Billet du 6 novembre 2026 : Que signifie au juste protéger la langue française ?

Paul St-Pierre Plamondon (PSPP) a envoyé une lettre aux dignitaires de l’Union européenne, présents à Montréal la semaine dernière, pour expliquer son absence au sommet et les raisons qui l’ont incité à prendre cette décision. Je ne commenterai ni l’absence ni les raisons évoquées par le premier ministre. À défaut de critiquer le fond, je me concentrerai sur la forme. Dans cette lettre de deux pages, plusieurs erreurs de français ont été relevées.

C’est là que je sors de ma réserve et que mon billet quinzomadaire replonge dans un côté politique délaissé depuis quelques années, au profit d’un engagement presque exclusivement consacré aux sujets touchant l’éducation. Il y a plusieurs éléments que je refuse de passer sous silence, tant pour la nouvelle que pour son traitement.

Premièrement, la promotion d’un français bien parlé et bien écrit est un cheval de bataille que je mène depuis longtemps, que ce soit de façon personnelle ou comme pédagogue. Ceci m’a valu une célébrité bien involontaire et heureusement éphémère, lors de la campagne électorale québécoise de 2018. Durant toute cette campagne, j’ai corrigé les fautes dans les publications des personnes candidates des principaux partis, créant le mot-clic #LeProfCorrige et me soumettant à une série d’entrevues médiatiques. L’initiative est partie quand le chef du Parti québécois de l’époque, Jean-François Lisée, avait publié sur Twitter que le PQ était le seul parti capable de bien défendre la langue française, laissant passer dans ce même gazouillis une grossière faute d’orthographe. Aujourd’hui, huit ans plus tard, c’est le chef de ce parti, qui continue de se présenter comme le plus ardent défenseur et promoteur du français en Amérique du Nord, qui a failli en ce sens dès ses débuts comme premier ministre, et à l’international en plus.

Un internaute, Rémi Chapadeau, a relevé 43 erreurs de français dans la missive signée par PSPP. Vous les trouverez dans le deuxième bloc de ce billet. Si certaines de ces erreurs sont flagrantes, d’autres sont subtiles, voire acceptables dans un contexte plus familier, mais certainement pas dans un document officiel.

Deuxièmement, si le manque de rigueur rédactionnelle du premier ministre a suscité quelques réactions sur les réseaux sociaux, il en a été tout autrement dans les médias traditionnels, où on s’est contenté de relayer et commenter le fond du message, sans se préoccuper de la forme. En réalité, c’est seulement Mario Dumont qui, à l’antenne de QUB Radio, a mentionné la présence d’erreurs dans ce document. 1

C’est ce qui m’a amené à me poser cette question : si le français mal parlé et mal écrit ne fait plus réagir, si on ne se préoccupe plus de le parler et de l’écrire correctement, que signifie au juste protéger la langue française ?

Je sens qu’il se trouve de moins en moins de personnes pouvant me répondre de manière crédible.

1 Extrait de l’émission de Mario Dumont diffusée sur QUB, le vendredi 30 octobre 2026


Les corrections de Rémi Chapadeau

LA LETTRE

Grammaire.

1. «L’exemple […] en sont un bon exemple» → «en est». Et un exemple qui est un exemple, c’est un pléonasme.
2. «transmettre l’information aux provinces et lui donner une place» → «leur donner».
3. «de transmettre […] et leur donner» → «et de leur donner».
4. «d’accentuer et raffermir» → «d’accentuer et de raffermir».
5. «un nouveau gouvernement pour les représenter qui a un agenda clair» → «un nouveau gouvernement qui a […] pour les représenter».
6. «la communauté européenne avec qui» → «avec laquelle». «Qui» désigne des personnes.
7. «les ententes […] relèvent des provinces lorsque celles-ci tombent dans leurs champs de compétence». «Celles-ci» renvoie aux provinces, pas aux ententes.
8. «ni chaise à la table, ni l’occasion» → pas de virgule devant le second «ni».

Ponctuation.

9. «qui le plus souvent, de ce côté-ci de l’Atlantique, touchent» → «qui, le plus souvent, de ce côté-ci de l’Atlantique, touchent».
10. «des ressources naturelles qui demeurent des compétences exclusives» → virgule avant «qui», sinon seules les ressources naturelles seraient exclusives.
11. «Nous constatons que dans le cadre de ce sommet,» → «que, dans le cadre de ce sommet,».

Vocabulaire.

12. «a dû, sans doute,» → pléonasme. «A dû» exprime déjà la probabilité.
13. «à travers le temps» → «au fil du temps».
14. «un agenda clair» → «un programme clair».
15. «accentuer nos relations» → «resserrer nos relations».
16. «agit comme porte d’entrée» → «sert de porte d’entrée».
17. «les juridictions les plus européennes» → «les territoires» ou «les États».
18. «notre propension à maîtriser plusieurs langues» → «notre aptitude». Une propension est un penchant.
19. «nos intérêts mutuels» → «nos intérêts communs».
20. «les canaux de communications» → «de communication».
21. «une foule de sujets» → registre familier dans une lettre d’État.

Noms et cohérence.

22. «la communauté européenne» → l’Union européenne. La Communauté européenne n’existe plus.
23. «table des négociations», puis «table de négociations».
24. «champs de compétence», puis «champs de compétences».
25. «21e sommet», puis «activités du Sommet».
26. « »Alliance pour l’avenir »» → deux apostrophes et un guillemet droit au lieu de «Alliance pour l’avenir».
27. «l’AECG» → sigle jamais expliqué.
28. Aucun appel, aucun destinataire nommé.

LES RÉSEAU SOCIAUX

1. «l’offre de Mark Carney d’obtenir le droit de m’assoir» → tel qu’écrit, c’est Carney qui obtient le droit. «L’offre de m’accorder le droit».
2. «en échange d’obtenir de meilleurs sièges» → «en échange de meilleurs sièges».
3. «de représenter et protéger» → «et de protéger».
4. «l’invitation pour une discussion» → «l’invitation à une discussion».
5. «pour ouvrir ces canaux de discussion pour la suite» → deux «pour», et «ces canaux» ne renvoie à rien.
6. «à cet effet» → veut dire «dans ce but». Le sens voulu est «à ce sujet».
7. «À ce titre, j’enverrai» → veut dire «en cette qualité». Le sens voulu est «à cette fin».
8. «dans la position de premier ministre» → calque de l’anglais. «À la place du premier ministre».
9. «La réalité est que» → calque de l’anglais. «En réalité».
10. «des ententes qui impliquent l’Europe» → «qui concernent l’Europe».
11. «J’ai pris la plume et j’ai écrit» → pléonasme.
12. «invisibilisation» → néologisme absent des dictionnaires usuels.
13. «Québec» deux fois dans la même phrase.
14. «donc» deux fois en deux paragraphes.
15. «Bloc Québécois» → «Bloc québécois», selon l’usage français.

Source : Facebook Rémi Chapadeau


Dans mes haut-parleurs

Autrice-compositrice-interprète d’origine wendat, Sandrine Masse puise dans ses racines, sa culture et ses expériences pour créer une musique où se rencontrent folk, chanson et sonorités traditionnelles. Réalisé par Catherine Major, son troisième micro-album, Les veilleuses, aborde des thèmes parfois difficiles, notamment la violence et le silence. Un univers musical sensible, profondément humain, où la parole contribue à reconstruire ce qui a été fragilisé.

Voici la magnifique pièce Les soufflées.

Sandrine Masse – Les soufflées – Les veilleuses – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Il suffit parfois d’une table, de quelques ingrédients et d’un peu de temps partagé pour rapprocher des personnes que les générations séparent. Ici comme ailleurs, les cuisines collectives intergénérationnelles proposent bien davantage qu’une façon économique de préparer des repas. Les plus jeunes y découvrent des recettes et des savoir-faire transmis par leurs aînés, tandis que ces derniers trouvent une occasion de partager leur expérience et de briser l’isolement. À Barcelone, le programme Grandma’s Cooking permet ainsi aux générations de se rencontrer autour de la cuisine traditionnelle catalane, tout en favorisant la lutte contre le gaspillage alimentaire. Au Canada, certaines initiatives réunissent même de jeunes adultes et des personnes âgées aux prises avec des troubles de mémoire.

Ces initiatives nous rappellent que les solutions aux défis sociaux n’ont pas toujours besoin d’être complexes ou coûteuses. Dans une cuisine, chacun peut apporter quelque chose, qu’il s’agisse d’un savoir-faire, d’une idée ou simplement de sa présence. Les plats préparés se partagent ensuite entre les participants, mais ce qui se construit autour des fourneaux ne se mesure pas en portions. Il y a là une façon toute simple de renouer le dialogue entre les générations, de cultiver l’entraide et de redonner une place à celles et ceux que la solitude tient parfois à l’écart. On repart avec de quoi manger, mais aussi avec le sentiment d’avoir compté pour quelqu’un.

Source : Latour, Félicia, « Des cuisines collectives qui rapprochent les générations », Radio-Canada MAJ, 3 novembre 2026.


L’image d’en-tête a été générée par l’intelligence artificielle.


Billet du 9 octobre 2026 : Préparer l’avenir ou gagner l’élection ?

Depuis quelques semaines, des dizaines de milliers de jeunes Français descendent dans les rues pour dénoncer leurs conditions d’apprentissage. On réclame davantage de personnel enseignant et de professionnels, des bâtiments mieux entretenus, des classes moins surchargées et un système scolaire plus équitable. Pour financer ces mesures d’urgence destinées à améliorer les conditions d’enseignement, les organisations étudiantes appellent une enveloppe de 10 milliards d’euros.1 Selon ce qu’elles avancent, cette somme ne réglera pas l’ensemble des problèmes du système éducatif français, mais répondra simplement à certaines de ses difficultés les plus pressantes. À ces préoccupations s’ajoutent la pression des évaluations, l’incertitude entourant l’accès aux études supérieures et, depuis les premières manifestations, les tensions avec les forces policières. Ce qui au départ ne constituait qu’une contestation s’est transformé en un mouvement national remettant en question la capacité de l’État à offrir aux jeunes des conditions d’éducation à la hauteur de ses promesses.

De ce côté-ci de l’Atlantique, le portrait présente d’étonnantes similitudes. Au Québec, la pénurie de personnes enseignantes est devenue chronique. Selon des données d’avril 2026, quelque 10 110 personnes enseignaient dans les écoles publiques québécoises sans détenir la qualification légale normalement exigée.2 À cela s’ajoutent des bâtiments scolaires en mauvais état, des besoins croissants en services professionnels, des inégalités entre établissements et des inquiétudes persistantes concernant la santé psychologique des élèves. Derrière les difficultés quotidiennes des équipes-écoles se trouvent des questions qui concernent directement l’ensemble de la société : quelles conditions voulons-nous offrir aux élèves, et jusqu’où sommes-nous disposés à aller pour les garantir ?

Le phénomène dépasse largement ces deux territoires.3 En Allemagne, les pénuries de personnel et les disparités sociales préoccupent les autorités scolaires. Aux États-Unis, les inégalités de financement et les coûts des études supérieures alimentent les débats. En Corée du Sud et au Japon, la pression de performance soulève d’autres questions sur le bien-être des élèves. En Argentine et en Afrique du Sud, les difficultés de financement et d’accès aux études ont notamment donné lieu à des mobilisations étudiantes. Les manifestations ne sont pas partout aussi importantes et les problèmes ne présentent pas partout la même intensité, mais leur récurrence dans des pays aux niveaux de richesse, aux traditions politiques et aux gouvernements très différents invite à s’interroger sur une situation répandue. Force est de constater qu’à plusieurs endroits dans le monde, l’amélioration de l’éducation demande des engagements qui dépassent souvent la durée d’un mandat électoral.

C’est peut-être là que réside le véritable paradoxe politique. Promettre de régler les problèmes en éducation permet à un gouvernement de manifester sa volonté d’agir et de répondre aux préoccupations des familles. En revanche, consacrer les sommes nécessaires à des améliorations durables oblige à faire des choix budgétaires qui peuvent déplaire, alors que les bénéfices les plus importants ne seront parfois visibles que plusieurs années plus tard. Le gouvernement qui finance les transformations n’est pas nécessairement celui qui en récoltera les avantages politiques. D’où une question qui mérite d’être posée : dans une démocratie où les gouvernements sont jugés tous les quatre ou cinq ans, qui est politiquement récompensé pour avoir préparé l’avenir plutôt que pour avoir promis de le faire ? Peut-être personne. Et c’est précisément là que réside le problème.

1 Beaudouin, A., Gagnebet, P., Houot, G., Keltz, B., Korbosli, O., Lecherbonnier, S., Pommiers, E., Schittly, R., Traullé, F., Guidi, E. et Rof, G. (2026, 6 octobre). Mouvement lycéen : la mobilisation s’amplifie et agrège de nombreux soutiens. Le Monde. https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/10/06/mouvement-lyceen-la-mobilisation-s-amplifie-et-agrege-de-nombreux-soutiens_6789130_3224.html

2 Ministère de l’Éducation du Québec. (s. d.). Tableau de bord de l’éducation [Tableau de bord interactif]. Microsoft Power BI. https://app.powerbi.com/view?r=eyJrIjoiODMzYTQyYTctNTc5YS00YjJmLWEzMWQtYjhjOGUzYTM1MWFmIiwidCI6IjJjZThmYzE4LWE1YjAtNDhlYy05MjAwLTI4N2E4OTA2ODkwNCJ9

3 Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). (2026). Regards sur l’éducation 2026 : Indicateurs de l’OCDE. https://doi.org/10.1787/cba0b622-fr


#LeProfCorrige

Il y a longtemps que cette rubrique n’était pas apparue sur cette page. Alors je me gâte et je publie deux fautes de français commises par autant de nos médias.

Source : TVA Nouvelles

Votre dinde vous coûtera plus cher, aurions-nous dû lire. Ici, cher est employé comme adverbe et doit demeurer invariable. Le titre a été corrigé par Québecor après quelques heures de publication en ligne.

En voici une autre :

Source : Le Devoir

Eh oui, même Le Devoir peut laisser passer une coquille ! Comme la précédente, elle a depuis été corrigée, mais pas avant que je ne m’en empare !

Ici, on aurait dû lire le PCQ déterminé à le priver d’une majorité. Dans ce contexte, le mot déterminé est un participe passé et non un verbe à l’infinitif.


Dans mes haut-parleurs

En 1991, l’artiste franco-sénégalais MC Solaar lançait son tube Caroline. Trente-cinq ans plus tard, la chanteuse algéro-québécoise Zaho, de son vrai nom Zehira Darabid, enregistre Comme Caroline, en collaboration avec MC Solaar. Dans la chanson originale, l’homme raconte sa blessure suivant une séparation. Comme Caroline raconte la même séparation, cette fois à travers le coeur de la femme qui l’a initiée. Le concept est intéressant et le résultat se laisse écouter.

Zaho (avec MC Solaar) – Comme Caroline – Versatile – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Treize ans après Alice Munro, une autre Canadienne décroche le prestigieux prix Nobel de littérature. L’Académie suédoise a couronné jeudi Anne Carson, 76 ans, une poète et essayiste qui explore les émotions humaines à travers les grands récits de l’Antiquité. Née à Toronto, elle entretient également un lien privilégié avec Montréal, ayant enseigné à l’Université McGill de 1988 à 2002.

Voilà une belle reconnaissance pour cette créatrice hors du commun, mais aussi une nouvelle occasion de faire rayonner la littérature canadienne sur la scène internationale.


L’image d’en-tête a été générée par l’intelligence artificielle.


Billet du 30 janvier 2026 : Un préfrontal collectif

Il y a des jours où l’actualité ressemble à une salle de classe sans consignes claires : ça parle fort, ça coupe la parole, ça cherche le regard, ça teste les limites. Au cours des dernières semaines, j’ai relu ces sorties où Donald Trump rabaisse les deux derniers premiers ministres canadiens en les qualifiant de « gouverneurs », brandit des menaces tarifaires délirantes, fantasme le Groenland comme un trophée et s’invente une armoire à prix Nobel qu’on aurait, paraît-il, omis de lui remettre. On pourrait en rire, comme on rit parfois d’un élève qui pousse trop loin pour voir jusqu’où ça va. Sauf qu’ici, le tableau n’est pas celui d’une classe : c’est celui du monde.

Depuis quelques années, dans les écoles que je fréquente, on voit émerger quelque chose de précieux : on enseigne de plus en plus aux membres du personnel, et même aux élèves, les bases du fonctionnement du cerveau. Pas pour excuser tout et n’importe quoi, mais pour mieux comprendre. Pour mettre des mots sur ce qui se passe quand le système d’alarme prend toute la place, quand la quête de récompense s’emballe, et quand le frein du contrôle n’est pas encore pleinement disponible. Ce frein, c’est le lobe préfrontal, celui qui aide à inhiber, à planifier et à relativiser. On rappelle aussi une idée simple : il se consolide lentement, souvent jusqu’au milieu de la vingtaine. Alors, à l’école comme à la maison, l’adulte n’est pas seulement un témoin; il devient, pour un temps, une partie du frein, en prêtant sa patience, son recul, ses mots et sa structure.

Et c’est ici qu’il faut nuancer : un cerveau nourri à l’attention apprend vite, oui, mais il ne se met pas automatiquement à mal réagir. L’attention peut renforcer le meilleur comme le pire. Elle peut encourager la curiosité, la persévérance et l’empathie; elle peut aussi, quand elle est attachée au choc et à la domination, renforcer des réflexes de provocation, de dénigrement et de menaces. Dans le cas de Trump, ce qui frappe, c’est la constance d’un style où la visibilité semble souvent obtenue par l’escalade : rabaisser, saturer l’espace, transformer la contradiction en affront, et faire de la scène publique un endroit où il faut, coûte que coûte, rester le personnage principal.

En classe, on apprend aux élèves que l’autorégulation, c’est aussi une responsabilité : reconnaître l’émotion, nommer la menace, ralentir, choisir une réponse plutôt qu’une réaction. Et on le fait en grande partie grâce à ce frein dont je faisais mention, le lobe préfrontal, celui qui permet de reprendre le volant quand l’alarme s’allume. Peut-être que nos sociétés ont besoin du même réflexe, à grande échelle : retrouver un peu de frein, un peu de recul et un peu de jugement commun. Bref, il nous faut quelque chose comme un préfrontal collectif, une capacité partagée à ne pas confondre bruit et force. Parce qu’à force de tout ramener au statut et à la récompense immédiate, on finit par laisser l’alarme décider à notre place. Et quand notre frein collectif ne s’active pas, les Trump de ce monde n’ont même plus besoin d’arguments : l’escalade suffit.


#LeProfCorrige

Vu dans La Presse, cette semaine :

Source : La Presse

Ici, on aurait dû lire conseiller, plutôt que conseillé. C’est une faute d’orthographe d’usage que La Presse a finalement corrigée, quelques heures après la publication de la nouvelle.


Dans mes écouteurs

Mon blogue fêtera ses six ans dans quelques jours. Ma rubrique #musiquebleue est apparue quelque semaines après ses débuts, en pleine pandémie, à la suite d’une suggestion de l’auteur-compositeur-interprète Philémon Cimon, qui voulait ainsi promouvoir la musique québécoise, notamment celle des artistes émergents. Depuis, chaque semaine jusqu’en juillet 2025, puis aux deux semaines, j’ai diffusé ici une pièce musicale répondant à ces critères.

Aujourd’hui, je crois que c’est la première fois que je vous propose une chorale. Jenny est selon moi une des plus belles chansons de Richard Desjardins. Elle est ici reprise par l’ensemble vocal Les Voix Ferrées, sous la direction musicale de Gabrielle Beaulieu-Brossard.

Jenny – Les Voix Ferrées – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Cette semaine, j’ai envie de retenir une histoire où les réseaux sociaux servent, très concrètement, à remettre quelqu’un sur pied. D’après les publications relayées par Le Média Positif et ce que partage la créatrice Aya (compte @ayaa.lbns), une mobilisation de sa communauté a permis à Ivo, un homme sans-abri originaire du Brésil, de quitter la rue et d’organiser son retour dans son pays pour retrouver les siens. Une trajectoire qui rappelle qu’un élan collectif, même né d’un simple écran, peut parfois devenir un billet d’avion, une porte qui se rouvre et une seconde chance.

Ce que j’aime surtout, ici, c’est l’idée de solidarité qui se traduit en actions simples et immédiates : un coup de pouce financier, un hébergement temporaire, des démarches rendues possibles et, parfois, un retour vers sa famille. Ce n’est pas une solution miracle à l’itinérance, mais c’est un rappel précieux : quand une communauté se met en mouvement, l’aide cesse d’être un vœu pieux et devient un geste concret. Dans un monde qui s’épuise souvent à commenter, ça fait du bien de voir une histoire où l’on agit, et où un être humain retrouve un peu d’élan et de dignité.


Image d’en-tête générée par Nano Banana

Billet du 10 octobre 2025 : L’espoir au fil de l’eau

Durant trois jours cette semaine, les résidents de Blainville et de Sainte-Thérèse ont dû faire bouillir leur eau avant de la consommer. La raison ? Le niveau anormalement bas de la rivière des Mille-Îles, au point où il n’était plus possible de maintenir une quantité minimale de chlore dans le réseau d’aqueduc. À certains endroits, la rivière semble avoir disparu : un lit de boue, quelques flaques d’eau isolées, des poissons prisonniers du néant. Des résidents âgés affirment n’avoir jamais vu la rivière aussi basse de toute leur vie. Le décor qu’on admire habituellement pour ses reflets argentés et ses hérons tranquilles s’est soudain mué en paysage d’alerte. L’eau, ce fil invisible qui relie la vie, la santé et le quotidien a rappelé sa fragilité. Ce qui paraissait acquis ne l’est plus.

Cette scène, pourtant locale, résume à elle seule l’ampleur du problème. Le dérèglement climatique ne se mesure plus seulement en degrés, mais en gestes quotidiens : faire bouillir l’eau, éviter les feux à ciel ouvert, surveiller les restrictions d’arrosage. Dans une entrevue récente, David Suzuki rappelait que l’humanité a déjà franchi sept des neuf « limites planétaires » identifiées par la science, celles qu’il ne fallait surtout pas dépasser. 1 « Nous devrions être terrifiés si nous dépassons une seule de ces limites », dit-il, en appelant à des « mesures héroïques » d’ici cinq ans. Il parle de limites planétaires, mais elles se traduisent ici par des rivières à sec, des forêts surchauffées, des sols épuisés. Le monde ne s’effondre pas d’un seul coup : il s’effrite par petites fissures, si fines qu’on ne les remarque que lorsqu’elles atteignent nos robinets.

Ce n’est donc pas seulement la rivière qui s’assèche : c’est aussi la patience collective. David Suzuki croit que l’espoir réside désormais dans les collectivités locales, celles qui refusent de se taire, qui se mobilisent, qui exigent transparence et cohérence. Peut-être que le salut viendra de ces citoyens ordinaires qui observent, documentent, échangent et refusent de croire que tout est déjà perdu. Ce ne sont plus des militants au sens traditionnel du terme, mais des gens qui ont compris que la défense du vivant commence au coin de leur rue. Pendant que l’eau perd sa transparence, c’est à nous de retrouver la nôtre, avant qu’elle ne devienne définitivement trouble.

1 Champagne, É.-P. (2025, 31 août). Entrevue avec David Suzuki : « Nous devrions être terrifiés ». La Presse.


#LeProfCorrige

Le 2 octobre dernier, un titre contenant deux fautes coiffait un article publié par La Presse.

Il aurait fallu lire Les premières livraisons, le nom livraisons donnant son genre et son nombre au déterminant et à l’adjectif numéral. Le titre a fini par être corrigé, mais plus d’une journée après sa parution.


Dans mes écouteurs

En mai dernier, Stéphane Archambault lançait son premier album solo, Point. Si le son et le rythme s’avèrent plus pop que la musique traditionnelle québécoise qui l’a fait connaître, on y retrouve quand même la poésie et quelques effluves harmoniques de Mes Aïeux, dont il demeure le chanteur.

Voici la pièce Point tournant.

Stéphane Archambault – Point tournant – Point – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Parfois, la vie tient à un souffle, et ce souffle revient grâce à cinq paires de mains tendues. Le 22 août dernier, sur un terrain de balle-molle de Brossard, le lanceur François Fleury, 66 ans, s’est effondré, victime d’un arrêt cardiaque. Pendant onze longues minutes, cinq personnes — Pier-Alexandre, Cloé, Vanessa, Katerina et Gabriel — ont uni leurs forces pour refuser l’inacceptable. Tandis que les uns pompaient le cœur de François à bras nus, Gabriel courait, forçant par miracle la seule porte d’une école pour trouver un défibrillateur. Une décharge plus tard, le cœur de François repartait. Ce soir-là, la partie s’était arrêtée, mais l’esprit d’équipe, lui, n’avait jamais été aussi fort.

Quelques semaines plus tard, les héros se sont retrouvés sur le même terrain, les yeux pleins d’émotion et le cœur plus grand que jamais. François a remercié, ému, ceux qui lui avaient rendu la vie. Aujourd’hui, il parle de nature, de sa famille, de son chien Ballou et de la joie simple de respirer. Sa leçon tient en une phrase : « Quand tu es en bonne santé, tu es millionnaire. » Cette histoire n’est pas seulement celle d’une résurrection, mais celle d’une humanité qui persiste : altruiste, coopérative et tissée serré, comme une équipe qui refuse de perdre.

Source : Poirier, J.-F. (2025, 8 octobre). Mort pendant 11 minutes, un lanceur est ressuscité sur le terrain. Radio-Canada.


Billet du 16 mai 2025 : Pelleteux de mots

Chaque printemps, c’est devenu une petite tradition dans mon billet hebdomadaire : faire un détour par les nouveautés du dictionnaire Le Robert. L’édition 2026 vient tout juste d’être dévoilée, avec son lot habituel de mots fraîchement intronisés dans la grande famille du français écrit et reconnu. Plus de 150 ajouts cette année, qui témoignent des grandes préoccupations de notre époque, comme l’intelligence artificielle, les changements sociaux, les mouvements culturels… Et, bien entendu, la vitalité du parler québécois.

Parlant d’ici, deux expressions familières bien de chez nous font une entrée remarquée : pelleteux de nuages et cône orange. La première, nous la connaissons bien : elle désigne celui ou celle qui rêve en couleurs, qui élabore de grands projets irréalistes, voire un brin farfelus. Une expression savoureuse, bien implantée dans notre imaginaire collectif, et qui mérite amplement sa place dans un dictionnaire qui se veut représentatif de toute la francophonie. Quant au cône orange, disons qu’il mériterait à lui seul un chapitre entier dans notre folklore routier. Il symbolise chez nous autant les travaux interminables que la résilience (forcée) des automobilistes québécois. Qu’un objet inanimé et unanimement exaspérant se retrouve désormais dans Le Robert, ça mérite un coup de klaxon.

Mais ce n’est pas tout. Cette année, on sent clairement l’influence des nouvelles technologies : prompter entre officiellement dans le dictionnaire, non pas comme l’appareil qui aide un politicien à réciter son discours, mais comme le fait d’envoyer une requête à une intelligence artificielle (clin d’œil à mes collègues titulaires de classes qui la découvrent en pleine correction de fin d’année). On note aussi hallucination dans son sens numérique, soit une réponse erronée, mais crédible, produite par une IA. Pratique pour comprendre pourquoi votre assistant vocal insiste pour réserver un hôtel à Orange, en France, quand vous demandez des infos sur l’orange de Floride.

Du côté des nouvelles tendances sociales, plusieurs mots évoquent les réalités actuelles : chemsex, justice restaurative, microagression, apprentissage profond… Le Robert fait de plus en plus place à des réalités parfois difficiles, mais bien présentes. Et côté gastronomie, l’ouverture sur le monde continue avec l’ajout de zaatar, un mélange d’épices moyen-oriental qui gagne en popularité dans nos assiettes.

Enfin, on remarquera aussi quelques expressions familières qui font leur entrée, dont c’est carré, pour désigner quelque chose de bien organisé ou parfaitement en ordre, ainsi que mon gâté/ma gâtée, des marques d’affection bien connues au Québec, tout autant que dans le Sud de la France. Pas certain que c’est carré réussisse à détrôner notre bon vieux c’est correct, mais ces ajouts rappellent que le français, dans toute sa diversité régionale, est vivant, expressif et profondément enraciné dans les usages quotidiens.

Bref, encore une belle cuvée pour les amoureux du mot juste, du mot nouveau et du mot d’ici. Et si jamais vous êtes vous-même un pelleteux de nuages en quête de reconnaissance, sachez qu’il suffit parfois d’un bon mot et de quelques décennies d’usage populaire, pour entrer dans l’histoire lexicale.


Conseillance pédagogique en français

Sur le site de Radio-Canada :

#LeProfCorrige

Ici, il aurait fallu lire « pilule », et non « pillule ». Cette faute d’orthographe d’usage n’a pas sa raison d’être dans un texte publié sur le site de la société d’État.


Dans mes écouteurs

L’album Bruissement boréal est né de la rencontre entre la flûtiste Marie-Véronique Bourque et ma guitariste chouchou, Christine Tassan. Inspirée par les paysages du Québec et de la Saskatchewan, cette œuvre évoque le silence vibrant des grands espaces et la complicité musicale entre deux artistes à l’univers riche et complémentaire. Entre jazz, musique classique et touches de folk, l’album nous emporte dans un voyage sensoriel aussi apaisant qu’enchanteur.

Voici la pièce Bruissements.

Christine Tassan et Marie-Véronique Bourque – Bruissements – Bruissement boréal – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Une grande première vient de se produire dans le monde du baseball canadien : Ayami Sato, une lanceuse japonaise de 35 ans, vient de signer un contrat avec les Maple Leafs de Toronto, une équipe de la ligue semi-professionnelle ontarienne IBL (Intercounty Baseball League). Cette embauche est pourtant lourde de sens : Sato devient la toute première femme à évoluer dans cette ligue réservée jusqu’ici aux hommes. Couronnée à plusieurs reprises meilleure joueuse de baseball féminin au monde, elle ne débarque pas comme une curiosité médiatique, mais bien comme une athlète aguerrie au palmarès impressionnant.

Avec une balle rapide atteignant 80 milles à l’heure et une courbe redoutablement efficace, Sato a mené l’équipe nationale féminine du Japon à cinq championnats mondiaux. Son arrivée au monticule des Maple Leafs dépasse le cadre du sport : elle envoie un signal clair que les frontières du genre peuvent et doivent continuer à s’estomper là où le talent s’impose. Voilà une belle bouffée d’air frais pour les jeunes filles qui rêvent de fouler les losanges du baseball professionnel, ainsi qu’un rappel que les portes fermées ne le restent jamais éternellement.


Billet du 25 avril 2025 : Compter dans son propre filet

L’Office québécois de la langue française est ma bible. Je consulte son site plusieurs fois par semaine pour défier les difficultés de la langue française ou m’assurer du bon emploi d’un mot ou encore d’une expression. L’OQLF est mon ami.

Toutefois, comme avec n’importe quel ami, des désaccords peuvent survenir. On peut même trouver franchement exagérées certaines de ses prises de position. Comme celle d’exiger de la Société de transport de Montréal (STM) qu’elle cesse de faire défiler Go ! Habs Go ! sur les panneaux électroniques de ses autobus, ou qu’elle le remplace par une expression d’encouragement en langue française. La STM a donc traduit littéralement l’expression et affiché Allez ! Canadiens, Allez ! sur les panneaux de ses véhicules. Sacrilège, d’un côté comme de l’autre.

D’une part, Go ! Habs Go ! constitue une interjection qui nous est propre, une façon bien à nous d’encourager notre équipe locale qui participe aux séries éliminatoires pour la première fois en quatre ans. Go ! est certes un anglicisme, mais il est tout de même inclus dans certains dictionnaires de la langue française, dont le Robert. Tout le monde comprend la signification de Go !, même celles et ceux qui ne parlent pas l’anglais. Quel âge aviez-vous la première fois que vous avez compris ce que 1-2-3 Go ! voulait dire ? Si vous répondez assurément l’âge préscolaire, vous faites partie de la moyenne des gens. Même chose si vous vous délectiez du fameux Go ! Go ! Go !, crié par Yvan Ponton, au début du générique de la populaire série Lance et compte.

Habs ? C’est le diminutif d’Habitants, le surnom qu’on donnait autrefois au Club de hockey Canadien. Plusieurs personnes pensent encore, à tort, faut-il le préciser, que le « H » dans le logo de l’équipe est là pour rappeler ce surnom. Il a beau être prononcé à l’anglaise, comme on utilise Sens pour les Sénateurs d’Ottawa, le mot d’origine est bien issu de la langue française.

Quant au Allez! Canadiens Allez!, la STM en a manqué une. D’abord, je suis d’avis que l’opinion publique se serait rangée de son côté si elle avait défié l’OQLF et maintenu le Go! Habs Go!, parce que cette expression est consacrée. Ensuite, la STM aurait voulu offrir au public l’expression la plus terne et guindée pour encourager le Tricolore qu’elle n’aurait pas trouvé mieux. À la limite, elle aurait pu proposer Allez Montréal! en lui adjoignant la chanson Le but, de Loco Locass. Et pourquoi ne pas, tant qu’à y être, plonger dans la nostalgie en ramenant le traditionnel Les Canadiens sont là!, précédé ou non du fameux Halte-là!.

Vouloir trop protéger la langue, c’est parfois oublier qu’elle appartient aussi à celles et ceux qui la parlent. Ça, même l’OQLF devrait le savoir. Go ! Habs Go!


#LeProfCorrige

Dure semaine grammaticale pour les médias québécois. D’abord, chez ceux de Québecor :

Source : TVA Nouvelles

Dans l’article, dès qu’on clique sur une des icônes en forme de camion rouge, une fenêtre s’ouvre et le mot « Déchets » est transcrit avec un accent circonflexe sur le deuxième e.

Après les médias de Québecor, Radio-Canada, deux fois plutôt qu’une, a aussi fait preuve d’un manque de rigueur orthographique. Sur Internet :

Source : Radio-Canada.ca

Ici, on aurait dû lire « avait évoqué l’idée ». Le verbe évoquer conjugué au plus-que-parfait, comme c’est le cas dans ce passage de l’article, doit comprendre le participe passé et non l’infinitif.

Puis à la télévision, suite à la mort du pape :

Le mot « pontife » s’orthographie avec un e en finale. Lundi, c’est en l’absence de cette voyelle que le mot est apparu souvent et longtemps à l’écran.

La qualité du français dans les médias est un dossier beaucoup plus important qu’un Go ! Habs Go ! sur un écran d’autobus. L’OQLF devrait en prendre note.


Dans le cours de musique

Allez Montréal ! Parce que j’ai évoqué cette chanson plus haut, parce que le Canadien est en séries éliminatoires et que, tirant de l’arrière 2-0, il a besoin d’encouragements, parce que cette pièce de Loco Locass est excellente, parce qu’elle est purement québécoise et parce que, malgré l’absence de Go !, notre dialecte y est bien présent et bien mis de l’avant, voici Le but.

Loco Locass – Le but – Le but – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

À l’UQAM, Mélanie Côté-Cyr ne se contente pas d’étudier les protéines — elle les transforme en alliées de la guérison. Cette brillante doctorante en biochimie conçoit des hydrogels à base de protéines, capables de soutenir la régénération cellulaire et d’accélérer la cicatrisation des plaies. Grâce à des matériaux issus de bactéries probiotiques et à une touche d’ingéniosité, elle crée de véritables structures de soutien biologiques qui pourraient révolutionner les soins cutanés. Avec son laboratoire à la fine pointe de la recherche et un flair indéniable pour l’innovation, Mélanie tisse déjà, molécule par molécule, un avenir plus doux pour nos blessures.

Mais elle ne s’arrête pas là ! Entre deux tests en laboratoire, elle rêve aussi à des applications environnementales : et si ces mêmes nanomatériaux pouvaient servir à nettoyer la planète, en dégradant des polluants comme les microplastiques ? De la santé humaine à celle de la Terre, il n’y a qu’un peptide de distance. La science, quand elle est portée par des esprits aussi curieux qu’engagés, a décidément le don de faire du bien sur toute la ligne.


Billet du 18 avril 2025 : Panem et circenses

En ce week-end de Pâques, pendant que plusieurs se régalent de chocolat et d’un peu de repos bien mérité, je me pose une question douce-amère : que reste-t-il de notre engagement citoyen, quand la démocratie doit s’effacer poliment devant un match de hockey ?

L’expression latine panem et circenses — du pain et des jeux — provient d’un poème satirique de Juvénal, écrit au IIe siècle. Elle dénonçait la manière dont les dirigeants romains parvenaient à maintenir la paix sociale : en donnant au peuple de quoi manger et de quoi se divertir, on détournait son attention des enjeux politiques. Cette logique, vieille de près de deux millénaires, n’a rien perdu de sa pertinence. Elle s’exprime aujourd’hui sous des formes bien plus sophistiquées : consommation de masse, réseaux sociaux omniprésents, compétitions sportives mondialisées et divertissements en continu. Pendant ce temps, les enjeux profonds — inégalités sociales, crise climatique, précarité du travail — peinent à occuper l’espace public.

En Amérique du Nord, la primauté du divertissement est particulièrement marquée. Les grandes ligues sportives, comme la NFL et la LNH, génèrent des passions collectives si intenses qu’elles éclipsent souvent les débats politiques les plus fondamentaux. Au Canada, le hockey occupe une place symbolique dans l’imaginaire collectif. Parallèlement, notre filet social, aussi imparfait soit-il, joue parfois le rôle du pain : tant qu’un confort minimal est maintenu, la pression pour un changement structurel demeure limitée. Pourtant, des crises majeures, comme celle du logement ou l’épuisement du personnel dans les services publics, exigeraient une mobilisation citoyenne bien plus soutenue.

Au Québec, cette dynamique prend une forme singulière. L’identité québécoise, nourrie par une histoire particulière, est portée par des symboles affectifs puissants. Le Canadien de Montréal n’est pas qu’un club de hockey : c’est un repère culturel, un point d’ancrage transgénérationnel. Nos nombreux festivals, notre vie culturelle foisonnante et nos événements publics constituent des fiertés légitimes. Mais ces moments de célébration peuvent aussi agir comme des circenses modernes : ils créent un sentiment collectif d’appartenance et de satisfaction, sans nécessairement favoriser la réflexion sur les défis structurels que nous avons tendance à repousser — comme le sous-financement chronique des écoles, les tensions autour de la langue française ou les enjeux liés à l’intégration des nouveaux arrivants.

Un fait récent illustre bien ce glissement : en pleine campagne électorale fédérale, le débat des chefs en français a été devancé de deux heures afin de ne pas entrer en concurrence avec un match du Tricolore. Cette décision soulève une question troublante : que dit-elle de nos priorités collectives ? Quand le calendrier démocratique s’ajuste à celui du sport professionnel, n’y a-t-il pas lieu de s’interroger ? Sommes-nous, comme les citoyens de la Rome impériale, trop absorbés par nos écrans, nos spectacles et nos passions sportives pour demeurer vigilants à l’égard de ceux qui gouvernent ? À l’heure où plusieurs démocraties vacillent, il est plus que jamais nécessaire de résister à la tentation du confort intellectuel, et de réaffirmer l’importance de la participation citoyenne dans la vie publique. Ce déplacement du débat, justifié au nom de l’auditoire, a d’ailleurs suscité quelques contorsions verbales… La commission des débats des chefs a dû patiner un brin pour expliquer sa décision, et ce n’était pas sur la glace du Centre Bell.


#LeProfCorrige

Je suis convaincu que les titreurs de Radio-Canada connaissent la bonne orthographe du mot « accueil ».

Je suis cependant moins convaincu qu’ils savent bien se relire.


#musiquebleue

Quand j’étais adolescent, il fallait reculer jusqu’aux années 1930 pour trouver une chanson cinquantenaire. La musique et les paroles pouvaient exceller, mais il en était autrement de la qualité sonore de l’enregistrement, les technologies de l’époque étant alors en plein développement.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, cette semaine, l’album Si on avait besoin d’une cinquième saison, du groupe Harmonium, a célébré ses 50 ans. Il s’agissait, en 1975, d’une des premières incursions québécoises dans la musique progressive. Comme le reste de l’opus, la chanson Dixie a bien vieilli. Gâtons-nous !

Harmonium – Dixie – Si on avait besoin d’une cinquième saison – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

On a préféré perturber notre souper plutôt que le match du Canadien, mercredi, en devançant le débat des chefs, mais la Sainte-Flanelle a au moins remporté la victoire et ainsi assuré sa place en séries éliminatoires pour la première fois depuis 2021, alors qu’elle s’était rendue jusqu’en finale de la Coupe Stanley. Nous étions conscients à l’époque que c’était soit un heureux hasard, soit une conjonction astronomique remarquable. L’équipe possédait quelques bons joueurs, mais aucune profondeur. Carey Price, Shea Weber, Brendan Gallagher, Jake Evans et sûrement quelques autres jouaient en dépit d’importantes blessures et il était acquis que plusieurs éléments n’allaient pas revenir avec l’équipe l’année suivante.

Cette fois-ci, le Canadien a encore vu les portes se refermer in extremis derrière lui. Mais, contrairement à il y a quatre ans, ceci marque le début d’une longue période de succès pour la troupe de Martin St-Louis. Les joueurs sont jeunes, ils sont sous contrat pour longtemps, ils sont enthousiastes et ils ont faim. Est-ce que le précieux trophée de Lord Stanley reviendra sous peu dans la métropole québécoise, là où il s’est retrouvé 24 fois ? Peut-être. Peut-être pas. Quoi qu’il en soit, je demeure persuadé que le CH reprendra bientôt l’appellation depuis longtemps reléguée aux oubliettes : les Glorieux.


Billet du 31 janvier 2025 : De la banalisation des symboles violents à la beauté du verbe

Calvin Robinson est un prêtre anglican, commentateur politique, écrivain et animateur britannique. Ordonné dans l’Église catholique anglicane, il est connu pour ses positions conservatrices et ses apparitions médiatiques controversées sur des chaînes comme GB News. Actuellement, Robinson officie comme vicaire d’une paroisse à Grand Rapids, une ville de l’État du Michigan, après avoir quitté le Royaume-Uni pour rejoindre l’Église catholique anglicane aux États-Unis.

Mais pourquoi diable est-ce qu’il est question de lui dans mon billet de cette semaine ?

Mercredi, lors du Sommet national pro-vie à Washington, Robinson a suscité une vive controverse en imitant à son tour, une semaine après Elon Musk, un salut nazi. À la fin de son discours, où il déclarait que l’Amérique était « le seul pays à se battre pour la vie », il a placé sa main sur sa poitrine avant de tendre le bras droit, paume vers le bas, dans un geste rappelant justement le salut nazi. Ceci a été accueilli par des rires et des applaudissements du public présent. De leur côté, de nombreux observateurs ont dénoncé cet acte comme étant non seulement de mauvais goût, mais aussi potentiellement dangereux, soulignant les risques de banalisation des symboles fascistes.

Cette escalade de gestes et de symboles à connotation fasciste est profondément troublante. Le retour de Donald Trump à la présidence semble avoir ouvert une boîte de Pandore, légitimant des comportements encore récemment considérés comme inacceptables. L’incident impliquant Calvin Robinson n’est malheureusement qu’un exemple parmi tant d’autres de cette tendance alarmante. On ne peut s’empêcher de s’interroger sur les conséquences à long terme de cette banalisation des symboles d’extrême droite sur le tissu social américain et sur la démocratie elle-même. Il est crucial que nous restions vigilants et que nous condamnions fermement ces actes, car l’histoire nous a déjà montré les dangers qui guettent une société qui tolère la montée du fascisme. La frontière entre la provocation et l’adhésion réelle à ces idéologies dangereuses devient de plus en plus floue, et c’est précisément ce qui devrait nous inquiéter tous.


Dans le cours de français

Une chaîne commerciale connue dans tout le Canada tient dans ses rayons une marque de cartes de souhaits dont je tairai le nom ici. Je me contenterai de mentionner qu’au dos des cartes, il est inscrit qu’elle est produite par « une petite entreprise détenue et gérée par une femme ».

Le site web de cette entreprise nous fournit des détails supplémentaires : « Fondatrice et experte en multitâches ; mère célibataire de jumeaux adolescents et d’un animal de compagnie.  A transformé un diplôme en littérature anglaise en une entreprise. N’a pas accepté un non pour réponse lorsqu’on lui a dit qu’une femme ne pouvait pas manipuler une presse de 2 500 livres, puis a montré à une bande de compagnons comment s’y prendre. Génération X assumée. »

Jusqu’ici, je salue le travail de cette entrepreneuse. Là où ça se gâte, c’est quand on prend le temps de scruter la marchandise.

#LeProfCorrige

Sur la première carte, en admettant qu’on ferme les yeux sur j’veux (plutôt que je veux), sur je t’aime au bout (au bout’, en bon québécois) et sur le fait qu’il n’y a pas de point à la fin, il aurait fallu lire Tu es mon meilleur et non Tu est mon meilleur. Cette conjugaison est enseignée en troisième année du primaire.

Sur la deuxième carte, il aurait fallu lire Brillante et non Brilliante.

Il existe plusieurs outils pour vérifier la grammaire et l’orthographe. Là comme ailleurs, il est dommage qu’on ne se donne pas la peine de s’en prévaloir. Je refuse de donner à qui que ce soit une carte de souhaits affichant des fautes !


Dans le cours de musique

Avec Dix chansons démodées pour ceux qui ont le cœur abîmé, Pierre Lapointe tisse une œuvre à la fois nostalgique et profondément intime, où chaque note semble caresser les âmes en peine. Dans cet album, il revisite avec élégance l’esprit des grandes chansons d’autrefois, s’appuyant sur des orchestrations feutrées et une écriture ciselée qui évoquent les amours fanées, les espoirs brisés et la beauté du chagrin. Lapointe ne cherche pas à suivre les tendances, il les ignore avec panache, préférant offrir une musique qui traverse le temps plutôt que de s’y conformer. Une collection de ballades mélancoliques qui, plutôt que d’appartenir au passé, rappellent que certaines émotions, elles, ne se démoderont jamais.

Extraite de cet album lancé au cours des derniers jours, voici la pièce Hymne pour ceux qui ne s’excusent pas.

Pierre Lapointe – Hymne pour ceux qui ne s’excusent pas – Dix chansons démodées pour ceux qui ont le cœur abîmé – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Entre les lubies et les insanités de Donald Trump, et à travers les folies meurtrières de Benyamin Netanyahou, en subissant le silence inquiétant de Vladimir Poutine, il y a eu l’éclat de soleil de Chloé, la caricaturiste du Devoir. Je le dépose ici.

Il est inutile d’en écrire davantage.


Billet du 25 octobre 2024 : Les mathématiques de Bernard Drainville

Le gouvernement du Québec a récemment lancé une consultation publique pour évaluer la possibilité d’abolir le changement d’heure.1 Cette initiative, qui se déroule du 22 octobre au 1er décembre 2024, vise à recueillir les avis des citoyens sur cette pratique instaurée durant la Première Guerre mondiale. Le changement d’heure, bien qu’ayant des origines historiques, suscite aujourd’hui des débats quant à son utilité et ses impacts sur la santé, l’économie et le quotidien des Québécois.

Personnellement, je suis en faveur de l’abolition du changement d’heure et de l’adoption permanente de l’heure d’hiver, également connue sous le nom d’heure solaire ou heure normale. Cette position est soutenue par plusieurs experts québécois, dont le Dr Charles Morin, professeur de psychologie à l’Université Laval. Selon lui, le maintien de l’heure normale tout au long de l’année pourrait améliorer la qualité du sommeil et réduire les risques de troubles de l’humeur, en particulier durant les mois d’hiver.

En adoptant l’heure d’hiver de façon permanente, nous alignerions notre horloge biologique avec le cycle naturel du soleil, ce qui favoriserait un meilleur bien-être général. De plus, cette mesure pourrait avoir des effets positifs sur la productivité et la sécurité routière, en réduisant les accidents liés à la fatigue. Il est donc crucial que les citoyens participent à cette consultation pour exprimer leur opinion et contribuer à une décision éclairée.

1 Consultation publique : Le changement d’heure, devrait-on l’abolir ?


Dans le cours de français

Il est un peu décevant de constater que même Le Devoir laisse passer une telle faute dans le titre d’un des articles qu’il publie.

Je me dois cependant de préciser que l’erreur a fini par être corrigée, plusieurs heures après publication.

#LeProfCorrige

Ici, le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec le mot victimes, qui est au féminin pluriel. Il aurait fallu lire dédommagées.


Et je cite :

« J’essaie de ne pas me laisser séduire par les slogans. Nous vivons à l’époque des slogans. Précisément, chacun nous promet un petit paradis. Le seul paradis que je préconise, moi, c’est le paradis de l’individu qui a sa liberté, même dans la société actuelle et même dans une société pire.
Je refuse qu’un groupe ou une secte m’embrigade, et qu’on me dise qu’on pense mieux quand mille personnes hurlent la même chose. »

– Georges Brassens (1921 – 1981)


Dans le cours de mathématiques

À l’émission Tout le monde en parle, dimanche dernier, le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, a déclaré qu’il n’avait pour l’instant aucune intention de cesser de subventionner les écoles privées à vocation religieuse. En réponse à la comédienne Julie Le Breton, qui lui demandait si c’était parce qu’il craignait d’ouvrir la boîte de Pandore des écoles privées subventionnées à 60 % par l’État, le ministre a répondu par la négative, mais il a ensuite retourné la situation à l’envers pour justifier sa réponse. Selon lui, il est juste que les parents paient 40 % des frais scolaires de leurs enfants afin qu’ils puissent fréquenter une école privée. Il ajoute que l’arrêt des subventions aux écoles privées ne règlerait pas tous les problèmes du système public.

Là-dessus, il a raison. Ça ne règlerait pas tous les problèmes. Mais ce serait déjà un grand pas dans la bonne direction, une action qui rétablirait une grande partie des disparités entre les deux réseaux.

Ce que Drainville ne mentionne pas, c’est que les compétences du personnel enseignant s’équivalent, mais les ressources diffèrent. Les écoles privées subventionnées ont accès à des équipements technologiques de pointe, des gymnases équipés de matériel de qualité, des meubles récents et fonctionnels, ainsi que des infrastructures solides et bien entretenues.

Les écoles privées subventionnées peuvent également se permettre d’engager tout le personnel pouvant répondre aux élèves ayant des défis particuliers. Je sais aussi pertinemment bien que beaucoup d’entre elles engagent des enseignants suppléants permanents qui sont affectés à du soutien pédagogique les rares journées où tout le personnel est présent. Tout ceci alors que le réseau public subit une pénurie importante de personnel tous azimuts depuis de nombreuses années.

Drainville n’insiste pas non plus sur le fait qu’une école privée subventionnée, voire le Collège Lentendre, s’est acheté une forêt et deux chalets dans un centre de villégiature.

Finalement, Drainville ne dit pas que la province voisine, l’Ontario, dispose d’un réseau public d’éducation qui n’est certes pas sans failles, mais qui se porte incomparablement mieux que le nôtre.

Si vous avez répondu 0 %, vous avez raison. Les parents ontariens qui choisissent cette option pour leur enfant doivent en assumer 100 % des frais. C’est le pourcentage que devrait viser Drainville, à long terme, j’en conviens.


Dans le cours de musique

Le quintette Bon Enfant nous fait cadeau d’un troisième album, intitulé Demande spéciale. Avec ce groupe émergeant, nous obtenons du rock québécois à son meilleur. Pour une deuxième fois en #musiquebleue, les voici, cette fois avec la pièce Trompe-l’oeil.

Bon Enfant – Trompe-l’oeil – Demande spéciale – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Valentin, un adolescent de 17 ans vivant avec une paralysie cérébrale, a réalisé l’impensable en terminant un semi-marathon parisien. Ce jeune homme, qui n’avait jamais pu marcher auparavant, a accompli cet exploit grâce à un exosquelette de pointe développé par la compagnie française Wandercraft. Cet appareil robotique, qui soutient le corps et permet aux personnes à mobilité réduite de se déplacer, a ouvert de nouvelles perspectives à Valentin. Sa participation à cette course constitue un témoignage de la capacité de la technologie à transformer des vies et à repousser les limites du possible.

Derrière cette prouesse se cache Wandercraft, une entreprise spécialisée dans les exosquelettes de marche. Grâce à leur innovation, des milliers de personnes à travers le monde pourraient à leur tour retrouver une certaine autonomie et une meilleure qualité de vie. L’histoire de Valentin est un formidable vecteur de promotion pour cette technologie de pointe et un appel à soutenir la recherche dans ce domaine. Elle est un symbole d’espoir pour tous ceux qui luttent contre la paralysie et les troubles de la mobilité.


Billet du 20 septembre 2024 : Refoulement de fonds

Chaque année, des dizaines de millions de dollars destinés à des services essentiels dans les écoles du Québec retournent dans les coffres du gouvernement, faute d’avoir été dépensés. 1 Ces fonds, initialement alloués à des mesures protégées, comme l’aide alimentaire, le tutorat, l’acquisition de livres jeunesse ou encore les sorties culturelles, se retrouvent souvent inutilisés par les écoles en raison de règles contraignantes. Ainsi, au cours des six dernières années, près de 98 millions de dollars alloués à quarante des centres de services scolaires (CSS) et commissions scolaires de la province n’ont pas été dépensés. Par exemple, le CSS des Navigateurs a accumulé un solde de 117 948 $ sur le budget de l’aide alimentaire pour l’année 2021-2022, soit 44 % des sommes qui lui avaient été attribuées. À Montréal, le plus grand centre de services scolaires a quant à lui laissé plus de 1,26 million de dollars inutilisés pour le tutorat durant l’année scolaire 2022-2023.

Ces sommes, pourtant essentielles à la réussite scolaire, se heurtent à un labyrinthe administratif rigide, rendant impossible toute flexibilité dans l’utilisation des fonds. Les écoles qui peinent à gérer des budgets trop contraints dans certains domaines ne peuvent pas redistribuer les surplus d’une mesure protégée à une autre, et doivent par conséquent les rendre au gouvernement. Par exemple, le CSS du Lac-Saint-Jean a terminé l’année avec un excédent de 22 000 $ pour des sorties culturelles, tout en accusant un déficit d’environ 8 000 $ en aide alimentaire. Cette rigidité fait que même les initiatives les plus louables finissent par échouer face à des contraintes bureaucratiques, tout en aggravant les disparités entre les établissements.

Et pendant ce temps, le gouvernement récupère ces millions non dépensés pour financer d’autres « priorités », alors que le secteur public continue de se débattre avec des manques criants de ressources. Au lieu d’aider les élèves à réussir, l’argent prévu à cet effet finit par remplir des caisses gouvernementales au détriment du réseau des écoles publiques québécoises.

1 Goudreault, Zacharie. Des millions de dollars destinés aux élèves retournés dans les coffres du gouvernement. Le Devoir, Montréal. Le 19 septembre 2024.


Dans le cours de français

Il y a des merveilles qui circulent parfois sur les réseaux sociaux. Quelqu’un s’est amusé avec les mots et ç’a donné ceci :

Je n’ai malheureusement pas la source.


Dans le cours de français, deuxième période

Voici une photo que j’ai prise dans une pharmacie près de chez moi :

#LeProfCorrige

En fait, y a-t-il quelque chose à corriger, ici ? C’est difficile à affirmer.

Quand j’ai vu le mot champlure, j’ai tout de suite pris les dispositions pour en faire une rubrique de mon billet hebdomadaire. J’ai quand même effectué quelques vérifications.

Voici ce qu’en dit le Petit Robert :

L’ouvrage accepte donc le mot, tout en précisant son régionalisme canadien et son caractère familier.

Qu’en est-il du Larousse ? Là, rien. Le mot champlure n’y est pas mentionné, donc pas accepté.

Alors, voyons ce que l’Office québécois de la langue française (OQLF) recommande. La recherche du mot nous mène directement à robinet, sous la définition duquel on peut lire ceci :

Le mot champlure est donc toléré par l’OQLF. Son caractère familier est défini comme suit :

« L’étiquette familier signifie que le terme est employé dans des situations où l’on s’exprime sans contrainte et où l’on ne surveille pas son langage, généralement à l’oral. »

Ainsi, il n’y a pas de faute dans l’affiche que j’ai photographiée.


Dans le cours de musique

Il a fallu attendre huit longues années avant que le groupe Avec pas d’casque nous revienne avec du nouveau matériel. Cardinal, paru le 13 septembre dernier, constitue le sixième album du quatuor montréalais. Voici la première des dix plages, Mâcher tes bottes.

Avec pas d’casque – Mâcher tes bottes – Cardinal – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) ont récemment réalisé une avancée spectaculaire dans le domaine des prothèses en créant une jambe artificielle entièrement contrôlée par le cerveau. Cette prouesse technologique incroyable permet aux personnes amputées de retrouver une mobilité aussi fluide que naturelle, grâce à des électrodes implantées dans les nerfs restants. Ces électrodes captent les intentions motrices du cerveau et les transmettent instantanément à la prothèse, qui réagit en temps réel. Les patients ayant testé cette innovation parlent d’une sensation presque « miraculeuse » : ils peuvent bouger leur jambe artificielle avec une aisance qui semblait autrefois inimaginable, leur redonnant ainsi une autonomie inespérée.

Cette percée prometteuse ouvre des perspectives infinies pour les personnes amputées, car elle efface les limites des prothèses traditionnelles, souvent jugées trop rigides ou épuisantes à utiliser. Les chercheurs sont remplis d’espoir que cette technologie révolutionnaire deviendra accessible à un plus grand nombre de patients dans un futur proche, transformant de manière significative leur qualité de vie. Ce développement marque un véritable tournant dans la recherche sur les interfaces cerveau-machine, et pourrait bien être le point de départ d’une nouvelle ère pour les prothèses, apportant un changement important dans le quotidien des personnes en situation de handicap.