Billet du 12 septembre 2025 : Laisser l’école s’éteindre à petit feu

Si les États-Unis avaient investi, il y a plusieurs décennies, dans un système d’éducation réellement accessible, équitable et ambitieux, Donald Trump n’aurait probablement pas été élu président. L’histoire récente le montre cruellement : un gouvernement qui souhaite contrôler son peuple commence souvent par l’affaiblir intellectuellement, en décourageant l’esprit critique et en sous-finançant l’école publique. Car une population moins instruite est plus facile à diviser, à manipuler et à distraire.

Cette dynamique est bien connue : qui contrôle l’éducation contrôle les esprits. Ce n’est donc pas un hasard si les régimes autoritaires s’attaquent souvent à l’école avant de museler complètement les médias.

L’histoire en regorge d’exemples : l’Allemagne nazie d’Adolf Hitler a d’abord transformé les programmes scolaires et enrôlé la jeunesse dans la Hitlerjugend avant de prendre le contrôle total de la presse ; l’Union soviétique de Joseph Staline a façonné le « nouvel homme soviétique » dès les bancs d’école via la Jeunesse communiste (Komsomol) ; la Chine de Mao Zedong, pendant la Révolution culturelle, a purgé les enseignants et remplacé les cours par l’endoctrinement ; plus récemment, la Turquie de Recep Tayyip Erdoğan a commencé par réécrire les manuels scolaires avant de museler la presse critique.

Parce que l’école touche tous les enfants et captive leur attention pendant des années, la mainmise sur l’éducation est le moyen le plus efficace de remodeler durablement une société à l’image du régime.

Et ce phénomène ne se limite plus aux régimes autoritaires. Des démocraties réputées stables empruntent aujourd’hui le même sentier glissant. Aux États-Unis, plusieurs États ont entrepris de réécrire leurs manuels scolaires pour les aligner sur une vision idéologique :

  • en Floride, sous l’impulsion du gouverneur Ron DeSantis, des manuels d’histoire minimisent l’esclavage et censurent les questions de racisme ou d’identité de genre ;
  • au Texas, certains contenus ont été modifiés pour atténuer les violences de la ségrégation et présenter l’Holocauste de façon « équilibrée » ;
  • ailleurs, comme en Oklahoma ou au Tennessee, on impose désormais aux enseignants de ne pas évoquer le racisme systémique ni les privilèges liés à la race.

Même au Canada, la province de l’Alberta vient récemment de retirer des bibliothèques scolaires plusieurs livres jugés « controversés ». On ne nie pas les faits : on les édulcore, on les relativise ou on les passe sous silence, pour fabriquer un récit plus confortable. Un récit qui rassure, mais qui appauvrit la pensée.

Et si, sans même s’en rendre compte, le Québec était tranquillement en train d’emprunter cette voie ?

Cette semaine, le vice-président de Debout pour l’école, Jean Trudelle, publiait dans Le Devoir une lettre d’opinion qui sonnait l’alarme : « changer de ministre sans changer de philosophie ne mènera nulle part. » Il y rappelait les mots du regretté sociologue Guy Rocher, qui disait avoir « honte de ce qu’est devenu le système scolaire au Québec ». 1

Dans ce texte, Trudelle décrivait une école à trois vitesses qui accentue les inégalités sociales, une explosion du nombre d’élèves à besoins particuliers sans les ressources suffisantes pour les soutenir, une pénurie d’enseignants masquée par l’embauche massive de personnes non qualifiées et une approche comptable centrée sur les taux de réussite plutôt que sur la qualité réelle des apprentissages.

Il soutenait que remplacer Bernard Drainville par Sonia LeBel ne changerait rien si la philosophie de gestion restait la même.

Cette gestion à courte vue de l’éducation publique n’est pas neutre, ajoutait Trudelle. Laisser l’éducation se décatir à petit feu, c’est courir à la catastrophe. C’est exactement ce qui s’est produit aux États-Unis, avec les conséquences sociales et politiques que l’on connaît.

Lorsque l’on accepte :

  • que des milliers d’enfants soient privés de services essentiels,
  • que l’on distribue des diplômes sans que les bases soient réellement maîtrisées,
  • que les inégalités deviennent structurelles,

on crée peu à peu les conditions d’une société plus docile, moins exigeante envers ses dirigeants, plus vulnérable aux discours simplistes et populistes.

Et pendant que le réseau public d’éducation se fragilise, un phénomène intrigant se manifeste : le soutien à l’option indépendantiste progresse rapidement chez les 18 à 34 ans, selon plusieurs sondages récents. On peut bien sûr y voir un regain de nationalisme, mais je crois qu’il s’agit de tout autre chose. Ces jeunes — qui sont pourtant les enfants de la mondialisation, du métissage culturel et de l’hyperconnectivité — ne réclament pas tant un pays qu’un projet. Un cap collectif. Une idée mobilisatrice capable de donner un sens à leurs efforts et à leur participation démocratique.

Aucun projet de société digne de ce nom n’a émergé ici depuis la Révolution tranquille. Depuis des décennies, la politique québécoise carbure aux petits calculs budgétaires, aux réformes cosmétiques et aux promesses rabotées à la mesure des sondages. Pendant ce temps, on a cessé de nourrir ce qui rend une société vivante : la vision, l’éducation, la culture, la créativité, le courage de rêver grand.

Et quand l’école publique elle-même se vide de son souffle, quand elle cesse d’être le lieu où l’on prépare l’avenir ensemble, comment s’étonner que les jeunes cherchent ailleurs ce que leurs institutions ne leur donnent plus ?

Investir dans l’éducation publique n’est pas un luxe : c’est un rempart contre l’autoritarisme, l’ignorance et la manipulation. Tant que les gouvernements traiteront l’école comme un simple poste budgétaire, et non comme un pilier démocratique, les dérives continueront.

Parce qu’affaiblir l’école, c’est préparer le terrain aux démagogues. Si nous laissons s’éteindre l’éducation publique, nous ouvrirons toute grande la porte à ceux qui rêvent d’un peuple docile et d’un pouvoir sans contrepoids.

Peut-être serait-il temps, comme le propose Trudelle, de convoquer de véritables États généraux sur l’éducation et de redonner la parole à celles et ceux qui vivent l’école au quotidien. Car c’est aussi là que se joue notre avenir démocratique.

1 Trudelle, J. (2025, 8 septembre). Remaniement ministériel sans changer de philosophie ne mènera nulle part. Le Devoir.


Dans les mémoires

Décédé la semaine dernière, Guy Rocher laisse derrière lui un vide immense et une œuvre magistrale. Je voue à ce sociologue québécois une profonde admiration. Artisan discret de la Révolution tranquille, dernier survivant de la commission Parent qui nous a donné le ministère de l’Éducation, il a su conjuguer rigueur intellectuelle et grande humanité. Par ses écrits limpides et ses interventions toujours mesurées, il nous rappelait que penser la société n’est pas un geste neutre, mais un acte de responsabilité. Il portait en lui cette rare alliance de lucidité et d’espérance, de mémoire et de vision. Alors que sa voix s’éteint, son œuvre, je l’espère, continuera de résonner comme une invitation à comprendre pour mieux transformer.


Dans mes écouteurs

Belle surprise pour moi, alors que Michel Rivard nous donne en avant-goût deux des treize pistes qui composeront son nouvel album, Après, on va où ?, qui sortira le 31 octobre prochain. Sublime, la pièce Magnolia magnolia constitue en quelque sorte son testament musical. Les paroles, la mélodie, les orchestrations, tout dans cette chanson se laisse savourer. Pour en compléter la poésie, mentionnons que le magnolia offre une magnifique floraison qui ne dure qu’une dizaine de jours, au printemps.

Michel Rivard – Magnolia magnolia – Après, on va où ? – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

À 18 ans, Ludovic Tamaro a reçu un diagnostic brutal : une leucémie myéloïde aiguë qui ne lui laissait que deux petites années devant lui. Six ans plus tard, il rayonne de santé grâce à un traitement expérimental mis au point à Montréal par l’hématologue Guy Sauvageau et la chercheuse Anne Marinier. Cette thérapie cellulaire novatrice, baptisée UM171, utilise des cellules souches provenant du sang de cordons ombilicaux pour reconfigurer la moelle osseuse et redonner vie au système sanguin.

Aujourd’hui étudiant en psychologie et de retour sur les terrains de soccer, Ludovic savoure chaque instant et rêve déjà à une future maîtrise. Il est reconnaissant envers toutes les mamans qui ont donné leur cordon, rappelant que leur geste a sauvé sa vie. Son histoire, empreinte de courage et d’espoir, illustre merveilleusement la puissance de la science et de la solidarité humaine : quand elles unissent leurs forces, même les pronostics les plus sombres peuvent être renversés.


Billet du 29 août 2025 : Quand l’équité reste sur le bord de la route

Des chercheurs australiens de passage au Canada sont repartis avec une conviction claire : le système d’éducation ontarien les inspire, mais le Québec leur apparaît comme un exemple à ne pas suivre.1 Leur critique cible notre structure scolaire à trois vitesses — public régulier, public sélectif et privé subventionné — qui concentre les élèves vulnérables dans certaines écoles.

Ce miroir tendu par l’étranger dérange, parce qu’il reflète ce que beaucoup d’enseignants et de directions savent déjà. Plus la sélection s’installe, plus les classes ordinaires se retrouvent avec une concentration d’élèves en difficulté. Sur papier, on vante la liberté de choix. En pratique, on crée des inégalités qui minent l’équité scolaire. Et quand l’État continue de subventionner le secteur privé, à hauteur de 60 % du montant versé pour un élève dans le réseau public, il contribue directement à accentuer cette ségrégation.

Il suffit d’entrer dans une salle de classe pour comprendre l’impact concret de ce système. Dans un même groupe, certains élèves dévorent déjà des romans tandis que d’autres peinent encore à lire une phrase simple. D’un côté, des jeunes qui réussissent haut la main, de l’autre, des élèves qui cumulent difficultés d’apprentissage et défis liés au milieu de vie. Pour l’enseignant, cela signifie une gestion quotidienne d’écarts immenses. On appelle ça la différenciation pédagogique. Mais il faut être lucide : plus on concentre les vulnérabilités dans certaines écoles, plus la tâche des enseignants devient colossale. L’équité, dans ces conditions, n’est pas seulement un principe difficile à atteindre ; elle devient un combat quotidien.

Heureusement, dans nos écoles, il existe une formidable inventivité. Enseignement explicite, pédagogies actives, travail collaboratif avec les TES et les orthopédagogues : autant de moyens pour tenter de rétablir un certain équilibre. J’ai vu des enseignants bâtir des projets qui embarquent toute une classe, du plus fort au plus fragile. J’ai vu des équipes-écoles développer une véritable culture de solidarité. Ces efforts sont réels, mais ils reposent sur les épaules de celles et ceux qui, chaque matin, se retrouvent devant leurs élèves. Ils permettent d’atténuer les effets d’un système inéquitable, sans pour autant en corriger les causes.

Le rapport australien n’apporte peut-être rien de nouveau pour ceux qui vivent déjà ces réalités, mais il nous force à nous regarder autrement. Et la question demeure : si l’on juge de la qualité d’un système scolaire à la manière dont il traite ses élèves les plus vulnérables, quel reflet voulons-nous que le Québec projette ?

Parce qu’au fond, la vraie question n’est pas de savoir si notre système est à deux, trois ou quatre vitesses. La vraie question est de savoir si tous nos jeunes montent dans le même autobus, ou si certains sont condamnés à marcher, voire à rester sur le bord de la route. Et pendant que l’on finance à même les fonds publics des écoles qui sélectionnent leurs élèves, il faut avoir l’honnêteté d’admettre que ce choix collectif trace lui-même les lignes de l’injustice.

1 Plante, C. (2025, 23 août). Système d’éducation : Le Québec, l’exemple à ne pas suivre, selon un groupe d’experts australiens. La Presse.


On garde le rythme !

Mes billets hebdomadaires ont commencé tout juste avant le confinement, en février 2020. J’ai maintenu le rythme d’une publication chaque vendredi durant les trois premières années, avant de prendre l’habitude de ralentir durant mes vacances estivales et de publier une semaine sur deux en juillet et août.

Cet automne, je maintiendrai le rythme quinzomadaire repris cet été. Il en sera ainsi au moins jusqu’en janvier 2026. C’est que je poursuis et entreprends à la fois d’autres projets professionnels qui, combinés à mon travail de conseiller pédagogique, me laisseront très peu de temps pour la tenue d’un blogue hebdomadaire.

Écrire demeure pour moi un espace de liberté et de respiration. Même si le rythme ralentit, je continuerai à y revenir avec plaisir, comme on retrouve un ami cher, pour partager mes réflexions et mes découvertes.


Dans mes écouteurs

Annie Bélanger, auteure-compositrice-interprète québécoise, propose avec Tombée des nues un univers mêlant folk et pop moderne. Ses textes introspectifs, empreints de vulnérabilité et de résilience, s’appuient sur des arrangements acoustiques et des mélodies enveloppantes qui mettent en valeur une voix sensible et sincère.

Voici la pièce Diamant brut.

Annie Bélanger – Diamant brut – Tombée des nues – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

À seulement 13 ans, la jeune Écossaise Rebecca Young vient d’entrer dans le prestigieux top 10 du magazine Time grâce à une invention aussi ingénieuse qu’altruiste : un sac à dos solaire capable d’alimenter une couverture chauffante pour les personnes sans-abri. Né d’un simple projet scolaire, son concept a séduit bien au-delà de sa classe : il a déjà remporté un prix national d’ingénierie et permis la distribution de dizaines de prototypes à Glasgow. Son idée, née de l’envie de protéger les plus vulnérables du froid glacial, démontre que même la créativité d’une adolescente peut se transformer en solution concrète et salvatrice.

Au-delà de la prouesse technique, ce qui frappe, c’est le message d’espoir que Rebecca envoie : il n’y a pas d’âge pour agir et changer le monde. Soutenue par l’entreprise Thales, elle voit aujourd’hui son invention se multiplier, avec 120 nouveaux modèles en fabrication. En intégrant la première liste des Girls of the Year aux côtés d’artistes et d’athlètes internationales, elle incarne une génération qui ose allier innovation et solidarité. Voilà une nouvelle inspirante qui nous rappelle que l’avenir s’éclaire non seulement grâce à la technologie, mais aussi grâce à l’immense générosité des jeunes.


Journal de vacances du 15 août 2025 : Les cicatrices qui guident les choix

Un ami, professeur dans une université québécoise, m’a confié que, selon lui, quelqu’un qui a beaucoup souffert, par exemple une victime de guerre, est presque incapable d’empathie. Cette affirmation m’a intrigué. L’empathie, comme le rappelle le psychologue Paul Bloom, n’est pas un bloc uniforme : elle se décline en empathie cognitive, soit la capacité de comprendre ce que vit l’autre, et en empathie affective, c’est-à-dire la faculté de ressentir une émotion en écho à la sienne.1 Ces deux formes ne vont pas toujours de pair, et chacune peut être sélective ou biaisée selon les circonstances et les personnes. Le traumatisme peut affaiblir l’une, les deux… ou, paradoxalement, les renforcer.

En creusant la question, j’ai découvert que de grandes souffrances peuvent mener à des trajectoires très différentes. Chez certaines personnes, la douleur vécue s’accompagne d’un retrait émotionnel : pour survivre, on se coupe des émotions, y compris de celles qui permettent de se connecter aux autres. Chez d’autres, au contraire, l’expérience du malheur développe une sensibilité accrue à la détresse d’autrui, surtout si elles ont bénéficié de soutien. Rien n’est figé : l’état psychologique du moment, le contexte social et le récit que l’on fait de son histoire peuvent faire évoluer la capacité empathique, à la hausse comme à la baisse.

Cette réflexion m’a amené jusqu’à la scène internationale, et plus particulièrement à Benjamin Netanyahou. Comprendre sa dureté envers Gaza ne se limite pas à analyser la politique du jour. La mémoire collective de l’Holocauste, transmise de génération en génération, a forgé chez le peuple juif une vigilance extrême face aux menaces perçues. Comme l’explique le chercheur Daniel Bar-Tal, cette mémoire « entretient une vision persistante du monde où l’ennemi est perçu comme inchangeable et malveillant ».2 Chez certains dirigeants, cette vigilance s’accompagne d’une empathie très forte pour leur propre camp et d’une empathie réduite pour ceux vus comme ennemis. C’est ainsi que l’histoire, le traumatisme et la psychologie se mêlent, influençant non seulement les émotions, mais aussi les décisions les plus lourdes de conséquences. Comme celles qui se traduisent par des frappes sur Gaza et par la souffrance de milliers d’innocents.

1 Bloom, P. (2016). Against empathy: The case for rational compassion. Ecco.

2 Bar-Tal, D. (2018). Conflits internes insolubles : Fondements et dynamiques socio-psychologiques (M. Borraccino, trad.). Éditions Science et Bien Commun. (Ouvrage original publié en 2013 sous le titre Intractable conflicts: Socio-psychological foundations and dynamics).


Dans mes écouteurs

Une aube est un duo montréalais composé d’une harpiste, Éveline Grégoire-Rousseau, ainsi que d’un producteur de musique électronique, Antoine Bédard. L’album instrumental Galets, sorti cette semaine, constitue son premier opus. Avec un style très nouvel âge, les comparaisons avec la musique de Vangelis sont inévitables.

Voici la pièce Il pleut des abeilles.

Une aube – Il pleut des abeilles – Galets – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Cette semaine, une belle histoire de succès québécois nous vient de Saint-Apollinaire, sur la Rive-Sud de Québec. L’entreprise Ideal Can, spécialisée dans la fabrication de boîtes de conserve, a littéralement explosé sur le marché canadien depuis le début de la guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis. Grâce à une stratégie bien pensée et à une qualité de production irréprochable, la petite usine a triplé son chiffre d’affaires et augmenté sa production de trois fois et demie, tout en se taillant une place enviable en Ontario, un marché qui lui était jusque-là inaccessible.

Pour son président-directeur général, Erick Vachon, cette croissance n’est pas un simple feu de paille : elle repose sur des bases solides et s’inscrit dans un mouvement plus large vers l’autosuffisance alimentaire au pays. Profitant d’une exemption partielle des tarifs sur l’acier et d’une proximité géographique avantageuse, Ideal Can est devenue un partenaire incontournable pour de nombreux transformateurs alimentaires. Et au rythme où l’entreprise investit pour accroître encore sa capacité de production, il y a fort à parier que cette belle histoire de résilience et d’ingéniosité québécoise se poursuivra bien au-delà de la crise commerciale actuelle.


Journal de vacances du 1er août 2025 : Singulier, comme Foglia

J’ai passé de nombreuses années à pratiquer le journalisme. Du journalisme étudiant, d’abord, avant de prendre la responsabilité des publications officielles de plusieurs organisations dans lesquelles j’ai milité. J’ai été propriétaire d’un site d’informations durant quelques années. J’ai aussi fait de la pige pour des journaux hebdomadaires et pour des revues. Je suis par la suite devenu blogueur. Tout ceci m’a amené à collaborer avec de nombreuses personnes. Parmi celles-ci, plusieurs cherchaient à calquer le style de Pierre Foglia.

Il va sans dire que personne ne s’en rapprochait. Vouloir calquer Foglia, c’est comme vouloir calquer Coluche, Yvon Deschamps ou Virginia Woolf. Ils sont tous uniques dans leurs créneaux. Pour s’inscrire dans leur catégorie ou atteindre leur niveau, il faut à la fois présenter son message sous un angle différent des autres et agencer parfaitement les mots pour le communiquer au lectorat ou à l’auditoire. Il demeure très difficile de le faire sans s’y casser les dents ou la pointe de sa plume. Stéphane Laporte et Boucar Diouf y parviennent plutôt bien.

Depuis que j’écris, je n’ai pas cherché à imiter Foglia. Pas par prétention, mais par lucidité. J’aime trop écrire pour le copier. Ce que j’ai plutôt tenté, au fil du temps, c’est de faire entendre ma propre voix, même si elle tremblait un peu. De poser mes mots comme on pose un regard : avec attention, avec justesse, parfois avec tendresse, parfois avec colère. Écrire, c’est un peu risquer le faux pas. Mais c’est aussi, quand on le fait sincèrement, tracer un sentier que d’autres pourront suivre, ou éviter, mais qu’on aura eu le courage d’ouvrir.

Il s’est éteint cette semaine en emportant son œuvre avec lui. Il nous laisse cependant une leçon à retenir : écrire, c’est oser être singulier.


Regard sur le monde

Avec sa décision récente, le Canada emboîtera le pas à la France, à la Grande-Bretagne, à l’Espagne, à l’Irlande et à plusieurs autres pays en reconnaissant officiellement l’existence d’un État palestinien. Ce geste diplomatique, hautement symbolique, s’inscrit dans une longue histoire de tensions, de guerres et de négociations manquées entre Israël et le peuple palestinien. Le conflit israélo-palestinien, vieux de plus de 75 ans, prend racine à la fin du mandat britannique sur la Palestine, un territoire administré par le Royaume-Uni de 1920 à 1948 sous l’égide de la Société des Nations. Lorsque ce mandat a pris fin, l’ONU a proposé un plan de partage entre un État juif et un État arabe, mais celui-ci a été rejeté par les pays arabes, menant à la création unilatérale de l’État d’Israël et à une série de conflits armés. Depuis, les Palestiniens revendiquent leur propre État, notamment en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, territoires qu’ils considèrent comme les leurs.

Ce qui a mené à cette reconnaissance récente repose sur plusieurs facteurs. D’une part, l’impasse persistante dans les négociations de paix a convaincu de nombreux pays qu’un changement d’approche devenait inévitable. D’autre part, les événements tragiques de l’automne 2023 — notamment l’attaque sanglante du Hamas contre des civils israéliens et la riposte militaire israélienne à Gaza — ont ravivé l’attention internationale sur le conflit. Plusieurs gouvernements ont conclu que la reconnaissance d’un État palestinien pourrait contribuer à rééquilibrer une dynamique diplomatique jusque-là asymétrique. Cette reconnaissance, faut-il le souligner, ne vise pas à cautionner le terrorisme, mais bien à soutenir la vision d’un avenir plus viable, où deux peuples pourraient enfin coexister dans des États distincts, chacun doté de droits, de frontières et d’un avenir.

Les avis demeurent partagés. Les partisans de la reconnaissance estiment qu’il s’agit d’un pas en avant pour la paix et la justice, soulignant que des millions de Palestiniens vivent depuis des décennies sans État, sans citoyenneté véritable et souvent sous occupation. Ils espèrent que ce geste contribuera à rouvrir le dialogue. Les opposants, pour leur part, craignent qu’une telle reconnaissance ne récompense pas seulement l’inaction politique des dirigeants palestiniens, mais qu’elle envoie aussi un message ambigu alors que le Hamas demeure actif et que la sécurité d’Israël n’est pas assurée. Pour eux, la reconnaissance doit venir à la fin d’un processus de paix, et non au début. Pour sortir d’une crise, il faut parfois tracer la voie vers ce à quoi certains donnent encore le nom d’utopie, mais que d’autres perçoivent avec prudence, mais avec espoir, comme un point d’équilibre.


Dans mes écouteurs

Argile est un artiste québécois émergent, repéré récemment comme un souffle nouveau de la scène indie-pop francophone. Son mini-album éponyme, Argile, officiellement lancé le 18 juillet dernier, comprend cinq titres soigneusement ordonnancés. L’artiste se distingue par sa voix douce et posée, ainsi que par son sens du détail en matière d’arrangement sonore.

Dans la pièce La recette, deuxième piste de l’album, la narration poétique se développe à partir de gestes quotidiens transformés en métaphores lumineuses. L’instrumentation y mêle guitares aériennes, nappes synthétiques délicates et percussions organiques, renforçant une tension douce entre fragilité et résilience. Tout au long de cette chanson, Argile tisse une recette intérieure, formulée avec des paroles posées, qui relance l’idée que nos routines peuvent devenir des rites sacrés.

La recette – Argile – Argile – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Il s’est tenu cette semaine, au Palais des congrès de Montréal, un événement d’envergure mondiale qui donne espoir : le Congrès mondial sur les ITSS et le VIH. Sous le thème « La santé sexuelle pour tous », cette grande rencontre a rassemblé plus de 1 500 expertes et experts de partout sur la planète, venus échanger, réfléchir et proposer des solutions concrètes pour améliorer la prévention, le dépistage et les soins liés aux infections transmissibles sexuellement. Montréal, déjà reconnue pour son engagement en santé publique, a ainsi renforcé son rôle de chef de file en accueillant ce rendez-vous porteur de changement.

Parmi les innovations prometteuses présentées : des tests rapides à domicile, de nouvelles stratégies de prévention comme la PrEP (un traitement préventif qui protège efficacement contre le VIH) et la DoxyPEP (un antibiotique pris peu après un rapport sexuel à risque pour prévenir certaines ITSS, comme la chlamydia, la syphilis et la gonorrhée), ainsi qu’un appel clair à briser les tabous qui freinent encore trop souvent l’accès à l’information et aux soins. Dans un contexte mondial où les reculs sont possibles si l’on baisse la garde, ce congrès nous rappelle qu’il est possible de progresser à condition de miser sur la science, la solidarité et l’éducation. Une semaine lumineuse, donc, où la santé sexuelle a eu droit à toute la visibilité qu’elle mérite.


Journal de vacances du 18 juillet 2025 : Le vacarme des libertés

Cela fait quelques années, peut-être depuis la COVID, que ma conjointe me fait remarquer à quel point les restaurants sont devenus bruyants. Même les plus grandes tables n’y échappent pas. Si le décor, le service, le menu et la qualité des repas sont demeurés, le bruit et le décorum ne sont maintenant pas sans rappeler ceux des cafétérias. Il est devenu difficile d’y tenir une conversation tranquille et posée entre convives.

Parallèlement, je suis revenu en milieu de semaine de mon séjour annuel de quatre jours en pleine nature. Je me rends chaque année au même parc de la Sépaq, situé à 150 km de chez moi. Je ne l’ai pas toujours fréquenté de façon aussi régulière, mais je connais l’endroit depuis 25 ans. Cette année, pour la première fois, j’ai pu être témoin de campeurs ignorant complètement le besoin de quiétude des autres campeurs. Des paroles bruyantes échangées tard le soir et tôt le matin, même durant les heures de couvre-feu. J’ai aussi pu assister à un feu d’artifice alors qu’ils sont strictement interdits, voire dangereux, dans ces lieux où la forêt est très dense. Oui, j’ai porté plainte.

Je suis issu de la génération qui s’est constamment fait répéter que la liberté d’un individu s’arrêtait là où celle des autres commençait. Cette expression, entendue tant à l’école que durant mes années de scoutisme, m’a initié aux notions de libertés individuelles et de libertés collectives. Deux de mes lectures de vacances, j’y reviendrai plus bas, évoquaient par coïncidence les conflits liés aux confrontations entre ces deux notions.

En ce qui me concerne, j’ai toujours eu tendance à favoriser d’abord les libertés individuelles et imposer le fardeau de la preuve, lorsqu’il y a litige, aux tenants des libertés collectives. En d’autres termes, je suis fermement convaincu de la nécessité d’un État laïque, c’est-à-dire d’un gouvernement exempt de toute influence religieuse. Cependant, je demeure perplexe quant à la pertinence d’interdire à ses fonctionnaires de manifester leur foi personnelle par leur habillement, leurs bijoux ou leurs accessoires, au prix d’un droit garanti par la Charte des droits et libertés. D’un autre côté, lorsqu’on demande à des gens d’évacuer un lieu public afin que d’autres individus puissent s’y installer pour effectuer leurs prières, là, j’ai un problème. La liberté de circulation et d’établissement est aussi importante que la liberté de religion et, dans ce cas-ci, le droit acquis devrait faire la différence dans le choix de la prépondérance.

Je constate que les libertés individuelles se répandent et débordent non seulement sur les libertés collectives, mais également dans les espaces d’autres individus. On revendique de plus en plus ses droits, mais on oublie beaucoup trop souvent les obligations et responsabilités qui les accompagnent. La société dans laquelle nous vivons est en pleine mutation et l’évident repli sur soi qui la dépeint maintenant en constitue une manifestation troublante.

L’éducation civique, dès le primaire, joue un rôle clé pour faire comprendre que les droits individuels s’exercent toujours dans un cadre collectif. C’est dans le silence respectueux des classes, quand la situation s’y prête, qu’on sème les graines d’une liberté qui ne piétine pas celle des autres.


Lectures de vacances

Au début de chacune de mes vacances d’été, c’est beaucoup pour lire que je m’évade dans la nature. À ce niveau, la retraite s’est avérée productive cette année. Parmi les livres lus, il y a les deux que j’évoquais plus haut sur lesquels je voudrais m’attarder. Un roman, Le libraire 1, et un essai, L’heure des prédateurs 2.

Je ne connaissais pas Le libraire, de Gérard Bessette, avant qu’une enseignante de français nouvellement arrivée au Québec me le recommande. Elle le faisait lire à ses élèves de secondaire 5. J’ai donc profité des vacances pour le découvrir à mon tour. On y suit Hervé Jodoin, un ex-prof devenu libraire, qui accepte de vendre à un jeune étudiant un livre mis à l’index. Ce geste anodin suffit à déclencher une série de complications révélatrices du climat de censure et de contrôle moral dans le Québec d’avant la Révolution tranquille. Sans être troublante aujourd’hui, cette lecture rappelle avec finesse à quel point les libertés individuelles pouvaient autrefois être mises en péril au nom de l’ordre collectif.

Changement de registre, mais pas de thème : j’ai aussi lu L’heure des prédateurs, un essai percutant de Giuliano da Empoli sur ces nouveaux stratèges de l’ombre — consultants politiques, manipulateurs d’opinion, architectes de l’instabilité — qui façonnent le monde selon leurs intérêts. L’intelligence artificielle y est présentée comme une menace imminente, non seulement parce qu’elle répond à nos besoins avec une efficacité redoutable, mais surtout parce qu’elle vise à les prédire. Certains géants de la tech conçoivent déjà des IA capables d’anticiper nos désirs avant même que nous en soyons conscients, brouillant ainsi la frontière entre influence et manipulation. Dans ce contexte, la question de la liberté individuelle devient vertigineuse : sommes-nous encore maîtres de nos choix quand ils sont devinés, voire suscités, par des machines ? Une lecture troublante, qui fait voir l’avenir sous un jour beaucoup moins neutre qu’on voudrait le croire.

Deux livres très différents, donc, mais qui m’ont tous deux ramené à la même question : celle de la liberté individuelle, hier étouffée par la morale, aujourd’hui menacée par l’algorithme.

1 Bessette, G. (1960). Le libraire. Éditions du Jour.
2 da Empoli, G. (2025). L’heure des prédateurs. Paris : Gallimard.


Dans mes écouteurs

Dans mes escapades musicales de l’été, j’ai fait une jolie découverte québécoise : Jazz à Nous / Souvenirs 90. Ce projet rassemble cinq musiciens d’ici autour de compositions originales et de quelques clins d’œil aux classiques, dont un Sentimental Mood, de Duke Ellington, joliment revisité. On y retrouve des pièces soignées, des ambiances feutrées, des élans bluesy, du jazz sans prétention, mais bien senti. C’est doux, c’est propre, et ça mérite d’être écouté.

Le quintette reprend également le Smiles and Chuckles d’UZEB, dont je propose l’écoute en #musiquebleue, cette semaine.

Smiles and Chuckles (UZEB) – Jazz à nous / Souvenirs 90 – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

À Saguenay, le service Jonquière-Médic offre depuis près de 40 ans un modèle de soins à domicile unique au Québec : sans rendez-vous, gratuit et accessible dès 7 h 30 le matin, il permet à une équipe médicale de visiter chaque jour jusqu’à 25 patients dans leur propre milieu de vie. Cette initiative, relancée en 2023 après une interruption due à la pandémie, cible particulièrement les enfants et les personnes âgées ayant des difficultés à se déplacer. Environ 7400 consultations ont été réalisées en un an et demi, évitant ainsi à de nombreux patients une visite à l’urgence. Pour le Dr Dominic Gagnon, ancien urgentologue et désormais médecin à temps plein au sein de Jonquière-Médic, cette pratique est à la fois valorisante et essentielle à la réduction des listes d’attente.

Soutenue par la communauté et la Ville de Saguenay, l’équipe souhaite maintenant franchir une nouvelle étape en obtenant l’homologation de son système pour obtenir un paiement de la RAMQ et prendre en charge jusqu’à 500 patients sans médecin de famille. Bien qu’elle ne compte pour l’instant qu’une voiture et cinq soignants, l’organisation espère élargir ses services en recrutant davantage de médecins. Ce modèle de proximité, qui mise sur la qualité plutôt que sur le volume, attire l’attention à Québec, où plusieurs voient une piste prometteuse pour améliorer l’accès aux soins. Et si la solution à notre système engorgé circulait discrètement dans les rues de Jonquière, à bord d’une simple voiture de service ?


Billet du 4 juillet 2025 : Pourquoi nos personnalités politiques réagissent-elles comme des ados ?

Chez certains leaders politiques, les réactions publiques ressemblent de plus en plus à des réflexes adolescents : impulsifs, théâtraux et hermétiques à la critique. Donald Trump, de passage en Floride, s’est récemment illustré en plaisantant sur des migrants enfermés dans un centre surnommé Alligator Alcatraz, allant jusqu’à expliquer comment fuir un alligator en zigzag. Le tout avec un sérieux à glacer le sang… ou à faire lever les yeux au ciel. Chez nous, France-Élaine Duranceau, ministre de l’Habitation, a suggéré que les problèmes de logement découlaient souvent de troubles personnels, et que du « coaching » aiderait les locataires à mieux se vendre aux propriétaires. Traduction libre : si tu ne trouves pas d’appart, c’est peut-être parce que tu ne fais pas bonne impression. Et Bernard Drainville, interpellé par la FAE qui réclame son départ, s’est contenté d’une ligne lapidaire sur Facebook, comme on claque la porte d’un texto. Une réponse froide, sans ouverture, qui laisse entendre qu’il n’a rien à se reprocher. Des adultes au pouvoir, oui, mais parfois bien peu portés sur l’introspection.

Il serait tentant de croire qu’il s’agit là de simples stratégies médiatiques ou d’un style personnel plus abrasif. Mais quand les réactions sont systématiquement impulsives, défensives et centrées sur l’image plutôt que sur le dialogue, on peut y voir autre chose. Les neurosciences nous apprennent que certaines structures du cerveau, comme l’amygdale, prennent parfois le dessus sur le cortex préfrontal, celui qui régule nos comportements rationnels. Quand la peur, la frustration ou l’ego sont activés, les décisions ne passent plus par la réflexion, mais par le réflexe. C’est ce que le psychologue Daniel Goleman appelle un détournement amygdalien dans son ouvrage L’intelligence émotionnelle (1997).1 Et ce phénomène n’épargne pas les gens de pouvoir. Il les touche même d’autant plus qu’ils évoluent dans un environnement où la nuance est souvent perçue comme un signe de faiblesse.

Mais au-delà de la biologie, il faut aussi regarder l’écosystème. Les réseaux sociaux favorisent la rapidité d’exécution plutôt que la profondeur de pensée. La politique spectacle récompense les sorties de scène, pas les entrées en matière, comme dans une téléréalité où l’on se distingue davantage en claquant la porte qu’en tenant un propos sensé. Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que celles et ceux qui gravitent au sommet se mettent à ressembler aux ados qu’on accuse souvent de manquer de maturité : hypersensibles au regard des autres, prompts à la réaction, allergiques au doute. Peut-être est-ce là le vrai drame de notre époque : les postes sont plus influents, les enjeux plus complexes, les conséquences plus lourdes, mais les réflexes, eux, n’ont pas suivi.

Quand des cerveaux en mode survie occupent des fonctions qui exigent clairvoyance et maîtrise de soi, ce n’est pas toujours l’expérience qui fait défaut, c’est souvent la maturité.

1 Goleman, D. (1997). L’intelligence émotionnelle : Accepter ses émotions pour développer une intelligence nouvelle. Paris : Robert Laffont. (Édition originale : Emotional Intelligence: Why It Can Matter More Than IQ, 1995)


Dans mes écouteurs

Tommy Demers est un auteur-compositeur-interprète originaire de Valcourt qui s’est fait connaître du grand public lors de son passage remarqué à La Voix en 2023. Avant cela, il avait multiplié les expériences scéniques, tant en musique qu’en comédies musicales, ce qui lui confère une présence et une sensibilité artistique affirmées. Son style navigue entre la pop francophone, la chanson intimiste et des accents rock rétro qui rappellent parfois Vincent Vallières, Richard Séguin ou même Jean Leloup, selon les pièces. Son tout premier album, À cœur ouvert, sorti la semaine dernière, témoigne d’une sincérité désarmante et d’une grande variété d’ambiances, allant du festif au mélancolique.

Voici la pièce Omis de la liste.

Tommy Demers – Omis de la liste – Le coeur ouvert – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Il y a des peluches qu’on garde pour la nostalgie, d’autres qui accompagnent nos enfants dans leur sommeil… et puis il y a celles qui soulagent vraiment. C’était le cas de l’ourson thérapeutique Béké Bobo, conçu au Québec par une mère pour apaiser les douleurs chroniques de sa fille, et qui a connu une reconnaissance internationale inespérée. De décembre 2024 à juin 2025, Béké Bobo a trôné dans une vitrine du Musée des Arts décoratifs de Paris (MAD), voisin du Louvre, dans une exposition consacrée à l’histoire de l’ours en peluche. L’ourson québécois y figurait non seulement comme jouet, mais aussi comme véritable outil de mieux-être, aux côtés d’œuvres de l’UNICEF. Une distinction rare, pour ne pas dire exceptionnelle, pour une PME familiale d’ici.

Ce n’est pas tous les jours qu’une entreprise québécoise se retrouve à l’honneur dans un musée parisien, encore moins dans une exposition où les peluches sont traitées comme objets d’art et de soin. La fondatrice, Maggy-Nadyne Lamarche, avait d’ailleurs d’abord cru à une arnaque en recevant l’invitation officielle. Mais non : c’était bien l’innovation, l’altruisme et la tendresse de Béké Bobo qui avaient retenu l’attention du MAD. Pour une fois, ce n’était ni un exploit technologique, ni un brevet industriel, ni un jeu vidéo qui faisait parler de nous en France, mais un petit sac de céréales déguisé en ourson. Cela montre que le réconfort, lui aussi, peut mettre en évidence notre savoir-faire.


Horaire d’été

Suivant mes habitudes des dernières années, je profiterai de la saison estivale pour ralentir le rythme. Jusqu’à la prochaine rentrée scolaire, mon billet hebdomadaire cédera sa place à un billet quinzomadaire. On se donne donc rendez-vous le 18 juillet.


Dossier Intelligence artificielle générative

Vous l’aurez deviné, l’illustration qui accompagne ce billet a été générée par l’intelligence artificielle. Dans la réalité, je doute fort qu’on retrouve un jour ces trois mêmes personnes dans une seule image. Est-ce que je me suis amusé en passant ma commande et en évaluant chaque proposition avant d’arrêter mon choix ? Absolument ! 😊