Billet du 15 janvier 2021 : Coup de foot

L’Impact de Montréal est mort, vive le Club de foot Montréal !

Vous aimez le nouveau nom ? Moi, je le trouve intéressant. Vous aimez la nouvelle signature graphique de l’équipe ? Là, je m’interroge.

D’abord, le nom. Sachant que l’équipe s’apprêtait à le changer, j’ai eu très peur qu’on nous arrive avec le FC Montréal, FC pour Football Club, en anglais. Plusieurs équipes francophones, notamment en France et au Québec, ont d’ailleurs adopté l’appellation FC, que je trouve inconvenable. Le nom de CF Montréal, en français, convient beaucoup mieux à la réalité québécoise.

Maintenant, pourquoi foot plutôt que football ? Football est accepté dans les dictionnaires français, alors que foot est son diminutif familier. Par contre, foot est une expression grandement utilisée en France et dans la plupart des pays francophones pour désigner ce sport. Et surtout, foot permettra une nette distinction avec le football mieux connu en Amérique du Nord, qui se joue avec un ballon ovoïde sur un terrain de 100 ou de 110 verges. Pourquoi pas Club de soccer, alors ? Pour adopter une appellation internationale, selon ce qu’a mentionné l’équipe. J’adhère à cette explication.

Quant au nouveau logo, j’aime les couleurs. Que le M désignant Montréal apparaisse en plusieurs exemplaires est correct. Mais d’accoler un flocon de neige à un sport qui se joue sur gazon m’apparaît aussi incongru que d’incorporer de l’herbe et des fleurs à un graphisme illustrant du ski alpin ou du bobsleigh. Et les flèches qui rappellent étrangement l’ancienne image du métro de Montréal sont effectivement, selon les explications fournies, un clin-d’oeil au métro de Montréal. Pourquoi, exactement ? Je me le demande.

Quoi qu’il en soit, l’organisation s’est montrée audacieuse et a osé des changements importants à son identité, alors que rien ne l’exigeait. Souhaitons maintenant des résultats positifs sur le terrain.


Dans le cours de français

La lecture a la cote, durant cette pandémie. Selon un article publié dans La Presse+, mercredi, les librairies indépendantes québécoises ont connu une hausse de leurs ventes de 5,2%, en 2020, malgré une baisse de 12% des achats des bibliothèques municipales et scolaires. On évalue donc à 18% la hausse des ventes au grand public, ventes effectuées principalement en ligne.

Autre élément intéressant, les livres publiés chez les éditeurs québécois ont connu une hausse des ventes de 6,8%, comparativement à 3,1% pour les publications des éditeurs étrangers.

Si l’industrie du spectacle souffre en raison du confinement, on peut au moins se réjouir de voir un élément de notre culture en tirer profit.


Dans le cours de français, deuxième période

Il y a un peu plus de deux ans, avec #LeProfCorrige, j’ai suggéré ma façon très personnelle de dénoncer le manque de rigueur des personnalités politiques dans leur traitement du français écrit. Mais lorsqu’un tel laxisme émane directement d’une publication gouvernementale, l’affaire mérite une dénonciation générale.

Voici une capture d’écran de l’alerte qui a été envoyée sur les téléphones cellulaires québécois, samedi dernier, pour annoncer le début du couvre-feu décrété par les autorités :

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû lire «Restez à la maison et respectez le couvre-feu…», avec le verbe respecter à la 2e personne du pluriel du présent de l’impératif, plutôt que «Restez à la maison et respecter le couvre-feu…». C’est une faute inacceptable qui aurait dû être décelée dans une relecture, avant diffusion.


Dans le cours de musique

Né d’une mère japonaise et d’un père français, Soran a grandi à Longueuil, sur la Rive-Sud de Montréal. S’intéressant dès son enfance à différents courants musicaux, il a appris de façon autodidacte à jouer de plusieurs instruments, avant de composer ses propres chansons. D’abord diffusées sur ses comptes personnels dans les réseaux sociaux, les chansons de Soran ont ensuite été entendues dans les couloirs des stations du métro de Montréal, où il se rendait les interpréter. C’est là qu’une collaboratrice à l’émission La Voix l’a remarqué et convaincu de s’inscrire à l’édition 2016. Il se rendra en quarts de finale.

En #musiquebleue cette semaine, voici la chanson Until The Day I Die, écrite et composée en hommage à sa mère.


La bonne nouvelle de cette semaine

Katalin Karikó, le nom vous dit quelque chose ? Si vous oeuvrez dans le domaine scientifique, probablement. Pour les autres, dont je fais partie, elle est une chercheuse américano-hongroise qui, il y a une trentaine d’années, a avancé l’idée de la thérapie génique basée sur l’ARN messager. La communauté scientifique, qui ne jurait alors que par le développement des recherches sur l’ADN, l’a décriée jusqu’à ce qu’elle obtienne ses premiers bons résultats, au milieu des années 2000. Toutefois, même si la critique s’était estompée, on était encore loin de l’affluence aux portes de son laboratoire pour lui offrir les subventions nécessaires à l’accélération du développement de ses recherches. Elle a tout de même persévéré, ayant fait de l’ARN messager son projet de carrière.

Embauchée chez BioNTech en 2013, c’est à son expertise qu’on a fait appel pour le développement du vaccin contre la Covid-19, qui est ainsi devenu le premier vaccin conçu avec la technique de l’ARN messager. La persévérance de Katalin Karikó l’inscrit finalement sur la liste des prix Nobel potentiels, en compagnie de son collègue Drew Weissman.

Et pour ajouter une excellente nouvelle à cette belle histoire, Katalin Karikó est d’avis qu’avec l’actuelle vaccination contre la Covid, une vie normale devrait reprendre dès l’été 2021. Si cela s’avère, il faudra plus qu’un Nobel pour exprimer la reconnaissance de la population mondiale envers Madame Karikó.


Billet du 11 décembre 2020 : La distance a de l’importance

La semaine prochaine marquera le retour de l’enseignement à distance, pour les élèves et les membres du personnel des écoles primaires du Québec. Pour toutes les classes n’ayant subi aucun isolement préventif cet automne, ce sera une première depuis le printemps dernier. Durant quatre jours, les 17, 18, 21 et 22 décembre, les cours aux élèves se donneront via des plateformes de visioconférence, dans le cas qui m’implique.

Comme je l’expliquais dans un billet antérieur, nous sommes prêts. Technologiquement, du moins. Académiquement aussi. Psychologiquement ? C’est ce qui reste à voir. Les élèves ont été tellement marqués par le confinement du printemps qu’ils auraient préféré demeurer à l’école. Et que dire de mes collègues et moi.

Respectons les règles et restons chacun chez soi, en ce temps des Fêtes. C’est un grand coup à donner, mais il est nécessaire. Et surtout, nous mettons ainsi toutes les chances de notre côté pour voir les écoles rouvrir à la date prévue, le 6 janvier 2021.


Dans le cours de français

La lecture que je dévore quotidiennement, depuis les dernières semaines, se trouve ailleurs que dans un bouquin. C’est sur Twitter qu’elle est publiée. À la manière d’un roman-feuilleton, le journaliste franco-américain William Reymond diffuse tous les matins ses observations et enquêtes du jour sur les suites de la dernière élection américaine. Le contenu est très captivant !

Le flair de William Reymond pour prédire les actions à venir de Donald Trump et de son entourage est impressionnant. Il a été le premier à qualifier de coup d’état tous les accrocs à la démocratie dont Trump s’est rendu responsable. Il tient également le compte des gains et revers du camp présidentiel dans les différentes cours américaines, alors que ce dernier tente de faire reconnaître une fraude électorale lors du scrutin de novembre. En date d’hier matin, le compte était d’une victoire contre 55 défaites.

Je me surprends à me rendre chaque jour sur son compte Twitter pour prendre connaissance du dernier épisode (c’est ainsi qu’il les appelle). L’angle abordé par William Reymond diffère de celui de tous les autres médias, en plus d’être teinté d’une grande dose d’humour. C’est un rendez-vous quotidien, au moins jusqu’au 20 janvier prochain.


Dans le cours de mathématiques

Des statistiques horrifiantes ont circulé sur les médias sociaux, cette semaine. Celles-ci en constituent un exemple. Voici le palmarès des dix journées les plus meurtrières dans l’histoire des États-Unis.

1- Le 8 septembre 1900 – L’ouragan de Galveston – 8 000 morts;
2- Le 17 septembre 1862 – La bataille d’Antietam, durant la guerre de Sécession – 3 600 morts
3- Le 9 décembre 2020 – Décès liés à la Covid-19 – 3 157 morts
3- Le 11 septembre 2001 – Attaques de l’État islamique en sol américain – 2 977 morts
4- Le 10 décembre 2020 – Décès liés à la Covid-19 – 2 900 morts
5- Le 2 décembre 2020 – Décès liés à la Covid-19 – 2 885 morts
6- Le 3 décembre 2020 – Décès liés à la Covid-19 – 2 857 morts
7- Le 8 décembre 2020 – Décès liés à la Covid-19 – 2 821 morts
8- Le 4 décembre 2020 – Décès liés à la Covid-19 – 2 637 morts
9- Le 1er décembre 2020 – Décès liés à la Covid-19 – 2 610 morts
10- Le 7 décembre 1941 – Attaque de Pearl Harbor – 2 403 morts

Ces chiffres donnent froid dans le dos.


Dans le cours de français, deuxième période

L’Office québécois de la langue française a publié un message qui a fait couler beaucoup d’encre, le 30 novembre dernier.

Plusieurs ont réagi, notamment des anglophones québécois, dont certains estimaient que des mots français, comme rendez-vous ou déjà-vu, étaient courants dans la langue de Shakespeare et que de ce fait, il n’y avait pas de quoi faire un plat (sans mauvais jeu de mots) avec l’utilisation de « take out » dans une publicité francophone.

Ma position dans ce débat est cohérente avec ce que je répète à mes élèves chaque fois qu’ils me demandent l’autorisation d’utiliser un anglicisme dans une situation d’écriture. Premièrement, le mot doit figurer dans un dictionnaire de langue française. Deuxièmement, il ne doit pas y avoir d’équivalent en français. Dans le cas qui nous préoccupe, aucune de ces deux conditions n’est respectée.

Et en réponse à celles et ceux qui reprochent à l’OQLF d’être trop pointilleux et de gaspiller des deniers publics en publicités inutiles, je répondrai que ce genre d’intervention fait clairement partie de son mandat.


#LeProfCorrige

Deux coquilles à l’intérieur d’une publication de l’animateur Bernard Drainville, cette semaine :

À la dernière ligne, on aurait dû lire « (…) on a réussi », plutôt que « (…) on a réussit ». Réussir est un verbe de 2e groupe, dont le participe passé s’écrit réussi. C’est ce participe passé qui constitue le troisième élément, après le pronom personnel et l’auxiliaire, d’un verbe conjugué au passé composé, comme c’est le cas ici.

Et juste au-dessus, on aurait dû voir « prête-noms » et non « prêtes-noms ». La portion verbe d’un nom composé demeure invariable au pluriel. Par exemple, le pluriel de casse-tête est casse-têtes.


Dans le cours de musique

Pour la #musiquebleue de cette semaine, mon choix s’arrête sur la chanson À ma manière, de Roxane Bruneau. La pièce fait partie de l’album Acrophobie, lancé le mois dernier. Les paroles d’À ma manière sont lourdes de sens et appellent à l’affirmation de soi. Mais au-delà des paroles, chantées sur un rythme pop-rock des plus entraînants, Roxane Bruneau a conçu un vidéoclip qui met en lumière (sous les néons) une douzaine de personnalités, de tous les âges et de tous les genres, qui ont été des précurseurs dans plusieurs domaines, souvent en nageant à contre-courant. Des personnes qui s’affirment et qui permettent à la société d’évoluer, grâce à leurs messages sincères et audacieux. Un vidéoclip simple, sans artifice, mais à voir.


La bonne nouvelle de cette semaine

Il y en a une qui éclipse toutes les autres, c’est l’homologation par Santé Canada du vaccin contre la Covid-19 de Pfizer et BioNTech. La vaccination pourra donc commencer dès la semaine prochaine. Tout est dit !