Billet du 29 janvier 2021 : Quand l’amour grince

Je me suis interrogé toute la semaine. Parmi les questions que je me posais, plusieurs sont demeurées sans réponse, mais une a trouvé la sienne. Le gouvernement du Québec épongera finalement les déficits des centres de services scolaires (anciennement les commissions scolaires) découlant de la pandémie de Covid-19. Les chiffres évoquent un déficit total de 45,4 millions $, pour la dernière année seulement, cumulé par près de la moitié des centres de services scolaires, notamment pour de l’achat d’équipement de protection individuelle (masques, visières, lunettes, etc.), de désinfectant et de matériel pour adapter les locaux aux mesures sanitaires. Je suis soulagé de constater que les centres de services n’auront pas à assumer cette responsabilité.

Parmi mes autres questions, le baseball majeur aurait-il dû admettre l’ex-lanceur Curt Schilling en son Temple de la renommée ? Si on se fie à ses performances sur le terrain, réalisées sans consommation de substances illicites, oui. Mais son après-carrière, teintée de propos racistes, homophobes, d’incitation à la violence et de promotion des politiques d’extrême droite est venue ternir son image. Dans le doute, on a préféré s’abstenir. Il lui fallait obtenir 75% de votes de la part des chroniqueurs de baseball, il en a obtenu 71%. En ces temps où il faut montrer patte blanche partout, la MLB pousse probablement un grand soupir de soulagement. Et pour les conséquences qu’auraient pu avoir une décision contraire, je la comprends. Mais durant 20 saisons au monticule, les performances et les comportements de Schilling sont demeurés irréprochables. Où doit-on tracer la ligne entre la personne et l’athlète ? Et surtout, que devra-t-on faire si on révèle des positions similaires adoptées par d’autres joueurs déjà admis au Temple de la renommée ?

Finalement, je me suis demandé à quoi Julie Payette pouvait bien penser, cette semaine. Plusieurs hypothèses me sont venues en tête, et j’admets qu’une ou deux d’entre elles m’ont fait sourire !


Dans le cours de français

Dans le cadre du spécial du Jour de l’An de l’émission En direct de l’univers, l’animatrice France Beaudoin a demandé à ses invités de s’exprimer sur ce que la Covid-19 ne parviendra pas à vaincre. Du fond du coeur, la comédienne Louise Latraverse s’est exclamée « L’AMOUR, CRISSE ! ».

Le cri du coeur a été récupéré et des produits dérivés, dont les profits des ventes seront versés à un organisme venant en aide aux femmes victimes de violence conjugale, ont rapidement été mis en marché. Jusqu’ici, je salue la démarche. La cause est noble et il faut profiter de l’élan pour la soutenir.

Là où je vois un problème, c’est avec l’inscription telle que libellée :

Source

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire « L’amour, crisse ! », avec une virgule après L’amour et un point d’exclamation en finale, et non « L’amour crisse ». Ceci, bien entendu, en admettant qu’on ferme les yeux sur l’orthographe du juron crisse. Le point d’exclamation, d’abord, replace cette expression dans son contexte d’exclamation.

Quant à la virgule, elle est essentielle pour séparer deux propositions très indépendantes. Sans la virgule, crisse devient un verbe et L’amour son sujet. Et quelle est la définition du verbe crisser ? Selon le Larousse, c’est « Produire un bruit aigu et désagréable sous l’effet d’un frottement ; grincer ».

Et cela va définitivement à l’encontre du message qu’a lancé Madame Latraverse.

(En passant, si t-shirt est accepté en français, il en est tout autrement de hoodie)


Dans le cours de français, deuxième période

Je me suis délecté de la lecture d’une chronique signée Alexandre Pratt, samedi. Enfin, quelqu’un prend le temps de souligner le travail des commentateurs et analystes sportifs québécois dans la promotion et l’enrichissement des expressions françaises. L’héritage de René Lecavalier est particulièrement bien servi par le personnel de la station RDS, tous sports confondus. Pratt reprend plusieurs exemples et mentionne le travail acharné d’un grand nombre de journalistes et ex-athlètes dans leur exercice de francisation du langage sportif. Martin McGuire, la voix du Canadien de Montréal au réseau des stations du groupe Cogeco, reçoit également sa part d’éloges.

Seul bémol, on égratigne quelque peu l’équipe de TVA Sports. On explique les propos peu orthodoxes, mais rendus dans une « langue raffinée », de Frédéric Lord à la description des matchs de soccer. Également, le billet s’en prend indirectement au fameux « Et compte ! » de Félix Séguin, lorsqu’il décrit un but au hockey. Citant Pierre Houde, Alexandre Pratt mentionne que René Lecavalier regrettait d’avoir popularisé cette expression, expliquant qu’on peut compter des objets, qu’on peut compter sur quelqu’un, mais qu’on ne peut pas compter un but. C’est la raison pour laquelle lors de ses dernières années au micro, le célèbre descripteur des joutes présentées à La Soirée du hockey avait remplacé son « Il lance et compte ! » par « Le tir et le but ! », repris par presque tous ses successeurs.

Finalement, l’auteur de la chronique lance un appel au public pour franciser quelques nouvelles et moins nouvelles expressions n’ayant pas trouvé d’équivalences pertinentes dans la langue de Molière. J’y réfléchis !


Dans le cours de musique

C’est dimanche dernier que j’ai entendu pour la première fois la pièce Pale Mal. Depuis, le ver d’oreille est omniprésent dans ma tête. Interprétée par le Montréalais d’adoption Fwonte, la chanson figure sur l’album Migration, du Montréalais d’origine Ghislain Poirier. Une #musiquebleue au son caribéen en ce froid vendredi.

#musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

C’est un de mes élèves qui m’a suggéré cette bonne nouvelle, cette semaine. Selon un reportage diffusé au Téléjournal de Radio-Canada, lundi, les cas de rhume, de gastro et autres virus ont considérablement diminué dans les écoles, durant cette année scolaire. Il est clair que le port du couvre-visage et le lavage de mains plusieurs fois par jour produit ses effets.

Suite à la présentation de ce reportage en classe par mon élève, j’ai questionné le groupe pour obtenir ses réactions. Je possédais déjà un très bon indice, le taux d’absentéisme étant particulièrement bas, cette année. Les élèves ont spontanément admis que le reportage reflétait leur réalité ! Sur vingt-quatre élèves, huit ont mentionné avoir eu un rhume au cours des derniers mois et un a souffert d’une gastro. Les autres, rien ! Leur enseignant non plus. Et personne n’a subi plus d’un épisode.

Bien sûr, et cela est mentionné dans le reportage, il faut contracter périodiquement certains virus pour renforcer son système immunitaire. Mais de savoir qu’on peut en contrôler la fréquence, et surtout d’en prendre une pause, permet de penser que certaines mesures auxquelles nous nous habituons graduellement s’implanteront peut-être pour un terme plus long que prévu.


Billet du 15 janvier 2021 : Coup de foot

L’Impact de Montréal est mort, vive le Club de foot Montréal !

Vous aimez le nouveau nom ? Moi, je le trouve intéressant. Vous aimez la nouvelle signature graphique de l’équipe ? Là, je m’interroge.

D’abord, le nom. Sachant que l’équipe s’apprêtait à le changer, j’ai eu très peur qu’on nous arrive avec le FC Montréal, FC pour Football Club, en anglais. Plusieurs équipes francophones, notamment en France et au Québec, ont d’ailleurs adopté l’appellation FC, que je trouve inconvenable. Le nom de CF Montréal, en français, convient beaucoup mieux à la réalité québécoise.

Maintenant, pourquoi foot plutôt que football ? Football est accepté dans les dictionnaires français, alors que foot est son diminutif familier. Par contre, foot est une expression grandement utilisée en France et dans la plupart des pays francophones pour désigner ce sport. Et surtout, foot permettra une nette distinction avec le football mieux connu en Amérique du Nord, qui se joue avec un ballon ovoïde sur un terrain de 100 ou de 110 verges. Pourquoi pas Club de soccer, alors ? Pour adopter une appellation internationale, selon ce qu’a mentionné l’équipe. J’adhère à cette explication.

Quant au nouveau logo, j’aime les couleurs. Que le M désignant Montréal apparaisse en plusieurs exemplaires est correct. Mais d’accoler un flocon de neige à un sport qui se joue sur gazon m’apparaît aussi incongru que d’incorporer de l’herbe et des fleurs à un graphisme illustrant du ski alpin ou du bobsleigh. Et les flèches qui rappellent étrangement l’ancienne image du métro de Montréal sont effectivement, selon les explications fournies, un clin-d’oeil au métro de Montréal. Pourquoi, exactement ? Je me le demande.

Quoi qu’il en soit, l’organisation s’est montrée audacieuse et a osé des changements importants à son identité, alors que rien ne l’exigeait. Souhaitons maintenant des résultats positifs sur le terrain.


Dans le cours de français

La lecture a la cote, durant cette pandémie. Selon un article publié dans La Presse+, mercredi, les librairies indépendantes québécoises ont connu une hausse de leurs ventes de 5,2%, en 2020, malgré une baisse de 12% des achats des bibliothèques municipales et scolaires. On évalue donc à 18% la hausse des ventes au grand public, ventes effectuées principalement en ligne.

Autre élément intéressant, les livres publiés chez les éditeurs québécois ont connu une hausse des ventes de 6,8%, comparativement à 3,1% pour les publications des éditeurs étrangers.

Si l’industrie du spectacle souffre en raison du confinement, on peut au moins se réjouir de voir un élément de notre culture en tirer profit.


Dans le cours de français, deuxième période

Il y a un peu plus de deux ans, avec #LeProfCorrige, j’ai suggéré ma façon très personnelle de dénoncer le manque de rigueur des personnalités politiques dans leur traitement du français écrit. Mais lorsqu’un tel laxisme émane directement d’une publication gouvernementale, l’affaire mérite une dénonciation générale.

Voici une capture d’écran de l’alerte qui a été envoyée sur les téléphones cellulaires québécois, samedi dernier, pour annoncer le début du couvre-feu décrété par les autorités :

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire «Restez à la maison et respectez le couvre-feu…», avec le verbe respecter à la 2e personne du pluriel du présent de l’impératif, plutôt que «Restez à la maison et respecter le couvre-feu…». C’est une faute inacceptable qui aurait dû être décelée dans une relecture, avant diffusion.


Dans le cours de musique

Né d’une mère japonaise et d’un père français, Soran a grandi à Longueuil, sur la Rive-Sud de Montréal. S’intéressant dès son enfance à différents courants musicaux, il a appris de façon autodidacte à jouer de plusieurs instruments, avant de composer ses propres chansons. D’abord diffusées sur ses comptes personnels dans les réseaux sociaux, les chansons de Soran ont ensuite été entendues dans les couloirs des stations du métro de Montréal, où il se rendait les interpréter. C’est là qu’une collaboratrice à l’émission La Voix l’a remarqué et convaincu de s’inscrire à l’édition 2016. Il se rendra en quarts de finale.

En #musiquebleue cette semaine, voici la chanson Until The Day I Die, écrite et composée en hommage à sa mère.


La bonne nouvelle de cette semaine

Katalin Karikó, le nom vous dit quelque chose ? Si vous oeuvrez dans le domaine scientifique, probablement. Pour les autres, dont je fais partie, elle est une chercheuse américano-hongroise qui, il y a une trentaine d’années, a avancé l’idée de la thérapie génique basée sur l’ARN messager. La communauté scientifique, qui ne jurait alors que par le développement des recherches sur l’ADN, l’a décriée jusqu’à ce qu’elle obtienne ses premiers bons résultats, au milieu des années 2000. Toutefois, même si la critique s’était estompée, on était encore loin de l’affluence aux portes de son laboratoire pour lui offrir les subventions nécessaires à l’accélération du développement de ses recherches. Elle a tout de même persévéré, ayant fait de l’ARN messager son projet de carrière.

Embauchée chez BioNTech en 2013, c’est à son expertise qu’on a fait appel pour le développement du vaccin contre la Covid-19, qui est ainsi devenu le premier vaccin conçu avec la technique de l’ARN messager. La persévérance de Katalin Karikó l’inscrit finalement sur la liste des prix Nobel potentiels, en compagnie de son collègue Drew Weissman.

Et pour ajouter une excellente nouvelle à cette belle histoire, Katalin Karikó est d’avis qu’avec l’actuelle vaccination contre la Covid, une vie normale devrait reprendre dès l’été 2021. Si cela s’avère, il faudra plus qu’un Nobel pour exprimer la reconnaissance de la population mondiale envers Madame Karikó.


Billet du 20 novembre 2020

Bonne nouvelle, les abus du temps des Fêtes seront limités, cette année ! La décision du gouvernement du Québec de permettre les rassemblements du 24 au 27 décembre représente un bon compromis, dans la situation actuelle, alliant la tradition et les festivités à la protection de la santé de la population. Je préfère voir le bon côté de la chose, le repos se voudra bénéfique et les vêtements demeureront plus amples et confortables !

Mais surtout, je suis heureux de conserver un calendrier scolaire quasi intact. Ce qui me rapproche le plus de la normalité, en ces temps anormaux, c’est de me trouver tous les jours dans une classe. Mes élèves tiennent le même discours. La pandémie a tout de même ses bon côtés, jamais je n’ai vu un aussi grand nombre d’enfants apprécier autant l’école.


Dans le cours de français

Les disciples d’Alexis Cossette-Trudel ont lancé cette semaine, sur un site de vente en ligne, une série d’articles promotionnels à l’effigie de leur organe de diffusion. Le slogan qui y est inscrit reflète une qualité du français particulière, disons-le.

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire La pandémie est finie !, ou encore La pandémie, c’est fini !, avec une virgule après pandémie et fini au masculin. Dans ce second cas, le participe passé fini s’accorde avec c’, mis pour cela.


Et je cite :

« À tous ceux qui croient nécessaire de baptiser leur compagnie en anglais pour réussir à l’international, je rappelle qu’Ikea vend des meubles au nom imprononçable dans 41 pays. »

Biz, auteur-compositeur-interprète et écrivain, le 17 novembre 2020

Dans le cours de sciences et technologie

Je relaie ici un article très intéressant publié sur le site de Radio-Canada. L’article explique en détails les risques de contagion à la Covid-19 liés à chacune de nos activités quotidiennes. Surtout, il aide à comprendre certaines décisions moins populaires de l’Institut national de santé publique du Québec.

Covid-19 : Quels sont les risques associés à vos activités ?


Dans le cours d’éducation physique

L’an dernier, les Giants de San Francisco devenaient la première équipe du baseball majeur à embaucher une femme, Alyssa Nakken, dans son personnel d’entraîneurs. La semaine dernière, les Marlins de Miami, toujours au baseball majeur, sont devenus la première équipe professionnelle majeure, tous sports confondus, à confier les rênes de leur formation à une représentante de la gente féminine, alors qu’ils ont nommé madame Kim Ng au poste de directrice générale.

Je m’étonne en constatant que c’est le baseball majeur qui s’est approprié ce rôle de précurseur, mais j’en suis fort heureux. Un pan très conservateur de ce milieu vient de pâlir et de paver la voie à d’autres nominations similaires. Bravo aux Giants, aux Marlins et à la MLB.


Dans le cours de musique

Que ce soit à travers des cantiques ou des airs populaires, j’ai toujours aimé la musique de Noël. C’est la raison pour laquelle, annuellement, j’en ajoute à ma collection. Le premier album que je me suis procuré cette année est celui du pianiste de jazz montréalais Chilly Gonzales, A Very Chilly Christmas. Ses versions uniques des classiques du plus beau temps de l’année consacreront rapidement cet album parmi mes préférés de tous les temps. La tâche de choisir la pièce que je présenterais cette semaine en #musiquebleue s’est avérée des plus ardues. J’ai finalement opté pour sa version de Last Christmas, du groupe britannique Wham! Mais peu importe celle que j’aurais choisie, elle n’aurait jamais à elle seule rendu justice à la grande qualité de l’album entier, encore moins au plaisir que j’éprouve à chaque écoute.


La bonne nouvelle de cette semaine

Le 6 avril 2018, seize joueurs et membres de l’organisation des Broncos de Humboldt, une équipe de la Ligue de hockey junior de la Saskatchewan, perdaient la vie quand un train routier est entré en collision avec l’autobus qui les transportait. Parmi les treize survivants se trouvait Layne Matechuk, à ce point défiguré que ses parents ont dû l’identifier à partir du tatouage qu’il arbore à l’avant-bras gauche. Souffrant de multiples fractures à la tête et de lésions au cerveau, la réhabilitation s’annonçait déjà longue pour Matechuk.

Conscient que sa carrière de joueur s’est terminée avant même d’avoir véritablement pris son envol, le jeune homme de 20 ans a vu son rêve de demeurer dans le monde du hockey franchir un pas de plus, la semaine dernière, quand il a pu effectuer une sortie sur patins, dans un aréna de la province de l’Ouest canadien.⁦

« Je voulais d’abord être chiropraticien et enseignant, mais maintenant, ce que j’aimerais, c’est devenir entraîneur personnel afin de pouvoir former des joueurs de hockey », a-t-il mentionné. Avec autant de détermination, nul doute qu’il y parviendra.


Image en titre du billet : Shutterstock


Billet du 9 octobre 2020 : Le premier bergevinisme

D’abord, en ce début d’octobre, ma famille et moi avons décidé d’apporter notre soutien d’une nouvelle façon aux personnes atteintes du cancer du sein (environ 27 400 femmes et 240 hommes recevront ce diagnostic au Canada, en 2020), en nous procurant l’ampoule rose nous permettant de participer au mouvement Le Québec s’illumine en rose, de la Fondation du cancer du sein du Québec. On peut obtenir plus de détails sur la page Facebook de la Fondation.

Dans le cours de français

Cette semaine, on m’a consulté pour me demander la façon de traduire Happy Thanksgiving, dans une missive rédigée en français. J’ai suggéré Bonne fête de l’Action de grâces. Il est à noter que l’épellation du nom de cette fête annuelle requiert un A majuscule à Action, ainsi qu’un g minuscule et la marque du pluriel à grâces.


Dans le cours d’éthique et culture religieuse

Il suffit de peu de choses, parfois, pour discréditer quelqu’un. En toute objectivité, je trouvais que le vice-président américain, Mike Pence, s’était très bien tiré d’affaires face à sa rivale Kamala Harris, mercredi soir, lors de leur débat télévisé. Mais malgré sa performance, c’est la mouche dans les cheveux de Pence qui a retenu l’attention et fait l’objet des commentaires, pendant et après l’événement, reléguant aux oubliettes les messages républicains.

Source : Yahoo

Ceci m’a rappelé une anecdote vécue alors que j’étais arbitre à Baseball Québec. Un collègue sans expérience s’attirait les foudres des équipes et les railleries des spectateurs à tous les matchs où il officiait. Après la saison, histoire de ne pas revivre la même situation l’année suivante, l’arbitre en question a suivi une formation rigoureuse et s’est entraîné de manière à offrir un travail de qualité. Et je dois mentionner qu’il y est finalement parvenu.

Toutefois, lors du premier match de la saison suivante, avant même le premier lancer, il s’est penché pour épousseter le marbre et a ainsi fendu la fourche de son pantalon de l’arrière jusqu’à l’avant, soulevant l’hilarité générale. Il avait enfin arbitré un excellent match ce soir-là, mais cette cocasserie avait fait en sorte que sa crédibilité s’était fait attendre encore longtemps.

Même chose pour Pence et les Républicains. Tout ce qu’ils auraient pu aller chercher de positif mercredi soir a été gobé… par une mouche !


Dans le cours de français, deuxième période

De la grande classe de la part de l’organisation des Rangers de New York, qui ont accueilli Alexis Lafrenière en français, dans la Grosse Pomme, après l’avoir repêché.


Dans le cours de français, troisième période

Comme pour plusieurs, mes oreilles ont saigné, mardi soir, en entendant Marc Bergevin annoncer « Le Canadien de Montréal est fier de sélecter Kaiden Guhle ».

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû entendre « Le Canadien de Montréal est fier de sélectionner… ». Après les perronismes, j’octroie le statut de premier bergevinisme au « verbe » sélecter.


Dans le cours d’univers social

Allan Lichtman, professeur d’histoire dans une université de Washington, a créé dans les années 1980 un modèle à 13 clés lui permettant de prédire le résultat d’une campagne présidentielle américaine. Testé pour la première fois lors de l’élection de 1984, soit celle qui a résulté en la réélection de Ronald Reagan, ce modèle affiche à ce jour une note parfaite de neuf prédictions exactes. Monsieur Lichtman avait ainsi prédit l’élection de George Bush père six mois avant l’élection de 1988, alors que celui-ci tirait de l’arrière par 17 points dans les sondages. De même, il fut l’un des rares à prédire l’élection de Donald Trump, en 2016, quand tous les sondages accordaient la victoire à Hillary Clinton.

Les 13 clés présentent des caractéristiques politiques, économiques ou sociales, formulées sous forme d’autant de questions à réponses vrai ou faux. Le modèle stipule que six réponses « faux » entraîneront la défaite du parti présidentiel. Le « faux », répondant actuellement à 7 des 13 clés, fait prédire à Allan Lichtman une victoire de Joe Biden, le 3 novembre prochain.

L’historien prévient toutefois que deux impondérables pourraient faire de sa dixième prédiction la première qui s’avérerait peut-être inexacte. Ces deux impondérables sont la limitation du vote, le sabotage du vote postal par exemple, ainsi que l’ingérence russe qui, selon le FBI, serait encore bien réelle.

Les sondages actuels indiquent qu’à un peu plus de trois semaines de l’élection, l’avance de Joe Biden est telle que même s’il perdait tous les états pivots, il recueillerait suffisamment de grands électeurs pour assurer sa victoire. Ceci combiné à l’application du modèle du professeur Lichtman me fait dire que seul un sérieux accroc à la démocratie pourrait justifier le fait que Donald Trump demeure à la Maison-Blanche au-delà du 20 janvier prochain.


Dans le cours d’univers social, deuxième période

La région de la Gaspésie a été plutôt épargnée par la première vague de Covid-19, au printemps. Pourtant, trois municipalités de la Baie-des-Chaleurs sont passées en zone rouge, la semaine dernière, devenant ainsi un des épicentres de la deuxième vague. L’explication se trouverait-elle dans le fait que l’endroit a accueilli, au cours des derniers mois, de nombreux et imprudents touristes québécois en mal de plages américaines ? Je demande pour un ami.


Jouons avec les mots

C’est bien vrai, un seul mot de la langue française se terminant en _ette est masculin. Certaines personnes ont répondu avec succès sur la page Facebook #LeProfCorrige. Si votre réponse est squelette, vous tombez pile dessus !

Pour cette semaine, une bonne colle. À part l’adverbe , qui peut aussi être un pronom, pouvez-vous nommer un autre mot dont l’orthographe contient un u accent grave ? Réponse dans mon billet du 16 octobre.


Dans le cours de musique

Il s’appelle Marc-Antoine Beaudoin. Il chante avec la voix de Gilles Rivard, la qualité des textes de Marc Déry et le son rock des Parfaits salauds. Mais il demeure unique et fidèle à lui-même. De son album Déséquilibre, lancé il y a un an, le voici avec la pièce Marie (le feu de l’été).

#Musiquebleue


La bonne nouvelle de cette semaine

Après Les Parent, Un gars, une fille et Like-moi!, voilà qu’une autre série québécoise obtiendra son adaptation française. En effet, le feuilleton 30 vies, écrit par Fabienne Larouche et diffusé durant cinq ans sur les ondes de Radio-Canada, aura son pendant sur France 2. Le tournage des épisodes est amorcé depuis une semaine. Contrairement à la version originale québécoise, l’édition française ne sera pas une quotidienne, mais une série en six épisodes d’une heure. Il fait toujours plaisir d’être témoin de l’exportation d’un produit culturel de chez nous.


Billet du 22 mai 2020 : Dollarama ou Walmart ? Et La Baie, dans tout ça ?

Dans le cours de français, première période

Depuis que la pandémie a franchi nos frontières, on entend parler de la fameuse courbe qu’il faut aplatir. Aplatir ou aplanir, comme le mentionnent certains intervenants ?

Aplatir, presque toujours employé au sens propre, signifie rendre quelque chose plus plat, ou carrément plat. Alors qu’aplanir peut s’employer tant au sens figuré qu’au sens propre. Dans ce dernier sens, on parle de rendre une surface plane, comme la glace d’une patinoire, par exemple. Une courbe graphique s’apparentant plus à une ligne qu’à une surface, aplatir s’avère plus approprié.


Dans le cours d’univers social, première période

Univers social est une expression générale pour désigner géographie, histoire et éducation à la citoyenneté, qui constituent une seule et même matière à l’école primaire. C’est d’éducation à la citoyenneté dont il sera question dans ce bloc.

Il y aura bientôt 9 ans que j’ai ouvert mon compte Twitter. Actuellement, je suis plus de 1 000 autres comptes. Il y a ceux avec qui je suis régulièrement d’accord, ceux avec qui je suis régulièrement en désaccord et il y a Guy A. Lepage. J’aime le suivre car nos positions peuvent se situer très près ou très éloignées l’une de l’autre, dans un large spectre. Souvent il m’incite à faire dans la nuance. En voici un exemple.

Cossette est une agence de publicité qui a été fondée au Québec et qui a appartenu à des intérêts québécois durant plus de 50 ans, avant d’être achetée par une firme chinoise qui l’a ensuite vendue, cinq ans plus tard, à un groupe américain. Dans son domaine, elle est l’une des plus importantes compagnies au Canada.

Sur le fond, je suis d’accord avec le fait qu’une entreprise entièrement locale aurait dû être favorisée, si elle était en mesure d’offrir les mêmes services à des conditions comparables. Mais ceci m’amène sur un autre terrain. Si j’ai besoin de produits nettoyants, de produits d’épicerie, de papeterie et de quincaillerie et que je dispose de trop peu de temps pour me rendre dans plusieurs commerces, est-il préférable que je me rende chez Dollarama ou chez Walmart ? La première est une entreprise québécoise qui vend des produits presque exclusivement venus d’ailleurs, alors que la seconde est une bannière américaine qui s’approvisionne beaucoup plus chez les producteurs et manufacturiers locaux.

En ce qui me concerne, j’ai tendance à favoriser les produits fabriqués dans des entreprises qui créent de l’emploi au Québec ou ailleurs au Canada. Les Travailleurs unis de l’alimentation ont établi une liste de produits alimentaires fabriqués par leurs membres. Ceci constitue une bonne base. Pour le reste, j’effectue mes recherches. Tant mieux si je peux trouver ces produits dans des commerces appartenant à des intérêts d’ici.

Maintenant, combien de personnes sont employées par l’agence Cossette ? On établit le nombre à 450, dans six bureaux canadiens, dont deux au Québec. C’est plus que ses concurrentes.


Dans… une classe vide

La nouvelle est tombée jeudi de la semaine dernière. Voici comment Guy A. Lepage l’a commentée, sur Twitter.

J’aurais pu moi-même la commenter dans mon billet de vendredi dernier. J’ai préféré prendre du recul avant de le faire. Me voici donc cette semaine.

Cette fermeture des écoles du Grand Montréal jusqu’à la prochaine rentrée scolaire était la bonne décision à prendre, mais contrairement à l’animateur de Tout le monde en parle, je suis incapable de la voir comme une bonne nouvelle. C’était la bonne décision à prendre parce que la région du Grand Montréal est de loin la région la plus affectée au Canada. Et aussi parce que malgré l’aplatissement de la courbe, les hôpitaux de la région demeurent surchargés. Une augmentation soudaine des cas pourrait causer de graves problèmes au réseau de la santé.

Malgré cela, c’est surtout un sentiment de tristesse qui m’habitait, suite à cette annonce. Tristesse de réaliser qu’en dépit des contacts à distance avec mes élèves qui se poursuivront au cours des prochaines semaines, la classe demeurera vide. Déception aussi pour mes élèves de 6e année, qui ne pourront souligner dignement la fin de leur primaire et le passage au secondaire. Inquiétudes pour les élèves en difficulté, qui n’obtiendront pas le soutien personnalisé et étroit que leur situation requiert.

Soulagé en tant que citoyen, affecté en tant qu’enseignant. Ce sentiment mitigé est agaçant.


Dans le cours d’univers social, deuxième période

Chaque année, j’explique à mes élèves que le premier commerce fondé en Amérique du Nord l’a été en territoire québécois, en 1670. Je les surprends toujours en ajoutant que ce commerce existe encore aujourd’hui, ce qui l’établit dans la liste des plus anciens au monde.

La Compagnie de la Baie d’Hudson a franchi le cap des 350 ans d’existence le 2 mai dernier, dans l’indifférence générale, malheureusement. Initialement un poste de traite de fourrures, créé par les explorateurs Radisson et des Groseillers, la compagnie a diversifié ses activités jusqu’à devenir les magasins La Baie, figure emblématique de notre paysage commercial.


Dans le cours de français, deuxième période

Vu sur Facebook, cette semaine :

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire nous a quittés, plutôt que nous a quitté. Un participe passé employé avec l’auxiliaire avoir doit s’accorder avec le complément direct, si ce complément direct le précède. Comme c’est le cas ici, le participe passé s’accorde avec nous et doit par conséquent prendre la marque du pluriel.


Vu à la porte d’un commerce, cette semaine :

#LeProfCorrige

Ici, il aurait fallu écrire Nous ne faisons pas, plutôt que Nous ne fesons pas. Le verbe faire, à la première personne du pluriel du présent de l’indicatif, se conjugue nous faisons. Aussi, il aurait fallu un point après collaboration, plutôt qu’une virgule. La direction étant une signature, elle aurait dû se trouver isolée en bas de page, et non en fin de phrase.


Dans le cours de musique

Il s’est écoulé sept longues années durant lesquelles Jimmy Hunt n’a produit aucun nouveau matériel. La semaine dernière, il a lancé son troisième album solo, Le silence. Je vous en propose un extrait aujourd’hui. Il s’intitule Les gens qui m’aiment. #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Ce qui suit dit tout.

Laurent Duvernay-Tardif possède un coeur gros comme l’univers. Il a eu l’occasion, cette semaine, d’expliquer son rôle et ses fonctions à un journaliste de la chaîne américaine ESPN. Bravo et merci !

Billet du 1er mai 2020 : Faire partie de la solution

Dans le cours d’éthique et culture religieuse

Je me suis toujours méfié des gens négatifs. Ils trouvent des problèmes à chaque solution.

Discuter d’un problème peut devenir très constructif si on considère cette action comme amorce ou préalable à une recherche de solutions. On démontre de l’intelligence quand on trouve une solution valable. On fait preuve de cohérence quand on l’applique soi-même. On devient un leader si on convainc une majorité d’y adhérer.

Il existe cependant des situations où le choix ne se présente pas et où l’adhésion devient une obligation. Tout se joue alors dans l’attitude. Il y a celles et ceux qui réagissent négativement et qui déterrent les anicroches à la même vitesse qu’un virus se multiplie. Puis, il y a les gens qui bondissent positivement, se retroussent les manches et voient comme un privilège cette opportunité de faire partie de la solution.

Je serai dans ma classe lundi matin, pour la première fois en près de deux mois, et c’est avec enthousiasme que je me préparerai à accueillir une partie de mes élèves, deux semaines plus tard. Une multitude d’interrogations subsistent, plusieurs inquiétudes aussi. Voire même des craintes, dans certains cas. Mais ne serait-ce que par respect et solidarité envers les travailleurs de la santé et de l’alimentation, entre autres, qui n’ont pas obtenu de repos depuis longtemps, je choisis d’avancer vers l’étape suivante.

Appelez cela de la docilité si vous voulez.

Photo offerte gracieusement par Karel Laflamme.
Photo gracieusement offerte par Karel Laflamme, enseignante.

Dans le cours d’univers social

Si vous voyez dans mes propos du bloc précédent une critique à l’endroit de plusieurs collègues du milieu de l’enseignement qui se sont exprimés cette semaine, détrompez-vous. Comme je l’ai mentionné, plusieurs interrogations, inquiétudes et craintes subsistent. Il est sain et humain de les exprimer. Je l’ai fait également.

Je comprends aussi très bien les leaders syndicaux de s’être insurgés contre le fait que plusieurs de leurs membres soient renvoyés sur leurs lieux de travail, dans le contexte actuel, sans protection physique. D’ailleurs, l’incohérence est ici évidente. Si les travailleuses et travailleurs des autres domaines se voient fournir divers équipements, il est normal et juste que les personnes oeuvrant en éducation réclament ce qu’il faut pour se protéger, dans un milieu rempli d’enfants qu’il sera très difficile de maintenir à deux mètres de distance.

Et j’éprouve aussi une déception personnelle sur un point. Dans mon billet de la semaine dernière, j’avais formulé le souhait que François Legault fasse preuve de la même franchise envers les enseignants qu’envers les médecins spécialistes, quand il les avait invités à se rendre faire du travail d’infirmière en CHSLD. Publiquement, il avait mentionné aux médecins qu’il les savait surqualifiés pour la fonction demandée, mais que les besoins se situaient à ce niveau.

De la même façon, je suis d’avis que la réouverture des écoles aurait été mieux reçue par le personnel des écoles primaires si le premier ministre avait demandé aux enseignantes et aux enseignants d’effectuer un travail d’éducatrice en milieu de garde, comme ce sera le cas pour les dernières semaines de la présente année scolaire. C’est là que sont les réels besoins, tous les intervenants sur le terrain le savent, et la contribution à la lutte contre la COVID-19 aurait été beaucoup mieux acceptée si elle avait été présentée comme tel.

Rappelons que seul le niveau primaire sera rouvert, que la présence à l’école sera facultative pour les élèves, qu’un maximum de 15 élèves par classe sera admis, qu’aucune forme d’examen ou d’évaluation ne pourra être donnée et qu’aucune nouvelle notion ne pourra être enseignée. Ajoutez à cela qu’on fait disparaître les cours d’éducation physique et les périodes de bibliothèque, ainsi que tous les travaux d’équipe, à moins de pouvoir les réaliser à plus de deux mètres de distance. Et que rien n’assure que les élèves qui se présenteront à l’école seront ceux qui requièrent le plus grand soutien académique ou personnel.

Tenant compte de tout cela, plusieurs enseignants pourront prétendre, à juste titre, avoir plus et mieux enseigné durant le confinement, alors qu’ils le faisaient à distance, que lors du retour sur leur lieu de travail pour les dernières semaines de l’année scolaire. Leurs élèves auront peut-être également mieux appris.


Dans le cours de français

Je joins ma voix à celle de plusieurs autres personnes qui, sur les réseaux sociaux, depuis quelques semaines déjà, s’adressant au premier ministre François Legault, au docteur Horacio Arruda, ainsi qu’à plusieurs journalistes de la radio et de la télévision, leur reprochent une erreur récurrente. On peut parler de réouverture des écoles ou de réouverture des commerces, mais…

#LeProfCorrige

On rouvre les écoles et les commerces, on ne les « réouvre » pas ! On rouvre, verbe rouvrir, indicatif présent, 3e personne du singulier.


Dans le cours d’univers social, deuxième période

Le chroniqueur Michel C. Auger a publié un point de vue très intéressant, cette semaine, sur ici.radio-canada.ca. Il y mentionne que le Québec ainsi que les états américains du Wyoming et du Montana constituent les trois seuls endroits en Amérique du Nord à avoir annoncé la réouverture de leurs écoles, au cours des prochaines semaines. Il précise de plus que les deux états américains sont ruraux et faiblement peuplés, et que le premier des deux ne rouvre ses écoles que pour une clientèle particulière d’élèves seulement.

Ceci rend passionnant le pari du gouvernement du Québec. Si cette sortie de confinement plus rapide donne de bons résultats, l’équipe québécoise de gestion de crise, François Legault en tête, récoltera les dividendes populaires en plus d’acquérir une renommée à grande échelle. Si, au contraire, cette décision prend des allures de cafouillage et précipite une deuxième vague de la maladie, les retombées risquent de s’avérer coûteuses à tous les niveaux.

J’aimerais d’avance pouvoir lire les historiens du prochain siècle !


Dans le cours de musique

Peut-on imaginer une recette musicale à base d’électro et de folklore québécois ? C’est l’idée géniale qu’ont eue Mélisande Gélinas-Fauteux et Alexandre de Grosbois-Garand, un couple originaire de la Montérégie, lorsqu’ils ont fondé le duo Mélisande [électrotrad]. Depuis décembre 2018, la musique de Mélisande [électrotrad] est venue s’ajouter à mes listes de lecture, notamment celle du temps des Fêtes, pimentant la succession de succès populaires, de rigodons et de cantiques. Il fait tout aussi bon les écouter sur la route, peu importe le moment de l’année.

Je vous propose la pièce Sur la ritintin. Bonne écoute ! #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Le confinement donne souvent lieu à de très beaux moments. Évoluant jusqu’à l’automne dernier avec les Carabins de l’Université de Montréal, Marc-Antoine Dequoy a signé cette semaine un contrat avec les Packers de Greenbay, dans la NFL. Dans la séquence qui suit, il annonce la nouvelle, à distance, à toute sa famille. Touchant !

L’heure de la collation

Je fais une exception aujourd’hui et je réserve un espace de mon billet pour encourager une entreprise québécoise. Il est toujours pratique de conserver quelques barres nutritives à la maison. Chez nous, nous avions notre marque favorite, fabriquée ailleurs, que nous achetions dans un entrepôt à grande surface, également fondé ailleurs.

Je me suis récemment mis à la recherche de barres nutritives conçues au Québec et j’ai trouvé la marque Bon vivant. Elles sont offertes en trois saveurs délicieuses et sont particulièrement nutritives.

Je me permets d’en faire mention, non seulement parce qu’il s’agit d’un produit d’ici, mais aussi parce que pour chaque boîte vendue, la compagnie offre gracieusement une autre boîte aux employés du domaine de la santé, en ce temps de crise de la COVID-19 que nous traversons.

Pour ces raisons, j’ai passé une commande, que j’ai reçue rapidement. Je vous confirme que ce n’était qu’une première. Nous venons d’adopter les barres Bon vivant.

Billet du 17 avril 2020 : Il ne faut jamais prioriser un déconfinement

Dans le cours de français

Que priorisera le gouvernement du Québec, lorsqu’il commandera le début du déconfinement ?

Priorisera. Du verbe prioriser. Croyez-le ou non, après toutes ces années d’enseignement et de journalisme, c’est la première fois que j’emploie ce verbe dans une de mes phrases. C’est que malgré son emploi fréquent dans tous les médias, ainsi que dans plusieurs ouvrages littéraires, ce n’est qu’en 2014 qu’il a fait son entrée dans le Robert et dans le Larousse. L’Office québécois de la langue française accepte maintenant son utilisation, sans toutefois la recommander. L’Académie française, de son côté, continue de proscrire le verbe prioriser.

Jusqu’en 2014, le Multidictionnaire de la langue française, un ouvrage de référence québécois, était le seul dictionnaire spécialisé dans la langue de Molière à permettre son utilisation, soulignant cependant son impropriété.

Alors, que priorisera le gouvernement du Québec, lorsqu’il commandera le début du déconfinement ?

Déconfinement ? Vraiment ? Sachez que le verbe déconfiner n’est présent que dans le dictionnaire de l’encyclopédie Universalis. Le nom déconfinement est absent de tous les ouvrages et aucun organisme voué au bon emploi de la langue française ne fait mention de son existence. Il faudra donc attendre avant de pouvoir l’utiliser correctement, n’en déplaise aux scribes québécois.

#LeProfCorrige

Je reprends encore ma question :

À quels secteurs d’activité le gouvernement du Québec donnera-t-il priorité, lorsqu’il commandera la fin graduelle du confinement ?

Je l’ignore autant que vous !


Dans le cours d’éthique et culture religieuse

S’il est une leçon que la tragédie du Walmart de Sherbrooke nous permet de tirer, c’est qu’il faut s’abstenir de juger et de tirer des conclusions quand on n’a pas tous les éléments en main. Celui que la société avait déjà condamné, lui accolant une multitude de qualificatifs haineux, verra possiblement toutes les accusations déposées contre lui être levées, pour cause de légitime défense.

C’est la raison pour laquelle je m’abstiendrai de mentionner quoi que ce soit sur les propriétaires et administrateurs du CHSLD Herron. Je laisserai plutôt les trois enquêtes suivre leur cours et attendrai leurs conclusions.

Mais les faits demeurent : il y a plus d’une trentaine de résidents de cet établissement qui, en l’espace de quelques jours, sont décédés de la COVID-19. Et cette nouvelle s’est avérée le point de départ d’une série d’histoires d’horreur en CHSLD, dont l’actualité a été ponctuée tout au long de la semaine.

Le mahatma Gandhi a déclaré un jour qu’on reconnaît le degré de civilisation d’un peuple à la manière dont il traite ses animaux. Je m’inscris en faux contre cette affirmation de ce personnage pourtant admirable. Selon moi, le degré de civilisation d’un peuple se mesure à la manière dont il traite ses enfants et ses aînés.

Sauf quelques rares exceptions, les Québécois traitent bien leurs animaux. Et j’aurai certainement l’occasion de revenir, au gré de l’actualité des prochains mois, sur notre façon de traiter nos enfants. Sur la manière de traiter nos aînés, le chat commence à sortir du sac et les premiers constats ne sont guère reluisants. Comme si, durant plusieurs années, nous avions fermé individuellement les yeux sur des situations gênantes qui, une ou deux générations plus tard, éclatent au grand jour et nous plongent collectivement dans la honte.

Mais je vous rappelle que je ne dispose présentement pas de tous les éléments et que, par conséquent, il m’est difficile d’exprimer ici une position juste et crédible. Je laisserai donc parler quelques chiffres.


Dans le cours de mathématiques

Nous nous attarderons aux statistiques. Ensuite, nous verrons s’il y a lieu d’établir une corrélation avec l’opinion de certains experts.

Hier midi, j’ai lancé une recherche visant à comparer les fameuses courbes dont il est abondamment question, depuis le début de la crise. Un élément a d’abord retenu mon attention. Il se trouve sur le graphique suivant, qui illustre le nombre de personnes atteintes du coronavirus, par bloc de 100 000 habitants.

Je suis demeuré étonné de constater à quel point la courbe du Québec se confond avec celle des États-Unis. Je rappelle que depuis le début, on entend dire que la situation est sous contrôle au Québec, alors que celle de nos voisins du Sud semble beaucoup plus chaotique, selon différents bulletins de nouvelles. Les deux courbes sont même supérieures à celles de la France et de l’Italie, dont les réalités nous ont effrayés quelques semaines avant l’éclosion chez nous.

La courbe du Canada, malgré qu’elle inclue celle du Québec, s’approche de celles des états les moins touchés dans la catégorie.

Voyons maintenant les courbes illustrant le nombre de décès par 100 000 habitants. (Source : radio-canada.ca)

Ici, deux réalités. D’abord, si on se fie au premier tableau, il est évident que toutes proportions gardées, on meurt moins au Québec qu’en Espagne, en Italie, en France et aux États-Unis, ce dernier pays nous ayant récemment distancés à ce chapitre.

Le deuxième tableau, celui des mortalités canadiennes, nous montre une courbe québécoise beaucoup plus élevée et moins linéaire que la moyenne du pays. Notons que seulement quatre provinces apparaissent sur ce diagramme, les six autres et les trois territoires ne présentant pas la combinaison minimale de 1000 cas et 10 décès pour en faire partie. Leurs statistiques sont cependant incluses dans la courbe du Canada.

Il y a lieu de s’interroger sur la part importante de cas et de décès au Québec, comparé au reste du Canada. Dans les deux cas, en date d’hier, on parle de 53% du total canadien. François Legault a fourni un premier argument plausible lorsqu’il a mentionné que notre semaine de relâche était arrivée à un bien mauvais moment. Et il est vrai que les quatre premiers décès, survenus dans une résidence pour retraités de Lanoraie, sont directement reliés à une seule personne infectée lors d’un voyage, durant la relâche scolaire.

Une autre statistique, dévoilée au Téléjournal de Radio-Canada d’hier soir, ajoute une explication importante. Au Québec, 70% des décès liés à la COVID-19 concernent des gens vivant dans des résidences pour aînés, qui incluent les CHSLD. Et retenez bien ce qui suit : au Canada, 6% des aînés vivent dans de telles résidences. Au Québec, cette proportion grimpe à 20%.


Dans le cours d’éthique et culture religieuse, deuxième période

Ici, on parle de choix de société. Un aîné sur cinq est parqué dans une résidence, alors que le reste du Canada favorise, et de loin, les soins gériatriques à domicile. Il est maintenant clair que ceci pèse lourd dans les statistiques québécoises. A-t-on négligé les CHSLD dans les budgets du ministère de la Santé et des Services sociaux ? Chose certaine, ils ont réussi à garder la tête hors de l’eau, jusqu’à la présente crise. Mais maintenant, comme je mentionnais plus haut, la gêne individuelle fait place à la honte collective.

Cette semaine, Yves Boisvert a publié un excellent texte sur les dérapages du système et sa sortie de piste en ce temps de crise. Dans sa chronique, il cite deux médecins qui n’évoquent rien de moins qu’un génocide gériatrique au Québec.

Je refuse de croire que nous en sommes là. Mais il faut agir. Et vite.


Dans le cours de mathématiques, deuxième période

Chaque année, lorsque j’enseigne les diagrammes à mes élèves, mon préféré demeure le diagramme en arbre. C’est à partir de tels diagrammes qu’on bâtit les algorithmes des programmes informatiques, incluant les jeux vidéos, ainsi que les romans dont vous êtes le héros. Ils sont aussi très utiles pour le calcul des probabilités.

Et ils constituent également le modèle de base de tout organigramme. À ce sujet, je vous invite à jeter un œil sur l’organigramme du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. Quand ce sera fait, vous comprendrez sans doute la lourdeur du système, pourquoi n’importe quelle décision risque de se perdre dans les méandres de ces nombreux paliers. Et je devine que c’est souvent ce qui arrive.

Pour paraphraser la devise d’une défunte institution québécoise, c’est pas parce qu’on rit que c’est drôle.


Dans le cours de musique

Cette semaine, je vous suggère une pièce du violoniste Alexandre Da Costa, tirée de son album Stradivarius BaROCK. Alexandre Da Costa est un virtuose montréalais de 41 ans, qui cumule déjà plus de 30 années de récitals et d’études musicales. Dans cet album, paru l’automne dernier, il mêle allègrement le rythme au classique, appuyé par quelques belles voix locales, dont La Bronze et Bruno Pelletier.

Dans l’extrait que je vous propose, le titre parle de lui-même : Toccate & Boogie. À quoi ressemblerait l’une des œuvres les plus connues de Bach si on lui accolait un rythme de piano afro-américain du siècle dernier ? Je vous laisse le découvrir ! En ce qui me concerne, le résultat est très intéressant.

#musiquebleue


La bonne nouvelle de cette semaine

Moins de 24 heures après le cri du cœur du premier ministre François Legault, ce sont plus de 2000 médecins spécialistes qui ont répondu à son appel et qui se présenteront dans les CHSLD pour combler les besoins en main-d’œuvre. Ils acceptent ainsi d’effectuer des tâches pour lesquelles ils se savent surqualifiés. C’est tout à leur honneur.

Mesdames, messieurs, bravo et merci.

Billet du 13 mars 2020 : Un retour de relâche occupé

Dans le cours de français

Il y a des semaines comme ça. On ne cherche pas et on trouve. Comme un pêcheur qui jette son filet à l’eau le temps de le nettoyer, mais qui l’en ressort contenant une manne abondante. Twitter m’a fourni beaucoup de matériel à correction, en seulement quelques coups d’oeil.

#LeProfCorrige

Ici, il aurait fallu lire « mon discours vous a convaincus », avec un S à convaincus. Le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir s’accorde avec le complément direct qui le précède. Dans ce cas, le complément direct est le pronom vous, qui réfère aux jeunes du PQ. Il est donc masculin pluriel.

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#LeProfCorrige

Ici, il aurait fallu voir « Envoyez un message » et non « Envoyer un message ». Dans ce contexte, au départ, l’impératif est préférable à l’emploi de l’infinitif. Quand, en plus, on conjugue un autre verbe à l’impératif dans la même phrase, soit dites-lui, utiliser l’impératif pour le premier verbe devient… impératif !

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Un franglais douteux

Je m’interroge sur l’emploi de l’expression « Education Center », en anglais, dans une publication en français du musée d’Orsay, une institution bien parisienne. Comme il s’agit d’un centre pédagogique, tel que rapporté dans plusieurs médias de France, pourquoi ne pas l’avoir présenté comme tel ? L’appellation anglaise est définitivement inutile, ici.

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Un franglais plus que douteux

Ici, « harmonieux » mélange de mauvaise traduction et de fautes de français. Que les Sénateurs d’Ottawa prennent soin de s’adresser dans leur langue à leurs partisans francophones démontre une bonne intention. Mais comme disait ma grand-mère, tout ce qui mérite d’être fait mérite d’être bien fait.

Il leur aura fallu deux heures avant de corriger, mais la formation de la LNH a finalement fait amende honorable en publiant de nouveau le message, cette fois dans un bien meilleur français. Une erreur de conjugaison est cependant demeurée et je leur ai signifié.

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Dans la semaine de relâche

L’enseignant skieur que je suis a bien profité de sa relâche scolaire, la semaine dernière, pour pratiquer son sport d’hiver préféré. Une employée de la station Mont-Tremblant a voulu me complimenter, au moment où j’allais m’asseoir dans le remonte-pente, en me qualifiant de « sexy senior », ou aîné sexy.

J’en ai été flatté à 50%.

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Coronavirus

La crise du COVID-19 donne lieu à de bonnes blagues sur les réseaux sociaux. J’en ai retenu deux, que je relaie ici :

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La bonne nouvelle de cette semaine

Une jeune skieuse de 19 ans a eu la vie sauve grâce au sang froid d’un de ses collègues de travail, lundi, dans les Alpes françaises. Descendant la piste en tête d’un groupe de cinq skieurs, la jeune femme a chuté et s’est retrouvée enterrée tête première sous une épaisse couche de neige dont elle était incapable de se dégager.

Le collègue, âgé de 23 ans, est rapidement arrivé sur les lieux. Avec l’aide d’une pelle portative et d’un autre skieur, il a pu sortir son amie de sa fâcheuse position avant que l’air ne lui manque complètement. Une caméra fixée sur le casque du sauveteur a filmé toute la scène.

C’était le deuxième sauvetage du genre en un mois, dans les Alpes. Le premier s’était déroulé du côté suisse.

Billet du 6 mars 2020 : Des partisans (ou des supporters) qui montrent des signes d’impatience

Dans le cours de français

Voici une publication de Raymond Filion, journaliste à TVA, parue sur Twitter, lundi :

#LeProfCorrige

Ici, mis à part une virgule qui aurait dû se trouver après la fermeture des guillemets, plutôt qu’avant, il n’y a pas de faute. Malheureusement, aurais-je envie d’ajouter. Parce que le mot supporters, employé ici par Monsieur Filion, est un anglicisme accepté dans la plupart des ouvrages de référence sur la langue française, même si plusieurs autres mots auraient pu être utilisés en lieu et place.

Ainsi, on aurait pu lire partisans, sympathisants, militants ou même supporteurs. Le mot supporteur, bien que calqué sur supporter, possède au moins le mérite d’avoir été francisé dans son orthographe.

Dans le cours de mathématiques

C’est de statistiques dont il sera question dans cette rubrique. Parce que plus tôt cette semaine, le directeur général du Canadien de Montréal, Marc Bergevin, a suscité des commentaires mitigés chez ses partisans en confirmant les retours de Claude Julien et de Trevor Timmins, la saison prochaine, en plus d’affirmer que Carey Price et Shea Weber étaient avec l’équipe pour y rester.

Contrairement à d’autres, je vois la chose plutôt positivement, malgré une interrogation.

Voici ce que j’en pense. D’abord, Marc Bergevin doit rester. Il s’est doté d’un plan avec un échéancier de cinq ans, et il n’en est qu’au milieu. L’organisation, Geoff Molson en tête, a approuvé ce plan. La moindre des choses serait de laisser toutes les chances à Bergevin de le mener à terme.

Ensuite, Claude Julien. On peut le critiquer, lui reprocher certaines décisions et même le trouver responsable de quelques-unes des défaites de l’équipe. La question qu’il faut se poser est la suivante : compte tenu de l’alignement dont il dispose, un autre entraîneur aurait-il fait mieux que lui ? En toute honnêteté, il faut répondre par la négative. Pas mieux de façon significative, en tout cas. Je suis donc d’avis que Julien doit demeurer en poste.

En Price et Weber, le Canadien trouve ses piliers, ses leaders, ses repères. S’il faut de jeunes guerriers dans une formation, il faut aussi une stabilité et des vétérans fiables. Bergevin doit donc trouver le moyen de les garder à Montréal, mais aussi de s’assurer de les garder heureux.

Mon interrogation, vous l’aurez deviné, concerne Trevor Timmins, le directeur du recrutement de l’équipe. Voici quelques statistiques en lien avec son travail.

Timmins a été embauché durant la saison 2002-2003. Sa première cuvée fut donc celle du repêchage de juin 2003. Depuis cette séance de repêchage, le Club de hockey Canadien et Trevor Timmins ont repêché 127 joueurs. De ce nombre, 47 ont joué au moins un match dans la LNH, pour une proportion de 37%. Un peu plus d’un joueur sur trois, c’est quand même très bien, quand on le regarde sous cet angle.

Cependant, si je ne considère que ceux qui ont joué 240 matchs et plus dans la LNH, soit l’équivalent de trois saisons ou plus, ce nombre de joueurs passe de 47 à 21.

Et c’est là que ça devient très inquiétant, parce que sur ces 21 joueurs qui ont joué 240 matchs et plus dans la LNH, 17 ont été repêchés lors des cinq premières séances de Timmins, de 2003 à 2007, alors qu’entre 2008 et 2019, soit en douze séances, sa récolte de joueurs ayant su s’implanter à long terme dans le circuit Bettman n’est que de quatre. Ce sont Brendan Gallagher, Nathan Beaulieu (maintenant avec Winnipeg), Alex Galchenyuk (maintenant avec Minnesota) et Artturi Lehkonen.

Il est pratiquement acquis que Mikhaïl Sergachev (maintenant avec Tampa Bay) et Victor Mete rejoindront ce groupe sous peu. Du reste, Ryan Poehling, Cale Fleury et Jesperi Kotkaniemi présentent d’excellentes chances d’y parvenir. Il demeure selon moi trop tôt pour évaluer les probabilités de Cayden Primeau, Jesse Ylönen, Cole Caufield et les autres joueurs réclamés lors des trois derniers repêchages.

Certains diront que c’est l’organisation du Canadien qui n’a pas su développer ses joueurs convenablement. Je n’endosse cette affirmation qu’en partie. Elle ne peut, à elle seule, expliquer d’aussi maigres statistiques.

À moins d’en refiler quelques-uns via des transactions, le Canadien disposera de 14 choix lors du prochain repêchage. C’est autant d’occasions pour Trevor Timmins de frapper un grand coup. Et surtout, d’améliorer ses statistiques.

Dans le cours de musique

Pur bonheur pour mes oreilles et pour mes yeux, dimanche dernier, alors que j’ai assisté au concert de la compositrice Alexandra Stréliski, dans le cadre de sa tournée Inscape. Déjà conquis par son immense talent, ses trois Félix remportés au dernier gala de l’ADISQ en illustrent une consécration, j’ai été séduit par sa sensibilité, son humour, ainsi que par la créativité de l’ensemble de son équipe de tournée.

Vous hésitiez à vous rendre assister à un de ses spectacles ? Offrez-vous ce plaisir, gâtez-vous. Son calendrier de tournée l’amènera dans plusieurs régions du Québec, au cours des prochains mois.

La bonne nouvelle de cette semaine

Mon choix s’arrête sur ce chauffeur d’autobus qui, spontanément, a interrompu son travail pour faire plaisir à une petite fille qui s’apprêtait à monter dans son véhicule. Alors que la fillette venait de lui indiquer que sa chanson préférée était Shake It Off, de Taylor Swift, voyez comment le conducteur a réagi :

Il en faut souvent peu pour rendre quelqu’un heureux. Cet homme l’a bien compris !

Billet du 28 février 2020 : Le français d’Emmanuelle Latraverse

Dans le cours de français

Emmanuelle Latraverse, journaliste à TVA/LCN, est à mon avis une professionnelle de l’information hors pair. Elle sait analyser, apporter un éclairage nouveau, trouver et présenter la nouvelle. La seule chose que je puisse lui reprocher, c’est de ne pas se relire avant de publier. Il est donc fréquent de trouver des erreurs de français dans ses publications.

Ayant découvert ceci il y a déjà quelque temps, j’ai songé à me rendre explorer son compte Twitter, afin de trouver des phrases à faire corriger par mes élèves de 6e année, dans le cadre d’une activité en classe. La manne s’est avérée plutôt abondante. Pour la période allant du 18 au 21 février, j’ai retenu pas moins de cinq publications, que mes élèves ont analysées.

Si pour certaines d’entre elles on constate des erreurs orthographiques ou grammaticales évidentes, d’autres affichent plutôt des coquilles, qu’un langage plus populaire qualifie de fautes de frappe. Quoi qu’il en soit, une relecture avant publication aurait certainement pu permettre à Madame Latraverse d’identifier les erreurs et de les corriger. C’est là un des messages que j’ai transmis à mes élèves.

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire « des chefs héréditaires », plutôt que « de chefs héréditaires ». Mais surtout, on aurait dû lire « l’injustice subie », plutôt que « l’injustice subies ». Le participe passé s’accorde avec injustice, qui est féminin singulier et non féminin pluriel.

Pour les quatre autres, un clic sur le mot Ici vous mènera directement à la publication concernée, sur le compte Twitter d’Emmanuelle Latraverse.

Ici, on aurait dû lire « pour rencontrer les Mohawks », plutôt que « pour rencontre les Mohwks ».

Ici, on aurait dû lire « se rendra à Smithers », plutôt que « ne rendra à Smithers ».

Ici, on aurait dû lire « Il y en a qui ont une haute opinion d’eux-mêmes. », avec un trait d’union, un s à la fin d’eux-mêmes et un point final, plutôt que « Il y en a qui ont une haute opinion d’eux même ….. », avec cinq points qui ne constituent pas un signe de ponctuation.

Finalement, ici, on aurait dû lire « du climat explosif », plutôt que « d climat explosif ».

Dans le cours d’art dramatique

Comme plusieurs, je suis demeuré perplexe, cette semaine, quand j’ai appris que suite à la plainte d’un parent, une enseignante d’art dramatique d’une école de Montréal avait retiré la chanson Les 100 000 façons de tuer un homme, de Félix Leclerc, d’un projet qu’elle travaillait avec ses élèves. Sous forme de satire, le texte de cette chanson conclut que la meilleure manière de détruire un être humain est d’en faire un chômeur. C’est là, semble-t-il, que le parent en question a accroché.

Bien que j’aurais moi-même agi différemment, j’estime que l’enseignante a pris une bonne décision. Dans un contexte où on doit réagir à une plainte, particulièrement dans le milieu de l’éducation, le fait de choisir ses combats et d’éviter les vagues peut constituer une très sage décision. Mais je trouve dommage que l’on rate une si belle occasion de promouvoir un des plus grands poètes québécois.

À partir du moment où les mots conviennent, chaque phrase peut révéler un sens que même un élève d’âge primaire peut comprendre, si on prend le temps de lui expliquer ou, encore mieux, de le lui faire découvrir. Cette nouvelle m’a rappelé une histoire similaire, survenue il y a une dizaine d’années, quand un enseignant ou une enseignante avait revu les paroles de L’Hymne à l’amour, d’Édith Piaf, en y remplaçant la finale « Dieu réunit ceux qui s’aiment », afin de rendre la chanson politiquement correcte face à toutes les croyances. Ceci avait également soulevé tout un tollé dans la population.

Je me souviens que j’avais alors fait écouter la chanson à mes élèves, dans sa version originale, comme amorce d’une discussion sur la nouvelle. Bien sûr, j’en avais aussi profité pour expliquer qui était Édith Piaf.

Et si je faisais la même chose avec Les 100 000 façons de tuer un homme ?

Dans le cours d’univers social (ou quand Andrew Scheer lève son verre à la Pat’Patrouille)

Le premier ministre du Québec, François Legault, a aussi réagi à la nouvelle mentionnée plus haut. Il déplorait la décision de retirer cette chanson de Félix Leclerc. Mais une autre personnalité politique, dans un autre dossier, s’est également portée à la défense d’un élément culturel s’adressant aux enfants, cette semaine.

En effet, Andrew Scheer, chef du Parti conservateur du Canada, a sévèrement critiqué la CBC, lui reprochant d’avoir cité un professeur d’université qui s’interrogeait sur un aspect qui, selon lui, faisait l’éloge du capitalisme dans l’émission Pat’Patrouille.

Loin de moi l’idée de m’exprimer sur qui a tort et qui a raison dans ce dossier. Mais je dois admettre que j’ai souri quand j’ai vu Monsieur Scheer lever son verre à la Pat’Patrouille, à la fin de son laïus.

Lien vers la défense de la Pat’Patrouille et du capitalisme, par Andrew Scheer.

La nouvelle heureuse de cette semaine

À partir d’aujourd’hui, j’inclurai une bonne nouvelle dans mon billet hebdomadaire. La tentation était forte de revenir avec l’histoire de David Ayres, ce conducteur de surfaceuse qui a connu son heure de gloire, samedi dernier, en relevant les deux gardiens de but blessés des Hurricanes de la Caroline et en remportant le match face aux Maple Leafs, à Toronto. Mais tout a déjà été mentionné sur ce sujet.

J’aborderai plutôt une statistique intéressante qui donne un côté agréable et positif, ne serait-ce que pour l’économie, à une importante accumulation de neige. La National Ski Area Association a en effet rendu son rapport annuel, la semaine dernière. Selon ce qu’on y découvre, la saison 2018-2019 se classe au 4e rang des 40 dernières années au niveau de l’affluence dans les stations de ski, en Amérique du Nord. Pas moins de 59 343 000 skieuses et skieurs ont ainsi pu pratiquer leur sport favori, l’hiver dernier.

Et j’en suis ! Certaines stations québécoises sont d’ailleurs demeurées ouvertes jusqu’à la Fête des mères, en mai de l’an dernier. L’importante chute de ce jeudi permettra certainement à la saison actuelle de prendre une sérieuse option sur le haut de ce classement, dans le prochain rapport annuel.

Mais il y a quand même quelque chose que je trouve fantastique dans l’histoire de David Ayres. Cet homme s’est levé, samedi matin, et a vécu sa journée comme il vivait toutes les autres, sans se douter que la soirée lui réservait un événement qui ferait en sorte que toute l’Amérique du Nord allait le connaître, avantageusement, dès le lendemain !

Bonne relâche !

Être enseignant, c’est aussi parfois accompagner ses élèves à différentes sorties. Ainsi, le 13 février dernier, nous avons profité d’une magnifique journée d’hiver pour aller prendre l’air dans une station de glisse des Laurentides. Certains élèves ont déjà mentionné qu’ils allaient profiter de la semaine de relâche scolaire pour y retourner, cette fois en famille.

Allez ! C’est le temps d’une pause. À bientôt.