur d’histoire dans une université de Washington, a créé dans les années 1980 un modèle à 13 clés lui permettant de prédire le résultat d’une campagne présidentielle américaine. Testé pour la première fois lors de l’élection de 1984, soit celle qui a résulté en la réélection de Ronald Reagan, ce modèle affiche à ce jour une note parfaite de neuf prédictions exactes. Monsieur Lichtman avait ainsi prédit l’élection de George Bush père six mois avant l’élection de 1988, alors que celui-ci tirait de l’arrière par 17 points dans les sondages. De même, il fut l’un des rares à prédire l’élection de Donald Trump, en 2016, quand tous les sondages accordaient la victoire à Hillary Clinton.

Les 13 clés présentent des caractéristiques politiques, économiques ou sociales, formulées sous forme d’autant de questions à réponses vrai ou faux. Le modèle stipule que six réponses « faux » entraîneront la défaite du parti présidentiel. Le « faux », répondant actuellement à 7 des 13 clés, fait prédire à Allan Lichtman une victoire de Joe Biden, le 3 novembre prochain.

L’historien prévient toutefois que deux impondérables pourraient faire de sa dixième prédiction la première qui s’avérerait peut-être inexacte. Ces deux impondérables sont la limitation du vote, le sabotage du vote postal par exemple, ainsi que l’ingérence russe qui, selon le FBI, serait encore bien réelle.

Les sondages actuels indiquent qu’à un peu plus de trois semaines de l’élection, l’avance de Joe Biden est telle que même s’il perdait tous les états pivots, il recueillerait suffisamment de grands électeurs pour assurer sa victoire. Ceci combiné à l’application du modèle du professeur Lichtman me fait dire que seul un sérieux accroc à la démocratie pourrait justifier le fait que Donald Trump demeure à la Maison-Blanche au-delà du 20 janvier prochain.


Dans le cours d’univers social, deuxième période

La région de la Gaspésie a été plutôt épargnée par la première vague de Covid-19, au printemps. Pourtant, trois municipalités de la Baie-des-Chaleurs sont passées en zone rouge, la semaine dernière, devenant ainsi un des épicentres de la deuxième vague. L’explication se trouverait-elle dans le fait que l’endroit a accueilli, au cours des derniers mois, de nombreux et imprudents touristes québécois en mal de plages américaines ? Je demande pour un ami.


Jouons avec les mots

C’est bien vrai, un seul mot de la langue française se terminant en _ette est masculin. Certaines personnes ont répondu avec succès sur la page Facebook #LeProfCorrige. Si votre réponse est squelette, vous tombez pile dessus !

Pour cette semaine, une bonne colle. À part l’adverbe , qui peut aussi être un pronom, pouvez-vous nommer un autre mot dont l’orthographe contient un u accent grave ? Réponse dans mon billet du 16 octobre.


Dans le cours de musique

Il s’appelle Marc-Antoine Beaudoin. Il chante avec la voix de Gilles Rivard, la qualité des textes de Marc Déry et le son rock des Parfaits salauds. Mais il demeure unique et fidèle à lui-même. De son album Déséquilibre, lancé il y a un an, le voici avec la pièce Marie (le feu de l’été).

#Musiquebleue


La bonne nouvelle de cette semaine

Après Les Parent, Un gars, une fille et Like-moi!, voilà qu’une autre série québécoise obtiendra son adaptation française. En effet, le feuilleton 30 vies, écrit par Fabienne Larouche et diffusé durant cinq ans sur les ondes de Radio-Canada, aura son pendant sur France 2. Le tournage des épisodes est amorcé depuis une semaine. Contrairement à la version originale québécoise, l’édition française ne sera pas une quotidienne, mais une série en six épisodes d’une heure. Il fait toujours plaisir d’être témoin de l’exportation d’un produit culturel de chez nous.