Billet du 22 novembre 2024 : Révolutions et espoirs

Il y a une semaine, le ministère de l’Éducation du Québec a diffusé le guide intitulé « L’utilisation pédagogique, éthique et légale de l’intelligence artificielle générative » à l’intention du personnel enseignant. Ceci ouvre la porte, sous conditions, à l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) en classe. C’est toute une révolution pédagogique qui s’annonce.

Cette révolution forcera une redéfinition du rôle des pédagogues. Il s’agira maintenant d’accompagner les élèves dans le développement de compétences essentielles à l’ère numérique, telles que la pensée critique, la résolution de problèmes complexes et l’éthique de l’utilisation des outils technologiques. Les élèves devront apprendre non seulement à utiliser l’IA pour maximiser leur potentiel, mais aussi à comprendre ses limites, à évaluer la fiabilité des informations qu’elle génère et à l’intégrer de manière responsable dans leurs travaux. Cette transition nécessitera également de repenser les activités d’apprentissage, en favorisant des approches plus collaboratives et interdisciplinaires qui exploitent la complémentarité entre l’intelligence humaine et artificielle.

L’évaluation sera également bouleversée. Les examens traditionnels deviendront obsolètes dans un monde où l’IA peut répondre instantanément à une multitude de questions. Il faudra donc privilégier des approches qui valorisent le processus plutôt que le résultat : documenter la réflexion derrière une réponse, analyser et critiquer les suggestions de l’IA, ou encore évaluer les capacités des élèves à résoudre des problèmes en temps réel, sans aide extérieure. Ce changement représente un défi de taille, mais aussi une occasion de transformer l’éducation pour qu’elle prépare véritablement les jeunes à devenir des citoyens éclairés dans un monde en pleine mutation technologique.

Bref, l’IA en classe, c’est un peu comme un coéquipier génial, mais maladroit : il peut faire des merveilles, mais il faudra toujours garder un œil sur ses maladresses !


Dans le cours de musique

Andrew Wells-Oberegger est un artiste complet qui brille sur la scène musicale canadienne depuis plus de vingt ans. Multi-instrumentiste virtuose, il maîtrise un éventail impressionnant d’instruments, allant de la guitare classique et du luth renaissance à des percussions traditionnelles comme le daff et le tamburello italien. Fort d’une solide formation générale et d’un apprentissage enraciné dans les traditions musicales du monde entier, il enrichit également ses compositions de sa voix et de divers types de flûtes. Il vient de lancer Déjouer le glas, son deuxième album, dont la pièce-titre mérite notre écoute, cette semaine.

Andrew Wells-Oberegger – Déjouer le glas – Déjouer le glas – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Une découverte fortuite par des chercheurs de l’Université de Tel-Aviv pourrait révolutionner le traitement des cancers résistants à l’immunothérapie. En étudiant les effets des rayons UV sur le système immunitaire, l’équipe a identifié une protéine appelée Ly6a, qui semble jouer un rôle clé dans la suppression immunitaire. En bloquant cette protéine avec des anticorps, les scientifiques ont réussi à réduire significativement la taille des tumeurs chez des souris, même celles résistantes aux traitements actuels.

Cette avancée prometteuse ouvre la voie à de nouveaux traitements pour les patients atteints de cancers difficiles à traiter. Les chercheurs espèrent rapidement développer un médicament basé sur cette découverte, offrant ainsi un nouvel espoir à de nombreux patients. Cette trouvaille rappelle que même les accidents peuvent mener à des progrès scientifiques majeurs, apportant une lueur d’espoir dans la lutte contre le cancer.


Billet du 15 novembre 2024 : Alphas et bêtas

Les valeurs conservatrices connaissent une montée en popularité chez les jeunes, tant aux États-Unis qu’au Canada. Un sondage récent montre que 43 % des jeunes Américains de 18 à 29 ans ont voté pour Donald Trump, une augmentation par rapport à 2020. Au Canada, les conservateurs de Pierre Poilievre gagnent également du terrain parmi les 18-34 ans. Cette tendance s’explique en partie par un retour à des valeurs traditionnelles et une recherche de stabilité dans un monde perçu comme incertain. Des réseaux sociaux comme X (anciennement Twitter) jouent un rôle crucial dans la diffusion de ces idées, offrant une plateforme aux influenceurs conservateurs qui séduisent une jeunesse en quête de repères.

Parallèlement, la montée des discours misogynes et antiféministes inquiète. Des figures comme Andrew Tate, avec leurs propos extrémistes, gagnent en popularité, notamment parmi les jeunes hommes. Ces discours, souvent édulcorés pour paraître plus acceptables, trouvent un écho dans les médias et sur les réseaux sociaux. Les experts soulignent le danger de normaliser ces idées en leur offrant une tribune, car cela peut renforcer des attitudes discriminatoires et violentes. La sociologue Mélissa Blais et d’autres chercheurs mettent en garde contre la banalisation de ces discours haineux qui, sous couvert de succès et de leadership, prônent en réalité la soumission des femmes. 1

Il faut s’inquiéter pour les jeunes influencés par ces idéologies et insister sur l’importance de promouvoir des valeurs d’égalité et de respect. Les influences négatives de la masculinité toxique ne peuvent être contrées que par un contrepoids éducatif. En fin de compte, il s’agit de construire une société plus inclusive et équitable, où chacun peut s’épanouir sans discrimination ni préjugés. Voilà un discours enfoui il y a plus de 30 ans qu’il faut déterrer et promouvoir de nouveau.

1 Elkoury, Rima. Parlons-en, de ces discours misogynes. La Presse, Montréal. Le 12 novembre 2024.


Dans le cours de sciences et technologie

Selon Associated Press, un récent rapport du gouvernement américain a révélé que des niveaux de fluorure dans l’eau potable, dépassant deux fois la limite recommandée, sont associés à une diminution du quotient intellectuel (QI) chez les enfants.2 Cette conclusion, basée sur une analyse approfondie de recherches antérieures, marque la première fois qu’une agence fédérale établit un lien entre une exposition élevée au fluorure et une baisse du QI. Ces résultats soulèvent des questions importantes sur la sécurité de l’eau potable et les effets à long terme du fluorure sur le développement neurologique des enfants.

Peut-être est-il temps pour nos voisins du Sud de repenser leur consommation d’eau !

2 Stobbe, Mike. US government report says fluoride at twice the recommended limit is linked to lower IQ in kids. APNews, New York. Le 22 août 2024.


Dans le cours de musique

Il a fallu attendre huit ans avant que les Dale Hawerchuk nous offrent du nouveau matériel. Le groupe originaire de Roberval nous arrive avec Attaque à cinq, son cinquième album. Tirée de ce nouvel opus, voici la pièce Megastar.

Les Dale Hawerchuk – Megastar – Attaque à cinq – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Les inondations qui ont frappé Valence à la fin octobre ont laissé leurs traces, en plus de faire de nombreuses victimes. Mais au cœur de cette épreuve, un élan de solidarité sans précédent a vu le jour. Des milliers de citoyens, venus de toute la région, se sont mobilisés pour venir en aide aux sinistrés. Armés de balais, de pelles et d’une volonté inébranlable, ils ont participé à d’immenses opérations de nettoyage. Une initiative qui a rapidement fait le tour de la ville, transformant une simple passerelle en symbole de cette union face à l’adversité. Baptisée « passerelle de la solidarité », elle est devenue le point de ralliement de tous ceux qui souhaitent apporter leur contribution.

Cette mobilisation exceptionnelle témoigne de la force du lien social et de la capacité de résilience des Valenciens. Face à la catastrophe, la communauté s’est resserrée, démontrant une fois de plus que l’entraide est la meilleure réponse face à l’adversité. Ces actes de générosité sont une source d’espoir et un bel exemple pour tous.


Billet du 8 novembre 2024 : Les politiques qu’on mérite (2e partie)

Aux États-Unis, ce sera donc Donald Trump. Avec lui à la présidence et une majorité républicaine tant au Sénat et qu’à la Chambre des représentants. J’aurais préféré un autre scénario, mais la démocratie a parlé. Et la démocratie, même malade, demeure le plus beau des régimes politiques.

Et je cite :
« Faites attention, quand une démocratie est malade, le fascisme vient à son chevet, mais ce n’est pas pour prendre de ses nouvelles. »

– Albert Camus

Et le fascisme a récemment été aperçu chez nos voisins du Sud. Non seulement John Kelly, ancien chef de cabinet de Trump, prétend-il avoir entendu plus d’une fois ce dernier faire l’éloge d’Hitler et de son armée, mais Trump lui-même a déclaré en entrevue qu’il entrevoyait instaurer une dictature « pour une journée », en début de mandat. Le problème n’est pas Trump. Il a droit à ses opinions, autant qu’il a le droit de les exprimer. Le problème, c’est le peuple américain, qui l’a élu en toute connaissance de cause.

Et je cite :

« Hitler a pris le pouvoir en 1933 par nomination, et non par un vote. Il n’a jamais remporté la majorité lors d’une élection libre. Trump, en revanche, a remporté une élection libre après avoir clairement exprimé son désir de devenir dictateur. Ce qui rend le peuple américain plus favorable à la dictature que les Allemands de 1933. »

– Mark Jacob, auteur et ex-éditeur du Chicago Tribune, le 6 novembre 2024.

Je n’en veux pas aux Américains de l’avoir élu une première fois, en 2016. Il agissait déjà comme un personnage coloré et hors norme, mais on cherchait à contrer l’establishment démocrate, notamment en y purgeant les Clinton une fois pour toutes, et le milliardaire répondait à cette requête, en plus d’afficher l’image d’un homme d’affaires prospère, malgré ses faillites.

Depuis, toutefois, il a tenu des propos condescendants, haineux, sexistes, misogynes, racistes et homophobes. Il a fait reculer son pays de plusieurs décennies au chapitre du statut et des droits des femmes, notamment en invalidant l’arrêt Roe contre Wade. Il a été condamné pour des fraudes, des diffamations et au moins un cas d’abus sexuel, en plus d’avoir été inculpé pour vol de documents classifiés et interférences électorales. Il est aussi responsable d’avoir incité l’insurrection du 6-janvier, qui a causé cinq morts, dont celle d’un policier. Contrairement à 2016, c’est à un criminel établi que les Américains ont ouvert toutes grandes les portes de la Maison-Blanche, en plus de lui donner les coudées franches pour faire adopter ce qu’il veut.

Et je cite :

« Les États-Unis, la première puissance mondiale, ont élu, pour la seconde fois et, en toute connaissance de cause, un admirateur de Vladimir Poutine, un climatosceptique avéré, un ami de Netanyahou, un homme qui piétine les droits humains, le droit des femmes, le droit à l’avortement, un homme ouvertement raciste, un homme qui manipule l’information et fabrique des fake news à longueur de journée, un homme à l’origine de l’attaque du Capitole et un homme condamné pénalement. Sacré tableau de chasse. Il devrait être derrière les barreaux. En taule avec sa tenue orange. À la place, il se réinstalle tranquille à la Maison-Blanche. Les deux pieds sur le Bureau ovale. On dirait le scénario catastrophe d’un mauvais blockbuster et pourtant, c’est la réalité. La vraie vie. Les dominos de la haine tombent les uns après les autres un peu partout aux quatre coins du monde. Cette planète fait peur. Cette planète me dégoûte. Indignons-nous. »

– Gauvin Sers, auteur-compositeur-interprète français, le 6 novembre 2024.

On a les politiques qu’on mérite, comme on a les politiciens qu’on mérite. Il ne faut pas chercher de raisons à la victoire de Trump ou de causes à la défaite de Kamala Harris. Les Américains méritent Trump, point. C’est en lui qu’ils se reconnaissent. Ça en dit long sur leur évolution.

Ce qui est le plus dérangeant, c’est qu’en lui confiant les rênes de la plus grande puissance mondiale, c’est à toute la planète qu’ils l’imposent.

Et je cite :

« Ce n’est pas seulement que Trump a gagné. C’est que Joe Rogan, Dana White et Brett Favre ont gagné. Les insurgés emprisonnés ont gagné. Les Alito et les Thomas ont gagné. Vladimir Poutine a gagné. Le racisme a gagné. La misogynie a gagné. Le sexisme a gagné. Le réchauffement climatique a gagné. La xénophobie a gagné. Mais surtout : la peur a gagné. C’est ce qui fait mal. »

– Mike Wise, auteur, journaliste sportif et présentateur à la télévision américaine, le 6 novembre 2024.


Dans le cours de musique

Trêve d’artistes émergents, cette semaine. Rendons plutôt hommage au regretté poète Lucien Francoeur. Voici la chanson Nelligan, un poème musical adapté d’une œuvre de celui qui l’a inspiré.

Lucien Francoeur – Nelligan – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Il est rare qu’on prenne le temps de complimenter une collègue. C’est encore plus rare de pouvoir le faire sur les ondes de la télévision d’État. Et c’est d’autant plus particulier de prendre tout le temps d’antenne qui nous est alloué pour le faire.

Ce qui suit constitue plus un moment de gratitude et de bienveillance qu’une bonne nouvelle en soi. La bonne nouvelle, c’est justement d’avoir pu assister, en direct ou en différé, à cette séquence rafraîchissante. Celle où l’analyste Raphaël Jacob utilise l’entièreté de son segment pour souligner l’excellence du travail de sa collègue correspondante de Radio-Canada à Washington, Azeb Wolde-Giorghis.


Billet du 1er novembre 2024 : Les politiques qu’on mérite

Un article publié dans Le Devoir, cette semaine, explore la facilité avec laquelle les jeunes consomment de la drogue à l’école, soulignant que les substances sont de plus en plus variées et dangereuses.1 On y mentionne que les réseaux sociaux facilitent l’accès aux stupéfiants, et les incidents liés à la drogue dans les écoles secondaires du Québec sont en hausse, avec plus de 2900 incidents rapportés l’année dernière. Les écoles adoptent différentes approches pour gérer ce problème, allant de la tolérance zéro à la réduction des méfaits.

Le même jour, une entrevue avec la journaliste Jessica Nadeau a mis en lumière l’augmentation de la toxicité des substances illicites qui se retrouvent dans les écoles, ce qui s’avère de plus en plus préoccupant.2 Elle explique que, bien que la présence de drogues ne soit pas nouvelle, leur dangerosité croissante, notamment avec des substances comme le fentanyl, pose de sérieux risques pour les jeunes.

Face à cette situation alarmante, il est impératif de déployer des stratégies multidimensionnelles pour prévenir la consommation de drogues chez les jeunes et réduire les risques associés. Au-delà des actions menées au sein des écoles, il est essentiel d’impliquer l’ensemble de la communauté. Des campagnes de sensibilisation ciblées, des programmes de réduction des méfaits adaptés aux réalités locales et une collaboration renforcée entre les différents acteurs du milieu (santé, éducation, justice) sont autant d’éléments clés pour faire face à ce phénomène. En investissant dans la prévention, l’éducation et le soutien aux jeunes, nous pouvons espérer créer des environnements plus sécuritaires et favoriser leur bien-être.

1 Nadeau, Jessica. Consommer à l’école, un jeu d’enfant. Le Devoir, Montréal. Le 30 octobre 2024.

2 Legendre, Jasmine et Levasseur, Guillaume. Entrevue | Des substances illicites de plus en plus inquiétantes dans les écoles. Le Devoir, Montréal. Le 30 octobre 2024.


Dans le cours d’univers social
Volet éducation à la citoyenneté

Voici ce qu’on peut lire sur la quatrième de couverture du livre On a les Politiques qu’on mérite, de Chloé Morin, publié chez Fayard, en 2022 :

Des égoïstes. Des arrivistes. Des narcisses. Des incompétents. Des traîtres. Le théâtre politique regorge de ces créatures qui nous révulsent. Nous les critiquons, nous les jugeons et déjugeons. Nous adorons détester ce monde, mais nous nous garderions bien d’y mettre ne serait-ce qu’un orteil. Et jamais nous ne nous posons la vraie question : comment en sommes-nous arrivés là ? Y aurait-il eu – comme les complotistes et les désabusés l’affirment – une confiscation du pouvoir, à tous les niveaux, jusqu’au sommet de l’État ? La réponse est à la fois banale et dérangeante : au-delà de travers institutionnels, de gaspillages publics et autres labyrinthes administratifs qu’il est urgent de corriger, nous avons peut-être tout simplement… les Politiques que nous méritons. Quand l’air politique devient irrespirable, ne peuvent subsister que les héros et les dingos. Nous les rejetons, certes, nous déplorons de ne plus avoir le choix, mais ce non-choix, nous l’avons créé en rendant la vie impossible aux engagés et aux dévoués. À la veille d’une bataille présidentielle décisive, au sortir d’un quinquennat marqué par de longues crises (Gilets jaunes, Covid-19…) et dans un contexte toujours plus dégagiste, le temps est peut-être enfin venu de balayer devant notre porte. Et qui sait ? de se réconcilier avec nos Politiques.

C’était à la veille de l’élection présidentielle française de 2022. Tout ce qui précède la dernière phrase peut également s’appliquer à l’élection présidentielle américaine de mardi. Vendredi prochain, quand je publierai mon prochain billet, serai-je en mesure de commenter l’élection de Kamala Harris ou de Donald Trump ? Peut-être. Mais peut-être pas non plus. Il y a quatre ans, ce n’est que quatre jours plus tard, le samedi, que Joe Biden avait été proclamé vainqueur.

Qui le peuple américain mérite-t-il d’avoir à la tête de son pays et de son armée ? La réponse indiquera au monde entier où loge, en 2024, la plus grande puissance de la planète. Parce qu’au-delà de la personne qui sera assermentée en janvier, cette élection indiquera l’ampleur que prendra le tournant planétaire.

Pour notre plus grande sécurité, il est souhaitable que le virage se prenne en douceur.


Dans le cours de musique

Billie du Page est la fille de la comédienne Julie du Page. Œuvrant dans la chanson, elle vient de lancer un premier mini-album éponyme. Tirée de cet album, voici la pièce Si près si loin.

Billie du Page – Si près si loin – Billie du Page – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Je laisse l’espace à Isabelle Hachey, cette semaine. La chroniqueuse de La Presse y a publié un succulent texte dans lequel elle présente les beaux côtés de l’école Bedford, qui a fait les manchettes pour d’autres raisons, au cours des dernières semaines.3 L’article raconte l’histoire de l’école, située à Côte-des-Neiges et autrefois considérée comme un modèle d’intégration et de diversité. D’anciens enseignants de l’endroit se souviennent de l’ambiance chaleureuse et de la soif d’apprendre des élèves, avant les tensions culturelles qui ont émergé avec l’arrivée de nouveaux enseignants, menant à un climat toxique et à des accusations de racisme. Ils les relatent avec un enthousiasme rafraîchissant.

Bonne lecture !

3 Hachey, Isabelle. Bedford, avant le crash. La Presse, Montréal. Le 31 octobre 2024.


Billet du 25 octobre 2024 : Les mathématiques de Bernard Drainville

Le gouvernement du Québec a récemment lancé une consultation publique pour évaluer la possibilité d’abolir le changement d’heure.1 Cette initiative, qui se déroule du 22 octobre au 1er décembre 2024, vise à recueillir les avis des citoyens sur cette pratique instaurée durant la Première Guerre mondiale. Le changement d’heure, bien qu’ayant des origines historiques, suscite aujourd’hui des débats quant à son utilité et ses impacts sur la santé, l’économie et le quotidien des Québécois.

Personnellement, je suis en faveur de l’abolition du changement d’heure et de l’adoption permanente de l’heure d’hiver, également connue sous le nom d’heure solaire ou heure normale. Cette position est soutenue par plusieurs experts québécois, dont le Dr Charles Morin, professeur de psychologie à l’Université Laval. Selon lui, le maintien de l’heure normale tout au long de l’année pourrait améliorer la qualité du sommeil et réduire les risques de troubles de l’humeur, en particulier durant les mois d’hiver.

En adoptant l’heure d’hiver de façon permanente, nous alignerions notre horloge biologique avec le cycle naturel du soleil, ce qui favoriserait un meilleur bien-être général. De plus, cette mesure pourrait avoir des effets positifs sur la productivité et la sécurité routière, en réduisant les accidents liés à la fatigue. Il est donc crucial que les citoyens participent à cette consultation pour exprimer leur opinion et contribuer à une décision éclairée.

1 Consultation publique : Le changement d’heure, devrait-on l’abolir ?


Dans le cours de français

Il est un peu décevant de constater que même Le Devoir laisse passer une telle faute dans le titre d’un des articles qu’il publie.

Je me dois cependant de préciser que l’erreur a fini par être corrigée, plusieurs heures après publication.

#LeProfCorrige

Ici, le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec le mot victimes, qui est au féminin pluriel. Il aurait fallu lire dédommagées.


Et je cite :

« J’essaie de ne pas me laisser séduire par les slogans. Nous vivons à l’époque des slogans. Précisément, chacun nous promet un petit paradis. Le seul paradis que je préconise, moi, c’est le paradis de l’individu qui a sa liberté, même dans la société actuelle et même dans une société pire.
Je refuse qu’un groupe ou une secte m’embrigade, et qu’on me dise qu’on pense mieux quand mille personnes hurlent la même chose. »

– Georges Brassens (1921 – 1981)


Dans le cours de mathématiques

À l’émission Tout le monde en parle, dimanche dernier, le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, a déclaré qu’il n’avait pour l’instant aucune intention de cesser de subventionner les écoles privées à vocation religieuse. En réponse à la comédienne Julie Le Breton, qui lui demandait si c’était parce qu’il craignait d’ouvrir la boîte de Pandore des écoles privées subventionnées à 60 % par l’État, le ministre a répondu par la négative, mais il a ensuite retourné la situation à l’envers pour justifier sa réponse. Selon lui, il est juste que les parents paient 40 % des frais scolaires de leurs enfants afin qu’ils puissent fréquenter une école privée. Il ajoute que l’arrêt des subventions aux écoles privées ne règlerait pas tous les problèmes du système public.

Là-dessus, il a raison. Ça ne règlerait pas tous les problèmes. Mais ce serait déjà un grand pas dans la bonne direction, une action qui rétablirait une grande partie des disparités entre les deux réseaux.

Ce que Drainville ne mentionne pas, c’est que les compétences du personnel enseignant s’équivalent, mais les ressources diffèrent. Les écoles privées subventionnées ont accès à des équipements technologiques de pointe, des gymnases équipés de matériel de qualité, des meubles récents et fonctionnels, ainsi que des infrastructures solides et bien entretenues.

Les écoles privées subventionnées peuvent également se permettre d’engager tout le personnel pouvant répondre aux élèves ayant des défis particuliers. Je sais aussi pertinemment bien que beaucoup d’entre elles engagent des enseignants suppléants permanents qui sont affectés à du soutien pédagogique les rares journées où tout le personnel est présent. Tout ceci alors que le réseau public subit une pénurie importante de personnel tous azimuts depuis de nombreuses années.

Drainville n’insiste pas non plus sur le fait qu’une école privée subventionnée, voire le Collège Lentendre, s’est acheté une forêt et deux chalets dans un centre de villégiature.

Finalement, Drainville ne dit pas que la province voisine, l’Ontario, dispose d’un réseau public d’éducation qui n’est certes pas sans failles, mais qui se porte incomparablement mieux que le nôtre.

Si vous avez répondu 0 %, vous avez raison. Les parents ontariens qui choisissent cette option pour leur enfant doivent en assumer 100 % des frais. C’est le pourcentage que devrait viser Drainville, à long terme, j’en conviens.


Dans le cours de musique

Le quintette Bon Enfant nous fait cadeau d’un troisième album, intitulé Demande spéciale. Avec ce groupe émergeant, nous obtenons du rock québécois à son meilleur. Pour une deuxième fois en #musiquebleue, les voici, cette fois avec la pièce Trompe-l’oeil.

Bon Enfant – Trompe-l’oeil – Demande spéciale – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Valentin, un adolescent de 17 ans vivant avec une paralysie cérébrale, a réalisé l’impensable en terminant un semi-marathon parisien. Ce jeune homme, qui n’avait jamais pu marcher auparavant, a accompli cet exploit grâce à un exosquelette de pointe développé par la compagnie française Wandercraft. Cet appareil robotique, qui soutient le corps et permet aux personnes à mobilité réduite de se déplacer, a ouvert de nouvelles perspectives à Valentin. Sa participation à cette course constitue un témoignage de la capacité de la technologie à transformer des vies et à repousser les limites du possible.

Derrière cette prouesse se cache Wandercraft, une entreprise spécialisée dans les exosquelettes de marche. Grâce à leur innovation, des milliers de personnes à travers le monde pourraient à leur tour retrouver une certaine autonomie et une meilleure qualité de vie. L’histoire de Valentin est un formidable vecteur de promotion pour cette technologie de pointe et un appel à soutenir la recherche dans ce domaine. Elle est un symbole d’espoir pour tous ceux qui luttent contre la paralysie et les troubles de la mobilité.


Billet du 18 octobre 2024 : Entre violence et bienveillance

Dans mon billet de la semaine dernière, je faisais allusion à la hausse de la violence envers le personnel de soutien dans les écoles.1 Le jour même de sa publication, les médias faisaient état de ce qui se passe depuis plus de sept ans à l’école Bedford, à Montréal. Si j’avais su qu’une telle nouvelle sortirait en même temps que mon billet hebdomadaire, je me serais gardé une petite réserve au début de mon texte. La violence à l’endroit du personnel des écoles est inacceptable, mais quand ailleurs des enseignants s’en prennent à des enfants, c’est encore plus dommageable. L’article publié par Radio-Canada le 11 octobre sur l’intimidation au sein de l’école Bedford a révélé des pratiques révoltantes de la part d’un groupe d’enseignants qui cible des élèves.2 Ce genre de comportement fragilise profondément le lien de confiance que les parents et la société devraient pouvoir avoir avec nos institutions scolaires.

Dans mon billet du 11 octobre, j’explorais l’idée que l’éducation doit être à la fois rigide et douce. Il faut maintenir une saine fermeté dans nos attentes envers les élèves, tout en offrant le soutien bienveillant nécessaire à leur épanouissement. Toutefois, l’article de Radio-Canada met en lumière une situation totalement inverse, où un clan d’enseignants use de leur pouvoir pour intimider et harceler des enfants, brisant ainsi toute dynamique constructive. Ce genre d’inconduite nuit non seulement aux victimes, mais aussi à la profession dans son ensemble.

Ce sont de tels agissements qui entachent la réputation de tout le corps enseignant. Une minorité d’individus peut causer d’immenses dommages à la perception du public envers cette profession. C’est pourquoi je réitère ma position : il est temps de mettre en place un ordre professionnel des enseignants au Québec, afin de protéger à la fois les enfants et la profession.

1 Billet du 11 octobre 2024 : Le cuir et le velours.

2 Bordeleau, Stéphane. Québec ordonne une enquête sur 11 enseignants d’une école primaire de Montréal. Radio-Canada. Le 11 octobre 2024.


Dans le cours de mathématiques

Un article d’Essentiel News traite de l’austérité qui se profile en France, avec des mesures drastiques visant à réduire la dette publique et contenir les dépenses sociales.3 Cette politique pourrait entraîner des compressions dans des secteurs essentiels comme la santé, l’éducation, et les infrastructures publiques. L’impact social serait considérable, notamment pour les populations vulnérables, avec un risque de hausse des inégalités et de tensions sociales. Le gouvernement justifie ces mesures par une nécessité de redressement économique à long terme, mais les critiques soulignent les dangers d’un tel choc sur le bien-être collectif et la cohésion sociale.

En Amérique du Nord, bien que la situation soit différente, des parallèles peuvent être tracés avec les tendances actuelles au Canada et au Québec, où les gouvernements tentent aussi de jongler avec des déficits budgétaires tout en maintenant des services publics. Parmi les répercussions possibles, on peut imaginer des coupes dans les programmes sociaux ou des projets d’infrastructure mis en attente, notamment avec des gouvernements plus conservateurs. Une autre hypothèse serait une pression accrue sur les services publics, déjà fragilisés, ce qui pourrait exacerber les tensions sociales ici aussi.

3 Essentiel News. Une austérité de choc est prévue pour la France.


Dans le cours de culture et citoyenneté québécoise

La Révolution tranquille a transformé le Québec en profondeur, en élevant le niveau d’instruction de la population et en assurant une séparation claire entre l’Église et l’État. Cette période charnière a permis à la société québécoise de s’émanciper du joug religieux, offrant ainsi plus de liberté individuelle et de justice sociale. Pourtant, certains groupes religieux continuent d’exercer une influence néfaste, comme le révèle l’enquête de Radio-Canada sur les Hérauts de l’Évangile.4

Cette enquête met en lumière les pratiques troublantes des Hérauts de l’Évangile, un groupe ultracatholique qui recrute des enfants au Canada et ailleurs pour restaurer la pureté de l’Église, comme au temps des croisades. Ces jeunes vivent dans des châteaux somptueux au Brésil, où ils subissent un endoctrinement intense et sont préparés à une apocalypse imminente. Les témoignages recueillis décrivent des traumatismes profonds, des abus psychologiques et physiques, et une radicalisation qui pousse ces enfants à croire qu’ils doivent tuer les infidèles pour instaurer un nouvel ordre social.

Ce contraste entre les avancées de la Révolution tranquille et les pratiques des Hérauts de l’Évangile souligne l’importance de rester vigilant face aux dérives sectaires. Alors que le Québec a réussi à émanciper sa population de l’emprise religieuse, cette enquête rappelle que des groupes extrémistes peuvent encore exercer une influence néfaste. Il est crucial de continuer à promouvoir l’éducation, la critique constructive et la protection des droits individuels pour prévenir de telles situations et garantir un avenir où chacun peut vivre librement et en sécurité.

4 Movilla, Martin et Plamondon Lalancette, Priscilla. Les Hérauts de l’Évangile : une histoire de châteaux, de chevaliers et d’enfance brisée. Radio-Canada. Le 17 octobre 2024.


Dans le cours de musique

Klô Pelgag, dans son dernier album intitulé Abracadabra, s’appuie sur la poésie et la musique du mouvement « Nouvel Âge ». En voici un extrait. La pièce s’intitule Sans visage.

Klô Pelgag – Sans visage – Abracadabra – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Il se passe aussi de belles choses au Brésil. Francisco Oliveira, un prothésiste capillaire, utilise son talent pour redonner confiance et estime de soi aux enfants ayant subi des accidents. Grâce à ses compétences exceptionnelles, il crée des prothèses capillaires qui aident ces jeunes à retrouver leur apparence et à surmonter les traumatismes liés à leurs blessures. Francisco travaille avec passion et dévouement, transformant la vie de nombreux enfants et leur offrant une nouvelle chance de sourire et de se sentir bien dans leur peau.

Son travail ne se limite pas à la création de prothèses capillaires. Francisco s’engage également dans des projets caritatifs, offrant ses services gratuitement aux enfants dans le besoin. Son initiative a eu un impact profond sur la communauté brésilienne, inspirant d’autres professionnels à suivre son exemple. Grâce à son dévouement et à sa générosité, Francisco Oliveira est devenu un véritable héros pour ces enfants et leurs familles, prouvant que la compassion et le talent peuvent changer des vies.


Billet du 11 octobre 2024 : Le cuir et le velours

La violence dans nos écoles continue d’augmenter. Les chiffres dévoilés par la FPSS-CSQ et relayés par quelques médias sont alarmants : plus de 13 000 actes de violence contre le personnel de soutien ont été recensés au cours de l’année scolaire 2023-2024.1 C’est un triste record qui mérite une attention immédiate. Comment en est-on arrivé à ce point, où des membres du personnel scolaire, dont le rôle est d’accompagner les élèves au quotidien, se retrouvent parfois hospitalisés après avoir été agressés par ces mêmes élèves ?

Éric Pronovost, président de la FPSS-CSQ, a bien exprimé l’exaspération de ses membres face à une situation qui s’aggrave d’année en année. Il est plus que temps que le gouvernement agisse avec sérieux pour s’attaquer aux causes de cette montée de la violence. Nous ne pouvons plus nous permettre d’attendre indéfiniment que des mesures concrètes soient mises en place.

Il est évident qu’un effort collectif est nécessaire pour restaurer un environnement sécuritaire dans nos écoles, que ce soit par une meilleure formation des intervenants ou une implication plus forte des parents. Chaque jour sans action laisse le personnel dans une situation de plus en plus précaire, ce qui est inacceptable.

1 Plante, Caroline. La violence envers le personnel de soutien a atteint des sommets, avertit un syndicat. La Presse, Montréal. Le 10 octobre 2024.


Dans le cours de français

Avez-vous déjà entendu quelqu’un dire « vingt oiseaux » comme si c’était « vingt-z-oiseaux » ? Ou encore, « j’étais intimidé » avec un « t » qui sort de nulle part et qui donne « j’étais t-intimidé » ? Eh bien, bienvenue dans le monde merveilleux des fausses liaisons !

Ces petites erreurs de prononciation, aussi appelées pataquès, cuir ou velours, sont comme des briques mal placées dans un mur : elles créent des petites bosses qui détonnent avec le reste de la construction.

Le pataquès consiste à ajouter une consonne qui n’existe pas entre deux mots. Par exemple, dans l’expression « une tisane, ça aide à dormir », on peut entendre « une tisane, ça-l-aide à dormir ».

Le cuir consiste à introduire un t sans raison entre deux mots. Par exemple, on peut entendre « elle s’en va à l’école » prononcé « elle s’en va-t-à l’école ».

Quant au velours, j’en ai déjà fait mention sur cette page.2 Il consiste à introduire un z sans raison entre deux mots. Par exemple, on peut entendre « Pierre n’est pas au bureau aujourd’hui » prononcé « Pierre n’est pas au bureau-z-aujourd’hui ».

Pourquoi fait-on ça ? C’est un peu comme une maladie contagieuse. On entend quelqu’un faire une fausse liaison et hop ! On la reproduit sans même s’en rendre compte.

Alors, comment éviter les fausses liaisons ?

C’est simple : en étant attentif à ce que l’on dit et en lisant beaucoup. Plus on aura l’oreille exercée, moins la langue fourchera. Et puis, n’oublions pas : une langue bien parlée, c’est comme un beau vêtement, ça fait toujours bonne impression !

2 Billet du 21 octobre 2022 : Z comme velours


Dans le cours de musique

J’ai toujours aimé Alfa Rococo. J’aime leurs mélodies, leurs arrangements musicaux et les paroles de leurs chansons. Il y avait six ans que le couple Justine Laberge et David Bussières ne nous avait rien offert de neuf, il était temps qu’on voit apparaître leur album Fais-moi rêver !

Alfa Rococo – Fais-moi rêver – Fais-moi rêver – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

L’écrivaine québécoise Martine Delvaux est en lice pour le prestigieux prix Médicis dans la catégorie des essais, avec son ouvrage intitulé Ça aurait pu être un film. Ce livre explore la relation amoureuse entre deux figures emblématiques de la peinture, Joan Mitchell et Jean-Paul Riopelle, à travers les yeux de la peintre américaine Hollis Jeffcoat. C’est une reconnaissance majeure pour Delvaux, qui se trouve parmi les finalistes de cette sélection prestigieuse.


Billet du 4 octobre 2024 : Entre polémiques et hommages

L’intolérance crasse de la société d’aujourd’hui se manifeste de manière flagrante dans des situations comme celle du cabaret La Tulipe à Montréal. Ce lieu emblématique, qui a longtemps été un pilier de la scène culturelle locale, a été contraint de fermer ses portes en raison des plaintes répétées d’un seul individu concernant le bruit. Malgré les efforts de l’institution pour se conformer aux réglementations, le voisin a continué à exercer une pression intense, menant à une décision judiciaire qui a scellé le sort du cabaret. Cette situation illustre une tendance inquiétante où la tolérance et la coexistence sont sacrifiées sur l’autel du confort personnel.

Cette intolérance ne se limite pas aux nuisances sonores. Elle s’étend à divers aspects de la vie quotidienne, où les différences et les désagréments mineurs sont de moins en moins tolérés. Un récent article de La Presse souligne également les façons dont des pratiques aussi inoffensives que l’utilisation d’huiles essentielles peuvent devenir des points de discorde dans des communautés de plus en plus polarisées.1 Cette hypersensibilité aux inconforts mineurs reflète une société où l’individualisme prime sur le bien commun, et où la moindre divergence est perçue comme une attaque personnelle.

Le dénouement de l’histoire de La Tulipe a provoqué une onde de choc dans la communauté artistique québécoise, qui voit cette fermeture comme une perte irréparable. En réponse, la Ville de Montréal a promis de revoir ses réglementations pour éviter que d’autres établissements ne subissent le même sort. Cependant, cette promesse arrive peut-être trop tard pour La Tulipe, et soulève des questions plus larges sur notre capacité à vivre ensemble dans une société de plus en plus intolérante. Il est primordial de réévaluer nos priorités et de redécouvrir la valeur de la tolérance et de la coexistence pacifique pour préserver la richesse de notre vie communautaire.

1 Bergeron, Maxime. Le bruit et les huiles essentielles. La Presse, Montréal. Le 30 septembre 2024.


Et je cite :

« Je commence dans les médias. Je débute ma deuxième année de contrat. Cette semaine, pour la première fois, toute la haine et les messages irrespectueux qu’on reçoit me frappent solidement ! Nous ne sommes plus capable de débattre ou de parler dans le respect ? C’est si simple ! »

– Alexandre Lanctôt, journaliste à BPM Sports, le 2 octobre 2024.

Monsieur Lanctôt a raison. Il a raison sur toute la ligne. Les médias sociaux offrant la même tribune à tous, voilà en théorie un magnifique véhicule pour la démocratie. Le problème vient du fait que pour une majorité, l’écran de l’ordinateur ou du téléphone intelligent est également perçu comme un écran de protection. On exprime des propos qu’on n’oserait jamais prononcer si l’interlocuteur se trouvait face à nous.

Une plateforme comme X présente en prime un autre problème : les gens qui s’invitent dans tous les débats. Qu’elles le fassent respectueusement ou non, ces personnes manifestent généralement des opinions très rigides et opposent une fin de non-recevoir à quiconque ose avancer un point de vue sous un angle différent. Et presque toujours, ça finit par déraper ou aller trop loin. C’est ce qui vient d’arriver avec l’auteur-compositeur Stéphane Venne.

Contrairement à plusieurs personnes de mon entourage, j’ai continué de suivre monsieur Venne sur X. Je le fais malgré mes nombreux désaccords avec lui, justement parce que je trouve important de connaître les arguments accolés aux positions qui diffèrent des miennes. La semaine dernière, il s’est retrouvé au cœur d’une vive controverse après avoir commenté une photo de l’autrice et féministe Léa Clermont-Dion.

Dans un message qu’il a supprimé cinq jours plus tard, Venne a suggéré que la pose de madame Clermont-Dion sur cette image constituait un « code sexuel hyper connu ». Cette interprétation très subjective et moralisatrice a rapidement suscité l’indignation sur les réseaux sociaux, où de nombreuses personnalités et internautes ont dénoncé ces propos comme étant misogynes et irrespectueux. La polémique a rapidement dégénéré, entraînant une vague de soutien envers l’autrice et soulevant des questions sur le harcèlement en ligne et la place des femmes dans l’espace public.

Venne a ainsi relancé le débat ancien sur la masculinité toxique et le sexisme ordinaire. Ses propos ont mis en lumière la persistance de stéréotypes sexistes et la difficulté pour les femmes de s’exprimer librement sur les réseaux sociaux sans être confrontées à des commentaires dégradants.

Il s’est publiquement excusé à Léa Clermont-Dion, mais a réitéré sa position et son interprétation de la pose qu’elle adoptait sur la fameuse photo. Loin d’apaiser les tensions qu’il a créées, ses excuses ont plutôt eu l’heur de jeter de l’huile sur le feu. Et voici ce qu’il publiait ce mercredi, une semaine après avoir lancé la controverse :

Quand j’évoque la rigidité des gens qui s’invitent dans tous les débats, Stéphane Venne en illustre un excellent exemple.


Dans le cours de français

D’où origine l’expression apprendre par cœur ?

L’expression remonte à une époque où le cœur était considéré comme le siège de la mémoire, des émotions et de l’intelligence. Cette idée trouve ses racines dans les cultures de l’Antiquité, notamment chez les Grecs et les Romains. Même si cette croyance n’est plus d’actualité, l’expression continue d’être utilisée pour évoquer une mémorisation mécanique et approfondie.

Et comme l’a mentionné Voltaire : « Ce qui touche le cœur se grave dans la mémoire. »


Sur le babillard

Marwah Rizqy a fait preuve d’un courage admirable et d’un don de soi exceptionnel en annonçant cette semaine qu’elle quitterait ses fonctions actuelles dans deux ans pour se consacrer pleinement à son rôle de jeune mère. Cette décision, motivée par son désir de passer plus de temps avec ses deux garçons, témoigne de son engagement profond envers sa famille et de sa capacité à faire des choix difficiles pour le bien-être de ses proches.

Madame Rizqy, je peux en témoigner, est une personnalité politique très appréciée dans le domaine de l’éducation, qui n’est pourtant pas reconnu pour ses allégeances libérales. Sa rigueur et sa verve nous manqueront.


Dans le cours de musique

Lhasa de Sela est décédée le 1er janvier 2010, à l’âge de 37 ans. Jamais je n’aurais cru que nous aurions droit à un album posthume, près de 15 ans après qu’elle ait été emportée par un cancer. C’est son premier collaborateur, Yves Desrosiers, qui a sorti et retravaillé les démos qu’ils avaient enregistrés ensemble, en 1994. Sur les douze pistes, on trouve entre autres une première mouture de Los Peces, grand succès de Lhasa paru en 1998. C’est cependant une version inédite de El Cosechero que je vous propose cette semaine, en #musiquebleue.

Lhasa de Sela et Yves Desrosiers – El Cosechero – First Recordings – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Depuis le 1er octobre 2024, Claudia Sheinbaum est officiellement devenue la première femme présidente du Mexique, marquant une étape historique pour le pays. Ancienne mairesse de Mexico, elle a remporté l’élection présidentielle avec près de 60 % des voix en juin 2024, succédant à Andres Manuel Lopez Obrador. Sa présidence est accueillie avec enthousiasme, et elle est attendue pour relever des défis majeurs, notamment la réforme du système judiciaire et la lutte contre les cartels.


Billet du 27 septembre 2024 : Des stages enfin rémunérés

La pénurie d’enseignantes et d’enseignants continue de donner des cheveux blancs au réseau scolaire québécois. Pour ajouter au casse-tête, les nouveaux étudiants désireux de devenir profs se font de plus en plus rares. En 2024, les inscriptions ont chuté de 7 %, passant de 4396 à 4073 valeureux volontaires, avec une baisse de 20 % pour le baccalauréat en éducation au préscolaire et en enseignement au primaire. 1 À croire que le métier n’est plus le rêve de carrière qu’il était… ou peut-être que la grève de l’automne 2023 et la couverture médiatique morose ont convaincu quelques âmes d’aller voir ailleurs. Mais pas de panique, Matthieu Petit, vice-doyen de l’Université de Sherbrooke, nous rassure : les inscriptions au deuxième cycle grimpent. Ce sont les « enseignants de deuxième carrière », ceux qui choisissent de se lancer dans l’enseignement après avoir déjà tout fait (ou presque) dans un autre domaine, qui viennent à la rescousse. Le superhéros du moment ? Celui qui a quitté les finances pour apprendre à nos enfants à multiplier.

Même si le programme de bourses Perspective avait suscité un certain enthousiasme en 2022, le regain d’intérêt semble avoir été de courte durée. Certes, recevoir 2500 $ par session, c’est appréciable, mais pas suffisant pour attirer les foules vers les bancs des facultés d’éducation. C’est un peu comme promettre une crème glacée à un marathonien fatigué… Pour vraiment retenir et attirer des étudiants, rémunérer les stages est une option que le ministre se décide enfin à considérer. Avec des taux de diplomation en berne, entre 50 % et 60 %, l’heure est aux ajustements pour rendre l’enseignement à nouveau désirable. C’est une tendance de fond que j’ai déjà soulignée dans mes billets précédents, et malheureusement, elle n’est pas près de s’inverser sans un sérieux coup de pouce.

Pour tenter d’enrayer cette tendance, le ministre Drainville a donc ouvert la porte à la rémunération des stages en enseignement, une revendication de longue date des associations étudiantes. Bien qu’aucun échéancier n’ait été fixé, l’idée est désormais sur la table, tout comme celle de rémunérer le quatrième stage, qui implique la gestion complète d’une classe pendant plusieurs semaines. Le ministre souhaite également changer la perception négative autour de l’éducation, accusant les syndicats et les médias de contribuer à un discours défaitiste. Or, ces discours, bien que critiques, reflètent peut-être simplement la réalité d’un milieu en crise, où le manque de soutien et les conditions de travail précaires ont découragé plus d’un enseignant.

Quand on pointe du doigt, trois autres doigts pointent vers soi.

1 Dion-Viens, Daphnée. Universités québécoises: inscriptions en baisse dans les programmes d’enseignement. Le Journal de Québec. Le 26 septembre 2024.


Dans le cours d’univers social
Volet Éducation à la citoyenneté

J’ai été étonné d’apprendre que le gouvernement du Québec a récemment refusé à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) le droit d’ouvrir une faculté de médecine. Cette décision, semble-t-il, repose sur plusieurs facteurs, notamment la capacité et les ressources limitées de l’UQAM pour soutenir une faculté de médecine de qualité. De plus, le gouvernement souhaiterait rationaliser l’offre existante en concentrant les ressources sur les facultés de médecine déjà établies à l’Université de Montréal, l’Université Laval et l’Université McGill, afin d’éviter la dispersion des ressources et d’assurer une meilleure équité financière pour les contribuables québécois.

Autre argument évoqué, celui de renforcer les institutions existantes qui offrent déjà des programmes en français. Le refus d’ouvrir une faculté de médecine à l’UQAM s’inscrirait dans une stratégie globale visant à optimiser les ressources disponibles et à soutenir les institutions déjà en place.


Dans le cours de musique

Le prolifique artiste québécois Jay Scott revient sur le devant de la scène avec son nouvel album, Toutes les rues sont silencieuses. Après avoir marqué les esprits avec ses projets précédents, notamment en collaboration avec Smitty Bacalley, l’auteur-compositeur-interprète originaire de Terrebonne nous offre un voyage sonore intime et introspectif. Avec ce nouvel opus, Jay Scott confirme son talent d’écriture et sa capacité à toucher les cœurs.

Voici la pièce titre de l’album.

Jay Scott – Toutes les rues sont silencieuses – Toutes les rues sont silencieuses – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Des chercheurs de l’Université Stanford ont découvert une utilisation innovante de la tartrazine, un colorant alimentaire couramment utilisé dans des produits comme les Doritos. En appliquant une solution aqueuse de tartrazine sur la peau de souris anesthésiées, ils ont réussi à rendre la peau des rongeurs temporairement transparente. Cette découverte permet d’observer les organes internes et les vaisseaux sanguins des souris sans avoir besoin de techniques d’imagerie invasives. Cette avancée pourrait révolutionner l’imagerie animale en offrant une méthode non invasive pour étudier le fonctionnement interne des petits animaux en temps réel.

Cette méthode est non seulement indolore pour les animaux, mais elle est également réversible, ce qui signifie que la transparence de la peau disparaît après un simple rinçage à l’eau. Les chercheurs sont optimistes quant aux applications futures de cette technique, qui pourrait améliorer notre compréhension des processus biologiques sans nuire aux animaux. Cette découverte prometteuse ouvre la voie à des avancées significatives dans le domaine de la recherche biomédicale, tout en respectant le bien-être animal.


Billet du 20 septembre 2024 : Refoulement de fonds

Chaque année, des dizaines de millions de dollars destinés à des services essentiels dans les écoles du Québec retournent dans les coffres du gouvernement, faute d’avoir été dépensés. 1 Ces fonds, initialement alloués à des mesures protégées, comme l’aide alimentaire, le tutorat, l’acquisition de livres jeunesse ou encore les sorties culturelles, se retrouvent souvent inutilisés par les écoles en raison de règles contraignantes. Ainsi, au cours des six dernières années, près de 98 millions de dollars alloués à quarante des centres de services scolaires (CSS) et commissions scolaires de la province n’ont pas été dépensés. Par exemple, le CSS des Navigateurs a accumulé un solde de 117 948 $ sur le budget de l’aide alimentaire pour l’année 2021-2022, soit 44 % des sommes qui lui avaient été attribuées. À Montréal, le plus grand centre de services scolaires a quant à lui laissé plus de 1,26 million de dollars inutilisés pour le tutorat durant l’année scolaire 2022-2023.

Ces sommes, pourtant essentielles à la réussite scolaire, se heurtent à un labyrinthe administratif rigide, rendant impossible toute flexibilité dans l’utilisation des fonds. Les écoles qui peinent à gérer des budgets trop contraints dans certains domaines ne peuvent pas redistribuer les surplus d’une mesure protégée à une autre, et doivent par conséquent les rendre au gouvernement. Par exemple, le CSS du Lac-Saint-Jean a terminé l’année avec un excédent de 22 000 $ pour des sorties culturelles, tout en accusant un déficit d’environ 8 000 $ en aide alimentaire. Cette rigidité fait que même les initiatives les plus louables finissent par échouer face à des contraintes bureaucratiques, tout en aggravant les disparités entre les établissements.

Et pendant ce temps, le gouvernement récupère ces millions non dépensés pour financer d’autres « priorités », alors que le secteur public continue de se débattre avec des manques criants de ressources. Au lieu d’aider les élèves à réussir, l’argent prévu à cet effet finit par remplir des caisses gouvernementales au détriment du réseau des écoles publiques québécoises.

1 Goudreault, Zacharie. Des millions de dollars destinés aux élèves retournés dans les coffres du gouvernement. Le Devoir, Montréal. Le 19 septembre 2024.


Dans le cours de français

Il y a des merveilles qui circulent parfois sur les réseaux sociaux. Quelqu’un s’est amusé avec les mots et ç’a donné ceci :

Je n’ai malheureusement pas la source.


Dans le cours de français, deuxième période

Voici une photo que j’ai prise dans une pharmacie près de chez moi :

#LeProfCorrige

En fait, y a-t-il quelque chose à corriger, ici ? C’est difficile à affirmer.

Quand j’ai vu le mot champlure, j’ai tout de suite pris les dispositions pour en faire une rubrique de mon billet hebdomadaire. J’ai quand même effectué quelques vérifications.

Voici ce qu’en dit le Petit Robert :

L’ouvrage accepte donc le mot, tout en précisant son régionalisme canadien et son caractère familier.

Qu’en est-il du Larousse ? Là, rien. Le mot champlure n’y est pas mentionné, donc pas accepté.

Alors, voyons ce que l’Office québécois de la langue française (OQLF) recommande. La recherche du mot nous mène directement à robinet, sous la définition duquel on peut lire ceci :

Le mot champlure est donc toléré par l’OQLF. Son caractère familier est défini comme suit :

« L’étiquette familier signifie que le terme est employé dans des situations où l’on s’exprime sans contrainte et où l’on ne surveille pas son langage, généralement à l’oral. »

Ainsi, il n’y a pas de faute dans l’affiche que j’ai photographiée.


Dans le cours de musique

Il a fallu attendre huit longues années avant que le groupe Avec pas d’casque nous revienne avec du nouveau matériel. Cardinal, paru le 13 septembre dernier, constitue le sixième album du quatuor montréalais. Voici la première des dix plages, Mâcher tes bottes.

Avec pas d’casque – Mâcher tes bottes – Cardinal – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) ont récemment réalisé une avancée spectaculaire dans le domaine des prothèses en créant une jambe artificielle entièrement contrôlée par le cerveau. Cette prouesse technologique incroyable permet aux personnes amputées de retrouver une mobilité aussi fluide que naturelle, grâce à des électrodes implantées dans les nerfs restants. Ces électrodes captent les intentions motrices du cerveau et les transmettent instantanément à la prothèse, qui réagit en temps réel. Les patients ayant testé cette innovation parlent d’une sensation presque « miraculeuse » : ils peuvent bouger leur jambe artificielle avec une aisance qui semblait autrefois inimaginable, leur redonnant ainsi une autonomie inespérée.

Cette percée prometteuse ouvre des perspectives infinies pour les personnes amputées, car elle efface les limites des prothèses traditionnelles, souvent jugées trop rigides ou épuisantes à utiliser. Les chercheurs sont remplis d’espoir que cette technologie révolutionnaire deviendra accessible à un plus grand nombre de patients dans un futur proche, transformant de manière significative leur qualité de vie. Ce développement marque un véritable tournant dans la recherche sur les interfaces cerveau-machine, et pourrait bien être le point de départ d’une nouvelle ère pour les prothèses, apportant un changement important dans le quotidien des personnes en situation de handicap.