Billet du 26 février 2021

Difficile de ne pas commenter la semaine du Canadien de Montréal, notamment avec les congédiements de Claude Julien et de Kirk Muller. Plus souvent qu’autrement, je déplore les renvois d’entraîneurs, considérant que les problèmes se situent plus au niveau de la glace que derrière le banc. Je serai plus nuancé cette fois-ci, Claude Julien ayant effectué certains choix douteux sur les unités spéciales et dans les fins de matchs, au cours des dernières semaines.

Je me réjouis de la nomination de Dominique Ducharme au poste d’entraîneur-chef. L’ayant vu à l’oeuvre avec Halifax et Drummondville, alors que je couvrais les activités de l’Armada de Blainville-Boisbriand dans la LHJMQ, j’ai pu constater à quel point il savait soutirer le meilleur de ses joueurs. Après quelques saisons comme adjoint à Julien, il mérite sa chance comme entraîneur-chef. Qu’il ait été nommé par intérim n’est pas trop préoccupant. En 1992, les Expos de Montréal avaient nommé Felipe Alou gérant par intérim de l’équipe. Cet intérim avait duré dix saisons.

Pour celles et ceux qui auraient souhaité voir Patrick Roy revenir dans le giron des Glorieux, soyez patients. Je demeure persuadé que c’est lui qui succédera à Marc Bergevin à titre de directeur général, le moment venu. La personnalité et l’ego de Roy le destinent à un rôle de premier plan dans la direction de l’équipe. Il pourra toujours se réserver le travail d’entraîneur en parallèle, s’il le désire.

Un mot en terminant sur Carey Price. Je maintiens qu’au niveau du talent, Price est probablement le meilleur gardien de but de la LNH. Toutefois, il n’a pas cette attitude qu’avaient Roy et Martin Brodeur, cet instinct du tueur qui faisait se lever les deux autres dans le vestiaire, après deux périodes d’un match serré, pour lancer aux coéquipiers de marquer des buts et de les laisser faire le reste, qu’aucune autre rondelle n’entrerait dans leur filet. Et en accordant en moyenne un mauvais but par match, Price force ses coéquipiers à inscrire au moins deux buts pour espérer une victoire. Il y a un travail à considérer à ce niveau.


Et je cite :

« Je me souviens de 2015. Nous avions commencé la saison avec une fiche de 9-0-1 et nous n’avions pas fait les séries. »

Dale Weise, ex-joueur du Canadien de Montréal, le 20 février 2021.

Dans le cours de français

Le site de Radio-Canada a publié un reportage, dimanche, sur la perception qu’ont les trentenaires face au statut de la langue française, au Québec. C’est du moins ce que laisse entrevoir le titre. À la lecture du reportage, on constate que seulement trois personnes ont fait part de leur point de vue, ce qui est loin de représenter l’opinion d’une génération. Deux d’entre elles, un couple, prétendent qu’il faut investir dans la culture francophone, mais que le français n’est pas menacé. Une étudiante à l’Université Concordia prétend le contraire et invite tous les paliers de gouvernement à légiférer et réglementer afin de protéger la langue française.

C’est toutefois un encadré présentant des statistiques qui a le plus retenu mon attention. Ainsi, un rapport de l’Office québécois de la langue française, publié en avril 2019, stipule que :

  • La proportion d’anglophones et d’allophones déclarant avoir une connaissance suffisante du français pour soutenir une conversation a augmenté au cours des vingt dernières années;
  • En 2016, 94 % des Québécoises et des Québécois déclarent être en mesure de soutenir une conversation en français;
  • En 2015, 90 % des élèves fréquentaient une école de langue française;
  • En 2017, le taux de service en français atteignait 96 % dans les commerces de l’île de Montréal, même si le français comme langue d’accueil dans ces mêmes commerces a diminué de 9% depuis 2010, passant de 84% à 75%.

Jusqu’ici, les données sont encourageantes et laissent penser que, contrairement à l’opinion de plusieurs, le français n’est pas menacé au Québec, même à Montréal. Le pica suivant nous ramène cependant à une autre dimension :

  • La proportion de personnes éprouvant de l’indifférence face à un service dans une autre langue que le français a fortement augmenté depuis 2012, tout particulièrement chez les jeunes francophones.

S’il y a menace, c’est là qu’elle se trouve. Face à l’indifférence de sa population, il n’est pas grand chose qu’un gouvernement puisse faire, n’en déplaise à la jeune étudiante de Concordia. Investir temps et argent dans la culture m’apparaît concret et plus efficace comme solution. Dépêchons-nous d’y voir, en tant que société, pendant que la population y voue encore un intérêt substantiel.


Dans le cours de musique

Une crise cardiaque a emporté l’auteur-compositeur-interprète Philippe Chatel, vendredi dernier. Si son nom est plutôt méconnu au Québec, il en est autrement d’une de ses oeuvres, le conte musical Émilie Jolie. À travers quatre enregistrements de ce conte, en 1979, 1997, 2002 et 2018, Chatel a réuni plusieurs grands artistes sur un même album. Notons seulement, sur la version originale, Henri Salvador, Georges Brassens, Julien Clerc, Françoise Hardy, Sylvie Vartan et Robert Charlebois.

Philippe Chatel avait 72 ans.


Dans le cours de musique, deuxième période

C’est à mon tour, cette semaine, de rendre hommage à Raymond Lévesque, décédé il y a une dizaine de jours. Je l’admets en toute humilité, le répertoire de Lévesque m’est beaucoup plus inconnu que ceux des Leclerc, Vigneault, Charlebois et Ferland. D’aucuns prétendent que Quand les hommes vivront d’amour devrait être sacrée plus belle chanson de la francophonie. Peut-être. C’est cependant une autre chanson de Raymond Lévesque, Les trottoirs, que je vous propose en #musiquebleue. Pour l’interpréter, une auteure-compositrice-interprète à qui je voue une immense admiration, Marie-Pierre Arthur.

#musiquebleue

Voir le bon côté des choses

Personne ne pourra jamais accuser Denis Coderre de manquer de transparence, ni de gratitude.

#GarderCertainesChosesPrivées

La bonne nouvelle de cette semaine

Le début de la vaccination au Québec constitue certes la meilleure nouvelle de la semaine. Mais une autre courte bonne nouvelle est venue capter mon attention. En ces temps de pandémie, quand une petite entreprise québécoise réussit à bien tirer son épingle du jeu, c’est digne de mention.

L’entreprise Bilodeau Canada, installée au Lac-Saint-Jean, donne dans la manufacture d’articles en fourrure et dans la taxidermie. La situation mondiale actuelle a eu une incidence très négative sur son chiffre d’affaires, établi à partir d’une clientèle internationale. Qu’à cela ne tienne, la PME s’est lancée dans la production d’animaux naturalisés pour le cinéma et la télévision, décrochant ainsi quelques contrats avec de grandes maisons américaines, dont HBO. Les pertes n’en sont que très partiellement comblées, mais cela a permis à l’entreprise de survivre et de garder ses employés occupés.


Billet du 25 septembre 2020 : Ces titres qui disent tout… ou rien

Dans le cours de français

Le roi est mort, vive le roi !

Après avoir utilisé ce mot dans de nombreux questionnaires à travers les années, tant auprès de mes amis que de mes élèves, anticonstitutionnellement vient d’être détrôné comme plus long mot du dictionnaire de la langue française. Désormais, il faudra concéder ce titre à son nouveau tenant, intergouvernementalisations.

Intergouvernementalisations, 27 lettres, bat ainsi son prédécesseur par deux lettres. Je n’ai toutefois pas encore compté la différence de points au Scrabble.


Dans le cours de sciences

On attendait la deuxième vague de Covid-19 quelque part en automne, au Canada. C’est finalement la veille de l’équinoxe, soit le 21 septembre, que le Docteur Horacio Arruda confirmait l’arrivée de cette deuxième vague au Québec.

Le même jour, l’université McGill publiait les résultats d’une recherche sur l’origine des premières souches, en sol québécois. Selon le document, c’est le retour de vacances de 247 personnes autour de la semaine de relâche, en mars dernier, qui serait responsable de l’entrée du virus au Québec. Six mois plus tard, 69 670 Québécoises et Québécois ont été infectés.

Si 247 personnes sont ainsi responsables de la transmission rapide du coronavirus à près de 70 000 concitoyens, les résultats de cette recherche constituent un excellent plaidoyer pour le respect des règles sanitaires. Ce virus se propage de toute évidence à une vitesse fulgurante. Pour chaque Erin O’Toole ou Yves-François Blanchet qui ne semble pas trop affecté par la maladie, se trouve un Pierre Bernardin qui l’a subie beaucoup plus durement ou un Don Béni Kabangu Nsapu qui, malgré sa jeunesse, n’y a pas survécu.

Porter le couvre-visage, se laver souvent les mains et restreindre au maximum ses sorties est un bien petit prix à payer si on veut éviter un autre confinement.


Et je cite :

« Je ne sais pas si le gouvernement sait que tout le monde ne réagit pas de la même façon à la couleur orange. La moitié des gens vont freiner par prudence. L’autre moitié va accélérer pour en profiter avant que ça passe au rouge ! »

Louis T., humoriste, le 22 septembre 2020

Dans le cours d’éducation physique

Mon passé de journaliste m’a appelé à couvrir les activités de l’Armada de Blainville-Boisbriand lors de ses six premières saisons dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). Durant ces années, j’ai eu à me rendre à quelques occasions à l’aréna Robert-Guertin, à Gatineau, lorsque l’équipe y affrontait les Olympiques. Le «Vieux Bob», comme on l’appelle familièrement, conserve de précieux moments historiques sous son toit et entre ses murs. Un tournoi de la Coupe Memorial s’y est tenu en 1997, tournoi d’ailleurs remporté par les Olympiques. Des joueurs qui ont connu une brillante carrière dans la LNH y ont évolué. Parmi eux, notons Luc Robitaille, José Théodore et Claude Giroux. De grands entraîneurs comme Pat Burns, Alain Vigneault et Claude Julien y ont fait leurs premières armes.

Ayant atteint sa fin de vie utile, l’aréna sera bientôt démoli et ses locataires seront relocalisés dans un nouvel amphithéâtre. Le nom du nouveau domicile des Olympiques de Gatineau a été dévoilé cette semaine. Ce sera le Centre Slush Puppie.

Ai-je besoin de préciser que ce nom est loin de faire l’unanimité. Des amateurs de l’endroit s’imaginent déjà les adversaires se payer leur tête. D’autres critiquent le choix d’un nom anglophone. Certains, cependant, trouvent normal qu’un commanditaire affiche son nom. Là-dessus, moi aussi. Un journaliste s’est avancé en prétendant que Centre Slush Puppie, ce n’est pas différent de Colisée Desjardins, Centre Air Creebec ou Aréna Iamgold, noms d’autres résidences d’équipes de la LHJMQ. Là, je décroche.

Que le nom soit anglophone m’importe peu, si le commanditaire détient son siège social au Québec ou dans l’Est du Canada. Slush Puppie est une entreprise purement américaine, bien qu’elle possède une installation en Outaouais. Le nom de l’amphithéâtre d’une équipe de la LHJMQ constitue une importante vitrine pour son commanditaire. Je suis d’avis qu’une compagnie d’ici aurait dû bénéficier de cette visibilité.


Dans le cours de français, deuxième période

Dans un texte littéraire, au Canada, peut-on décrire une scène d’inceste ou de viol d’un enfant sans enfreindre le code criminel ? Oui, selon le juge Marc-André Blanchard, au grand soulagement de l’auteur Yvan Godbout et de l’éditeur AdA. J’admets ne pas avoir lu le roman en question, une version d’épouvante d’Hansel et Gretel destinée aux adultes. Je n’ai pas envie de le faire non plus. Toutefois, je partage l’avis de celles et ceux qui trouvaient exagérées les accusations de production et de distribution de pornographie juvénile contre l’auteur et un dirigeant de la maison d’édition. Dans une décision rendue hier, le juge Blanchard abondait dans le même sens.

C’est suite à une plainte d’une enseignante qu’Yvan Godbout a été arrêté et accusé, il y a 18 mois. L’extrait litigieux tient en un paragraphe sur 240 pages de texte et, de l’avis de plusieurs, constitue davantage une dénonciation qu’une ode, malgré un libellé très explicite. J’ai d’ailleurs été étonné que l’affaire se rende jusqu’au procès.

Les deux accusés risquaient jusqu’à 14 ans de prison.


Dans le cours de français, troisième période

Plus jeune, j’ai lu plusieurs romans d’Agatha Christie. Cette semaine, c’est un peu par hasard que je suis tombé là-dessus :

Le changement de titre est récent, soit un mois, selon ce que j’ai pu découvrir. À l’intérieur, le mot nègre, qui apparaissait 74 fois, a été remplacé par soldat.

C’est particulier de voir un grand classique de la littérature être rebaptisé et retouché. Mais dans le contexte actuel, notamment avec le mouvement Black Lives Matter, c’était inévitable. Et souhaitable.

Je suis allé faire une recherche pour en connaître un peu plus sur les origines du mot nègre qui, à ce qu’on m’avait déjà dit, n’aurait pas toujours présenté la connotation péjorative et raciste qu’on lui connaît depuis longtemps. C’est Wikipédia qui a selon moi le mieux résumé l’historique. En créole haïtien, le mot neg signifie simplement homme. L’influence de la langue anglaise est à l’origine de la connotation d’aujourd’hui. Certaines expressions, comme la couleur tête de nègre, travailler comme un nègre ou l’art nègre seraient semble-t-il des expressions toujours considérées comme étant correctes, bien qu’il existe des équivalences plus appropriées qu’il est convenu d’utiliser.

Comment aurait réagi Madame Christie si elle avait appris cet important changement à l’une de ses oeuvres les plus connues ? Je l’ignore, mais c’est tout de même un de ses descendants qui en a fait l’annonce. Il faut saluer cette ouverture.


Jouons avec les mots

Qui a trouvé l’anagramme de soigneur ? La réponse est guérison.

Pour le défi de cette semaine, je vous reviens avec une autre anagramme, toujours en lien avec la santé. Alors, quelle est l’anagramme de endolori ? Je vous rappelle que la réponse doit contenir les mêmes lettres.


Dans le cours de musique

Il y a longtemps que je me la promettais, celle-là. L’album Enfin septembre, de la pianiste Lucie Cauchon, tourne régulièrement chez moi. Longtemps associée au Cirque Éloize ainsi qu’à de grandes productions musicales, dont Mary Poppins, Lucie Cauchon a collaboré avec de nombreux artistes québécois, avant de lancer son propre album, en septembre 2014. La musique d’Enfin septembre m’accompagne tant pour un souper du samedi soir que lors des corrections des travaux de mes élèves. Ses notes se sont aussi fréquemment fait entendre dans mon automobile.

Je me paie ce plaisir en vous présentant non pas un extrait, comme c’est mon habitude, mais l’album au complet, à partir de la page Bandcamp de l’artiste.

#Musiquebleue


La bonne nouvelle de cette semaine

Source de l’image : Andrew Beattie, Facebook

Un Américain de l’Ohio, inquiet de voir les célébrations de l’Halloween être remises en question cette année en raison de la pandémie de Covid-19, y est allé d’une invention particulière afin de permettre aux enfants de se présenter chez lui pour la traditionnelle cueillette de bonbons, tout en respectant les règles de distanciation. En modifiant sa rampe d’escalier pour y inclure un tube sur toute sa longueur, Andrew Beattie peut ainsi acheminer des friandises dans les sacs de ses jeunes visiteurs sans que ces derniers n’aient à s’approcher de sa porte d’entrée.

Bien sûr, les autorités se pencheront tout de même sur la question de l’annulation de la fête pour cette année. Mais ce qui m’interpelle dans cette nouvelle, c’est de constater qu’en ces temps plus difficiles, des gens prennent le temps de chercher des solutions pour illuminer la vie des autres, notamment celle des enfants.


Billet du 7 août 2020 : Journal de vacances (6 de 8)

En attendant la rentrée

La pression commence à se faire sérieusement sentir sur le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. À la mi-juin, il annonçait ce qu’allait être la prochaine rentrée scolaire au Québec. En résumé, des classes avec le même nombre d’élèves qu’en temps normal, aucun ne sera contraint de porter le couvre-visage, les élèves du secondaire comme ceux du primaire devront demeurer dans le même local de classe, ils devront être assis en îlots (ou en « bulles ») de six élèves et demeurer toute l’année (ou jusqu’à nouvel ordre) avec ces autres élèves, mais ils devront s’en éloigner lorsqu’ils se trouvent dans l’autobus scolaire.

Dans ce scénario, voyez-vous quelques incongruités par rapport à ce qui est exigé du reste de la population ? Moi aussi.

À quelques jours de la rentrée du personnel et à quelques semaines de celle des élèves, divers intervenants du milieu ont demandé des précisions. Le ministre s’est engagé, mercredi, à en apporter en début de semaine prochaine. D’ici là, il rencontrera les représentants des parents et du personnel scolaire, après avoir déjà rencontré ceux des directions de centres de services (anciennement les commissions scolaires) et des directions d’école.

Ces rencontres du ministre, autant celles qui ont déjà eu lieu que celles à venir, se déroulent en visioconférence. Est-ce qu’une partie de l’enseignement se déroulera aussi de cette façon ? Je parierais là-dessus, même si c’est le contraire qui a été avancé jusqu’à maintenant.


Sur mes écrans

J’ai regardé quelques minutes du premier match Canadiens-Penguins. J’ai suivi le reste des activités de la LNH via les médias et les réseaux sociaux. J’éprouve beaucoup de difficultés à regarder du hockey quand il y a du baseball au même moment. Et quand ces joutes de hockey ont lieu au mois d’août, il y a une question de crédibilité que j’assimile mal.

En revanche, je regarde chaque jour de deux à quatre matchs des ligues majeures de baseball. Je me suis même surpris à visionner cette semaine un vieux match Cubs-Expos de 1992, celui du dernier match de Gary Carter à Montréal, avant sa retraite. J’ai un côté Elvis Gratton que je ne peux nier !


Le dilemme de la semaine

Au moment où j’écris ces lignes, le Canadien de Montréal mène 2-1 la série 3 de 5 face aux Penguins de Pittsburgh. Si la troupe de Claude Julien élimine les Penguins, elle perd toutes ses chances de pouvoir repêcher Alexis Lafrenière, lors du repêchage amateur, parce qu’il est déjà convenu que le premier choix appartiendra à une des huit équipes éliminées dans cette ronde préliminaire.

Alors, les séries ou Lafrenière ? Une ronde de plus ou conserver ses chances de repêcher un joueur de concession ?


Et je cite :

« Si les Canadiens gagnent la coupe Stanley, je fais la première de Tout le monde en parle tout nu ! »

Dany Turcotte, humoriste et coanimateur de l’émission, le 5 août 2020.

Dans mes écouteurs, cette semaine

J’ai pour la première fois entendu le nom de Sébastien Lacombe lors de la sortie de l’album Salut Joe !, en 2006, alors que plusieurs artistes québécois, dont lui, s’étaient regroupés pour rendre hommage à l’oeuvre de Joe Dassin. Lacombe, l’année précédente, venait de sortir son premier album, intitulé Comme au cinéma. Il en a depuis lancé deux autres et en publiera un quatrième en septembre, un premier en anglais. Sébastien Lacombe possède cette particularité d’écrire et de composer des chansons qui deviennent pour moi de véritables vers d’oreille. Il me suffit d’entendre Mr. Taximan, D’où je viens ou encore Trop de soucis pour que la mélodie accrocheuse et les paroles intelligentes me tournent en tête pour le reste de la journée. En #musiquebleue, je vous propose aujourd’hui un extrait de l’album Fly, à paraître en septembre, une pièce qui a pour titre Gold In Your Soul.

Le bloc positif de la semaine

J’ai l’habitude de terminer mes billets hebdomadaires avec une nouvelle positive. Pour être franc, il était beaucoup plus facile l’hiver dernier de trouver du matériel pour cette section. Depuis les dernières semaines, les médias semblent malheureusement être tombés dans la même morosité qu’une grande partie de la population. Cette semaine, cependant, le sujet m’est apparu facilement et tout s’est emboîté comme les pièces d’un casse-tête.

J’ai eu la douleur de perdre un ami d’enfance, la semaine dernière. Très actif malgré une maladie dégénérative qui l’a dépossédé de l’usage de presque tout son corps, il y a près de 20 ans, c’est d’un bête accident qu’il a rendu l’âme. Dans un hommage que je lui ai rendu, j’ai pris soin de mentionner que personne autant que lui ne m’avait appris à aimer la vie. Pour ceux qui l’ont connu, son legs est magistral.

Des souvenirs avec Martin, j’en ai depuis l’âge de huit ans. Mes plus précieux et mémorables datent toutefois d’une dizaine d’années plus tard, alors que lui et moi faisions partie d’un groupe qui a effectué le Tour du Mont-Blanc. Le succès de l’été à l’époque, à la radio française, était Marcia Baïla, des Rita Mitsouko.

En cherchant un contenu pour ma rubrique de cette semaine, je suis tombé sur un article du magazine POSITIVR, publié mercredi et qui, 35 ans plus tard, explique l’histoire de la chanson Marcia Baïla. En résumé, il s’agit d’un hommage rendu à la danseuse d’origine argentine Marcia Moretto, décédée d’un cancer à l’âge de 36 ans. La joie de vivre de la défunte, qui a collaboré avec le duo, y est évoquée dans un amalgame de musique festive et de paroles élogieuses. Deux générations plus tard, la pièce musicale tourne encore et le souvenir de Marcia perdure.

Marcia et Martin, deux personnes à la joie de vivre indéfectible, malgré la maladie. Une recherche dont le résultat me ramène 35 ans en arrière, en musique et en souvenirs avec cet ami récemment décédé, et en trame de fond cet amour de la vie. Difficile de faire abstraction quand l’évidence est aussi prononcée.

L’année en cours apporte son lot de difficultés à tout le monde, mais elle comporte aussi des éléments positifs pour quiconque prend le temps de s’arrêter afin de les découvrir. C’est l’occasion qui nous est offerte. Martin, lui, prisonnier de son corps depuis le début du millénaire, avait compris depuis longtemps que l’adversité cache une multitude de trésors.

Billet du 6 mars 2020 : Des partisans (ou des supporters) qui montrent des signes d’impatience

Dans le cours de français

Voici une publication de Raymond Filion, journaliste à TVA, parue sur Twitter, lundi :

#LeProfCorrige

Ici, mis à part une virgule qui aurait dû se trouver après la fermeture des guillemets, plutôt qu’avant, il n’y a pas de faute. Malheureusement, aurais-je envie d’ajouter. Parce que le mot supporters, employé ici par Monsieur Filion, est un anglicisme accepté dans la plupart des ouvrages de référence sur la langue française, même si plusieurs autres mots auraient pu être utilisés en lieu et place.

Ainsi, on aurait pu lire partisans, sympathisants, militants ou même supporteurs. Le mot supporteur, bien que calqué sur supporter, possède au moins le mérite d’avoir été francisé dans son orthographe.

Dans le cours de mathématiques

C’est de statistiques dont il sera question dans cette rubrique. Parce que plus tôt cette semaine, le directeur général du Canadien de Montréal, Marc Bergevin, a suscité des commentaires mitigés chez ses partisans en confirmant les retours de Claude Julien et de Trevor Timmins, la saison prochaine, en plus d’affirmer que Carey Price et Shea Weber étaient avec l’équipe pour y rester.

Contrairement à d’autres, je vois la chose plutôt positivement, malgré une interrogation.

Voici ce que j’en pense. D’abord, Marc Bergevin doit rester. Il s’est doté d’un plan avec un échéancier de cinq ans, et il n’en est qu’au milieu. L’organisation, Geoff Molson en tête, a approuvé ce plan. La moindre des choses serait de laisser toutes les chances à Bergevin de le mener à terme.

Ensuite, Claude Julien. On peut le critiquer, lui reprocher certaines décisions et même le trouver responsable de quelques-unes des défaites de l’équipe. La question qu’il faut se poser est la suivante : compte tenu de l’alignement dont il dispose, un autre entraîneur aurait-il fait mieux que lui ? En toute honnêteté, il faut répondre par la négative. Pas mieux de façon significative, en tout cas. Je suis donc d’avis que Julien doit demeurer en poste.

En Price et Weber, le Canadien trouve ses piliers, ses leaders, ses repères. S’il faut de jeunes guerriers dans une formation, il faut aussi une stabilité et des vétérans fiables. Bergevin doit donc trouver le moyen de les garder à Montréal, mais aussi de s’assurer de les garder heureux.

Mon interrogation, vous l’aurez deviné, concerne Trevor Timmins, le directeur du recrutement de l’équipe. Voici quelques statistiques en lien avec son travail.

Timmins a été embauché durant la saison 2002-2003. Sa première cuvée fut donc celle du repêchage de juin 2003. Depuis cette séance de repêchage, le Club de hockey Canadien et Trevor Timmins ont repêché 127 joueurs. De ce nombre, 47 ont joué au moins un match dans la LNH, pour une proportion de 37%. Un peu plus d’un joueur sur trois, c’est quand même très bien, quand on le regarde sous cet angle.

Cependant, si je ne considère que ceux qui ont joué 240 matchs et plus dans la LNH, soit l’équivalent de trois saisons ou plus, ce nombre de joueurs passe de 47 à 21.

Et c’est là que ça devient très inquiétant, parce que sur ces 21 joueurs qui ont joué 240 matchs et plus dans la LNH, 17 ont été repêchés lors des cinq premières séances de Timmins, de 2003 à 2007, alors qu’entre 2008 et 2019, soit en douze séances, sa récolte de joueurs ayant su s’implanter à long terme dans le circuit Bettman n’est que de quatre. Ce sont Brendan Gallagher, Nathan Beaulieu (maintenant avec Winnipeg), Alex Galchenyuk (maintenant avec Minnesota) et Artturi Lehkonen.

Il est pratiquement acquis que Mikhaïl Sergachev (maintenant avec Tampa Bay) et Victor Mete rejoindront ce groupe sous peu. Du reste, Ryan Poehling, Cale Fleury et Jesperi Kotkaniemi présentent d’excellentes chances d’y parvenir. Il demeure selon moi trop tôt pour évaluer les probabilités de Cayden Primeau, Jesse Ylönen, Cole Caufield et les autres joueurs réclamés lors des trois derniers repêchages.

Certains diront que c’est l’organisation du Canadien qui n’a pas su développer ses joueurs convenablement. Je n’endosse cette affirmation qu’en partie. Elle ne peut, à elle seule, expliquer d’aussi maigres statistiques.

À moins d’en refiler quelques-uns via des transactions, le Canadien disposera de 14 choix lors du prochain repêchage. C’est autant d’occasions pour Trevor Timmins de frapper un grand coup. Et surtout, d’améliorer ses statistiques.

Dans le cours de musique

Pur bonheur pour mes oreilles et pour mes yeux, dimanche dernier, alors que j’ai assisté au concert de la compositrice Alexandra Stréliski, dans le cadre de sa tournée Inscape. Déjà conquis par son immense talent, ses trois Félix remportés au dernier gala de l’ADISQ en illustrent une consécration, j’ai été séduit par sa sensibilité, son humour, ainsi que par la créativité de l’ensemble de son équipe de tournée.

Vous hésitiez à vous rendre assister à un de ses spectacles ? Offrez-vous ce plaisir, gâtez-vous. Son calendrier de tournée l’amènera dans plusieurs régions du Québec, au cours des prochains mois.

La bonne nouvelle de cette semaine

Mon choix s’arrête sur ce chauffeur d’autobus qui, spontanément, a interrompu son travail pour faire plaisir à une petite fille qui s’apprêtait à monter dans son véhicule. Alors que la fillette venait de lui indiquer que sa chanson préférée était Shake It Off, de Taylor Swift, voyez comment le conducteur a réagi :

Il en faut souvent peu pour rendre quelqu’un heureux. Cet homme l’a bien compris !