Billet du 9 octobre 2020 : Le premier bergevinisme

D’abord, en ce début d’octobre, ma famille et moi avons décidé d’apporter notre soutien d’une nouvelle façon aux personnes atteintes du cancer du sein (environ 27 400 femmes et 240 hommes recevront ce diagnostic au Canada, en 2020), en nous procurant l’ampoule rose nous permettant de participer au mouvement Le Québec s’illumine en rose, de la Fondation du cancer du sein du Québec. On peut obtenir plus de détails sur la page Facebook de la Fondation.

Dans le cours de français

Cette semaine, on m’a consulté pour me demander la façon de traduire Happy Thanksgiving, dans une missive rédigée en français. J’ai suggéré Bonne fête de l’Action de grâces. Il est à noter que l’épellation du nom de cette fête annuelle requiert un A majuscule à Action, ainsi qu’un g minuscule et la marque du pluriel à grâces.


Dans le cours d’éthique et culture religieuse

Il suffit de peu de choses, parfois, pour discréditer quelqu’un. En toute objectivité, je trouvais que le vice-président américain, Mike Pence, s’était très bien tiré d’affaires face à sa rivale Kamala Harris, mercredi soir, lors de leur débat télévisé. Mais malgré sa performance, c’est la mouche dans les cheveux de Pence qui a retenu l’attention et fait l’objet des commentaires, pendant et après l’événement, reléguant aux oubliettes les messages républicains.

Source : Yahoo

Ceci m’a rappelé une anecdote vécue alors que j’étais arbitre à Baseball Québec. Un collègue sans expérience s’attirait les foudres des équipes et les railleries des spectateurs à tous les matchs où il officiait. Après la saison, histoire de ne pas revivre la même situation l’année suivante, l’arbitre en question a suivi une formation rigoureuse et s’est entraîné de manière à offrir un travail de qualité. Et je dois mentionner qu’il y est finalement parvenu.

Toutefois, lors du premier match de la saison suivante, avant même le premier lancer, il s’est penché pour épousseter le marbre et a ainsi fendu la fourche de son pantalon de l’arrière jusqu’à l’avant, soulevant l’hilarité générale. Il avait enfin arbitré un excellent match ce soir-là, mais cette cocasserie avait fait en sorte que sa crédibilité s’était fait attendre encore longtemps.

Même chose pour Pence et les Républicains. Tout ce qu’ils auraient pu aller chercher de positif mercredi soir a été gobé… par une mouche !


Dans le cours de français, deuxième période

De la grande classe de la part de l’organisation des Rangers de New York, qui ont accueilli Alexis Lafrenière en français, dans la Grosse Pomme, après l’avoir repêché.


Dans le cours de français, troisième période

Comme pour plusieurs, mes oreilles ont saigné, mardi soir, en entendant Marc Bergevin annoncer « Le Canadien de Montréal est fier de sélecter Kaiden Guhle ».

#LeProfCorrige

Ici, on aurait dû entendre « Le Canadien de Montréal est fier de sélectionner… ». Après les perronismes, j’octroie le statut de premier bergevinisme au « verbe » sélecter.


Dans le cours d’univers social

Allan Lichtman, professeur d’histoire dans une université de Washington, a créé dans les années 1980 un modèle à 13 clés lui permettant de prédire le résultat d’une campagne présidentielle américaine. Testé pour la première fois lors de l’élection de 1984, soit celle qui a résulté en la réélection de Ronald Reagan, ce modèle affiche à ce jour une note parfaite de neuf prédictions exactes. Monsieur Lichtman avait ainsi prédit l’élection de George Bush père six mois avant l’élection de 1988, alors que celui-ci tirait de l’arrière par 17 points dans les sondages. De même, il fut l’un des rares à prédire l’élection de Donald Trump, en 2016, quand tous les sondages accordaient la victoire à Hillary Clinton.

Les 13 clés présentent des caractéristiques politiques, économiques ou sociales, formulées sous forme d’autant de questions à réponses vrai ou faux. Le modèle stipule que six réponses « faux » entraîneront la défaite du parti présidentiel. Le « faux », répondant actuellement à 7 des 13 clés, fait prédire à Allan Lichtman une victoire de Joe Biden, le 3 novembre prochain.

L’historien prévient toutefois que deux impondérables pourraient faire de sa dixième prédiction la première qui s’avérerait peut-être inexacte. Ces deux impondérables sont la limitation du vote, le sabotage du vote postal par exemple, ainsi que l’ingérence russe qui, selon le FBI, serait encore bien réelle.

Les sondages actuels indiquent qu’à un peu plus de trois semaines de l’élection, l’avance de Joe Biden est telle que même s’il perdait tous les états pivots, il recueillerait suffisamment de grands électeurs pour assurer sa victoire. Ceci combiné à l’application du modèle du professeur Lichtman me fait dire que seul un sérieux accroc à la démocratie pourrait justifier le fait que Donald Trump demeure à la Maison-Blanche au-delà du 20 janvier prochain.


Dans le cours d’univers social, deuxième période

La région de la Gaspésie a été plutôt épargnée par la première vague de Covid-19, au printemps. Pourtant, trois municipalités de la Baie-des-Chaleurs sont passées en zone rouge, la semaine dernière, devenant ainsi un des épicentres de la deuxième vague. L’explication se trouverait-elle dans le fait que l’endroit a accueilli, au cours des derniers mois, de nombreux et imprudents touristes québécois en mal de plages américaines ? Je demande pour un ami.


Jouons avec les mots

C’est bien vrai, un seul mot de la langue française se terminant en _ette est masculin. Certaines personnes ont répondu avec succès sur la page Facebook #LeProfCorrige. Si votre réponse est squelette, vous tombez pile dessus !

Pour cette semaine, une bonne colle. À part l’adverbe , qui peut aussi être un pronom, pouvez-vous nommer un autre mot dont l’orthographe contient un u accent grave ? Réponse dans mon billet du 16 octobre.


Dans le cours de musique

Il s’appelle Marc-Antoine Beaudoin. Il chante avec la voix de Gilles Rivard, la qualité des textes de Marc Déry et le son rock des Parfaits salauds. Mais il demeure unique et fidèle à lui-même. De son album Déséquilibre, lancé il y a un an, le voici avec la pièce Marie (le feu de l’été).

#Musiquebleue


La bonne nouvelle de cette semaine

Après Les Parent, Un gars, une fille et Like-moi!, voilà qu’une autre série québécoise obtiendra son adaptation française. En effet, le feuilleton 30 vies, écrit par Fabienne Larouche et diffusé durant cinq ans sur les ondes de Radio-Canada, aura son pendant sur France 2. Le tournage des épisodes est amorcé depuis une semaine. Contrairement à la version originale québécoise, l’édition française ne sera pas une quotidienne, mais une série en six épisodes d’une heure. Il fait toujours plaisir d’être témoin de l’exportation d’un produit culturel de chez nous.


Billet du 7 août 2020 : Journal de vacances (6 de 8)

En attendant la rentrée

La pression commence à se faire sérieusement sentir sur le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. À la mi-juin, il annonçait ce qu’allait être la prochaine rentrée scolaire au Québec. En résumé, des classes avec le même nombre d’élèves qu’en temps normal, aucun ne sera contraint de porter le couvre-visage, les élèves du secondaire comme ceux du primaire devront demeurer dans le même local de classe, ils devront être assis en îlots (ou en « bulles ») de six élèves et demeurer toute l’année (ou jusqu’à nouvel ordre) avec ces autres élèves, mais ils devront s’en éloigner lorsqu’ils se trouvent dans l’autobus scolaire.

Dans ce scénario, voyez-vous quelques incongruités par rapport à ce qui est exigé du reste de la population ? Moi aussi.

À quelques jours de la rentrée du personnel et à quelques semaines de celle des élèves, divers intervenants du milieu ont demandé des précisions. Le ministre s’est engagé, mercredi, à en apporter en début de semaine prochaine. D’ici là, il rencontrera les représentants des parents et du personnel scolaire, après avoir déjà rencontré ceux des directions de centres de services (anciennement les commissions scolaires) et des directions d’école.

Ces rencontres du ministre, autant celles qui ont déjà eu lieu que celles à venir, se déroulent en visioconférence. Est-ce qu’une partie de l’enseignement se déroulera aussi de cette façon ? Je parierais là-dessus, même si c’est le contraire qui a été avancé jusqu’à maintenant.


Sur mes écrans

J’ai regardé quelques minutes du premier match Canadiens-Penguins. J’ai suivi le reste des activités de la LNH via les médias et les réseaux sociaux. J’éprouve beaucoup de difficultés à regarder du hockey quand il y a du baseball au même moment. Et quand ces joutes de hockey ont lieu au mois d’août, il y a une question de crédibilité que j’assimile mal.

En revanche, je regarde chaque jour de deux à quatre matchs des ligues majeures de baseball. Je me suis même surpris à visionner cette semaine un vieux match Cubs-Expos de 1992, celui du dernier match de Gary Carter à Montréal, avant sa retraite. J’ai un côté Elvis Gratton que je ne peux nier !


Le dilemme de la semaine

Au moment où j’écris ces lignes, le Canadien de Montréal mène 2-1 la série 3 de 5 face aux Penguins de Pittsburgh. Si la troupe de Claude Julien élimine les Penguins, elle perd toutes ses chances de pouvoir repêcher Alexis Lafrenière, lors du repêchage amateur, parce qu’il est déjà convenu que le premier choix appartiendra à une des huit équipes éliminées dans cette ronde préliminaire.

Alors, les séries ou Lafrenière ? Une ronde de plus ou conserver ses chances de repêcher un joueur de concession ?


Et je cite :

« Si les Canadiens gagnent la coupe Stanley, je fais la première de Tout le monde en parle tout nu ! »

Dany Turcotte, humoriste et coanimateur de l’émission, le 5 août 2020.

Dans mes écouteurs, cette semaine

J’ai pour la première fois entendu le nom de Sébastien Lacombe lors de la sortie de l’album Salut Joe !, en 2006, alors que plusieurs artistes québécois, dont lui, s’étaient regroupés pour rendre hommage à l’oeuvre de Joe Dassin. Lacombe, l’année précédente, venait de sortir son premier album, intitulé Comme au cinéma. Il en a depuis lancé deux autres et en publiera un quatrième en septembre, un premier en anglais. Sébastien Lacombe possède cette particularité d’écrire et de composer des chansons qui deviennent pour moi de véritables vers d’oreille. Il me suffit d’entendre Mr. Taximan, D’où je viens ou encore Trop de soucis pour que la mélodie accrocheuse et les paroles intelligentes me tournent en tête pour le reste de la journée. En #musiquebleue, je vous propose aujourd’hui un extrait de l’album Fly, à paraître en septembre, une pièce qui a pour titre Gold In Your Soul.

Le bloc positif de la semaine

J’ai l’habitude de terminer mes billets hebdomadaires avec une nouvelle positive. Pour être franc, il était beaucoup plus facile l’hiver dernier de trouver du matériel pour cette section. Depuis les dernières semaines, les médias semblent malheureusement être tombés dans la même morosité qu’une grande partie de la population. Cette semaine, cependant, le sujet m’est apparu facilement et tout s’est emboîté comme les pièces d’un casse-tête.

J’ai eu la douleur de perdre un ami d’enfance, la semaine dernière. Très actif malgré une maladie dégénérative qui l’a dépossédé de l’usage de presque tout son corps, il y a près de 20 ans, c’est d’un bête accident qu’il a rendu l’âme. Dans un hommage que je lui ai rendu, j’ai pris soin de mentionner que personne autant que lui ne m’avait appris à aimer la vie. Pour ceux qui l’ont connu, son legs est magistral.

Des souvenirs avec Martin, j’en ai depuis l’âge de huit ans. Mes plus précieux et mémorables datent toutefois d’une dizaine d’années plus tard, alors que lui et moi faisions partie d’un groupe qui a effectué le Tour du Mont-Blanc. Le succès de l’été à l’époque, à la radio française, était Marcia Baïla, des Rita Mitsouko.

En cherchant un contenu pour ma rubrique de cette semaine, je suis tombé sur un article du magazine POSITIVR, publié mercredi et qui, 35 ans plus tard, explique l’histoire de la chanson Marcia Baïla. En résumé, il s’agit d’un hommage rendu à la danseuse d’origine argentine Marcia Moretto, décédée d’un cancer à l’âge de 36 ans. La joie de vivre de la défunte, qui a collaboré avec le duo, y est évoquée dans un amalgame de musique festive et de paroles élogieuses. Deux générations plus tard, la pièce musicale tourne encore et le souvenir de Marcia perdure.

Marcia et Martin, deux personnes à la joie de vivre indéfectible, malgré la maladie. Une recherche dont le résultat me ramène 35 ans en arrière, en musique et en souvenirs avec cet ami récemment décédé, et en trame de fond cet amour de la vie. Difficile de faire abstraction quand l’évidence est aussi prononcée.

L’année en cours apporte son lot de difficultés à tout le monde, mais elle comporte aussi des éléments positifs pour quiconque prend le temps de s’arrêter afin de les découvrir. C’est l’occasion qui nous est offerte. Martin, lui, prisonnier de son corps depuis le début du millénaire, avait compris depuis longtemps que l’adversité cache une multitude de trésors.