Billet du 18 avril 2025 : Panem et circenses

En ce week-end de Pâques, pendant que plusieurs se régalent de chocolat et d’un peu de repos bien mérité, je me pose une question douce-amère : que reste-t-il de notre engagement citoyen, quand la démocratie doit s’effacer poliment devant un match de hockey ?

L’expression latine panem et circenses — du pain et des jeux — provient d’un poème satirique de Juvénal, écrit au IIe siècle. Elle dénonçait la manière dont les dirigeants romains parvenaient à maintenir la paix sociale : en donnant au peuple de quoi manger et de quoi se divertir, on détournait son attention des enjeux politiques. Cette logique, vieille de près de deux millénaires, n’a rien perdu de sa pertinence. Elle s’exprime aujourd’hui sous des formes bien plus sophistiquées : consommation de masse, réseaux sociaux omniprésents, compétitions sportives mondialisées et divertissements en continu. Pendant ce temps, les enjeux profonds — inégalités sociales, crise climatique, précarité du travail — peinent à occuper l’espace public.

En Amérique du Nord, la primauté du divertissement est particulièrement marquée. Les grandes ligues sportives, comme la NFL et la LNH, génèrent des passions collectives si intenses qu’elles éclipsent souvent les débats politiques les plus fondamentaux. Au Canada, le hockey occupe une place symbolique dans l’imaginaire collectif. Parallèlement, notre filet social, aussi imparfait soit-il, joue parfois le rôle du pain : tant qu’un confort minimal est maintenu, la pression pour un changement structurel demeure limitée. Pourtant, des crises majeures, comme celle du logement ou l’épuisement du personnel dans les services publics, exigeraient une mobilisation citoyenne bien plus soutenue.

Au Québec, cette dynamique prend une forme singulière. L’identité québécoise, nourrie par une histoire particulière, est portée par des symboles affectifs puissants. Le Canadien de Montréal n’est pas qu’un club de hockey : c’est un repère culturel, un point d’ancrage transgénérationnel. Nos nombreux festivals, notre vie culturelle foisonnante et nos événements publics constituent des fiertés légitimes. Mais ces moments de célébration peuvent aussi agir comme des circenses modernes : ils créent un sentiment collectif d’appartenance et de satisfaction, sans nécessairement favoriser la réflexion sur les défis structurels que nous avons tendance à repousser — comme le sous-financement chronique des écoles, les tensions autour de la langue française ou les enjeux liés à l’intégration des nouveaux arrivants.

Un fait récent illustre bien ce glissement : en pleine campagne électorale fédérale, le débat des chefs en français a été devancé de deux heures afin de ne pas entrer en concurrence avec un match du Tricolore. Cette décision soulève une question troublante : que dit-elle de nos priorités collectives ? Quand le calendrier démocratique s’ajuste à celui du sport professionnel, n’y a-t-il pas lieu de s’interroger ? Sommes-nous, comme les citoyens de la Rome impériale, trop absorbés par nos écrans, nos spectacles et nos passions sportives pour demeurer vigilants à l’égard de ceux qui gouvernent ? À l’heure où plusieurs démocraties vacillent, il est plus que jamais nécessaire de résister à la tentation du confort intellectuel, et de réaffirmer l’importance de la participation citoyenne dans la vie publique. Ce déplacement du débat, justifié au nom de l’auditoire, a d’ailleurs suscité quelques contorsions verbales… La commission des débats des chefs a dû patiner un brin pour expliquer sa décision, et ce n’était pas sur la glace du Centre Bell.


#LeProfCorrige

Je suis convaincu que les titreurs de Radio-Canada connaissent la bonne orthographe du mot « accueil ».

Je suis cependant moins convaincu qu’ils savent bien se relire.


#musiquebleue

Quand j’étais adolescent, il fallait reculer jusqu’aux années 1930 pour trouver une chanson cinquantenaire. La musique et les paroles pouvaient exceller, mais il en était autrement de la qualité sonore de l’enregistrement, les technologies de l’époque étant alors en plein développement.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, cette semaine, l’album Si on avait besoin d’une cinquième saison, du groupe Harmonium, a célébré ses 50 ans. Il s’agissait, en 1975, d’une des premières incursions québécoises dans la musique progressive. Comme le reste de l’opus, la chanson Dixie a bien vieilli. Gâtons-nous !

Harmonium – Dixie – Si on avait besoin d’une cinquième saison – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

On a préféré perturber notre souper plutôt que le match du Canadien, mercredi, en devançant le débat des chefs, mais la Sainte-Flanelle a au moins remporté la victoire et ainsi assuré sa place en séries éliminatoires pour la première fois depuis 2021, alors qu’elle s’était rendue jusqu’en finale de la Coupe Stanley. Nous étions conscients à l’époque que c’était soit un heureux hasard, soit une conjonction astronomique remarquable. L’équipe possédait quelques bons joueurs, mais aucune profondeur. Carey Price, Shea Weber, Brendan Gallagher, Jake Evans et sûrement quelques autres jouaient en dépit d’importantes blessures et il était acquis que plusieurs éléments n’allaient pas revenir avec l’équipe l’année suivante.

Cette fois-ci, le Canadien a encore vu les portes se refermer in extremis derrière lui. Mais, contrairement à il y a quatre ans, ceci marque le début d’une longue période de succès pour la troupe de Martin St-Louis. Les joueurs sont jeunes, ils sont sous contrat pour longtemps, ils sont enthousiastes et ils ont faim. Est-ce que le précieux trophée de Lord Stanley reviendra sous peu dans la métropole québécoise, là où il s’est retrouvé 24 fois ? Peut-être. Peut-être pas. Quoi qu’il en soit, je demeure persuadé que le CH reprendra bientôt l’appellation depuis longtemps reléguée aux oubliettes : les Glorieux.


Billet du 4 avril 2025 : Entre mots et monuments

Cette semaine, La Presse publiait un article intitulé Un portrait inédit des fautes de français.1 On y découvre les résultats d’une analyse menée à partir de l’épreuve ministérielle d’écriture de 6e année, tenue en juin dernier. Un millier de copies ont été étudiées pour dresser un portrait fidèle des erreurs les plus courantes chez les jeunes Québécois.

Sans surprise, les fautes les plus fréquentes concernent la graphie des mots (anfent, actualitée), les accords en nombre ou en genre, ainsi que les erreurs liées aux pronoms sujets (tu pourraient, on aurais). Plus de 87 % des élèves ont commis au moins une faute d’orthographe lexicale, et 70 % ont rédigé un texte d’environ 300 mots, ce qui représente un bel effort à cet âge.

Mais ce que soulignent les spécialistes consultés dans l’article, c’est que ces erreurs ne sont pas nécessairement le signe d’un effondrement de la qualité du français. Bien au contraire. Elles révèlent surtout un manque de pratique, une exposition inégale à la langue écrite et un accès inconstant aux outils de référence (dictionnaires, grammaires, Bescherelle).

Il appartient aussi aux familles, aux adultes et à l’ensemble des milieux fréquentés par les jeunes de valoriser la langue écrite. Lire à haute voix, encourager l’écriture à la maison, prendre le temps de relire un message avant de l’envoyer, modéliser une attitude respectueuse envers la qualité du français — tous ces gestes quotidiens comptent. Ils créent un contexte où la langue n’est pas seulement un objet scolaire, mais un outil de communication soigné et partagé.

Réviser ce qu’on écrit devrait devenir une norme sociale, pas un geste réservé aux seuls examens. Tant que les fautes seront perçues comme sans importance en dehors de l’école, le message envoyé aux jeunes sera contradictoire : on leur demande la rigueur à l’école, mais on banalise les écarts partout ailleurs. La cohérence sociale est essentielle si l’on veut que l’écriture reste un outil de crédibilité, de clarté… et de citoyenneté.

1 Larin, Vincent. Un portrait inédit des fautes de français. La Presse, Montréal. Le 2 avril 2025.


Dans le cours d’univers social
Volet éducation à la citoyenneté

Il y a plusieurs années, je dirigeais un site de nouvelles sur Internet. À chaque élection, l’équipe et moi préparions un résumé des engagements électoraux des partis politiques, pour chacun des thèmes de la campagne. Sur un blogue hebdomadaire que je gère en solo, je suis heureux de constater que je n’aurai pas à me taper tout ce travail, puisque le quotidien Le Devoir nous offre ce service dans le cadre de la présente élection fédérale. La page est actuellement bien garnie, mais incomplète, car elle se bonifiera au fur et à mesure que les partis procéderont à leurs annonces.

Je dépose ici le lien pour y accéder.

Comparez les promesses des partis aux élections fédérales 2025 – Le Devoir


Dans le cours de musique

Le groupe saguenéen Blanc Dehors revient en force avec Diaphane, un album à la fois vaporeux et percutant, où les échos de la cold wave et du post-punk se teintent d’une poésie brute et lumineuse. Fidèle à son esthétique sombre et rêveuse, le quintette y explore les zones floues de l’existence. La pièce Nuit dense, en particulier, incarne à merveille cette tension avec la voix éthérée de Caroline Tremblay. Diaphane confirme que Blanc Dehors s’impose désormais dans le paysage musical québécois.

Blanc Dehors – Nuit dense – Diaphane – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Et si la technologie devenait un pinceau pour retoucher les merveilles du passé ? C’est exactement ce que proposent certains artistes et entreprises, comme Studio Drift, en alliant drones, savoir-faire et amour du patrimoine. Grâce à ces innovations, des monuments emblématiques comme la Sagrada Familia en Espagne, l’abbaye de Whitby en Angleterre ou même le Colisée à Rome retrouvent des fragments perdus de leur splendeur d’origine. Les drones capturent les moindres détails architecturaux, permettant des reconstitutions numériques ou physiques d’une précision étonnante. Loin d’être de simples gadgets, ces outils deviennent des alliés sensibles au service de la mémoire collective.

Ce mariage entre art et technologie ne se contente pas de préserver : il émerveille. En reconstituant les éléments manquants avec grâce, ces projets nous offrent une nouvelle façon d’admirer les chefs-d’œuvre du passé, tout en respectant leur histoire. C’est une invitation à voyager dans le temps, à travers des expériences visuelles qui nourrissent l’imaginaire. Une belle preuve que l’innovation, lorsqu’elle est guidée par la beauté et la culture, peut illuminer le monde avec douceur et justesse.


Billet du 28 mars 2025 : Faire bande à part

Les faits :

Il existe des consortiums de médias unis pour offrir une couverture impartiale des débats des chefs lors des élections, tant fédérales que provinciales. Pour les campagnes électorales canadiennes, le consortium est formé des médias suivants :

  1. CBC/Radio-Canada (anglais et français);
  2. CTV (Bell Media);
  3. Global News (Corus Entertainment);
  4. The Toronto Star;
  5. La Presse;
  6. Le Devoir;
  7. APTN (Aboriginal Peoples Television Network);
  8. L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario;
  9. La chaîne CPAC (Cable Public Affairs Channel).

Deux autres médias ont déjà fait partie de ce consortium. Le HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021, ainsi que le réseau TVA, qui a choisi de quitter le groupe médiatique en 2012 pour faire bande à part et présenter ses propres débats.

Évoquant une situation financière difficile, le réseau TVA a demandé au Parti libéral du Canada (PLC), au Parti conservateur du Canada (PCC), au Nouveau Parti démocratique (NPD) et au Bloc québécois (BQ) de défrayer une partie des coûts de production de son débat 2025, à teneur de 75 000 $ chacun. Trois partis ont accepté, mais le PLC ayant refusé, le débat de TVA n’aura pas lieu.

Ceci a valu à Mark Carney, chef du PLC, d’être qualifié de « fragile et faible » par Pierre Poilievre, et de se faire accuser de « se foutre des Québécois » par Yves-François Blanchet.

Ce que j’en pense :

Carney a bien fait. Louer une table dans un marché de fruits et légumes pour y vendre ses récoltes est une chose. Assumer les frais de production d’un diffuseur qui a choisi de faire bande à part en est une autre.

En fait, je considère qu’aucun chef de parti n’aurait dû accepter. Le précédent aurait sans doute eu ses suites. TVA aurait probablement récidivé lors des élections subséquentes, ce qui aurait assurément fini par créer un malaise avec les autres médias. Et puis, sincèrement, il y a comme une incongruité à payer pour aller débattre.

Je rappelle aussi que cinq partis politiques sont actuellement représentés à la Chambre des communes. TVA n’invitait les chefs que de quatre d’entre eux. Lors des deux débats du consortium, six chefs seront conviés à débattre.

Carney est-il « fragile et faible » en raison de son refus de participer au débat de TVA ? Non. Il sera des deux débats du consortium. Est-ce qu’il « se fout des Québécois » pour la même raison ? Non plus. Les deux débats auxquels il participera se tiendront à Montréal, Québec.


Dans mon cahier de planification

On a parfois tendance à les mettre de côté, mais les émotions sont des actrices clés de l’apprentissage, surtout chez nos jeunes en pleine croissance. Après de belles années passées sur le terrain, j’ai pu constater à quel point la joie et la curiosité peuvent transformer une leçon ordinaire en une véritable aventure intellectuelle. Quand un élève est engagé émotionnellement, son cerveau est plus alerte, plus réceptif, et l’acquisition de nouvelles connaissances se fait de manière beaucoup plus naturelle et durable. À l’inverse, le stress ou l’anxiété peuvent créer des blocages importants, rendant l’apprentissage plus difficile et moins agréable. Un environnement scolaire où l’on se sent en confiance et valorisé est donc essentiel pour favoriser des émotions positives, véritables moteurs de la réussite. Développer son intelligence émotionnelle, c’est-à-dire apprendre à identifier et à gérer ses propres émotions tout en comprenant celles des autres, devient alors une compétence fondamentale qui dépasse largement les murs de la classe.

Intégrer la dimension émotionnelle dans l’enseignement, ce n’est pas juste une question de bien-être, c’est une stratégie d’apprentissage efficace. Proposer des activités variées, encourager l’expression des sentiments et aider les élèves à développer des stratégies d’adaptation émotionnelle contribuent à créer un lien plus profond avec ce qu’ils apprennent. Il faut savoir que nos émotions ont un impact direct sur le fonctionnement de notre cerveau, activant les zones liées à la mémoire et à l’attention. Grâce à la plasticité cérébrale, cette incroyable capacité de notre cerveau à se façonner en fonction de nos expériences, un environnement émotionnellement favorable stimule des connexions neuronales plus fortes et un apprentissage plus profond. En fin de compte, prendre en compte les émotions à l’école, ce n’est pas une option, mais une nécessité pour former des jeunes équilibrés, motivés et prêts à relever les défis de demain.


Dans le cours de musique

Le talentueux duo formé de Catherine Major et Jean-François Moran nous livre enfin leur premier album collaboratif, Bunker à ciel ouvert. Loin d’être un simple projet de couple, cet opus est une véritable immersion dans leur univers intime et créatif. Les mélodies riches et les arrangements soignés de Catherine Major se marient à la perfection aux textes poétiques et profonds de Moran, son complice de longue date et père de ses enfants. Chaque chanson est une fenêtre ouverte sur leur vision du monde. Voici La coda, la pièce d’ouverture de l’album.

Catherine Major et Jean-François Moran – La coda – Bunker à ciel ouvert – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Dans la ville pittoresque de Nara, au Japon, un professeur d’art nommé Hirotaka Hamasaki a trouvé une manière unique et inspirante de captiver ses élèves. En utilisant les feuilles mortes aux teintes vives de l’automne, il crée des œuvres d’art représentant des personnages bien-aimés de la culture populaire, tels que Pikachu ou Winnie l’Ourson. Cette initiative artistique non seulement éveille l’intérêt des élèves pour l’art, mais transforme également la salle de classe en un espace de créativité et de collaboration. Les élèves participent activement en suggérant les personnages qu’ils souhaitent voir prendre vie, rendant le processus encore plus amusant et engageant.

Grâce à cette approche innovante, Hirotaka Hamasaki a réussi à créer un environnement d’apprentissage dynamique où l’imagination et l’art se rencontrent. Ses créations, qui apportent une touche de fantaisie et de magie à l’école, ont non seulement gagné l’admiration de ses élèves, mais ont également attiré l’attention de la communauté locale. En intégrant l’art dans le quotidien scolaire de manière aussi ludique et interactive, ce professeur talentueux a su faire de chaque jour une nouvelle aventure artistique, laissant une empreinte durable dans le cœur de ses élèves.

Pour découvrir ses œuvres, visitez son profil Instagram : @hamacream.


Billet du 21 mars 2025 : Un avertissement pour notre époque

Il y a quelques jours, un ami a publié sur Facebook la liste des 14 caractéristiques du fascisme selon l’écrivain et philosophe Umberto Eco. Ce texte, tiré de son essai Reconnaître de fascisme (Grasset, 2017), ressurgit régulièrement lorsque l’actualité semble rappeler les mécanismes qui ont conduit certaines démocraties à sombrer dans l’autoritarisme. Eco y décrit des tendances inquiétantes :

  1. Le culte de la tradition
  2. Le rejet du modernisme
  3. Le culte de l’action pour l’action
  4. Le rejet de la critique et de la pensée analytique
  5. La peur de la différence
  6. L’appel aux classes moyennes frustrées
  7. L’obsession du complot
  8. L’ennemi est à la fois fort et faible
  9. La vie est une guerre permanente
  10. Le mépris des faibles
  11. Le culte du héros et de la mort
  12. Le machisme
  13. Le populisme qualitatif
  14. La novlangue

Ces éléments ne sont pas des cases à cocher pour établir un diagnostic absolu : un régime n’a pas besoin de tous les réunir pour dériver vers l’autoritarisme. Ce sont plutôt des tendances qu’il faut observer avec vigilance.

Depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, Donald Trump suscite de nombreuses inquiétudes par ses attaques répétées contre la justice, la presse et les contre-pouvoirs. Sa remise en cause de l’autorité des juges, son utilisation des institutions pour neutraliser l’opposition et ses discours de plus en plus belliqueux ont alimenté un climat où la frontière entre démocratie et régime autoritaire devient plus floue. Cette semaine, il a déclaré qu’il ne reconnaissait pas les grâces présidentielles accordées par son prédécesseur Joe Biden, une décision inédite qui a soulevé de sérieuses questions sur l’indépendance du pouvoir judiciaire.1

L’histoire ne se répète pas toujours à l’identique, mais elle rime. Ces 14 caractéristiques ne sont pas seulement un rappel du passé : elles constituent un outil d’analyse puissant pour comprendre le présent. À quel moment pourra-t-on affirmer que les États-Unis ont quitté le giron des démocraties pour basculer dans l’autoritarisme ?

1 End, Aurélia (2025, 17 mars). Trump n’en finit plus de contester l’autorité des juges. La Presse.


Dans le cours d’univers social
Volet histoire

C’est avec une profonde tristesse et une grande déception que je constate la disparition des magasins La Baie. Depuis leurs débuts au XVIIᵉ siècle, lorsque la Compagnie de la Baie d’Hudson fut fondée en 1670 pour faciliter le commerce de la fourrure, ces établissements ont constitué l’un des premiers piliers du commerce en Amérique du Nord. Leur vocation initiale était de créer des liens entre explorateurs européens et peuples autochtones, favorisant ainsi les échanges culturels et économiques qui ont façonné notre histoire.

Au fil des siècles, La Baie s’est transformée pour s’adapter aux mutations du marché, devenant bien plus qu’un simple point de vente. Elle s’est imposée comme un lieu de rencontre et d’échange, tout en commanditant divers événements culturels, sportifs et éducatifs qui ont renforcé le tissu social de nos communautés. En tant qu’enseignant en univers social, j’avais pour habitude d’intégrer l’histoire de ce premier commerce dans mes cours, soulignant l’importance de son rôle dans l’évolution économique et culturelle du pays.

La disparition de ces magasins représente aujourd’hui la fin d’une ère, marquée par l’effacement d’un symbole historique et patrimonial inestimable. Elle nous rappelle combien il est essentiel de préserver notre mémoire collective, en gardant vivantes les leçons et les valeurs incarnées par La Baie. J’espère que l’histoire de La Baie continuera à se transmettre de manière simple et authentique, rappelant à chacun l’importance de nos racines.


Dans le cours de musique

J’avais l’embarras du choix pour l’artiste à qui j’emprunterais une pièce musicale, cette semaine. Le cœur a parlé et j’y vais avec Marie-Annick Lépine, qui a lancé Le cœur est un rêveur, au cours des derniers jours. La multi-instrumentiste des Cowboys Fringants produit ainsi, mine de rien, son quatrième album solo. La pièce qu’on écoute s’intitule Porte-poussière.

Marie-Annick Lépine – Porte-poussière – Le coeur est un rêveur – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Cette semaine, une avancée innovante dans le domaine des biomatériaux offre une nouvelle perspective pour le traitement des plaies. Une équipe internationale de chercheurs a récemment publié dans la revue Nature Materials les résultats prometteurs de leurs travaux sur un hydrogel auto-cicatrisant, capable d’imiter à la fois la souplesse et la résistance de la peau humaine. Ce matériau ingénieux, enrichi de nanofeuilles d’argile ultraminces — disposées en densité impressionnante dans un réseau polymère — présente la capacité de réparer efficacement ses ruptures : il regagne environ 80 à 90 % de son intégrité en seulement quatre heures, avant de se rétablir complètement en 24 heures.

Selon Chen Liang, auteur principal de l’étude, le secret réside dans un mécanisme d’enchevêtrement moléculaire qui permet aux brins de polymère de se réorganiser dès qu’ils sont sectionnés. Bien que ces résultats en laboratoire soient très encourageants, les chercheurs soulignent la nécessité de poursuivre les recherches et de mener des essais cliniques pour confirmer l’efficacité du matériau dans des conditions réelles. Ce développement marque une étape significative dans l’évolution des matériaux intelligents, ouvrant la voie à des applications futures dans le domaine médical et illustrant le potentiel transformateur de la recherche bio-inspirée.


Trump et les 14 signes du fascisme

Dans le premier bloc de ce billet, il était question des 14 caractéristiques du fascisme telles que définies par Umberto Eco. Ces éléments ne sont pas un mode d’emploi rigide, mais plutôt une série de tendances récurrentes dans les régimes autoritaires. Dans ce bloc, examinons de plus près comment ces quatorze caractéristiques peuvent être accolées aux paroles et actions de Trump et de son administration.

  1. Le culte de la tradition

Trump a promu un décret exigeant que tous les nouveaux bâtiments fédéraux respectent un style architectural classique inspiré des « grandeurs passées » des États-Unis, rejetant les influences modernistes et progressistes. Il a également renforcé les directives éducatives visant à promouvoir une version plus patriotique de l’histoire américaine, minimisant les aspects controversés du passé du pays.

  1. Le rejet du modernisme

Depuis son retour au pouvoir, Trump a intensifié le démantèlement des régulations environnementales et continue d’affirmer que le changement climatique est une « invention de la gauche ». Son allié J.D. Vance a également critiqué le rôle des universités, affirmant qu’elles sont devenues des foyers d’endoctrinement progressiste, ce qui renforce l’idée d’un rejet des institutions intellectuelles traditionnelles.

  1. Le culte de l’action pour l’action

Le retrait soudain des États-Unis de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sans consultation avec les experts médicaux.

  1. Le rejet de la critique et de la pensée analytique

Trump continue d’attaquer la presse, qualifiant les journaux de fake news media et allant jusqu’à suggérer de limiter leur accès aux conférences de presse de la Maison-Blanche, restreignant ainsi la capacité de certains reporters à poser des questions au président et à son administration.

  1. La peur de la différence

Intensification des expulsions de migrants, notamment l’envoi de plus de 200 membres présumés de gangs vers le Salvador malgré une interdiction judiciaire.

  1. L’appel aux classes moyennes frustrées

Lors d’un rassemblement en Pennsylvanie le 15 février 2025, Trump a accusé les élites et les intellectuels d’« écraser les vrais Américains » au profit d’immigrants et de « bureaucrates corrompus ».

  1. L’obsession du complot

Trump continue de propager l’idée que des élites de l’« État profond » travaillent dans l’ombre pour saboter son administration et manipuler le système politique à leur avantage. Il a aussi suggéré, sans preuve, que des forces étrangères et des organisations non gouvernementales conspirent pour influencer les décisions judiciaires et législatives aux États-Unis.

  1. L’ennemi est à la fois fort et faible

Trump qualifie ses adversaires démocrates de « communistes extrémistes » dangereux tout en se moquant de leur supposée inefficacité.

  1. La vie est une guerre permanente

Utilisation systématique d’un vocabulaire militaire, appelant ses partisans à « combattre » les ennemis intérieurs et extérieurs, qu’il désigne comme la gauche radicale, les médias et certains juges.

  1. Le mépris des faibles

Lors d’un meeting à El Paso, Texas, le 22 janvier 2025, Trump a tourné en dérision des demandeurs d’asile en les qualifiant de « mendiants professionnels » venant profiter du système.

  1. Le culte du héros et de la mort

Lors de son discours inaugural le 20 janvier 2025, Trump a déclaré que « les vrais patriotes sont ceux qui sont prêts à mourir pour l’Amérique » dans un contexte de tensions civiles.

  1. Le machisme

Trump a annulé plusieurs protections fédérales pour les personnes transgenres et, en février 2018, à la suite d’accusations de violences conjugales visant deux de ses collaborateurs, Rob Porter et David Sorensen, il a tweeté en dénonçant les « fausses accusations », suggérant que certaines allégations pourraient être infondées.

  1. Le populisme qualitatif

Lors de son discours inaugural le 20 janvier 2025, Trump a affirmé que seul lui et ses alliés « représentent les vrais Américains » et que toute opposition est une trahison.

  1. La novlangue

Utilisation massive de slogans creux et de formules martelées sur les réseaux sociaux (« America First », « Fake News », « Stop the Steal ») pour influencer l’opinion publique.

Les États-Unis ne sont pas encore une dictature, mais ils en prennent certaines caractéristiques. Comme l’a écrit Umberto Eco, le fascisme ne s’impose pas forcément d’un seul coup : il s’installe lentement, souvent sous couvert de sécurité et de patriotisme. Les démocraties ne disparaissent pas en un jour, elles s’effritent au fil du temps, jusqu’à ce que l’idée même d’opposition devienne dangereuse.

Alors, jusqu’où laisserons-nous aller cette normalisation des tendances autoritaires ? Chaque citoyen a une responsabilité dans la défense des institutions démocratiques.


Billet du 14 mars 2025 : Quand pouvoir ne rime pas avec savoir

Depuis près de cinquante ans, les politiques éducatives américaines n’ont pas connu de transformations majeures comparables à celles des autres pays du G7. Alors que la France, le Canada ou l’Allemagne ont consolidé des réformes pour favoriser l’accès à l’éducation et rehausser la qualité de l’enseignement, les États-Unis ont laissé leur système s’effriter sous le poids des inégalités, des coupes budgétaires et d’un manque de vision à long terme.

La dernière réforme d’envergure qui a réellement transformé l’éducation pour l’ensemble des élèves et étudiants américains remonte à la présidence de Jimmy Carter. En 1979, il a créé le département de l’Éducation, marquant ainsi la dernière tentative fédérale de centraliser et d’améliorer la politique éducative à l’échelle nationale. Son administration a aussi renforcé le soutien aux universités publiques et aux programmes de prêts étudiants. Mais depuis, aucune réforme n’a eu un impact aussi structurant sur l’ensemble du système scolaire et universitaire.

Ce constat est particulièrement frappant lorsqu’on observe le vote des villes universitaires américaines lors des élections de novembre 2024 : selon les derniers chiffres disponibles, elles auraient toutes choisi Kamala Harris, y compris celles situées dans des États républicains. Si l’on part du principe que la population universitaire est en moyenne plus instruite, ce résultat pose une question fondamentale : pourquoi les foyers du savoir rejettent-ils massivement Donald Trump alors que le reste du pays l’a ramené à la Maison-Blanche ?

L’histoire nous fournit des pistes de réflexion. De nombreux penseurs et dirigeants ont souligné que le manque d’instruction pave souvent la voie à l’autoritarisme. « L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde », affirmait Nelson Mandela. Or, que se passe-t-il lorsqu’un pays refuse d’investir dans cette arme ? Il s’affaiblit intellectuellement et démocratiquement, laissant place aux discours simplistes et aux figures populistes qui prospèrent sur l’ignorance.

Abraham Lincoln, quant à lui, rappelait : « La philosophie de l’école dans une génération sera la philosophie du gouvernement dans la suivante. » Si l’on suit cette logique, le désinvestissement progressif dans l’éducation publique américaine a tracé la voie au gouvernement actuel. En négligeant le rôle central du savoir dans le développement civique, le pays a permis l’émergence d’un climat où les faits deviennent secondaires, où les émotions l’emportent sur la raison et où la démocratie vacille.

Le retour de Donald Trump au pouvoir en janvier 2025 n’a fait que confirmer cette dynamique. Déjà, lors de son premier mandat, il avait drastiquement réduit les budgets alloués au département de l’Éducation, notamment en coupant dans les programmes d’aide aux étudiants à faibles revenus et en favorisant les écoles privées au détriment des écoles publiques. Cette tendance s’est accélérée depuis son retour à la Maison-Blanche : les coupes budgétaires se sont multipliées, affaiblissant encore davantage un système éducatif déjà en crise. En parallèle, son administration a mené une offensive contre les institutions démocratiques, multipliant les purges administratives et adoptant une communication de plus en plus agressive à l’encontre des médias et des intellectuels. Ce scénario aurait-il été possible dans un pays où l’éducation aurait été renforcée au même rythme que dans les autres grandes démocraties occidentales ?

Loin d’être une simple question de politiques publiques, l’éducation est le rempart ultime contre la manipulation et l’érosion des libertés. Les États-Unis en font aujourd’hui la démonstration tragique.


Dans le cours de français

La langue française, tel un caméléon sur une palette de couleurs, se transforme sans cesse. Les néologismes, ces petits monstres linguistiques, surgissent de nulle part pour nommer nos nouvelles obsessions. « Courriel », « télétravailler » et « divulgâcher » sont autant de spécimens étranges qui ont élu domicile dans nos conversations. Ils sont le reflet de notre capacité à inventer des mots plus vite qu’un chat ne perd ses poils.

L’intégration d’un néologisme, c’est un peu comme une soirée karaoké : certains font un malheur dès la première note, d’autres se font huer et disparaissent dans les limbes du langage. Prenons l’exemple de « ubériser », qui a rapidement conquis nos conversations pour décrire la transformation radicale de certains secteurs économiques. Ou encore « influenceur », qui désigne ces nouvelles vedettes du monde numérique qui dictent nos tendances. Par contre, souvenons-nous de « clavardage », qui fut un néologisme populaire à l’arrivée d’internet, et qui est maintenant remplacé par le terme « messagerie ». L’Office québécois de la langue française, gardien vigilant de notre patrimoine linguistique, joue un rôle essentiel dans l’analyse et la validation de ces nouveaux mots. Les dictionnaires, ces autres gardiens du temple, décident ensuite qui a le droit de chanter dans la cour des grands. Mais finalement, c’est le public, c’est-à-dire nous, qui choisit les expressions marquantes de demain.

Alors, soyons ouverts aux nouveaux mots, même les plus farfelus. Après tout, la langue française est un terrain de jeu géant, où l’on peut s’amuser à créer, à inventer, à faire des pirouettes verbales. Les réformes linguistiques peuvent parfois déranger, mais elles sont nécessaires pour que la langue reste un outil vivant et adapté à son époque. Loin de la dénaturer, les néologismes et les évolutions linguistiques sont les témoins de notre vitalité et de notre capacité à nous réinventer sans cesse.


Dans le cours de musique

Étienne Fletcher, un artiste fransaskois aux racines profondément enracinées dans la culture bilingue, a récemment sorti son album Kauai O’o. Fils d’un père anglophone de Regina et d’une mère francophone originaire de Laurier-Station au Québec, Fletcher a grandi dans un environnement où les deux langues et cultures se côtoyaient naturellement. Ses étés passés à Saint-Flavien, au Québec, ont renforcé cette connexion avec la culture québécoise, qui se reflète dans sa musique.

Kauai O’o explore avec sensibilité l’histoire émouvante d’une espèce d’oiseau disparue, utilisant cette métaphore pour aborder les défis des minorités linguistiques et culturelles. Les compositions de Fletcher sont caractérisées par des mélodies envoûtantes et des arrangements soignés qui rappellent parfois ceux du groupe Les Parfaits salauds. Voici la pièce Poètes.

Étienne Fletcher – Poètes – Kauai O’o – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Le caribou montagnard de la Gaspésie, une espèce emblématique en déclin depuis des décennies, bénéficie d’un nouvel élan d’espoir grâce à des mesures de conservation renforcées. Avec l’engagement des experts et les efforts concertés des autorités, plusieurs initiatives ont été mises en place pour protéger son habitat et favoriser la survie de cette population unique. Parmi ces mesures, la mise en place de zones de protection plus strictes et l’amélioration des conditions de reproduction offrent une lueur d’espoir pour l’avenir de ces majestueux cervidés.

Cette mobilisation collective démontre qu’avec des actions concertées et un engagement sincère envers la biodiversité, il est possible de renverser la tendance et de préserver des espèces en péril. La Gaspésie, joyau naturel du Québec, pourrait ainsi redevenir un sanctuaire florissant pour le caribou montagnard. Cette nouvelle rappelle à quel point chaque effort compte dans la protection de notre patrimoine naturel et qu’ensemble, nous pouvons faire une réelle différence pour l’environnement.


Billet du 28 février 2025 : Le culte des leaders charismatiques

Le blogueur Jonathan le Prof m’a coupé l’herbe sous le pied, cette semaine. En fait, il m’a plutôt enlevé les mots de la bouche. Pour être exact, il a publié mercredi ce que je m’apprêtais à écrire ici aujourd’hui. Lui et moi, nous nous rejoignons sur toute la ligne.

Mon blogue se veut pédagogique. Pourtant, depuis les dernières semaines, il est beaucoup question d’Elon Musk et de Donald Trump. Y a-t-il ici une incompatibilité ? Absolument pas. Nous vivons actuellement un tournant important de l’histoire et nous devons en retenir toutes les leçons. Les leçons actuelles, bien sûr, mais surtout celles du passé. La pédagogie dans son état le plus pur.

Voici un extrait de ce que Jonathan écrivait, pour justifier ses dénonciations quotidiennes du duo Musk-Trump :

« Dans les années 1920 et 1930, beaucoup ont sous-estimé les déclarations de Hitler et Mussolini, les voyant comme de simples extrémistes radicaux et bruyants, ou des personnages marginaux, excentriques et inoffensifs.

Les médias ne les prenaient pas au sérieux, et il n’y avait donc pas ou très peu de contrepoids à leurs discours et leurs actions.

Cette attitude de négligence et de complaisance a grandement facilité leur ascension au pouvoir et à faciliter à abolir la démocratie et l’état de droit, entraînant ensuite une histoire horrible que vous connaissez tous. »

Et l’histoire semble ici se répéter avec Trump et Musk. La suite vous intéresse ? Je vous invite à en prendre connaissance.

Jonathan le Prof. (2025, 26 février). Vous êtes nombreux à me demander en commentaires pourquoi je n’arrête pas de dénoncer les dérives fascistes du duo Trump-Musk [Statut Facebook]. Facebook.


C’est ce qui m’amène la question suivante : pourquoi certaines personnes, souvent très intelligentes, vouent-elles un véritable culte à des individus ? Qu’est-ce qui crée ce culte et le rend généralement inconditionnel ? L’histoire regorge de figures autour desquelles s’est construite une adoration sans failles, qu’il s’agisse de leaders religieux, de chefs politiques, de gourous ou même de personnalités contemporaines, comme Donald Trump. Ce phénomène s’explique par un mélange de besoins psychologiques, de dynamiques de groupe et de stratégies de manipulation de la part des figures charismatiques qui savent capter l’attention et renforcer la loyauté de leurs adeptes.

L’adhésion à un leader repose d’abord sur un besoin fondamental de sécurité et de sens. Dans des périodes d’incertitude, beaucoup cherchent des repères clairs, et un individu charismatique proposant une vision simple du monde peut rapidement devenir un phare rassurant. Ce phénomène est renforcé par des biais cognitifs, comme la dissonance cognitive : lorsqu’une personne a investi temps et énergie dans une croyance ou un mouvement, il devient difficile de reconnaître qu’elle s’est trompée. Pire, les critiques extérieures renforcent souvent l’attachement au leader, non pas parce qu’il est objectivement persécuté, mais parce qu’il se présente comme un martyr, prétendant être la cible d’un complot ou d’un acharnement injuste. Comme l’écrivait le sociologue allemand Erich Fromm dans Escape from Freedom : « Pour ceux qui ont peur de la liberté, un leader qui leur dit quoi penser et comment agir devient non seulement un guide, mais un refuge contre l’angoisse existentielle. » 1

Ce culte devient inconditionnel grâce à la polarisation et à la création d’un ennemi commun. En désignant un adversaire – les élites, les médias, un groupe social ou une idéologie –, le leader soude son groupe et empêche toute remise en question interne. Ce mécanisme explique pourquoi certains continuent à défendre un leader malgré ses erreurs manifestes. En se positionnant comme victime d’un système hostile, il transforme chaque attaque en preuve de sa légitimité. Ainsi, ses partisans ne le soutiennent plus seulement pour ses idées, mais parce qu’il incarne leur combat. Le culte dépasse alors la personne elle-même : il devient un symbole identitaire, une cause à défendre à tout prix. Ainsi, plus un leader crie à l’injustice, plus ses fidèles s’accrochent à lui… à croire que, dans ce grand théâtre du pouvoir, rien ne vaut un bon rôle de victime pour décrocher une ovation debout.

1 Fromm, Erich. Escape from Freedom. Farrar & Rinehart, 1941.


Dans le cours de musique

Cette semaine, un artiste établi et une de ses plus belles compositions. Les Yankees, de Richard Desjardins, est un chef-d’oeuvre, tant au niveau musical que pour sa poésie et son engagement. Maintenant âgée de 37 ans, cette chanson surprend par ses paroles qui, de fictives et apocalyptiques qu’elles pouvaient alors sembler, s’avèrent maintenant très actuelles.

Richard Desjardins – Les Yankees – Les derniers humains – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Plusieurs fois par année, je me rends dans les salles d’Odyscène pour profiter de spectacles qui allient talent, créativité et émotion. Ce diffuseur culturel des Laurentides a su s’imposer comme un incontournable pour les amateurs de théâtre, de musique et d’humour. Son engagement envers la diversité artistique et la qualité de ses programmations en fait une référence dans le milieu culturel québécois. Il n’est donc pas surprenant qu’Odyscène ait récemment été couronné « Diffuseur de l’année » par le RIDEAU, une reconnaissance bien méritée pour son travail exceptionnel dans le rayonnement des arts vivants.

Cette distinction met en lumière l’importance des diffuseurs régionaux dans l’accès à la culture. Grâce à Odyscène, le public des Laurentides peut découvrir des artistes de renom, tout comme des talents émergents, sans devoir se déplacer jusqu’à Montréal. Chaque visite dans leurs salles est une promesse d’émerveillement, de réflexion et d’émotions brutes. C’est un privilège d’avoir accès à une programmation aussi riche et variée, portée par une équipe passionnée qui fait vivre la culture avec brio.


Billet du 21 février 2025 : Vers un virage politique québécois ?

Le Québec est-il en train de basculer vers une droite plus autoritaire, à l’image de certaines tendances observées ailleurs dans le monde ? Les récentes controverses entourant l’ingérence de la ministre Pascale Déry dans le contenu d’un cours au Collège Dawson, le projet de loi québécois visant à limiter le droit de grève et les lacunes dans les statistiques sur l’absentéisme des élèves s’inscrivent dans un contexte politique plus large. Ces événements semblent refléter une tendance où l’État exerce un contrôle accru sur des sphères traditionnellement autonomes, qu’il s’agisse de l’éducation ou du droit du travail. Mais peut-on y voir un symptôme d’une montée de la droite politique, à l’image de ce qui se produit ailleurs dans le monde ?

L’intervention de la ministre Déry dans un cursus collégial soulève des questions sur la liberté académique et la neutralité de l’État face aux débats sociaux et politiques.1 Ce type d’ingérence rappelle certaines initiatives de gouvernements conservateurs qui cherchent à encadrer les contenus pédagogiques pour répondre à des pressions idéologiques. Aux États-Unis, le retour de Donald Trump à la présidence s’accompagne d’une multiplication de lois visant à restreindre l’enseignement de sujets jugés controversés, notamment en histoire et en sciences sociales. De façon plus générale, plusieurs gouvernements ont, à travers l’histoire, cherché à influencer le contenu éducatif afin d’orienter la perception des enjeux sociaux et politiques. Si nous sommes loin des formes les plus autoritaires de censure éducative, la question se pose : jusqu’où un État démocratique peut-il intervenir sans compromettre l’autonomie des institutions académiques ?

Le projet de loi québécois visant à limiter le droit de grève s’inscrit dans une logique similaire de contrôle accru sur les institutions démocratiques.2 Historiquement, la droite a souvent cherché à encadrer ou affaiblir les mouvements syndicaux afin de favoriser une plus grande flexibilité du marché du travail. Cette dynamique, observée dans plusieurs pays occidentaux, semble aujourd’hui gagner du terrain au Québec, avec le gouvernement actuel.

Les statistiques sur l’absentéisme scolaire au Québec sont incomplètes et mal documentées, ce qui nuit à l’analyse des causes et des solutions possibles. Le manque de données précises empêche d’évaluer l’ampleur réelle du problème et de cibler les interventions adéquates. Des chercheurs et des organismes en éducation ont dénoncé cette situation, soulignant que l’absence de chiffres fiables compromet la mise en place de politiques publiques efficaces.3 Ce déficit d’information peut également avoir des répercussions sur les décisions gouvernementales, en limitant la capacité à mesurer l’impact des réformes en cours ou à venir. Ce manque de transparence et de rigueur statistique rappelle les pratiques de certains gouvernements de droite qui, pour justifier des réformes axées sur la rigueur budgétaire et la responsabilisation individuelle, minimisent ou omettent des données essentielles. Un exemple marquant est celui du gouvernement conservateur de Doug Ford en Ontario, qui a mis en œuvre des compressions budgétaires en éducation tout en limitant la publication de données sur leurs effets concrets.4 La réduction du nombre d’enseignants et l’augmentation de la taille des classes ont été justifiées par des arguments d’équilibre budgétaire, mais les experts ont dénoncé l’absence de statistiques précises sur les élèves à besoins particuliers et les conséquences de ces réformes sur la réussite scolaire.

Ces trois situations, bien que distinctes, révèlent une tendance à la centralisation des décisions et à une remise en question des contre-pouvoirs traditionnels que sont l’éducation, les syndicats et les données publiques. Dans un contexte où la montée de la droite se manifeste de manière plus affirmée sur la scène internationale, il est pertinent de se demander si ces événements constituent de simples décisions isolées ou s’ils s’inscrivent dans un mouvement politique plus vaste visant à redéfinir l’équilibre des pouvoirs au Québec.

1 Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU). (2025, 19 février). Ingérence politique au Collège Dawson : la FQPPU dénonce une nouvelle atteinte à la liberté académique par la ministre Pascale Déry. CNW Telbec.

2 Radio-Canada. (2025, 20 février). L’APTS s’oppose à un projet de loi limitant le droit de grève. Info-Réveil.

3 Goudreault, Zacharie. (2025, 20 février). Absences scolaires préoccupantes… et mal connues. Le Devoir.

4 Ontario Secondary School Teachers’ Federation (OSSTF/FEESO). (2024, April 29). Ford government trying to hide significant cuts to education funding.


Dans le cours de français

Est-ce que l’emploi du « qui » ou du « dont » vous cause des maux de tête ? Si « qui » et « dont » étaient des personnages d’un film, « qui » serait celui qui aime se mettre en avant, toujours prêt à prendre la vedette en tant que sujet de l’action. « Dont », lui, jouerait un rôle plus discret, reliant les idées en toute subtilité. Plus concrètement, « qui » est un pronom sujet : il reprend un mot et devient le héros du verbe qui suit. Exemple : « C’est un enseignant qui explique avec passion. » Ici, « qui » est clairement celui qui mène l’action (et captive ses élèves, du moins on l’espère !).

« Dont », en revanche, est le maître des liens invisibles. Il s’invite lorsqu’un mot est relié à un verbe, un nom ou un adjectif qui nécessite la préposition « de ». Prenons cette phrase : « C’est une règle dont tout le monde se méfie. » Pourquoi utiliser « dont » et non « qui » ? Parce qu’on dit bien « se méfier de quelque chose ». Une astuce simple : si vous pouvez reformuler en incluant « de », c’est que « dont » est votre allié. Si le mot est sujet du verbe, « qui » prend le relais. Facile, non ?

Confondre « qui » et « dont », c’est un peu comme mélanger le sel et le sucre dans une recette : le résultat peut surprendre… mais rarement dans le bon sens ! Pour éviter les faux pas, posez-vous la question : « le mot remplacé est-il sujet ou complément introduit par “de” ? » Avec un peu de pratique, ces distinctions deviendront aussi naturelles que de choisir entre café et thé (ou les deux, si votre journée est bien remplie).


Dans le cours de musique

Damien Robitaille nous transporte dans un univers vibrant et coloré avec son nouvel album Ultraviolet. Fidèle à son style éclaté et éclectique, l’artiste franco-ontarien propose une mosaïque musicale où se côtoient rythmes dansants et mélodies envoûtantes. Parmi les morceaux marquants, Kaléidoscope se distingue par son énergie lumineuse et ses sonorités pop irrésistibles. Avec ce nouvel opus, Robitaille continue d’explorer et de réinventer son univers, livrant des chansons à la fois entraînantes et nuancées, à l’image du kaléidoscope musical qu’il façonne depuis ses débuts.

Damien Robitaille – Kaléidoscope – Ultraviolet – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

La Ville de Québec s’impose plus que jamais comme un terreau fertile pour les entreprises en quête d’un environnement compétitif et dynamique. Selon une étude récente de KPMG, elle figure désormais au deuxième rang des villes canadiennes offrant les coûts d’exploitation les plus avantageux, un bond remarquable depuis 2021. Cette progression témoigne d’une gestion efficace des ressources et d’un climat économique propice aux affaires. Avec des coûts énergétiques abordables, des espaces commerciaux accessibles et une fiscalité maîtrisée, Québec attire les entrepreneurs désireux de prospérer dans un cadre à la fois stimulant et stable. Cette reconnaissance confirme le positionnement de la capitale comme un moteur économique en pleine croissance.

Bien que certains défis subsistent, notamment en matière de charges fiscales sur la main-d’œuvre, la tendance est à l’amélioration et les avancées des dernières années sont de bon augure pour l’avenir. Québec se distingue non seulement par son accessibilité économique, mais aussi par la qualité de vie exceptionnelle qu’elle offre aux travailleurs et aux entreprises. En se hissant en tête du classement au Québec et en consolidant sa place sur la scène nationale, la ville prouve qu’elle a tous les atouts pour séduire les investisseurs et bâtir un avenir prospère.


Billet du 14 février 2025 : L’Histoire en mi-temps

Avez-vous regardé le Super Bowl, dimanche dernier ? Du point de vue sportif, j’ai déjà vu de bien meilleurs matchs de football. Ce qui a rendu cette 59e édition unique, c’est tout l’aspect politique qui l’a entourée. D’une part, c’était la première fois qu’un président des États-Unis en exercice assistait à la rencontre. D’autre part, il y a eu le spectacle de la mi-temps.

Comme c’est souvent le cas, je nage à contre-courant. Alors que le spectacle de Kendrick Lamar se faisait descendre sur tous les réseaux sociaux, je trouvais personnellement qu’il tenait du génie. Et son style de musique ne me rejoint aucunement ! Les messages qu’il a subtilement transmis méritent d’être colligés et rappelés.

  1. Tout d’abord, l’acteur Samuel L. Jackson incarne un Oncle Sam noir, esclave de la « maison », ce qui évoque son rôle dans le film Django Unchained.
  2. Le même Oncle Sam, personnifié par Jackson, qui rappelle à Lamar de jouer le jeu que l’Amérique blanche veut le voir jouer ;
  3. Une scène rappelant la série sud-coréenne Squid Game, dans laquelle les riches éliminent les pauvres ;
  4. Des danseurs, tous noirs, habillés aux couleurs du drapeau des États-Unis ;
  5. Ces mêmes danseurs qui descendent de scène et s’exécutent dans ce qui ressemble étrangement à la cour extérieure d’une prison, rappelant les incarcérations arbitraires des Noirs aux États-Unis ;
  6. La présence sur scène de la joueuse de tennis Serena Williams, ex-petite amie du rappeur torontois Drake, ennemi juré de Kendrick Lamar ;
  7. Un bout de la chanson « Not Like Us », dernière en lice d’une série de plusieurs dans lesquelles Lamar et Drake s’insultent et s’accusent mutuellement ;
  8. Un appel à l’unité et à la mobilisation pour contrer un monde en crise ;
  9. Les mots « GAME OVER » projetés dans la foule, suggérant que la récréation est terminée et qu’il faut maintenant agir.

Il semble que Donald Trump ait quitté les lieux avant le début de ce spectacle de la mi-temps. Avec son équipe favorite qui tirait alors de l’arrière 24-0, c’en était sans doute trop à ruminer.


Dans le cours d’univers social
Volet histoire

Par pur hasard, fin janvier, je suis tombé sur le blogue d’un jeune historien québécois, Alexandre Dumas. J’ai été attiré par ce qui était alors son plus récent billet, Trump et Hitler. 1

Le billet commençait comme suit : « Oui, je compare Donald Trump à Adolf Hitler. Et non, ce n’est pas émotif, ce n’est pas exagéré. Hitler n’est pas arrivé au pouvoir en Allemagne en promettant une guerre mondiale et des chambres à gaz. Il promettait la libération nationale et la victoire contre l’ennemi intérieur. »

Le reste du texte fait état de similitudes à la fois évidentes et étonnantes dans le parcours des deux hommes. J’avais alors noté la référence pour écrire moi-même sur le sujet. Je ne l’ai pas fait la semaine dernière parce que je n’avais pas assez de temps pour faire des recherches sur un élément important du texte de monsieur Dumas, l’annexion de l’Autriche à l’Allemagne par Hitler, qui a été vécue d’une façon semblable à ce que Trump évoque depuis quelques semaines pour avaler le Canada.

Je n’ai pas eu à travailler trop fort, l’historien ayant lui-même publié un billet sur le sujet, cette semaine.2 Je vous invite à prendre connaissance des deux textes. On peut malheureusement tirer la triste conclusion que l’histoire se répète.

1 Dumas, Alexandre. Trump et Hitler. Le 20 janvier 2025.

2 Dumas, Alexandre. L’Anschluss, ou comment annexer un pays par l’intimidation. Le 10 février 2025.


Dans le cours de musique

Trêve d’artistes émergents cette semaine, alors que le bon vieux Gino Vannelli nous arrive avec un nouvel album. Avec onze pièces regroupées sous le titre The Life I Got, le chanteur montréalais nous offre une série de ballades relatant des événements ayant marqué sa vie. J’ai cependant opté pour une chanson jazzée, dans le cadre de notre #musiquebleue hebdomadaire. Voici Keep on Walking.

Gino Vannelli – Keep on Walking – The Life I Got – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Dans le monde de la confiserie, il y a des nouvelles qui font sourire et qui donnent envie de célébrer. C’est le cas de la cerise québécoise, qui connaît un succès fulgurant depuis quelques semaines. En effet, ses ventes ont quintuplé depuis la disparition de la populaire cerise américaine, la fameuse Cherry Blossom.

La « cerise » québécoise, appelée Berry Blossom, est fabriquée par l’entreprise Nutra-Fruit, qui fête cette année son 20e anniversaire. Elle se distingue par son utilisation de canneberges au lieu de cerises et de chocolat noir au lieu de chocolat au lait. Cette combinaison unique lui confère un goût acidulé et rafraîchissant qui séduit les papilles des consommateurs.

Le succès de la Berry Blossom est une excellente nouvelle pour l’entreprise Nutra-Fruit, qui voit ses ventes grimper en flèche. Mais c’est aussi une bonne nouvelle pour les consommateurs québécois, qui peuvent désormais profiter d’une délicieuse friandise locale.

Site de l’entreprise Nutra-Fruit


Billet du 7 février 2025 : Jeux de pouvoir

Il a d’abord martelé qu’il voulait faire du Canada le 51e État du pays qu’il dirige, qu’il comptait prendre le canal de Panama et arracher le Groenland au Danemark. J’ai alors pensé qu’il croyait être en train de jouer à Risk. Une semaine plus tard, il a annoncé, dans un premier tour de table, qu’il tenterait de ruiner le Canada et le Mexique, en plus s’approprier la bande de Gaza pour y installer ses hôtels et stations balnéaires. Là, il joue au Monopoly. En réalité, que ce soit avec ou contre un partenaire, les joueurs ont l’habitude d’utiliser autre chose que des dés pour lancer des attaques.

Pendant ce temps, les autres chefs d’État jouent aux échecs, calculant chaque mouvement avec précision, sachant que la moindre erreur pourrait leur coûter la partie. Entre les tensions avec la Chine, qui ressemblent à une partie de poker, et la situation en Ukraine, qui s’apparente à un Tetris où les blocs s’accumulent dangereusement, la scène internationale devient un véritable casino géopolitique où les enjeux dépassent largement le cadre ludique.

Trump ne respecte pas les règles, il en impose de nouvelles, les siennes. L’OTAN devient son plateau personnel de Stratego, où il déplace les pièces selon son humeur du moment. Les alliances internationales sont soudainement réduites à un gigantesque jeu de Jenga, où chaque bloc retiré fragilise davantage l’édifice de la diplomatie mondiale. Dans ce scénario, la communauté internationale devra apprendre à jouer selon ces nouvelles règles, celles d’un homme pour qui la politique mondiale n’est qu’un grand terrain de jeu, sans comprendre que certaines parties, une fois perdues, ne peuvent être recommencées.


Radio-Canada et sa journaliste Pasquale Harrisson-Julien ont diffusé un court reportage sur l’appartenance des grandes chaînes commerciales. Lesquelles sont Canadiennes et lesquelles sont Américaines ? Je vous invite à vous arrêter 150 secondes pour tester vos connaissances.

Quelles entreprises sont Canadiennes ?


Dans le cours de musique

Viviane Audet s’est d’abord fait connaître comme actrice, avant de se lancer dans la composition musicale. Son catalogue comprend des chansons, des pièces instrumentales, ainsi que des bandes originales de films. Le piano et le torrent, sorti le 31 janvier dernier, constitue son dixième album.

Viviane Audet – Les galeries – Le piano et le torrent – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Il y a les Québécois qui se sentent Canadiens, les Québécois qui attendent de devenir strictement Québécois et les Québécois qui se définissent comme tels, à l’intérieur du Canada. Depuis les derniers jours, malgré l’incertitude économique engendrée par nos voisins du Sud, il fait bon de voir une unité canadienne se forger. Dans l’adversité, on laisse de côté les tensions habituelles et on se serre les coudes en famille.

J’ignore combien de temps tiendra cette homogénéité, mais j’aime entendre nos élus, tous partis confondus, tenir des discours similaires. Commençons dès maintenant à porter une attention particulière à ce que nous consommons. Les produits régionaux d’abord (c’est mieux pour l’environnement), ceux du reste du Québec et du Canada ensuite, avant de considérer les importations.