Billet du 13 décembre 2024 : L’héroïne improbable du téléphone

Dans le vaste océan de la fraude téléphonique où des dizaines de millions d’appels malveillants sont passés quotidiennement, dérobant des montants astronomiques aux victimes, émerge une héroïne aussi inattendue qu’ingénieuse : Daisy Harris, une grand-mère virtuelle façonnée par l’intelligence artificielle. Créée par l’opérateur britannique Virgin Media O2, cette redoutable manipulatrice technologique n’a ni écusson ni pouvoir réel, mais une arme redoutable — une patience infinie et un bavardage aussi sinueux que déconcertant. Avec son accent britannique charmeur et ses anecdotes sur son chat Fluffy, elle piège les fraudeurs dans des conversations interminables, leur faisant perdre un temps précieux et les empêchant momentanément de cibler d’autres victimes potentielles.

Bien que Daisy ne représente qu’une goutte d’eau face à l’immense marée de la cybercriminalité, elle symbolise une riposte créative et prometteuse. Sa mission dépasse la simple contrattaque : elle est une messagère de prévention, rappelant que dans l’ère numérique, rien n’est jamais tout à fait ce qu’il paraît. En Grande-Bretagne, plus d’un millier de fraudeurs ont déjà été confrontés à son stratagème, perdant en moyenne 40 minutes dans un dialogue aussi absurde que chronophage. Et si Daisy n’est qu’un prototype, elle ouvre la voie à une nouvelle génération d’outils intelligents qui transformeront chaque conversation piégée en un petit acte de résistance contre la fraude.

Virgin Media O2, j’aime ta grand-mère.


Dans le cours de français

L’histoire littéraire regorge d’anecdotes savoureuses, et celle de la dictée de Prosper Mérimée en est une. Selon la légende, l’écrivain français aurait composé un texte particulièrement alambiqué pour mettre à l’épreuve l’orthographe de Napoléon III et de sa cour. Ce repas aurait été le théâtre d’une véritable compétition orthographique, où les homophones et les tournures complexes auraient semé la confusion parmi les convives. Bien que cette histoire soit largement répandue, il est difficile de vérifier son authenticité. L’absence de preuves formelles laisse planer le doute sur la réalité de cet événement, bien que de nombreuses sources l’évoquent. Néanmoins, cette anecdote continue de fasciner et demeure un excellent prétexte pour s’amuser avec les subtilités de la langue française.

Que la dictée de Mérimée soit un fait avéré ou une simple légende, elle a laissé une trace indélébile dans la culture populaire. Elle est souvent citée en exemple pour illustrer les pièges de l’orthographe française et continue d’être utilisée dans les écoles pour entraîner les élèves. Au-delà de son aspect ludique, cette histoire nous rappelle l’importance de la maîtrise de la langue et l’éternel défi que représente l’orthographe, même pour les plus grands.

Voici le texte, bien réel, de la dictée qui aurait été attribuée à Mérimée :

Pour parler sans ambiguïté, ce dîner à Sainte-Adresse, près du Havre, malgré les effluves embaumés de la mer, malgré les vins de très bons crus, les cuisseaux de veau et les cuissots de chevreuil prodigués par l’amphitryon, fut un vrai guêpier.

Quelles que soient, et quelque exiguës qu’aient pu paraître, à côté de la somme due, les arrhes qu’étaient censés avoir données la douairière et le marguillier, il était infâme d’en vouloir pour cela à ces fusiliers jumeaux et mal bâtis, et de leur infliger une raclée, alors qu’ils ne songeaient qu’à prendre des rafraîchissements avec leurs coreligionnaires.

Quoi qu’il en soit, c’est bien à tort que la douairière, par un contresens exorbitant, s’est laissé entraîner à prendre un râteau et qu’elle s’est crue obligée de frapper l’exigeant marguillier sur son omoplate vieillie. Deux alvéoles furent brisés ; une dysenterie se déclara suivie d’une phtisie, et l’imbécillité du malheureux s’accrut.

– Par saint Martin ! Quelle hémorragie ! s’écria ce bélître. À cet événement, saisissant son goupillon, ridicule excédent de bagage, il la poursuivit dans l’église tout entière.

Qui relèvera le défi durant le temps des Fêtes ?


Dans le cours d’univers social
Volet histoire

Voici une publicité imprimée datant de 1948 :

Trois quarts de siècle plus tard, on peut affirmer qu’aucune de ces affirmations ne s’est avérée. Et 2024, au Québec, constitue un retour vers le futur.


Dans le cours de français, deuxième période

Voici une petite devinette :

Qui suis-je ?

Je commence la nuit, je termine le matin, on me voit deux fois dans l’année et une fois dans la semaine.

Réponse après la bonne nouvelle de cette semaine.


Dans le cours de musique

Mathieu Bourret est un pianiste, compositeur, médiateur et improvisateur. Il est reconnu pour sa personnalité unique et son talent d’improvisateur. Sa musique est décrite comme étant organique et cinématographique, et il est connu pour créer des liens précieux avec son public.

Il y a deux ans, il nous offrait un premier album instrumental de Noël, Illumination. Il récidive cette année avec Illumination II. De ce plus récent album, voici Prélude — L’enfant au tambour.

Mathieu Bourret – Prélude-L’enfant au tambour – Illumination II – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Une excellente nouvelle pour les personnes âgées, souvent sujettes aux fractures de la hanche, vient de voir le jour grâce à une entreprise marseillaise. Indienov a développé une ceinture innovante contenant un coussin gonflable qui se déclenche automatiquement en cas de chute, protégeant ainsi les hanches et réduisant considérablement le risque de fractures. Cette technologie détecte les affaissements soudains et active le coussin gonflable pour amortir l’impact, offrant une solution révolutionnaire à un problème de santé publique majeur.

En plus de protéger physiquement les utilisateurs, cette ceinture intelligente alerte également les proches ou les services de téléassistance en cas de chute, permettant une intervention rapide. Cette avancée française promet de transformer le quotidien de nombreuses personnes âgées, leur offrant une sécurité accrue et une tranquillité d’esprit précieuse.


Réponse à la devinette : il s’agit de la lettre n.


Billet du 6 décembre 2024 : Marqué à vie

Le 6 décembre 1989. Je me souviens d’à peu près tout ce que j’ai fait ce jour-là. Je me souviens d’un lendemain de tempête qui avait laissé une forte accumulation au sol. Je me souviens d’un mercure qui avait ensuite considérablement chuté. Je me souviens être allé chercher une amie sur la Rive-Sud. Nous devions aller dîner avant de rejoindre d’autres amis, avec qui nous allions assister à un spectacle en soirée. Des billets que nous possédions depuis le mois d’avril.

Le dîner n’avait finalement pas eu lieu. Pas comme prévu, en tout cas. En me rendant chez mon amie, j’avais dû passer par une intersection à travers laquelle un chasse-neige avait laissé une imposante bande de neige, durcie par le froid intense. Dans ma jeune vingtaine impatiente de l’époque, j’avais choisi de foncer, plutôt que d’attendre. Le silencieux de ma Plymouth Horizon grise y était resté. Le garage s’était donc substitué au restaurant prévu ce midi-là.

En début de soirée, nous étions une dizaine d’amis dans un bar du Complexe Desjardins, quand la radio a commencé à annoncer que des coups de feu auraient été entendus à l’École Polytechnique de Montréal, comme on l’appelait à l’époque. La nouvelle avait capté notre attention, mais était passée au second plan quand était venu le temps de vider nos verres pour enfiler nos manteaux et nous diriger vers le lieu de notre souper-spectacle.

Nous nous y étions amusés. Nous avions ri et festoyé, sans savoir l’horreur qui se déroulait à huit kilomètres d’où nous nous trouvions.


L’irréel pour nous était survenu en fin de soirée, quand nous retournions chacune et chacun chez nous. Personnellement, je conduisais ma voiture (dotée d’un silencieux tout neuf) avec un ami à mes côtés. J’allais le déposer chez lui, à une trentaine de kilomètres du centre-ville de Montréal. Une distance que nous avions parcourue en étant branchés sur les ondes de CKAC. Nous avions alors réalisé, avec une consternation certaine, que tout le Québec était au courant de ce qui était survenu, sauf nous. Les commentaires radiophoniques ne précisaient aucun détail, les auditeurs les connaissant déjà. Quand mon ami était descendu de mon véhicule, après trois quarts d’heure de route, tout ce que nous avions réussi à savoir, c’était qu’il y avait eu fusillade, que cette fusillade avait fait plusieurs victimes, et que le crime avait une connotation sexiste. Nous commencions à réaliser l’horreur, mais pas son ampleur.


J’étudiais le droit, à l’époque, avant de bifurquer vers l’enseignement. À partir du moment où je me suis retrouvé titulaire d’une classe, quelques années après le drame, il ne s’est pas trouvé un seul début décembre, jusqu’en 2022, sans que j’en parle à mes élèves. En 2023, nous étions en grève. Cette année, j’apprivoise mon nouveau rôle de conseiller pédagogique, sans élèves. Ce devoir de mémoire incombe à tous les enseignants de groupes d’élèves en âge de comprendre.

À travers ces années, plusieurs de mes élèves se sont exprimés de brillante façon sur le sujet. Beaucoup d’opinions, de questions pertinentes, mais aussi de liens marquants. Le témoignage m’ayant le plus touché est celui d’Antoine, un élève que j’ai eu il y a une vingtaine d’années. Deux parents ingénieurs. Son père, alors étudiant, faisait partie des jeunes hommes qui avaient été chassés de la classe des victimes par le tireur, Marc Lépine. Sa mère, également étudiante, devait se trouver dans ce cours. Elle avait toutefois choisi de s’en absenter pour préparer un examen prévu le lendemain. Si elle avait pris une autre décision, Antoine n’aurait peut-être jamais vu le jour.


Nathalie Provost est une des victimes ayant survécu aux balles du tireur. Dès le lendemain, elle avait donné un point de presse à partir de son lit d’hôpital. Un courage qui l’honore, mais pas autant que son engagement, depuis 35 ans, pour le contrôle des armes à feu au Canada.

Depuis le drame de Polytechnique, le contrôle des armes à feu au Canada est resté une question vive et controversée. La tragédie a mené à la création du registre des armes d’épaule en 1995, un pas significatif vers une meilleure réglementation. Toutefois, son abolition en 2012, sous Stephen Harper, a ravivé les tensions, opposant sécurité publique et droits des propriétaires d’armes. Ces dernières années, des mesures plus strictes, comme l’interdiction des armes d’assaut, ont été adoptées pour répondre à des fusillades tragiques et à une mobilisation citoyenne accrue. Jeudi dernier, le 5 décembre, le gouvernement de Justin Trudeau a ajouté 324 marques et modèles uniques d’armes à feu de style arme d’assaut à la liste des armes interdites au Canada. Cette interdiction s’inscrit dans une stratégie visant à empêcher la prolifération d’armes adaptées pour des usages dangereux tout en promettant de protéger les droits des chasseurs responsables.

Malgré tout, 35 ans après Polytechnique, le débat demeure polarisé, témoignant de la complexité d’instaurer un consensus durable sur cette question. Il est étonnant de constater que la perte d’un nombre important de vies humaines ne suffit justement pas à établir un consensus.



Dans le cours de musique

Parmi tout ce qui représente pour moi le temps des Fêtes, il y a Ciné-cadeau, à Télé-Québec. Avec cette tradition qui nous revient chaque mois de décembre, Télé-Québec réalise quotidiennement ce que la dinde sur la table fait à Noël : réunir la famille. Nouveauté cette année, JS Houle et FouKi nous offrent une chanson hommage à ce grand classique annuel. Ça commence ce samedi 7 décembre.

JS Houle et FouKi – Le plus beau moment Ciné-cadeau – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Samuel Benastick, un jeune homme de 20 ans, a survécu 50 jours dans des conditions extrêmes après s’être perdu lors d’une expédition de camping dans le parc provincial Redfern-Keily en Colombie-Britannique. Parti seul le 7 octobre, il a été retrouvé par des travailleurs de l’industrie pétrolière après avoir bravé des températures descendant jusqu’à -20 °C. Grâce à sa détermination et à ses compétences en survie, il a construit un abri et trouvé des moyens de subsister malgré les conditions hostiles. Cette histoire inspirante démontre la résilience humaine et l’importance de l’espoir et de la solidarité, illustrée par les efforts des bénévoles qui ont participé aux recherches.


Billet du 29 novembre 2024 : Les enseignants, lumière dans l’obscurité

Chaque matin, à mon réveil, je prends mon téléphone cellulaire et je m’accorde une vingtaine de minutes pour faire le tour des nouvelles. Jeudi, j’ai regroupé quatre nouvelles matinales et quelque chose m’est immédiatement sauté aux yeux. Entre la corruption et la malveillance, un groupe se démarque au contraire par sa reconnaissance, son entraide et sa générosité.

Il est question, dans la première nouvelle, d’entreprises mandatées pour nettoyer les routes du Québec qui effectuent illégalement des dépôts de résidus de balayage dans des lieux non autorisés, comme des terrains privés, agricoles et des milieux naturels, au mépris des règles environnementales. Une enquête de Radio-Canada, menée avec des caméras cachées et un faux couple, a permis de confirmer ces pratiques après avoir été alertée par un lanceur d’alerte. Les résidus, qui peuvent être contaminés, sont parfois proposés gratuitement ou vendus à des particuliers, souvent pour des usages comme du remblai. L’une des entreprises impliquées, tout en refusant une entrevue, a minimisé l’importance de ces contrats dans ses activités. Et tout ceci au vu et au su des fonctionnaires du ministère québécois de l’Environnement. 1

Dans le deuxième article, Azure Power Global, une entreprise indienne financée par la Caisse de dépôt et placement du Québec, est impliquée dans un scandale de corruption majeur, avec des pots-de-vin de 250 millions $ US versés pour obtenir des contrats solaires, et où Alan Rosling, président nommé par la Caisse, aurait joué un rôle. Selon l’article, Rosling et d’autres cadres auraient dissimulé les malversations en fournissant de fausses informations et en cédant un contrat clé au groupe Adani sous un prétexte inventé. Ces irrégularités ont gravement affecté Azure, entraînant une chute de sa valeur à moins de 5 % de l’investissement initial de la Caisse et son retrait de la Bourse de New York en 2023. Malgré les accusations criminelles contre trois de ses anciens cadres, la Caisse insiste sur son engagement envers l’éthique, mais refuse de commenter davantage cette affaire qui suscite de nombreuses interrogations. 2

Le troisième reportage nous apprend que le Complexe Desjardins utilise depuis environ un an des chansons agressantes diffusées à plein volume, comme Baby Shark, pour dissuader les sans-abri de fréquenter ses espaces. C’est une pratique qui soulève l’indignation des groupes communautaires. Ces derniers dénoncent un manque de bienveillance et d’empathie, rappelant que des approches structurelles et humaines sont nécessaires pour traiter les causes profondes de l’itinérance. Desjardins affirme vouloir privilégier l’accompagnement en collaboration avec des travailleurs sociaux, mais les critiques soulignent que cette méthode contribue à stigmatiser davantage les personnes vulnérables. 3

Finalement, dans un tout autre contexte, la quatrième nouvelle fait état d’un groupe d’enseignants qui organisent une collecte de fonds pour aider les enfants de familles défavorisées. L’initiative vise à soutenir des organismes montréalais, notamment Les Lutins de Saint-Vincent-Marie, qui offrent des cadeaux et des pyjamas durant les Fêtes. Cette mobilisation reflète une volonté de prolonger la chaîne de solidarité créée pendant la grève de l’an dernier, où près de 1800 enseignants avaient bénéficié de l’aide de la communauté. 4

On dit qu’il n’y a que des enseignants pour voler du matériel à la maison et l’amener sur leur lieu de travail. J’ignore si d’autres le font, mais je confirme qu’une forte majorité d’acteurs de l’éducation ont recours à ce moyen pour soutenir leur travail. Et quand Baby Shark joue dans les haut-parleurs d’une salle de classe, c’est parce que son titulaire met ses propres nerfs à l’épreuve pour amuser ses élèves.

En ce début de journée, alors que les nouvelles nous abreuvent d’histoires de corruption et d’indifférence, cette initiative d’enseignants nous rappelle qu’il existe encore des îlots de générosité et de solidarité, où l’humain se révèle dans toute sa beauté.

1 Montembeault, Maude et al. Du sable contaminé déversé un peu partout au Québec. Radio-Canada, Montréal. Le 28 novembre 2024.

2 Joncas, Hugo et Arsenault, Julien. L’homme de confiance de la Caisse au cœur du complot de corruption. La Presse, Montréal. Le 28 novembre 2024.

3 Ouellette-Vézina, Henri. Baby Shark pour chasser les sans-abri. La Presse, Montréal. Le 28 novembre 2024.

4 Goyer, Maude. Un an après la grève : Au tour des enseignants de donner. La Presse, Montréal. Le 28 novembre 2024.


Dans le cours de musique

La chanson Fleur sauvage de Rymz, en collaboration avec Ingrid St-Pierre, est une composition émotionnelle et poétique qui mélange rap et musique folk. Les paroles touchent à la fragilité de la vie, l’innocence perdue et les luttes intérieures, avec une touche de douceur apportée par la voix d’Ingrid St-Pierre. Ce morceau, qui conjugue harmonieusement des éléments de rap introspectif et des mélodies délicates, invite à la réflexion sur la quête de sens et les épreuves personnelles. Il est extrait du plus récent album de Rymz, Vivre à mourir.

Rymz, avec Ingrid St-Pierre – Fleur sauvage – Vivre à mourir – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Dans un enchaînement de coïncidences presque irréelles, Vamarr Hunter a vécu une renaissance familiale qui défie toute imagination. Cet Américain de Chicago, adopté à la naissance et ignorant tout de ses origines, a appris de la manière la plus inattendue qui soit qu’il avait pour mère biologique la boulangère de son quartier, celle-là même chez qui il allait acheter son pain chaque semaine depuis des années. Cette rencontre fortuite, initiée par une émission télévisée sur la généalogie, a non seulement révélé un lien du sang insoupçonné, mais a aussi ouvert la voie à une connexion profonde et précieuse.

Au-delà d’un simple rapprochement, leur histoire est devenue un modèle de compassion et de solidarité. Alors que Lenore Lindsey traversait l’épreuve difficile d’un traitement contre le cancer du sein, Vamarr s’est immédiatement engagé à ses côtés, l’accompagnant à ses séances de chimiothérapie et allant même jusqu’à la suppléer dans son travail. Un geste si remarquable qu’il a finalement décidé de quitter son emploi pour travailler à temps plein dans la boulangerie familiale, transformant ce qui aurait pu être une simple rencontre en une véritable histoire d’amour et de résilience.


Billet du 22 novembre 2024 : Révolutions et espoirs

Il y a une semaine, le ministère de l’Éducation du Québec a diffusé le guide intitulé « L’utilisation pédagogique, éthique et légale de l’intelligence artificielle générative » à l’intention du personnel enseignant. Ceci ouvre la porte, sous conditions, à l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) en classe. C’est toute une révolution pédagogique qui s’annonce.

Cette révolution forcera une redéfinition du rôle des pédagogues. Il s’agira maintenant d’accompagner les élèves dans le développement de compétences essentielles à l’ère numérique, telles que la pensée critique, la résolution de problèmes complexes et l’éthique de l’utilisation des outils technologiques. Les élèves devront apprendre non seulement à utiliser l’IA pour maximiser leur potentiel, mais aussi à comprendre ses limites, à évaluer la fiabilité des informations qu’elle génère et à l’intégrer de manière responsable dans leurs travaux. Cette transition nécessitera également de repenser les activités d’apprentissage, en favorisant des approches plus collaboratives et interdisciplinaires qui exploitent la complémentarité entre l’intelligence humaine et artificielle.

L’évaluation sera également bouleversée. Les examens traditionnels deviendront obsolètes dans un monde où l’IA peut répondre instantanément à une multitude de questions. Il faudra donc privilégier des approches qui valorisent le processus plutôt que le résultat : documenter la réflexion derrière une réponse, analyser et critiquer les suggestions de l’IA, ou encore évaluer les capacités des élèves à résoudre des problèmes en temps réel, sans aide extérieure. Ce changement représente un défi de taille, mais aussi une occasion de transformer l’éducation pour qu’elle prépare véritablement les jeunes à devenir des citoyens éclairés dans un monde en pleine mutation technologique.

Bref, l’IA en classe, c’est un peu comme un coéquipier génial, mais maladroit : il peut faire des merveilles, mais il faudra toujours garder un œil sur ses maladresses !


Dans le cours de musique

Andrew Wells-Oberegger est un artiste complet qui brille sur la scène musicale canadienne depuis plus de vingt ans. Multi-instrumentiste virtuose, il maîtrise un éventail impressionnant d’instruments, allant de la guitare classique et du luth renaissance à des percussions traditionnelles comme le daff et le tamburello italien. Fort d’une solide formation générale et d’un apprentissage enraciné dans les traditions musicales du monde entier, il enrichit également ses compositions de sa voix et de divers types de flûtes. Il vient de lancer Déjouer le glas, son deuxième album, dont la pièce-titre mérite notre écoute, cette semaine.

Andrew Wells-Oberegger – Déjouer le glas – Déjouer le glas – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Une découverte fortuite par des chercheurs de l’Université de Tel-Aviv pourrait révolutionner le traitement des cancers résistants à l’immunothérapie. En étudiant les effets des rayons UV sur le système immunitaire, l’équipe a identifié une protéine appelée Ly6a, qui semble jouer un rôle clé dans la suppression immunitaire. En bloquant cette protéine avec des anticorps, les scientifiques ont réussi à réduire significativement la taille des tumeurs chez des souris, même celles résistantes aux traitements actuels.

Cette avancée prometteuse ouvre la voie à de nouveaux traitements pour les patients atteints de cancers difficiles à traiter. Les chercheurs espèrent rapidement développer un médicament basé sur cette découverte, offrant ainsi un nouvel espoir à de nombreux patients. Cette trouvaille rappelle que même les accidents peuvent mener à des progrès scientifiques majeurs, apportant une lueur d’espoir dans la lutte contre le cancer.


Billet du 15 novembre 2024 : Alphas et bêtas

Les valeurs conservatrices connaissent une montée en popularité chez les jeunes, tant aux États-Unis qu’au Canada. Un sondage récent montre que 43 % des jeunes Américains de 18 à 29 ans ont voté pour Donald Trump, une augmentation par rapport à 2020. Au Canada, les conservateurs de Pierre Poilievre gagnent également du terrain parmi les 18-34 ans. Cette tendance s’explique en partie par un retour à des valeurs traditionnelles et une recherche de stabilité dans un monde perçu comme incertain. Des réseaux sociaux comme X (anciennement Twitter) jouent un rôle crucial dans la diffusion de ces idées, offrant une plateforme aux influenceurs conservateurs qui séduisent une jeunesse en quête de repères.

Parallèlement, la montée des discours misogynes et antiféministes inquiète. Des figures comme Andrew Tate, avec leurs propos extrémistes, gagnent en popularité, notamment parmi les jeunes hommes. Ces discours, souvent édulcorés pour paraître plus acceptables, trouvent un écho dans les médias et sur les réseaux sociaux. Les experts soulignent le danger de normaliser ces idées en leur offrant une tribune, car cela peut renforcer des attitudes discriminatoires et violentes. La sociologue Mélissa Blais et d’autres chercheurs mettent en garde contre la banalisation de ces discours haineux qui, sous couvert de succès et de leadership, prônent en réalité la soumission des femmes. 1

Il faut s’inquiéter pour les jeunes influencés par ces idéologies et insister sur l’importance de promouvoir des valeurs d’égalité et de respect. Les influences négatives de la masculinité toxique ne peuvent être contrées que par un contrepoids éducatif. En fin de compte, il s’agit de construire une société plus inclusive et équitable, où chacun peut s’épanouir sans discrimination ni préjugés. Voilà un discours enfoui il y a plus de 30 ans qu’il faut déterrer et promouvoir de nouveau.

1 Elkoury, Rima. Parlons-en, de ces discours misogynes. La Presse, Montréal. Le 12 novembre 2024.


Dans le cours de sciences et technologie

Selon Associated Press, un récent rapport du gouvernement américain a révélé que des niveaux de fluorure dans l’eau potable, dépassant deux fois la limite recommandée, sont associés à une diminution du quotient intellectuel (QI) chez les enfants.2 Cette conclusion, basée sur une analyse approfondie de recherches antérieures, marque la première fois qu’une agence fédérale établit un lien entre une exposition élevée au fluorure et une baisse du QI. Ces résultats soulèvent des questions importantes sur la sécurité de l’eau potable et les effets à long terme du fluorure sur le développement neurologique des enfants.

Peut-être est-il temps pour nos voisins du Sud de repenser leur consommation d’eau !

2 Stobbe, Mike. US government report says fluoride at twice the recommended limit is linked to lower IQ in kids. APNews, New York. Le 22 août 2024.


Dans le cours de musique

Il a fallu attendre huit ans avant que les Dale Hawerchuk nous offrent du nouveau matériel. Le groupe originaire de Roberval nous arrive avec Attaque à cinq, son cinquième album. Tirée de ce nouvel opus, voici la pièce Megastar.

Les Dale Hawerchuk – Megastar – Attaque à cinq – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Les inondations qui ont frappé Valence à la fin octobre ont laissé leurs traces, en plus de faire de nombreuses victimes. Mais au cœur de cette épreuve, un élan de solidarité sans précédent a vu le jour. Des milliers de citoyens, venus de toute la région, se sont mobilisés pour venir en aide aux sinistrés. Armés de balais, de pelles et d’une volonté inébranlable, ils ont participé à d’immenses opérations de nettoyage. Une initiative qui a rapidement fait le tour de la ville, transformant une simple passerelle en symbole de cette union face à l’adversité. Baptisée « passerelle de la solidarité », elle est devenue le point de ralliement de tous ceux qui souhaitent apporter leur contribution.

Cette mobilisation exceptionnelle témoigne de la force du lien social et de la capacité de résilience des Valenciens. Face à la catastrophe, la communauté s’est resserrée, démontrant une fois de plus que l’entraide est la meilleure réponse face à l’adversité. Ces actes de générosité sont une source d’espoir et un bel exemple pour tous.


Billet du 8 novembre 2024 : Les politiques qu’on mérite (2e partie)

Aux États-Unis, ce sera donc Donald Trump. Avec lui à la présidence et une majorité républicaine tant au Sénat et qu’à la Chambre des représentants. J’aurais préféré un autre scénario, mais la démocratie a parlé. Et la démocratie, même malade, demeure le plus beau des régimes politiques.

Et je cite :
« Faites attention, quand une démocratie est malade, le fascisme vient à son chevet, mais ce n’est pas pour prendre de ses nouvelles. »

– Albert Camus

Et le fascisme a récemment été aperçu chez nos voisins du Sud. Non seulement John Kelly, ancien chef de cabinet de Trump, prétend-il avoir entendu plus d’une fois ce dernier faire l’éloge d’Hitler et de son armée, mais Trump lui-même a déclaré en entrevue qu’il entrevoyait instaurer une dictature « pour une journée », en début de mandat. Le problème n’est pas Trump. Il a droit à ses opinions, autant qu’il a le droit de les exprimer. Le problème, c’est le peuple américain, qui l’a élu en toute connaissance de cause.

Et je cite :

« Hitler a pris le pouvoir en 1933 par nomination, et non par un vote. Il n’a jamais remporté la majorité lors d’une élection libre. Trump, en revanche, a remporté une élection libre après avoir clairement exprimé son désir de devenir dictateur. Ce qui rend le peuple américain plus favorable à la dictature que les Allemands de 1933. »

– Mark Jacob, auteur et ex-éditeur du Chicago Tribune, le 6 novembre 2024.

Je n’en veux pas aux Américains de l’avoir élu une première fois, en 2016. Il agissait déjà comme un personnage coloré et hors norme, mais on cherchait à contrer l’establishment démocrate, notamment en y purgeant les Clinton une fois pour toutes, et le milliardaire répondait à cette requête, en plus d’afficher l’image d’un homme d’affaires prospère, malgré ses faillites.

Depuis, toutefois, il a tenu des propos condescendants, haineux, sexistes, misogynes, racistes et homophobes. Il a fait reculer son pays de plusieurs décennies au chapitre du statut et des droits des femmes, notamment en invalidant l’arrêt Roe contre Wade. Il a été condamné pour des fraudes, des diffamations et au moins un cas d’abus sexuel, en plus d’avoir été inculpé pour vol de documents classifiés et interférences électorales. Il est aussi responsable d’avoir incité l’insurrection du 6-janvier, qui a causé cinq morts, dont celle d’un policier. Contrairement à 2016, c’est à un criminel établi que les Américains ont ouvert toutes grandes les portes de la Maison-Blanche, en plus de lui donner les coudées franches pour faire adopter ce qu’il veut.

Et je cite :

« Les États-Unis, la première puissance mondiale, ont élu, pour la seconde fois et, en toute connaissance de cause, un admirateur de Vladimir Poutine, un climatosceptique avéré, un ami de Netanyahou, un homme qui piétine les droits humains, le droit des femmes, le droit à l’avortement, un homme ouvertement raciste, un homme qui manipule l’information et fabrique des fake news à longueur de journée, un homme à l’origine de l’attaque du Capitole et un homme condamné pénalement. Sacré tableau de chasse. Il devrait être derrière les barreaux. En taule avec sa tenue orange. À la place, il se réinstalle tranquille à la Maison-Blanche. Les deux pieds sur le Bureau ovale. On dirait le scénario catastrophe d’un mauvais blockbuster et pourtant, c’est la réalité. La vraie vie. Les dominos de la haine tombent les uns après les autres un peu partout aux quatre coins du monde. Cette planète fait peur. Cette planète me dégoûte. Indignons-nous. »

– Gauvin Sers, auteur-compositeur-interprète français, le 6 novembre 2024.

On a les politiques qu’on mérite, comme on a les politiciens qu’on mérite. Il ne faut pas chercher de raisons à la victoire de Trump ou de causes à la défaite de Kamala Harris. Les Américains méritent Trump, point. C’est en lui qu’ils se reconnaissent. Ça en dit long sur leur évolution.

Ce qui est le plus dérangeant, c’est qu’en lui confiant les rênes de la plus grande puissance mondiale, c’est à toute la planète qu’ils l’imposent.

Et je cite :

« Ce n’est pas seulement que Trump a gagné. C’est que Joe Rogan, Dana White et Brett Favre ont gagné. Les insurgés emprisonnés ont gagné. Les Alito et les Thomas ont gagné. Vladimir Poutine a gagné. Le racisme a gagné. La misogynie a gagné. Le sexisme a gagné. Le réchauffement climatique a gagné. La xénophobie a gagné. Mais surtout : la peur a gagné. C’est ce qui fait mal. »

– Mike Wise, auteur, journaliste sportif et présentateur à la télévision américaine, le 6 novembre 2024.


Dans le cours de musique

Trêve d’artistes émergents, cette semaine. Rendons plutôt hommage au regretté poète Lucien Francoeur. Voici la chanson Nelligan, un poème musical adapté d’une œuvre de celui qui l’a inspiré.

Lucien Francoeur – Nelligan – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Il est rare qu’on prenne le temps de complimenter une collègue. C’est encore plus rare de pouvoir le faire sur les ondes de la télévision d’État. Et c’est d’autant plus particulier de prendre tout le temps d’antenne qui nous est alloué pour le faire.

Ce qui suit constitue plus un moment de gratitude et de bienveillance qu’une bonne nouvelle en soi. La bonne nouvelle, c’est justement d’avoir pu assister, en direct ou en différé, à cette séquence rafraîchissante. Celle où l’analyste Raphaël Jacob utilise l’entièreté de son segment pour souligner l’excellence du travail de sa collègue correspondante de Radio-Canada à Washington, Azeb Wolde-Giorghis.


Billet du 1er novembre 2024 : Les politiques qu’on mérite

Un article publié dans Le Devoir, cette semaine, explore la facilité avec laquelle les jeunes consomment de la drogue à l’école, soulignant que les substances sont de plus en plus variées et dangereuses.1 On y mentionne que les réseaux sociaux facilitent l’accès aux stupéfiants, et les incidents liés à la drogue dans les écoles secondaires du Québec sont en hausse, avec plus de 2900 incidents rapportés l’année dernière. Les écoles adoptent différentes approches pour gérer ce problème, allant de la tolérance zéro à la réduction des méfaits.

Le même jour, une entrevue avec la journaliste Jessica Nadeau a mis en lumière l’augmentation de la toxicité des substances illicites qui se retrouvent dans les écoles, ce qui s’avère de plus en plus préoccupant.2 Elle explique que, bien que la présence de drogues ne soit pas nouvelle, leur dangerosité croissante, notamment avec des substances comme le fentanyl, pose de sérieux risques pour les jeunes.

Face à cette situation alarmante, il est impératif de déployer des stratégies multidimensionnelles pour prévenir la consommation de drogues chez les jeunes et réduire les risques associés. Au-delà des actions menées au sein des écoles, il est essentiel d’impliquer l’ensemble de la communauté. Des campagnes de sensibilisation ciblées, des programmes de réduction des méfaits adaptés aux réalités locales et une collaboration renforcée entre les différents acteurs du milieu (santé, éducation, justice) sont autant d’éléments clés pour faire face à ce phénomène. En investissant dans la prévention, l’éducation et le soutien aux jeunes, nous pouvons espérer créer des environnements plus sécuritaires et favoriser leur bien-être.

1 Nadeau, Jessica. Consommer à l’école, un jeu d’enfant. Le Devoir, Montréal. Le 30 octobre 2024.

2 Legendre, Jasmine et Levasseur, Guillaume. Entrevue | Des substances illicites de plus en plus inquiétantes dans les écoles. Le Devoir, Montréal. Le 30 octobre 2024.


Dans le cours d’univers social
Volet éducation à la citoyenneté

Voici ce qu’on peut lire sur la quatrième de couverture du livre On a les Politiques qu’on mérite, de Chloé Morin, publié chez Fayard, en 2022 :

Des égoïstes. Des arrivistes. Des narcisses. Des incompétents. Des traîtres. Le théâtre politique regorge de ces créatures qui nous révulsent. Nous les critiquons, nous les jugeons et déjugeons. Nous adorons détester ce monde, mais nous nous garderions bien d’y mettre ne serait-ce qu’un orteil. Et jamais nous ne nous posons la vraie question : comment en sommes-nous arrivés là ? Y aurait-il eu – comme les complotistes et les désabusés l’affirment – une confiscation du pouvoir, à tous les niveaux, jusqu’au sommet de l’État ? La réponse est à la fois banale et dérangeante : au-delà de travers institutionnels, de gaspillages publics et autres labyrinthes administratifs qu’il est urgent de corriger, nous avons peut-être tout simplement… les Politiques que nous méritons. Quand l’air politique devient irrespirable, ne peuvent subsister que les héros et les dingos. Nous les rejetons, certes, nous déplorons de ne plus avoir le choix, mais ce non-choix, nous l’avons créé en rendant la vie impossible aux engagés et aux dévoués. À la veille d’une bataille présidentielle décisive, au sortir d’un quinquennat marqué par de longues crises (Gilets jaunes, Covid-19…) et dans un contexte toujours plus dégagiste, le temps est peut-être enfin venu de balayer devant notre porte. Et qui sait ? de se réconcilier avec nos Politiques.

C’était à la veille de l’élection présidentielle française de 2022. Tout ce qui précède la dernière phrase peut également s’appliquer à l’élection présidentielle américaine de mardi. Vendredi prochain, quand je publierai mon prochain billet, serai-je en mesure de commenter l’élection de Kamala Harris ou de Donald Trump ? Peut-être. Mais peut-être pas non plus. Il y a quatre ans, ce n’est que quatre jours plus tard, le samedi, que Joe Biden avait été proclamé vainqueur.

Qui le peuple américain mérite-t-il d’avoir à la tête de son pays et de son armée ? La réponse indiquera au monde entier où loge, en 2024, la plus grande puissance de la planète. Parce qu’au-delà de la personne qui sera assermentée en janvier, cette élection indiquera l’ampleur que prendra le tournant planétaire.

Pour notre plus grande sécurité, il est souhaitable que le virage se prenne en douceur.


Dans le cours de musique

Billie du Page est la fille de la comédienne Julie du Page. Œuvrant dans la chanson, elle vient de lancer un premier mini-album éponyme. Tirée de cet album, voici la pièce Si près si loin.

Billie du Page – Si près si loin – Billie du Page – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Je laisse l’espace à Isabelle Hachey, cette semaine. La chroniqueuse de La Presse y a publié un succulent texte dans lequel elle présente les beaux côtés de l’école Bedford, qui a fait les manchettes pour d’autres raisons, au cours des dernières semaines.3 L’article raconte l’histoire de l’école, située à Côte-des-Neiges et autrefois considérée comme un modèle d’intégration et de diversité. D’anciens enseignants de l’endroit se souviennent de l’ambiance chaleureuse et de la soif d’apprendre des élèves, avant les tensions culturelles qui ont émergé avec l’arrivée de nouveaux enseignants, menant à un climat toxique et à des accusations de racisme. Ils les relatent avec un enthousiasme rafraîchissant.

Bonne lecture !

3 Hachey, Isabelle. Bedford, avant le crash. La Presse, Montréal. Le 31 octobre 2024.


Billet du 25 octobre 2024 : Les mathématiques de Bernard Drainville

Le gouvernement du Québec a récemment lancé une consultation publique pour évaluer la possibilité d’abolir le changement d’heure.1 Cette initiative, qui se déroule du 22 octobre au 1er décembre 2024, vise à recueillir les avis des citoyens sur cette pratique instaurée durant la Première Guerre mondiale. Le changement d’heure, bien qu’ayant des origines historiques, suscite aujourd’hui des débats quant à son utilité et ses impacts sur la santé, l’économie et le quotidien des Québécois.

Personnellement, je suis en faveur de l’abolition du changement d’heure et de l’adoption permanente de l’heure d’hiver, également connue sous le nom d’heure solaire ou heure normale. Cette position est soutenue par plusieurs experts québécois, dont le Dr Charles Morin, professeur de psychologie à l’Université Laval. Selon lui, le maintien de l’heure normale tout au long de l’année pourrait améliorer la qualité du sommeil et réduire les risques de troubles de l’humeur, en particulier durant les mois d’hiver.

En adoptant l’heure d’hiver de façon permanente, nous alignerions notre horloge biologique avec le cycle naturel du soleil, ce qui favoriserait un meilleur bien-être général. De plus, cette mesure pourrait avoir des effets positifs sur la productivité et la sécurité routière, en réduisant les accidents liés à la fatigue. Il est donc crucial que les citoyens participent à cette consultation pour exprimer leur opinion et contribuer à une décision éclairée.

1 Consultation publique : Le changement d’heure, devrait-on l’abolir ?


Dans le cours de français

Il est un peu décevant de constater que même Le Devoir laisse passer une telle faute dans le titre d’un des articles qu’il publie.

Je me dois cependant de préciser que l’erreur a fini par être corrigée, plusieurs heures après publication.

#LeProfCorrige

Ici, le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec le mot victimes, qui est au féminin pluriel. Il aurait fallu lire dédommagées.


Et je cite :

« J’essaie de ne pas me laisser séduire par les slogans. Nous vivons à l’époque des slogans. Précisément, chacun nous promet un petit paradis. Le seul paradis que je préconise, moi, c’est le paradis de l’individu qui a sa liberté, même dans la société actuelle et même dans une société pire.
Je refuse qu’un groupe ou une secte m’embrigade, et qu’on me dise qu’on pense mieux quand mille personnes hurlent la même chose. »

– Georges Brassens (1921 – 1981)


Dans le cours de mathématiques

À l’émission Tout le monde en parle, dimanche dernier, le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, a déclaré qu’il n’avait pour l’instant aucune intention de cesser de subventionner les écoles privées à vocation religieuse. En réponse à la comédienne Julie Le Breton, qui lui demandait si c’était parce qu’il craignait d’ouvrir la boîte de Pandore des écoles privées subventionnées à 60 % par l’État, le ministre a répondu par la négative, mais il a ensuite retourné la situation à l’envers pour justifier sa réponse. Selon lui, il est juste que les parents paient 40 % des frais scolaires de leurs enfants afin qu’ils puissent fréquenter une école privée. Il ajoute que l’arrêt des subventions aux écoles privées ne règlerait pas tous les problèmes du système public.

Là-dessus, il a raison. Ça ne règlerait pas tous les problèmes. Mais ce serait déjà un grand pas dans la bonne direction, une action qui rétablirait une grande partie des disparités entre les deux réseaux.

Ce que Drainville ne mentionne pas, c’est que les compétences du personnel enseignant s’équivalent, mais les ressources diffèrent. Les écoles privées subventionnées ont accès à des équipements technologiques de pointe, des gymnases équipés de matériel de qualité, des meubles récents et fonctionnels, ainsi que des infrastructures solides et bien entretenues.

Les écoles privées subventionnées peuvent également se permettre d’engager tout le personnel pouvant répondre aux élèves ayant des défis particuliers. Je sais aussi pertinemment bien que beaucoup d’entre elles engagent des enseignants suppléants permanents qui sont affectés à du soutien pédagogique les rares journées où tout le personnel est présent. Tout ceci alors que le réseau public subit une pénurie importante de personnel tous azimuts depuis de nombreuses années.

Drainville n’insiste pas non plus sur le fait qu’une école privée subventionnée, voire le Collège Lentendre, s’est acheté une forêt et deux chalets dans un centre de villégiature.

Finalement, Drainville ne dit pas que la province voisine, l’Ontario, dispose d’un réseau public d’éducation qui n’est certes pas sans failles, mais qui se porte incomparablement mieux que le nôtre.

Si vous avez répondu 0 %, vous avez raison. Les parents ontariens qui choisissent cette option pour leur enfant doivent en assumer 100 % des frais. C’est le pourcentage que devrait viser Drainville, à long terme, j’en conviens.


Dans le cours de musique

Le quintette Bon Enfant nous fait cadeau d’un troisième album, intitulé Demande spéciale. Avec ce groupe émergeant, nous obtenons du rock québécois à son meilleur. Pour une deuxième fois en #musiquebleue, les voici, cette fois avec la pièce Trompe-l’oeil.

Bon Enfant – Trompe-l’oeil – Demande spéciale – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Valentin, un adolescent de 17 ans vivant avec une paralysie cérébrale, a réalisé l’impensable en terminant un semi-marathon parisien. Ce jeune homme, qui n’avait jamais pu marcher auparavant, a accompli cet exploit grâce à un exosquelette de pointe développé par la compagnie française Wandercraft. Cet appareil robotique, qui soutient le corps et permet aux personnes à mobilité réduite de se déplacer, a ouvert de nouvelles perspectives à Valentin. Sa participation à cette course constitue un témoignage de la capacité de la technologie à transformer des vies et à repousser les limites du possible.

Derrière cette prouesse se cache Wandercraft, une entreprise spécialisée dans les exosquelettes de marche. Grâce à leur innovation, des milliers de personnes à travers le monde pourraient à leur tour retrouver une certaine autonomie et une meilleure qualité de vie. L’histoire de Valentin est un formidable vecteur de promotion pour cette technologie de pointe et un appel à soutenir la recherche dans ce domaine. Elle est un symbole d’espoir pour tous ceux qui luttent contre la paralysie et les troubles de la mobilité.


Billet du 18 octobre 2024 : Entre violence et bienveillance

Dans mon billet de la semaine dernière, je faisais allusion à la hausse de la violence envers le personnel de soutien dans les écoles.1 Le jour même de sa publication, les médias faisaient état de ce qui se passe depuis plus de sept ans à l’école Bedford, à Montréal. Si j’avais su qu’une telle nouvelle sortirait en même temps que mon billet hebdomadaire, je me serais gardé une petite réserve au début de mon texte. La violence à l’endroit du personnel des écoles est inacceptable, mais quand ailleurs des enseignants s’en prennent à des enfants, c’est encore plus dommageable. L’article publié par Radio-Canada le 11 octobre sur l’intimidation au sein de l’école Bedford a révélé des pratiques révoltantes de la part d’un groupe d’enseignants qui cible des élèves.2 Ce genre de comportement fragilise profondément le lien de confiance que les parents et la société devraient pouvoir avoir avec nos institutions scolaires.

Dans mon billet du 11 octobre, j’explorais l’idée que l’éducation doit être à la fois rigide et douce. Il faut maintenir une saine fermeté dans nos attentes envers les élèves, tout en offrant le soutien bienveillant nécessaire à leur épanouissement. Toutefois, l’article de Radio-Canada met en lumière une situation totalement inverse, où un clan d’enseignants use de leur pouvoir pour intimider et harceler des enfants, brisant ainsi toute dynamique constructive. Ce genre d’inconduite nuit non seulement aux victimes, mais aussi à la profession dans son ensemble.

Ce sont de tels agissements qui entachent la réputation de tout le corps enseignant. Une minorité d’individus peut causer d’immenses dommages à la perception du public envers cette profession. C’est pourquoi je réitère ma position : il est temps de mettre en place un ordre professionnel des enseignants au Québec, afin de protéger à la fois les enfants et la profession.

1 Billet du 11 octobre 2024 : Le cuir et le velours.

2 Bordeleau, Stéphane. Québec ordonne une enquête sur 11 enseignants d’une école primaire de Montréal. Radio-Canada. Le 11 octobre 2024.


Dans le cours de mathématiques

Un article d’Essentiel News traite de l’austérité qui se profile en France, avec des mesures drastiques visant à réduire la dette publique et contenir les dépenses sociales.3 Cette politique pourrait entraîner des compressions dans des secteurs essentiels comme la santé, l’éducation, et les infrastructures publiques. L’impact social serait considérable, notamment pour les populations vulnérables, avec un risque de hausse des inégalités et de tensions sociales. Le gouvernement justifie ces mesures par une nécessité de redressement économique à long terme, mais les critiques soulignent les dangers d’un tel choc sur le bien-être collectif et la cohésion sociale.

En Amérique du Nord, bien que la situation soit différente, des parallèles peuvent être tracés avec les tendances actuelles au Canada et au Québec, où les gouvernements tentent aussi de jongler avec des déficits budgétaires tout en maintenant des services publics. Parmi les répercussions possibles, on peut imaginer des coupes dans les programmes sociaux ou des projets d’infrastructure mis en attente, notamment avec des gouvernements plus conservateurs. Une autre hypothèse serait une pression accrue sur les services publics, déjà fragilisés, ce qui pourrait exacerber les tensions sociales ici aussi.

3 Essentiel News. Une austérité de choc est prévue pour la France.


Dans le cours de culture et citoyenneté québécoise

La Révolution tranquille a transformé le Québec en profondeur, en élevant le niveau d’instruction de la population et en assurant une séparation claire entre l’Église et l’État. Cette période charnière a permis à la société québécoise de s’émanciper du joug religieux, offrant ainsi plus de liberté individuelle et de justice sociale. Pourtant, certains groupes religieux continuent d’exercer une influence néfaste, comme le révèle l’enquête de Radio-Canada sur les Hérauts de l’Évangile.4

Cette enquête met en lumière les pratiques troublantes des Hérauts de l’Évangile, un groupe ultracatholique qui recrute des enfants au Canada et ailleurs pour restaurer la pureté de l’Église, comme au temps des croisades. Ces jeunes vivent dans des châteaux somptueux au Brésil, où ils subissent un endoctrinement intense et sont préparés à une apocalypse imminente. Les témoignages recueillis décrivent des traumatismes profonds, des abus psychologiques et physiques, et une radicalisation qui pousse ces enfants à croire qu’ils doivent tuer les infidèles pour instaurer un nouvel ordre social.

Ce contraste entre les avancées de la Révolution tranquille et les pratiques des Hérauts de l’Évangile souligne l’importance de rester vigilant face aux dérives sectaires. Alors que le Québec a réussi à émanciper sa population de l’emprise religieuse, cette enquête rappelle que des groupes extrémistes peuvent encore exercer une influence néfaste. Il est crucial de continuer à promouvoir l’éducation, la critique constructive et la protection des droits individuels pour prévenir de telles situations et garantir un avenir où chacun peut vivre librement et en sécurité.

4 Movilla, Martin et Plamondon Lalancette, Priscilla. Les Hérauts de l’Évangile : une histoire de châteaux, de chevaliers et d’enfance brisée. Radio-Canada. Le 17 octobre 2024.


Dans le cours de musique

Klô Pelgag, dans son dernier album intitulé Abracadabra, s’appuie sur la poésie et la musique du mouvement « Nouvel Âge ». En voici un extrait. La pièce s’intitule Sans visage.

Klô Pelgag – Sans visage – Abracadabra – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

Il se passe aussi de belles choses au Brésil. Francisco Oliveira, un prothésiste capillaire, utilise son talent pour redonner confiance et estime de soi aux enfants ayant subi des accidents. Grâce à ses compétences exceptionnelles, il crée des prothèses capillaires qui aident ces jeunes à retrouver leur apparence et à surmonter les traumatismes liés à leurs blessures. Francisco travaille avec passion et dévouement, transformant la vie de nombreux enfants et leur offrant une nouvelle chance de sourire et de se sentir bien dans leur peau.

Son travail ne se limite pas à la création de prothèses capillaires. Francisco s’engage également dans des projets caritatifs, offrant ses services gratuitement aux enfants dans le besoin. Son initiative a eu un impact profond sur la communauté brésilienne, inspirant d’autres professionnels à suivre son exemple. Grâce à son dévouement et à sa générosité, Francisco Oliveira est devenu un véritable héros pour ces enfants et leurs familles, prouvant que la compassion et le talent peuvent changer des vies.


Billet du 11 octobre 2024 : Le cuir et le velours

La violence dans nos écoles continue d’augmenter. Les chiffres dévoilés par la FPSS-CSQ et relayés par quelques médias sont alarmants : plus de 13 000 actes de violence contre le personnel de soutien ont été recensés au cours de l’année scolaire 2023-2024.1 C’est un triste record qui mérite une attention immédiate. Comment en est-on arrivé à ce point, où des membres du personnel scolaire, dont le rôle est d’accompagner les élèves au quotidien, se retrouvent parfois hospitalisés après avoir été agressés par ces mêmes élèves ?

Éric Pronovost, président de la FPSS-CSQ, a bien exprimé l’exaspération de ses membres face à une situation qui s’aggrave d’année en année. Il est plus que temps que le gouvernement agisse avec sérieux pour s’attaquer aux causes de cette montée de la violence. Nous ne pouvons plus nous permettre d’attendre indéfiniment que des mesures concrètes soient mises en place.

Il est évident qu’un effort collectif est nécessaire pour restaurer un environnement sécuritaire dans nos écoles, que ce soit par une meilleure formation des intervenants ou une implication plus forte des parents. Chaque jour sans action laisse le personnel dans une situation de plus en plus précaire, ce qui est inacceptable.

1 Plante, Caroline. La violence envers le personnel de soutien a atteint des sommets, avertit un syndicat. La Presse, Montréal. Le 10 octobre 2024.


Dans le cours de français

Avez-vous déjà entendu quelqu’un dire « vingt oiseaux » comme si c’était « vingt-z-oiseaux » ? Ou encore, « j’étais intimidé » avec un « t » qui sort de nulle part et qui donne « j’étais t-intimidé » ? Eh bien, bienvenue dans le monde merveilleux des fausses liaisons !

Ces petites erreurs de prononciation, aussi appelées pataquès, cuir ou velours, sont comme des briques mal placées dans un mur : elles créent des petites bosses qui détonnent avec le reste de la construction.

Le pataquès consiste à ajouter une consonne qui n’existe pas entre deux mots. Par exemple, dans l’expression « une tisane, ça aide à dormir », on peut entendre « une tisane, ça-l-aide à dormir ».

Le cuir consiste à introduire un t sans raison entre deux mots. Par exemple, on peut entendre « elle s’en va à l’école » prononcé « elle s’en va-t-à l’école ».

Quant au velours, j’en ai déjà fait mention sur cette page.2 Il consiste à introduire un z sans raison entre deux mots. Par exemple, on peut entendre « Pierre n’est pas au bureau aujourd’hui » prononcé « Pierre n’est pas au bureau-z-aujourd’hui ».

Pourquoi fait-on ça ? C’est un peu comme une maladie contagieuse. On entend quelqu’un faire une fausse liaison et hop ! On la reproduit sans même s’en rendre compte.

Alors, comment éviter les fausses liaisons ?

C’est simple : en étant attentif à ce que l’on dit et en lisant beaucoup. Plus on aura l’oreille exercée, moins la langue fourchera. Et puis, n’oublions pas : une langue bien parlée, c’est comme un beau vêtement, ça fait toujours bonne impression !

2 Billet du 21 octobre 2022 : Z comme velours


Dans le cours de musique

J’ai toujours aimé Alfa Rococo. J’aime leurs mélodies, leurs arrangements musicaux et les paroles de leurs chansons. Il y avait six ans que le couple Justine Laberge et David Bussières ne nous avait rien offert de neuf, il était temps qu’on voit apparaître leur album Fais-moi rêver !

Alfa Rococo – Fais-moi rêver – Fais-moi rêver – #musiquebleue

La bonne nouvelle de cette semaine

L’écrivaine québécoise Martine Delvaux est en lice pour le prestigieux prix Médicis dans la catégorie des essais, avec son ouvrage intitulé Ça aurait pu être un film. Ce livre explore la relation amoureuse entre deux figures emblématiques de la peinture, Joan Mitchell et Jean-Paul Riopelle, à travers les yeux de la peintre américaine Hollis Jeffcoat. C’est une reconnaissance majeure pour Delvaux, qui se trouve parmi les finalistes de cette sélection prestigieuse.