Journal de vacances du 30 juillet 2021

Je soupçonne que Marc Bergevin, le directeur général du Canadien de Montréal, s’imaginait que son choix controversé, en première ronde du repêchage de la LNH, allait créer une commotion qui monopoliserait l’espace médiatique durant 24 heures, 48 tout au plus. Erreur. Une semaine plus tard, le sujet fait toujours couler beaucoup d’encre et le propriétaire de l’équipe, Geoff Molson, a dû présenter des excuses publiques après avoir assumé la responsabilité de la décision.

Le joueur repêché, Logan Mailloux, aujourd’hui âgé de 18 ans, a diffusé des photos de nature sexuelle sans le consentement de la jeune femme impliquée, l’an dernier.

Ce que j’en pense personnellement se résume simplement. Je suis père d’une fille de 22 ans et d’un fils de 18 ans. Si la victime était ma fille, je serais sans pitié pour l’agresseur et utiliserais tous les moyens légaux pour qu’il s’en souvienne pour le reste de son existence. Si le coupable était mon fils, je m’assurerais qu’il comprenne la gravité de son geste, qu’il répare ce qu’il est possible de réparer, et je souhaiterais ensuite qu’il puisse vivre sa vie le plus normalement possible.

Deux poids, deux mesures ? Peut-être. Mais c’est en me plaçant dans la peau des parents des deux personnes impliquées que j’ai pu analyser le tout d’un point de vue objectif. Et dans les deux cas, je suis fâché contre le Canadien. Si je suis le père de la jeune femme, j’ai l’impression que le drame vécu par ma fille est banalisé par l’équipe de hockey la plus prestigieuse au monde. Si je suis le père de Logan Mailloux, je constate l’ampleur de la médiatisation du geste de mon fils et je réalise qu’il ne vivra probablement jamais une carrière de hockeyeur digne de son talent parce que, contrairement à plusieurs criminels, il lui sera très difficile de s’amender.

Pour Marc Bergevin, Geoff Molson et Trevor Timmins, il s’agit au mieux d’un mauvais calcul. Et au pire, d’une terrible erreur de jugement.


Lecture de vacances

J’achève la lecture de Chips! Peanuts! Cracker Jacks! 24 histoires savoureuses des Expos, du journaliste Frédéric Daigle. Lecture légère d’été pour l’enseignant en vacances et grand amateur de baseball que je suis. L’auteur a recueilli les témoignages de 24 personnes ayant gravité dans le giron de l’équipe montréalaise, au cours de ses 35 années d’existence, et les a rassemblés en autant de chapitres d’un même ouvrage. Parmi les gens interviewés, notons Roger D. Landry, décédé quelques mois plus tard.

En raison du titre, je croyais y découvrir une série d’anecdotes plus ou moins cocasses, de même que quelques potins. Je me trompais. Le bouquin relate plutôt les coulisses de plusieurs histoires touchant l’équipe. Il lève ainsi le voile sur les causes et les conséquences d’une foule d’événements connus du public, mais dont les détails étaient demeurés secrets. Si quelques passages font sourire, ce sont plutôt des querelles, des malaises et des drames qui constituent la majeure partie du contenu du livre. On y trouve aussi quelques règlements de comptes.

Si je n’ai relevé aucune erreur d’orthographe à travers les pages, je dois malheureusement admettre que la construction de plusieurs phrases laisse à désirer. 

Chips ! Peanuts ! Cracker Jacks ! 24 histoires savoureuses des Expos;
Auteur : Frédéric Daigle;
Les Éditions de l’Homme;
270 pages.

Déformation professionnelle

À propos des fautes d’orthographe et de phrases mal construites, deux erreurs évidentes m’ont sauté au visage, cette semaine, sur les sites des deux principaux réseaux de sports québécois. Plusieurs jours plus tard, ces erreurs n’ont toujours pas été corrigées.

D’abord, dans le deuxième paragraphe d’un article publié sur le site de TVA Sports, on pouvait lire ceci :

Source : TVA Sports

Lien vers l’article

Ici, on aurait dû lire «Il n’y a eu aucune discussion avec Montréal», sans marques du pluriel. Dans ce contexte, aucune signifie pas une. Le nom discussion et son déterminant doivent alors être employés au singulier.

Ensuite, le onzième paragraphe d’un texte diffusé sur RDS.ca se lisait ainsi :

Source : RDS

Lien vers l’article

On a droit à une erreur de conjugaison, ici. «Marc-André (…) renforce notre défensive…», il ne la renforcit surtout pas ! Le verbe renforcer, employé à la 3e personne du singulier de l’indicatif présent, se lit il/elle/on renforce.

#LeProfCorrige (même en vacances).


Dans mes écouteurs

Je vous propose un bon hard rock québécois, cette semaine. Le duo Rouge pompier, réunissant Alexandre Portelance et Jessy Fuchs, a déjà lancé trois albums : Kevin Bacon, Chevy Chase et Neve Campbell. On voit que les deux amis ne manquent pas d’humour ! C’est sur le troisième opus qu’on retrouve la plage Gaetan Mouillé, que vous pouvez entendre aujourd’hui. C’est une belle pièce d’été.

Rouge pompier – Gaetan Mouillé – Neve Campbell – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Au moment où j’écris ces lignes, le Canada a remporté 11 médailles aux Jeux olympiques de Tokyo. Six de ces médailles ont été remportées dans des compétitions individuelles, les cinq autres, en équipes. La particularité est qu’il n’y a jusqu’à présent aucun médaillé olympique canadien. Il n’y a que des médaillées olympiques canadiennes !

La bonne nouvelle, c’est que cette prestation aidera sûrement nos athlètes féminines à enfin obtenir des commandites se rapprochant un tant soit peu de celles dont bénéficient leurs camarades masculins. 

Pour le reste, bravo à tous nos athlètes.


Et je cite :

« L’amour et le soutien débordants que j’ai reçus m’ont fait réaliser que je vaux plus que mes réalisations et la gymnastique, ce à quoi je n’avais jamais vraiment cru auparavant. »

Simone Biles, gymnaste américaine, après son retrait en pleine compétition pour des raisons de santé mentale, le 28 juillet 2021.

Billet du 6 mars 2020 : Des partisans (ou des supporters) qui montrent des signes d’impatience

Dans le cours de français

Voici une publication de Raymond Filion, journaliste à TVA, parue sur Twitter, lundi :

#LeProfCorrige

Ici, mis à part une virgule qui aurait dû se trouver après la fermeture des guillemets, plutôt qu’avant, il n’y a pas de faute. Malheureusement, aurais-je envie d’ajouter. Parce que le mot supporters, employé ici par Monsieur Filion, est un anglicisme accepté dans la plupart des ouvrages de référence sur la langue française, même si plusieurs autres mots auraient pu être utilisés en lieu et place.

Ainsi, on aurait pu lire partisans, sympathisants, militants ou même supporteurs. Le mot supporteur, bien que calqué sur supporter, possède au moins le mérite d’avoir été francisé dans son orthographe.

Dans le cours de mathématiques

C’est de statistiques dont il sera question dans cette rubrique. Parce que plus tôt cette semaine, le directeur général du Canadien de Montréal, Marc Bergevin, a suscité des commentaires mitigés chez ses partisans en confirmant les retours de Claude Julien et de Trevor Timmins, la saison prochaine, en plus d’affirmer que Carey Price et Shea Weber étaient avec l’équipe pour y rester.

Contrairement à d’autres, je vois la chose plutôt positivement, malgré une interrogation.

Voici ce que j’en pense. D’abord, Marc Bergevin doit rester. Il s’est doté d’un plan avec un échéancier de cinq ans, et il n’en est qu’au milieu. L’organisation, Geoff Molson en tête, a approuvé ce plan. La moindre des choses serait de laisser toutes les chances à Bergevin de le mener à terme.

Ensuite, Claude Julien. On peut le critiquer, lui reprocher certaines décisions et même le trouver responsable de quelques-unes des défaites de l’équipe. La question qu’il faut se poser est la suivante : compte tenu de l’alignement dont il dispose, un autre entraîneur aurait-il fait mieux que lui ? En toute honnêteté, il faut répondre par la négative. Pas mieux de façon significative, en tout cas. Je suis donc d’avis que Julien doit demeurer en poste.

En Price et Weber, le Canadien trouve ses piliers, ses leaders, ses repères. S’il faut de jeunes guerriers dans une formation, il faut aussi une stabilité et des vétérans fiables. Bergevin doit donc trouver le moyen de les garder à Montréal, mais aussi de s’assurer de les garder heureux.

Mon interrogation, vous l’aurez deviné, concerne Trevor Timmins, le directeur du recrutement de l’équipe. Voici quelques statistiques en lien avec son travail.

Timmins a été embauché durant la saison 2002-2003. Sa première cuvée fut donc celle du repêchage de juin 2003. Depuis cette séance de repêchage, le Club de hockey Canadien et Trevor Timmins ont repêché 127 joueurs. De ce nombre, 47 ont joué au moins un match dans la LNH, pour une proportion de 37%. Un peu plus d’un joueur sur trois, c’est quand même très bien, quand on le regarde sous cet angle.

Cependant, si je ne considère que ceux qui ont joué 240 matchs et plus dans la LNH, soit l’équivalent de trois saisons ou plus, ce nombre de joueurs passe de 47 à 21.

Et c’est là que ça devient très inquiétant, parce que sur ces 21 joueurs qui ont joué 240 matchs et plus dans la LNH, 17 ont été repêchés lors des cinq premières séances de Timmins, de 2003 à 2007, alors qu’entre 2008 et 2019, soit en douze séances, sa récolte de joueurs ayant su s’implanter à long terme dans le circuit Bettman n’est que de quatre. Ce sont Brendan Gallagher, Nathan Beaulieu (maintenant avec Winnipeg), Alex Galchenyuk (maintenant avec Minnesota) et Artturi Lehkonen.

Il est pratiquement acquis que Mikhaïl Sergachev (maintenant avec Tampa Bay) et Victor Mete rejoindront ce groupe sous peu. Du reste, Ryan Poehling, Cale Fleury et Jesperi Kotkaniemi présentent d’excellentes chances d’y parvenir. Il demeure selon moi trop tôt pour évaluer les probabilités de Cayden Primeau, Jesse Ylönen, Cole Caufield et les autres joueurs réclamés lors des trois derniers repêchages.

Certains diront que c’est l’organisation du Canadien qui n’a pas su développer ses joueurs convenablement. Je n’endosse cette affirmation qu’en partie. Elle ne peut, à elle seule, expliquer d’aussi maigres statistiques.

À moins d’en refiler quelques-uns via des transactions, le Canadien disposera de 14 choix lors du prochain repêchage. C’est autant d’occasions pour Trevor Timmins de frapper un grand coup. Et surtout, d’améliorer ses statistiques.

Dans le cours de musique

Pur bonheur pour mes oreilles et pour mes yeux, dimanche dernier, alors que j’ai assisté au concert de la compositrice Alexandra Stréliski, dans le cadre de sa tournée Inscape. Déjà conquis par son immense talent, ses trois Félix remportés au dernier gala de l’ADISQ en illustrent une consécration, j’ai été séduit par sa sensibilité, son humour, ainsi que par la créativité de l’ensemble de son équipe de tournée.

Vous hésitiez à vous rendre assister à un de ses spectacles ? Offrez-vous ce plaisir, gâtez-vous. Son calendrier de tournée l’amènera dans plusieurs régions du Québec, au cours des prochains mois.

La bonne nouvelle de cette semaine

Mon choix s’arrête sur ce chauffeur d’autobus qui, spontanément, a interrompu son travail pour faire plaisir à une petite fille qui s’apprêtait à monter dans son véhicule. Alors que la fillette venait de lui indiquer que sa chanson préférée était Shake It Off, de Taylor Swift, voyez comment le conducteur a réagi :

Il en faut souvent peu pour rendre quelqu’un heureux. Cet homme l’a bien compris !